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interviewC à vous (sur YouTube)· 17 avril 2026 14 min

Rencontre avec le Medef : le RN drague les patrons ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il y avait un édito intéressant...

Mussolini, Hitler, stop...

F.Mitterrand, c'était Mussolini ou Hitler? Je ne comprends pas pourquoi on fait ce genre de comparaison.

Pour revenir à votre question, on a toujours été en dialogue avec le milieu patronal. Ca a été dit par Y.Goosz, il n'y a pas un bloc.

On a le soutien des agriculteurs, des artisans, des marins-pêcheurs, des autoentrepreneurs, qui sont des patrons...

C'est vrai qu'il y a un dégel des relations avec un certain nombre de grandes entreprises qui acceptent de dialoguer avec nous. On a gagné ce dialogue grâce à nos députés, à la représentation que nous ont donnée les Françaises et les Français. Il y a des échanges à faire.

S'il y a de bonnes propositions, on peut les prendre. C'est juste un dialogue. C'est tout à fait normal.

On est très ouverts à dialoguer avec les centrales syndicales de salariés. C'est un peu le même cheminement. On a de très bonnes relations avec les syndicalistes sur le terrain.

Dans la Somme, mon suppléant a dirigé un syndicat de salariés pendant 30 ans. On n'arrive pas à avoir madame Binet ou d'autres. J'espère que ce sera pareil pour les syndicats de salariés. - Y.Goosz: Vous lancez une invitation à S.Binet? - J.-P.Tanguy: C'est elle qui ne veut pas... - M.Bouhafsi: En multipliant ces rencontres, ce ne sont pas eux qui essaient de vous faire évoluer sur la question des impôts ou des retraites? - J.-P.Tanguy: Non.

M.Le Pen est engagée en politique depuis très longtemps. Prenez le thème de l'industrialisation.

M.Le Pen a toujours défendu une politique de production en France, de patriotisme économique, de relance productive, de la formation professionnelle...

Elle dit souvent que son propre fils a fait une formation d'apprenti chaudronnier. Elle a toujours été sensibilisée à ce sujet. C'est un peu le milieu économique qui a changé.

La doctrine de l'économie sans usine était la grande doctrine d'entreprises du CAC 40 au début des années 90. C'est eux qui ont changé, pas nous. - M.Bouhafsi: Les échanges ont ainsi été résumés dans "La Croix".

Un autre quotidien, "L'Opinion", a dit que les patrons avaient été consternés. M.Le Pen a ressenti cette consternation des patrons? - J.-P.Tanguy: Pas du tout.

Je viens aussi du monde de l'entreprise. Ce n'est pas les ressentis que j'ai eus. C'est des off.

Ce n'est pas signé. Il y en a peut-être qui n'ont pas été satisfaits. D'autres ont été satisfaits.

Il y a des patrons que J.Bardella, M.Le Pen ou moi-même ont pu voir avant.

Ca me paraît bizarre, comme retour. Ca ne correspond pas à ce qui s'est passé. Il y a peut-être des gens qui ont été déçus, mais c'est leur liberté.

Une force de M.Le Pen, c'est qu'elle vient, elle échange, elle n'adapte pas son programme à la tête du client. On est peut-être pas habitué,s dans le monde de l'entreprise avec les politiques, ils viennent... - Y.Goosz: Ce ne sera peut-être pas son programme. - J.-P.Tanguy: Si elle ne peut pas être notre candidate, parce que c'est le sens de votre question, c'est quand même une force politique qu'elle a construite, une fois de plus, sur les grands enjeux économiques. - Y.Goosz: Qui est le patron du parti? - J.-P.Tanguy: J.Bardella.

Celle pressentie pour être candidate à la présidentielle, c'est M.Le Pen. J.Bardella a fait sa carrière au RN parce qu'il croyait dans les analyses, notamment politiques, de M.Le Pen sur la mondialisation, le rôle de l'industrie, l'énergie, la souveraineté de manière générale.

Le monde d'après-covid était le monde de M.Le Pen. Redevenir souverains sur les équipements de santé, sur la production industrielle... - M.Bouhafsi: On va revenir sur ce parti à 2 chefs dans quelques secondes.

Avant, le plus gros point de tension lors de ce déjeuner, c'était les retraites. M.Le Pen a maintenu sa volonté d'abroger la réforme et de revenir à un âge légal de 62 ans.

Avec vous à l'Elysée, la retraite, ce serait alors à 62 ans, alors que tous nos voisins européens frontaliers sont déjà à 65 ans? - J.-P.Tanguy: Ce sont des systèmes très différents.

Les Français, même si l'âge légal était à 62 ans, partaient plus tard. Les Italiens et les Allemands partent aussi moins tard que ce qu'ils promettent. C'est difficile de comparer.

Nous ne changerons pas notre réforme des retraites parce que vous avez des grands patrons qui le demandent. On n'est pas là pour répondre... - M.Bouhafsi: Ce sera 62 ans? - J.-P.Tanguy: Oui.

Je trouve ça intéressant... - Y.Goosz: Combien d'annuités? - J.-P.Tanguy: 42 ans. - Y.Goosz: La réforme Macron resterait abrogée? - J.-P.Tanguy: Tout à fait.

Ca n'a pas changé. J'ai vu dans un certain nombre de journaux que le monde patronal voulait peser sur les débats. Pourquoi ne pèserait-il pas sur les débats qui le concerne?

Le prix de l'énergie, la baisse des impôts de production...

Ca concerne le patronat. La réforme des retraites ne les concerne pas, sauf pour faire rentrer les jeunes sur le marché du travail plus tôt et pour garder les seniors. Je ne comprends pas pourquoi le monde patronal demande l'allongement de la durée des retraites alors qu'ils considèrent les salariés de plus de 50 ans déjà seniors.

C'est pas très rationnel. On a des propositions pour maintenir les "seniors" en emploi. C'est plus intéressant que de vouloir faire travailler plus tard des gens au chômage. - S.Lecornu: On a mis de la clarté, de la méthode, du dialogue social tout au long de cette semaine pour permettre d'arriver à une solution.

Un projet de loi d'origine gouvernementale va être présenté avant ce 1er mai pour cadrer et renvoyer aux discussions sociales par branche. Ca va nous permettre d'avancer sur cette demande ancienne. Ca fait de nombreuses années qu'il y a une insécurité juridique sur l'ouverture et la capacité de demander à ses salariés de travailler... - M.Bouhafsi: Les artisans boulangers et les fleuristes pourront travailler le 1er-Mai.

Ils seront payés double. - J.-P.Tanguy: C'est très bien, le volontariat...

Beaucoup de syndicats de salariés s'y opposaient. Je trouve ça dommage. La vraie question qui devrait se poser, c'est de pouvoir exercer et d'avoir accès aux droits syndicaux quand on est dans des petites structures.

Les syndicats sont absents de ce monde des petits commerçants, des employés...

En dehors des très grandes usines et des grands groupes, il n'y a presque pas de syndicalisme en France. Je le vois dans la Somme, où il y a beaucoup de TPE-PME. Plutôt que de râler, on devrait s'intéresser à comment, quand vous êtes un employé unique, vous pouvez exercer vos droits salariaux.

Comment vous faites si vous n'êtes pas d'accord et si vous êtes d'accord? Le monde des TPE-PME, des commerçants et artisans qui ont des employés, il n'y a pas d'exercice de défense des droits des salariés. Un certain nombre de petits patrons voudraient aussi avoir une clarté dans le droit syndical et le droit des salariés.

C'est tellement compliqué en France que les syndicats pourraient être une force d'appui, d'accompagnement, plutôt que de râler...

Ce n'est pas très intéressant. J'ai été serveur 5 ans. On se battait tous pour travailler le 1er-Mai parce que c'était payé double. - A.Bégot: L'Iran a annoncé cet après-midi la réouverture du détroit d'Ormuz.

Ca a provoqué la réaction des marchés. Moins 10 % pour le baril de Brent, passé sous les 90 dollars ce soir. Pour l'instant, on ne le voit pas à la pompe.

Le gouvernement a pour projet d'encadrer les marges des distributeurs de carburant. Vous y êtes toujours formellement opposé? Ca ne sert à rien? - J.-P.Tanguy: C'est un mensonge.

Les marges des distributeurs sont très faibles. C'est un produit d'appel qu'ils vendent à perte. On était pour l'encadrement des marges sur la chaîne, comme au moment de la première guerre du Golfe sous Rocard.

Même quand le baril continuait à augmenter...

Les prix augmentaient. Ca permettait de vérifier s'il n'y avait pas de profiteurs de guerre. Si vous baissez la TVA et s'il n'y a pas de contrôle des marges, vous n'allez pas voir la baisse de la TVA.

Ils vont profiter de l'emballement...

La baisse de la TVA, c'est 25 centimes de baisse...

Il n'y a pas de contrôle des marges en période d'hystérie collective, il faut un contrôle des marges. M.Le Pen l'a toujours dit et J.Bardella aussi. - E.Eméyé: L'Espagne a ouvert cette semaine une procédure pour régulariser un demi-million d'immigrés sans papiers.

Le Premier ministre espagnol a évoqué une nécessité face au vieillissement de la population et à l'affaiblissement de la démographie. Il faut soutenir l'économie nationale. La droite et l'extrême droite dénoncent le risque d'un appel d'air.

C'est un risque pour l'UE? - J.-P.Tanguy: Oui.

En Espagne, vous avez un chômage des jeunes très fort, des difficultés pour les jeunes Espagnols à pouvoir quitter leur famille, tellement les loyers sont élevés...

Ils ne font pas de famille et le taux de natalité en Espagne est catastrophique. Je ne comprends pas cette mesure. L'Espagne est souveraine.

P.Sanchez est souverain. Evidemment, on est contre cette mesure.

En plus, c'est discriminant pour les étrangers en situation régulière. Si vous faites l'effort de respecter la loi du pays qui vous accueille, vous entrez légalement, vous travaillez légalement, ce qui demande un certain coût...

Ce n'est pas facile d'avoir un titre de séjour. Quelqu'un qui n'a pas respecté la loi, qui a travaillé au noir, illégalement, volontairement ou involontairement...

Il y a des gens qui abusent et aussi des victimes. Vous êtes récompensés... - M.Bouhafsi: Votre modèle en Europe, votre inspiration, c'est G.Meloni, au pouvoir depuis 2022. - J.-P.Tanguy: Non... - M.Bouhafsi: M.Le Pen et votre parti avaient qualifié la politique de G.Meloni d'inspiration.

Elle a accordé 400 000 visas de travail...

C'est un risque de la part de G.Meloni? - J.-P.Tanguy: Nous ne sommes pas d'accord avec cette politique de G.Meloni.

On trouvait bien qu'il y ait une force politique patriote, qui mette en tension la Commission européenne, mais ce n'est pas un modèle. - Y.Goosz: V.Orban, votre allié européen, avait ouvert les vannes... - J.-P.Tanguy: Maintenant, on va dire qu'il régularisait les clandestins alors qu'on le qualifiait de fasciste.

Nous, on considère aujourd'hui qu'il ne faut pas, qu'il n'y a pas besoin, en dehors de quelques secteurs en tension comme les soignants et les médecins, d'immigration... - Y.Goosz: Dans le programme 2027, vous offrez à certaines catégories professionnelles... - J.-P.Tanguy: Le solde était négatif.

On voulait que l'immigration dans notre pays diminue. Il y avait des professions qui pouvaient rester comme les médecins, et des personnes qui devaient partir. La caricature qui a été faite de notre programme, qu'on allait renvoyer les médecins étrangers qui travaillent dans les hôpitaux français, ça n'avait pas de sens. - M.Bouhafsi: On voit que J.Bardella essaie de présidentialiser son image.

Mercredi, il a confirmé avoir voulu rendre publique sa relation en se laissant photographier par "Paris Match". Sur franceinfo, hier soir, S.Chenu a dit ceci. - S.Chenu: Je suis ravi que son amoureuse, qui pourrait devenir première dame parle 6 langues... - N.Saint-Cricq: Elle est influenceuse dans le luxe. - S.Chenu: On ne peut pas être moche, mal coiffée, aigrie et LFIste... - M.Bouhafsi: Moche, mal coiffée, aigrie...

Ces propos ont choqué. Vous auriez tenu ces propos et cette comparaison? - J.-P.Tanguy: J'ai l'impression qu'il y a un montage. - M.Bouhafsi: C'est les propos prononcés quasiment exactement. "Moche, mal coiffée..." - J.-P.Tanguy: Le matin même, quand je suis venu ici, j'avais dit des choses épouvantables...

J'avais dit quelque chose sur M.Barnier et je m'étais excusé. Ca arrive de dire des choses qu'on regrette. - M.Bouhafsi: Vous auriez tenu ces propos? - J.-P.Tanguy: Non.

Je viens de vous dire que je regrettais. Ca m'est arrivé, donc... - M.Bouhafsi: Vous comprenez le mépris ressenti par les professeurs? - J.-P.Tanguy: On peut se tromper, dire des bêtises. - Y.Goosz: Ca insulte les femmes, en plus. - J.-P.Tanguy: Je n'arrive pas à savoir si la 2e partie