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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 15 mars 2024 20 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalImmigration & asile

Face à Face : Elsa Vidal - 15/03

Au micro : Apolline de MalherbeSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on doit retenir hier d'Emmanuel Macron vu de Russie ?

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Les Russes nous écoutent ?

  • 4:20OuverteRéponse directe

    Comment comprenez cette distinction entre adversaire et ennemi ?

  • 5:33OuverteRéponse directe

    Quand on dézoome, que se passe-t-il sur la scène internationale ?

  • 5:54OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron continue-t-il à parler avec Vladimir Poutine ?

  • 6:29OuverteRéponse directe

    Peut-on encore parler aujourd'hui avec Vladimir Poutine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:26InvitéFait
    « Nous n'excluons pas l'envoi de troupes au sol »
  • 5:54InvitéFait
    « Non aujourd'hui. Je ne lui parle plus »
  • 5:59InvitéFait
    « Je lui ai parlé à chaque fois que c'était nécessaire »
  • 6:13InvitéFait
    « À partir du moment où lui-même n'a plus respecté aucun cadre, la discussion n'avait plus de sens »
  • 7:20InvitéFait
    « Nous lui disons bien que nous parlerions volontiers avec lui si cela avait un sens »
  • 11:45InvitéFait
    « Les armes existent pour pouvoir être utilisées »
  • 12:36InvitéFait
    « La doctrine n'a pas changé et que l'usage n'est prévu qu'en cas de menace existentielle pour la Russie »
  • 13:22InvitéFait
    « Oui nous craignons une forme de dissémination nucléaire »
  • 13:31InvitéFait
    « La Russie s'est engagée à respecter et à faire respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine »
  • 14:14InvitéFait
    « Vladimir Poutine va sortir vainqueur de ce scrutin »
  • 16:56InvitéFait
    « Une grande partie de la population russe est sans doute reconnaissante du statut central retrouvé dans le discours international »
  • 17:19InvitéChiffre
    « À peu près 20% de la population est pour la guerre très fortement »

Temps de parole

  • Présentateur97 %
  • Invité3 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC BFM TV Bonjour Elsa Vidal Bonjour Apolline Merci d'être avec moi ce matin pour nous expliquer ce que l'on doit retenir hier d'Emmanuel Macron Vu de Russie Il ne s'adressait pas qu'à nous, qu'à nous français Il ne s'adressait pas qu'à l'opposition ou à ses troupes On imagine évidemment que Vladimir Poutine scrutait attentivement ce qu'il disait Et pour preuve, je voudrais qu'on commence par regarder ces images Je vais les décrire évidemment pour ceux qui nous écoutent sur RMC Ça se passe dans des bureaux de vote à Moscou Et on voit sur les écrans, sur les écrans de télévision à l'intérieur des bureaux de vote Diffusés donc en Russie, sur les télévisions russes Qu'est-ce qui est retranscrit ?

Et bien, retransmission de l'interview d'Emmanuel Macron Au moment même où les Russes votent Ça veut dire quoi ça ? Les Russes nous écoutent ?

D'une part, les Russes nous écoutent Mais quand nous parlons des Russes, il faut considérer plusieurs catégories d'entre eux Donc tout d'abord, Vladimir Poutine lui-même, avant le scrutin A réagi à la prise de parole d'Emmanuel Macron du 26 février Pour la repositionner L'interview du 26 février, je rappelle simplement pour ceux qui nous écoutent C'est ce moment où Emmanuel Macron a eu cette phrase Il a dit, nous n'excluons pas l'envoi de troupes au sol Absolument Et donc Vladimir Poutine, première chose A été contraint de réagir à cette prise de position de la part de la France Ce qui signifie clairement, sans l'ombre d'un doute Qu'elle a porté un coup à la position du Président Puisqu'il a dû s'exprimer publiquement pour la minorer Pour la faire passer pour un mouvement d'humeur De la part d'un chef d'État étranger Manière de la priver de sa capacité à faire du mal à la position russe Ça, ça témoigne très clairement qu'il a fallu combler La perte de capital diplomatique Le changement de position de la France A entraîné pour le leader du Kremlin Maintenant pour les Russes Il ne fait aucun doute Que cette prise de position de la France Peut être tout à fait recyclée en matière de propagande Pour justifier à la fois deux choses D'une part que la Russie est revenue au centre du jeu international Puisque désormais même le Président français Doit tenir compte de la menace posée par la Russie Et ça c'est peut-être paradoxal Mais les Russes y sont sensibles On le voit dans les sondages d'opinion Ils sont plutôt satisfaits de ce climat de tension Qui leur redonne un rôle prépondément Vous allez nous expliquer Parce qu'évidemment on veut aussi comprendre Ce que vivent les Russes dans ce moment Et je le disais encore une fois Évidemment ces bureaux de vote que l'on voit C'est parce que ce sont les élections présidentielles Qui ont donc commencé hier soir Les premiers bureaux de vote ont ouvert cette nuit Et qui se terminera dimanche avec les résultats Qui seront donc annoncés dimanche soir Qui font assez peu de doutes On y reviendra Mais précisément Quand Emmanuel Macron s'adresse à la télévision française Aux Français hier soir à 20h Il sait Il sait tout ce que vous venez de dire Il sait que Vladimir Poutine l'écoute Il sait que Vladimir Poutine va réagir Il sait que l'opinion publique russe même Peut-être qu'il ne l'imaginait pas à ce point Que son intervention serait diffusée partout Mais il sait qu'il est écouté Comment est-ce que Vladimir Poutine On essaie de se mettre dans sa tête A pu réagir hier soir au propos d'Emmanuel Macron Eh bien d'une part en disant à ses concitoyens En pensant qu'il a une opportunité pour le futur De dire à ses concitoyens Chers concitoyens russes L'Occident et la France nous attaquent Ils nous prennent pour des ennemis Première chose On ne peut pas sortir de cette position C'est la position dans laquelle le Kremlin s'est mis seul Et c'est une position dont nous serons toujours victimes Quel que soit le ton que nous emploierons C'est-à-dire que Vladimir Poutine utilisait déjà cette rhétorique Quand nous nous étions prêts au dialogue Et donc on ne peut pas seul Faire en sorte que Vladimir Poutine Cesse de dire que l'Occident veut l'attaquer Ça veut dire que quoi qu'on dise Quand Emmanuel Macron prend le temps hier De distinguer adversaires et ennemis Très important Et de préciser Non, la Russie n'est pas notre ennemi La Russie aujourd'hui Et d'ailleurs il ne dit pas Vladimir Poutine Il dit la Russie est notre adversaire Comment vous comprenez cette distinction ?

Moi je la trouve très fine Au sens où il ne faut pas donner plus d'arguments Du côté de Vladimir Poutine Dans les propos du chef de l'état français Pour justifier un sentiment de forteresse attaquée De la part du Kremlin Donc c'est très important Un adversaire, on lutte contre lui On a un différent Un ennemi, on lui fait la guerre Ou on doit le détruire Donc c'est toute la différence Et c'était très finement joué De la part de notre dirigeant Néanmoins Néanmoins On ne peut pas sortir de ce cadre-là On ne peut pas faire la paix Avec Vladimir Poutine seul Et on ne peut pas rétablir le dialogue seul Il faut être ferme Il faut être ferme publiquement Ce qui n'empêche pas Je dirais même Ce qui permet la négociation diplomatique Loin des caméras Ce que je trouve très intéressant Quand on vous écoute Et c'est vraiment la raison pour laquelle Je voulais vous entendre ce matin Elsa Vidal C'est que, évidemment Nous, on entend tout ça Avec un regard Y compris politique Et d'ailleurs Les oppositions se sont engouffrées Dans la brèche En en faisant immédiatement Un bras de fer Il y a eu cette phrase Vous le disiez Le 26 février dernier Sur les troupes au sol Qui a inquiété Les français On va revenir aussi Sur la question nucléaire Mais au fond Quand on dézoome J'ai envie de dire Et quand on regarde Ce qu'il se passe Sur la scène internationale Le dialogue A distance Entre Vladimir Poutine Et Emmanuel Macron On comprend que Nous ne sommes Qu'une partie De cette question-là Elsa Vidal Sur la question du dialogue Il a été interrogé hier Emmanuel Macron Sur le fait Qu'il continue à parler Ou non Avec Vladimir Poutine Il a dit Non aujourd'hui Je ne lui parle plus Je voudrais qu'on écoute ses mots

5:57
Invité

Je lui ai parlé A chaque fois que c'était nécessaire Je lui ai parlé Évidemment Des centaines d'heures Avant février 2022 Longuement entre février Et avril 2022 Pour essayer d'arrêter Cette guerre Et de négocier la paix Mais à partir du moment Où lui-même N'a plus respecté aucun cadre La discussion N'avait plus de sens Les discussions Je suis tout à fait prêt A les mener A tout moment Mais encore faut-il Qu'on ait face à nous Quelqu'un qui dit la vérité Et dont l'intention Est de faire la paix Et ça n'est pas le cas aujourd'hui

6:29
Présentateur

Peut-on encore parler Aujourd'hui avec Vladimir Poutine Et d'ailleurs le souhaite-t-il ?

Je ne pense pas Que Vladimir Poutine Le souhaite à l'heure actuelle Puisque son régime S'est établie Dans une posture Où c'est désormais La guerre qui le soutient C'est la guerre Qui lui a rapporté L'unité de sa population Autour de la figure présidentielle Et c'est la guerre Qui dope L'économie russe A l'heure actuelle On voit mal Pourquoi il négocierait Il serait plutôt De lui-même Il se mettrait Dans une position de faiblesse Ce n'est pas un homme A faire ça En revanche De notre côté Nous avons fait Une bascule totale Nous sommes vraiment Rentrés dans une autre phase Je dirais historique Des relations franco-russes Mais surtout Nous mettons Vladimir Poutine Dans une position Où il doit prendre La responsabilité Des chapitres à venir Nous ne réagissons plus Nous avons repris L'initiative Nous lui disons bien Que nous parlerions Volontiers avec lui Si cela avait un sens Et pour cela Il va falloir Qu'il nous donne Des raisons De rétablir un dialogue Et peut-être des garanties Sur la nature de ce dialogue Puisque pendant des mois Vladimir Poutine A venti les yeux Dans les yeux A de nombreux dirigeants européens Et y compris A travers une très longue table On se souvient évidemment De ces fameuses images D'Emmanuel Macron Et de Vladimir Poutine Une des dernières fois Ils se sont vues A travers cette très longue table Cette position Qui est assez humiliante Elsa Vidal Quand vous dites Nous Vous voulez dire quoi ?

Vous voulez dire Nous France Ou vous voulez dire Nous Européens Ou nous Franco-Allemands On ne sait plus Non c'est vrai qu'on ne sait plus Quand je dis nous Je pense nous Les Européens Avec désormais En tête de peloton Après avoir été Pluton que de peloton Désormais en tête de peloton Et à l'avant-garde La France Et je l'espère Après le sommet de Weimar Aujourd'hui Rejointe Même progressivement Même dans quelques jours Par l'Allemagne Emmanuel Macron Quand vous dites ce sommet C'est donc aujourd'hui Emmanuel Macron Qui se rend en Allemagne Qui va aller voir Olaf Scholz Qui donnait le sentiment De s'être désolidarisé De ne pas avoir compris La fameuse phrase D'Emmanuel Macron Sur l'envoi des troupes Alors après je pense Qu'Olaf Scholz Ne peut faire Que ce qu'un chancelier allemand Peut faire Il est à la tête d'une coalition C'est-à-dire Redonnez-nous justement Ce contexte allemand Et bien je me vois Alors Olaf Scholz Ne peut parler qu'au nom De la coalition La coalition jusque-là Qu'il représente Et contre l'envoi de troupes Je pense très honnêtement Que si Olaf Scholz Était venu devant Cette coalition En disant Je suis d'accord Avec le président Macron Il aurait été fort mal reçu Et que si cette initiative Un jour doit Se concrétiser Il doit d'abord Accepter De la soumettre A la coalition Et uniquement Après validation Il pourra lui donner Il s'aurait été enterré Définitivement cette idée Que de l'endosser Tout de suite De la part de Donald Trump Pour autant Les allemands aident Les allemands aident Beaucoup En volume Ils aident davantage Que la France En valeur Et politiquement Les allemands ont été Dès le début du conflit Capables de revenir Sur une posture Non militariste Et de non-intervention De manière Beaucoup plus radicale Que nous Nous avons mis Paradoxalement Plus de temps Que les allemands Pour faire Ce que moi J'avais appelé Dans mon livre La longue marche Vers l'Ukraine Mais maintenant Nous y sommes Et nous ne sommes pas seuls Quand bien même Ce qu'on peut appeler Parfois le Deep West Ce que les pays Balte ou Scandinave Appellent le Deep West C'est-à-dire La France L'Italie L'Espagne L'Allemagne Avons du mal A comprendre Les inquiétudes Pardon Les inquiétudes Des pays frontaliers De la Russie Néanmoins Nous sommes entourés De ces pays baltes Et scandinaves Les polonais Sont intéressés Les tchèques Sont intéressés Nous ne sommes pas seuls C'est une question de temps Le pivot est lancé C'est un lourd paquebot Et je pense que nous allons Dans la bonne direction Alors c'est eux Qui se sentent en effet Les plus vulnérables De manière immédiate Géographique Je dirais Mais Elsa Vidal Il y a un mot Qui m'a Vraiment étonnée Hier En tout cas Qui a attisé ma curiosité C'est sur le président Slovaque Emmanuel Macron A laisser entendre Qu'au fond Cette fameuse phrase Sur l'envoi des troupes Était arrivée Parce qu'il y avait Presque un piège Qui aurait été tendu Par le président Slovaque Il dit Voilà Le président Slovaque Qui avait suggéré Que notre plan secret Serait d'envoyer des troupes J'ai donc été interrogé Sur cette option Oui ou non Sur la table D'un envoi de troupes Et il précise Emmanuel Macron Que le président slovaque Il l'a dit un peu Au détour d'une phrase Est un proche de Poutine La Slovaquie Je le rappelle Est membre de l'Union Européenne Quelle est la position De la Slovaquie Est-ce qu'elle est avec nous Est-ce qu'elle est du côté de Poutine Quel est le rôle Qu'elle joue aujourd'hui Elle est ambivalente Avec la Hongrie De Viktor Orban Et avec Certains pays Des Balkans Elle est Beaucoup plus floue Voir même Elle penche vers Moscou C'est un des chevaux de Troie C'est ça J'allais presque dire Est-ce que c'est une taupe C'est un cheval de Troie Mais c'est à nous En Europe Comme nous le faisons Avec Viktor Orban D'amener les arguments Parfois Il s'agit d'arguments pécuniaires Pour construire l'unité Et l'unanimité S'il le faut Je pense qu'avec Viktor Orban Qui n'a pas d'idéologie Mais qui est dépendant de la Russie Nous avons fait Très souvent la démonstration Que nous y arrivions Et il va falloir faire de même Avec le président Fitsot Et si nous n'y arrivons pas Alors peut-être construire D'autres instruments Mais jusque-là Nous y avons Toujours réussi Nous avons toujours réussi Il n'y a pas de raison Que nous ne réussissions pas Cette fois-là Je voudrais qu'on revienne Sur la menace nucléaire Vladimir Poutine Qui mercredi a dit Les armes existent Pour pouvoir être utilisées D'un point de vue Militaro-technique Il a ajouté Nous sommes bien sûr Prêts Qu'est-ce qu'il faut entendre ?

Moi je pense qu'on est revenu Dans le cadre classique De la dissuasion Et pour moi Cet échange Ce long passage Sur l'arme nucléaire russe Est un passage Qui réinitialise La discussion Nous sommes dans un cadre De dissuasion nucléaire Très clair Nous l'avons Nous pouvons nous en servir Mais la doctrine C'est que personne ne s'en sert Sauf le nucléaire tactique Qui n'a pas vraiment été évoqué Dans cette séquence Donc nous sommes revenus Donc d'habitude on dit On l'a mais on ne s'en sert pas Là il dit Elles existent pour être utilisées Oui Puisqu'il lui-même Doit bien dire Pour que cette dissuasion fonctionne Je suis là Mon arsenal est moderne Je suis en capacité De m'en servir Si la nécessité venait Mais il précise bien Que la doctrine N'a pas changé Et que l'usage N'est prévu Qu'en cas de menace Existentielle Pour la Russie C'est-à-dire Exactement Comme nous Donc jusque-là Nous sommes dans le cadre Dissuasif classique Pour moi c'est plutôt Rassurant Elsa Vidal Est-ce que vous vous dites Parfois que si l'Ukraine Avait conservé Ses ogives nucléaires Qu'elle avait Cette guerre n'aurait pas eu lieu Cette guerre n'aurait pas eu lieu C'est terrible C'est-à-dire qu'a posteriori C'est terrible Oui c'est la faillite De ce dialogue Auquel nous avons cru Je vais préciser les choses L'Ukraine Possédait donc La bombe atomique Le plus gros arsenal De Lexus Elle y a renoncé A la fin des années 90 A la demande de la Russie Et nous avons consenti Dans le cadre Et nous avons tous Encouragé l'Ukraine A ce moment-là Absolument A se défaire De ces bombes atomiques Oui nous craignons Une forme de dissémination nucléaire Et nous avons épaulé La Russie sortie de l'Urs Dans ce sens Et encouragé les Ukrainiens En contrepartie de quoi La Russie s'est engagée A respecter Et à faire respecter L'intégrité territoriale De l'Ukraine Ce à quoi Elle n'a jamais consenti Depuis Je voudrais qu'on parle aussi De l'opinion publique Russe En ce jour D'élections Puisqu'on l'a vu Dans ces images Effectivement assez surréalistes De bureaux De votes En Russie Dans lesquels Sont diffusées Sur les télévisions L'allocution D'Emmanuel Macron Hier Élections Donc Élections Présidentielles Sans suspense Sans suspense C'est à la fois Un pseudo suffrage Avec quand même Des éléments Inconnus A l'intérieur Et peut-être Que c'est difficile Il a cerné Quand on est un citoyen Né et élevé En démocratie Précisément Expliquez-nous Elsa Vidal Effectivement Il ne fait aucun doute Que Vladimir Poutine Va sortir vainqueur De ce scrutin Les candidats Autorisés A concourir Ont été soigneusement Soigneusement choisis D'ailleurs Il ne conteste pas La ligne du président Actuel Et ceux qui auraient été Véritablement des adversaires Ont été Soit écartés Soit même éliminés Soit écartés Soit éliminés Soit en prison Donc ça c'est le cadre Classique Mais inconnu Le taux de participation Qui on le soupçonne Ne sera pas Au-delà de 70% Et puis Le numéro 2 On va avoir quand même Des indications Quant au candidat Qui va récupérer Le plus de bulletins Il y a 3 opposants Voilà Officiellement 3 candidats 3 candidats Difficile de les appeler Des opposants Et surtout Que va faire La société civile Qui a quand même appelé Enfin feu Alexa et Navalny A appeler Ceux qui ne sont pas Satisfaits par l'ordre Des choses A se rendre Dans leur bureau de vote A midi Ce qui n'est pas interdit Puisqu'au contraire Le président les a Par patriotisme A engager les russes A venir voter Donc tous ceux Qui veulent manifester A midi heure russe Dimanche A midi heure russe Le 17 A venir au bureau de vote En masse Et sur place Une fois qu'ils y seront A voter pour n'importe qui d'autre Que Vladimir Poutine Ou de faire en sorte Que leur bulletin Soit considéré comme nul Là où maintenant On sent une pression accrue Sur la société C'est que les autorités Ont fait savoir Que cette action précisément Serait considérée Comme non autorisée Ouvrant donc le droit A l'arrestation Et jugement Etc De toutes les personnes Qui malgré tout Jugeraient bon De s'y rendre Comment vont-ils faire le tri Entre les votants habituels Et les gens Est-ce que vous faites confiance A ceux qui vont Ouvrir ces bulletins de vote Est-ce que Au-delà De ce qui a été préparé avant Est-ce que l'élection En elle-même Est régulière Non L'élection L'élection n'est jamais Régulière Depuis plus d'une quinzaine D'années Et je dois dire Que dans le passé Nous avons été surpris Par la capacité La vitesse Avec laquelle par exemple Nicolas Sarkozy S'était empressé De féliciter Vladimir Poutine Pour sa réélection Quand d'autres leaders Comme Angela Merkel Elle avait au contraire Souligné les nombreuses Violations De tout le processus électoral Auquel on avait assisté Les urnes sont bourrées On voit très régulièrement Des systèmes de bourrage On emmène Les fonctionnaires Voter de manière forcée On les fait voter Parfois plusieurs fois Ce qu'on appelle Les carousels Et puis surtout Maintenant Il y a un grand système De vote à distance De vote électronique Et de plus en plus C'est à ce niveau-là Que les falsifications interviennent Elsa Vidal Vous nous avez dit Au tout début De cet entretien Que ça galvanisait Ou que ça rendait fiers Les russes De sentir qu'ils étaient À nouveau Au centre du jeu International Est-ce que ça veut dire Qu'il faut Au-delà de la question Des élections Truquées Pas truquées Comprendre qu'une grande partie De l'opinion publique russe De la population russe Est quand même derrière Son président Absolument Sincèrement Je veux dire Alors Sincèrement C'est une vaste question Mais Oui Une grande partie De la population russe Est sans doute Reconnaissante Du statut Central Retrouvé Dans le discours International Et sur la scène Internationale Pour la Russie Sur la sincérité Il n'y a pas de sincérité Pour une grande partie De l'opinion On peut dire Très vastement Qu'à peu près 20% De la population Est pour la guerre Très fortement Peut-être même D'une manière Plus violente Que le régime actuel 20% 18 à 20% Est définitivement contre Au milieu Ce qu'on peut appeler Le ventre mou Qui est Plutôt D'accord Plutôt conformiste En réalité Qui cherche avant tout A préserver sa vie Et la vie de ses proches Mais cette population Là effectivement Elle est sensible Au regain de statut Retrouvé Néanmoins Elle est sensible Aussi aux attermoiements Et si Les autorités Venaient à choisir Une sortie de crise Et à Créer un nouveau narratif Pour la sortie de crise La sortie de guerre Il y a fort à croire Que cette population Les suivrait Et s'établirait Dans ce nouveau conformisme Donc c'est une population Qu'on peut faire évoluer Elsa Vidal Je voudrais revenir Sur les propos De Dimitri Medvedev Cette semaine Assez immonde Il faut le dire Qui Donc l'ancien président Ancien premier ministre Qui a eu donc Ses propos Je n'y reviens pas Sur le fait Qu'il fallait mettre Plusieurs slips Pour le président Macron Qu'il s'était Je cite Chier dessus Pauvre France Ajoute Dimitri Medvedev Ça sort d'où ?

Est-ce que ça vous surprend ? Nous ça nous paraît sidérant Un vocabulaire pareil Une adresse pareille Des injures pareilles De la part d'un ancien président russe A l'endroit du président français A quoi il joue Dimitri Medvedev ?

A deux choses D'abord il s'occupe de sa carrière Parce que Même si nous sommes choqués Par ce type de vitupération Ça marche en Russie Et il vient de retrouver sa place Dans le top 10 Des personnalités politiques Les plus influentes Selon la population C'est très intéressant C'est-à-dire que ce genre D'argument Pour le coup Plaise Parce que la vulgarité Et la brutalité Dans la parole De la part d'un homme de pouvoir A l'endroit d'un autre homme de pouvoir Ça signifie qu'on est le chef En fait À partir du moment Où on est capable De déployer cette violence Dans la parole Et dans le langage Ça signifie qu'on prend L'ascendant Et qu'on rentre Dans une Dans une confrontation Un peu De Mal alpha Mal alpha Et c'est précisément Ce qui manquait A l'image de Medvedev Sur la scène intérieure De la Russie Lui qui a été un président libéral Donc là il s'adresse Plus aux Russes en réalité Qu'aux Français Absolument Et il essaie de remonter en grâce Quel est son rôle aujourd'hui ?

Est-ce que lorsqu'il écrit Ce genre de message On peut s'imaginer Qu'il le fait Avec la complicité De Vladimir Koutin ?

Avec la sentiment Ça c'est certain La complicité Il n'en a pas besoin Et c'est là qu'est la beauté Du système C'est que Tous les acteurs J'ai envie de dire Les entrepreneurs politiques En Russie Qui veulent conserver Leur place dans le système Ou la croître Parce qu'aujourd'hui La guerre permet Des progressions de carrière Sont obligés De ne plus simplement Consentir Mais de donner Des signes actifs Visibles Audibles Et c'est ce que fait Dimitri Medvedev Qu'il suit son leader Et c'est pour ça Qu'on voit Cette espèce D'ubris Et d'ivresse Et d'escalade Langagière Ça ne veut pas dire Que les mêmes Ne seraient pas capables De faire machine arrière Si le président Le désirait Et d'ailleurs Emmanuel Macron A dit qu'il ne fermait Pas la porte Un jour Au fait de reparler Merci Elsa Vidal D'être venue Pour toutes ces explications Cet éclairage Je rappelle que vous êtes Rédactrice en chef De la rédaction En langue russe De RFI Radio France Internationale