Bardella, Maréchal, Knafo... Cette génération d’extrême droite qui veut le pouvoir. Replay Twitch
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 58 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse directe
Présentez-nous ce livre. Il est pour qui ? Il traite de quoi ?
- 1:15OuverteRéponse partielle
Ces identitaires comptent-ils en commun, notamment leur jeunesse et leur talent ?
- 4:06OuverteRéponse directe
On a mis un sondage : RN à 32,5%, Reconquête à 5,5%. Qu'est-ce qui les unit ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Est-ce que les appareils ont rajeuni leur liste par rapport à avant ?
- 6:02OuverteRéponse directe
D'où est-ce qu'ils viennent, cette jeunesse d'extrême droite ?
- 8:02OuverteRéponse directe
Ce côté balsacien de ces jeunes qui arrivent pour conquérir quelque chose, c'est quelque chose qu'ils ont en commun ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45InvitéFait
« On a voulu raconter avec Nicolas dans ce livre l'avènement d'une nouvelle génération d'extrême droite autour de figures connues que sont, par exemple, Jordan Bardella, Sarah Knafo, d'autres figures un peu médiatiques, et d'autres qui le sont moins. »
- 3:24InvitéFait
« Ils sont moins marginaux, ils sont plus intégrés, plus insérés dans la société. C'est l'histoire de Jordan Bardella qu'on voit un petit peu, et c'est aussi Sarah Knafo qui fait Sciences Po, par exemple. »
- 6:45InvitéFait
« Ce qui les relie aussi, tous ces jeunes, c'est qu'ils sont tous profondément carriéristes et qu'ils savent que c'est à Paris qu'on fait carrière en politique. »
- 10:06InvitéFait
« Nous, on raconte une génération qui a connu l'époque où le RN, à part au Parlement européen, n'avait pas d'élu. »
- 11:15InvitéFait
« Ce qui est aussi vrai, c'est qu'il n'y a pas grand-chose à faire quand vous êtes président du Rassemblement national au Parlement européen. C'est quand même loin des médias, etc. »
- 12:13InvitéFait
« Depuis 2022, il y a un certain nombre de nos personnages qui ont été élus députés de la nation grâce au RN, ce qui avant était évidemment impensable. »
- 14:28InvitéFait
« Il y a un mec dont on parle dans le livre, qui s'appelle Garenge de Roquin, qui a dit, en gros, faites-les boire ensemble et essayez comme ça, ils connaîtront. Et le lendemain, quand il s'agira de débattre sur un plateau, on aura plus de mal à insulter un mec avec qui on a picolé la veille. »
- 17:32InvitéFait
« Globalement, le centre, c'est le rejet de l'islamisation du pays et de l'immigration. »
- 20:07InvitéFait
« Aujourd'hui, ils sont plus décomplexés que jamais à s'afficher ensemble et notamment la droite à reprendre un discours, le discours de l'extrême droite. »
- 20:32InvitéFait
« Si l'union se fait, ce sera à travers eux. Il n'y a pas de raison hors raison partisane contingente qui fait que Zemmour, quand il se lance en 2021, c'est parce qu'il dit que Marine Le Pen ne peut pas gagner. »
- 29:14InvitéFait
« Pour Zemmour, non, je pense qu'il s'en fout que la campagne européenne, ce n'était vraiment pas son sujet parce que sinon, il y sera allé lui-même et que ce qui l'intéresse, c'est plutôt l'élection présidentielle. »
- 31:07InvitéFait
« Pour le coup, Zemmour les a bien plus influencés que l'a fait Patrick Buisson toute cette génération. »
- 32:17InvitéFait
« Zemmour a été l'un des premiers à avoir un discours sur On n'est pas couché qui était un peu de droite, sarcastique, ironique, à mettre en avant des auteurs et avoir un ton qui tranchait avec ce côté un peu peut-être bien pensant, mondialisation heureuse, tout va bien se passer, etc. »
- 33:42InvitéFait
« Effectivement, c'est quelqu'un qui les a formés idéologiquement et qui fait de la politique. »
- 34:07InvitéFait
« « Éric, tu es ici chez toi ». Donc en fait, Zemmour fait le lien entre la droite et l'extrême droite et en fait, il participe à sortir de la marginalité des idées qui, avant, étaient vraiment dans un camp. »
- 35:04InvitéFait
« Le GUD, pour le coup, c'est plutôt RN qui a reconquête parce que c'est des amis proches de Frédéric Châtillon, Axel Lousteau, tout ça, qui sont des anciens Goudards. »
- 35:22InvitéFait
« Ils ont accompagné Bardella dans son ascension. »
- 35:33InvitéFait
« ePolitik qui a travaillé et qui fait la com du RN aujourd'hui. »
- 35:56InvitéFait
« Reconquête, c'est plus les identitaires quand même, effectivement, le GUD n'aime pas Reconquête parce que le GUD a quand même un cœur idéologique qui est anti-sioniste voire antisémite. »
- 38:10InvitéFait
« Thaïs Descuffons, ouais, parce qu'elle était à Génération Identitaire. »
- 39:35InvitéFait
« Elle fait des reprises de chansons français en mettant des choses horribles dessus. C'est quasiment introuvable sur Internet. »
- 40:01PrésentateurFait
« C'est la fameuse personne qui s'appelle Epona. »
- 41:29InvitéFait
« Papacito, il a plusieurs trucs judiciaires, mais en fait, comme c'est quelqu'un qui menace mon collègue, il menace tout le monde. »
- 41:42InvitéFait
« Il tire au fusil dessus. »
- 44:58InvitéFait
« Concernant Bardella, il n'y a pas trop de dog whistling. Il n'en fait pas trop. »
- 45:02InvitéFait
« Le seul dog whistle qu'il fait, c'est en parlant du remplacement des populations. »
- 45:12InvitéFait
« Genre l'islam n'a pas poussé dans les prêts normands, de la cigarette... »
- 1:02:23InvitéFait
« Il y a une école de journalisme maintenant qui fait que les journalistes sont directement propulsés sur CNews ou au GDD ou dans les différents médias d'extrême droite. »
- 1:02:32InvitéFait
« Ce fonctionnement en vase clos, il a débuté à l'IFP et il permet de se sociabiliser comme de se former comme de trouver un débouché ensuite. »
- 1:03:36InvitéFait
« Si tu regardes quand même l'attaché de presse de Jordan Bardella vient de la CBR pour l'orée puisqu'il était reporter à Europe 1. »
- 1:04:02InvitéFait
« Il y a un autre ancien du FN, deux anciens Devoyer et Tegner. »
- 1:06:12InvitéFait
« Tous les médias dont on parle n'utilisent pas le terme extrême droite. »
- 1:06:17InvitéFait
« C'est droite nationale. »
- 1:06:57InvitéFait
« Il y en a qui sont vraiment qui le prennent très mal quand on leur dit qu'ils sont d'extrême droite et d'autres qui s'en foutent complètement. »
- 1:07:03InvitéFait
« Plutôt chez Reconquête. »
- 1:10:31InvitéChiffre
« Jusque dans les années 2010-2012, traditionnellement, les femmes votaient beaucoup moins à l'extrême-noire, donc pour Jean-Marie Le Pen, que les hommes. »
- 1:12:28Locuteur non identifiéFait
« La question était de savoir si Jean-Marie Le Pen était antisémite ou pas. »
- 1:14:32Locuteur non identifiéFait
« Jean-Marie Le Pen, pour vous, vous n'êtes pas antisémite ou n'êtes pas antisémite. »
- 1:14:39Locuteur non identifiéFait
« Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite. »
- 1:15:37InvitéFait
« Le GUD communique en disant « Nikipa, Nikipa ». »
- 1:23:20InvitéFait
« Martin Sellner, c'est un copain des identitaires français, c'est un copain de Damien Rieux qui est un type qui travaille avec Marion Maréchal dans le parti de Zemmour et qui a énormément de followers sur Twitter. »
- 1:25:00InvitéFait
« Marine Le Pen a demandé des explications parce qu'elle ne voulait surtout pas être associée à ça, à la chef de file de l'AFD qui s'appelle Alice Weidel qui lui a fourni manifestement des explications pas si convaincantes. »
- 1:25:43InvitéChiffre
« L'AFD était montée autour de 20%. Ils sont à peu près autour de 15% maintenant. »
- 1:27:54InvitéFait
« Marine Le Pen a un gros volet nataliste dans son programme, Marion Maréchal aussi, Zemmour aussi. »
- 1:29:09InvitéFait
« On a le même âge qu'eux et cette proximité d'âge a facilité, en fait, les confidences, les contacts. »
- 1:31:46InvitéFait
« Bardella a une forme de talent, ouais, ouais, et Sarah Knafo aussi. »
Temps de parole
- Invité46 %
- Présentateur30 %
- Invité 220 %
≈ 3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je suis avec Marie-Lou Magal et Nicolas Massol, qui sont deux journalistes de L'Express pour Marie-Lou et de Libération pour Nicolas, qui ont écrit ce livre-ci. Donc, hop, L'extrême droite, Nouvelle Génération, Enquête au cœur de la génèse identitaire. Peut-être présentez-nous ce livre. Il est pour qui ? Il traite de quoi ?
Il est pour qui ? Il est pour tout le monde. Tout le monde doit l'acheter. Il traite de quoi ? On a voulu raconter avec Nicolas dans ce livre l'avènement d'une nouvelle génération d'extrême droite autour de figures connues que sont, par exemple, Jordan Bardella, Sarah Knafo, d'autres figures un peu médiatiques, et d'autres qui le sont moins, mais montrer en gros qu'aujourd'hui, les jeunes de droite, d'extrême droite, quels qu'ils soient, à Paris et dans les mouvements politiques, se connaissent généralement tous, pensent à peu près la même chose, à savoir la même vision de ce qu'est l'identité française et la peur de la montée en puissance de l'islam en France.
Justement, salut Fenrir, bienvenue dans la rédac. N'hésite pas à poser tes questions à ces deux journalistes qui sortent du coup ce livre, et même acheter ce livre. Finalement, ces identitaires comptent-ils en commun, notamment, est-ce qu'ils ont cette jeunesse, et est-ce qu'ils ont aussi ce talent, est-ce qu'il faut le reconnaître, un certain talent, parce qu'ils arrivent quand même dans des familles politiques qui font entre 30% aux futures élections européennes, 5%, donc qui constituent quand même un noyau, la première force politique, en tout cas en termes de sondage, alors il faut être prudent sur les sondages, mais qu'est-ce qui les unit finalement ?
Le talent, je ne sais pas, parce que le RN, enfin l'extrême droite, via le FN, était déjà très haute avant leur avènement. Marine Le Pen en 2012, elle fait 18%, en 2017, elle fait plus, elle arrive au second tour, donc elle augmente, et ce n'est pas sûr que ce soit grâce à ces jeunes-là. Ce qui est certain, c'est que Bardella, aujourd'hui, est très haut dans les sondages, et disons que son côté, alors, oui, genre idéal, ou en tout cas normal, le fait qu'il ne s'appelle pas Le Pen, qu'il s'appelle Jordan, donc qu'il ne soit pas exactement le profil type du mec d'extrême droite tel qu'on peut se l'imaginer, permet de participer à cette normalisation de l'extrême droite, c'est sûr.
Et c'est peut-être ça ce qu'ils ont en commun, c'est déjà dix ans, en fait, à faire de la politique ensemble, à se connaître, à avoir suivi un certain nombre de mouvements, d'étapes politiques. Ce qu'ils ont en commun, comme disait Marie-Lou, c'est évidemment leur vision identitaire de la nation, ce qui est important, parce que globalement, c'est l'idée que l'identité de la France est un peu immuable, ne doit pas bouger, doit reposer sur un peuple historique. Je mets des grosses guillemets, mais en gros, que la France est blanche et chrétienne, même s'ils ne sont pas forcément chrétiens, mais en gros, c'est cette idée-là.
Et peut-être un autre truc qu'ils ont en commun, c'est justement d'être moins caricaturaux, ou d'être moins marginaux, en tout cas, que leurs aînés. C'est-à-dire que dans les années 80, 90, et même dans les années 2000, vous aviez toute une culture d'extrême droite, tout un folklore d'extrême droite, qui faisait référence notamment aux épisodes de la Seconde Guerre mondiale, au fascisme, bref, à l'extrême droite traditionnelle, Maurras, etc., l'antisémitisme, évidemment. On y reviendra, d'ailleurs. Que eux ont un peu délaissé, ils sont beaucoup plus mainstream que leurs aînés. Ils sont moins marginaux, ils sont plus intégrés, plus insérés dans la société.
C'est l'histoire de Jordan Bardella qu'on voit un petit peu, et c'est aussi Sarah Knafo qui fait Sciences Po, par exemple. Voilà, donc ils sont moins marginaux. Par contre, ils sont quand même radicaux. C'est ça la différence.
On reviendra sur ces profils. Alors, on a encore mis là un dernier sondage qui est paru hier. Donc, encore une fois, il faut être prudent sur les sondages. Mais on voit, du coup, une liste Rassemblement National à 32,5%, une liste Reconquête à 5,5%. Il y a aussi d'autres... Alors, est-ce qu'on voit Dupont-Aignan ? Pas vraiment, j'ai l'impression. Il y a l'UPR. Oui, il y a l'UPR. Mais alors, l'UPR, vous ne vous y intéressez pas trop ? Pas trop. C'est compliqué. C'est compliqué. Il s'intéresse à l'UPR. En tout cas, est-ce que vous connaissez l'UPR ? C'est la petite blague des internets.
En fait, ces scores qui sont plutôt bons par rapport notamment à vos sélections précédentes qui sont équivalents, est-ce qu'ils sont dus aussi à cette nouvelle génération qui fait augmenter les intentions de vote ? Bardella, par exemple, on peut lire que, justement, sa jeunesse est une force, ce genre de trucs.
Je pense que... Oui, il aide, évidemment, comme disait Nicolas, par son image liste, le côté un peu attrape-tout, le fait qu'on ne sait pas trop pourquoi, mais parce qu'il plaît à la droite, avec des déclarations un peu grossières sur le pro-business, etc. Mais ça s'associe aussi à une radicalisation plus profonde. Ce n'est pas la seule figure de ces jeunes et de Bardella qui fait que l'extrême droite, aujourd'hui, monte autant que ça.
Est-ce que les appareils ont rajeuni leur liste par rapport à avant ?
Oui, ça par contre, complètement. Tous les jeunes dont on parle dans le livre sont impliqués d'une façon ou d'une autre dans la campagne européenne. Certains ont... Bardella, qui est tête de liste du RN, d'autres qui sont aussi candidats sur les listes, d'autres qui sont en tant que conseillers, en tant que directeurs de campagne, en tant que satellites. Donc, ils ont tous un rôle dans cette campagne à venir.
Et alors, peut-être, revenons dans le livre. D'où est-ce qu'ils viennent, cette jeunesse d'extrême droite ? D'où est-ce qu'ils viennent ? Est-ce qu'ils sont parisiens ? Globalement, en tout cas, ils se retrouvent à Paris. Mais est-ce que ça fait partie aussi de la reconstruction politique d'être assez parisiens ?
Ou pas spécialement ? Alors, en fait, ils ne sont pas vraiment parisiens. Ils grandissent à Paris. Ils montent à Paris. Voilà, ils montent à Paris.
Il y a un chapitre sur Jordan de Bardella montent à Paris. Je crois que c'est ça, exactement. Qu'est-ce que ça dit aussi de leur politique, d'une certaine façon ? Parce qu'on a vu aussi le RN dire et aller sur le terrain pour la ruralité, ce genre de choses. Finalement, ils ne sont pas très ruraux non plus.
Non, parce que ce qui les relie aussi, tous ces jeunes, c'est qu'ils sont tous profondément carriéristes et qu'ils savent que c'est à Paris qu'on fait carrière en politique. Oui, et puis, en n'étant pas parisiens et en faisant carrière à Paris, c'est aussi ce que nous, on a voulu montrer dans notre bouquin, c'est qu'ils s'ouvrent à un nouveau milieu. Ils sont plus insérés, peut-être, dans une forme de bourgeoisie, soit traditionnelle, soit même nouvelle, etc. Quelqu'un comme Sarah Knafo, encore une fois, de par ses études à Sciences Po,
il n'y avait pas forcément beaucoup de photos qu'on pouvait acheter. Sarah Knafo qui est à droite avec Eric Zemmour et du coup, un peu son bras droit. Salut, Laurin, 57, pardon.
Salut, Laurin. Oui, donc il y a ce côté, en tout cas, il s'ouvre à quelque chose que Marine Le Pen, bien qu'elle, pour le coup, parisienne, venant de la banlieue plutôt chic de Paris, n'avait jamais réussi à faire, à savoir, à séduire des milieux de pouvoir, des milieux plutôt de décision, bourgeois, de droite classique, on va dire. Et c'est une façon aussi pour eux de s'extraire de leur milieu originel.
Dans le livre, il y a ce côté un peu balsacien de ces jeunes qui arrivent pour conquérir quelque chose. C'est quelque chose qu'ils ont en commun, justement, cette envie d'en découdre, d'arriver à des fonctions un peu élevées.
En tout cas, pour Sarah Knafo et Jordan Bardella, oui. Pour plein d'autres aussi, mais eux, ils sont particulièrement... Mais même, voilà, vous avez peut-être montré, avant, vous avez montré Pierre Romain-Tionnet. Oui. Pierre Romain-Tionnet, typiquement. Alors, il y a lui qui est donc en 27 ou 23, 23 sur la liste de Jordan Bardella, ancien directeur du RNJ, du Rassemblement National de la Jeunesse, donc le mouvement jeune. Avant ça, il était dans le petit... Il était assistant parlementaire. Il a été dans un petit syndicat étudiant d'extrême moindre qui s'appelle la Cocarde, qui, en fait, sert à fournir des cadres jeunes au RN.
Et lui, typiquement, il vient du Jura, et il monte à Paris, et comme son meilleur ami Pierre Gentillet, qui est un avocat, qui va toujours sur CNews, voilà, voilà, qui est beaucoup sur CNews, etc., et qui a également fondé la Cocarde, qui, lui, vient d'un petit village vers l'Inde-retour. En fait, c'est des jeunes qui arrivent, ils vont à Paris, ils sont émerveillés par la Sorbonne, par le quartier latin. Donc, il y a vraiment un côté, on arrive avec notre baluchon, et, en fait, on est émerveillés par Paris, etc., et puis on se dit qu'à nous de Paris. C'est-à-dire qu'il faut reprendre Paris à la gauche, entre guillemets, quoi.
Et ça, certains l'ont fait dans les années, plutôt, il y a 20-30 ans, plutôt, de façon musclée avec le GUD. D'ailleurs, ce sont parfois des gens qui ont côtoyé des figures du GUD, donc ce mouvement plutôt violent d'extrême droite, ce groupuscule, est-ce qu'on dit groupuscule ? Ouais, on peut dire groupuscule, oui. Donc, certains ont un petit peu grenouillé autour de ce mouvement. Eux n'ont pas fait le choix, justement, du coup de poing. Ou alors, certains l'ont fait.
Non, en fait, tous ceux dont on parle, ils ont très vite compris que, s'ils voulaient faire de la politique stricto sensu et monter en grade, etc., avoir des responsabilités, c'était possible seulement dans des partis politiques. Pierre-Romain Thiona, il a choisi le RN. Pierre Gentil, il a choisi une autre voie d'expression qui est ce que sont les médias, c'est news, etc., des chroniques. Mais il joue son rôle aussi dans la bataille culturelle. Et d'autres, comme Knafon, ont choisi de créer un autre parti parce que, pour eux, le RN ne pouvait pas gagner. Mais c'est quand même des voies traditionnelles.
Ils n'ont pas fait le choix de la marginalité, contrairement à ce que disait Nicolas avec les anciennes générations. Eux, ce qui les intéresse, c'est d'être insérés dans la société, de jouer le jeu politique aussi.
Et justement, comment il le joue, ce jeu politique ? Parce que tous ne sont pas élus. Tous, voilà, par exemple, Jordan Bardella, il a été élu au Parlement européen. Il n'a pas un bon bilan d'une certaine façon parce qu'a priori, il n'a pas écrit beaucoup d'amendements, il n'a pas fait beaucoup de rapports. Voilà, je crois que ça se compte sur une vingtaine, il me semble. Est-ce que ce sont des gens qui font de la politique, d'une certaine façon, qui font de la loi aussi, quand ils ont l'opportunité de s'engager avec des mandats ?
Nous, on raconte une génération qui a connu l'époque où le RN, à part au Parlement européen, n'avait pas d'élu. Donc, effectivement, au Parlement européen, c'est une attaque compréhensible de la part de ses ennemis politiques de dire que Jordan Bardella ne fait rien au Parlement européen, qu'il ne prend pas au sérieux son mandat, ce qui est vrai. Ce qui est aussi vrai, c'est qu'il n'y a pas grand-chose à faire quand vous êtes président du Rassemblement national au Parlement européen. C'est quand même loin des médias, etc. D'autant plus dans le groupe dans lequel le RN, qui est un groupe très isolé et avec lequel personne ne veut travailler au PA.
Oui, ils sont quand même un petit peu encerclés par un cordon sanitaire qui fait que, voilà, bon, après, ça ne m'empêche pas que le groupe, la délégation RN au Parlement européen aurait pu bien plus travailler. Il est possible d'ailleurs qu'elle le fasse plus s'ils ont des profils un peu plus compétents que lors de la dernière mandature. En revanche, depuis 2022, il y a un certain nombre de nos personnages qui ont été élus députés de la nation grâce au RN, ce qui avant était évidemment impensable. Qui sont-ils ? Alors, qui sont-ils ?
Un des personnages, justement, de notre histoire, de notre récit, c'est Alexandre Loubet, qui a longtemps travaillé avec Nicolas Dupont-Aignan avant de rejoindre le RN en 2020, au moment des municipales originales. C'est vrai. Et lui, en fait, c'était un jeune qui faisait partie de toute cette petite galaxie. Et qui a fondé une association souverainiste europhobe à Sciences Po qui ensuite a été phagocytée par Sarah Knafow. Tout ça pour montrer vraiment que c'est vraiment un petit milieu.
Il y a lui, il y a un autre qui s'appelle Pierre Merin, par exemple, qui est un petit peu plus âgé, mais dont on parle dans le livre parce que c'est un des premiers à avoir organisé une manifestation politique en soutien à Zemmour, à l'époque où il n'était que éditorialiste. Voilà, il y en a encore deux ou trois comme ça. Et eux, ils s'investissent dans leur mandat, ils font des trucs, etc. Alexandre Loubet, lui, pour le coup, là, il est directeur de campagne de Jordan Bardella parce qu'ils se connaissent depuis très longtemps. Donc, du coup, il y a une confiance. Donc, ils seront amenés à faire la loi. Ils commencent à la faire.
Loubet, déjà, pour le coup, il travaille quand même à l'Assemblée. Il porte des choses et il fait partie de ces jeunes, justement, qui étaient rares et que le RN a accueillis parce qu'il est en bagage culturel, parce qu'il est capable de rédiger un amendement, de travailler sérieusement.
Salut, Badim Pala, bonsoir et bienvenue dans la rédacte. N'hésite pas à poser tes questions dans le chat. Alors, ils se côtoient tous. Ils font des soirées ensemble. D'ailleurs, c'est peut-être intéressant de revenir sur ça. Alors, c'est aussi très romanesque à lire. Donc, ces soirées, on voit qu'il y a des choses qui se jouent en coulisses, que ce soit des grandes soirées de type Valeurs Actuelles qui organisent une grande soirée avec tout type de personnages, même des gens qui se disent de gauche. Mais ça a parfois aussi des soirées un peu plus intimistes. Mais ils se côtoient toujours tous. Est-ce que ça parle politique à ces endroits-là ?
Et est-ce que ça fait de la stratégie, d'une certaine façon ? Est-ce que vous vous êtes aperçu de ça dans votre enquête ? Pas spécialement. Ça fait des soirées, en fait, comme les jeunes.
À la base, le projet, c'est plutôt ça. C'est plutôt de dire... Il y a un mec dont on parle dans le livre, qui s'appelle Garenge de Roquin, qui a dit, en gros, faites-les boire ensemble et essayez comme ça, ils connaîtront. Et le lendemain, quand il s'agira de débattre sur un plateau, on aura plus de mal à insulter un mec avec qui on a picolé la veille. Parce qu'en plus, on a quand même pas mal de points communs. Donc, les soirées, à la base, c'est plutôt un truc de décloisonnement. Toutes les personnes qui ont initié ce genre de choses, c'était pour décloisonner les formations.
Et ensuite, c'est en se côtoyant qu'ils ont finalement, qu'ils se sont rendus compte qu'ils pensaient la même chose.
Mais justement, ils pensent la même chose, mais ils ne sont pas toujours dans les mêmes parties. Qu'est-ce qui les différencie aussi ? C'est la question de Jingle. Ah, ben voilà, super. Je n'ai pas vu ta question de Jingle.
Non, alors justement, ils ne sont pas totalement alignés sur les questions économiques, sociétales ou internationales. C'est-à-dire que, prenons les questions économiques, il y en a qui vont être plus ou moins étatistes, plus ou moins interventionnistes dans l'État. Il y en a même, parce qu'à une époque, quand on commence notre récit, donc dans les années 2012 à peu près, c'est la mode, en fait, Michéa. Donc Michéa, qui est un philosophe, enfin, prof de philo, philosophe, qui a écrit des livres, qui vient de la gauche et qui critique beaucoup la gauche. Et donc, il y en a un certain nombre, notamment, qui se disent anti-libéraux.
Donc, alors, ils sont à la fois anti-libéraux sur le plan économique, ils veulent plus d'État, et ils sont surtout aussi anti-libéraux sur la vision de la démocratie, etc. Donc voilà, c'est une sorte de droite illibérale, comme on en trouve. Globalement, sur les sujets économiques, ça s'est quand même vachement tassé. Il n'y a plus de grandes différences, ils sont quand même de droite. Jordan Bardella, qui était peut-être plus étatiste à une époque, parce qu'il y avait l'influence de Florian Philippot, l'ex numéro 2 de Marine Le Pen, qui était, lui, assez colbertiste, etc. Aujourd'hui, il a un discours qui est pro-business, parce qu'ils veulent avoir une crédibilité.
D'ailleurs, on a vu Jordan Bardella à rencontrer des entrepreneurs, des chefs d'entreprise. Je crois que ça a été un peu mitigé, quand même.
Je ne dirais pas qu'avoir un discours pro-business est un gage de crédibilité. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Il va y aller chercher de la droite. Voilà, exactement. C'est ça.
Voilà. Sans qu'on ait lancé d'envers. Salut, Hugo Perchoir. J'espère que ton stream s'est bien passé. Et bienvenue. Hugo Perchoir, qui est un streamer et qui, d'ailleurs, a sorti ce scoop, que la liste royaliste, finalement, ne sera pas présentée aux Européennes. Mince. Ne sera pas présente aux Européennes, parce qu'ils ne sont pas suffisamment.
Sur les questions sociétales, aussi, c'est intéressant, parce que nous, on commence notre récit avec la Manif pour tous. Mais en fait, un type comme Bardella s'en moque un petit peu de la Manif pour tous. Je pense qu'il n'y en a pas. Pour beaucoup, en fait, ce n'est pas important. Ce n'est pas central. Il y en a pour qui c'est plus important que d'autres, je pense. Notamment ceux qui sont chez Reconquête, pour qui, justement, la différence avec l'ORN, c'est quand même les questions sociétales, les questions de MERS. Eux, comme il y a beaucoup de cathos, aussi, c'est lié à ça. L'ORN, oui, ils s'en foutent un peu plus.
Mais généralement, en fait, c'est ce qu'on montre aussi dans le livre, c'est que les questions sur lesquelles il peut y avoir des divergences, pour eux, elles sont plutôt anecdotiques dans la mesure où ils se retrouvent tous sur l'essentiel qui est la lutte contre l'immigration et l'islam. Justement, Robin, l'exemple, c'est en pleine réforme des retraites, les trois jeunes têtes des trois parties de droite et d'extrême droite, donc de Reconquête de Les Républicains et du RN, s'affichent en tête en une de l'incorrect, alors qu'il y a un magazine d'extrême droite.
Je crois qu'on a la photo, ce ne sont pas eux. Tac, tac, tac. Je l'avais. Hop là.
Voilà, exactement. Donc là, à gauche, Carayon, Guilhem Carayon, qui est le chef des jeunes LR, au milieu, Stanislas Rigaud, qui est le chef de Génération Z, le mouvement de jeunesse de Zemmour, et à droite, Pierre-Romain Thionnet, patron à l'époque du Rassemblement National de la Jeunesse.
Bonsoir à tous ceux qui nous rejoignent. Merci beaucoup. Salut.
Et en fait, ce qui, très vite, ils disent, alors qu'on est en pleine réforme des retraites. Donc vraiment, c'est un truc qui est énorme. Vous avez les reconquêtes et LR qui sont pour la réforme des retraites telle qu'elle est évolue par Macron et même qui veulent parfois aller plus loin. Pierre-Romain Thionnet qui défend avec le RN le refus de cette réforme-là et ils disent on est d'accord sur l'essentiel. Ça, c'est Tecto, ils disent on est d'accord sur l'essentiel. Donc ça montre bien qu'il y a des sensibilités, etc. Mais globalement, le centre, c'est le rejet de l'islamisation du pays et de l'immigration.
Mais est-ce que justement, c'est cette génération-là qui a réussi à unir ces droites-là ? Parce qu'on sait que ça fait quand même parfois plus de dix ans que certains au RN, même que c'était le Front National à l'époque, voulaient réunir et aller voir la droite plutôt tendance UMP. Quitte anecdote, il y a cinq ans pour les élections européennes précédentes, j'avais fait un reportage justement sur Edwige Diaz, Jean-Paul Garraud, qui justement voulaient élargir leur cercle de jeu et aller du côté des Républicains. Est-ce que ce sont eux vraiment qui ont réussi ça ? D'une certaine façon.
Je pense qu'il y a toujours eu des...
Il y a toujours des... LR n'est pas main dans la main non plus avec le RN, même s'il y a des rapprochements.
Il y a toujours eu des ponts, mais je pense que le principal changement, enfin, tu me diras ce que tu en penses, Nico, mais c'est qu'ils sont... Aujourd'hui, ils sont plus décomplexés que jamais à s'afficher ensemble et notamment la droite à reprendre un discours, le discours de l'extrême droite. Oui, c'est ça. Après, l'union des droits, elle n'est pas encore faite parce qu'il y a encore trois parties. Nous, ce qu'on dit, c'est que ces jeunes-là qui sont éparpillés dans trois parties différents pensent la même chose. Donc, en fait, si l'union se fait, ce sera à travers eux.
Il n'y a pas de raison hors raison partisane contingente qui fait que Zemmour, quand il se lance en 2021, c'est parce qu'il dit que Marine Le Pen ne peut pas gagner. Ce n'est pas vraiment pour apporter une proposition idéologique radicalement différente. C'est vraiment ça. LR, l'idée, c'est de revenir aux sources du Le Pen. Oui, c'est ça. C'est qu'ils estiment que Le Pen a perdu en radicalité et qu'eux, ils portent un discours plural. C'est ça, mais moi, je ne suis pas d'accord avec ce constat. C'est faux, en fait.
Si on regarde concrètement, il dit, par exemple, que Marine Le Pen refuse la remigration, mais ce qu'il entend par remigration, c'est l'expulsion des délinquants étrangers, des chômeurs de longue durée, etc., chose que propose Marine Le Pen. Donc, en fait, il n'y a pas un saut qualitatif, on va dire, dans la radicalité de Zemmour. La double nationalité, le théâtre. Comment ? C'est des trucs un peu anecdotiques, sur la double nationalité, sur... Qu'est-ce que c'est, la double nationalité ? Non, mais on va rentrer dans des considérations un peu... Même ça, ils sont d'accord, ils sont pour la double nationalité, reconquête. Ils étaient, oui, après, c'est Isabelle Tergé.
Ils ont Tergé, c'est vrai. Non, mais en gros, voilà, donc c'est des mots, c'est des provocations que le RL ne fait pas, etc., donc c'est plus stratégique, mais un type comme Pierrot mentionnait, c'est un type qui est identitaire dans son idéologie, quelqu'un qui est très radical, mais pas folklorique. C'est encore ça, c'est quelqu'un qui est... Alors, même s'il se fait plaisir un peu de temps en temps, mais pas tant que ça, c'est des gens qui refusent d'être la marginalité, le folklore, mais qui sont quand même radicaux et qui le savent, quoi.
Bah, d'y me pas là, on va prendre ta question juste après, mais avant, je voulais qu'on regarde ce premier reportage donc de Léo Seu, qui a notamment tourné avec Reconquête, et justement se pose la question de cette alliance des différentes droites. On va regarder ça ensemble le temps que... N'hésitez pas à mettre votre casque, sinon on n'entendrait rien. Et on regarde ça.
En campagne, l'image est parfois trompeuse. Marion Maréchal, fou sourire enthousiaste. La candidate peine pourtant à décoller dans les sondages, dans l'ombre de ses anciens amis. Reconquête et rassemblement national, deux partis pour une extrême droite. Alors c'est à celui qui aura le discours le plus marqué, le plus radical. Et à ce jeu-là, Marion Maréchal n'est pas en reste. Chaque actualité, chaque fait divers autour de l'islam est un mini-tableau de la France d'après. Une société dans laquelle la mixité homme-femme n'existera plus. La liberté d'expression n'existera plus. La charia alimentaire sera omniprésente et le voile islamique sera omniprésent.
Ne voyez-vous pas là l'émergence d'un conflit de civilisation ? Bain de foule, selfies en quantité et échanges avec les militants. Vous auriez l'impression que vous êtes tristes ? Non ? Alors la question,
c'est est-ce qu'il y a aussi une course à l'échalote du côté de l'extrême droite sur des questions pour qui sera le plus radical sur notamment la lutte contre l'islamisme ou alors celui qui sera le plus islamophobe ?
Non. Non. Moi je pense... Ouais, ouais. En fait, pour Reconquête, si, parce qu'ils estiment qu'ils ont une plus-value à être plus radicaux et donc en tout cas sur la forme et que c'est ça qui les différencie du RN avec les questions économiques mais dans les faits en fait, il y a une course pour eux mais le RN ça fait des années justement qu'il essaie de faire tout l'inverse et de garder des propositions très radicales sur le fond tout en lissant la forme pour faire moins peur.
D'accord. Donc eux, en fait, c'est un peu le fond est le même mais c'est sur la forme que ça diverge. C'est de la stratégie.
Globalement, c'est ça. Globalement, je ne vois pas vraiment une proposition de Reconquête qui serait beaucoup plus radicale que celle de... C'est de la stratégie, c'est de l'emballage. Tu vois, le ministère de la Remigration pendant la campagne qui propose sur le fond les mêmes choses que le RN mais avec un truc plus choc. et le RN cherche justement à ne pas rentrer dans cette course à la décembre. Cette course à la décembre de classe. Sur le discours, quand même. Si, sur le discours, il y a quand même des... Là, quand Marion Maréchal parle de charrières alimentaires qui s'imposent de partout, ils ont quand même des propositions plus... des formes plus clivantes.
Je veux dire, le RN ne rentre pas tant dans ce jeu que ça, j'ai l'impression. Non. En fait, oui, il faut une course tout seul. Ouais, voilà. Il essaie de se singulariser, ce qui n'est pas facile.
On va continuer ce reportage parce que justement, il y a une proposition de Guillaume Pelletier assez étonnante.
Dans toutes les têtes, le risque de faire moins de 5% le seuil d'éligibilité. La candidate est juste au-dessus. Seulement 6,5% d'attention de vote. Et aux indécis, ce n'est pas un argument de fond qu'avance Guillaume Pelletier, le numéro 2 de la liste, mais un drôle de calcul électoral. Ce qui est très intéressant dans cette campagne-là, c'est que tous les Français, d'ailleurs, qu'ils soient de droite RN, de droite reconquête, de droite LR, vous pouvez regarder même, il y a eu quelques sondages là-dessus qui le démontraient, rêvent de voir comme futur leader de la droite en Europe, Maréchal et Bardella.
Autant leur expliquer que comme Bardella est sûr d'être élu, puisqu'il est à 30%, s'ils veulent les deux, il n'y a qu'un seul vote à faire, c'est le vote Marion. Au fond, si chaque électeur RN partage un peu ses voix, un peu de Bardella, un peu de Marion, ils auront les deux au Parlement. Et comme ça, c'est gagné. Sauf que c'est reconquête, il y en a un...
C'est un peu capillotracté, mais est-ce que ça signifie quelque chose de justement ces liens ? Alors, Guillaume Pelletier, il était chez Les Républicains. Ouais.
Mais c'est Guillaume Pelletier, en fait, il change d'avis à peu près quatre fois par jour. Donc, au début de la campagne, ce qu'il fallait faire, c'était absolument aller chercher l'électorat de LR parce que le RE Conquête voulait remplacer la droite. Finalement, aujourd'hui, il se rend compte que ça ne fonctionne pas. Donc, il faut retourner chercher des voix au RN, mais il n'a plus d'arguments pour le faire. Donc, manifestement, il essaye d'écarter le vote utile en disant qu'il faut qu'il y ait deux...
Enfin, ça n'a pas vraiment de sens, je trouve, d'autant plus que quand on regarde les sondages aujourd'hui, les intentions de vote de ceux qui avaient voté pour Marine Le Pen et qui envisagent de voter pour Reconquête, c'est une part infime, je crois, dans le dernier Ipsos. Enfin, il y a... Je ne sais pas. C'est parti d'extrême.
Alors, on y reviendra, Jingle, il y a eu plusieurs messages, on y reviendra.
Et donc... Oui, mais en fait, le truc de Reconquête, c'est qu'ils sont pris en fait entre plusieurs stratégies, c'est-à-dire que, comme disait Marie-Lou, c'est effectivement, est-ce que nos voix, elles sont chez LR ? En fait, ils se sont aperçus que globalement, un type d'un électeur de LR qui a voté, qui a quand même voté Pécresse en 2022, alors qu'il y avait Zemmour, votera pas forcément pour Marion Maréchal alors qu'il y avait l'ami. Il va rester chez LR.
Et il voit en fait, effectivement, que les gens qui ont voté Le Pen, qui ont voté Zemmour, les électeurs, les 2,5 millions d'électeurs de Zemmour en 2022, se carapatent un petit peu chez Bardella parce que Bardella plaît plus à l'électorat Zemmourien que Marine Le Pen ne lui plaisait. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on leur tape à bras raccourcis dessus le RN en disant qu'ils ont tout trahi, qu'ils abandonnent tous leurs idéaux, qu'ils sont rentrés dans le système, etc. Ça, c'est une faction qui est plutôt autour d'Éric Zemmour et de Sarah Knafow qui, eux, pensent qu'il faut taper le RN fort pour retenir leur gars.
Et puis, il y en a d'autres plutôt autour de Marion Maréchal qui considèrent qu'il ne faut pas trop leur taper dessus parce que les électeurs RN, les électeurs d'extrême droite en général, n'aiment pas ça, ce en quoi ils ont raison, mais ça donne ce raisonnement qui consiste à mendier un peu de miettes qui tomberaient. C'est vraiment ça. Il y a un conflit de loyauté aussi pour Marion Maréchal qui n'a pas envie de taper sur son ancienne famille politique et famille tout court. Elle n'est pas à l'aise avec ça, avec le fait de taper sur Bardella et Marine Le Pen.
Et du coup, je vais essayer de faire un lien avec ta question, Badim Pala. Quel est le poids des anciens chez les jeunes d'extrême droite ? Par exemple, est-ce qu'Éric Zemmour a un poids sur Marion Maréchal dans cette campagne ? Est-ce que Marine Le Pen a un poids sur Jordan Bardella dans cette campagne ? Et est-ce qu'il partage des objectifs de remporter des sièges à cette élection ? Mais est-ce qu'il partage ou est-ce qu'il y a une forme de concurrence aussi générationnelle ? C'est peut-être un peu tout moche la concurrence générationnelle, mais...
Pour Zemmour, non, je pense qu'il s'en fout que la campagne européenne, ce n'était vraiment pas son sujet parce que sinon, il y sera allé lui-même et que ce qui l'intéresse, c'est plutôt l'élection présidentielle. La campagne européenne, ce n'est pas vraiment son centre d'intérêt principal. Ça le devient maintenant. Ça le devient parce que... Enfin... Je trouve qu'il moulit beaucoup la chemise. Là, il est en déplacement tout le temps, etc. Par rapport à Marine Le Pen qui, elle, ne fait pas grand-chose. Lui, il fait énormément de choses. Effectivement, il a méprisé ce scrutin en disant que c'était la présidentielle du pauvre.
Mais il y va parce qu'il se rend compte que son parti, son oeuvre peut crever s'ils font moins de 5%. Je trouve. Ouais, donc s'il y a une forme de concurrence... Du coup... Je trouve qu'il n'y voit qu'un enjeu de survie effectivement pour le parti mais que l'élection en elle-même n'est pas celle qui l'intéresse. Et s'il était élu au Parlement européen, je pense qu'il ne ferait absolument rien. C'est pour ça qu'il n'est pas sur la liste et qu'il ne s'est pas présenté. Mais il a du mal à laisser Marine Le Pen faire sa campagne toute seule, effectivement.
Et est-ce que ces anciens ont une influence chez la nouvelle génération ? Parce qu'il y a deux choses. Éric Zemmour a théorisé des choses. Il a écrit des bouquins. Il a écrit de la politique d'une certaine façon. Marine Le Pen, très peu. Il y a quand même plus d'idéologues d'extrême droite qui ne sont pas forcément publics. Enfin, en tout cas, plus connus du grand public à avoir été candidats ou à avoir été des personnalités médiatiques. est-ce que ces jeunes sont influencés par des figures plutôt médiatiques qui ont déjà conquis, qui se sont présentées à des élections ou plutôt par des personnes un peu de l'ombre ? Vous parlez notamment de Patrick Buisson dans le livre.
Non, mais Zemmour, il a... Il y a plein d'autres des idéologues.
Pour le coup, Zemmour les a bien plus influencés que l'a fait Patrick Buisson toute cette génération. D'accord. On le raconte dans le livre que Zemmour a fait naître une génération Zemmour au-delà du nom de son mouvement de jeunesse. C'est même le député Pierre Meurin dont on parle. C'est lui qui participe au premier acte de politisation d'Éric Zemmour quand il a failli être licencié du Figaro pour une de ses sorties sur N'est pas couché, je crois, ou sur... Je ne sais plus, je ne sais plus. Enfin bref, dans une émission, un dérapage.
Et c'était toute une partie de la jeunesse qui se mobilise pour aller manifester devant le Figaro pour dire ne le virer pas, on le soutient et finalement le Figaro renoncera à le virer.
Mais il est perçu, Éric Zemmour, parce qu'effectivement il y a une forme de fascination quand on lit quelques extraits, il y a une forme de fascination pour le personnage, mais il y a une fascination pour ce qu'il écrit ou alors ce qu'il dit sur les plateaux télé ou les punchlines ou la radicalité dans l'expression. C'est une fascination idéologique ou c'est une fascination pour l'homme ? Oui, c'est les deux. Je ne sais pas.
Oui, c'est les deux. Zemmour a été l'un des premiers à avoir un discours sur On n'est pas couché qui était un peu de droite, sarcastique, ironique, à mettre en avant des auteurs et avoir un ton qui tranchait avec ce côté un peu peut-être bien pensant, mondialisation heureuse, tout va bien se passer, etc. Donc, effectivement, il a eu ce ton-là et en fait, pour les jeunes, on le raconte dans un chapitre, enfin, ça court pendant tout le livre, mais c'est des jeunes qui ont été biberonnés à ces passages télévisuels, qu'ils regardaient, re-regardaient sur YouTube, etc. Et en fait, c'est aussi des jeunes qui, il a été un peu, entre guillemets, l'instituteur de ces jeunes.
C'est-à-dire qu'il leur a fait découvrir, il a mis en valeur des auteurs comme Michéa, justement, ou Kluskar, un autre type venu de la gauche qui critiquait la gauche, en gros. C'était qui ? C'était Thionnet qui, en gros, Pierre-Romain Thionnet, donc du coup, le patron du RNJ, le mouvement de jeunesse du RN, disait que Zemmour, c'était sa bibliographie, quoi. Tu vois, donc il regardait, en fait, donc après, quand Zemmour a eu son émission quotidienne sur CNews, il citait des auteurs et des gens comme Pierre-Romain Thionnet ou Pierre Gentillet allait ensuite à la nouvelle librairie où je crois le jeune, voilà, allait acheter les livres. Donc c'est quelque chose qui est...
Donc oui, effectivement, c'est quelqu'un qui les a formés idéologiquement et qui fait de la politique, etc. Mais là-dessus, il n'y a pas de différence puisque quand Zemmour se lance en politique en 2021, en fait, l'année d'avant, en 2020, il fait campagne pour les municipales de Louis Alliot à Perpignan. Louis Alliot qui n'est pas le plus radical du RN, quoi. Et de même, c'est Laurent Wauquiez qui dit « Éric, tu es ici chez toi ».
Donc en fait, Zemmour fait le lien entre la droite et l'extrême droite et en fait, il participe à sortir de la marginalité des idées qui, avant, étaient vraiment dans un camp et puis, de par le fait que lui, il vienne du Figaro, de la droite, enfin en gros, de dedans, le système, ça a permis de sortir de la marginalité des idées radicales.
Et justement, les plus radicaux, comme Badin Pala demande, les groupuscules des années 80, les anciens Goudards qui ont pu aussi justement avoir rentré dans les appareils politiques aussi d'une certaine façon, mais même des gaullistes qui sont arrivés à l'UNP ou au RPR. Est-ce que ces anciens Goudards ou d'autres groupuscules plutôt plus violents sont toujours influents dans ces mouvements et chez cette nouvelle génération d'extrême droite ?
Le GUD, pour le coup, c'est plutôt RN qui a reconquête parce que c'est des amis proches de Frédéric Châtillon, Axel Lousteau, tout ça, qui sont des anciens Goudards, sont des amis proches ou du moins l'étaient jusqu'à il y a un ou deux ans de Marine Le Pen. Ils ont participé à former toute une jeune génération. Ils ont accompagné Bardella dans son ascension. Ils étaient détenus d'une entreprise qui s'appelle ePolitik qui a travaillé et qui fait la com du RN aujourd'hui. Donc, ils sont vraiment très liés au RN. À Reconquête, il n'y a pas de lien avec le GUD. Et le GUD a des liens aujourd'hui, les anciens du GUD ont plus de liens avec le RN et les radicaux qu'avec Reconquête directement.
Reconquête, c'est plus les identitaires. quand même, effectivement, le GUD n'aime pas Reconquête parce que le GUD a quand même un cœur idéologique qui est anti-sioniste voire antisémite. Et donc, Éric Zemmour, ce n'est pas leur place de paix. D'ailleurs, il y a un histoire au CAV.
Il faut le rappeler.
Ouais, voilà. Ouais, et en fait, mais ça n'empêche pas que des gens comme Stanislas Rigaud, le patron du mouvement jeune, les côtoient. Il les côtoie notamment au CAV Saint-Germain, etc. Nous, on a fait une... Donc, dans des lieux parisiens où ils se rencontrent, etc. Avec Marilou, on avait fait une manifestation, c'était devant le Panthéon, c'était cet hiver, c'était au moment où, après que le jeune Thomas a été tué à Crépaule. OK ? Donc, il y a un mouvement identitaire qui s'appelle les natifs qui viennent en fait de Génération Identitaire, de l'association identitaire
qui a été dissoute mais qui a été dissoute. Il y a, je crois, un chapitre sur le fait qu'ils sont dissous mais ils sont toujours très actifs et très présents.
C'est exactement ça. Donc, en fait, il y avait... Donc, c'était à l'initiative d'une des associations qui est née de Génération Identitaire et il y avait des Goudards dans la manifestation. Et en fait, ce que nous l'ont dit certaines personnes, c'est que il n'y avait pas Stanislas Rigaud parce qu'il ne fallait pas trop s'afficher mais en revanche, il y avait son bras droit, Hilaire Bouillet qui, lui, pour le coup, venait avec quelques jeunes de Génération Zemmour pour montrer notamment aux Goudards que Génération Zemmour était là et aussi pour calmer le jeu. C'est-à-dire leur dire s'il vous plaît, ne foutez pas le bordel. On essaie
de récupérer le truc un peu politiquement. Ce qui derrière vous fait c'est des valeurs
qui sont là, qu'ils les soutiennent, qu'ils pensent comme eux qui sont là même s'ils ne peuvent pas vraiment le faire publiquement et afficher un soutien public. Mais en revanche, ils leur demandent de jouer le jeu eux aussi et de ne pas faire dégénérer ce rassemblement.
Et petite question de Ptolomus, est-ce que vous évoquez les jeunes influenceurs d'extrême droite, Thaïs Descuffons, Papacito, etc. dans votre livre. Alors je crois qu'on n'est pas forcément sur les mêmes aussi tendances politiques que vous les évoquez.
Ouais, Thaïs Descuffons, ouais, parce qu'elle était à Génération Identitaire. Donc en fait, elle a participé à une des actions qu'on raconte dans le livre. Mais c'est vrai... Elle était à tous les meetings de Zemmour aussi. Ouais.
Donc Thaïs Descuffons, pour rappeler ceux qui ne connaissent pas ce que Ptolomus connaît bien, Thaïs Descuffons, elle faisait partie de Génération Identitaire, Génération Identitaire a été dissous. Elle est très active sur les réseaux sociaux, notamment sur des trucs, des positions très réactionnaires sur la femme, avec forcément un soupçon de suprémacisme blanc, l'anti-immigration qui est assez classique dans le milieu. Donc voilà. Et Papacito, je crois que vous... Alors, j'ai lu un passage où vous en parlez, notamment parce que il y a justement... un de ces... Ah, voilà.
Alors, peut-être expliquer justement pourquoi vous citez Papacito et finalement, certains de cette génération ont pu avoir des liens avec Papacito sur un point particulier, notamment une histoire particulière, je crois, avec cette histoire de chasse.
Oui, c'est ça. Non, en fait, c'est à la soirée de Valeurs Actuelles. On a croisé un type qui a une ferme de cochons. Alors, c'est une histoire de dingue, en fait, mais bon, c'est très compliqué. Et ce type-là est un type qui est à la fois éleveur et en même temps impliqué à l'extrême droite, qui a épousé une chanteuse raciste. Et quand je dis raciste, c'est parce que c'est des racistes, vraiment. Elle fait des reprises de chansons français en mettant des choses horribles dessus. C'est quasiment introuvable sur Internet.
C'est des questionnements pour le parti de la France qui est vraiment le parti pétainiste qui survit et dans lequel elle interrogeait j'en suis en pétain et généralement, on en disait beaucoup de bien. C'était vraiment...
C'est la fameuse personne qui s'appelle Epona. Elle s'appelle Epona. C'est elle qui a fait un espèce de truc sur les réseaux sociaux avec Jean-Marie Le Pen où elle lui pose des questions...
Fashion Curious. Est-ce qu'elle fait ça ?
C'est possible. C'est pas une carréature.
Non, non. Et donc, bon, bref, tout ça pour planter le décor. Ils sont heureusement mariés tous les deux, etc. Et en fait, il y a un conflit de voisinage entre un propriétaire anglais qui n'habite pas trop dans le coin et qui refuse à cet éleveur de lui laisser passer ses cochons ou... Enfin, en gros, il refuse de lui laisser passer la route pas par la route, quoi. Et bref, et tout ça, en fait, fait que d'un conflit de voisinage où globalement le propriétaire anglais n'est pas totalement ultra sympathique, les réseaux d'extrême droite de... Papacito,
cette personne-là.
De Papacito, etc. ont fait un peu dégénérer le truc et le maire du village a reçu des menaces de mort, etc. Voilà, bref, il se trouve que cet éleveur-là était à la soirée de Valeurs Actuelles et qui cherchait un peu des journalistes pour raconter son histoire, etc. Et donc, des jeunes de Valeurs Actuelles ont fait une vidéo six mois plus tard et comme il y a eu des menaces, donc sur le sujet, etc., comme il y a eu des menaces, etc., ils se sont fait éjecter quand même de Valeurs Actuelles, ce qui prouve quand même que les mecs sont quand même très radicaux, quoi.
Et, Papacito, il y a eu des affaires judiciaires là-dessus ? Ouais, alors... Il y a eu des affaires judiciaires avec...
Alors, Papacito, il a plusieurs trucs judiciaires, mais en fait, comme c'est quelqu'un qui menace mon collègue, il menace tout le monde, il a fait une vidéo où il menace un mannequin avec des fichiers
de Jean-Claude Chon,
il tire au fusil dessus. Mais c'est vrai que nous, notre livre, on aborde assez succinctement en fait, cette question-là des influenceurs qui en fait mériteraient un ouvrage en tant tel, quoi. Parce que c'est vraiment... Enfin, ce qui se passe sur le net, sur l'internet, est assez... est assez dingue, quoi. Une nana comme Thaïsie Descuffons qui en fait était génération identitaire, donc en fait, dont en gros le combat était le suprémacisme blanc occidental, quoi, aujourd'hui est reconvertie dans un business où... Ouais, c'est une sorte de tradwife. En fait, elle parle de... Elle donne des conseils aux masculinistes, aux gens qui... aux mecs qui...
aux ce qu'on appelle les incels, donc les célibataires involontaires, qui en général conçoivent beaucoup de haine pour la chante féminine. Et en fait, c'est un business. On s'aperçoit que c'est un business. C'est un business.
C'est payé aussi des conversations avec elle.
Des conseils, des conversations. C'est comme un only fan, mais... Ouais. C'est pas comme un only fan, mais c'est un only fan, quoi, tu vois. Ouais. Non, mais bon, il y a vraiment tout un écosystème, quoi.
On veut savoir si les cochons peuvent passer maintenant, du coup, dans la ferme. Non. J'ai pas le... Non, non, non, toujours pas. C'est qu'il y a marre dans la même pièce. Eh bien, fin de l'histoire. La reprise femme like. Et oui, ils sont très suivis sur les réseaux. Alors, tu penses aux influenceurs jingle ou alors aux... à ces générations. Alors, le plus... peut-être dans les mainstream, Jordan Bardella, je vous avais sorti. TikTok, Jordan Bardella. Il y a eu tout un truc assez médiatique depuis quelques semaines et depuis cette campagne de Jordan Bardella, le candidat TikTok.
Ouais.
Est-ce que c'est un truc que vous constatez ou est-ce que c'est un peu un emballement un peu facile ? Parce que bon, tout le monde fait un peu du TikTok. Ouais. Mais est-ce que vous constatez un truc particulier autour de ça dans ces appareils-là ?
En tout cas, pour les jeunes, mais les très jeunes, je pense à ceux qui sont au lycée, les figures politiques qui ressortent sont effectivement celles qui sont présentes sur TikTok. Et moi, on parle souvent de Louis Boyard et de Bardella. Et c'est les deux qui ressortent souvent quand je parle de ça avec des lycéens.
Ok. Je parle quoi ? Je ne parle pas. Je ne sais pas. Il y a tout ce qu'il y a de sous-méros. Et donc, alors, aussi, ce qui est intéressant, c'est que dans le livre, vous dites que, justement, Éric Zemmour par ses punchlines ou ses petites phrases, même les clashs, on se récite a priori dans les soirées les clashs d'Éric Zemmour. C'est aussi ce qu'on voit beaucoup sur le TikTok de Bardella. Il y a des discours, quelques prises de parole publiques, mais il y a aussi beaucoup de petits moments où on va lâcher des clashs, faire des blagues sur l'apéro, sur les chocs à public.
Parfois, avec des références, je ne sais pas, autant de cultures politiques à l'extrême droite pour comprendre un peu parfois le dog whistling et les appels du pied à certains ou pluscules parce qu'on voit dans les commentaires qui a l'arrêt, des choses comme ça, et les vrais savent, des choses comme ça. Je pense qu'on n'est pas non plus dans des trucs hyper puissants.
Concernant Bardella, il n'y a pas trop de dog whistling. Il n'en fait pas trop. Le seul dog whistle qu'il fait, c'est en parlant du remplacement des populations, etc. Parce que Marine Le Pen a plus ou moins dit que... C'est pas vrai, il fait quand même des petits appels du pied identitaires. Genre l'islam n'a pas poussé dans les prêts normands, de la cigarette... C'est un discours, ce n'est pas une petite référence. Tu vois, c'est un discours radical. Oui, mais c'est aussi un appel du pied parce qu'ils savent d'où ça vient.
Donc, ça serait plutôt à qui ? Plutôt justement à des personnes qui le considèrent un peu trop justement dans le système ? Ou c'est un autre truc ?
Non, je ne sais pas si on a une autre qualité. Pour voir un dog whistle, c'est comme quand le RNG a tweeté une parole d'un champ des Lance Connets. C'était donc Pierre Romain Thionnet qui tient le compte du RNG. qui a cité sans la citer une phrase, un couplet, enfin une phrase d'un verre d'un champ qui s'appelle le champ des Lance Connets et qui est un champ nationaliste. C'est vraiment le champ nationaliste. C'était le champ du FNJ des années 80-90, à l'époque où le FNJ était très radical et complètement maqué avec le GUD. C'est le champ du GUD. Par exemple, vous savez, la manifestation du 9 mai, le C9M, c'était la semaine dernière.
Avec des gens masqués en roi.
Avec des gens masqués, des croix celtiques, etc. En général, quasiment tout le temps, ils chantent les Lance Connets. C'est un champ, c'est vraiment le champ de l'extrême droite radicale.
Comment t'écris ?
Lance Connets. L-A-N-S. L-A-N-S. Lance. Ok.
Parce qu'au début, j'ai compris Lance Connets. Ah non. Ah non, c'était là. Ah oui, d'accord. Ça s'appelle Les Lance Connets. Bon, ça pouvait faire sens pour faire le truc,
mais ok, ok. Et ça, typiquement, ça c'est vraiment un dog whistle qui, petit clin d'œil aux radicaux, et d'ailleurs, il a supprimé son truc parce qu'en fait, le problème du dog whistle, c'est que ça fait plaisir, mais quand on s'en rend compte, le RN déteste ça parce qu'en fait, ils disent qu'on n'est pas là pour se faire plaisir. C'est bon, en fait, les radicaux, ils viendront avec nous. Mais bon, il s'agit quand même de leur faire des petits clins d'œil de temps en temps. Mais je trouve que Bardella a des discours radicaux, utilise le remplacement comme un...
Là, pour le coup, comme un clin d'œil parce qu'il ne va pas dire grand remplacement, il va dire projet de remplacement de nos populations, ce qui est au même. Mais il ne se fait pas plaisir, il est quand même... Il est très pro, il est dans un contrôle total, Bardella.
Et justement, vous racontez aussi parfois des trajectoires qui sont courtes parce que certains se laissent un peu avoir parfois par la boisson et dérapent devant des téléphones portables. Est-ce qu'il y a aussi justement parfois des gens qui arrivent à se cacher de leur radicalité parce qu'il faut le faire et ça revient et ça leur pète un peu au visage ? Est-ce que ça, c'est un truc qui est... Parce que cette génération se cache ou en tout cas essaye de jouer la dédiabolisation et en privé, c'est pas ça ? Ou est-ce que vraiment cette dédiabolisation est idéologique maintenant et du coup, idéologiquement, ils sont un peu plus dédiabolisés ?
Je ne sais pas dédiaboliser le terme, mais il dérape peut-être pas qu'il dérape, peut-être qu'il s'en réveille.
Est-ce qu'ils sont moins radicaux ?
Oui. En fait, est-ce que c'est une logique de dédiabolisation où en disant publiquement, il y a des choses qu'on ne peut pas faire mais en privé, on est toujours... Bien sûr.
Ça, c'est évident. C'est des choses au cas de Saint-Germain. Il suffit de regarder les commentaires Google sur les cas de Saint-Germain. Donc, un des endroits où vraiment, il y a toute l'extrême droite, une partie de la droite et même des violents qui se réunissent. Il suffit de les regarder. Il y a des pauvres gens qui ont passé une soirée sans être au courant que c'était l'antre de l'extrême droite en France et qui disent « Ouais, on a entendu que des trucs racistes, c'était horrible, un supportable.
» Donc, évidemment, un type comme le type auquel tu fais référence, c'était David Rodriguez qui était pressenti pour devenir David Rodriguez qui s'est fait filmer en 2018 en train de traiter un... Il ne faut pas le dire sur le truque. Le mot... Le N-Ware. Le N-Ware.
Il ne faut pas le dire il ne faut pas le dire mais bref.
Vous avez compris ce qu'il disait. Il insultait un bidon noir en utilisant des mots qui ne sont pas utilisables. Et en fait, ce type-là, quand je parle avec des gens qu'il connaissait, ils me disent « Ouais, ce n'était pas la première fois en soirée qu'il faisait ça. » Donc, en fait, c'est juste qu'il y avait une querelle il avait une querelle avec des gens qui a fait qu'à un moment donné, les mecs ont décidé de le filmer. Mais c'était des querelles internes, etc. Évidemment que... Alors ça, c'est une autre enquête, une super enquête de Camille Vigogne, le coit, qui s'appelle « Les rapaces » qui est une enquête sur Fréjus. Fréjus,
qui est une mairie remportée par le Rassemblement National et par... David Racheline. David Racheline
qui est vice-président toujours en tout cas. Qui est vice-président mais qui ne fait plus d'apparition parce qu'il a cette enquête et qu'il se cache maintenant. Et elle raconte comment, notamment via des témoignages mais aussi des photos, etc. Comment, entre eux, dans le secret d'une plage privée, d'un carré vieil pichique, etc. Ils s'amusent à dire des trucs racistes, à faire des références au Troisième Reich, etc. Il y a un côté vraiment très potache. Il y a toujours des enquêtes qui sortent comme ça. Street Press en sort régulièrement sur des conversations privées qui fuitent, des échanges de SMS, sur les réseaux sociaux. Il y a toujours, toujours ces dérapages racistes qui sont...
Dans la campagne aussi, je crois, sur la liste, il y a un qui a sauté parce que sa page Facebook a bien détruit.
Le lanceur délégué départemental de Mayotte, c'est Libé qui a sorti qui parlait des Mahorais dans des Comoriens, comme de la vermine, etc. Donc, effectivement, des dérapages racistes, sexistes et homophobes. Plus récemment, pour citer les confrères Street Press, un jeune qui disait des trucs ouvertement nazis sur des boucles de jeunes RNG, il y a eu des alertes et rien n'a été fait. Ces édits ne font rien, ils ne font jamais le ménage en interne. Jamais. En revanche, quand vous avez pris la main, le doigt dans le pot à confiture, à dire une connerie, etc., là, vous jartez parce que le plus important, c'est le parti. Mais évidemment qu'il y a des choses...
Alors, à une époque, il faisait plus de références au troisième Reich, etc., machin. Je ne pense pas qu'un type comme Thionnet lève le bras, tendre le bras ou, je ne sais pas, se déguise en nazi, évidemment. Ce n'est pas du tout le genre. Non pas qu'il ait une idéologie nazie ou quoi que ce soit, évidemment. Mais ce ne sont pas des gens, ces gens-là, ce sont des gens sérieux, ce ne sont pas des gens qui vont s'amuser, en fait, à tendre le bras comme Alexandre Gabriac qui, au moment où on en parle dans le bouquin, mais en 2010, faisait partie des jeunes du FN, un peu en vue, etc., et qui, lui, s'amusait à se prendre en photo en tendant le bras comme un fasciste, etc.
Ça, je pense que c'est des jeunes, le folklore d'Extrême droite les amuse moins. Vraiment, parce que c'est aussi du folklore et ça les amuse moins. Pour eux, ce n'est pas drôle.
Et quand vous racontez ces soirées, donc du coup, au Cap Saint-Germain, je crois qu'il y a une phrase où on peut un peu être comme on veut parce qu'on est entre nous, mais il faut quand même faire attention au portable et aux marinistes zélés. Je crois qu'il y a ce terme-là, c'est-à-dire qu'on peut se balancer quand il y a quelqu'un qui... Ça peut se balancer entre eux quand il y a quelqu'un qui va trop loin. Ou alors, c'est des coups politiques où, globalement, chacun essaye aussi d'avoir peut-être une place sur une liste ou un poste.
C'est plutôt plus que des gens qui seront outrés par ce qui se passe. C'est plutôt de la vengeance personnelle ou politique qu'on va le dénoncer parce qu'on est vraiment outrés qu'il y a osé prononcer un truc raciste au cave.
Il y a des exemples, justement, pourquoi vous écrivez marinistes zélés. C'est parce qu'il y a eu des règlements de comptes.
Non, mais en fait, c'est moins sur des trucs racistes, etc., que de dire, ah, regardez, tel assistant parlementaire il traîne avec tel jeune de chez Zemmour. C'est ça, en fait. OK. il y a eu plein d'exemples. Mais bon, tu vois, un type qui passait un entretien d'embauche pour être assistant parlementaire d'une députée RN, quelqu'un l'a balancé, donc c'était en 2022, quelqu'un l'a balancé en disant, ah, bah non, en fait, il est très pot avec Stanislas Trigo, etc., machin, et il n'a pas été pris. Il n'a pas été pris.
Alors que lui avait dit, ouais, écoutez, j'aime beaucoup votre profil, c'est bien, il a un bon profil carré, etc., mais il n'a pas été pris parce qu'il y a un mec qui a dénoncé, quoi. Donc, c'est quand même vachement ça, quoi. Là, ça, c'est un peu moins tendu, c'est un peu moins tendu qu'à une époque, mais dans les périodes électorales, ça reparaît. Mais c'est surtout le truc de, ah, regarde, il traîne avec un Zemmour. Ils aiment bien faire ça, ils aiment bien faire la traque à qui est-ce que tu vois, qui est-ce que tu côtoies, etc.
La traque aux collabos.
Voilà, comme quoi, tu vois.
Autre moment fondateur que vous expliquez dans ce livre, c'est plutôt sur les questions internationales, ça va être SOS Chrétien d'Orient. Donc, SOS Chrétien d'Orient, c'est une association de droite qui vise, comme son nom l'indique, à aider les chrétiens d'Orient, notamment en Syrie, pendant la guerre civile en Syrie, et en quoi ces fondateurs pour ces jeunes-là ?
En fait, il y a plusieurs choses. Il y a déjà, c'est une cause commune qui n'est pas, à première vue, politique, au sens propre du terme, qui permet de rassembler des jeunes de 20 ans qui ont envie de partir à l'aventure, de faire de l'humanitaire, tout en nourrir, enfin, en mettant, en plantant chez eux la petite graine de l'idée civilisationnelle. Quand même, nous, on y va, parce qu'on va défendre des chrétiens, on va défendre la civilisation. C'est une façon, de les politiser à travers quelque chose qui, au départ, est simplement un acte de charité, quelque chose d'humanitaire. Et c'est, pour beaucoup, c'est un premier pas vers une politisation, ensuite, qui est plus profonde.
Du coup, c'est notamment un village qui s'appelle Maloula, qui est un village chrétien en Syrie, mais ça amène aussi à soutenir Bachar al-Assad, parce que, mais lui, Bachar al-Assad qui n'est pas chrétien. Et en quoi, en fait, c'est constitutif de cette jeunesse ? Parce qu'il y a des figures à l'extrême droite sur des questions internationales, je pense à Thierry Mariani. Lui, il va à fond sur tous les trucs où il peut taper des musulmans, que ce soit les indiens, les russes qui peuvent taper des musulmans, il va les suivre. Est-ce qu'on est aussi dans des choses un peu gros sabots du côté de ces jeunes où finalement les questions internationales sont un peu secondaires ?
Je ne suis pas totalement d'accord avec ce que tu dis sur Thierry Mariani. Non, parce que si on garde quand même, Thierry Mariani, il a quand même une cohérence et ce n'est pas uniquement un truc civilisationnel, entre guillemets. C'est-à-dire, en gros, je suis de toute façon contre les musulmans. Par exemple, c'est un des soutiens, un des rares soutiens du résisme du régime Azeri de Bakou qui pourtant sont en guerre contre des chrétiens arméniens. Ce qui fait que dans son camp, il est assez isolé. Donc ça, c'est un côté un petit peu particulier. Je ne sais pas si tu l'as vu s'exprimer sur Gaza.
Je crois qu'une des raisons pour lesquelles il ne s'exprime pas sur Gaza, c'est qu'il n'est pas totalement en phase avec la ligne de Marine Le Pen qui est une ligne totalement alignée en gros sur le gouvernement de Netanyahou. Donc, il y a quand même un truc qui est... Il n'est pas exactement dans la guerre des civilisations, Thierry Mariani. Mais bon, ce qui est sûr, c'est qu'il est important dans notre... Par contre, c'est un soutien des dictateurs, ça c'est certain. C'est un soutien de Poutine, c'est un soutien de Bakou et c'est un soutien de Bachar Al-Azad, effectivement.
et mine de rien, il a eu une importance, il a eu une grosse importance pour notre génération parce qu'un de ses élèves, si tu veux, c'est Pierre Gentillet, Pierre Gentillet qui a même créé le cercle Pouchkine qui est en fait la déclinaison jeune du dialogue franco-russe, qui était un truc, une association d'amitié franco-russe, d'influence en fait de relais du Kremlin. Oui,
il ressort régulièrement des éléments de l'engagement. Voilà,
c'est vraiment ça. Oui, exactement. Et alors typiquement, Pierre Gentillet amène Jordan Bardella au cercle Pouchkine, par exemple, si tu veux. Donc, Bardella se sociabilise, enfin, par sa sociabilisation, devient quelqu'un qui va défendre la Russie, ce qui est dans la ligne du parti à l'époque, mais il y met du cœur, etc., de même que Marine Le Pen a toujours nié le caractère révolutionnaire de la guerre civile en Syrie en disant que c'était uniquement des djihadistes contre machin, etc. Donc, voilà. Et donc,
en quoi ESO est-ce Chrétien d'Orient permis cette rencontre en fait aussi de différentes personnes et en quoi c'est constitutif de quelque chose aussi derrière qui sera utilisé d'un bagage ?
Parce que ça amenait, c'est ce qu'on disait, ça amenait plein de gens à la politique, que ce soit juste des petits gâteaux de Versailles que leur mère envoie en petit voyage humanitaire en Syrie et qui finalement là-bas se politisent, vont discuter un peu de Maurras avec Charles Le Meilleur après la journée parce qu'il est le fondateur de ESO, c'est Chrétien d'Orient.
Et qui est Charles Le Morras ? C'est un auteur phare
pour l'extrême droite antisémite qui a inspiré beaucoup l'extrême droite des années 30 et après et pour qui aujourd'hui tous les jeunes qui sont plus intellectuels continuent de lire Maurras c'est de s'inspirer de sa pensée.
Bonjour, ces jeunes politiques s'intéressent-ils à l'audience du forum jeuxvideo.com tel Florian Philippot qui leur fait régulièrement des clins d'œil ? Alors c'est une question assez précise de petits pas, merci pour ta question, je ne sais pas si vous le savez. Moi j'ai du mal à te répondre.
J'en ai, je ne sais pas du tout. Ouais franchement, on n'en a jamais parlé avec eux. Ouais, moi j'ai l'impression que c'était plus à une certaine époque, je ne sais pas si c'est plus important. jeuxvideo.com c'était en 2015 quand même avant.
Ça continue, ça va être un peu de, on va dire, de l'iconographie avec les Issous, je ne sais pas si vous voyez ce que c'est, les Résitas, c'est un peu comme ça, très troll, très, alors c'est peut-être un peu caricatural aussi sur jeuxvideo.com mais un peu incel aussi, c'est très caricatural mais ça va être un peu ce genre de choses. est-ce qu'il y a des, effectivement, je ne crois pas que vous parlez de jeunes avec Florent Philippot, est-ce qu'il y en a ? Est-ce qu'il n'existe plus vraiment politiquement ? Est-ce que ça a été un truc qui vous intéressait ?
Il y a eu des jeunes autour de lui. Ouais, oui, il a été important pour le FN mais depuis qu'il a quitté le FN, en fait, il a une forme de boutique complotiste, europhobe, etc., qui fait tourner et franchement, il n'y a plus vraiment de, c'est comme Asselineau, c'est plus un vivier de jeunes, en fait, ça pour le coup, c'est marginal. C'est vraiment marginal. Donc en fait, un jeune ambitieux comme Jordan Bardella, aujourd'hui, si c'était à refaire, ne repasserait pas par Florent Philippot. Non, il a quelques fidèles, il a son matelas de gens qui sont intéressés par les thèmes de complots, antipondialisation, antivaccins, etc.
Mais c'est tellement marginal, c'est tellement à part de la société que non, nous, on n'en a pas parlé, on n'en prend pas.
Justement aussi, il y a toute une partie sur la formation et la colonne vertébrale idéologique. Vraiment, il n'y a ni queue ni tête à cet entretien, mais ce n'est pas grave. Une partie idéologique, comment est-ce qu'ils réfléchissent ensemble ? Il y a des écoles communes. Marion Maréchal, je crois, avait monté une école, vous parliez d'un autre. C'était l'IEP,
l'Institut de formation politique.
Donc, il y a l'IFP, il y a l'ICEF, c'était l'ICEF ? Oui, l'ICEF, oui. Ça existe toujours. Est-ce que, voilà, ça se partage un peu un gâteau, d'une certaine façon ?
L'ICEF, ça vivote, ça vivote à Lyon. Je pense que l'Institut de formation politique, ça a une part plus importante, moins, je dirais, dans la formation stricto-sensique que dans le décloisonnement et le fait que tout le monde côtoie cette école, qu'il s'agisse de Versanches-Élères, ORN, la reconquête, tout le monde est passé par cette formation qui est accessible parce qu'il suffit de payer ces quelques week-ends par mois et à plusieurs niveaux de formation. Ensuite, généralement, les anciens élèves sont recyclés en formateur. Il y a une école de journalisme maintenant qui fait que les journalistes sont directement propulsés sur CNews ou au GDD ou dans les différents médias d'extrême droite.
Ce fonctionnement en vase clos, il a débuté à l'IFP et il permet de se sociabiliser comme de se former comme de trouver un débouché ensuite.
Parce qu'il y a tout un écosystème qui s'est monté, vous parlez des médias effectivement dedans, parce qu'il y a des passerelles aussi entre les médias et les partis. C'est peut-être à un degré quand même beaucoup plus élevé du côté de l'extrême droite. Il y a d'autres exemples dans d'autres parties. Il y a une vraie connivence. C'est un truc qu'on entend régulièrement et qu'on reproche souvent aux journalistes, mais est-ce que là il y a une réelle connivence plus prononcée ? Est-ce que vous vous la constatez ?
Ce qu'on constate surtout, c'est que l'avènement de cette génération s'est accompagnée de l'avènement d'un écosystème médiatique qui a grandi en les poussant avec eux. Mais il n'y a pas tellement de transition entre les partis et les médias. On me suit quand même. Quand même, si tu regardes le média Livre Noir qui est... Ah oui, pardon. Je pensais à CNews, JDD, etc. Oui, Livre Noir. Si tu regardes quand même, l'attaché de presse de Jordan Bardella vient de la CBR pour l'orée puisqu'il était reporter à Europe 1. C'est ça ? Le média Livre Noir qui est important en termes d'audience, ça marche beaucoup sur les réseaux sociaux, etc.
a été fondé par un type qui est un ancien du FN puis de LR puis qui a édité... Il y a un autre ancien du FN, deux anciens Devoyer et Tegner. Oui, effectivement. Donc en fait, tout ça recycle effectivement des gens, etc. Donc oui, il y a quand même ça. Après, indépendamment de ça, on parle de gens qui, comme Geoffroy Lejeune ou Charlotte Dornelas, ne font pas vraiment de leur... Enfin, comment dire... Se voient dans un combat culturel. Oui, c'est plus des idéologues que des journalistes. D'ailleurs,
ils sont cités dans le livre et vous les avez rencontrés, vous les avez interjoués, par exemple.
Pas Charlotte Dornelas.
Ça voulait nous parler.
Qui n'a pas volu, mais Geoffroy Lejeune, on l'a rencontré, on lui a posé des questions sur son parcours et il assume complètement... Lui-même, il assume d'avoir une admiration profonde pour Éric Zemmour. Il a écrit un bouquin dans lequel il l'imaginait président. Il est très content que Zemmour ait dit quand il s'est lancé dans la campagne « Tout ça, c'est à cause de toi ». Enfin, il ne renie pas du tout le lien qu'il a avec lui. Il ne renie pas du tout de mener un combat idéologique et c'est ce qu'il fait d'ailleurs à la tête du JDD.
Et justement, comment vous voyez ça dans votre pratique journalistique ?
Moi, ça ne me dérange pas qu'un titre soit engagé. Mais je trouve quand même que... Comment dire ? Moi, dans ma pratique au quotidien, tu veux dire ?
Oui, c'est ça. Mais justement, d'avoir des journalistes qui assument aussi de faire partie de la stratégie d'une certaine façon. Est-ce qu'il y a cette réflexion-là ?
Dans la mesure où c'est assumé, ils ont le droit de rouler pour des idées. Nous, ce qui nous intéressait, c'était surtout de décortiquer la façon dont ils ont aidé, ils ont propulsé cette génération et dont ils sont des acteurs plus que des observateurs dans le milieu politique.
Une question d'Aubery. la plupart des médias influencés ou non par ces médias, cet écosystème, utiliseront-ils toujours le même terme extrême droite en 2027 ou même actuellement pour qualifier le RN selon vous ? Et ça fait revenir à eu aussi une question plus tôt. Ils ne veulent pas utiliser le terme d'extrême droite. Est-ce qu'eux l'utilisent ? Certains l'utilisent ? Non. Aucun.
Tous les médias dont on parle n'utilisent pas le terme extrême droite. Bien sûr que non. C'est droite nationale. C'est droite nationale, nationaliste ou droite tout simplement. Patriote, sincère. Non, le Figaro qui n'est pas dans la boulotosphère ne l'utilise pas. Le GDD non plus. Évidemment, Valeurs Actuelles non plus. CNews ne doit pas l'utiliser sauf pour parler vraiment d'un queue de comète radical. Sauf quand Julien Dray. Ouais. Mais ouais, non. Non, mais ça a tendance à se réduire. Rassurez-vous, Aubory.
Et est-ce qu'eux-mêmes parfois l'utilisent ?
Ouais. Oui, oui.
Ils disent que le monde est d'extrême droite il y a quand même un truc assez...
Ça dépend lesquels. Ça dépend lesquels. Il y en a qui sont vraiment qui le prennent très mal quand on leur dit qu'ils sont d'extrême droite et d'autres qui s'en foutent complètement. Plutôt chez Reconquête. Chez Reconquête, ils ont moins de cette pudeur de gazelle quand on dit qu'ils sont d'extrême droite. Ils s'en foutent. Au RN, qualifiés mal, etc. Ça attend à nous discréditer.
Et dans le sens aussi, même entre eux, ils disent nous on fait partie d'un truc extrême droite. Non ? Je ne sais pas.
On n'a pas un degré d'intimité. Non, mais c'était dans le sens si justement
dans ces moments un peu plus large que vous vous racontez il y a des trucs comme ça qui émergent ou pas.
Pas spécialement. Une seule heure arrive de l'utiliser.
Il y a-t-il une scission idéologique entre les jeunes femmes et les jeunes hommes ? Vous savez comment les jeunes politiques d'extrême droite se saisissent du sujet ? Ont-ils participé à ça ? La dernière partie, je ne sais pas de quoi tu parlais, Ptolomus. Mais est-ce que il y a une scission genrée ? Est-ce que pour ces gens-là il y a un peu plus de gens ?
Parmi les gens dont on parle ?
Oui, c'est ça. Ou chez les adhérents peut-être. Je ne sais pas si vous êtes militants.
Non, je n'ai pas l'impression que dans la mesure où ils se retrouvent tous dans un parti commun, il n'y a pas de différence de genre. Y compris par exemple, je pense à ceux qui sont engagés dans un combat plus genré comme Nemesis qui est un groupe féministe identitaire. Dans la mesure où elles font des déclarations islamophobes très récurrentes, elles ont le droit d'être féministes. Il n'y a pas de différence. Je ne sais pas. Nico, je ne sais pas ce que tu en penses. Je ne sais pas. Comme ça, au doigt mouillé, je trouve qu'il y a beaucoup plus de garçons que de femmes, que de jeunes filles, de jeunes femmes, qu'il n'y a qu'à regarder notre récit. Il n'y a quasiment pas de femmes.
Les femmes sont souvent reléguées au rôle de potiches. Quand je dis potiches, c'est... Il y a quand même Marine Le Pen, Marion Maréchal et Sarah Pnafot. Oui, mais ce n'est pas grand-chose. Si tu regardes, il y a deux, trois... Quand je dis potiches, je parle de... Non, les jeunes femmes ne sont pas plus progressistes. En tout cas, pas celles qu'on côtoie. En tout cas,
on va reprendre ta question après. Ce groupe Nemesis, est-ce qu'il est lié à un groupe politique ?
Ou est-ce que... Non. Non, ça fait partie de ces groupes mais vraiment microscopiques. C'est microscopique. Beaucoup de gens connaissent Nemesis parce qu'effectivement, des femmes... Des féministes identitaires, c'est rare. C'est un créneau qui fait partie. C'est un créneau. Elles font deux, trois coups d'éclat. Mais en vrai, elles sont très peu nombreuses. Et ça prouve, tout simplement, le fait que c'est compliqué d'être féministe et identitaire. D'ailleurs, quand Zemmour met une gifle à une nana en Corse, comme il l'a fait ce week-end ou la semaine dernière, je ne sais plus, elles montent au créneau pour le défendre. Pour le défendre.
Bon, globalement, elles sont féministes qu'en tant qu'elles considèrent que l'islam est un problème pour les femmes. Mais bon, le reste, ça va. il n'y a pas d'autres féminismes. Donc, il n'y a pas beaucoup de femmes, je trouve, dans ces groupes-là qui sont quand même très masculins. En revanche, si on regarde quand même le vote, le vote, ce qu'on appelait le radical right gender gap, qui était en fait quelque chose qu'on... Alors, ça veut dire, en gros, il y a un... Jusque dans les années 2010-2012, traditionnellement, les femmes votaient beaucoup moins à l'extrême-noire, donc pour Jean-Marie Le Pen, que les hommes. C'est ce gap, ce radical right gender gap, ce gap genré, donc qui...
qui en fait, avec l'arrivée de Marine Le Pen, c'est comblé, c'est égalisé, quoi. À partir de... à partir globalement de 2012 et puis surtout 2017, et puis là, maintenant, il y a même un peu plus de femmes qui votent pour Marine Le Pen. Donc, en fait, il n'y a pas... dans l'électorat, il n'y a pas de... Il n'y a pas de... Il y a peu de femmes qui votent... En revanche, ce radical right gender gap s'est réactivé avec Éric Zemmour qui, lui, a eu des positions qui sont soit misogynes, soit phallocrates, etc., qui sont connues de tout le monde, quoi.
Merci beaucoup, Hugo, pour leur aide et bienvenue à tous ceux qui nous rejoignent. N'hésitez pas à poser vos questions aux deux journalistes qui sont présents, Marie de Magal et Nicolas Massol, qui viennent de sortir ce livre. On le remontrera tout à l'heure. Bon, là, il y a un peu de lumière, ça brille. Et merci de rejoindre la rédac. OK, le projet de loi fin de vie, effectivement, c'est pas la même ambiance. On ne va pas parler de Jean-Marie Le Pen, donc... Même s'il y a la question, FP, que pensent ces jeunes de Jean-Marie Le Pen ?
Est-ce qu'ils font à son interment ?
Je pense qu'ils... Non, mais c'est... Non, mais c'est une vraie question. Est-ce qu'ils ne veulent pas ? Ils reconnaissent tous, même si au RN, quand on a des responsabilités, c'est plus compliqué de le formuler publiquement, que Jean-Marie Le Pen a été un précurseur dans leur combat politique et qu'ils lui doivent beaucoup. Et à Reconquête, ils prennent en main la plaisir en ce moment de dire, regardez, ils en viennent même à renier tout ce qu'a fait Jean-Marie Le Pen alors que c'est le premier d'entre nous. Alors, c'est compliqué. Il y a eu un épisode au moment de... Après le 7 octobre où Jordan Mardella était interrogé sur BFM sur...
La question était de savoir si Jean-Marie Le Pen était antisémite ou pas. Et Jordan Mardella a éludé la question et n'a pas réussi à...
J'ai l'extrait.
C'est incroyable.
C'est incroyable. Il faut que je le retourne. Mais on va regarder ça. En tout cas, le pari de Machefort peut-il... En fait, c'était un reportage qu'on a fait sur le Rassemblement national et le vote des Français juifs. Et donc, il y a plusieurs séquences dans le reportage dont celle-ci avec Jordan Mardella. On rappelle, Marine Le Pen et Jordan Mardella ont participé à une manifestation en soutien suite au massacre du 7 octobre. Et donc, il y avait toute une polémique autour de ça.
C'est en tout cas le pari de Marine Le Pen. Image forte qu'en novembre dernier, elle défile avec d'autres élus du parti d'extrême droite à la marche contre l'antisémitisme. Sa stratégie ? se posait en défenseur de la communauté juive. Il est temps que le peuple français, je crois, dans sa diversité, exprime son rejet absolument total de l'augmentation spectaculaire des actes visibles, en fait, d'antisémitisme. Parce que la réalité, c'est que ça fait très longtemps que nos compatriotes de confession juive sont confrontés à des actes de ce type.
Des quartiers entiers se sont vidés du fait de l'avancée d'une idéologie que je combats depuis toujours, vous le savez, avec beaucoup d'énergie, qui est l'idéologie islamiste. Une présence du Rassemblement national
Il me semble que c'est après.
Mais pour tourner la page du passé, encore faut-il le reconnaître. Visiblement pas évident pour Jordan Bardella, plutôt embarrassé quand on lui rappelle les six condamnations de Jean-Marie Le Pen pour propos antisémite ou négationniste. Jean-Marie Le Pen, pour vous, vous n'êtes pas antisémite ou n'êtes pas antisémite. Non, mais je ne suis pas juge, monsieur Durand. Les juges l'ont parlé puisqu'il a été condamné. Les juges l'ont parlé « Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite. » Quelques jours plus tard, celui censé incarner le renouveau du parti plaidera la maladresse.
Donc, qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie que, bon, effectivement, il y a plutôt des contre l'islamisme avant de revenir à une forme d'antisémitisme qu'on a pu avoir avant. Mais est-ce que cet antisémitisme est toujours présent d'une certaine façon ?
Est-ce qu'il faut aller sur le terrain ? Il existe chez certains... L'antisémitisme a été fondamental pour l'extrême droite pendant des décennies. Donc, évidemment, il y a encore beaucoup de gens qui sont antisémites à l'extrême droite. Ils le cachent peut-être plus. Il y a deux, trois... Il y a quelques groupuscules qui sont ouvertement antisémites. Le GUD, par exemple, le 7 octobre, le GUD communique en disant « Nikipa, Nikipa, » « Bon, ça, c'est antisémite. »
Mais le GUD, ce n'est pas la partie... Mais le GUD, c'est la partie diabolisée.
Voilà, c'est ça. Certains, de temps en temps, au passé un peu radical, peuvent avoir des remontées de sèvres, des choses comme ça. Mais oui, globalement, moi, j'aurais du mal à vous dire que Jordan Mardella est antisémite. Je pense qu'il n'est pas. Je pense que là, ce qu'il fait, ce n'est pas de l'antisémitisme. C'est juste qu'on lui demande de désavouer et de dire que le fondateur de son parti est antisémite. C'est plus un problème diplomatique pour lui qu'idéologique.
On ne peut pas
trop retaper
sur Jean-Marie Le Pen. Il y a toujours ce truc-là ?
C'est un peu compliqué. C'est-à-dire que Jean-Marie Le Pen reste assez apprécié des militants. D'accord. Oui, bien sûr, les gens l'apprécient tout en souvent acteant le fait qu'il faut que... Ça reste le père de Jean-Marie Le Pen. Enfin, si tu ne peux pas...
Effectivement, Hugo, on en a parlé de ton petit scoop sur l'Alliance royale tout à l'heure. Pas assez de femmes sur l'Alliance. D'accord. Les droits, mais pas...
On en revient à notre problème de genre. Effectivement, on voit que... Bonsoir.
Marine Le Pen n'a jamais eu de propos limites concernant l'antisémitisme. Je vous demande H. Lidenbrock.
Non. Pas à ma connaissance. Non. Non, non, pas à ma connaissance.
Et est-ce que le 7 octobre et donc cette attaque terroriste du Hamas, puis les répercussions et les bombardements et les massacres à Gaza ont changé aussi, ont été difficiles à gérer pour ces groupes. Parce que c'est pas forcément... La défense d'Israël n'a pas forcément été justement un truc très puissant il y a... nous, il y a 10 ans.
Il y a des années... Depuis 10 ans, il y a...
Il y a eu un virage
qui a été pris quand même il y a quelques années là-dessus et notamment dans la volonté de se dédiaboliser et de se débarrasser de tout son antisémitisme et qui est tenu très largement et qui a... Et en fait, le 7 octobre, ça a été un des événements qui a permis à Marine Le Pen d'achever un peu la dédiabolisation de ce côté, quoi. Elle a participé à une marche contre l'antisémitisme. Elle a pu y aller, une marche à laquelle les Insoumis n'ont pas pu accéder.
Et est-ce que ça, ça participe justement à... Parce que là, il y avait Marine Le Pen, mais il y avait aussi Jordan Bardella, je ne crois pas qu'elle a... Je ne sais pas si à ce moment-là, on savait qu'il avait des têtes de liste.
Oh, ben... Ça faisait doute pour personne. Il n'était pas officiellement de... Mais ça n'a jamais fait de doute pour personne que Bardella serait tête de liste. Ouais. OK.
Je ne sais plus où est-ce que je voulais en venir.
Non, mais il faut quand même savoir que c'est compliqué la question d'Israël parce qu'on peut très bien être pro-israélien et antisémite. Ça existe, en fait. En 1967, pendant la guerre des Six Jours, Xavier Valla, qui était l'ancien commissaire, le premier commissaire général aux questions juives de Vichy, soutenait... Soutenait... Ben Israël, quoi. Comme pont avancé de l'Occident contre les Arabes, etc. Donc, il y a quand même quelque chose qui est compliqué, quoi. Il y a toujours ce truc de hiérarchie des combats, en fait. Est-ce qu'on est plus islamophobe ou plus antisémite ? Et souvent, c'est l'islamophobe qui...
Et en fait, à l'époque, Israël était vu comme le faire avancer de l'Occident, mais surtout de l'anticommunisme. Face à des... Face à des Nasser, des régimes syriens, etc., qui, eux, étaient dans la zone d'influence du communisme et de l'ère soviétique. Donc, en fait, c'est compliqué, quoi. Je ne dis pas que le revirement de Marine Le Pen est insincère envers les Juifs, etc. Mais disons que je pense que la dénonciation de l'immigration prime sur... On va dire la défense sincère de ses compatrières juifs, quoi.
On va bientôt terminer. Petite question aussi. On va regarder un dernier reportage. Est-ce que... Parce qu'il y a des alliés de cette génération d'extrême droite qui gouverne dans les pays européens, l'Italie, la Hongrie... Alors, il y a des disparités, bien sûr, ils n'ont pas tous la même idéologie, mais ils peuvent compter les uns sur les autres, parfois. Est-ce qu'ils regardent aussi ce qui se fait à l'étranger ? Est-ce qu'ils se disent « Là, il y a des gens un peu comme nous qui réussissent ce laboratoire ou au contraire, ils ne réussissent pas ? » Est-ce que ça les inquiète ?
La nouvelle phrase de Jordan Bardella, c'est de dire « On ne quitte pas la table du... La partie quand on est en train de... On ne quitte pas la table du jeu quand on est en train de gagner la partie. » C'est-à-dire, il y a une grosse montée des parties d'extrême droite autour de nous en Europe et on sera les prochains. Donc, ils regardent ça avec intérêt et ils sont sûrs que ça va finir par arriver en France aussi.
Et ils regardent, par exemple, l'Italie. On sait qu'il y avait des liens particuliers avec Salvini plutôt. Là, c'est Mélanie. Quels sont ces liens entre ces générations-là ? Je crois... Alors, si je ne me trompe pas, je me demande s'il n'y a pas même des liens familiaux entre Marion Maréchal et de la...
Elle est mariée avec un député européen de Fratelli d'Italia, le parti de Giorgia Mélanie.
D'accord.
Mais qui n'est pas non plus... Ce n'est pas un grand cadre du mouvement.
D'accord. OK. Mais est-ce qu'il y a des liens là-dessus, européens, forts, ou pas vraiment, justement ?
entre qui...
Entre les Italiens, notamment, avec Mélanie.
Les Italiens et le...
Et cette génération.
Alors, déjà, le RN, les alliés du RN, ce n'est pas Mélanie, c'est la Lega, c'est Matteo Salvini. D'accord. Donc, il n'y a pas de lien direct entre Mélanie et le RN, d'autant plus que Marine Le Pen ne porte pas tellement Mélanie dans son cœur. Les liens avec Mélanie sont plutôt du côté de reconquête via Marion Maréchal, effectivement, via Nicolas Bay aussi, qui est eurodéputé et qui discute un peu avec eux. Et il y a des convergences idéologiques certaines entre reconquête et Fratelli. Et chez les jeunes... Ouais, en fait, les partis nationalistes étant nationalistes, ils sont quand même assez cloisonnés dans leur coin.
Et en fait, c'est plutôt au niveau des groupuscules que les liens se font. C'est-à-dire que... Alors, prenons-en deux, encore une fois, prenons le GUD. On se rend compte que lors de la manifestation de la semaine dernière, donc le C9M, qui est la manifestation du GUD traditionnel qui dure depuis 30 ans, qui fêtait ses 30 ans, il y avait des représentants espagnols, même américains, italiens, etc. Donc, il y a ces liens-là, quoi. Parce que... Parce que, voilà, c'est comme ça, quoi. Les identitaires, eux, donc génération identitaire, avaient des...
et ont toujours des liens avec des identitaires du Royaume-Uni, mais notamment quelqu'un qui s'appelle Martin Sellner, qui est une figure identitaire autrichienne. Et Martin Sellner, c'est celui qui a donné la conférence secrète à laquelle ont participé plusieurs gens de l'AFD. en... C'était en novembre.
Donc, l'AFD, c'est le parti
d'extrêmement allemand allié du RN. Et en fait, Martin Sellner donnait cette conférence qui était secrète dans laquelle il proposait de déporter, donc lui, il appelle ça remigrer, des... des binationaux, mais aussi des Allemands, des citoyens allemands non-assimilés. Donc, vraiment, une radicalité folle. Et ce type-là, Martin Sellner, c'est un copain des identitaires français, c'est un copain de Damien Rieux qui est un type qui travaille avec Marion Maréchal dans le parti de Zemmour et qui a énormément de followers sur Twitter. C'est quelqu'un qui est très influent là-dessus. Martin Sellner a participé à tous les camps d'été identitaires depuis 10 ans. Donc, il connaît bien ces gens-là.
Donc, il y a des liens avec ça. Il y a des liens... Donc, les liens principaux, c'est ça et beaucoup avec l'Italie. Parce que l'extrême droite italienne fascine l'extrême droite française. Il y a toujours eu des liens, en fait, entre l'extrême droite italienne et comment ? Ils ont conservé le folklore dont tu parlais tout à l'heure. En fait, en fait...
Oui, puis les manifs la nuit.
Ouais, en flambeau, c'est le fascisme, c'est une avant-garde. Voilà, c'est... Eux, ils ont un truc qui s'appelle Casa Pound en Italie. Donc, il y a à la fois un mouvement, à la fois un squat à Rome. C'est un peu
Bastion Sociale. Ouais, voilà. Bastion Sociale
était inspirée de ça. Ça marche mieux en Italie parce que le fascisme est quelque chose de beaucoup plus implanté en Italie qu'en France. Mais vraiment, et puis, il y a des liens qui se font, etc. Et ça marche beaucoup.
Et du coup, question d'Omery, les conflits entre l'ERN et ses alliés comme l'AFD peuvent-ils tous les affaiblir ? Alors, pourquoi ils sont en conflit, déjà, peut-être ? À cause de cette conférence dont on parlait. D'accord. OK.
Parce qu'en fait, plusieurs cadres de l'AFD ont trempé dans cette conférence qui prenait la remigration, y compris des personnes qui avaient la nationalité allemande depuis des années. Et Marine Le Pen a demandé des explications parce qu'elle ne voulait surtout pas être associée à ça, à la chef de file de l'AFD qui s'appelle Alice Weidel qui lui a fourni manifestement des explications pas si convaincantes. Et il y a depuis un conflit entre les deux formations parce que l'une s'estime humiliée et l'autre n'a pas envie d'être associée à ce qu'est sorti de cette réunion. Et ça peut jouer dans les... Ça peut fragiliser leur stratégie parce que c'est leurs alliés au niveau européen.
L'AFD devrait avoir pas mal d'élus le 9 juin et l'un comme l'autre ont besoin de conserver des alliés, de conserver un groupe. Oui, alors, moi, je pense que ça ne peut pas pénaliser l'ERN. D'ailleurs, ça ne le pénalise pas parce que... Ils sont prévues
en droit sanitaire.
Oui, parce qu'ils ont 32% dans les sondages. On ne voit pas de baisse. En revanche, l'AFD baisse dans les sondages. L'AFD baisse dans les sondages. L'AFD était montée autour de 20%. Ils sont à peu près autour de 15% maintenant. Donc, ils baissent. Ils vont sans doute faire moins de 15%. A priori, à la prendre avec des pincettes, etc. Mais suite à la révélation de cette conférence secrète, il y a eu plusieurs millions d'Allemands qui sont descendus dans la rue. Il y a eu un grand traumatisme, etc. en Allemagne, etc. qui a fait reculer l'AFD. À quoi il faut ajouter un certain nombre de... Oui, donc deux fois moins que l'ERN. Oui. Et voilà.
Mais à quoi il faut ajouter qu'il y a des cadres de l'AFD qui subissent des procès, etc. Enfin, les Allemands, on rigole beaucoup moins avec l'extrême droite qu'en France.
Mais aussi, avec des parties comme Mélanie qui arrive au pouvoir, on voit très bien qu'il y a une forme de... Quand on est aux manettes, ça ne se passe pas comme on veut et il y a des réalités qui font que, en fait, on ne peut pas virer tous les étrangers parce que sinon, nos villages, ils se perdent et on n'a pas cette main d'œuvre. Bah, en fait, on se dit qu'on est le candidat ou la candidate des oubliés, des classes populaires mais on supprime les allocations en pauvreté. Est-ce que ça, ça peut être compliqué aussi pour ces mouvements-là d'être confrontés au réel ou en tout cas, est-ce qu'il y a une prudence là-dessus ? Je ne sais pas si vous leur parlez de ça, mais...
Ah oui, oui, beaucoup. Là-dessus, le RN se protège en disant qu'ils n'ont pas à se justifier de la politique italienne, que l'Italie, c'est l'Italie, que la France, c'est la France et surtout, une de leurs parades, c'est de dire que l'Italie dépend d'aide, en fait, de prêts que doivent lui consentir la Commission européenne, la Banque centrale, etc. et que donc, ils sont un peu pieds et poignets, ce qui est une façon de ne pas répondre à la question qui est fondamentalement, c'est que les Italiens ne font plus de gosses et que donc, il faut des travailleurs. Mais c'est pour ça qu'ils ont tous des politiques natalistes. La politique...
Marine Le Pen a un gros volet nataliste dans son programme, Marion Maréchal aussi, Zemmour aussi, parce que l'idée, c'est qu'il faut faire des enfants pour éviter de faire venir des étrangers.
Peut-être dernière question, pour retourner sur le livre et le travail journalistique que vous avez fait. Comment on travaille sur ces mouvements-là quand on est à L'Express ou à Libé, où globalement, les lignes ne sont pas les JDD et Valeurs Actuelles, parce que c'est quand même assez fouillé avec plein de... Est-ce que ça se lit un petit peu comme un roman ? Il n'y a pas forcément de grands entretiens ? Ce sont des moments qui sont racontés, mais avec, j'imagine, beaucoup d'entretiens pour les raconter. comment on lit cette confiance, on noue cette forme de confiance avec ces sources quand, parfois, quand même, on n'est pas la même équipe, entre guillemets ?
Déjà, je pense qu'on leur a annoncé le projet dès le départ et il y avait une honnêteté intellectuelle. Enfin, on sait d'où ils parlent, ils savent d'où on parle et ils savaient quel était le projet et ensuite, c'est des gens qu'on côtoie très souvent, qu'on a appris à connaître et ce qu'on dit dans l'avant-propos, on a le même âge qu'eux. On a le même âge qu'eux et cette proximité d'âge a facilité, en fait, les confidences, les contacts.
C'est courant de s'il y a des gens médias.
On prend contact, Hugo, avec les gens médias. Sur Twitter. Oui, on se parle, Hugo, avec plaisir.
Et alors, c'est courant de faire des enquêtes communes à plusieurs médias comme ça ? Oui, surtout des bouquins, quoi.
Oui, ça se fait pas mal. Oui, en politique, ça se fait pas mal. Peut-être que c'est le dernier, mais...
Est-ce qu'il y a une forme de fascination pour le sujet ou pour les personnes ?
Nicolas, c'est certain. Non, fascination, je pense pas, non. Il y a un intérêt fort, mais il n'y a pas de fascination, je pense. Est-ce qu'il y a des gens qui nous fascinent ? Non, quand même pas. Non, un intérêt, un intérêt très développé et une envie de comprendre et de connaître aussi, mais... Oui.
Non, oui, je sais pas.
Je pense que le mot fascination est un peu... Je pense que dans une fois, il y a des gens comme Jean-Marie Le Pen qui étaient fascinants, quoi, objectivement. Comment il s'appelle le mec qui a fait Adieu Le Pen, le réalisateur, putain. Je sais plus. Attends, merde. Ah, mince.
Je vois l'affiche, mais... Adieu Le Pen,
voilà, j'ai un...
Allez, on va taper sur Google vite fait.
J'ai plus, j'ai plus le nom.
Adieu Le Pen.
Comment il s'appelle ? Moati, Serge Moati. Serge Moati, qui est carrément fasciné par Le Pen, au point d'éprouver une forme de sympathie pour lui, mais en même temps, Le Pen, c'est un personnage qui était à la fois fascinant, grandiose, tu vois, dégoûtant, cultivé, enfin, bref, c'était un ogre, quoi, comme je pense Mélenchon peut être à la fois fascinant et répulsif, quoi, tu vois, en termes de stature. Je veux dire, bon, je ne comprends pas ça pour Marine Le Pen, ni pour Zemmour. Ni pour aucun, il n'y a plus aucun Jean-Marie Le Pen aujourd'hui, quoi. Bah, extrêmement rare, non, en tout cas, non.
Et ça revient, du coup, pour boucler, une dernière, une question qui avait été notée tout au départ, c'était, est-ce qu'ils ont du talent, ces jeunes que, enfin, ces jeunes,
c'est-à-dire qu'ils sont les jeunes, mais... Bah oui, oui. Ah oui, ouais. Bah oui, on peut, on est obligé de reconnaître que Bardella a une forme de talent, ouais, ouais, et Sarah Knafo aussi. Bardella, Knafo, même les gentillets, Yonner, Rigaud, ils sont tous arrivés à un point qui n'était pas atteignable sans un peu de talent, quand même.
Eh bien, merci à vous deux. Voilà. Je rappelle le type de votre livre, hop, et on va le remontrer. Tac, c'est aux éditions de Noël, ça coûte 20 euros.
19.
Oui.
Non, mais c'est un euro, c'est un euro.
Je m'étais dit, je m'étais dit, il faudra que je dise moins de 20 euros. Oui,
ça coûte même pas... Donc voilà, l'extrême droite,
nouvelle génération, enquête au cœur de la génastie densitaire. Ça se lit, j'ai commencé hier, ça se lit très vite, parce que ça, voilà, c'est plein de petites histoires. Il y a plein de choses
qu'on n'a pas racontées encore, en plus.
Il y en a un numéro 2.
Ah non, je disais ça pour acheter le premier. Ah oui, il y a un numéro 2. Très drôle, ta blague du goût.
Je n'ai pas vu la blague du goût.
Édition de Noël.
Oui, aussi, mais même en été, exactement.
Mais oui, pour la plage.
Je crois que votre livre de référence, c'est un livre qui a suivi pendant très longtemps la gauche. Rappelez-moi le titre.
Génération. Génération, de Patrick Trotman et Hervé Hamon, et qui raconte l'émergence de la génération de mai 68, depuis les années 50 où il militait dans le parti communiste, puis comment il s'en détache, comment il se rapproche du baoïsme, du gauchisme, du trotskisme, etc. Mai 68, puis les années 70, comment il crée Libération Actuelle, comment certains plongent dans le grand banditisme, dans le bandit comme Pierre Goldman. Bref, l'idée, c'est un roman polyphonique, enfin un roman, non, tu vois, ça se lit comme un roman, c'est une enquête polyphonique avec plein de gens, plein de personnages différents qui, en fait, en pointillé, dessinent une génération qui est la génération de 68.
Nous, notre génération, elle est moins sympathique, elle est moins nombreuse, quand même, il faut se rassurer, je ne pense pas que ça existe, il ne faut pas minimiser, mais je ne pense pas que la lame de fond réactionnaire, conservatrice identitaire qui traverse cette génération-là soit aussi massive que celle de mai 68, même si elle est quand même importante. On va se submerger, avoir le même impact. Voilà, c'est moins des mouvements de masse, mais en revanche, ces jeunes-là, en fait, sont portés, effectivement, pour le coup, par un vrai mouvement d'extrême-droitisation de la société qui risque de les apporter, de les amener au pouvoir.
Et si l'extrême- droite arrive au pouvoir, c'est ces jeunes-là qui seront dans les cabinets ministérielles, donc c'est pour ça qu'il faut acheter le livre, parce qu'il faut les connaître. Bravo. Très bien, je ne sais pas. Ça sera le mot de la fin. OK.
Merci beaucoup à tous de nous avoir suivis pour cette nouvelle émission de C'est dans l'air sur Twitch. Merci à vous deux. Merci à Hugo pour le raid et à toute ta communauté qui est venue et ceux qui suivent maintenant la chaîne et qui ont rejoint la rédac.
Je peux juste dire un truc sur Hugo ? Ouais, Hugo, je suis d'accord avec toi, mais mai 68 en fait débouche sur mai 80 en fait. Donc en fait, il y a le mouvement d'agitation des jeunes, etc. Et en fait, quand cette génération arrive au pouvoir, c'est en 1980. Donc ça met du temps. Et peut-être que le mai 68 de notre génération, c'était la manie pour tous. C'est là en fait où ils ont découvert qu'ils appartenaient à un même camp. Et voilà, c'est ça. Donc c'est peut-être 2027 ou 2032.
Ça fait un bon terme départ à ta prochaine émission Hugo avec Marie-Lou et Nicolas. Merci à tous. N'hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, à retrouver les replays sur YouTube. Pour tous ceux qui ont regardé l'émission en replay sur YouTube parce que vous êtes de plus en plus nombreux, on bat des records et ça, c'est super cool. N'hésitez pas à aussi venir sur Twitch. On mettra le lien dans la description parce que vous pouvez discuter avec nous, poser vos questions et à nos invités ou à la rédaction. Ça dépend des fois. Mais voilà. Merci à vous. Restez curieux et à une prochaine. Merci. Merci.
Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.