Santé : le gouvernement prévoit 1,7 milliard d’euros d’économies
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
si on ne fait rien. Parmi les pistes d'économies: réduire les remboursements des ALD, ces affections de longue durée et ces pathologies chroniques remboursées aujourd'hui à 100 %. - Le déficit de la Sécu est un problème urgent. - Plus de 40 milliards à horizon 2030 si on ne fait rien. - L'Assurance maladie propose sa propre cure d'austérité. - Le diagnostic est sévère.
Les comptes de l'Assurance maladie sont dans le rouge vif. Pour essayer de redresser la barre, son directeur général envisage près de 4 milliards d'euros d'économies dès l'an prochain. - C'est nos dépenses qui vont plus vite que nos recettes.
Pourquoi? On a le vieillissement de la population et plus de pathologies chroniques, plus de cancers, plus de diabètes...
Ca fait une pression considérable sur les dépenses. - L'Assurance maladie fait une liste avec 60 propositions pour faire des économies. Elle envisage le déremboursement des cures thermales, de certains médicaments et la lutte contre la fraude aux arrêts-maladies et l'absentéisme.
Mais il y a aussi des mesures plus délicates qui concernent les pathologies chroniques. - Affection de longue durée reconnue... - Laurence est en rémission d'un cancer de stade 2.
Grâce à ce dispositif, 100 % de ses dépenses de santé sont prises en charge. - Payer 265 euros pour les IRM tous les 3 mois, plus parfois un scanner avec...
Ca me fait quasiment 450 euros à sortir. Si je n'avais pas cette prise en charge, il y a des dépenses que je ne ferais pas. Ou alors, je les ferais moins souvent, au risque de voir des séquelles s'installer, avec peut-être plus d'invalidité que je n'en ai aujourd'hui. - Alors que d'ici 10 ans, un quart de la population pourrait être concerné par ce dispositif d'affection longue durée, LFI bondit. - E.Coquerel: Je ne suis pas d'accord avec le fait d'affaiblir l'efficacité du système de santé français.
Faire en sorte de faire cotiser les dividendes, les rachats d'actions, les primes...
On récupérerait environ 20 milliards. - Colère aussi dans la rue face à ces futures coupes. Médecins, pharmaciens et spécialistes appellent à la mobilisation mardi.
La hausse des tarifs qui leur était promise dès le 1er juillet va être reportée de 6 mois. Un coup de rabot injuste, pour leurs représentants. - Les gens qui sont touchés là ne sont pas les 1ers responsables des dérapages.
Les dérapages sont connus. On a donné des mesures pour essayer de juguler ces dépenses. Mais le gouvernement nous dit: "On n'y peut rien.
C'est comme ça. C'est la loi." Pardon, mais ce sont eux qui fixent les règles!
C'est un discours qu'on ne peut pas entendre. - Eux aussi se sont mobilisés. Pendant des jours, des milliers de taxis ont protesté contre le projet de nouvelle tarification pour le transport de patients.
La mesure permettrait d'économiser 300 millions d'euros sur 3 ans. La nouvelle convention entrera bien en vigueur le 1er novembre, a dit la ministre. - C.Vautrin: Nous avons écouté les préoccupations et analysé les propositions, mais nous n'avons pas d'autres solutions que cette réforme du modèle de tarification. - La dernière fois que la France a connu un budget de la Sécurité sociale à l'équilibre, c'était en 2001.
A l'époque, les dépenses s'élevaient à 300 milliards d'euros, soit 2 fois moins qu'aujourd'hui. - A.de Tarlé: En matière de santé, l'une des difficultés régulièrement dénoncée par les Français, c'est le manque de médecins, généralistes ou spécialistes.
Je vous propose d'aller dans la mairie de Laigneville, dans l'Oise, pour retrouver le maire. Bonjour. Vous êtes ce qu'on appelle un désert médical.
Concrètement, ça veut dire quoi pour vos administrés? - Malgré que nous ne soyons 40 km de Paris, malheureusement, nous n'arrivons pas à avoir de médecins de ville. Lorsque vous allez aux urgences de Creil, c'est minimum 12 heures d'attente.
Plus de 20 % de ma population n'a pas de médecin traitant. - A.de Tarlé: Donc, comment font les habitants pour se soigner?
Quelles stratégies ont-ils développées quand il y a besoin d'un rendez-vous? - C.Dietrich: On a réussi, au niveau de la commune, à mettre en place un cabinet de télémédecine entièrement pris en charge par la commune.
L'Agence régionale de santé n'a pas voulu nous suivre, sans pourtant nous apporter de réponse. Aujourd'hui, c'est la démerde. C'est très compliqué pour notre population, qui finit par arriver dans notre bureau complètement désespérée parce qu'ils ne parviennent pas à avoir des rendez-vous.
Un ami me disait que pour un dermatologue, il avait pris rendez-vous sur Paris. On lui a donné un rendez-vous dans plus de 9 mois. - A.de Tarlé: Et des renoncements aux soins.
On attend et on ne se soigne pas? - C.Dietrich: C'est ça.
On a le sentiment d'être pris en otage par le corporatisme médical. On a des médecins qui ne parlent plus de déontologie mais d'argent. Nous avions un médecin 4 jours par semaine pour 5000 habitants.
Ce n'était pas suffisant mais aujourd'hui, il ne vient plus que 2 jours par semaine. Il est parti à quelques kilomètres d'ici dans un cabinet où on lui propose de faire plus d'argent, de faire de l'abattage. - A.de Tarlé: Les médecins sont payés par l'argent de la collectivité, par la Sécurité sociale.
A la clé, il y a de la frustration, de la colère, le sentiment d'être des habitants de 2de zone? - C.Dietrich: De la frustration, de la colère, du désespoir aussi de la part des gens.
Ce sont des libéraux, mais ils sont payés par de l'argent public. A partir du moment où c'est l'argent public qui les paye, il doit y avoir une obligation de résultats. Ce qui me choque, c'est le discours corporatiste au niveau des médecins.
On ne parle jamais du patient...
En tout cas, on en revient toujours aux mêmes dispositions, qui sont des dispositions financières. J'ai des gens désespérés qui viennent dans mon bureau et qui comprennent très difficilement cette situation. Nous, les maires, sommes les réceptacles de la colère et de la frustration de nos administrés.
Donc on se fait aussi leur porte-voix. - A.de Tarlé: Merci beaucoup.
Régulièrement, on parle de mettre un peu de coercition dans le système. On parlait des dermatologues. La Caisse nationale d'Assurance maladie s'agace que nombre de dermatologues font plus d'opérations d'esthétisme, de laser, au lieu de s'occuper des mélanomes cancéreux de nos administrés. - P.Mabille: Il faut voir...
La dernière fois qu'on a tenté de faire un système coercitif, c'était la grande réforme Juppé de 97. Ca s'est terminé par une grande colère des médecins et ça n'a pas eu beaucoup d'effets. Les déserts médicaux se sont aggravés.
Un projet de loi présenté à l'Assemblée a failli passer. Il est encore en stand-by. Le gouvernement cherche plutôt des mesures non coercitives. - A.de Tarlé: Un système incitatif? - P.Mabille: S'il part en guerre contre les médecins, ça risque de conduire à un remède qui serait pire que le mal.
Certains médecins pourraient partir à l'étranger. La ministre De la Santé voudrait plutôt un système incitatif pour faire revenir des médecins de l'étranger. Après, la question de leur répartition sur le territoire commence à devenir un sujet de relation
Catherine Vautrin