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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 23 février 2022 6 minComplaisantPortrait personnelImmigration & asileInstitutions & électionsSécurité

Emmanuel Macron face au communautarisme, avec Corinne Lhaïk - C à Vous - 23/02/2022

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « À Marseille, où il apprend que des piscines sauvages sont installées sur les terrasses des quartiers nord aux mains des dealers et des salafistes »
  • 0:38InvitéFait
    « certaines petites filles viennent à l'école à pied avec leur maman, tandis que le papa est en voiture avec le garçon. Et c'est la petite fille qui porte le cartable du garçon. »
  • 0:51InvitéFait
    « Il découvre aussi qu'on dit aux enfants quand ils écoutent de la musique profane, enfin de la musique, de se boucher les oreilles parce qu'ils ne doivent pas écouter ça. »
  • 1:00InvitéFait
    « Il découvre une espèce de vie parallèle, il découvre l'ampleur du phénomène de déscolarisation »
  • 1:12InvitéFait
    « qui sont censés apprendre chez eux et qui en réalité fréquentent souvent des écoles coraniques. »
  • 1:51InvitéFait
    « deux ans après cette visite, il a prononcé le fameux discours des mureaux fermés, limpides sur les menaces de l'islam radical. »
  • 1:56InvitéFait
    « aujourd'hui il se targue d'avoir attaqué l'islamisme radical plus qu'aucun de ses prédécesseurs. »
  • 3:17InvitéFait
    « En 2017, il pense que ce n'est pas un sujet, pour lui la France, c'est une terre d'accueil »
  • 3:24InvitéFait
    « En 2020, il va même faire le lien entre immigration et terrorisme »
  • 3:37InvitéFait
    « Une des toutes premières mesures que prend Édouard Philippe, c'est un plan pour l'asile et l'immigration. »
  • 3:42InvitéFait
    « La loi Asile et l'immigration de Colomb, elle est votée en 2018. »
  • 4:09InvitéFait
    « après des attentats assez tragiques, qui mettaient en scène des terroristes qui venaient de l'étranger »
  • 4:18InvitéFait
    « il fait un lien, pour la première fois, entre immigration et terrorisme »
  • 4:45InvitéFait
    « Il a voulu montrer qu'il était le chef des armées. »
  • 4:50InvitéFait
    « Pierre de Villiers l'a vraiment publiquement désavoué, et il ne pouvait que s'en séparer. »

Temps de parole

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  • Invité 36 %
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Invité

Une fois président, c'est là qu'il prend conscience du communautarisme. À Marseille, où il apprend que des piscines sauvages sont installées sur les terrasses des quartiers nord aux mains des dealers et des salafistes, ou alors à Maubeuge, en novembre 2018, une visite dans un collège passait inaperçue mais décisive. Le président déjeune à la cantine et il est sur le cul, selon l'expression de l'un de ses conseillers, de ce que lui raconte la principale. – Oui, il découvre, il est dans son itinérance mémoriale pour célébrer l'anniversaire de la Première Guerre mondiale.

Il se balade dans le nord et dans l'est de la France, il est à Maubeuge et la principale lui raconte que certaines petites filles viennent à l'école à pied avec leur maman, tandis que le papa est en voiture avec le garçon. Et c'est la petite fille qui porte le cartable du garçon. Ça paraît complètement caricatural mais c'est la réalité qu'il découvre. Il découvre aussi qu'on dit aux enfants quand ils écoutent de la musique profane, enfin de la musique, de se boucher les oreilles parce qu'ils ne doivent pas écouter ça.

Il découvre une espèce de vie parallèle, il découvre l'ampleur du phénomène de déscolarisation, c'est-à-dire des enfants qui ne vont pas à l'école laïque, républicaine, ni même à l'école sous contrat, qui sont censés apprendre chez eux et qui en réalité fréquentent souvent des écoles coraniques. Donc il découvre cette réalité et c'est un choc pour lui. Vous dites que ce déplacement l'a déniaisé ? Je ne crois pas que nous l'ayons écrit mais je pense que d'une certaine manière, ça a contribué à lui faire prendre conscience d'un phénomène dont il avait peut-être connaissance théorique.

Mais là il le vit, c'est toujours comme ça dans la vie, entre les choses qu'on sait intellectuellement et celles qu'on approche de près pour les vivre. Et là il vit vraiment une réalité qui n'est pas un épiphénomène, qui ne se résume pas à un ou deux cas, mais qui dans les endroits qu'il visite est un phénomène relativement généralisé. Résultat, deux ans après cette visite, il a prononcé le fameux discours des mureaux fermés, limpides sur les menaces de l'islam radical. Aujourd'hui il se targue d'avoir attaqué l'islamisme radical plus qu'aucun de ses prédécesseurs. C'est un atout pour la présidentielle, notamment face à Éric Zemmour ?

Alors je ne pense pas qu'il mette ces sujets-là dans la campagne, parce qu'il veut faire une campagne qui lui ressemble, il veut faire une campagne telle qu'il a faite en 2017, une campagne basée sur l'optimisme. On verra bien les thèmes qu'il va développer, mais je ne pense pas qu'il veuille insister. Mais il veut être en mesure de répondre à l'éventuel procès qu'on va lui faire, puisqu'on voit bien que les oppositions l'attaquent sur son bilan en matière de régalien, les oppositions de droite et d'extrême droite sur le thème « il est naïf », version bison-ours, « les oppositions de gauche, il s'est droitisé ».

Et le livre que nous avons fait avec Éric Mandonnet est justement destiné à raconter quel a été son cheminement là-dessus. C'est le cheminement de quelqu'un qui tout de suite a pris conscience des problèmes, mais qui a eu beaucoup de mal à les traiter. D'une part parce qu'il n'avait pas la culture de ces sujets-là, donc il a appris en exerçant son pouvoir, parce qu'il a été gêné en partie par le centre de gravité de sa majorité qui est quand même plutôt à gauche, et parce qu'il faut bien le dire, il a voulu sur ce sujet comme sur d'autres faire du « en même temps ». Or, le « en même temps » peut se concevoir sur certains sujets, l'autorité, on ne peut pas la découper en morceaux.

La difficulté du « en même temps », il a été aussi confronté sur le sujet de l'immigration. En 2017, il pense que ce n'est pas un sujet, pour lui la France, c'est une terre d'accueil, mais en 2019, il prend conscience que ce sujet ne va pas se régler facilement. En 2020, il va même faire le lien entre immigration et terrorisme, ce qui va, à ce moment-là, choquer ces ministres de gauche. Donc là, clairement, il est confronté à la difficulté de dire « en même temps ». Mais alors, attention, l'immigration, il en prend conscience tout de suite, dès 2017. Une des toutes premières mesures que prend Édouard Philippe, c'est un plan pour l'asile et l'immigration.

La loi Asile et l'immigration de Colomb, elle est votée en 2018. Et en 2019, il met effectivement, comme vous le dites, il met ça dans le débat public, il attire l'attention de sa majorité sur le thème « vous ne comprenez rien au problème de l'immigration », « vous vivez dans les beaux quartiers, vous ne savez pas ce que vivent les classes ouvrières, les classes populaires qui vivent en contact avec l'immigration ». C'est là où, effectivement, il met le sujet en débat.

Et effectivement, pour la première fois, au col du Pertus, après des attentats assez tragiques, qui mettaient en scène des terroristes qui venaient de l'étranger, il fait un lien, pour la première fois, entre immigration et terrorisme, de manière assez mesurée. Ça ne passe pas inaperçu auprès de beaucoup de ses ministres. La plupart de ses ministres qui viennent de la gauche n'ont rien dit, bien sûr, publiquement, mais ils ont été choqués de ses propos. Pierre ?

4:31
Présentateur

Toujours le régalien, Macron, chef des armées, est-ce qu'il est, de par la Constitution, mais est-ce qu'inconsciemment, il n'a pas voulu le devenir encore plus, si j'ose dire, en désavouant très vite, au début du septennat, Pierre de Villiers ?

4:45
Invité

Oui, je pense que c'est très clairement une prise de pouvoir. Il a voulu montrer qu'il était le chef des armées. Mais cette décision était justifiée sur le fond, parce que Pierre de Villiers l'a vraiment publiquement désavoué, et il ne pouvait que s'en séparer. Il l'a fait d'une manière qui a beaucoup choqué l'armée, car tant l'armée, on a le sens de la hiérarchie, et on ne désévoue pas un chef devant ses subordonnés. Donc sur le fond, la décision était justifiée, mais vous avez parfaitement raison, elle était inspirée par le fait qu'il est chêne, il n'a jamais fait son service militaire, parce que c'est juste, il était juste ric-rac sur la...

5:22
Présentateur

Oui, c'était le moment de la guerre d'Algérie.

5:25
Invité

Il était la génération qui commençait à échapper au service militaire. Il n'a jamais exercé de fonction qu'il le mette en situation d'avoir à travailler avec des uniformes, et donc il avait besoin de cette prise de pouvoir.