Le retour de la consigne des bouteilles en plastique, "une vraie mauvaise idée" pour le président du SMD3 en Dordogne
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Questions et réponses
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- 0:19FerméeRéponse directe
Emmanuel Macron a donc demandé le retour de la consigne des bouteilles en plastique. Vous, vous y êtes favorable ?
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Donc ça voudrait dire une borne en plus pour le plastique ?
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Vous dites que ce serait compliqué notamment à mettre en place pour les utilisateurs. Les maires aussi sont particulièrement opposés. Pourquoi ?
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Il y a des machines qui détectent spécifiquement la bouteille en plastique. Il y a aussi des raisons financières pour les communautés de communes. C'est une manne financière ce tri notamment des bouteilles en plastique ?
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Comment il faudrait faire pour gérer ce plastique ? En France, on trie beaucoup moins bien qu'à l'étranger. On paye même des pénalités à l'Union Européenne parce qu'on ne trie pas bien le plastique. Il faut faire comment, selon vous ?
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Mais vous, vous êtes président du SMD3. En disant ça, vous remettez un peu la faute sur quelqu'un d'autre en disant que ce n'est pas à moi de m'occuper, que ce n'est pas aux consommateurs, que c'est à d'autres. Et résultat, on n'avance pas.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« Non, je pense que c'est une vraie mauvaise idée. »
- 0:27Invité politiqueFait
« On y a travaillé dessus avec quelques collègues de syndicats voisins et ça crée une filière supplémentaire. »
- 0:31Invité politiqueFait
« On appelle nous depuis quelques temps, depuis maintenant 2012, à mettre tous les emballages dans la borne jaune et ça ferait un circuit parallèle qui est très compliqué à gérer. »
- 1:13Invité politiqueFait
« on a fait un centre de tri. On n'est pas les seuls dans tous les départements, il y a un centre de tri. »
- 1:46Invité politiqueFait
« Le plastique des bouteilles, c'est ce qu'il y a de plus facile à trier. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Nous, on arrive à vendre du plastique parce que les industriels nous l'achètent. »
- 3:43Invité politiqueChiffre
« en 2010, chaque habitant de Dordogne amenait à peu près 50 kg de déchets par an aux bornes jaunes. Aujourd'hui, c'est 100 kg. »
- 5:10Invité politiqueChiffre
« on paie 6 millions d'euros chaque année de taxes pour l'enfouissement. »
- 5:38Invité politiqueFait
« quand moi, je me suis battu et quand Marie-Claude Varaya s'est battue pour la tarification sociale, tout le monde, les départements voisins se disaient qu'il faut absolument qu'elle réussisse pour que ça fasse jurisprudence. »
Temps de parole
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L'invité d'ici matin, c'est le président nouvellement réélu du SMD3, le syndicat qui gère les déchets en Dordogne. On revient ce matin avec lui sur cette demande du président Emmanuel Macron d'avancer sur la consigne des bouteilles en plastique, Louis de Bergevin. Bonjour Pascal Protano.
Bonjour.
Emmanuel Macron a donc demandé le retour de la consigne des bouteilles en plastique. Vous, vous y êtes favorable ?
Non, je pense que c'est une vraie mauvaise idée. On y a travaillé dessus avec quelques collègues de syndicats voisins et ça crée une filière supplémentaire. Une filière parallèle. On appelle nous depuis quelques temps, depuis maintenant 2012, à mettre tous les emballages dans la borne jaune et ça ferait un circuit parallèle qui est très compliqué à gérer.
Donc ça voudrait dire une borne en plus pour le plastique ?
Ça voudrait dire une filière en plus dans les supermarchés. Les gens ont du mal à trier tout ce qu'il y a à trier. Il y a la borne jaune, la borne noire, la borne à verre, la borne à carton. Si en plus on leur dit pour les bouteilles plastiques, il faut que ça parte dans un supermarché, je pense que ce n'est pas une bonne idée.
Vous dites que ce serait compliqué notamment à mettre en place pour les utilisateurs. Les maires aussi sont particulièrement opposés. Pourquoi ?
Parce que nous, on a mis en place, en Dordogne par exemple, on a fait un centre de tri. On n'est pas les seuls dans tous les départements, il y a un centre de tri. On appelle la bouteille en plastique. On a fait des frais, on a dépensé de l'argent pour appeler la bouteille en plastique dans le centre de tri. Il ne faudrait pas qu'elle parte ailleurs.
Il y a des machines qui détectent spécifiquement la bouteille en plastique. Il y a aussi des raisons financières pour les communautés de communes. C'est une manne financière ce tri notamment des bouteilles en plastique ?
Ce n'est pas vraiment ça, mais c'est indirectement. Indirectement, on va forcément payer plus cher parce qu'on a fait des frais pour trier ce plastique. Le plastique des bouteilles, c'est ce qu'il y a de plus facile à trier. Et c'est à la limite ce qui se revend le plus facilement parce qu'en fonction des cours du pétrole, on peut revendre le plastique quand le cours est haut. Nous, on arrive à vendre du plastique parce que les industriels nous l'achètent. Si on ne le revend pas, on va avoir des matières au centre de tri qui ne rapportent rien et ça va être un fiasco économique.
Comment il faudrait faire pour gérer ce plastique ? En France, on trie beaucoup moins bien qu'à l'étranger. On paye même des pénalités à l'Union Européenne parce qu'on ne trie pas bien le plastique. Il faut faire comment, selon vous ?
Je pense que cette idée, c'est se donner bonne conscience en ramenant les bouteilles et les consignants. C'est se donner bonne conscience. Ce qu'il faut, c'est lutter réellement pour qu'il y ait moins de production de plastique. Il faut voir les industriels à la source pour qu'ils ne créent pas ce déchet qui vient polluer la planète entière. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire vendre des bouteilles en verre ? Il faut des bouteilles en verre. Il faut travailler autrement. C'est le problème de tous les déchets. Ce n'est pas uniquement pour le plastique. Le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas. C'est celui qui n'arrive pas sur le marché, qui n'arrive pas dans les maisons.
Mais vous, vous êtes président du SMD3. En disant ça, vous remettez un peu la faute sur quelqu'un d'autre en disant que ce n'est pas à moi de mon occupé, que ce n'est pas aux consommateurs, que c'est à d'autres. Et résultat, on n'avance pas.
Oui, mais de toute façon, il faut trouver une solution sur les déchets. On produit beaucoup trop de déchets. Il y a des pays dans le monde où les déchets sont dans les rivières. Encore nous, on les trie, on essaie de les capter. Mais on en produit beaucoup trop. À un moment, il faut que ça s'arrête. Nous, on enfouit les déchets en Dordogne. Enfouir, ce n'est pas une solution non plus. D'ailleurs, on paie des taxes sur l'enfouissement. L'État nous pénalise avec des taxes sur l'enfouissement. Ce qu'il faut, c'est mieux trier. Il faut faire un véritable effort pour qu'on puisse donner aux gens les moyens de trier leurs déchets correctement.
Et aujourd'hui, en Dordogne, on trie de mieux en mieux ? Alors, en Dordogne, on a des bons chiffres puisqu'en 2010, chaque habitant de Dordogne amenait à peu près 50 kg de déchets par an aux bornes jaunes. Aujourd'hui, c'est 100 kg. Donc, on a fait quand même des progrès énormes en matière de tri.
Pascal Protano, vous venez d'être réélu pour un deuxième mandat à la tête du SMD3. Ce qui change un petit peu cette fois, c'est qu'il y a une opposition au cœur du syndicat. Pour vous, ça change quelque chose ? C'est plus difficile pour vous ?
On n'a pas encore commencé vraiment à travailler, mais de ce que j'ai vu de l'opposition, ce n'est pas une opposition constructive. Il y avait déjà une opposition au sein du SMD3. Il y a des élus de tous bords. On avait une opposition constructive. On avait par exemple Hélène Reis qui s'opposait souvent, mais en proposant des choses. Là, j'ai l'impression que cette opposition-là, elle va s'opposer pour s'opposer. Et ça, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux.
Mais il y a beaucoup de critiques toujours sur ce nouveau système de redevances incitatives. Qu'est-ce que vous comptez faire pour améliorer ? Comment vous comptez profiter de ce deuxième mandat pour améliorer le système ?
Il va falloir que les choses changent. Je le dis sans arrêt, il faut se battre sur une tarification sociale. Et vous voyez, par exemple, le président dit qu'il faut des consignes pour les bouteilles en plastique. Ce qu'il faut surtout, c'est des consignes nationales. Il faut que tous les départements soient traités de la même façon. Alors que là, on nous dit, voilà, il y a des déchets à trier. Si vous ne triez pas correctement, vous serez pénalisé. Vous aurez des punitions, puisqu'on paie 6 millions d'euros chaque année de taxes pour l'enfouissement. Il faut que ça ne se passe plus comme ça. Il faut qu'il y ait des consignes nationales et qu'ils ne bougent plus.
Et qu'on arrive à dire, tout le monde trie de la même façon, parce que ce qui se passe, les gens ne sont pas contents, parce que dans le département d'à côté, c'est toujours mieux. Et il faut absolument qu'il y ait...
Et vous parlez pour ça avec les autres syndicats de gestion des déchets, notamment ?
Bien sûr qu'on parle. D'ailleurs, quand moi, je me suis battu et quand Marie-Claude Varaya s'est battue pour la tarification sociale, tout le monde, les départements voisins se disaient qu'il faut absolument qu'elle réussisse pour que ça fasse jurisprudence. Et alors, ils sont où les blocages, rapidement ? Les blocages, c'est qu'on prend des mesurettes comme celle-là. Je ne sais pas si vous vous rappelez, pour les biodéchets, on nous a dit, tiens, à partir du 1er janvier, il faut absolument que les biodéchets soient traités à part. Et nous, il a fallu qu'on se débrouille comme on pouvait pour...
Donc les blocages sont au niveau national, plutôt ?
Mais c'est au niveau national. Après, c'est bien beau de faire une annonce en disant qu'on va résoudre le problème en mettant la consigne sur les bouteilles en plastique, mais ce n'est pas la solution de terrain.
Ce qui nous dit ce matin, c'est que ça créerait d'autres problèmes. Merci beaucoup, Pascal Protano. Merci à vous. Le président du SMD3, le syndicat qui gère les déchets en Dordogne.
Merci. Interview à retrouver avec toute l'actualité
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