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DébatLCP (sur YouTube)· 6 décembre 2024 26 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleJustice

Censure : Emmanuel Macron veut un gouvernement "d'intérêt général" | Parlement Hebdo - 06/12/2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que le président a eu les mots justes dans cette crise politique inédite?

  • 4:00RelanceRéponse directe

    Il se pose en garant des institutions. Mais qui est responsable de la situation?

  • 6:00RelanceRéponse directe

    Pourtant, après la motion de censure, Emmanuel Macron estime qu'il n'a pas à assumer "l'irresponsabilité des autres".

  • 8:00OuverteRéponse directe

    C'est une provocation de la part d'Emmanuel Macron?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Olivier Faure se dit prêt à négocier avec les macronistes et Les Républicains. Est-ce que les communistes sont favorables à cette démarche?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes prêts à négocier avec les macronistes, quitte à vous affranchir de La France Insoumise?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Roger KaroutchiFait
    « Le président est le garant des institutions et de la continuité de l'Etat. Il a raison de se poser en garant, c'est son rôle constitutionnel. »
  • 4:00Roger KaroutchiFait
    « Peut-être que, par contre, le 9 juin dernier, il a en partie déstabilisé les institutions. »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « Le mandat que vous m'avez démocratiquement confié est un mandat de 5 ans et je le suivrai jusqu'à son terme. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « Il a été censuré parce que l'extrême droite et l'extrême gauche se sont unies dans un front anti-républicain, et parce que des forces qui, hier encore gouvernaient la France, ont choisi de les aider. »
  • 7:00Emmanuel MacronPromesse
    « Je nommerai dans les prochains jours un Premier ministre. Je le chargerai de former un gouvernement d'intérêt général avec toutes les forces politiques qui s'engageront à ne pas le censurer. »
  • 8:00Roger KaroutchiFait
    « Je ne sais pas ce que c'est qu'un gouvernement "d'intérêt général". Je connais l'intérêt national, l'intérêt supérieur de la patrie... »
  • 10:00Stéphane PeuFait
    « C'est toujours pareil avec Emmanuel Macron. Il est à l'origine de tout le bazar dans le pays mais il n'est "responsable de rien". »
  • 16:00Roger KaroutchiFait
    « Dès le départ, Jean-Luc Mélenchon et LFI ont tué cette idée en disant qu'ils voulaient appliquer uniquement le programme du NFP. »
  • 18:00Stéphane PeuFait
    « Je propose que le président de la République respecte le résultat du mois de juin et demande au Nouveau Front populaire de désigner un Premier ministre. »
  • 20:00Roger KaroutchiFait
    « Je trouve que ce n'est pas utile de poser cette question. Tout le monde sait très bien qu'Emmanuel Macron ne démissionnera pas. »
  • 26:00Roger KaroutchiFait
    « Michel Barnier a hérité d'une situation dramatique. En 15 jours, il a dû élaborer des éléments budgétaires. Il a essayé, quand même, avec le Sénat notamment, de bâtir quelque chose d'un peu cohérent. »
  • 30:00Roger KaroutchiFait
    « Le président de la République a annoncé que, mi-décembre, il allait demander une loi spéciale sur les finances. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique ... - Kathia Gilder: Bonjour à tous.

Je suis très heureuse de vous retrouver dans "Parlement hebdo", l'émission qui vous fait vivre les temps forts de l'actualité au Parlement. - Alexandre Poussart: Aujourd'hui, nous recevons un député et un sénateur. Nous recevons Stéphane Peu, député communiste de Seine-Saint-Denis.

Nous recevons aussi Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine. - Kathia Gilder: Nous allons revenir sur l'allocution du président de la République. Le président va nommer un nouveau Premier ministre, un gouvernement "d'intérêt général".

Cela intervient après la censure du gouvernement Michel Barnier. Nous verrons comment sortir du blocage parlementaire qui s'annonce. - Alexandre Poussart: Mais d'abord, revenons sur l'allocution du président de la République. - Après la censure du gouvernement de Michel Barnier, Emmanuel Macron tente de reprendre la main.

Le chef de l'Etat a déçu ceux qui attendaient un nom de Premier ministre et ceux qui attendaient sa démission. - Le mandat que vous m'avez démocratiquement confié est un mandat de 5 ans et je le suivrai jusqu'à son terme. - Le président a évoqué la censure de celui qu'il avait nommé à Matignon il y a seulement trois mois, dénonçant une alliance mortifère. - Il a été censuré parce que l'extrême droite et l'extrême gauche se sont unies dans un front anti-républicain, et parce que des forces qui, hier encore gouvernaient la France, ont choisi de les aider. - Un tacle pour les socialistes qui ont voté la censure.

Des socialistes auxquels le gouvernement a pourtant lancé un appel. - Je nommerai dans les prochains jours un Premier ministre. Je le chargerai de former un gouvernement d'intérêt général avec toutes les forces politiques qui s'engageront à ne pas le censurer. - De nouvelles consultations ont été lancées avec les chefs de parti des groupes parlementaires du bloc central, de la droite et du Parti Socialiste. - Alexandre Poussart: Est-ce que le président a eu les mots justes dans cette crise politique inédite? - Roger Karoutchi: Je pense qu'on aurait dû aller plus loin.

Si on avait voulu éviter les troubles, il aurait mieux valu que le président de la République n'intervienne que pour donner le nom du Premier ministre. Là, ce qu'il a dit est sensé mais ce n'est pas déterminant sur la suite politique. Il faut attendre les jours qui viennent pour voir s'il y a une concrétisation.

Je ne sais pas ce que c'est qu'un gouvernement "d'intérêt général". Je connais l'intérêt national, l'intérêt supérieur de la patrie...

La conception de l'arc républicain à l'Assemblée et dans le pays n'est pas la même en fonction des interlocuteurs. - Alexandre Poussart: Il se pose en garant des institutions. Mais qui est responsable de la situation? - Roger Karoutchi: Le président est le garant des institutions et de la continuité de l'Etat.

Il a raison de se poser en garant, c'est son rôle constitutionnel. Peut-être que, par contre, le 9 juin dernier, il a en partie déstabilisé les institutions. - Alexandre Poussart: Donc il a une responsabilité dans la crise actuelle? - Roger Karoutchi: Bien sûr. - Alexandre Poussart: Pourtant, après la motion de censure, Emmanuel Macron estime qu'il n'a pas à assumer "l'irresponsabilité des autres". - Stéphane Peu: C'est toujours pareil avec Emmanuel Macron.

Il est à l'origine de tout le bazar dans le pays mais il n'est "responsable de rien". On est habitués à l'arrogance d'Emmanuel Macron, à sa faculté à rendre les autres responsables de ce qu'il a provoqué. C'est un déni habituel chez lui.

C'est insupportable. C'est un déni que les Français jugent sévèrement. Et par ailleurs, il est provocateur.

Que s'est-il passé au mois de juin? Il y a eu un premier tour qui a placé en première position le Rassemblement National et la gauche en deuxième position. Et ensuite il y a un pays qui s'est rassemblé, dans un front républicain, avec des accords de désistement.

Beaucoup de députés qui soutiennent Emmanuel Macron ont été élus parce que les candidats du Nouveau Front populaire se sont désistés pour battre le Rassemblement National. Et aujourd'hui, le président parle d'un front anti-républicain. C'est une provocation inutile.

C'est le président qui a nommé Michel Barnier. C'est lui qui a cassé le front républicain du mois de juin. - Kathia Gilder: C'est une provocation de la part d'Emmanuel Macron? - Roger Karoutchi: C'est surtout pas à la hauteur, pardon de le dire comme ça.

Quel que soit le gouvernement, et on verra ce qui se fera dans les semaines qui viennent, si c'est un gouvernement que l'ensemble de la gauche refuse, ça veut dire quoi? Ca veut dire que ceux qui ont le bouton nucléaire de la censure, ce sera le RN. Donc forcément, on est dans un système qui est bancal.

Il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, il n'y a même pas de majorité relative stable. Jusqu'aux prochaines élections, il faudra probablement vivre avec. Mais je suis totalement hostile à ce qu'on commence à qualifier certains de "non-républicains". - Alexandre Poussart: Olivier Faure se dit prêt à négocier avec les macronistes et Les Républicains.

Est-ce que les communistes sont favorables à cette démarche? - Stéphane Peu: C'est une période étonnante. Le 12 août, les quatre chefs de partis du Nouveau Front populaire ont écrit à tous les présidents de groupe de l'Assemblée nationale pour leur proposer d'avoir des discussions.

Il n'y a rien de nouveau. Nous faisons la même chose. Je pense, et mon groupe également, qu'il faut aller un peu plus loin pour débloquer la situation.

Nous proposons que le président de la République respecte la force arrivée en tête, même si elle n'a pas de majorité même relative. Il faut que le Premier ministre désigné travaille avec l'Assemblée nationale autour des principes qui permettent de rassembler. Il faut voter texte par texte.

Et pour assurer cette démarche, il faut qu'il n'y ait pas de 49.3. Donc pas de censure possible.

J'ai bien conscience que cela ne permettra pas de mettre en oeuvre tout le programme du NFP, mais cela peut montrer aux pays qu'on peut bâtir des rassemblements. - Kathia Gilder: Est-ce que vous êtes prêts à négocier avec les macronistes, quitte à vous affranchir de La France Insoumise? - Stéphane Peu: Ce n'est pas la démarche que je propose.

Je propose que le président de la République respecte le résultat du mois de juin et demande au Nouveau Front populaire de désigner un Premier ministre. Sur cette base, nous ferons évoluer les textes avec des négociations. Dès le mois d'août, j'ai bâti un texte avec 5 mesures d'urgence sur le logement et ce texte a été signé par des élus du MoDem, des élus du parti Horizons...

Nous avons une discussion sur la situation du pays mais on ne peut pas séparer cette discussion de la situation du pays. Il y a des gens qui ont des problèmes de logement, c'est pour ça que j'ai fait passer ce texte avec des mesures d'urgence. - Alexandre Poussart: Vous proposez donc une négociation texte par texte.

Mais le patron du Parti Socialiste dit qu'il veut bien parler avec Les Républicains. - Roger Karoutchi: Dès le départ, Jean-Luc Mélenchon et LFI ont tué cette idée en disant qu'ils voulaient appliquer uniquement le programme du NFP. Cela a rendu toutes les discussions impossibles.

J'entends bien ce que dit Olivier Faure, mais il aurait dû le dire avant. - Alexandre Poussart: Sur le dialogue avec le PS, qu'en pensez-vous? - Roger Karoutchi: Je suis plutôt du genre à accepter de discuter avec tout le monde.

Mais LFI a pris un certain nombre de positions qui, à mon sens, l'excluent de l'arc républicain. - Alexandre Poussart: Alors comment s'entendre avec le PS? - Roger Karoutchi: Michel Barnier avait fait des propositions dès le début mais Olivier Faure les a refusées.

Je vois qu'il a évolué un peu. En fonction de la personnalité qui sera désignée par le président de la République, nous verrons si cette personnalité arrive véritablement à détacher le Parti Socialiste de LFI. Il faut des concessions réciproques.

Il faut un gouvernement qui ait un projet, un programme. Il faut donc bien se mettre d'accord sur quelques grands projets plutôt que sur toute la politique. - Kathia Gilder: Est-ce qu'il y a une personnalité qui pourrait mettre tout le monde d'accord? - Stéphane Peu: Je pense que ceux qui veulent imposer absolument tout leur programme, ça n'a pas de sens.

J'ajoute que l'autre formule qui n'a pas de sens, c'est celle des macronistes de l'Assemblée nationale qui n'ont de cesse de dire qu'il faut suivre tout le bilan d'Emmanuel Macron. Ils ont mené la vie dure à Michel Barnier pour empêcher que soient remises en cause les mesures proposées. Le président de la République, nous lui avons demandé de tirer un bilan des élections législatives.

Il nous a répondu que les gens voulaient une alternance et qu'il allait en tenir compte. Et dans la minute qui suit, il refuse toute remise en cause des fondamentaux de sa politique, c'est-à-dire la politique de l'offre, la réforme des retraites...

C'est là où il y a un problème. Moi, je suis pour faire des concessions. J'essaye de le faire.

Si je devais faire la loi sur le logement, je ne ferais pas 5 mesures d'urgence pour rassembler des députés à l'Assemblée. Vous savez, les plus dogmatiques à l'Assemblée nationale, c'est le bloc macroniste. - Alexandre Poussart: Il y a des appels à la démission d'Emmanuel Macron.

Certaines personnalités de gauche, mais même de droite, ont proposé cette mesure. Mais le chef de l'Etat affirmait qu'il poursuivrait son mandat jusqu'en 2027. Pensez-vous que la question de sa démission peut être sur la table? - Roger Karoutchi: Je trouve que ce n'est pas utile de poser cette question.

Tout le monde sait très bien qu'Emmanuel Macron ne démissionnera pas. Il l'a dit dans son intervention. Deuxièmement, faire démissionner le président de la République, constitutionnellement, ça ressemble à du rodéo.

Si le président de la République ne veut appliquer que sa politique, les élections récentes le détrompent. On le voit aussi sur son impopularité dans le pays. Il faut qu'il laisse le Parlement et les groupes parlementaires trouver une solution gouvernementale et se détacher un peu.

Mais il y aura un problème de toute façon entre 2025 et 2027. - Kathia Gilder: Quelle est votre position sur la démission du président de la République, Stéphane Peu? - Stéphane Peu: C'est une décision qui lui appartient.

Je mets en garde le président de la République. S'il continue à penser que les Français sont trop bêtes pour être à la hauteur de son intelligence, s'il continue à être dans cette arrogance et cette supériorité qui exaspère les Français, c'est ce qui est quand même souvent le rôle dans lequel il se complaît, cela ne va pas marcher. La politique qu'il a menée est une catastrophe.

Il y avait une chose positive, c'était la baisse du chômage mais elle est en train de s'inverser, avec tous les plans de licenciements dans le pays. La remontée du chômage, c'est le dernier clou sur le cercueil de la politique d'Emmanuel Macron. Mais il ne reste plus que ça à son bilan.

S'il ne s'amende pas dans son comportement et dans son acceptation d'un changement de politique, à ce moment-là, les Français vont le juger très sévèrement et la situation risque de s'imposer à lui. Il ne pourra plus présider ce pays. - Kathia Gilder: On va revenir sur ce mercredi 5 décembre qui restera dans l'histoire. 62 ans après Georges Pompidou, le gouvernement de Michel Barnier a donc été renversé par une motion de censure proposée par la gauche et votée par le Rassemblement National. 331 voix pour la censure. - En raison de l'adoption de la motion de censure et conformément à la Constitution, le Premier ministre doit remettre au président de la République la démission du gouvernement. - La sentence est tombée autour de 20h30.

Trois mois presque jour pour jour après son arrivée à Matignon, Michel Barnier est contraint à la démission. Quelques heures plus tôt, dans l'hémicycle, celui qui est encore Premier ministre fait face à ceux qui veulent le censurer. Le Nouveau Front populaire d'une part... - Une majorité de nos concitoyens ne veulent plus de votre gouvernement ni du président qui vous a nommé à cette place. - Et le Rassemblement National qui, après avoir placé le gouvernement de Michel Barnier sous surveillance, a décidé de le faire tomber. - A ceux qui me croient animée de l'intention de choisir la politique du pire par un vote de censure, je veux dire que la politique du pire serait de ne pas censurer un tel budget, un tel gouvernement, un tel effondrement. - Quelques minutes avant le vote, le chef du gouvernement lance un dernier avertissement. - Ce que je redis avec gravité devant vous, ce dont je suis sûr, c'est que cette motion de censure que vous vous apprêtez à approuver, elle rendra tout plus grave et plus difficile.

Voilà ce dont je suis sûr. - 331 députés ont voté la censure. Michel Barnier devient le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République. - Kathia Gilder: C'était la séance du mercredi 4 décembre.

Roger Karoutchi, est-ce que l'erreur de Michel Barnier n'a pas été de balayer les amendements qui avaient été portés sur le budget? On a l'impression qu'il n'y a pas eu de main tendue vers la gauche. Vous êtes d'accord? - Roger Karoutchi: Je crois que Michel Barnier a hérité d'une situation dramatique.

En 15 jours, il a dû élaborer des éléments budgétaires. Il a essayé, quand même, avec le Sénat notamment, de bâtir quelque chose d'un peu cohérent. Un Premier ministre qui, à peine arrivé, découvre plus de 300 milliards de dettes et un déficit à plus de 6%, comment peut-il être populaire?

Comment peut-il avoir une main tendue sur les amendements quand vous avez une telle situation? Il avait à proposer que des réductions drastiques de la dépense publique. Je pense que c'est une situation difficile dont va hériter qui que ce soit qui succédera à Michel Barnier.

Je le dis tout de suite pour la gauche: lorsque vous avez un RN qui est arrivé en tête du premier tour aux élections législatives, il faut écouter à la fois les demandes de la gauche mais aussi les demandes du Rassemblement National. C'est un tiers des Français. C'est difficile de faire la synthèse.

Michel Barnier, qui est un honnête homme, a essayé de le faire mais il a échoué. - Alexandre Poussart: Il a rétropédalé sur la taxe sur l'électricité et le déremboursement des médicaments. C'est aussi un Premier ministre qui avait accepté de hausser les impôts pour les plus riches.

Est-ce que la gauche n'a pas été trop intransigeante? - Stéphane Peu: Je ne crois pas. Il y avait un mauvais projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

On ne peut pas le voter parce que le Premier ministre a mis le 49.3. Ce que je pense, c'est qu'à partir du moment où on est dans une répartition de l'Assemblée nationale, il faut essayer de rester fidèle aux blocs qui s'étaient formés à l'issue des élections législatives.

A vouloir sauter à la corde avec Marine Le Pen, comme ça, j'avais de la peine pour Michel Barnier. On savait qu'à la fin, elle allait juger sévèrement les concessions qu'elle disait avoir obtenues. Je suis intervenu.

J'ai pris à partie Gérald Darmanin. Il faut voir à quel point les macronistes ont mené la vie dure à Michel Barnier. Ils ont contesté les mesures de son budget, ils ont voté contre dans l'hémicycle.

C'est la gauche qui est venue à la rescousse de Michel Barnier sur un certain nombre de mesures de la loi de finances. Et quand ils n'étaient pas là pour voter contre, ils étaient absents. Ils ont déserté le débat budgétaire.

Je serais à la place de Michel Barnier, je me dirais qu'avec des amis comme ça, je n'ai pas besoin d'ennemis. - Kathia Gilder: Une réaction sur l'attitude du camp macroniste, Roger Karoutchi? - Roger Karoutchi: Je vais essayer de le dire élégamment.

Je ne suis pas sûr que Michel Barnier ait obtenu de la part de l'ensemble du socle commun le soutient qu'il aurait pu attendre. Cela ne veut pas dire que cela aurait suffi. Mais quand vous êtes dans la situation explosive de l'Assemblée nationale, votre camp doit rester discipliné si vous voulez tenir. - Alexandre Poussart: La suite sera donc une loi spéciale sur le budget.

Emmanuel Macron l'a annoncé. Comment cela va-t-il se passer? - Roger Karoutchi: Le président de la République a annoncé que, mi-décembre, il allait demander une loi spéciale sur les finances.

Il faut quand même un gouvernement avant. Cette loi spéciale permet de modifier un peu le budget 2024, mais elle est en fait une reconduction pour l'essentiel du budget 2024. Cela veut dire qu'il faudra voter un budget plus travaillé en janvier ou février 2025.

Cette loi spéciale de financement, elle peut être amendée. Elle permettrait de faire en sorte que l'économie ne s'arrête pas, que le paiement des fonctionnaires puisse continuer. - Kathia Gilder: Stéphane Peu, vous êtes prêt à voter cette loi spéciale qui s'annonce au Parlement?

Vous n'allez pas la bloquer? - Stéphane Peu: C'est une loi qui permet d'assurer dans l'urgence la continuité de l'Etat. Je la voterai, mais j'ai un bémol.

Avec Emmanuel Macron, on ne sait jamais. Si c'est une loi de continuité de l'Etat, je vais la voter, pas de problème. Mais si on profite de cette occasion pour mettre un ou deux mauvais coups, ce sera différent.

C'est mon bémol, ma prudence. Mais nous l'avons dit, il y a eu une réunion des présidents de groupe à l'Assemblée nationale juste après le vote de la censure, nous allons voter cette loi. Nous sommes des gens qui avons le sens de l'Etat et le sens des responsabilités, ainsi que le sens de l'intérêt général.

J'ai été élu local pendant longtemps et j'ai toujours considéré que je servais l'intérêt général, mais mes adversaires politiques ne le considéraient pas. - Alexandre Poussart: Merci pour ce débat. On se retrouve la semaine prochaine.