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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 28 août 2017 11 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesRetraitesAgriculture & alimentation

L'économie repart : merci Hollande ou Macron ? - Les questions SMS #cdanslair 25.08.2017

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:03OuverteRéponse partielle

    Les indicateurs sont au vert, mais qu'est-ce que ça change dans la vie des Français ?

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Le vrai signal, c'est quand on aura une baisse très sensible du chômage et durable ?

  • 1:18OuverteRéponse directe

    Les plus de 55 ans sentent-ils vraiment le vent de la reprise économique ?

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Tout cela est bien beau. Mais à quand les augmentations de salaires ?

  • 2:57OuverteRéponse partielle

    On entend que les entreprises ont recommencé à investir. Qu'attendent-elles pour embaucher massivement ?

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Les petites et moyennes exploitations agricoles vont-elles également bénéficier de l'embellie économique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03InvitéChiffre
    « 20% de la population française est en sous-emploi, c'est-à-dire en emploi précaire ou au chômage. »
  • 1:30InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, le taux d'emploi en France est de 65%. Il était à 55% il y a 4 ans. »
  • 2:46InvitéChiffre
    « C'était un gain de pouvoir d'achat de 250 euros pour un SMICAR l'année prochaine. »
  • 4:54InvitéFait
    « Oui, oui, en fait non, puisque le taux de chômage sont les mêmes. »
  • 5:02InvitéFait
    « François Hollande a réduit les déficits. »
  • 6:45InvitéFait
    « La dernière grosse crise, ça a été 2011-2012 et depuis, les choses s'arrangent. »
  • 6:50InvitéFait
    « Le début du quinquennat de François Hollande a cassé la reprise en raison de ce choc fiscal. »
  • 8:39InvitéChiffre
    « On va avoir 60 milliards de déficits ces années quand l'Allemagne a 250 milliards d'excédents. »
  • 10:08InvitéFait
    « L'aéronautique se porte bien. »

Temps de parole

  • Invité25 %
  • Invité 223 %
  • Présentateur21 %
  • Invité 317 %
  • Invité 414 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

— Les indicateurs sont au vert, nous dit-on. Mais concrètement, qu'est-ce que ça change dans la vie des Français ? Voilà une bonne question. Qu'est-ce qui, depuis le début de l'année 2017, a réellement changé ?

0:15
Invité

— Pour l'instant, on ne voit pas de progression du pouvoir d'achat. Donc c'est vrai que c'est difficile de le sentir. Pour l'instant, on entend ces maires qui se plaignent des restrictions budgétaires. Donc c'est difficile de le sentir. Je crois qu'il va falloir attendre un peu pour que les Français concrètement le voient. Mais l'emploi est quand même essentiel.

0:30
Présentateur

— Le vrai signal, c'est quand on aura une baisse très sensible du chômage et durable.

0:38
Invité

— Il y a quand même des gens aujourd'hui qui retrouvent un emploi. D'ailleurs, ce qu'on n'a pas dit, c'est que traditionnellement, les reprises de l'emploi se font beaucoup par l'intérim, par les CDD. Ça reste vrai. Mais il y a aussi beaucoup d'embauches en CDI aujourd'hui. Donc il y a une certaine qualité de la reprise du marché du travail. Donc il y a des gens qui retrouvent un travail. Mais je le disais tout à l'heure, on est quand même dans une situation de sous-emploi en France qui concerne des millions de gens. Donc pour régler ça, il faudra que ça continue au rythme actuel pendant longtemps.

— 20% de la population française est en sous-emploi, c'est-à-dire en emploi précaire ou au chômage. Donc c'est un chiffre qui est énorme. Donc effectivement, on a de la marge. Mais c'est vrai, et votre reportage l'a montré en début d'émission, c'est qu'aujourd'hui, les entrepreneurs ont plus de facilité à vouloir embaucher, à prendre le risque d'embaucher si c'est un risque.

1:18
Présentateur

— Les plus de 55 ans sentent-ils vraiment le vent de la reprise économique ?

1:24
Invité

— Ce qui est certain, c'est que le taux d'emploi des seniors a beaucoup augmenté depuis quelques années. Aujourd'hui, le taux d'emploi en France est de 65%. Il était à 55% il y a 4 ans. Et c'est grâce à l'emploi senior. Du fait de l'augmentation de l'âge de la retraite, le fait qu'on ait repoussé l'âge de la retraite à 62 ans, d'un seul coup, on fait travailler beaucoup plus les seniors à 57, 58, 59 ans.

1:48
Présentateur

— Tout cela est bien beau. Mais à quand les augmentations de salaires ?

1:53
Invité

— Lorsque le chômage aura baissé, comme le disait tout à l'heure Nicolas. — Oui. Effectivement, s'il y a un taux de chômage qui est faible, ça réarme les salariés face aux employeurs. Mais là, ce qui se profile par la négociation d'entreprise, c'est plutôt effectivement une forme de dumping salarial, comme avec le cas Fiat que j'ai mentionné. Donc c'est ça, moi, qui m'embête.

2:13
Présentateur

— C'est-à-dire qu'on va sauvegarder votre emploi, mais on va être obligé de baisser votre salaire.

2:17
Invité

— Exactement. Ou augmenter le temps de travail ou diminuer les heures supplémentaires, etc. Donc moi, ce qui me fait peur aujourd'hui, c'est qu'effectivement, le chômage diminue, mais qu'on remplace les chômeurs par des travailleurs plus précaires, comme on l'a vu dans d'autres pays de la zone euro. — Il va quand même y avoir un petit effet de par la bascule des cotisations sociales salariales qui vont baisser en deux temps et qui vont être plus fortes que la hausse de la CSG pour les salariés. Donc ça fera un petit gain de pouvoir d'achat. — Pardon. C'était un gain de pouvoir d'achat de 250 euros pour un SMICAR l'année prochaine. Alors pas...

Dans un premier temps, il n'aura que les deux tiers de ça. Et à partir de la rentrée, donc de l'automne, il aura la suite.

2:57
Présentateur

— On entend que les entreprises ont recommencé à investir. Qu'attendent-elles donc pour embaucher massivement ?

3:03
Invité

— Là, j'aurai un désaccord avec mon ami Thomas Porcher. Je pense qu'elles attendent un changement de fonctionnement du marché du travail. Je suis d'accord avec l'idée selon laquelle le problème du marché du travail en France, c'est pas sa rigidité. Si une entreprise veut licencier quelqu'un, il lui suffit d'avoir une faute qui soit réelle et sérieuse. Donc c'est pas rigide. En revanche, on a une judiciarisation du licenciement qui rend les choses anxiogènes pour les chefs d'entreprise. Judiciarisation, ça veut dire que les salariés vont au prud'homme. Alors ça, c'est normal.

Mais ça dure longtemps, qu'ils vont en appel une fois, qu'ils vont en appel deux fois, qu'ils vont en cours de cassation. Tout ceci dure très longtemps, que ça peut se terminer par des indemnités prud'hommales très importantes pour les entreprises, mais qu'on n'en sait rien parce que tout ça est incertain. Donc je pense que si les ordonnances travail arrivent à régler ça, très honnêtement, je peux me tromper, mais je pense que si on arrive à le faire, quand même, on sera allé dans la bonne direction.

3:56
Présentateur

Les petites et moyennes exploitations agricoles vont-elles également bénéficier de l'embellie économique ? C'est moins sûr.

4:05
Invité

Peut-être quand même, parce qu'il y a un tournant assez majeur qu'on a vu avec le début de Grenelle de l'alimentation et qui va continuer, qu'on a vu avec la crise des oeufs. Il y a un changement majeur dans l'alimentation, dans les attentes des Français et même le directeur général de Danone. Il y a une vidéo qui est assez virale sur le net en ce moment d'une intervention qu'il a faite à une conférence à Berlin dans laquelle il dit qu'il faut revenir à d'autres principes d'alimentation qui sont assez favorables à la proximité. Donc c'est embryonnaire comme espoir, mais tout n'est pas perdu.

4:45
Présentateur

Emmanuel Macron n'a-t-il pas trouvé à son arrivée à l'Elysée une situation économique plus favorable que son prédécesseur François Hollande, 5 ans plus tôt ?

4:54
Invité

Oui, oui, en fait non, puisque le taux de chômage sont les mêmes. Donc finalement non, je ne pense pas peut-être un peu plus parce qu'il y a eu des réformes qui ont été faibles. Voilà, déficits plus faibles. C'est vrai que François Hollande a réduit les déficits. Mais ce qui est assez étonnant, c'est qu'Emmanuel Macron a été classé comme l'homme le plus puissant du monde, l'homme de moins de 40 ans le plus puissant au monde. C'est le plus puissant qui l'utilise, sa puissance. Là, on a l'impression que malgré tout, il arrive, il manque 4 milliards pour réduire le déficit.

On dirait que c'est très très grave que l'Europe va nous punir comme si on était des mauvais élèves alors qu'on a eu quand même au deuxième tour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen qui voulait carrément sortir de l'euro. Donc on a une situation quand même pour l'Europe qui est beaucoup plus favorable. La Commission européenne pourrait être clémente. Et que là, il se comporte tout de suite comme un élève moyen de classe justement alors qu'il a été classé comme l'homme le plus puissant du monde.

S'il est l'homme le plus puissant du monde, justement, qu'il utilise ce pouvoir et qu'il ne soit pas aussi rigide en termes budgétaires parce que c'est 4 ou quelques milliards en plus sur l'ensemble du budget, c'est rien. Et les coupes qui vont être faites à l'aveuglette notamment sur les appels, même s'il y a un brouhaha autour des appels, sont des coupes qui déjà donnent aux Français un sentiment d'amateurisme et qui ne sont pas agréables pour les classes les plus faibles. Oui, la question c'était est-ce que c'est plus ou moins favorable que la situation qu'a trouvée François Hollande à l'arrivée ? Oui.

Effectivement, c'est à peu près la même sauf que François Hollande, il a gâché ses chances alors qu'il y avait une reprise mondiale qui s'amorçait. Il a gâché ses chances avec le matraquage fiscal des deux premières années. Alors qu'Emmanuel Macron a tiré les leçons de cela et est peut-être capable, au contraire, d'encourager, de prendre cette incitation et de l'encourager et d'aller encore plus loin grâce aux réformes.

6:29
Présentateur

Quelles sont les principales causes de cette soudaine embellie économique ? Alors c'est intéressant d'ailleurs, soudaine, c'est soudain pour nous mais pas vraiment pour les autres.

6:40
Invité

Ça fait quand même plusieurs années que... La dernière grosse crise, ça a été 2011-2012 et depuis, les choses s'arrangent. Ce qui a été spectaculaire en France, c'est la façon dont le début du quinquennat de François Hollande a cassé la reprise en raison de ce choc fiscal. D'ailleurs, pour être tout à fait honnête, parce que je ne suis pas là tout de suite, choc fiscal qui a été étalé sur les deux quinquennats précédents. C'est-à-dire que la première moitié du choc fiscal, c'est la fin du quinquennat de Sarkozy. La deuxième moitié du choc fiscal, c'était le début du quinquennat de François Hollande. Il faut être précis. Mais ça, ça a vraiment cassé la croissance.

Donc c'est soudain en France, mais très clairement, on est arrivé après les autres.

7:16
Présentateur

Alors les principales causes du coup, de cette soudaine... On peut les rappeler.

7:19
Invité

La croissance internationale.

7:21
Présentateur

Oui.

7:21
Invité

C'est la baisse du pétrole. C'est la baisse des taux d'intérêt. Et puis il y avait aussi le fait que le dollar était... Enfin, que l'euro s'était affaibli. Il remonte certes un peu, mais je ne dirais pas tant que ça. Il est en dessous de 1,20. On l'a vu à 1,40 l'euro par rapport au dollar.

7:37
Présentateur

Et les taux d'intérêt, ça fait des années qu'on dit ça va remonter, ça va remonter, et ça ne remonte toujours pas. Non, parce qu'il faudrait vraiment...

7:43
Invité

Oui, espérons que ça dure. Oui, c'est-à-dire qu'il ne remontera les taux d'intérêt, que si la croissance européenne est vraiment solide, sérieuse et définitive.

7:51
Présentateur

Que faudrait-il, vous n'allez pas être d'accord, pour confirmer cette embellie et l'inscrire dans la durée ?

7:58
Invité

Moi, je pense qu'il faudrait faire l'inverse que ce que va faire le gouvernement. Il faudrait faire de la relance économique, donc de l'investissement dans des secteurs d'avenir. Même, y compris, encore une fois, la note du FMI, dit qu'il faudrait qu'il y ait un peu de relance, notamment dans la zone euro, pour pouvoir soutenir cette activité. Donc si on avait une relance économique adaptée à une embellie internationale, là, effectivement, on pourrait avoir un fort taux de croissance, comme ça a été le cas entre 1997 et 2001. Pas n'importe quelle relance, parce qu'on voit bien que la relance de la consommation ne fait qu'augmenter les importations et donc augmenter le déficit commercial.

Donc il faut vraiment bien cibler ce plan d'investissement. Donc ce n'est pas de la relance, c'est un plan d'investissement plutôt. Oui, parce que le gros point noir, pour compléter ce que dit Sophie, le gros point noir, c'est quand même le commerce extérieur. On va avoir 60 milliards de déficits ces années quand l'Allemagne a 250 milliards d'excédents. C'est phénoménal. Simplement parce qu'au fur et à mesure qu'on a de la croissance, effectivement, c'est l'Allemagne et d'autres pays qui nous nourrissent en quelque sorte.

8:53
Présentateur

Que faudrait-il pour que les Français retrouvent confiance en l'avenir ?

8:58
Invité

Moi, je crois qu'il faut que la politique du gouvernement soit toujours en adéquation avec ce qui est dit. Pour moi, c'est ça le point central. En France, on n'est pas du tout habitué à ça. Dans d'autres pays, oui. Moi, je suis frappé de ça quand je regarde ce qui se passe à l'étranger, en bien ou en mal d'ailleurs. Mais prenez le Royaume-Uni, par exemple. Je peux vous dire que quand le ministre de l'économie annonce quelque chose au Royaume-Uni, que vous soyez pour ou contre, tout le monde considère que ça va se faire, en bien ou en mal. Nous, ça n'a jamais été ça. Emmanuel Macron nous avait vendu le fait que ça allait changer.

Et pour moi, qui suis plutôt bienveillant avec ce quinquennat qui s'ouvre, je trouve que pour l'instant, il y a quand même un peu de flottement, notamment sur les questions fiscales, sur ces questions d'investissement. Je trouve que ce n'est pas tout à fait clair. Le made in France a-t-il bonne réputation à l'étranger ? Dans certains secteurs, oui. Pour le luxe, bien évidemment. Pour l'agroalimentaire aussi.

9:51
Présentateur

Quel type de produit est-il avantageux de fabriquer en France ?

9:55
Invité

Des produits de haut de gamme. C'est des produits où vous pouvez fixer un prix suffisamment élevé pour faire une valeur ajoutée.

10:01
Présentateur

Comment se portent nos industries de pointe ?

10:05
Invité

Il n'y en a pas assez. Il n'y en a pas assez, mais elles se portent bien. Mais elles se portent bien. L'aéronautique se porte bien. Oui, mais il n'y en a pas assez. Et c'est ça. C'est ça le sujet, quoi. C'est l'intelligence artificielle, les robots, les nanotechnologies. Il est là, notre avenir. Je dirais même une stratégie industrielle globale. Et là, c'est ce qui a manqué, pour moi, au programme d'Emmanuel Macron. Merci beaucoup à tous les quatre.

10:21
Présentateur

Merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Ce soir, la redif est à 22h35. Très bonne soirée sur France Centre. Sous-titrage Société Radio-Canada