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InterviewRMC (sur Podcast)· 12 décembre 2023 17 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploi

Sophie Sidos-Vicat, vice-présidente de la holding Groupe Vicat – 12/12

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Vous avez plein de fonctions. Vous êtes président des conseillers du commerce extérieur.

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Vous nous direz un peu comment vous l'avez senti après cette espèce de feu d'artifice politique qu'il a connu hier.

  • 0:50FerméeRéponse directe

    Entreprise, vous êtes une des plus grosses ETI françaises. Vous faites à peu près 4 milliards de chiffre d'affaires. Vous avez combien ? 9 900 collaborateurs ?

  • 1:16OuverteRéponse directe

    Mais tout de suite, pourquoi est-ce que vous étiez à l'Élysée pour voir Emmanuel Macron ? Qu'est-ce qu'il vous a dit ? C'était quoi le message ?

  • 3:12RelanceRéponse partielle

    Mais cela dit, les chiffres sont toujours aussi mauvais. Qu'est-ce qu'il manque ? Qu'est-ce qu'il faut ?

  • 3:24OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous, vous réussissez, vous et votre famille, et là où d'autres échouent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:35InvitéChiffre
    « En 2017, on avait 125 000 ETI. Aujourd'hui, on en a 150 000. On vise demain d'en avoir 150 000. »
  • 4:11InvitéChiffre
    « Les services sont bénéficiaires de 50 milliards. »
  • 5:05InvitéFait
    « On peut décarboner à 100%. »
  • 5:25InvitéChiffre
    « C'est le même prix qu'une cimenterie. En gros, 800 millions d'euros. »
  • 10:40InvitéChiffre
    « On a 48% de logements neufs en moins. »
  • 11:00InvitéChiffre
    « L'année dernière, on était 50 000 à la COP. La première COP, on était 3 000. Cette année, on était 100 000. »
  • 12:01InvitéFait
    « Chez Vika, on est en avance. On a sorti un CARA, un ciment carbone négatif. »
  • 13:41InvitéFait
    « La RE-2020, c'est catastrophique. »
  • 15:03InvitéFait
    « Les lois européennes, c'est jusqu'à 2041. »

Temps de parole

  • Invité69 %
  • Présentateur31 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans cette grande interview. Mon invité ce soir est quelqu'un qui sort tout juste de l'Elysée. Elle était avec Emmanuel Macron, c'est Sophie Sidosvika. Bonsoir Sophie Sidosvika. Bonsoir Edwige. Merci d'être avec nous. Vous avez plein de fonctions. Vous êtes président des conseillers du commerce extérieur. C'est pour ça que vous étiez reçu par Emmanuel Macron tout à l'heure. Vous nous direz un peu comment vous l'avez senti après cette espèce de feu d'artifice politique qu'il a connu hier. Évidemment, vous êtes présidente de la holding familiale de Vika, groupe familial, depuis 1817, je crois. Votre aïeule Louis Vika avait inventé, je crois, le ciment artificiel.

Voilà, c'est ça. Entreprise, vous êtes une des plus grosses ETI françaises. Vous faites à peu près 4 milliards de chiffre d'affaires. Vous avez combien ? 9 900 collaborateurs ? Tout à fait. Vice-président aussi du commerce du Medef international. Bref, vous avez beaucoup de casquettes. On parlera aussi de la COP28 parce que vous venez de passer 8 jours à la COP28. C'est assez rare. Donc, c'est intéressant de voir, surtout quand on fait du béton, des granulés, du ciment, comment on est reçu là-bas. Et qu'est-ce que ça va changer pour vous ? Mais tout de suite, pourquoi est-ce que vous étiez à l'Élysée pour voir Emmanuel Macron ? Qu'est-ce qu'il vous a dit ? C'était quoi le message ?

1:23
Invité

Alors, c'était vraiment un moment exceptionnel. Il a reçu mes 150 présidents de mes comités à travers le monde. Les conseillers du commerce extérieur, c'est une grande famille. C'est quoi en fait ? Ça sert à quoi ? Ça représente des chefs d'entreprise ou des responsables de l'export qui sont basés partout dans le monde. Donc, dans 150 pays. Et il nous avait promis qu'il nous recevait et il l'a fait. Donc, ils sont venus un peu de partout du monde, de Tahiti, d'Australie, de Chine, d'Afrique. Et donc, ils sont tous venus pour ce rendez-vous exceptionnel pour parler avec le président, pour partager. On a eu quand même un très long temps de partage.

D'abord, avec Roland Lescure, notre ministre de l'Industrie. Puis, avec la marque France. Alors, qu'est-ce qu'on s'est dit ? Qu'est-ce qu'on a fait ? Oui, ça servait à quoi ? À part se dire bonjour et manger des petits fours.

2:08
Présentateur

Vous me direz, c'est important.

2:09
Invité

La symbolique, elle est forte quand même. La symbolique, elle est forte. Quand on vient d'aussi loin, c'est qu'on attend vraiment quelque chose. Et il y avait un message qui était très fort, celui qu'on allait gagner tous ensemble. On a besoin, avec le plan France 2030, on se réindustrialise. On va pouvoir exporter des produits décarbonés à forte valeur ajoutée. Ça, on en a besoin d'avoir ces produits-là. On a besoin que nos chefs d'entreprise dans le monde puissent les valoriser, ces produits-là. On a besoin d'avoir plus d'ETI pour exporter. En 2017, on avait 125 000 ETI. Aujourd'hui, on en a 150 000. On vise demain d'en avoir 150 000. Il faut aller vite.

Il faut aller vite parce qu'on se rend compte que dans le monde, on a un monde qui est quand même en plein changement. Ce qui n'est pas évident. Donc, on avait besoin d'être rassurés. Nos présidents, nos patrons qui sont en Afrique aujourd'hui sont un peu inquiets. Ceux qui sont en Chine se demandent à quelle sauce ils vont être mangés. Et on avait besoin que le président nous dise « Non, j'ai besoin de vous. J'ai besoin des entreprises. L'État a fait son job. Mais on a besoin de vous pour booster ce qu'on développe en France. »

3:07
Présentateur

Oui, puis j'avais reçu Olivier Betch, qui est le ministre du Commerce extérieur, justement pour son plan « Oser l'export ». Mais cela dit, les chiffres sont toujours aussi mauvais. Alors, les chiffres sont… Qu'est-ce qu'il manque ? Qu'est-ce qu'il faut ? Parce que vous, vous avez une entreprise, je disais, qui est familiale. Vous êtes l'ETI parfaite en France, si j'ose dire. Vous êtes dans 12 implantations dans le monde entier. Pourquoi vous, vous réussissez, vous et votre famille,

3:27
Invité

et là où d'autres échouent ? Oui, alors c'est une bonne question. Pourquoi on réussit ? Donc, ce plan « Oser l'export », on en avait besoin. Il y a 13 points. 11 sont portés par Business France. On va avoir besoin de Business France, qui est un professionnel de l'international, pour nous aider à nous booster. Nous, les CCE, qu'est-ce qu'on peut apporter en plus ? Donc, les conseillers du Commerce extérieur. Les conseillers, pardon, du Commerce extérieur de la France. On est des chefs d'entreprise basés dans les pays. Donc, on va pouvoir dire aux entreprises, « Ne venez pas là, ce n'est pas pour vous, ce marché-là. Venez là, on va vous aider. » On est bénévoles. Donc, on va les aider.

Et puis après, quand ils vont venir, ils vont être boostés par Business France. Alors, Olivier Bech nous aide beaucoup. Il est constamment avec nous. Aujourd'hui, il est aux États-Unis, donc il ne pouvait pas venir en France. Mais en effet, il est très proche de nous. Pourquoi cette balance est aussi mauvaise ? D'abord, parce qu'on ne prend pas les services. Les services sont bénéficiaires de 50 milliards. Si on les prenait, on serait peut-être un peu moins mauvais. Ensuite, on est mauvais parce qu'on ne va pas assez vite pour réindustrialiser. 2030, moi, ça me paraît quand même loin. Il faut aller plus vite. Il faut aller beaucoup plus vite.

Le retour sur investissement, il est vite fait pour l'État aussi. Et il faut vraiment aller plus vite parce que ce n'est pas 54 milliards, il nous en faut plus.

4:30
Présentateur

Mais pourquoi vous avez besoin de l'État pour y aller ? Parce que l'entreprise, on n'a pas assez de moyens. Parce que j'imagine chez vous, chez Vika, vous n'avez pas attendu que l'État vous dise « Alors, il faudrait peut-être qu'il y ait, on va faire un plan en 13 points et allez-y. »

4:42
Invité

Non, évidemment, non. Si, alors oui et non. Pour aller à l'international, non. On s'est développé à l'international, oui. Mais aujourd'hui, pour se décarboner, on a besoin de l'État. Seul, c'est des montants beaucoup trop importants. On n'y arrive pas. Je vous donne un petit exemple. Sur ma cimenterie de Montalieu, par exemple. La cimenterie ? Ma cimenterie, qui est basée à Montalieu, dans le 38. Si je veux récupérer 100% de mon CO2, c'est possible. Aujourd'hui, c'est possible. On peut décarboner à 100%. Comment est-ce qu'on fait ? Comment on capte ce CO2 ? Comment on le mélange à l'hydrogène pour en faire du méthanol ? Ça, c'est possible. Seul, on ne peut pas y arriver.

Ce n'est pas notre métier. Moi, je sais faire du ciment. Je ne sais pas faire du méthanol. Donc, j'ai besoin d'être accompagnée par des entreprises pour le faire. Et pour le faire, il faut beaucoup d'investissement. C'est le même prix qu'une cimenterie. En gros, 800 millions d'euros. Et vous l'avez, là ?

5:29
Présentateur

On vous donne l'argent qu'il faut ? Ce matin, il y avait Bruno Bonnel avec le plan France 2030. Vous l'avez, cet argent ? Ça coûte très cher.

5:39
Invité

Ça coûte très cher. Avec Bruno Bonnel, avec le plan France 2030 et avec l'Europe, avec le PIEC, on peut y arriver. Oui, on peut avoir cet argent. On peut arriver à capter tout ce CO2. Alors après, il y a plusieurs possibilités. Soit on fait ce qu'on appelle dans notre jargon du CCS, du Carbon Capture Storage. On va aller l'enterrer. Soit on va le transformer, usage, et on va l'utiliser pour faire voler les avions ou faire marcher les bateaux. Ça, c'est génial. Ça ne s'est jamais fait dans le monde. On serait les premiers à le faire en France et ça serait quand même assez extraordinaire. On peut, avec le progrès technique accompagné par l'État, pouvoir le faire. Après, on pourra le vendre.

Là, ça sera autre chose. Mais aujourd'hui, il faut arriver à le faire. Et vous avez dit banco ce matin, le président, là-dessus ? Alors, je ne lui ai pas parlé de ça ce matin, évidemment, ni avec Roland. Mais Roland Lescure connaît très bien nos situations. Il est venu dans notre usine de Montalieu pour en discuter avec nos équipes. On a signé des projets pour y arriver, pour le faire. On va tout mettre en œuvre pour y arriver. On a de la chance à Montalieu d'être sur, justement, un espèce de tunnel qui part de Montalieu et qui va jusqu'à Marseille où on pourrait faire descendre ce CO2 et le transformer en méthanol. Donc ça, on peut y arriver et il est convaincu qu'on va le faire ensemble.

Donc là, on est en train de travailler sur ce sujet-là et je pense qu'on va y arriver.

6:50
Présentateur

Alors là, on avait basculé, évidemment, sur la réindustrialisation et la décarbonation. C'est très important. Je voudrais quand même qu'on revienne un instant sur l'export puisque ça, c'est vous changer de casquette. Donc, c'est en tant que président des conseillers du commerce extérieur. C'est vrai que les Français et notamment les petites entreprises parce que les grandes, les LVM, les Airbus, ils n'ont pas besoin d'avoir un plan export. Mais c'est des entreprises comme vous qui avez besoin de cette aide de l'État. Pourquoi ça marche si mal ? Est-ce que ça veut dire que les grandes entreprises, justement, ne vous aident pas, ne vous emmènent pas avec elles ?

7:26
Invité

Oui. Alors, c'est vrai, on a besoin des ETI, on a besoin d'en avoir plus, on a besoin que les petites entreprises se développent beaucoup plus et elles plus. On dit toujours que l'export commence en France. Donc, j'estime quand même qu'une entreprise, si elle est bien implantée en France, elle pourra se développer à l'export. Avec Olivier Becht, il nous a ouvert différentes portes. Il estime qu'en fait, quand on travaille en France, c'est bien, mais il faut essayer l'international. Si on n'essaye pas, on aura peut-être perdu un client.

Donc, c'est vrai qu'il faut y aller, il ne faut pas aller n'importe où ni n'importe comment, il faut avoir des experts et nous sommes les experts pour les amener à l'international. Oui. Donc, vous êtes à 4500,

8:03
Présentateur

un conseiller de commerce extérieur. Et quel est le retour ? C'est l'image de la France, elle est un peu brouillée, c'est les entreprises françaises, elles n'y vont pas. Si on essaye de faire de retourner le projecteur,

8:16
Invité

ça donne quoi ? Alors, pour moi, le plus important aujourd'hui, c'est l'attractivité. Ce qu'il faut absolument, c'est qu'on ne soit pas à 4500 demain, mais qu'on soit à 4500. Oui, mais qu'est-ce

8:25
Présentateur

qu'ils vous disent ?

8:26
Invité

Ils me disent, ils vous disent quoi ? Allez-y, allez-y et servez-vous de nos outils. Et aujourd'hui, il nous a autorisé à par exemple utiliser la marque France, le Mekita Iconic qui est en train de se développer dans les aéroports, la marque France qui se développe dans le monde entier. Et ça, c'est un outil qu'on va amener à nos signatures pour montrer beaucoup plus d'attractivité. On est aidé, on va être boosté par le gouvernement pour aller partout dans le monde. Et donc là, c'est une grande confiance qui nous est donnée parce qu'on demande aux conseillers du commerce extérieur de faire le job.

8:52
Présentateur

Oui, mais alors Sophie, si je repose ma question, pardonnez-moi, moi je voulais savoir qu'est-ce que pensaient vos conseillers du commerce extérieur qui sont dans le monde entier et quels regards ils ont actuellement sur la France. Est-ce que c'est un regard mitigé ? C'est au contraire un changement d'image ? Qu'est-ce qui remonte

9:10
Invité

avec eux ? Vous allez être étonnés mais dès qu'on voyage dans le monde entier, quand on est français, on est très bien accueillis. Et ils sont fiers d'être français. Ils sont très fiers, ils ont tous pris l'avion, les 150 présidents pour venir à ce rendez-vous qu'ils n'auraient, je crois, jamais manqué. Donc en fait, on a beau être en difficulté, on avait par exemple notre président du Niger qui était là, notre président du Mali qui était là et qui était fier d'être là.

9:32
Présentateur

Oui, parce que l'image de la France là-bas, elle n'est pas terrible. Elle n'est pas terrible. Il n'est pas en Niger contre la France.

9:37
Invité

Elle est dégradée, elle est catastrophique mais ils sont fiers d'être français, ces patrons. Et ils vont résister, ils vont aller jusqu'au bout

9:43
Présentateur

et ils vont se développer. Alors, vous venez de passer, on va repartir de décarbonation parce que je le rappelle, Vika, c'est la dernière cimenterie française puisque la farge maintenant est passée sous contrôle suisse donc vous êtes seul mais vous faites quand même du ciment, du béton et du granulat comme je le disais tout à l'heure. Vous êtes allé à COP28, j'ai envie de dire, c'est assez dangereux, non ? Quand on est cimentière, et c'est vrai qu'en plus on ne s'attend pas à avoir une femme, de faire ça. Qu'est-ce que... Vous avez passé 8 jours à la COP28. D'abord, ça se passe comment là-bas à Dubaï ?

10:13
Invité

Il fait très chaud. On marche beaucoup, c'est fatigant et moi j'ai adoré. J'ai adoré parce que c'est un pays qui a des grues partout, qui construit. Ah ça pour vous, c'est l'idéal ? Pour moi, c'est l'idéal, c'est le rêve. Ça construit très haut, très fort et ça décarbone. Quand je dis ça décarbone, c'est qu'ils cherchent les moyens pour construire en utilisant des matériaux décarbonés. Des bétons décarbonés, ça existe. Aujourd'hui, on peut mettre moins de clinquaires, on peut mettre différentes choses qu'il faut qu'on décarbone. Et franchement, aujourd'hui, quand on regarde en France, on ne construit pas. Le bâtiment va mal en France. Quand le bâtiment va mal, tout va mal.

Donc, il faut vraiment rebooster notre bâtiment. Il faut redéployer un plan de construction en France. Il faut se moderniser. Vous allez en Suisse, on construit de partout, des tunnels de partout. Encore aujourd'hui. Alors, qu'est-ce que j'ai appris à la COP ? L'année dernière, on était 50 000 à la COP. La première COP, on était 3 000. Cette année, on était 100 000. On a doublé le chiffre. Est-ce qu'on sera à 200 000 l'année prochaine en Azerbaïdjan ? Je suis moins sûre. Et dans deux ans au Brésil, je ne sais pas. Tout ce qui est sûr, c'est que le climat, c'est quelque chose d'aujourd'hui indispensable.

11:15
Présentateur

Oui, mais est-ce que vous ne dites pas un peu, on va avoir la conclusion, la COP 28, mais quand vous voyez tous les discours sur est-ce que c'est la fin des énergies fossiles ou pas ? Est-ce que ça sert à quelque chose ? Est-ce qu'il n'y a pas un côté, ce n'est pas un peu une pantalonnade ? C'est un peu excessif, cette expression, pardonnez-moi.

11:30
Invité

Je vous comprends. Pour moi, personnellement, par exemple, ça a été le moment où j'ai rencontré tous les cémentiers du monde. On a des associations françaises, européennes, américaines, des SEMBUR. Mais qu'est-ce que vous faites là-bas ? Et là, on s'est ensemble dit qu'est-ce qu'on fait pour la décarbonation ? Qu'est-ce qu'on a comme produit ? C'est quoi nos produits les plus innovants ? J'ai été contente de voir mes confrères et de voir que leurs produits les plus innovants, nous, on les a déjà innovés chez nous l'année dernière ou il y a deux ans. Donc, je me suis réconfortée de cette corte en me disant je ne suis pas si nulle que ça. Chez Vika, on est en avance.

On a sorti un CARA, un ciment carbone négatif. Personne ne l'a encore sorti dans le monde. Donc, on est fort. Maintenant, il faut valoriser sur notre force. Et ça, il faut l'exporter. Il faut dire au monde entier que les Français, on a beau tout le temps se mettent la tête sous l'eau. Eh bien non, il faut la sortir la tête et dire qu'on est fort. Mais ce qu'il y a, c'est que ça coûte très cher. Très cher. C'est ce que vous disiez. Alors, très cher, non. Très cher pour récupérer tout le CO2 des cimenteries. Pas cher pour faire du ciment carbone négatif ou du CARA. Ça, ce n'est pas cher. Et il faut aujourd'hui que les entreprises achètent ces produits-là.

12:30
Présentateur

Justement, la crise du logement, la crise du BTP, est-ce que vous êtes en France ? Alors, vous êtes dans le monde entier, donc évidemment, sur vos 4 milliards de chiffre d'affaires, vous faites un groutière en France. Oui. La France, pour vous, la situation est un peu catastrophique sur le plan du BTP et des logements ?

12:46
Invité

Oui, c'est très compliqué. On a 48% de logements neufs en moins. Le logement neuf, ce n'est pas tout notre carnet de commandes, mais ça nous touche. On a pour la première fois de notre vie 10% de volume en moins chez nous. Et ça, c'est inquiétant parce que 10% en moins, eh bien, c'est des arrêts de travail, c'est des postes en moins à pourvoir et c'est pas un bon signe. C'est des licenciements. Alors, pas encore chez nous parce qu'on a la chance d'être un groupe important, donc de répartir ces personnes qui ne travaillent pas sur d'autres activités. Mais, et puis, on n'a pas l'habitude dans les entreprises familiales, quand on peut ne pas licencier, on ne licencie pas.

On garde nos effectifs. Mais tout de même, on a des chiffres en France qui ne sont pas bons.

13:25
Présentateur

Et qu'est-ce qu'il faudrait pour, justement, pour essayer de réserver cette crise du logement ? Oui, s'il faudrait appuyer puisque là, tous les ministres, ils sont à vos pieds, Sophie Sidosvica, vous les rencontrez comme vous voulez. Alors, y compris maintenant le président de la République. Ça, c'est le bonheur. Qu'est-ce que vous leur dites ?

13:39
Invité

D'abord, il faut dire la vérité. La RE-2020, c'est catastrophique. Franchement, les loisanes, c'est réglementation. Pour nous, les Français, c'est catastrophique. Vous allez dans tous les pays du monde, ça n'existe pas. Et pourtant, on peut fabriquer de façon écologique, on peut faire des choses décarbonées, mais on se tire une balle dans le pied avec la RE-2020 en proposant sans arrêt de construire en bois. C'est très bien le bois. Je n'ai pas de lobby. Il faut construire en béton quand on construit des immeubles et de façon décarbonée. Il faut arrêter ces loisanes. La zane, c'est catastrophique. Il faut en avoir conscience de l'écologie. Il faut respecter son environnement.

Ça, je suis d'accord. Mais arrêter du jour au lendemain les constructions et ne plus donner de permis de construire, c'est quand même très compliqué pour les entreprises.

14:23
Présentateur

Les mères ne veulent plus en donner parce que tout le monde veut que ça construise partout sauf à côté de chez soi.

14:28
Invité

Quand je dis à un maire que je vais mettre une centrale à béton chez vous, il me dit non, allez chez le voisin. Donc là, il faut arrêter. On veut des entreprises, on veut des usines. Alors, il faut les construire. Il faut aller plus vite. Il faut arrêter de nous mettre sans arrêt des réglementations extrêmement compliquées. Et puis, j'en reviens à Bruxelles. C'est très bien d'avoir Bruxelles. C'est très bien d'avoir ces règles, ces normes. Mais il faut pouvoir les exécuter et le faire. Nous, par exemple, pour faire ce méthanol, les lois européennes, c'est jusqu'à 2041. 2041, moi, je n'investis pas 800 millions pour 10 ans.

Il faut arrêter de nous mettre des réglementations avec des durées aussi courtes. Là, il faut quand même faire très attention.

15:05
Présentateur

Oui, et puis le temps est assez long dans une entreprise familiale.

15:07
Invité

Chez moi, une carrière, c'est 100 ans minimum. J'investis pour 100 ans minimum. Je n'investis pas pour moi, j'investis pour mes arrières petits-enfants. Ils seront encore là après. Moi, je suis la 7e génération, la 8e vient de rentrer chez nous. Et donc, j'investis sur du temps long. Je n'investis pas sur un mandat de 2 ans ou de 4 ans.

15:22
Présentateur

Et c'est un métier que vous allez continuer à faire ? C'est vraiment familiale comme la vôtre. En plus, honnêtement, vous n'êtes pas très connue. On connaît tous la marque Vika, effectivement, mais moi, c'est la première fois que je vous vois.

15:38
Invité

On n'est pas très connue. Vivons heureux, vivons cachés, c'était un peu notre façon de faire. Maintenant, on est le seul français. C'est vrai que vous passez devant la Tour Eiffel, vous avez le nom de Louis Vika qui est sur la Tour Eiffel, qui fait partie de ces 72 grands inventeurs qui ont inventé des choses extraordinaires pour l'avenir de la France, qui a donné son invention à la collectivité. C'est pour ça qu'il y a d'autres cimentiers dans le monde. Mais le premier pont dans le monde, en France, il est à Souillac, entre Souillac et Lanzac. On n'est pas très connus, c'est vrai, mais je peux vous dire que chez nous, il y a un bon climat. L'entreprise Vika, elle marche bien.

C'est un climat familial. On se fait confiance et on avance tous ensemble. Et ce n'est pas des petites paroles en l'air. Vous pouvez demander à tous mes collaborateurs, mes collaboratrices. On a eu la chance d'avoir Roland Lescure dans notre usine il y a très peu de temps à Montalieu et c'est ça dont on a besoin.

16:19
Présentateur

On va quand même dire qu'on avait aussi 5 enfants. Je ne sais pas comment vous faites pour gérer ça. En plus, vous êtes conseillée au Kazakhstan ?

16:26
Invité

Oui, ce n'est pas bizarre du tout. C'est un pays extraordinaire. J'ai eu la chance de construire une usine au Kazakhstan sur le lac Balkache. Le lac Balkache, c'est un peu loin de tout. On a construit l'usine, on a construit une école, on a construit un village pour nos collaborateurs. Il fait bon, ils vivent là-bas. C'est un exemple que le Kazakhstan a voulu donner à d'autres entreprises. Ils m'ont demandé de les représenter. C'est un pays où il fait bon vivre, on se développe bien et on vend du ciment là-bas.

16:50
Présentateur

Et on construit en plus beaucoup d'immeubles et de ponts. C'est vraiment pour vous. Merci beaucoup d'avoir été avec nous Sophie Sidosvica après cette journée quand même assez marquante pour vous d'aller à l'Elysée et de rencontrer le président. Restez avec nous. Les infos avec Guillaume Paul.