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Discours / meetingLeMediaHuit· 27 mai 2026 8 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & famille

L’INTERVENTION CHOC de Claude Malhuret au Sénat

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Locuteur 1Fait
    « Le seul mot d'immigration, tel le marteau du médecin sur un tendon rotulien déclenche la phrase réflexe. Vous faites le jeu du Front National. »
  • 0:30Locuteur 1Fait
    « 40 ans que l'immigration est l'exemple même de l'impuissance publique. »
  • 3:00Locuteur 1Chiffre
    « Frontex va voir ses effectifs passer de 2000 à 10000 agents. »
  • 3:30Locuteur 1Chiffre
    « 27 % des musulmans pensent que la charia est supérieure aux lois de la République française. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le plus grand défi aujourd'hui n'est-il pas de réussir l'intégration dans un pays qui voit ses valeurs s'estomper comme s'efface peu à peu à la surface de la mer un visage de sable. Fallait-il ouvrir ce débat ? Pour les professionnels de l'indignation ?

C'est non. Le seul mot d'immigration, tel le marteau du médecin sur un tendon rotulien déclenche la phrase réflexe. Vous faites le jeu du Front National.

Les donneurs de leçon qui aiment les mots pompeux. On en a trouvé un qui fait floreste depuis 15 jours. Il paraît qu'Emmanuel Macron triangule.

Il veut lire par là qu'il braconne sur les terres des autres. Je sais pas où est-ce qu'il y a un triangle mais passons. Quand est-ce que les détenteurs du monopole du cœur comprendront ce qui les a entraîné en salle de réanimation idéologique ? l'angélisme et le victimisme qui mettent les faits en fuite et qui ont conduit en déclarant tabou l'immigration et d'autres sujet à ce que les classes populaires leur tournent les talons comme on abandonne un matelas usé devant sa porte.

Le réel ne cessant pas d'exister parce qu'on l'ignore. On laisse à l'extrême droite le champ libre pour propager avec une fixité de poteau indicateur ses absurdités montées sur des échasses et ses pulsions xénophobes. Nous venons d'en avoir un exemple tout à l'heure.

C'est ainsi que les populistes sont aujourd'hui aux portes du pouvoir. Je ne vois donc pas de raison de me mêler au cœur des pleureuses et je vais parler de la politique migratoire et de l'intégration. Bien sûr, ce débat n'est pas sans risque.

Premier danger, les deux bouts de l'omelette, comme disait Alain Jupé, sont en embuscade. Ouvrez les frontières contre immigration zéro, les fonds de commerce du gauchisme irresponsable et de l'extrême droite intolérante, deux rhinocéros au cuir épais à la vue basse et toujours près à charger vont ressurgir. Et l'opposition républicaine, à gauche comme à droite sera tenté de pimenter ces discours d'un peu de cette radicalité.

Je voudrais inviter à y renoncer. Voici 40 ans que l'immigration est l'exemple même de l'impuissance publique. 40 ans que nous faisons ce que dénonçait Richelieu qui disait "Faire des lois et ne pas les exécuter, c'est autoriser ce que l'on veut interdire.

Ceci doit nous inciter à l'humilité." Le deuxième danger, c'est le risque d'alida. Parole parole.

Les Français veulent des actes. Il y a d'abord ce dont ils ne veulent plus. Ils ne veulent plus voir à la télévision des réfugiés noyés et échoués sur les plages après avoir été abandonnés par les passeurs.

Ils ne veulent plus voir les pays européens se livrer à des querelles de cours d'école chaque fois qu'arrive un bateau de migrants. Il ne veut plus voir Calé et Vintimi. Il ne veut plus voir les centaines de tentes alignées le long des boulevards et des quai.

Ils ne veulent plus voir les prostituées albanaises ou africaines esclaves tragiques de mafia dont on avait cru notre pays débarrasser à jamais. Ce que veulent les Français, c'est d'abord comprendre. Il voit bien que le maintien des illégaux sur notre territoire est un fléo pour les sans papiers eux-mêmes, forcé à la précarité et à la clandestinité et une épreuve pour la population contrainte de voisiner avec les squat ou les ghetau.

Il souhaite donc que les reconduites à la frontière soient effectives. Les Français ont compris que le sujet n'est pas seulement national mais européen, mais ils ne comprennent pas que l'Europe n'est ni le mandat ni les moyens de le traiter. Frontex va voir ses effectifs passer de 2000 à 10000 agents. très bonne nouvelle, moins bonne quand on apprend que le chiffre de 10000 sera atteint en 2027.

Les Français veulent qu'on trouve des solutions pour faire cesser le détournement des procédures d'asile. Quand les deuxè et troisème nationalités par le nombre sont les Albanais et les Géorgiens, pays considérés comme sûr entre guillemets, c'est le signe que là aussi les mafias et les passeurs ont mis la main sur le système. Mais l'essentiel est ailleurs.

Le président de la République l'a parfaitement compris, mais le sujet est tellement inflammable qu'il a dû l'aborder, comme disait Nietzsche, avec des pattes de colombe. Il l'appelle l'insécurité culturelle. En langage direct, ça veut dire la crise de l'intégration.

Au début des années 80 sont apparus deux mouvements de jeunes antiracistes. Leurs buts étaient les mêmes, mais les méthodes les opposaient. La première France Plus d'Areski d'Amani avait pour mot d'ordre l'intégration républicaine.

Son slogan nous voulons le droit à la ressemblance. À la ressemblance. La seconde SOS racisme est proposé le multiculturalisme.

A breuvé de subvention surmédiatisé par tous les relais du jacklanguisme triomphant, elle fit une entrée fracassante dans le paysage politico-intellectuel. France plus privé de tout moyen disparu. Au début des années 2000, un nouveau président des SOS racisme, Malek Bouti, homme de gauche responsable, propose un virage à 180°, s'oppose radicalement à ce qui était devenu le politiquement correct, multiculturel, condamne le différentialisme et fait les loges de l'intégration républicaine.

Mais le mal était fait et Malek Bouti sera rapidement congédié. Le victimisme et le dolorisme sont devenus l'alpha et l'oméga du discours d'une certaine intelligence sur l'immigration. Un discours qui aboutit au prétexte d'atténuer le déracinement des immigrés à les laisser à la discrétion de leur communauté.

Un discours qui au nom de la tolérance renonce à les protéger contre les abus de la tradition dont ils relèvent. C'est ainsi que la France est devenue un pays où monte chaque jour un peu plus le communautarisme et les discours anachroniques de l'indigénisme, de la racisation ou de l'islam gauchisme. Le défi de l'intégration est immense comme l'indiquent les sondages récents selon lesquels 27 % des musulmans pensent que la charia est supérieure aux lois de la République française.

Mais ce chiffre montre aussi que la grande majorité d'entre eux pense le contraire et les nombreux exemples chez les enfants et les petits-enfants d'immigrés, de parcours scolaire et professionnel réussi, chacun d'entre nous en connaît autour de lui, apporte un démenti au victimo qui explique l'échec de l'intégration par les obstacles rencontrés. Desmentis encore plus éclatant, celui des centaines de milliers de botipol asiatiques arrivaient eux aussi dans les années 80 sans connaître un mot de notre langue. Dès la deuxème génération, ils ont atteint le niveau d'étude et de revenus des Français.

Leur chance, si l'on peut dire, c'est que notre modèle, ils en avaient rêvé des années contre la tyrannie qu'il fuyaent par tous les moyens. Comme il me le disait lorsque président de médecin sans frontière, je travaillais dans les camps de réfugiés du Vietnam, du Cambodge et du Laos. Ils ne sont pas prêts à gober le discours d'oloris qui coupe les ailes en justifiant tous les échecs par l'excuse de la condition sociale.

Voilà les défis qui vous attendent, monsieur le premier ministre, et l'on ne peut que vous souhaiter de les relever parce que si au bout de 40 ans vous échouillez à votre tour, alors demain ce pourrait bien être au rhinocéros à la vue basse que les Français s'en remettent pour les régler. Une dernière question enfin les vagues précédentes d'immigration du début du 20e siècle concerné des arrivants aux cultures proche des nôtres. Mais s'ils ont été à l'époque assimilés rapidement, c'est aussi parce que la France était sûre de son modèle républicain, de sa conception de la laïcité, de sa façon de vivre ensemble et de sa place dans le monde.

Le plus grand défi aujourd'hui n'est-il pas de réussir l'intégration dans un pays qui voit ses valeurs s'estomper comme s'efface peu à peu à la surface de la mer un visage de sable. Le plus grand défi n'est-il pas celui de convaincre français et comme immigré que ces valeurs ne sont pas seulement celles du passé mais aussi celle de l'avenir ? Cette question n'est pas posée qu'à vous monsieur le Premier ministre.

Elle est posée à chacun d'entre nous. Elle est posée à notre démocratie. M.

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