Emmanuel Grégoire : « Rachida Dati doit démissionner de son ministère pour faire campagne »
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Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse partielle
On va commencer par le budget, Emmanuel Grégoire.
- 1:32RelanceRéponse partielle
Mais est-ce que ça veut dire que le vote des députés socialistes est acté ?
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Mais eux, ils disent pareil de vous. Est-ce qu'à un moment, vous aussi, vous allez arrêter la surenchère ?
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Mais par exemple, sur les franchises médicales, est-ce que vous êtes prêt à un compromis ?
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Mais les socialistes sont sortis de Matignon lundi en disant « nous avançons ». Sur quoi vous avez avancé ?
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Ça porte un déficit à combien, si toutes vos mesures sont retenues ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« notamment la suspension de la réforme des retraites et bien d'autres choses. »
- 2:47Invité politiqueFait
« notre objectif sur la partie projet de loi de financement de la sécurité sociale était d'obtenir la suppression des mesures d'économie qui pesaient directement sur le pouvoir d'achat et ou sur la qualité des soins en direction des Français. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Plein de choses, notamment sur la première lecture. »
- 4:21Invité politiqueFait
« sur la question, par exemple, de l'augmentation des moyens de l'hôpital public, sur la question de la protection du pouvoir d'achat et du reste à charge en matière de soins. »
- 5:39Invité politiqueChiffre
« C'est de rester autour de 20 milliards. »
- 5:43Invité politiqueChiffre
« notamment sur le déficit global de l'État, autour de 5%. »
- 10:56Invité politiqueFait
« la procédure de mise en examen pour diffamation est une procédure automatique. »
- 11:56Invité politiqueFait
« Sophia Chikirou a dit que l'objectif, c'est qu'il n'y ait pas un maire socialiste à Paris. »
- 17:12Invité politiqueFait
« Elle utilise à outrance son ministère pour l'instrumentaliser au service de la campagne. »
- 18:36Invité politiquePromesse
« Bien sûr qu'il devrait démissionner. »
- 19:27Invité politiqueFait
« Elle avait dit que sa soeur avait eu un logement social via son employeur. Ce n'est pas vrai. »
- 20:11Invité politiqueChiffre
« il y a encore plus de 200 000 personnes qui, sur les mêmes critères, mériteraient. »
- 20:16Invité politiqueFait
« Qu'elle fera zéro logement social de plus et nous nous rappelons qu'elle s'est opposée systématiquement à tous les logements sociaux. »
- 21:03Invité politiqueChiffre
« Il y a des millions de mètres carrés qui sont vides. »
Temps de parole
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Emmanuel Grégoire. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation, député de Paris, candidat socialiste à la mairie de Paris. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée ce matin par Fabrice Vessereuton du groupe Ebra. Je vais y arriver, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice. Bonjour Sérorienne, bonjour Dominique, bonjour. On va commencer par le budget, Emmanuel Grégoire. Les députés qui ont donc repris hier l'examen du budget de la sécurité sociale, vous allez aboutir à un compromis.
Je ne sais pas parce que c'est un travail progressif dans lequel chaque amendement compte. Pourquoi chaque amendement compte ? Parce que la copie de départ n'allait pas. Il y a eu la première lecture qui a été très exigeante, sur laquelle évidemment nous ne nous retrouvons pas totalement, mais dans lequel le groupe socialiste et apparenté a obtenu d'immenses victoires, notamment la suspension de la réforme des retraites et bien d'autres choses. Et donc c'est amendement après amendement. La partie 1 a été examinée. Nous commencerons cet après-midi la partie 2. Et donc c'est un travail de longue haleine. Il est très exigeant, mais je crois qu'il est emprunt de responsabilité.
On ne peut pas considérer que la situation peut être prise à la légère. Le pays a besoin d'un budget. Ça ne peut pas être à n'importe quel prix, mais c'est une exigence de stabilité, parce que l'absence de budget frapperait d'abord les plus fragiles. Et donc on est déterminé à mener ce travail qui donne sa chance au Parlement de prendre ses responsabilités.
Mais est-ce que ça veut dire que le vote des députés socialistes est acté ?
Bien évidemment que non, puisque c'est un processus. C'est amendement après amendement qu'on voit l'évolution de la COP. Bien sûr, je le dis. Et puis d'abord, nous en déciderons collectivement autour de notre président Boris Vallo et de notre premier secrétaire Olivier Faure. On ne peut pas avoir une position a priori, puisque c'est un processus de débat. Et si la COPY vous convient, vous voterez quoi ? Vous irez jusqu'à voter pour ? Sur le PLFSS, rien ne l'exclut. Mais un vote pour ou une abstention ? Ça dépend, oui. Nous avons eu en première lecture un vote favorable. C'est plus compliqué sur le projet de loi de finances, chacun le sait.
Mais ce qu'on observe, c'est qu'aujourd'hui, c'est dans ce qu'il reste du socle commun qui n'a plus grand-chose de commun, que ce, nous, sans doute, la plus grande difficulté à force d'extravagance, à force de surenchère. On en oublie l'essentiel. L'essentiel, c'est que le temps nous invite au compromis, pas aux compromissions.
Mais eux, ils disent pareil de vous. C'est-à-dire, ils disent les socialistes, ils ont obtenu la suspension de la réforme des retraites, ils en demandent encore, encore et encore. Est-ce qu'à un moment, vous aussi, vous allez arrêter la surenchère ?
D'abord, il n'y a pas de surenchère. Ce sont des sujets qui sont très distincts les uns les autres et dans lequel, notamment, notre objectif sur la partie projet de loi de financement de la sécurité sociale était d'obtenir la suppression des mesures d'économie qui pesaient directement sur le pouvoir d'achat et ou sur la qualité des soins en direction des Français.
Mais par exemple, sur les franchises médicales, est-ce que vous êtes prêt à un compromis ?
Non, on n'est pas sur ce point-là. C'est un point dur. Ils le savent et nous l'avons annoncé depuis le début, depuis la copie initiale du gouvernement. Donc, on ne les prend pas par surprise et qu'à l'échelle globale du budget, chacun doit faire un effort. Ce n'est pas seulement…
Donc, c'est à la moindre hausse des franchises médicales, c'est un vote contre.
On verra, on verra. Encore une fois, je vous le dis, ce n'est pas une décision que je prends seule. Et deuxièmement, c'est une position qui est prise sur une globalité dans laquelle, on le sait déjà, tout ne nous satisfera pas, mais dans laquelle nous nous battons pour qu'il y ait de plus de mesures qui soient utiles aux Françaises et aux Français. Donc, c'est un processus parlementaire inédit dans l'histoire de notre République, en tout cas de la Ve. On verra si la confiance qui est donnée au Parlement peut se justifier.
Mais les socialistes sont sortis de Matignon lundi en disant « nous avançons ». Sur quoi vous avez avancé ? Quelle avancée a obtenu Olivier Ford ?
Plein de choses, notamment sur la première lecture. Elle demande à être confirmée par la seconde lecture, puisque le Sénat a assez méthodiquement, et en cohérence avec ce qu'il pense d'ailleurs, redéconstruit ce qui avait été bâti pendant des semaines et des semaines et des centaines d'heures de débats à l'Assemblée nationale. Donc, en deuxième lecture, les choses vont un peu plus vite, parce que le processus est un peu simplifié.
Et donc, nous devons rétablir, d'une certaine manière, les orientations qui ont été les nôtres, sur la question, par exemple, de l'augmentation des moyens de l'hôpital public, sur la question de la protection du pouvoir d'achat et du reste à charge en matière de soins. C'est-à-dire, quand vous avez besoin d'aller chez le médecin, il était prévu que ça vous coûte beaucoup plus cher qu'avant. Eh bien, ça, c'est des choses sur lesquelles nous nous battons.
Et on verra à la fin de la semaine, puisque c'est probablement à la fin de la semaine que nous aurons abouti au moins sur l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, si ce budget est digne d'être soutenu ou, en tout cas, qu'on puisse justifier une abstention.
Ça porte un déficit à combien, si toutes vos mesures sont retenues ?
Ça dépend un peu. Vous vous rappelez qu'au début de la discussion budgétaire, nous avions demandé une réduction de l'effort global d'économie pour le pays. Nous avons obtenu des choses avec deux moyens. Soit vous obtenez des recettes d'un côté, soit vous diminuez les dépenses de l'autre. Donc, ça a consisté à plaider pour des recettes et à plaider pour des dépenses. Et donc, on verra à la fin ce qui est possible. Nous pensons qu'il est possible de dégager plusieurs milliards d'euros. et ça passe notamment par des augmentations de recettes, que ce soit d'ailleurs en financement de la Sécurité sociale ou en projet de loi de finance. Et nous faisons notre travail.
On essaye d'être utile, je crois, qu'à la fin des fins...
Mais c'est quoi l'objectif, par exemple, pour le budget de la Sécurité sociale ? C'est de rester autour de 20 milliards de déficit ?
C'est de rester autour de 20 milliards. Mais globalement, nous avons annoncé qu'on voulait, notamment sur le déficit global de l'État, autour de 5%. D'accord ? Voilà. C'est un objectif macroéconomique. C'est un peu compliqué. On ne va pas rentrer dans le détail ici. démontrant deux choses. La première, c'est que faire trop d'efforts budgétaires aurait un effet contre-productif, notamment récessif, parce qu'il pèserait sur le pouvoir d'achat, donc sur la consommation.
Il faut pouvoir engager notre pays sur une trajectoire de réduction de son déficit, mais qui soit soutenable et pas contre-productif, qui conduirait donc, en réalité, à l'aggraver, ce qu'a fait la droite depuis plusieurs années, en réalité.
Est-ce que vos partenaires de gauche vous suivent ? Est-ce que les écologistes, les écomunistes sont sur la même ligne que vous de recherche d'un compromis et d'éventuellement vote d'un budget de la sécu ?
D'abord, ce n'est pas notre matrice. Ce n'est pas notre obsession. On n'est pas écologistes, on n'est pas communistes. Il se trouve que nous avons beaucoup de combats communs et on se retrouve ensemble, mais le groupe socialiste, il a une ligne politique. C'est une ligne politique qu'il assume, qui est celui d'une responsabilité qui consiste, d'une certaine manière, à se comporter dans l'opposition, avec la même hauteur de vue que si on était en responsabilité. Sinon, ça s'appelle de la démagogie.
Et ensuite, avec les communistes et les écologistes, il y a de nombreux combats sur lesquels nous nous réunissons, qui permettent d'ailleurs l'adoption d'amendements en fonction des circonstances et en fonction des alliances qui se dessinent dans l'hémicycle. Mais encore une fois, les socialistes ont une ligne autonome et entretiennent un dialogue régulier, permanent, avec les écologistes et avec l'économie, ce qui fait que nous nous réunissons très souvent.
Mais vous essayez de convaincre ?
– Bien sûr, mais on essaie de convaincre tout le monde. C'est un travail de conviction, c'est un travail d'abord de détermination et d'engagement. – Et vous pensez que ça peut amoutir ? – Je pense, oui, je pense qu'il y a un chemin. Je vais vous donner un exemple. Hier, quand est examinée la motion de rejet du PLFSS qui est déposée par LFI, les écologistes et les communistes n'ont pas suivi ça, pas tous en tout cas. Les écologistes se sont majoritairement abstenus et c'est une façon de donner sa chance au débat. Et je crois qu'au moins sur ce principe-là, nous nous réunissons à gauche hors LFI.
– Vous essayez de les convaincre ou de réaffirmer la ligne socialiste ? Il y a quand même beaucoup souffert depuis l'élection de l'Emmanuel Macron.
– Vous avez totalement raison. Nous essayons de les convaincre et de réaffirmer la ligne. La ligne, c'est d'abord, pour avoir une ligne, il faut avoir une voix qui porte, il faut avoir une voix qui se distingue. Et d'une certaine manière, depuis plusieurs mois, les socialistes ont une voix qui s'affirme, qui se distingue dans la recherche de solutions et de décisions qui soient utiles aux Françaises et aux Français. C'est à nouveau les colibés un peu assis de la partie de la gauche qui n'est prête à aucun compromis parce qu'ils ne veulent pas gouverner ni avoir, entre guillemets, cette expérience d'y prétendre.
Mais je crois que ça permet aussi de faire entendre une voix nouvelle, une voix utile aux Françaises et aux Français, à nous d'être bons et à nous d'en convaincre les électeurs.
– Est-ce que vous dites qu'on a fait une erreur en demandant à Sébastien Lecornu de ne pas utiliser le 49.3 ?
– Non, je ne le crois pas. Parce que vous ne pouvez pas pendant 40 ans dire qu'il ne faut pas de 49.3 et puis un jour changer d'avis. Ce n'est pas évidemment possible. Il se trouve que le 49.3 est un outil de circonstance qui peut être pratique dans ces moments où l'Assemblée nationale ne s'est pas dégagée de majorité, mais c'est un instrument profondément anti-parlementaire, profondément anti-démocratique.
– Boris Vallaud, quand on lit son interview dimanche, on n'a pas l'impression qu'il ferme la porte au 49.3.
– Mais ce que dit Boris Vallaud, c'est que ce n'est pas les socialistes le problème. Ce qu'ils disent, c'est que le socle commun est en train d'exploser en mille morceaux. Et c'est le problème du Premier ministre et du gouvernement.
– Mais imaginons, vous trouvez un compromis, vous, avec le gouvernement. Il y a un budget de la sécurité sociale qui vous convainc. Est-ce que vous en voudrez, à Sébastien Lecornu, utiliser le 49.3 ? Ou est-ce qu'au contraire, vous allez le pousser à le faire ? – Non, s'il n'y a un compromis, il n'y a aucune raison d'utiliser un 49.3, à l'évidence. – Peut-être que vous, le compromis vous va, mais qu'il ne va pas au Rison, qu'il ne va pas au LR et que du coup, la majorité de l'Assemblée ne le passera pas.
– Ils iront au bout de cette logique et le Premier ministre probablement tombera. C'est ainsi, c'est ainsi. Et on voit bien, vous souvenez un sujet…
– Et la suspension de la forme de retraite avec ?
– Oui, mais ça, ce n'est pas notre faute. Ce sera la faute de ceux qui n'en ont pas… Ce sera la faute de LFI et ce sera la faute de la partie du socle commun qui ne veut pas, entre guillemets, prendre ce qui est à prendre. Et on le voit dans les débats avec le groupe Horizon, par exemple. Ce sont des débats qui montrent que le groupe Horizon ne me semble plus appartenir au centre commun, ce qui est un peu paradoxal quand on sait qu'ils ont des membres au gouvernement, etc. Il y a une discipline qui ne s'impose même plus aux ministres et à leur groupe, d'une certaine manière. Et c'est incompréhensible pour les Français.
Encore une fois, on vit une période inédite, les Français ne le découvrent pas, ils l'ont même choisi. On fait avec et je crois que ce moment un peu historique où on fait confiance au Parlement est un moment dont on doit en responsabilité se saisir pour faire avancer les choses.
Fabrice ? Oui, une réaction de votre part sur une actualité judiciaire. La chef de la CGT, Sophie Binet, a été mise en examen pour injure publique après avoir traité les patrons en janvier de rats qui quittent le navire. Qu'est-ce que ça vous inspire, cette décision judiciaire ? En tout cas, une procédure judiciaire.
Oui, rappelez que la procédure de mise en examen pour diffamation est une procédure automatique. Une procédure automatique, ce n'est pas une décision judiciaire parce que c'est un principe en matière de diffamation. La mise en examen est automatique. C'est une mise en examen qui n'a absolument pas la même valeur qu'une mise en examen dans des affaires, par exemple, de corruption, etc. Sur le fond. Et deuxièmement, sur le fond, je ne suis pas autorisé à contester ce genre de choses. Encore une fois, la mise en examen, elle est automatique. Sophie Binet, elle a une liberté de parole qui est liée à sa fonction. Elle est à la tête d'une grande organisation syndicale.
Et je crois qu'elle l'exprime. Elle peut le faire avec des mots que je ne peux pas partager. Et je suis très soucieux de la liberté de parole de nos responsables politiques en général et de nos responsables syndicaux également.
On va parler des municipales. Vous êtes le candidat socialiste aux municipales à Paris. Est-ce que vous allez faire l'union avec la gauche dès le premier tour ?
Alors, avec la gauche, sans LFI, puisque ni eux ni nous ne le souhaitons. Et je voudrais être d'une clarté absolue là-dessus. Je rappelle que Sophia Chikirou a dit que l'objectif, c'est qu'il n'y ait pas un maire socialiste à Paris. Donc voilà, ça clôt un débat qui était clos chez moi depuis longtemps. Mais oui, je souhaite avoir une union la plus large possible de la gauche. On y travaille. C'est un chemin long, exigeant, parce qu'à Paris, c'est une élection très compliquée. Il y a beaucoup de candidats. C'est beaucoup de choses à caler.
– Et qu'est-ce qui bloque avec les écologiques ?
– Je ne sais pas que ça bloque. C'est que c'est long, parce qu'il y a beaucoup de détails. Et donc, il n'y a rien qui bloque. C'est un processus en cours. – Qu'est-ce que vous leur proposez ?
Les communistes, c'est fait ?
– Écoutez, les discussions sont bien avancées. Vous doutez bien que je ne vais pas dire sur un plateau de télé les détails de nos discussions. Ce ne serait ni respectueux de mes partenaires, ni normal dans le processus.
– Mais est-ce que vous pensez à vous dire un accord ? Est-ce qu'il y aura une liste commune, socialiste, écologiste commune ?
– Je suis très confiant pour deux raisons. La première, c'est qu'il y a une cohérence à cela. Une cohérence, c'est 25 ans de partage des responsabilités, y compris qui renvoie au fait que quand la LFI nous critique, c'est en réalité toute la majorité qui le critique, et deuxièmement parce que je crois que nous avons construit une vision politique de la transformation de la ville avec nos nuances évidemment, avec eux-mêmes, j'allais dire, chacun nos qualités et nos apports différents qui donnent de la cohérence à cette union.
Et donc ça suppose comme toute union que chacun fasse des efforts, c'est valable en politique comme dans la vie privée et je pense que nous allons y arriver, je suis très confiant. – Avec une liste que vous mènerez vous ? – Oui, je pense.
– Ça c'est acté, c'est vous qui serez la tête de liste ?
– Ce n'est pas un argument d'autorité, c'est un argument d'efficacité, tout montre que je suis celui qui aujourd'hui a le socle le plus solide pour emmener cette majorité, mais je ne veux pas, encore une fois, ce n'est pas un argument d'autorité, je veux en convaincre les partenaires que c'est la chose la plus utile pour que Paris reste à gauche. chacun comprend que je suis le seul candidat qui peut empêcher Paris de basculer à droite avec Rachida Dati à sa tête. Et puis avec Bournazel d'ailleurs, d'une certaine manière. Donc il faut essayer d'être rassembleur, et c'est mon rôle d'ailleurs d'y concourir, je dois faire des efforts pour deux.
– Est-ce que le refus d'une union avec LFI, ça vaut aussi pour le second tour ?
– La réponse est oui, catégoriquement. Je ne peux pas envisager de travailler avec quelqu'un qui lance sa campagne en disant « il ne faut pas de maire socialiste à Paris ». Et je le dis, ce n'est pas valable qu'à Paris, c'est un sujet de confrontation, quasiment dans toutes les villes de France, ou au moins dans toutes les grandes villes de France, c'est deux stratégies de gauche. C'est une stratégie…
– C'est deux gauches irréconciliables.
– Ce n'est pas deux gauches irréconciliables, puisqu'il y a des moments de vérité dans l'histoire, et c'est les électeurs qui choisissent, ce ne sont pas des affaires d'appareil, ça. Les électeurs se retrouvent, et ils peuvent en fonction des circonstances choisir, pour vous dire les choses clairement, à Paris, si je souhaite être maire de Paris et tous les gens qui m'entourent avec moi, nous devons séduire des gens qui, à un moment donné, ont voté pour Jean-Luc Mélenchon ou pour Emmanuel Macron, voilà. Et donc, on s'adresse à tous les électeurs. Mais je veux m'abstraire, je veux mettre au-dessus des querelles de parti, des affaires de parti.
Moi, je n'ai qu'une adversaire, c'est la droite, c'est Rachida Dati. Le reste à moi, à nous, d'être suffisamment convaincants pour convaincre les électeurs que si on veut que Paris reste à gauche, il faut voter pour notre liste, notre liste de rassemblement.
– Il faut éviter qu'elle affiche au second tour, c'est votre objectif.
– Oui, c'est bien sûr, bien sûr. C'est l'objectif de tout le monde, et je le crois, d'être le plus haut possible.
– David Béliard, il y a trois semaines, dans une interview à la Tribune dimanche, il disait s'il n'y a pas une seule candidature de gauche au second tour, nous ne gagnerons pas. Vous n'êtes pas d'accord avec ça ?
– Techniquement, non, ce n'est pas obligatoire, parce qu'il y a plein d'hypothèses. – Parce qu'il y a plein d'hypothèses.
– Mais encore une fois,
ne perdons pas de temps à faire des conjectures sur la configuration du second tour, etc. Concentre-nous sur la présence sur le terrain, sur les expressions médiatiques, sur la pédagogie, sur notre projet. Aujourd'hui, moi, j'ai engagé une très grande phase de dialogue avec les Parisiens, on organise des dizaines et des dizaines de réunions pour parler avec les Parisiens. Concentrons-nous sur l'essentiel, c'est-à-dire convaincre les électeurs, on verra bien, en sort du premier tour, quelle est la configuration.
Et encore une fois, j'espère être en situation d'être maire, mais c'est les électeurs qui choisissent, et ça s'appelle la démocratie, et c'est sain, il faut vivre avec ça très sereinement.
– Anne Hidalgo, la maire sortante, n'a pas été tendre avec vous ces dernières semaines. Est-ce qu'aujourd'hui, elle vous soutient clairement ?
– Non, non, ça n'a pas été tendre, c'est une évidence. Je n'attends plus sa tendresse, d'ailleurs, parce que voilà, c'est ainsi. – Sans soutien et sans soutien ? – Non, je suis passé à autre chose, je vais vous dire. – Il ne vous serait pas utile ? Est-ce qu'il vous serait même défavorable ? – Je n'en sais rien, je n'en sais rien, et encore une fois, je ne pleure pas sur le l'air inversé. Et nous avons eu un long parcours commun avec Anne Hidalgo, ce sont des années dont je suis très fier. J'ai adoré travailler avec Anne Hidalgo, elle a un jour décidé autrement, j'ai assumé nos différences, je les porte, je les revendique, y compris dans la campagne qui s'annonce.
Je suis à la fois très fier de notre bilan et très lucide sur les choses sur lesquelles nous devons améliorer, en tout cas sur lesquelles les Parisiennes et les Parisiens nous attendent, sur des améliorations. Je le fais avec la liberté que j'ai et que j'entends mettre en œuvre avec détermination et responsabilité.
– Vous l'avez dit, votre adversaire, c'est Rachida Dati, est-ce qu'elle peut continuer et commencer même à faire campagne en étant toujours ministre ?
– Ça pose un problème absolument majeur sur le plan du droit, sur le plan du droit électoral. D'abord, je vous le dis, je recense tout ça méticuleusement. Elle utilise à outrance son ministère pour l'instrumentaliser au service de la campagne. Je crois que personne qui l'observe n'en est dupes. Je ne crois pas que les Parisiennes et les Parisiens en sont dupes non plus.
– Vous le recensez pour faire quoi ? Pour porter ses frais de campagne devant la justice en disant qu'elle a fait campagne aux frais du ministère ?
– Oui, c'est interdit. Et ça renvoie quand même à quelque chose qui est assez profond dans l'image qu'elle dégage. C'est qu'elle se croit tout permis. Elle fait des choses qui sont inconcevables sur le plan du droit. Je ne parle pas de ses affaires et de son renvoi en correctionnel. Ça, c'est le travail de la justice, ce n'est pas le mien. Mais dans la pratique démocratique, il y a un usage. Je vais vous donner un exemple. En 2020, quand Benjamin Griveaux, puis Agnès Buzyn, s'étaient engagés dans la campagne municipale, ils avaient, dans l'instant, démissionné du gouvernement.
Comme c'est, non pas seulement l'usage, mais en réalité la loi et la rigueur des dépenses électorales qui peut l'imposer. Rachida Dati se croit, entre guillemets, totalement libre et dans une impunité totale. Elle a tort. La justice va le lui rappeler. Et moi, je me chargerai de le lui rappeler quand le moment s'y prêtera.
– Donc aujourd'hui, vous considérez qu'elle fait campagne aux frais du ministère ?
– Bien sûr, bien sûr. Je le considère, je le documente. Et ça pose un problème, à l'évidence. Mais je pense que ça devrait poser un problème. – Et vous lui demandez être démissionné ? – Bien sûr qu'il devrait démissionner. Jamais un ministre n'a fait campagne pour une élection aussi majeure en restant dans son ministère. Vous l'imaginez, le ministère de la Culture a une résonance à Paris particulière. Elle multiplie les déplacements comme ministre qui n'ont aucun autre objectif, sans doute, que de nourrir les effets de sa campagne électorale. Mais je ne crois pas que les Parisiens et les Parisiens s'y laisseront prendre.
– Rachida Dati, elle se dit extrêmement choquée par des propos que vous avez tenus concernant le logement social, en disant que la droite de Dati n'aime pas le logement social, sauf lorsqu'il s'agit de loger sa propre famille. Est-ce que vous regrettez ces propos ?
– Non, je ne les regrette pas, je les assume totalement. Et par ailleurs, excusez-moi, ce n'est pas moi qui ai dit ça le premier. Ce sont des maires de droite qui ont dit ça. C'est la maire du 8e arrondissement, c'est Philippe Bougeon, le maire du 15e, qui confirme que Rachida Dati a menti. Elle a menti puisqu'elle avait dit que sa soeur avait eu un logement social via son employeur. Ce n'est pas vrai. Le maire du 15e lui-même confirme que c'est la commission d'attribution. Moi, je n'ai aucun commentaire à faire sur la soeur de Mme Dati. Elle a, comme tout le monde, le droit à un logement social. Je souligne simplement deux choses.
C'est que statistiquement, c'est quand même plutôt bien joué de voir sa soeur avoir un logement social. Et la deuxième chose que je veux dénoncer, c'est la duplicité de Rachida Dati, y compris dans la réponse un peu folle qu'elle me formule. c'est que les arguments pour lesquels sa soeur aurait eu légitimement, je le dis légitimement et je ne le conteste pas, un logement social, il y a encore plus de 200 000 personnes qui, sur les mêmes critères, mériteraient. Alors, qu'est-ce qu'annonce en parallèle Rachida Dati ? Qu'elle fera zéro logement social de plus et nous nous rappelons qu'elle s'est opposée systématiquement à tous les logements sociaux. C'est ça qu'on veut dénoncer.
C'est souvent une duplicité entre les principes qu'on entend appliquer aux autres et les principes qu'on s'applique à soi-même.
Vous, vous faites du logement votre priorité de campagne, notamment la question des logements inoccupés. Vous estimez qu'un logement sur cinq n'est pas utilisé à des fins d'habitation. Comment vous luttez ? Vous allez lutter si vous êtes élu contre ce que vous appelez vous-même un gaspillage immobilier ?
C'est un gaspillage immobilier qui est insupportable. La situation du logement est critique dans notre pays. Elle est critique dans les grandes villes et notamment dans le Grand Paris et à Paris. Nous devons réquisitionner. Il y a des millions de mètres carrés qui sont vides. Ce sont soit des logements, soit des locaux vacants. C'est intolérable d'imaginer qu'il y a 3500 personnes qui dorment à la rue à Paris. Ce sont les recensements assez constants depuis plusieurs années. Alors qu'il y a des millions de mètres carrés vides. Et donc, deux choses. Un, c'est réquisitionner les logements. Et la deuxième chose, c'est lutter contre Airbnb et les meublés touristiques.
Je veux interdire les meublés touristiques permanents. Ne pourront être meublés touristiques que quand les Parisiens partent en vacances et qui veulent louer leur appartement, quand on veut louer une chambre, il faut revenir, entre guillemets, à la priorité absolue de tous les logements à leur vocation initiale, c'est-à-dire d'héberger des résidents permanents. On ne peut pas avoir un tel niveau de pression sur le pouvoir d'achat, un tel niveau de pression sur le sans-abrisme et l'hébergement d'urgence sans prendre la mesure de la gravité. Je m'y attaquerai avec un volontarisme qui sera absolu.
Un dernier mot, Fabrice ?
Oui, là aussi, sur l'actu, avec cette décision, cette demande d'annulation de la préfecture de police du concert sur les Champs-Elysées du 31 décembre. Comment vous analysez cette décision ?
Je ne la comprends pas du tout. Je ne la comprends pas du tout. J'imagine qu'elle est motivée par des sujets de ressources humaines de la part du préfet de police. Enfin, on pourrait annuler tous les événements et renoncer à tous les plaisirs de la vie. C'est une décision grave, imaginerait-on annuler le défilé du 14 juillet, etc. Ce serait un symbole, je le crois, extrêmement préjudiciable à l'image de notre pays, pas à l'image de la capitale seulement. C'est un événement populaire que je connais bien pour l'avoir suivi depuis des années dans lequel il n'y a aucun problème important, si ce n'est ce inévitable qui arrive à chaque rassemblement.
Mais c'est un événement qui se passe extrêmement bien, qui est extrêmement sécurisé, et donc je ne comprends pas cette demande. Si je suis maire, je compte m'y opposer fermement. On ne veut pas renoncer entre guillemets à tout ce que font ces grands moments de joie collective. Pourquoi pas annuler le Tour de France, etc. Enfin, c'est sans limite ces raisonnements. Et donc, je discuterai avec le préfet de police et le ministre de l'Intérieur puisque c'est sans doute à ce niveau-là que la décision se prendrait.
Mais je pense qu'il faut que nous fassions collectivement attention à ne pas céder à la morosité et garder ces moments festifs et de joie qui sont par ailleurs importants sur le plan économique parce que ces événements-là sont aussi ceux qui relaient l'attractivité de la ville, sa beauté. Et vous savez combien les habitants et les touristes du monde entier y sont attachés. Nous aimons Paris, j'aime Paris et on va continuer à l'aimer.
Merci Emmanuel Grégoire. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Emmanuel Grégoire