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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 11 juin 2024 36 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleImmigration & asile

Élections anticipées : les alliances politiques se recomposent

Source d'origine 5 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:11OuverteRéponse partielle

    À qui profite quoi ? Est-ce que la gauche est partie pour rester unie ?

  • 1:19OuverteRéponse partielle

    Est-ce que LR est mort ou est-ce qu'Éric Ciotti a libéré les militants ?

  • 1:27OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'Emmanuel Macron peut prendre la main de cette campagne dans son camp ?

  • 3:14OuverteRéponse directe

    La France insoumise est-elle mise à l'écart par la gauche ?

  • 4:43OuverteRéponse directe

    La France insoumise est-elle mise à l'écart ?

  • 6:18OuverteRéponse directe

    Le fond du programme sera-t-il mis sous le tapis jusqu'au premier tour ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29PrésentateurFait
    « Éric Ciotti prônait une alliance avec le Rassemblement National, ce qui lui a valu une bordée de remarques fleuries de la part de l'ensemble du bureau politique des Républicains. »
  • 1:54InvitéFait
    « C'est un degré de plus dans la honte, dans le sens où c'est un pas de plus vers la normalisation. »
  • 3:42AuditeurFait
    « Il y a eu des excès du côté de la France insoumise et qu'on ne peut pas se ranger. »
  • 13:43IntervenantFait
    « Gérard Larcher a demandé la démission d'Éric Ciotti. Il l'a fait aussitôt et Gérard Larcher s'attelle désormais à savoir comment forcer Éric Ciotti à quitter cette présidence du parti. »
  • 15:49IntervenantFait
    « Éric Ciotti a passé les dernières années à mitrailler le programme économique de Marine Le Pen en expliquant qu'elle était de gauche. »
  • 22:56AuditeurPromesse
    « Si vous ne votez pas Marine Le Pen, je démissionne. »
  • 23:40IntervenantFait
    « Ce débat, vous l'entendez, y compris chez les marcheurs, y compris dans l'exécutif. »
  • 28:36IntervenantFait
    « L'arme anti-Bardella se sera transformée en Premier ministre qui n'aura même pas fait six mois. »

Temps de parole

  • Intervenant28 %
  • Présentateur27 %
  • Intervenant 220 %
  • Intervenant 39 %
  • Locuteur non identifié4 %
  • Auditeur4 %
  • Auditeur 23 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Les tractations ont donc commencé, on comprend bien l'urgence, les noms dans chaque circonscription devront être déposés avant dimanche, mais les tractations ont bien commencé et oui, ça tangue. On s'est donc réveillé ce matin avec un accord à gauche, même s'il ne masque pas les différences entre les formations et qu'on n'a pas fini d'en parler. A l'heure du déjeuner, on a appris qu'Éric Ciotti prônait une alliance avec le Rassemblement National, ce qui lui a valu une bordée de remarques fleuries de la part de l'ensemble du bureau politique des Républicains. Et dans l'après-midi encore, on a appris que pas d'accord, justement, entre l'ERN et Reconquête.

Visiblement, c'est au tour d'Éric Zemmour que ça coince. Pendant ce temps, chez Renaissance, le président qui devait s'exprimer cet après-midi attend finalement demain pour sa conférence de presse. Entre-temps, Gabriel Attal sera dans un 20h ce soir. On sait qu'il a pris un coup sur la tête, le Premier ministre, mais qu'il fera son devoir jusqu'au bout. Fermez les guillemets. Voilà pour la journée et on n'est que mardi. Nous, ça nous fait de multiples sujets de discussion avec vous, des alliances, des désalliances, des mésalliances. À qui profite quoi ? Est-ce que la gauche est partie pour rester unie ? Est-ce que vous, les électeurs, vous fermerez les yeux sur vos désaccords ?

Est-ce que LR est mort ou est-ce qu'Éric Ciotti a libéré les militants, notamment ceux qui déjà avaient franchi la frontière avec le Rassemblement National ? Est-ce qu'Emmanuel Macron peut prendre la main de cette campagne dans son camp comme il en a l'intention ? Et vous, ces électeurs, pensez-vous que c'est en son nom qu'il peut faire gagner ? Ou au contraire, est-ce l'inverse ? Le téléphone sonne, soyez les bienvenus.

1:40
Auditeur

Le téléphone sonne, 01-45-24-7000.

1:44
Présentateur

Cyril, vous êtes la première et je vous salue, bonsoir. Le premier. Oui, bonsoir. Le premier, pardon. On m'a mis deux ailes à votre prénom, je suis désolée. Je vous écoute.

1:54
Invité

Moi, je voulais exprimer mon sentiment, c'est que c'est un degré de plus dans la honte, dans le sens où c'est un pas de plus vers la normalisation. C'est un scandale, mais en fait, ce n'est pas plus un scandale que ce que c'est Radio France en licenciant un édition politique pour une marée de blagues. J'étais sûre que ça allait démarrer comme ça, ce téléphone sonne. Mais vous allez dire que ce n'est pas lié, mais en fait, je vais quand même exprimer le fait que si, ça peut être lié. Parce qu'on laisse dans les médias, du coup, par le biais de médias privés, dans lesquels la fachosphère s'installe. Et en fait, on en fait une forme de rédition.

2:25
Présentateur

Je vous ai laissé parler, ce serait bien de ne pas en faire trop non plus, et vous serez le premier à l'avoir dit. On vous a entendu, ce serait bien qu'on baisse le son. On vous a entendu, vous êtes le premier, j'espère aussi que vous serez le dernier. Parce que ce n'est pas à ça que sert le téléphone sonne, si vous voulez exprimer votre colère. Vous avez mille moyens de le faire. J'en ai plein devant les yeux des messages comme vous. On a des groupes WhatsApp, on a des adresses mail, on a tout ce qu'on veut. Donc, soyez gentils de ne pas jouer dans cette direction-là. On va essayer avec Frédéric Depault. Frédéric, bonsoir.

2:52
Auditeur

Oui, bonsoir à vous. Écoutez, moi aussi, je vais être en colère, mais je vais dire ce que j'avais dit à l'antenne. C'est-à-dire que d'une part, une remarque que je trouve pas correcte de la part du président de la République de proposer une campagne avec simplement 4 ou 5 jours pour désigner des candidats, faire un programme, faire des affiches. Voilà, je pourrais employer des mots plus durs, mais je trouve que ce n'est pas correct. Alors, ma question, elle repose sur la gauche. Il y a, semble-t-il, une mise à l'écart de la France insoumise qui devient, disons, la bourbille galeuse et qui devient infréquentable. J'entends... Ah oui, vous avez le sentiment, vous ?

Ben, écoutez, oui, j'entends M. Guisman, M. Faure dire qu'effectivement, il y a eu des excès du côté de la France insoumise et qu'on ne peut pas se ranger. Alors, il n'est pas question, je pense, de se ranger derrière la France insoumise, mais je voudrais rappeler quand même au PS, qu'au Parti Socialiste, que s'ils ont 31 députés, c'est grâce à M. Mélenchon. La représentante du PS présidentielle a fait moins de 2%. Voilà. Alors, je me demande si ce n'est pas parce qu'en fin de compte, à l'heure où le Rassemblement National lui est tout à fait légitimé, se trouve un peu fort de café que la France insoumise, qui représente une force de gauche sincère, soit mise à l'écart.

Je ne m'en disais pas simplement parce que c'est justement la force de gauche qui est la plus réellement.

4:17
Présentateur

On va causer la question à nos invités. Frédéric, merci beaucoup. Autour de la table et pour répondre à vos questions, il y a Frédéric Savicky, bonsoir. Bonsoir. Professeur de sciences politiques à l'Université Paris-en-Sorbonne. Il y a Marcel Ovest-Fred, bonsoir.

4:29
Intervenant

Bonsoir Fabienne.

4:30
Présentateur

Journaliste, chef adjoint du service politique du Parisien, aujourd'hui en France, il y a Marie-Mollet, journaliste au service politique de France Inter. Bien sûr, vous couvrez la droite principalement, Marie. Frédéric, Savicky, d'abord un mot sur le postulat de Frédéric, notre auditeur, qui dit la France insoumise est mise à l'écart. Est-ce que c'est aussi votre lecture ? On sent bien monter ceux qui disent est-ce que c'est la France insoumise qui va prendre la main effectivement sur ce front populaire ? Est-ce que c'est une autre partie de la gauche ? Mise à l'écart ? Est-ce que c'est la sensation que vous avez, vous, ou pas ?

5:00
Intervenant

Elle n'est pas mise à l'écart dans la mesure où, hier, le préaccord qui a été signé sur le fait de proposer une candidature commune à tous les partis composant la gauche et les écologistes montre bien que la France insoumise est invitée, comme les autres, au partage, on pourrait dire, des circonscriptions.

que ça suscite des critiques, on va dire, du côté de l'aile modérée ou social-démocrate, parce qu'il y a eu effectivement pendant, enfin, depuis ces derniers mois et pendant la campagne électorale, il faut quand même le rappeler, des postures très agressives, à l'encontre précisément, effectivement, de Raphaël Glucksmann ou des socialistes, voire même des écologistes de la part des candidats de la France insoumise. C'est indéniable. Alors, après, ça révèle aussi un problème de fond sur la stratégie qu'il convient d'adopter lors des élections qui s'annoncent. Est-ce qu'il faut affirmer une position de rupture ? Le terme a été repris dans le communiqué hier.

Ou est-ce qu'il ne faut pas plutôt privilégier un rassemblement démocratique parce que le rassemblement national constitue aux yeux de la gauche, et pas que de la gauche, un danger considérable ? Ça, c'est une question stratégique. Et il serait bien, effectivement, qu'elle soit assez rapidement levée. Et ça se verra notamment dans le choix des thématiques de campagne, mais aussi des candidats qui seront choisis pour cette élection. Cette élection n'est quand même pas une élection comme les autres, au sens où il s'agirait simplement de proposer un programme pour cinq ans, comme on l'a fait lors de la campagne présidentielle et législative dernière.

Il s'agit effectivement d'empêcher le rassemblement national d'obtenir une majorité absolue de députés.

6:49
Présentateur

Et au nom de ça, Marcel Ovestred, moi, ce que j'ai compris de ce qui s'est passé hier avec la gauche, c'est que précisément, le fond, on n'en parle pas. On va le mettre sous le tapis pour un temps qui peut être un long temps. Est-ce qu'on le met sous le tapis réellement, jusqu'au premier tour, en disant, on ne parle pas de fond, l'important, effectivement, c'est la forme, et c'est l'idée de faire barrage ? Ou est-ce qu'à un moment, on finira par parler du fond du programme ?

7:10
Intervenant

Alors ça, c'est le détail qui tue, et c'est en ce moment que ça se discute, puisque la question de l'accord programmatique est en cours de discussion. Au Conseil national. Voilà, et aux dernières infos qui circulaient, a priori, on ne partait pas sur des conclusions dès ce soir. Et la question que vous posez, c'est savoir, est-ce qu'il y aura des conclusions ? Parce que se mettre d'accord sur un socle commun, c'est possible. Mais si ce socle commun évacue les questions qui fâchent, et notamment les questions qui ont été au cœur du débat des européennes, alors c'est quand même problématique.

Et on sait qu'il y a des sujets, notamment la qualification, par exemple, du mouvement Hamas, qui a été un sujet extrêmement violent de dissension au sein de la gauche, mettre ces questions-là sous le tapis peut paraître quand même totalement artificielle. Il n'empêche, là, je ne suis pas d'accord avec la question de votre auditeur, alors je pense que beaucoup dans le camp macroniste pensaient que justement rien, la France insoumise serait mise de côté. Or, ils sont arrivés sur un accord de principe très tôt. Maintenant, il faut que cet accord de principe soit nourri par un minimum d'accords programmatiques et qu'on se mette d'accord sur les circonscriptions.

Parce que pour l'instant, il y a plein de sujets qui n'ont pas été abordés sur des cas particuliers. J'en citerai un seul, mais par exemple, le cas de Quatennens, le député et les filles, c'est-à-dire que maintenant, il s'agit de passer des intentions au concret.

8:31
Présentateur

Et est-ce que vous dites, juste pour en terminer là-dessus, que oui, ils sont tous en conclave jusqu'à dimanche, ce sera de ce niveau de difficulté, où est-ce qu'on est dans ce moment, Frédéric Savy qui a en parlé, où effectivement on considère que l'importance, c'est le barrage, et donc on verra de toute façon ce qui se passera après.

8:49
Intervenant

Pour l'instant, le fait même que Olivier Faure soit à la manœuvre côté socialiste, alors qu'on avait un Glucksmann très dur sur la question de la prise de distance, de la création d'un espace politique nouveau. C'était ça qu'il disait. Il disait même, j'en serais le garant. Et finalement, les appareils se retrouvent, se mettent d'accord pour sauver quand même un certain nombre de circonscriptions, de se mettre en dynamique, ce qui était quand même, si on se repasse le film il y a quelques semaines, totalement impensable. Ensuite, la question c'est de laisser les irritants de côté, mais est-ce que ce sont des irritants ou des divergences de fonds ? Ça, ça va être le débat.

Et par ailleurs, il faut que certaines personnalités se mettent un petit peu à l'écart. Vous avez vu qu'on n'entend pas beaucoup Jean-Luc Mélenchon, c'est suffisamment rare pour le souligner.

9:35
Présentateur

Frédéric Savy qui, pour rebondir sur ce que dit Marcel Ovest-Fred, on a ce message de Jamel sur l'appli qui dit comment avec seulement 13% Raphaël Glucksmann prétend-il imposer le nom d'un éventuel Premier ministre ? Bref, la question c'est, est-ce que ça a fait pchit l'intervention de Raphaël Glucksmann hier, à votre avis ? Parce que les appareils et les partis ont repris le dessus.

9:56
Intervenant

Je crois qu'incontestablement, Raphaël Glucksmann est membre d'un groupuscule, appelons-le comme ça, sans être péjoratif, qui s'appelle Place Publique. Il a été choisi d'abord en 2019, puis de nouveau en 2024 pour conduire une liste commune. Mais sa légitimité à parler au nom, même simplement, de la famille socialiste est très faible. Il n'est pas membre de ce parti. Les parlementaires qui composent le groupe PS à l'Assemblée Nationale, aucun n'appartient à Place Publique. Donc, il n'y a pas d'implantation nationale forte de ce groupe qui lui permettrait de parler. Donc, il s'est appuyé, effectivement...

Oui, mais ça reste une élection européenne, ça reste un scrutin de liste, un scrutin proportionnel. Bien entendu, il la voit au chapitre, mais il ne saurait à lui seul parler, même simplement, au nom du parti socialiste. Donc, je pense qu'il a largement outrepassé, d'une certaine façon, effectivement, son rôle.

10:56
Présentateur

Et en lançant aussi le nom de Pierre Berger, de Laurent Berger ou pas ?

10:59
Intervenant

Je pense que, d'une certaine façon, c'est doublement curieux, parce que Laurent Berger, jusqu'alors, n'a jamais manifesté lui-même le souhait de s'engager en politique. Donc, bon, c'est quand même plutôt à Laurent Berger de faire acte de candidature. Et puis, deuxiots, c'est un peu mettre la charrue avant les bœufs, puisqu'il n'y a pas encore d'accord sur le programme, sur les circonscriptions, sur la répartition. Et là, on propose déjà quelqu'un qui est complètement hors-jeu. Donc, d'une certaine façon, si on voulait d'ailleurs se priver de jouer la carte Laurent Berger, c'était ce qu'il fallait faire. C'est quand même jouer l'inverse de 2022.

Parce qu'en 2022, Jean-Luc Mélenchon fait campagne en disant « je serai voté NUPES et je serai Premier ministre ». Donc là, Raphaël Glucksmann, qu'est-ce qu'il fait ? Il va chercher une figure qui est en dehors du champ des appareils. Or, ce sont les appareils qui, en ce moment, sont en train de lui voler, quelque part, sa victoire. C'est tout à fait normal. Nous sommes dans un régime, désormais, qui fonctionne selon une logique parlementaire. Dans toutes les démocraties parlementaires, ce sont les chefs de partis politiques qui négocient les élections législatives et qui mènent campagne.

Donc, Raphaël Glucksmann, à ce titre, ne peut parler que comme, éventuellement, président de la place publique. Pas comme d'une autre autorité. Donc, du point de vue du débat public, faire campagne et obtenir le score qu'il a obtenu sur une ligne pour qu'ensuite, le chef du parti avec lequel il a fait alliance négocie sur une autre ligne, c'est quand même quelque chose qui peut dérouter. On le mesurera dans les enquêtes de terrain et on le mesurera dans les urnes, mais c'est quelque chose qui peut dérouter une partie de l'électorat social-démocrate.

12:36
Présentateur

Ça dit qu'ils ne sont pas sortis de leur conclave. En tout cas, on va voir si on peut mêler les questions, d'ailleurs, LR, Ciotti et celle de Raphaël Glucksmann, parce qu'on a plein de questions qui les lient aussi, mais je voudrais d'abord qu'on l'entende, Benjamin. Bonsoir, Benjamin.

12:53
Auditeur

Oui, bonsoir.

12:53
Présentateur

On vous écoute.

12:55
Auditeur

Si vous permettez, avant de vous poser ma question, je voudrais exprimer ma solidarité à Guillaume Meurice et toute la bande à Charline. On a entendu, attendez, attendez, on va passer un pacte entre nous, s'il vous plaît.

13:07
Présentateur

Moi, je veux bien, vous l'avez dit, je vous laisse le dire, il n'y a pas de soucis. Le deal, c'est une fois que c'est dit, merci de respecter l'émission dans laquelle vous êtes. Donc, soit vous avez une question, Benjamin, soit vous en avez pas. Si vous avez une question, allez-y. Sinon, soyez gentils, cette émission n'est pas faite pour ça, il y en a plein d'autres qui sont faites pour, vraiment.

13:26
Auditeur

Ok. On vous écoute. Et est-ce qu'on peut espérer une ligne de fracture entre Gérard Larcher et Éric Ciotti concernant l'alliance avec le RN ?

13:35
Présentateur

Merci beaucoup, Benjamin. Merci vraiment, Marie Mollet. Est-ce qu'on peut imaginer, espérer, je ne sais pas imaginer une ligne de fracture, est-ce qu'elle est déjà là ?

13:43
Intervenant

On l'imagine et on la voit, on la constate, elle est consommée, le divorce est déjà consommé, puisqu'on le voit, Gérard Larcher a demandé la démission d'Éric Ciotti. Il l'a fait aussitôt et Gérard Larcher s'attelle désormais à savoir comment forcer Éric Ciotti à quitter cette présidence du parti. Les moyens sont limités, mais Gérard Larcher et d'autres vont tout faire désormais dans le temps qui leur reste avant les investitures pour chasser Éric Ciotti de la présidence du parti.

14:13
Présentateur

Après, moi, ce que j'ai trouvé intéressant dans cette séquence, c'est qu'il y a ceux qui se demandent comment on fait pour le chasser, puis il y a ceux qui s'en vont. Et la question que je me pose, c'est quand on s'en va, ça veut dire qu'on considère que LR est mort. Sinon, on ne s'en va pas. On fait en sorte qu'on arrive à enlever Éric Ciotti de sa présidence. Donc, je vous pose la question comme ça, Marie Mollet, est-ce que vous avez le sentiment que la moitié de LR pense aujourd'hui que LR est mort ?

14:34
Intervenant

Alors, ce n'est pas ce qu'on voit aujourd'hui. En réalité, les défections, elles sont peu nombreuses à ce stade. Ça va peut-être changer dans les heures qui viennent. Mais là, pour l'instant, il y a deux sénateurs qui sont partis. Pour l'instant, en réalité, on a des cadres, des ténors et des poids lourds qui font bloc tant qu'il est temps pour tenter de chasser Éric Ciotti et arrêter ce hold-up. C'est le mot qu'on entend, ce hold-up d'Éric Ciotti, cette dérive personnelle. Ça, c'est ce qu'on entend dans l'entourage de Laurent Wauquiez pour que cesse cette dérive personnelle et ce dévoiement du parti. Il y a une sorte de tentative de dire « Éric Ciotti est dans une dérive ».

15:08
Présentateur

Qui sauve son siège, on est d'accord, au bout du compte.

15:10
Intervenant

Alors, effectivement, après, on peut se poser la question de pourquoi Éric Ciotti décide de se marginaliser à ce point vis-à-vis des instances de son propre parti. Puisqu'il le fait en conscience. Il sait très bien qu'à ce moment-là, c'est une rupture qui va se produire. Donc, évidemment, il y a une équation qui est extrêmement personnelle. Nice, 32% du RN à Nice, aux élections européennes. Son siège est en danger s'il a face à lui un candidat à Rassemblement National. Son rêve, on le sait, s'énice. C'est d'arracher la ville à Christian Estrosi, son rival de toujours. Donc, ça, c'est le premier point. Et ensuite, il y a la question de la proximité idéologique. Non, mais voilà. Voilà.

Donc là, effectivement, sur ce point-là, on sait qu'il n'y a pas d'interdit moral. Là où c'est un peu plus étonnant, c'est sur le programme économique. Puisque Éric Ciotti a passé les dernières années à mitrailler le programme économique de Marine Le Pen en expliquant qu'elle était de gauche. Donc là, à mon avis, il va avoir des difficultés à s'en expliquer. Mais j'imagine qu'il l'a prévu.

16:01
Présentateur

Merci, Marcel Ovest-Fred. Alors, effectivement, il y a probablement cette idée de sauver son siège, de sauver sa peau. Quitte à ce que, derrière, on verra bien ce qui se passe pour Éric Ciotti. Mais est-ce qu'on est réellement étonnés ? C'est vous, Marie, qui nous rappeliez tout à l'heure dans le journal. Il y a eu la période où, à choisir entre Éric Zemmour et En Marche, vous choisirez quoi ? La réponse, c'est Éric Zemmour. Il y en a eu plein des moments comme ça. Est-ce qu'on est vraiment étonnés, y compris dans son parti, aujourd'hui ?

16:29
Intervenant

Qu'il y ait un tiraillement, on n'est pas étonné. Qu'il ait franchi, sauté le cap comme ça, sans en informer personne. Parce que, vous vous rendez compte, il allait au 13h, alors même que les principaux ténors disaient, non, c'est pas possible. Laurent Wauquiez lui-même, qui a été d'un silence incroyable pendant tous ces derniers mois, a fait un tweet tout de suite. Même avant, quand ça a commencé à bruiser la rumeur d'une possible proposition d'alliance, il a dit, c'est pas possible. Donc, il se passe quelque chose qui est une sorte de cavalier seul, de la part de celui qui va être maintenant très difficile à déloger.

Déloger, parce que dans les statuts, je parle sous votre contrôle, Marie, il n'y a pas de possibilité de déloger comme ça le patron des LR, qui part donc, il ne part pas avec la caisse, il part avec le logo. Aujourd'hui, faire campagne, la marque, faire campagne. Si vous n'avez pas de marque, une marque, vous perdez beaucoup de votre capital.

17:28
Présentateur

Il part avec la marque, mais est-ce qu'il ne part pas aussi avec 53% des gens qui l'ont élu ? Enfin, je veux dire, donc à un moment, c'est la question qu'on posait tout à l'heure. Est-ce qu'il n'est pas en train de libérer certains de ses électeurs en disant, vous pouvez la franchir la rivière ?

17:39
Intervenant

En tout cas, c'est ce qu'espère le Rassemblement National. Parce qu'en fait, la question qui se pose désormais, c'est combien de députés vont suivre Éric Ciotti dans cette épopée, j'allais dire. Bon, là-dessus, effectivement, on va le voir. Lui parlait d'une dizaine de députés, dans l'entourage des uns et des autres, on parle de moins. Donc, il y a la question de l'ampleur de l'accord. Mais ce que disent les cadres du Rassemblement National, c'est de dire, mais on a déjà empoché les gains. Les gains, c'est de dire, c'est qu'il n'y a plus d'interdits. C'est qu'Éric Ciotti a transgressé ce qui restait encore comme un interdit chez les Républicains.

Et les gains, on les a déjà empochés, d'une certaine façon.

18:16
Présentateur

J'aimerais, pardon, juste une seconde, Frédéric Savicky, j'aimerais vous lire trois mails, en fait, qui nous sont parvenus et qui disent ceci. On a François qui dit qu'il est retraité CSP+. Il dit, je suis atterré de voir Éric Ciotti passer au Front National, atterré de voir Glucksmann, c'est pour ça que je parlais de parallèle tout à l'heure, en qui je mettais tous mes espoirs s'associer avec LFI, c'est le mariage de la Carpe et du Lapin, et du coup, qu'est-ce qu'il nous reste ? On a Diane qui dit, pourquoi s'offusquons-t-on plus de l'alliance de Ciotti avec le RN plus que de celle de Glucksmann avec LFI ?

Un extrême est un extrême, l'extrême gauche est à combattre avec autant de ferveur que l'extrême droite. On a Jean-Michel Parmel qui nous dit, les Républicains refusent de s'associer au parti, etc. Suite à la dissolution de l'Assemblée, car ils sont au pied du mur pour survivre, le parti n'a pas d'autre choix que de passer un accord avec le RN. Et à mon avis, ça n'est pas plus choquant que l'accord que s'apprêtent à passer les sociodémocrates de Glucksmann avec la France Insoumise, etc.

19:06
Intervenant

Ce parallèle qui est fait, cette symétrie qui est établie entre le RN et LFI est quand même extrêmement discutable. C'est-à-dire, bien sûr, dans le vocabulaire, le langage politique, aussi bien d'ailleurs du côté d'Emmanuel Macron ces derniers temps que de la droite, c'est de bonne guerre. Mais quand même, on a d'un côté le RN qui, dans son programme, ouvertement propose d'introduire la préférence nationale dans la Constitution, de ne pas respecter non seulement les traités européens, mais enfin les principes fondamentaux qui ont fondé notre République, dont on sait qu'une bonne partie des propositions actuellement, on pourrait dire, seraient juridiquement illégales, inconstitutionnelles.

Et puis de l'autre, un parti qui, sur le plan des propositions de réformes, propose une réforme constitutionnelle, mais tout à fait légale, en en appelant à une convention citoyenne, un programme économique et social qui est plus modéré que ce qu'était le programme de François Mitterrand et du Parti Socialiste en 1980. Donc, je veux bien... Alors, bien sûr, il y a le style...

20:22
Présentateur

Mais est-ce que ça ne dit pas quelque chose, quand même, dos à dos, les dos extrêmes, en fait, au-delà des différences que vous pointez, effectivement ?

20:28
Intervenant

Le terme... L'extrême-gauche en France, c'est lutte ouvrière, c'est le NPA, c'est éventuellement des autonomes, des anarchistes. Il faut quand même conserver un minimum de cohérence, on pourrait dire, utiliser un peu les mêmes critères que la France insoumise.

20:45
Présentateur

Les mêmes graduations dans l'échelle, j'entends ce que vous dites.

20:47
Intervenant

Oui, voilà. Moi, je ne suis pas... Enfin, Jean-Luc Mélenchon vient du Parti Socialiste. Il a été pendant l'essentiel de sa vie un sénateur, un élu du Parti Socialiste. Bon, il a évolué, mais le Parti communiste français, aujourd'hui, n'est pas plus ou moins radical quant aux positions économiques, sociales, politiques défendues que la France insoumise. Et pourtant, il n'est pas l'objet de la même opprobre. Donc, on a le droit de critiquer, bien sûr, la posture. Je suis tout à fait d'accord pour dénoncer les ambiguïtés à propos, notamment, évidemment, des attentats du Hamas. Mais c'est quand même pas la même chose. C'est pas symétrique.

Donc, d'ailleurs, l'auditeur s'étonne de ce rapprochement. Mais la NUPES, c'est un accord qui a été passé déjà en 2022. Donc, on s'est fait que reprolonger ce qui a déjà été acté. Donc, de ce point de vue-là, la position de Glucksmann, elle allait plutôt, pour dire, contre ce qui avait été déjà décidé en 2022.

21:51
Présentateur

On parle d'alliance, on parle de mélange, on parle de tractation, avant le premier tour de ces élections législatives anticipées, dans le téléphone sonne, avec Frédéric Savicky, qui est professeur de sciences politiques à Paris 1 Sorbonne, avec Marcel Ovest-Fred, qui est journaliste, chef adjoint du service politique aux Parisiens, aujourd'hui en France, avec Marie Mollet, qui est journaliste au service politique de France Inter. Et avec vous, Alain, vous êtes dans le Gard. Bonsoir, Alain.

22:13
Auditeur

Oui, bonsoir. On vous écoute. Moi, je ne regarde pas beaucoup la télé, c'est-à-dire plus du tout. J'écoute la radio, je lis le journal. Et je m'interroge sur la position de M. Macron, qui ne comprend pas la haine profonde qu'une partie de la population a contre lui. Je parle bien du mot haine.

22:31
Présentateur

Oui, c'est ce que j'ai noté dans votre information.

22:33
Auditeur

Si vous sortez, vous avez fait le coiffeur, vous allez dans des réunions, il y a des gens qui ne sont pas CSP+, ou qui même, ils ont voté, mais là, c'est de la haine, quoi. Et ce monsieur, il pense qu'en soutenant quelque chose, non, la seule chose qu'il pourrait faire, c'est dire « Si vous ne votez pas Marine Le Pen, je démissionne ». Et là, il y aurait des gens qui feraient la démarche de voter autrement. Mais c'est vraiment une haine profonde, c'est inimaginable. Ça fait peur, quoi.

23:09
Présentateur

Alain, merci de votre remarque. Il n'est pas tout seul, Alain, autour de ça. Je ne sais pas s'il faut parler de haine, en tout cas de rejet, probablement. Et le fond de la question d'Alain, je l'entends, il est en train de nous dire, « On voit bien que le président Macron va faire campagne. En tout cas, pour l'instant, c'est l'intention qui est la sienne. La question qu'on se pose, Marcel Ovest-Fred, et depuis avant-hier dans la presse et partout, c'est « Est-ce qu'Emmanuel Macron a le sens que le rejet, en effet, pour certains électeurs, c'est au fond plus lui, même que parfois le Rassemblement National ? »

23:40
Intervenant

Alors, ce qui est intéressant et qui raconte beaucoup du moment, c'est que ce débat, vous l'entendez, y compris chez les marcheurs, y compris dans l'exécutif, ou y compris... Et c'est ceux qui ne veulent pas qu'Emmanuel Macron fasse campagne chez eux pour leur propre réélection, par exemple. Par exemple, il y a beaucoup de députés qui veulent le tract avec leur photo et celle de Gabriel Attal. Ils ne veulent pas...

Ce matin, il y avait une réunion de groupe des députés Renaissance au cours de laquelle les voix se sont élevées et quasiment tout le monde était sur le même message pour dire « On ne veut pas que le chef de l'État, à tort ou à raison, mais que le chef de l'État soit celui qui mène cette campagne. » Or, les signaux envoyés par l'Élysée sont ceux, au contraire, d'un président de la République, à nouveau chef de campagne. Il vient de faire une interview au Figaro Magazine. Il sera demain... Il va animer demain une conférence de presse. Une conférence de presse, c'est un format où vous répondez à toutes les questions en direct. C'est un grand show. Ça vous place au centre.

Tout à l'heure, Édouard Philippe a pris la parole pour dire qu'il fallait que le président prenne de la hauteur.

24:49
Présentateur

Il dit que ce n'est pas forcément une bonne idée. Je crois que ce sont ses termes. Ce n'est pas forcément une bonne idée que le président fasse campagne.

24:55
Intervenant

Il mène une campagne législative, il a dit exactement. Vous vous rendez compte que ces critiques qu'on entendait de façon qu'on entendait hors micro, elles sont maintenant formulées par un ancien Premier ministre, chef d'une des composantes de la majorité.

25:09
Présentateur

La phrase exacte, c'est qu'il n'est pas sûr qu'il soit complètement sain que ce soit le président qui mène la campagne. Frédéric Savicky, c'est quand même... C'est rude de ce qu'on entend là. Et ça dit aussi le côté très interloqué de l'intégralité de la classe politique.

25:26
Intervenant

Oui, alors juste pour revenir sur la question et la remarque de votre auditeur sur la haine, la colère. Je pense qu'Emmanuel Macron paye quand même aujourd'hui des années de mépris, d'abord de mépris de classe. Je ne veux pas revenir ici sur ses multiples déclarations sur il suffit de traverser de la rue pour trouver un travail, etc. Son absence totale de sens du dialogue. Je veux dire, on ne comprend pas ce qui se passe aujourd'hui si on ne remonte pas aux Gilets jaunes et si on ne remonte pas à la mobilisation contre les retraites. C'est-à-dire cette posture dans les deux cas... Alors, il y a eu le pseudo-débat, mais enfin, aucune conséquence n'a été tirée de ces événements.

Donc, oui, ça a provoqué un rejet très fort. Emmanuel Macron, en plus, s'est érigé et continue de le faire comme le meilleur garant, grand rempart contre le Rassemblement national en faisant du Rassemblement national son principal opposant, le légitimant comme seul opposant. Et donc, beaucoup d'électeurs, pas forcément convaincus par l'intégralité des propositions du Rassemblement national, voient aujourd'hui le Rassemblement national comme le principal moyen de se débarrasser d'Emmanuel Macron.

Et donc, évidemment, je suis d'accord, le fait de se mettre en avant et de rejouer une campagne présidentielle qui n'a pas eu lieu en 2022 parce qu'elle avait été largement écourtée du fait de la guerre en Ukraine est une erreur stratégique. Mais qui d'autre pour le faire ? C'est-à-dire que c'est ça le problème. C'est qu'autour d'Emmanuel Macron, il a fait le vide. Il a pris cette décision sans consulter... Visiblement, sans consulter personne, en tout cas pas. Sans consulter son premier ministre, la présidente de l'Assemblée nationale, les cadres de son parti. Donc, il a foncé absolument tout seul.

Et évidemment, personne aujourd'hui n'est prêt à se bousculer au portillon à commencer par le premier ministre pour faire sa campagne à la place. Il a dévidalisé son parti politique. Il y avait un instrument qui s'appelait La République en marche. La République en marche, c'est devenu une coquille vide. Voilà. Et tout ça, ça se paye cash aujourd'hui. Et aller à une élection législative comme président de la République sans relais sur le terrain, c'est la défaite assurée. C'est-à-dire, je ne vois pas... On n'imagine pas aujourd'hui qu'Emmanuel Macron et son parti puissent faire beaucoup mieux que les 15% obtenus à l'élection européenne. Admettons 20%.

27:53
Présentateur

Avec un premier ministre, Gabriel Attal, qui fait son devoir. Vraiment, je ferai mon devoir jusqu'au bout, c'est ce qu'il dit. Est-ce qu'on en est là aussi dans la relation et dans le rapport entre ces deux-là ?

28:07
Intervenant

Il a d'abord passé 24 heures sans rien dire. Ce qui, chez Gabriel Attal, est suffisamment rare pour être souligné. Il n'a rien dit. Ses conseillers n'ont pris aucun journaliste au téléphone. C'est une façon d'exprimer un désaccord. Il est aussi une victime collatérale parce que qui dit dissolution dit derrière un nouveau gouvernement, une cohabitation peut-être, ou un nouveau gouvernement issu de la majorité, si la majorité l'emportait. Mais dans une configuration, le périmètre serait changé. L'équation politique serait changée. Et voilà comment l'arme anti-Bardella se sera transformée en Premier ministre qui n'aura même pas fait six mois.

Donc, il va quand même faire campagne parce que je pense que maintenant, il veut prendre date pour la suite en montrant son désaccord. Je pense qu'on a compris. Il sera sur les affiches. Il sera ce soir au JT. Il a besoin, lui, de faire comprendre que ce n'est pas sa décision.

29:00
Présentateur

Mais est-ce que c'est pour ça, d'ailleurs, qu'il a accepté ? On sait ça, Marie Mollet ? Est-ce que c'est pour ça qu'Emmanuel Macron a repoussé sa conférence de presse ? Parce qu'il fallait qu'on entende aussi d'autres voix avant ? Ou ça n'a vraiment rien à voir ? C'était une question d'emploi du temps ? On hésite... Pardon, Marie.

29:13
Intervenant

Non, non, non, mais je...

29:14
Présentateur

Pardon, je peux vous piéger l'un l'autre parce que je ne sais pas si vous avez la réponse.

29:17
Intervenant

Je ne sais pas, en réalité, s'il a attendu cela ou s'il a attendu que se décante, justement, précisément ce qu'on est en train d'observer chez LR. Je ne sais pas quelle est la raison, effectivement, de son... Je vois deux possibilités parce qu'on n'a pas encore le fin mot de l'histoire, mais la première, c'est une impréparation, c'est-à-dire que la décision a été prise très rapidement, monter une conférence de presse, qui plus est, pas à l'Elysée, ça ne se fait pas au dernier moment.

Deuxièmement, il y a eu cette fronde, enfin, ce n'est pas une fronde, mais en tout cas, cette vague qui est montée ce matin de tous les députés disant, s'il vous plaît, que ce ne soit pas l'Elysée qui mène la campagne puisque c'est plutôt un effet répulsif en ce moment. Est-ce qu'il a accepté

29:54
Présentateur

de lever le pied ? Est-ce qu'il a accepté de lever le pied sur la campagne ? On sait ça ou pas ?

29:59
Intervenant

Il semblerait qu'il ait annoncé trois interventions par semaine dans les médias. Oui, c'est ce que j'allais dire. Ce n'est pas confirmé.

30:04
Présentateur

Trois interventions par semaine, c'est beaucoup. Christophe, et là, bonsoir Christophe. Oui, bonsoir. On vous écoute.

30:13
Locuteur non identifié

Bonsoir. J'avais une question concernant LFI et le score de Buxman parce qu'on nous a dit dans un certain média qu'il y avait des voix qui s'étaient déplacés de LFI vers Buxman sous prétexte que Mélenchon n'est pas compatible avec ces gens-là. Et donc, je me pose la question pourquoi LFI n'arrive pas à se débarrasser de Mélenchon qui en 2022 m'a dit allez-y, faites mieux que moi. Et j'avais juste un petit commentaire, c'était concernant les 22-49-3 qui participent à cette espèce de rejet massif du macronisme.

30:52
Présentateur

Merci pour votre question Guillaume-Frédéric Saviquier. Est-ce que c'est d'une certaine façon le spardin qui colle aux doigts de LFI Jean-Luc Mélenchon ou pas ? C'est ce que semble dire notre auditeur.

31:03
Intervenant

Lorsqu'il y a des élections présidentielles comme en 2017 et 2022, c'est plutôt Jean-Luc Mélenchon qui permet effectivement à LFI d'atteindre des scores extrêmement élevés. Donc, lors des élections intermédiaires, lorsqu'il n'était plus à l'avant-scène depuis une élection personnelle, LFI perd plutôt des voix. Donc, Jean-Luc Mélenchon est celui qui, par ses talents, quand même, a réussi à porter cette gauche radicale en captant par un mécanisme de vote utile une partie des électeurs qui, traditionnellement, sont plutôt des électeurs qui votent socialistes ou écologistes. Voilà. Donc, en quoi c'est quand même un problème Jean-Luc Mélenchon ?

D'abord, c'est un problème parce qu'il a, et encore plus depuis 2022, adopté une position effectivement de rupture et qu'ouvertement, il joue la campagne présidentielle suivante. Et là, la dissolution le met dans l'embarras parce qu'évidemment, il n'est plus question pour lui ou en tout cas de se proposer comme Premier ministre éventuel. Voilà. Donc, ça a permis effectivement à d'autres et notamment à François Ruffin de s'émanciper en partie effectivement. Et c'est lui

32:17
Présentateur

qui lance d'ailleurs le Front Populaire.

32:20
Intervenant

Absolument. Je pense que Jean-Luc Mélenchon n'est pas content de la situation. D'ailleurs, tous ces, ce qu'on appelle les frondeurs de LFI, ils avaient préparé leur offensive. Ils attendaient la fin des Européennes. Ce site internet qu'a lancé François Ruffin, il ne l'a pas préparé dans la nuit. Tout ça a été prêt. Alexis Corbière devait sortir. Raquel Garrido, Clémentine Autain. Donc, tout le monde a été un peu pris par ce qui vient de se passer. Personne ne l'avait prévu. Et pour lui, il avait dit, lui, les Européennes, ce sera le premier tour de la présidentielle. Et là, il se retrouve avec une législative au milieu. Il est obligé un peu de se mettre de côté.

Ça vient brouiller encore les pistes pour lui.

32:55
Présentateur

Trois tours, peut-être quatre. D'ailleurs, si selon certains scénarios, il y a une élection présidentielle qui peut se profiler. On reste autour des mêmes thèmes avec vous, Anne. Bonsoir. Bonsoir. On vous écoute.

33:06
Locuteur non identifié

Oui, moi, je voulais réagir aussi à ce qui a été j'aimerais bien que chacun se mette à la place d'un président et d'un premier ministre qui vivent quand même des périodes très douloureuses et très difficiles et essaient de m'expliquer comment ils réussiraient à faire mieux en jonglant dans tous les sens. Alors, ce n'était pas le sens de mon intervention. Mon intervention, c'est moi, je suis socialiste depuis plus de 30 ans. J'ai toujours été très fière de mon parti. J'en suis un peu moins fière depuis hier parce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas qu'on puisse s'allier à LFI.

LFI, vous l'avez rappelé, a été créée par Jean-Luc Mélenchon qui était au Parti Socialiste, qui a voulu prendre le Parti Socialiste, qui a tout fait pour y arriver et qui, fâché de ne pas réussir à prendre, à devenir premier secrétaire, a claqué la porte et a créé LFI pour détruire les partis de gouvernement. Moi, une alliance avec le PCF, avec le PS, avec les Verts, c'est tout à fait légitime. Nous sommes trois partis de gouvernement, donc c'est tout à fait légitime. Une alliance avec LFI, c'est en fait faire rentrer des personnes qui n'ont aucune notion politique dans une alliance de gouvernement. Et là, ça ne peut pas durer.

Pour moi, qui suis pourtant servante, je suis militante de gauche et c'est mes idées, il est hors de question que si, dans ma circonscription, un candidat LFI se présente, que je vote pour le candidat LFI. Vous ne voterez pas

34:40
Présentateur

pour le candidat LFI. Anne, on vous a entendu et en entendant Anne mais en voyant aussi d'autres messages, je me dis qu'au fond, ces messages-là valident l'espèce de nini qu'a voulu mettre en place Emmanuel Macron qui pousse les gens au vote dans sa direction, c'est en tout cas ce qu'il imagine et c'est un vote qui dit ni Mélenchon ni Le Pen. Et donc, pas le choix, donc on se rabat vers les candidats Renaissance, Marcel Ovest-Fred.

35:04
Intervenant

C'était le calcul des stratèges métronistes. C'est plus ? Oui, ça l'est, sauf qu'entre-temps il y a eu un accord qui a été conclu en 24 heures ce qui était quand même totalement inattendu mais ça va laisser...

35:15
Présentateur

Mais ce qu'on entend là c'est la fragilité de l'accord aussi ces auditeurs-là c'est la fragilité de l'accord.

35:18
Intervenant

Et notamment chez les socialistes. C'est là où il risque d'y avoir de la perte en ligne. Un certain nombre de personnes vont dire que ce n'est pas possible. Raphaël Glucksmann a fait campagne en citant Robert Badater, en citant Jacques Delors ce n'est pas en citant les références qui sont celles de Jean-Luc Mélenchon.

35:36
Présentateur

Marie Mollet, pardon, il nous reste 30 secondes donc il faudra faire très très vite. Juste une question rapide sur Reconquête et RN. La raison pour laquelle l'accord ne se fait pas est-ce que c'est la figure d'Éric Zemmour ? Donc ça veut dire qu'il y aura de toute façon

35:47
Intervenant

des accords par ailleurs ? Je ne crois pas. Ce qu'on nous dit côté RN c'est plutôt qu'en réalité Marion Maréchal a demandé des circonscriptions pour certains de ses proches qui sont des identitaires qui étaient au RN qui ont rejoint Éric Zemmour et qui sont Persona non grata au Rassemblement National. C'est une des pistes en tout cas et Marion Maréchal se sert plutôt d'Éric Zemmour comme par avant pour justifier un échec mais elle a toujours essayé d'avoir un accord pour elle-même d'abord avant Éric Zemmour et son parti reconquête. Je pense que cette discussion n'est pas finie et qu'on la continuera demain et les jours suivants.

36:24
Présentateur

Je vous remercie tous les trois Je vous remercie à tous pour vos nombreux appels Je vous remercie à tous les deux

Élections anticipées : les alliances politiques se recomposent · Pourquijevote