"Il n'y a pas de conservateurs dans nos conserves", martèle le directeur général de Bonduelle
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- 1:21PrésentateurPromesse
« C'est notre souhait de promouvoir nos marques, de promouvoir nos produits et de faire en sorte que les gens se régalent et retrouvent le végétal comme un aliment qui est bon, qui est un aliment plaisir, qui est un aliment de partage. »
- 2:50InvitéFait
« Ah, mais c'est le vôtre aussi, puisque vous les produisez ? »
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France Info
Bonsoir à toutes et à tous, quand c'est bon c'est, je vous laisse compléter cette publicité qui trotte dans nos têtes et cette marque qui fait peut-être partie de votre quotidien et de vos assiettes. Bonsoir Xavier Ankovic.
Bonsoir Isabelle.
Vous êtes le directeur général de Bonduelle, 42 sites de production dans le monde dont la moitié en France. Quatre marques dont les plus connues ici sont Bonduelle et Casse-Grain. Bonduelle c'est une entreprise familiale qui a été fondée à Villeneuve d'Ascq à la fin du 19ème siècle. introduite en bourse en 98 qui a connu pas mal de difficultés. Mais récemment vous avez enfin amélioré la rentabilité du groupe avec une hausse du résultat opérationnel de près de 18%, hausse de la marge aussi. Est-ce que ça signifie pour autant que les gens consomment davantage de légumes qu'avant ?
C'est notre souhait, oui bien sûr, c'est notre objectif, c'est notre mission d'inspirer la transition alimentaire vers une alimentation plus végétale bonne pour la santé des gens mais aussi pour la planète. Donc oui, c'est notre souhait de promouvoir nos marques, de promouvoir nos produits et de faire en sorte que les gens se régalent et retrouvent le végétal comme un aliment qui est bon, qui est un aliment plaisir, qui est un aliment de partage. Donc oui, on est à fond sur l'augmentation de la consommation.
Vous l'avez dit, effectivement, plus de verres, plus de légumes, plus des légumineuses, vous dites que c'est votre souhait. Quand dans le même temps, en France, les ventes de légumes en conserve accusent une diminution de plus de 2,5% en un an, concurrencée largement par les surgelés, comment est-ce que vous expliquez cela ?
C'est ça, parce qu'on ne fait pas toujours un super job et c'est bien pour ça qu'on communique aujourd'hui, c'est pour ça qu'on veut faire tomber des idées qui sont préconçues, on veut faire tomber des tabous, comme il n'y a pas de conservateur dans les conserves.
Ce n'est pas transformé.
Ce n'est pas transformé, vous pouvez trouver des superbes haricots, verts ou petits pois cuits à la vapeur, comme votre grand-mère le faisait dans sa cocotte minute. Nous, on a des grosses cocottes minutes dans nos ateliers de fabrication, donc on veut redonner ces lettres de noblesse à cette conserve, en fait, qui n'est pas une conserve, c'est un packaging, un emballage qui préserve tous les éléments nutritionnels, les vitamines, les minéraux de ces végétaux qui sont pleins de bienfaits pour les personnes.
Pas de conserves, mais pas de conservateurs, pas d'additifs, et pas de produits transformés. On voit dans le même temps que les produits, les LDD comme on dit, les produits de distributeurs que vous produisez aussi pour les distributeurs, puisque vous produisez sous vos marques et pour les distributeurs, c'est en chute libre, côté distributeurs. Comment est-ce que... ?
Alors là, c'est leur problème.
Ah, mais c'est le vôtre aussi, puisque vous les produisez ?
Tout à fait. Nous, on leur rend ce service de produire pour eux, de leur amener des produits. Nous, notre problème, c'est vraiment... Ceux qui les vendent mal. Je ne veux pas dire ça, je veux simplement dire que s'ils sont en baisse, nous, on a envie que nos marques progressent, de laisser les conservateurs au musée, en tout cas, c'est là où ils sont les meilleurs, de faire en sorte que, quelque part, les légumes et les légumineuses reprennent de la dynamique dans le marché français. Moi, je suis certain, si on parle de la catégorie, et c'est notre objectif, je suis certain que les marques distributeurs en bénéficieront. Donc, on va les aider aussi un petit peu ?
Sauf que les marques distributeurs, dites-moi si je me trompe, j'ai lu, quelque part, que vous faisiez face à une nouvelle concurrence, notamment concernant le maïs, avec du maïs en provenance de Chine.
Tout à fait.
Et ça, c'est quoi ? C'est terrible en termes d'images ?
Alors, ce n'est pas terrible en termes d'images, c'est peut-être terrible en termes de produits. Nous, on a nos produits qui sont fabriqués en France, qui sont notamment en termes de maïs.
Oui, mais comment est-ce qu'on sait ? Moi, je suis dans un rayon. Comment est-ce que je sais pour les marques distributeurs ?
C'est ça, Isabelle. C'est quand même compliqué. C'est la super question. C'est une super question. Vous avez tout à fait récent. On ne sait pas. Et c'est pour ça que Monduel s'engage et s'est engagé derrière Origine Info, qui a été soutenu énormément par le gouvernement.
Alors, de quoi ? C'est un QR code, c'est ça ? C'est un QR code. Et ça, c'est pour vos marques. Ce n'est pas pour les marques distributeurs que vous produisez.
Alors, après, le consommateur fera son choix. Quand il ne trouvera pas de QR code et quand le distributeur ne communiquera pas sur l'origine de ses produits, il essaiera d'aller rechercher un tout petit peu. En tout cas, il aura raison de se poser plein de questions.
Alors, que tout le monde comprenne bien de quoi on parle, aujourd'hui, il y a un QR code sur les produits Bonduel, sous vos marques, Bonduel Casse-Grain, qui permet aux consommateurs de connaître l'origine précise du produit, c'est ça ?
Exactement. L'origine du produit. Nous, on veut agir en toute transparence, l'origine de produits, la capacité à communiquer sur nos agriculteurs, avec qui on est partenaire, dans le nord de la France pour les légumes verts, dans le sud de la France et notamment dans le sud-ouest pour les maïs, parce que c'est là où on cultive le maïs en France. Donc, oui, oui, nous, on est complètement prêts à partir dans une transparence exemplaire, parce que, quelque part, on n'a rien à cacher, tout simplement.
Et si je comprends bien, Xavier Kovic, ce que vous préconisez, ce que vous voulez en Europe notamment, c'est d'augmenter les ventes sous vos marques propres et de diminuer côté marque distributeur.
À nous, on a une qualité différente avec nos marques. On a un soin à apporter qui est différent de celui de la marque distributeur, puisque le prix est différent, donc ça se le justifie. Donc, on veut apporter de la qualité, de la santé, du plaisir, du goût au consommateur, qui est bien plus prononcé et meilleur avec nos marques qu'avec les maïs chinois.
Alors, vous avez plus de 10 000 collaborateurs, dont quasiment la moitié en France. La dernière fois que je vous ai reçu ici sur France Info, vous étiez en train de fermer un site, l'activité salade en sachet dans la Meuse. Est-ce que c'est fini ? Plus de sites fermés en France, en Europe ? Ou est-ce que ça va continuer ?
Ce n'est pas du tout l'objectif. Alors, comme vous le savez, mon objectif numéro un... Non, non, dans ma carrière, je n'avais jamais fermé de site avant Bonduelle. Donc, dans ma carrière, mon objectif, venir chez Bonduelle, c'était de faire du développement. Il s'est avéré que sur la salade, on a eu une histoire qui est différente. Aujourd'hui, l'activation de nos marques est basse en plein. Quand c'est bon, c'est Bonduelle, on a réanimé cette dynamique de l'héritage de la marque, parce que c'est important de travailler sur l'héritage de la marque et de l'amplifier, de le moderniser. On veut moderniser la marque.
On va faire en sorte, en fait, que nos ventes augmentent et que nos usines et nos ateliers de fabrication tournent au mieux.
Alors, un dernier mot concernant les États-Unis, puisque l'Europe, c'est votre premier marché avec 60% des débouchés. Mais vous avez dit que les US, ça allait devenir un très gros marché pour vous, le plus rentable. Est-ce que vous êtes toujours convaincu de cela ?
Moi, je suis convaincu que ce sera le plus gros, tout à fait. Aujourd'hui, la marque Bonduelle est partout lancée aux États-Unis. Bonduelle, sous cette marque ? Tout à fait. Et on en est ravis. On a introduit des nouveaux produits et de l'innovation aux États-Unis qui n'existaient pas chez les détaillants et chez les distributeurs américains. On a été élus produits qu'ils appellent de long life de l'année. Donc, écoutez, moi, je suis ravi, les choses évoluent, les résultats s'améliorent significativement. Comme toute transformation, ça prend son temps. Il faut apprendre à être un peu patient.
Ce n'est pas demain que tous les Américains vont tous manger 5 fruits et légumes par jour.
Ça va aller vite, j'en suis convaincu. Moi, j'ai peu de patience personnellement, mais je comprends qu'il faut un certain nombre de temps, d'années. Donc, on s'est fixé trois ans pour faire en sorte que Bonduelle se transforme, Bonduelle se développe et faire en sorte que quand ça soit bon, ça soit Bonduelle tout le temps.
Merci beaucoup, Xavier Viancovic, directeur général de Bonduelle.
Merci, Isabelle.
Invité éco de France Info ce soir. Sous-titrage Société Radio-Canada