Réorganisation de la Poste avec Nicolas Jounin et Brigitte Fouré
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 1:30OuverteÉludée
Est-ce que vous avez été informée sur ce projet de réorganisation des tournées dans une partie d'Amiens ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Est-ce que vous n'en connaissez aucun autre détail que ce qui est paru dans la presse ?
- 2:45OuverteRéponse directe
Est-ce que sur le principe, cette éventuelle réorganisation des tournées est-ce que ça vous choque ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Est-ce que ce type de réorganisation, quand vous avez été intégré pour ce livre à La Poste, est-ce que vous en sentiez les prémices ?
- 4:52OuverteRéponse directe
Vous vouliez intervenir à propos de la disparition du timbre rouge ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Comment le vivent les habitants d'Amiens ? Qu'est-ce qui vous remonte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04PrésentateurChiffre
« La Poste acheminait plus de 4 milliards en 2010 de lettres à timbre rouge. »
- 0:10PrésentateurChiffre
« 275 millions l'année dernière, plus de 15 fois moins. »
- 0:12PrésentateurChiffre
« Le courrier a J1, c'était l'an dernier, moins de 5% des plis échangés. »
- 4:20InvitéChiffre
« La Poste, depuis une quinzaine d'années, essaye de contourner cette contradiction en mécanisant un petit peu le travail humain, en se passant de travail humain à travers la mécanisation pour le tri, en augmentant les tarifs du timbre, ça a augmenté beaucoup plus vite que l'inflation. »
- 4:58AuditeurFait
« Il y a un excellent petit article dans le canard enchaîné du 4 janvier, qui s'appelle Complètement timbré, où ils expliquent tout ce qu'il faudra faire pour poster bêtement une lettre dans la boîte aux lettres. »
- 11:36InvitéChiffre
« C'est quand même sur les 100 000 emplois de facteurs qu'il y avait il y a 20 ans, 35 000 qui ont été supprimés. »
- 12:29AuditeurFait
« On nous demande de faire du chiffre tout le temps. »
- 12:33AuditeurFait
« On nous demande de faire distribution de publicité, de sur-publicité, les bulletins municipaux. »
Temps de parole
- Présentateur30 %
- Invité25 %
- Invité 225 %
- Invité 315 %
- Auditeur5 %
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C'est un paradoxe dont nous sommes tous les acteurs. D'un côté, nous envoyons de moins en moins de lettres. La Poste acheminait plus de 4 milliards en 2010 de lettres à timbre rouge. 275 millions l'année dernière, plus de 15 fois moins. Le courrier a J1, c'était l'an dernier, moins de 5% des plis échangés. Mais nous sommes tous attachés à ce service public universel qu'est celui de la Poste, symbole d'un abandon des campagnes quand le bureau de Poste y disparaît. Alors jusqu'à quel point la Poste doit-elle changer ? Pendant les semaines de confinement, on a vu que l'envoi de colis et non plus de lettres pouvait être important.
Et la question est à nouveau ouverte en ce mois de janvier qui a vu la disparition du timbre rouge pour une lettre à J1. Il faut passer par le site internet désormais. Et l'annonce assez confuse d'une expérimentation dans 68 communes ou sites français, s'il n'a ni colis, ni recommandés, ni journal, ni lettres urgentes, le facteur ne passera plus tous les jours. Ce n'est plus la fin de la tournée quotidienne sur la Poste, ni un plan social déguisé. Quel service essentiel doit assurer la Poste de votre point de vue ? Je vous attends au 01 45 24 7000 ou via l'appli France Inter pour vos questions et témoignages.
Deux invités jusqu'à 13h45, la maire d'Amiens, Brigitte Fourret, l'une des 68 zones Amiens d'expérimentation qui semble envisagée pour la nouvelle organisation des tournées. Et le sociologue Nicolas Jounin, auteur en 2021 de ce livre, sur le cachet et accent aigu de la Poste, enquête sur l'organisation du travail des facteurs. C'était aux éditions de La Découverte. Bonjour à tous les deux.
Bonjour.
Bonjour. Bonjour Brigitte Fourret. Est-ce que vous avez été informée, est-ce que vous en savez plus sur ce projet de réorganisation des tournées dans une partie d'Amiens ?
Eh bien non, et c'est justement ça qui m'étonne, parce que ce n'était pas l'habitude de la Poste d'annoncer des transformations de ces activités sans que les élus soient consultés et concernés, bien sûr. Donc moi vraiment je suis très surprise de cette annonce que j'ai apprise la semaine dernière par voie de presse et je n'ai toujours pas eu de contact avec la Poste à l'instant où je vous parle.
Est-ce que vous n'en connaissez aucun autre détail que ce qui est paru dans la presse ?
Aucun, aucun. Donc moi on m'a annoncé que ma ville allait faire l'objet d'une expérimentation. Je ne connais pas les lignes de cette expérimentation ni les dates, je n'en sais absolument rien. Et ça m'étonne d'autant plus que la Poste, traditionnellement, a toujours consulté les élus avant de prendre des décisions. Donc pour moi c'est vraiment un étonnement. Il y a quelque temps, un des bureaux de Poste de la ville a fermé, a été remplacé par un point relais. Eh bien la Poste m'avait consulté auparavant.
Est-ce que sur le principe, Brigitte Fourré, cette éventuelle réorganisation des tournées, c'est-à-dire le facteur qui ne passe pas s'il n'y a pas quelque chose d'urgent, pour le dire en une formule, est-ce que ça vous choque ?
Alors, ça ne me choque pas dans le principe parce que je constate évidemment, comme tout le monde, qu'il y a beaucoup moins de plis, vous le disiez en introduction de cette émission. Il y a beaucoup moins de plis qui transitent par la Poste aujourd'hui. On utilise beaucoup plus les mails maintenant. Donc je comprends parfaitement que l'entreprise, la Poste, cherche à se réorganiser. Mais la moindre des choses, c'est qu'on en connaisse les contours de cette réorganisation et qu'on puisse en parler avant qu'elle ne soit annoncée publiquement.
Nicolas Jounin, est-ce que ce type de réorganisation, quand vous, vous avez pour ce livre été intégré pour quelques mois à la Poste, est-ce que vous en sentiez les prémices ? Est-ce que c'était la logique qui se mettait en place ? Alléger les tournées, les organiser différemment, finir avec le timbre rouge ? C'était la logique de l'histoire, si j'ose dire ? Oui, tout à fait. Alors, vous dites que l'annonce est confuse
et donc je n'en sais pas plus moi-même. Après, on a un approfondissement d'une logique qui est à l'oeuvre depuis une quinzaine d'années, qui est que la Poste fait face à une contradiction économique. Il y a de moins en moins de courriers ordinaires, comme vous l'avez souligné, même s'il y a une stabilité et des recommandés, il y a une augmentation du nombre de colis, alors qu'il y a de plus en plus de boîtes aux lettres, de plus en plus d'usagers à desservir. Mais une boîte aux lettres, ce n'est pas une box Internet. On paye pour recevoir du flux Internet, on ne paye pas pour recevoir du flux courrier.
Donc, du point de vue des recettes de la Poste, ça pose problème, c'est une contradiction économique. Et puis, qu'on ait une ou dix boîtes aux lettres, il faut toujours se rendre à la boîte aux lettres pour mettre la boîte aux lettres. Donc là, il y a des coûts fixes qui deviennent de plus en plus durs à rentabiliser.
Et donc, la Poste, depuis une quinzaine d'années, essaye de contourner cette contradiction en mécanisant un petit peu le travail humain, en se passant de travail humain à travers la mécanisation pour le tri, en augmentant les tarifs du timbre, ça a augmenté beaucoup plus vite que l'inflation, en intensifiant le travail des facteurs considérablement, et puis en alourdissant leur charge de travail, et puis en essayant d'économiser, effectivement, sur les déplacements des facteurs. Et donc là, ce qui est annoncé, c'est un approfondissement de cette logique.
Vous nous raconterez dans quelles conditions travaillent les facteurs, et puis on aura un témoignage. Je voudrais prendre d'abord Mireille au standard. Bonjour Mireille, vous, c'est à propos de la disparition du timbre rouge que vous vouliez intervenir.
Je voulais intervenir à propos de l'usine à gaz qui a été inventée par les crânes d'œufs de la Poste. Il y a un excellent petit article dans le canard enchaîné du 4 janvier, qui s'appelle Complètement timbré, où ils expliquent tout ce qu'il faudra faire pour poster bêtement une lettre dans la boîte aux lettres. À commencer par se connecter. Alors ça, c'est aberrant, parce que vous avez quand même vous devez avoir une grande proportion de gens qui n'ont pas d'ordinateur ou qui ne savent pas se connecter ou qui ne savent pas créer un compte, parce qu'il faudra créer un compte. Enfin, c'est du délire absolu.
Tout ça, pour un timbre sur une enveloppe qu'on poste, avec en plus, même pas la certitude qu'on sera délivré le lendemain, parce que là, ça dépendra du temps qu'il fait, etc. Il y aura tellement de manières à faire que ça en est grotesque.
Merci Mireille pour ce témoignage. Brigitte Fourré, je parle à la politique qui écoute ses électeurs, ses changements. Alors, soit celui-là qui a été annoncé à la poste ou ce qui est pressenti dans les tournées. Comment le vivent les habitants d'Amiens ? Qu'est-ce qui vous remonte ? On est très sensible à tout ce qui bouge à la poste ?
Alors, je vais vous dire que ça dépend beaucoup de la sociologie des quartiers. Dans certains quartiers où on a une forte population âgée, effectivement, la visite du facteur, c'est la visite de la journée. Donc, ça touche beaucoup les habitants de voir disparaître ou d'envisager que le facteur ne passe pas tous les jours. Dans d'autres quartiers plus jeunes, en particulier, on se résout à une évolution, bien entendu, des tournées du facteur, parce qu'on se rend bien compte que il circule beaucoup moins de courriers postaux qu'il n'en circulait il y a quelques années. Donc, vraiment, ça varie.
Et c'est justement pour ça qu'on a besoin d'avoir une étroite concertation avec la poste, parce qu'on peut envisager des choses, mais il faut...
Encore faut-il avoir les informations.
Bien sûr.
Nicolas Joudin, pour ce livre « Caché de la poste », vous avez travaillé comme facteur pendant cinq mois. En quoi consiste le métier de facteur aujourd'hui ? À quoi ressemble une journée type ?
Ça a pas mal changé. Le métier n'avait pas beaucoup changé pendant deux siècles, puisqu'il fallait commencer la journée par trier le courrier au niveau du centre de courrier par tournée, puis ensuite, au sein de sa tournée, pour le mettre dans le sens des rues qu'on va parcourir. Et ensuite, on procède à la distribution. Ça peut être tout à fait différent. Maintenant, on va avoir une division du travail beaucoup plus poussée, avec des gens qui vont ne faire que trier toute la journée, pendant qu'il y en a d'autres qui vont ne faire que distribuer sur des tournées qui sont de plus en plus allongées. Et c'est ça qui se passe depuis 15 ans.
C'est que dans tous les deux ans, sur les centres de distribution du courrier, la poste va réduire les effectifs, va réduire le nombre de tournées et va donc allonger les tournées récentes, puisqu'on continue de se rendre théoriquement à toutes les boîtes aux lettres.
Et vous, vous n'avez jamais réussi à faire la tournée dans le temps qui vous était imparti ?
Oui, alors on pourrait me dire que je suis mauvais, je suis prêt à l'accepter. Je n'ai pas dit ça. Mais beaucoup d'autres facteurs, beaucoup plus expérimentés que moi, ne parvenaient pas non plus à tenir les durées qui étaient imposées, qui étaient prescrites par la poste. Durées qui sont prescrites par un algorithme, par un logiciel. La poste n'a plus le temps d'aller voir sur le terrain, concrètement, combien de temps ça prend pour faire le travail. Elle prescrit tout ça par logiciel. On parle des algorithmes pour Uber ou pour Ayer, mais ça existe aussi pour le facteur. Et ces durées sont généralement considérées comme sous-estimées par les facteurs.
Et donc, les amènent soit à déborder largement dans leur journée de travail, soit à saboter la qualité de service à leur corps défendant parfois. Et je pense que tout le monde a l'expérience, par exemple, du facteur ou de la factrice qui ne sonne pas alors qu'il a un recommandé. Et on est chez soi et on s'étonne que le facteur n'a pas besoin.
Et qu'il dépose juste le papillon dans la boîte aux lettres. Exactement. Eh bien, on a une factrice au téléphone. Bonjour Marie. Bonjour. Vous êtes en pleine tournée, me dit-on. Vous êtes dans le Morbihan.
Oui, tout à fait.
Est-ce que vous arrivez à faire la tournée dans l'horaire qui vous est fixée ou est-ce que vous n'y arrivez jamais ?
Non, on n'y arrive pas parce que les tournées sont... Ce que dit votre invité, c'est tout à fait la vérité. Les tournées sont tellement importantes qu'on n'a pas du tout la possibilité de les faire en entier. Qui plus est, on nous impose de prendre une pause méridienne le midi de 45 minutes que l'on ne fait pas. Et ça, tout le monde le sait. Donc en fait, ça fait 45 minutes de plus gratuitement pour la poste tous les jours de tous les milliers de facteurs qu'il y a qui distribuent leur courrier tous les jours.
Est-ce que vous savez nous dire combien de... Quelle distance vous parcourez chaque jour ?
Oui, je fais à peu près 88 kilomètres sur ma tournée. 88 kilomètres à vélo ? Oui, oui. Non, je suis en voiture moi.
Vous êtes en voiture. Oui, à vélo, ça faisait beaucoup. Je suis en train de réaliser...
Oui, oui.
Restez avec nous s'il vous plaît. Brigitte Fourré, dans une ville comme Amiens, comment évolue la poste ? On a vu au fil des années que c'était plus seulement l'activité courrier. Vous, maire d'Amiens, qu'est-ce que vous attendez de la poste comme activité pour votre ville ?
Eh bien, on a expérimenté il y a quelques années une proposition qui nous avait été faite par la poste qui consistait à dire nos facteurs passent tous les jours dans toutes les rues de la ville. Eh bien, ces facteurs peuvent repérer les petits dysfonctionnements. Un trou dans la chaussée, sur le trottoir, un lampadaire dont la lampe ne fonctionne plus ou des choses comme ça. Et je trouvais que c'était plutôt astucieux parce que c'était d'abord maintenir l'emploi pour la poste. Et en même temps, c'était être utile à la collectivité. Évidemment, c'était la collectivité qui avait une convention avec la poste et qui l'a rémunérée pour ce faire.
Mais je trouvais que c'était assez astucieux d'utiliser les services de proximité réalisés par les facteurs. Donc, je pense qu'il y a probablement des pistes de ce genre à développer, comme parfois aussi les conventions passées avec des familles qui habitent loin de leur père ou mère âgé qui vit seule. Et donc, il est alors convenu que le facteur vient rendre visite à la personne âgée isolée et qu'il vient discuter avec elle ou s'assurer que tout va bien. Et voilà, c'est le genre de choses qu'on peut... le genre de service que les facteurs peuvent rendre parce qu'ils connaissent en plus la population.
Nicolas Jounin, qu'est-ce qu'on demande en plus aux facteurs aujourd'hui au-delà du métier traditionnel ? Quand même beaucoup plus de kilomètres. Déjà, on a entendu les 88 de Marie.
Voilà, tout à fait. On lui demande beaucoup plus de charges de travail. On lui demande effectivement des tâches de ce type-là qui ont été décrites, mais ces nouveaux services qui sont promus par la Poste ne sont pas forcément couronnés d'un grand succès. Donc, quand même, l'ordinaire des facteurs, c'est des tournées de plus en plus longues, de plus en plus de destinataires, d'usagers avec lesquels il est plus difficile de discuter, de passer du temps. C'est quand même sur les 100 000 emplois de facteurs qu'il y avait il y a 20 ans, 35 000 qui ont été supprimés. Et là, l'annonce qui est faite avec la suppression du timbre rouge et l'extension du délai du timbre vert, parce que c'est ça aussi.
Absolument, oui. Je ne l'ai pas mentionné. C'est la suppression de milliers d'emplois supplémentaires.
Marie, vous, à quoi ressemble votre journée type ? Alors, vous nous disiez 88 km. Est-ce que vous triez encore le courrier ou est-ce que exclusivement vous le distribuez ? Est-ce que vous avez un rôle de proximité ? Vous arrêtez pour discuter avec une personne âgée ? Quelle est votre journée type ?
Eh bien, écoutez, comme avec mes collègues, c'est la même chose. On démarre le matin, soit le courrier pré-trié par des machines. On dispatche sur chacune des tournées. Ensuite, chaque facteur, on a à peu près une vingtaine de tournées sur le secteur dans lequel on est. Chaque facteur prit dans son casier prépare sa tournée du matin, va chercher ses colis et après, on part tous. On est vraiment dans un secteur de campagne très, très rurale. On nous demande de faire du chiffre tout le temps. On nous demande de faire distribution de publicité, de sur-publicité, les bulletins municipaux. On nous demande de faire tout le temps.
On a beau expliquer qu'on n'est pas Corvéa de la Merci et qu'on n'a plus assez de place dans nos véhicules pour tout ce qu'on a à distribuer. Ce n'est pas grave, il faut le faire quand même vu que des contrats sont passés et on n'a pas le choix de toute façon. On doit faire ce qu'on a à faire.
Au mieux. Et le lien avec les personnes ? Vous dites que vous êtes en milieu rural. Quel lien vous avez avec les gens à qui vous distribuez le courrier ?
On a énormément de liens avec tous les gens parce que moi, par exemple, sur mon secteur, ça fait presque 19 ans que je suis, j'ai vu les gens partir, des gens arriver, des jeunes qui ont leur permis. On connaît, ça nous permet d'aller beaucoup plus vite dans notre travail, de dispatcher les colis chez la grande-tante qui a des procurations ou alors parce qu'elle est la mamie du village. Et puis les gens, des fois, ont besoin de nous parce qu'il y a encore des personnes âgées qui ont du mal à écrire des petits chèques ou qui ont du mal pour certaines enveloppes.
On a encore besoin d'un service de proximité et on essaie de l'assurer, nous, au maximum, sachant qu'on est vraiment dans une zone rural et c'est très différent des zones urbaines. À l'heure actuelle, la Poste a du mal à faire la différence. Mais je tenais à revenir juste sur un petit point, il y a quand même un manque de communication de la part de la Poste.
Je suis très étonnée parce que nous, on nous a dit que la Poste allait continuer à travailler tous les jours, qu'il n'y aurait aucun problème, que c'est juste la modulation du travail qui est un petit peu différente, sachant qu'il y a des jours faibles, des jours forts, des jours où on fait des séquabilités, c'est-à-dire on récupère des morts de tournée.
Ce projet, il n'est pas clair. Nicolas Jounin, je voulais vous soumettre et on arrive au terme de l'émission. La remarque de Delphine, on se rend compte que le facteur passe moins mais on voit des livreurs Amazon. Pourquoi on ne laisse pas les facteurs livrer les colis ? Il y a une vraie différence. Ville-campagne là-dessus.
Oui, parce qu'effectivement, je pense que la dame qui vient de parler, elle distribue des colis et que l'un de ses problèmes, ça doit être aussi la manutention que ça suppose parce que les tournées sont de plus en plus longues mais il y a de plus en plus de colis par destinataire. Donc, je pense que son utilitaire doit être de plus en plus rempli et que ça suppose beaucoup de manutention. Mais effectivement, dans les grandes agglomérations, soit Amazon va avoir ses propres livreurs mais aussi Amazon sous-traite beaucoup à La Poste et La Poste va elle-même énormément sous-traiter.
Là, on est sur des distributions avec des conditions de travail probablement encore plus dégradées et des conditions d'emploi beaucoup plus précaires.
Merci Nicolas Jounin. Caché de La Poste est aux éditions de La Découverte. Je voulais garder 10 secondes, Brigitte Fourré, pour vous poser une question. Est-ce que Madonna vous a répondu ?
Non, pas encore. Mais j'ai bon espoir qu'elle me réponde tout prochainement et je vous tiendrai au courant.
J'espère bien. Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission. Merci à vous Nicolas Jounin. 13h45. Merci à vous. Tiens.