"Le journal d'un prisonnier" : que cache le SUCCÈS de librairie de NICOLAS SARKOZY ?
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Que cache le succès de librairie du livre de Nicolas Sarkozy ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Quels sont les éléments littéraires et carcéraux du livre ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous la dimension mystique du livre ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Quelles comparaisons historiques et littéraires sont mobilisées ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Quels passages politiques sont présents dans le livre ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les réactions et critiques du livre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Animateur (Dio Merner)Chiffre
« Il y a environ 100000 exemplaires qui ont déjà été vendus. »
- 7:30Michel EtchaninovFait
« Il dit "J'aurais pu me trouver à 10000 km de là." »
- 10:00Michel EtchaninovFait
« Il dit "Je n'étais plus dans le monde des vivants, j'étais dans une maison des morts." »
- 13:30Fabrice ArfiFait
« Il souhaite aujourd'hui, je le cite à droite, l'esprit de rassemblement le plus large possible sans exclusive et sans anathème. »
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Bonjour Michel etchaninov. Bonjour. Vous êtes rédacteur en chef de philosophie magazine agrégé docteur en philosophie.
Je vous ai proposé de venir pour évoquer ce livre, le livre de Nicolas Sarkozy, journal d'un prisonnier publié aux éditions Fillard. C'est un immense succès de librairie. Il y a environ 100000 exemplaires qui ont déjà été vendus.
Je vous ai demandé de le lire. Nous l'avons lu ensemble. Alors le le principe que l'on va appliquer, c'est comme le disait Spinoza qui vous est cher, ne pas se moquer ni se lamenter, ne pas détester, mais comprendre.
On va essayer de de comprendre ce qui est en jeu. On va essayer de comprendre aussi ce qui est loué par un certain nombre d'admirateurs de Nicolas Sarkozy et qui a été fort bien résumé par Pascal Pro chez nos collègues de rep. On écoute Pascal Pro.
C'est très émouvant en fait. Tu t'identifies quand tu lis Nicolas Sarkozy parce que tu te dis ça pourrait être moi. Il parle de sa femme, il parle de sa famille, il parle de son fils, il parle de ses sa fille beaucoup.
Il parle de la prière, il parle de la vie difficile ça. C'est extraordinaire son écriture parce que c'est d'une simplicité et en même temps d'une intelligence et d'une sensibilité. C'est c'est un livre, c'est un patch turner.
Tu lis cela et tu es embarqué. En fait, il nous a il nous prend par la main, il nous conduit jusque dans sa cellule, il décrit chronologiquement pas à pas tout ce qu'il est en train de vivre et ça c'est très saisissant quoi. Et vous avez vu la médiocrité des [rires] attaques contre ce livre mais c'est très révélateur.
Je suis d'accord avec vous. Très révélateur. C'est-à-dire qu'on attaque, certains disent c'est pas bien écrit.
C'est ça les attaques ont fait du patos à la petite semaine. Enfin bon, ça c'est rien. Ce livre que contient-il Michel et Chaninov ?
Bah effectivement, il contient le récit euh de de ces 3 semaines en prison. Euh et c'est alors c'est un c'est pas vraiment un page turner comme dit Pascal pro. C'est-à-dire ça se lit pas si facilement parce qu'en fait il y a une une alternance entre des descriptions de ce qu'il vit euh au quotidien de manière très précise et en même temps de longs passages pour euh se disculper, pour attaquer les juges, pour donner les bons et les mauvais points à ceux qui le soutiennent ou non.
Donc en fait, il y a un mélange d'expérience carcérale vécue, même si elle est brève et de de plaidoyer pour se défendre. très et puis aussi de passage politique où il va parler de de l'Union des droites, de la sympathie qu'il a pour Marine Le Pen euh et cetera et cetera. Donc voilà, donc Sébastien Chenu du Rassemblement national.
Voilà. Donc c'est c'est c'est il n'y a pas que des membres du Rassemblement national quixpriment ça savie mais évidemment on retient d'abord cela. Oui parce que c'est le message c'est un message politique.
Donc c'est un livre un peu hybride entre quelque chose qui se veut le l'héritier d'une tradition littéraire forte qui est le récit carcéral. C'est-à-dire quelqu'un qui a passé du temps en prison et qui raconte et euh une un livre politique. Effectivement, il y a cette expérience carcérale.
Alors, le texte l'a décrit assez minutieusement. Il y a l'arrivée à la prison de la santé, l'isolement, la cellule, les bruits, la peur, la nuit. J'imagine que c'est une expérience universelle.
On ne souhaite évidemment à personne l'expérience de la prison, la gestion du temps, son alimentation, la manière dont il décrit la nourriture en prison, la manière dont il songe à son corps, comment l'entretenir malgré ce séjour en prison, comment l'entretenir malgré l'enfermement, malgré également la mélancolie qui rôe Michel etchaninov. Oui, c'est ça. C'est-à-dire qu'en fait, il y a il y a cette volonté de se rattacher à à une voilà à cette histoire qui se veut très concrète et c'est pour ça que il il pr il voudrait que le lecteur s'identifie parce que on a tous des moments difficiles dans nos vies, même si on passe pas 3 semaines en prison.
Mais il voudrait s'identifier et c'est pour ça qu'il est il est effectivement dans les pas de cette tradition littéraire. Alors il va parler du choc de la de la cour de la prison. Il dit "J'aurais pu me trouver à 10000 km de là." il l'a dit dans une interview qu'il a faite plus tard, c'est-à-dire ce sentiment d'être dépaysé et surtout pour Nicolas Sarkozi, il y a quelque chose de profondément traumatisant pour la prison, c'est le fait de se retrouver enfermé et immobile parce que Nicolas Sarkozy, c'est quelqu'un, on avait consacré un dossier à philosophie magazine sur lui en en 2012.
On l'avait comparé à Thomas HS. Thomas HS, c'est quelqu'un d'abord qui est pour une sorte de libéralisme autoritaire, mais c'est quelqu'un qui dit ce philosophe anglais du 17e siècle que l'homme est fait pour le mouvement, que que le le la vie n'est qu'une course de la naissance à la mort. Et c'est vraiment la la philosophie intime de Nicolas SarkoZi, c'est-à-dire que c'est quelqu'un qui est toujours en mouvement, d'où l'image du jogger qui l'accompagne sans cesse et que qui l'incarne volontiers.
C'est-à-dire, c'est quelqu'un qui qui fait des choses qui bouge tout le temps. D'ailleurs, ça se voit quand on le regarde et quand on l'écoute parler. Et donc se retrouver euh euh prisonnier, se retrouver enfermé, pour lui, c'est la pire des tortures.
Donc il va essayer de se mettre en mouvement, ce qu'il raconte dans la prison. Donc il aura une heure de de sport par à peu près une heure de sport par jour dans une petite salle de sport. Et surtout, il va se mettre à écrire.
En fait, il raconte la jeunesse de ce livre comme quelque chose qui va lui permettre de survivre, de survivre à cette inaction forcée, ce qui n'est pas du tout dans sa nature. Et donc, il se met à écrire. Et donc l'écriture est une forme de mouvement de substitution.
Il va continuer à à courir, à penser, à accuser, à clamer son innocence bien sûr tout en étant enfermé pendant 3 semaines. Et puis il se livre à des comparaisons. Michel Chaninov, je lis un extrait donc de de ce livre de Nicolas Sarkozy.
Certains éditorialistes de gauche ont beaucoup glosé sur la comparaison que j'avais avancé entre l'affaire de RFUS et la situation que je vivais. Et pourtant pour tout observateur impartial et connaissant l'histoire, les concordances étaient stupéfiantes. Oui.
Alors euh c'est vrai que là Sarkozy Nicolas Sarkozy ne recule devant aucune comparaison. C'est-à-dire que Drefus qui quand même a passé plus de 4 ans au Bagne euh pour une affaire qui est devenue la grande affaire des intellectuels à la fin du 19e siècle avec ce cette question de l'antisémitisme au cœur de cette affaire n'a rien à voir avec l'affaire Nicolas Sarkozi. Mais en fait, dans ce livre, euh Nicolas Sarkozy mobilise sans cesse des comparaisons euh un peu étranges.
Alors, il il dit qu'il se prend aussi souvent pour Edmond Dantess euh le héros de du compte de Monté Cristo. Et donc, Edmond Dantess, c'est la l'image de l'homme injustement euh enfermé. Alors, mon test, c'est 14 ans, hein, c'est pas 3 semaines.
Qui ensuite va se venger. Euh, il se victimise en se comparant euh au colonel euh au capitaine Drefus et il va mobiliser en fait dans ses pages de manière euh allusive à beaucoup de grandes figures de la littérature euh carcérale. Solenitin, Dostoyevski notamment.
Alors, pourquoi est Sol Génitin ? pas forcément d'ailleurs le saut de génicine d'Ivand desovic il y a rien puisque donc effectivement certaines comparaisons pourraient paraître comment dirais-je mal venu s'il y avait une comparaison entre la prison de la santé et le goulag oui rien à voir. Mais néanmoins, vous avez songé à Solenitin et Dostoyevski.
Pourquoi ? Pourquoi ce type, ce genre littéraire qui est la littérature carcérale apparaît comme présent dans le livre de Nicolas Sarkozi ? C'est c'est ce que j'ai vraiment ressenti en le lisant et je l'écris dans mon article de philosophie magazine, c'est qu'en fait Nicolas Sarkozy reprend les passages obligés de cette littérature qui je pense effectivement est né dans la modernité au milieu du 19e siècle quand Fodor Dostoyevski est envoyé au bagne pour 4 ans après avoir fait partie d'un d'un cercle de révolutionnaire contre le tarisme.
Il passe 4 ans en B et il en revient puis 6 ans de relégation en Sibérie. Il en revient avec un récit extraordinaire qui s'appelle les carnets de la maison morte. C'est la bonne traduction qui a été parfois traduit par souvenir de la maison des morts où en fait il décrit l'expérience carcérale qui l'habite réellement qu' qu'il qu' qu'ilxore.
Et cette expérience c'est quoi ? C'est aller au fond du mal, de l'obscurité, de la souffrance pour mourir et pour essayer de renaître. C'est l'expérience d'une forme de résurrection.
Et ce qui est intéressant, c'est que de manière très très allusive mais très réelle à mon avis, Dostoyevski reprend beaucoup d'expressions de Dostoyevski. Il dit "Je n'étais plus dans le monde des vivants, j'étais dans une maison des morts et cetera" pour essayer de de d'imiter le même schéma de la mort et de la renaissance, c'est-à-dire d'une forme de conversion. Et d'ailleurs euh le livre se termine sur euh les propos suivants.
Nicolas Sarkozi se fait la promesse d'aller à Lourde et il écrit "Cette promesse sera honorée comme toutes les autres. La vie qui passe et qui propose tant d'épreuves permet de renaître plus fort, plus mature, plus grave. À la santé, j'ai recommencé ma vie." Oui.
Alors, c'est vraiment un livre qu'il veut placer sous le signe de de de la vie vivante. Alors, ça c'est l'expression de Dostoyevski, c'est-à-dire de cette idée que malgré l'épreuve ou plutôt dans l'épreuve, il va retrouver de nouvelles forces pour vivre. Et et ça c'est voilà, c'est un light motif de son livre.
Ça veut dire que je suis vivant, je suis là, je suis encore plus fort parce que je suis passé par les preuves du négatif et donc je suis encore plus là qu'avant, si j'ose dire. Et et il y a quelque chose de très de très mystique dans cette approche. Alors là, on peut dire qu' qu'il y va carrément.
Il y a presque quelque chose de de gênant dans la manière dont il sature ses pages de vocabulaire mystique ou religieux. Dès la page 17, alors qu'il n'est pas encore entré à la santé dans son récit, il dit qu'il faut porter sa croix et qu'il doit la porter. Il parle de la lumière avec un grand telie de Jésus.
Biographie de Christian en petitfils. Tout à fait. et il finit par lire les évangiles.
C'est c'est l'itinéraire de quelqu'un qui se définit comme un un pratiquant pas régulier et un pas un chrétien exemplaire qui va avoir une sorte de crise religieuse, se convertir, prier euh voir par exemple dans la diffusion d'un match de la Ligue des Champions le premier soir de son incarcération un site de la providence. Et donc c'est quelqu'un qui va véritablement investir dans son livre Le territoire de la mystique. Alors avec un clin d'œil très appuyé à à Dostevski sur le génitine qui aussi ont découvert des choses existentielles de durant leur longue détention et il y va carrément mais il le fait à sa manière.
Vous savez, SarkoZ c'est un libéral mystique dans dans le l'interview que j'ai entendu euh euh qu'il a donné à la à la à sa sortie, il a dit à la chaîne légende de à la chaîne légende, tout à fait. Il a dit il faut rester ouvert à toutes les opportunités, y compris les opportunités supérieures. Et donc il parle de la de la religion comme une opportunité.
Donc ça veut dire que voilà, il faut rester curieux, ouvert, il faut avancer. Et là le le voilà le le vocabulaire religieux est très très présent. On va l'écouter.
Vous êtes seul dans 12 m² 23h/ 24. J'allais pas refuser l'aide y compris du haut avec qui je pouvais parler, qui pouvait m'aider. À ce moment-là, on est comme celui qui est au bord d'un précipice.
Il y a une main qui se tend. Il se demande pas s'il est céleste ou terrestre. Il l'apprend.
Michelaninov. Oui. Nicolas Sarkozi veut dire qu'il a fait une découverte essentielle dans ce ces tr semaines difficiles qui est la rencontre avec cette voix, la transcendance.
Et donc il veut montrer qu'il revient transformer. Et là il est vraiment conforme à cette à cette tradition de littérature carcérale qui est un un un moment de conversion spirituelle. Il prétend l'avoir vécu et c'est pour ça qu'il dit toujours à la même interview, ce n'est pas un livre politique, c'est un livre humain.
Donc voilà, il veut montrer qu'il a qu'il a traversé et dépassé quelque chose même si à mon avis c'est pas complètement vrai parce que ça reste un livre politique. Oui. Alors ça reste un livre politique mais les références, les clin d'œil alors chacun il va de ses références.
Moi, j'ai songé par exemple à Pascal à la nuit de Getsémanie. Bon, Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde. Il y a évidemment des comparaisons qui paraissent outrées puisque 21 jours en prison à la santé, même si encore une fois c'est une expérience qu'on ne souhaite à personne et c'est quelque chose qui peut et qui doit être relativisé à l'ône des récits que vous évoquez, à l'ône de la Colima ou d'autres expériences, j'allais dire concentrationnaire.
Là, évidemment, nous en sommes loin et puis surtout c'est quelque chose de de contradictoire parce que il y a une multitude de passages où Nicolas Sarkozy se victimise alors qu'il a eu des mots très durs sur la culture du victimisme. Et il écrit par exemple "Je ne suis pas quelqu'un qui aime à se plaindre, qui cherche à pitoyer ou à susciter la commissération." Deux pages après, il parle de la contracture qu'il a dans le dos et qui lui fait mal.
Oui, effectivement, il il y a cette contradiction de quelqu'un qui prétend être pudique et qui quand même a des comparaison qui ne le sont pas avec des des grands enfermés de la de la de la vie politique ou de la littérature. Et puis là où il y a une d'autres formes de discordance, c'est que quand Dostoyevski va au Bagne, en fait, il s'interroge aussi sur sa propre culpabilité. Siri fait un travail véritablement intérieur sur la culpabilité qui anime chaque être humain.
Euh par ailleurs, quand Dostoyevski va au bagne, il il y est, il est présent, c'est-à-dire qu'il il veut explorer cette réalité difficile alors que Nicolas Sarkozy n'a qu'un objectif et le dit, c'est de ne pas y être mentalement. c'est toujours d'y échapper. Donc euh Nicolas Sarkozy n'habite pas finalement sa prison, il est toujours ailleurs.
Oui, mais il y a aussi cette tradition russe. Je pense par exemple à Léon Schestov, le philosophe Léon Chestov, lecteur de de Pascal, l'cteur de Dostoyevski, qui euh considère justement que les prisonniers ne sont pas en bas, mais en réalité en haut de la société et que finalement l'expérience de l'enfermement, c'est une forme d'expérience de la sainteté. Oui, c'est une expérience mystique pour Chestov comme pour Dostoyevski et comme pour peut-être Pascal, même si s'enfermer dans une chambre, ça peut donner lieu au diversissement chez Pascal.
Mais effectivement, mais c'est c'est ça que veut essayer de nous de nous faire passer Nicolas Sarkozi, c'est que son expérience le le rend encore plus fort. Le problème à mon avis, j'ai vraiment lu le livre sans a priori, c'est-à-dire que en fait il il n'est jamais là où il est. En fait, Dostoyevski, Solanitin sont là où ils sont.
Ils découvrent une humanité, ils en font quelque chose pour mieux se comprendre eux-même. Nicolas Sarkozy lui dit sans cesse qu'il ferme les yeux, qu'il pense à autre chose parce qu'il considère que la prison n'est pas sa place, que ce n'est pas une expérience universelle qu'il faut traverser mais que c'est une injustice. Et donc en fait, il n'explore véritablement jamais ce que pourrait lui apporter la prison.
Donc ça c'est très contradictoire et paradoxal. Il prétend que ce livre-là, que cette expérience l'a changé et que le livre l'a aidé à finalement à se sauver de le de l'abomination de cette expérience. Et en même temps, il n'y est vraiment jamais.
Il se plaint comme vous dites. Euh il il écrit pour ce pour pour comme une forme de thérapie. Il clame son innocence mais au fond, il ne dit rien véritablement de la prison.
Michelchaninov, on se retrouve dans une vingtaine de minutes. Vous êtes rédacteur en chef de philosophie magazine. Vous serez rejoint par le journaliste à Média Part Fabrice Sarfi.
Et il y a énormément de propos sur Mediapart qui comme on peut l'imaginer sont fort peu à dans le livre de Nicolas Sarkozy, le journal d'un prisonnier publié aux éditions Faillard 8h sur France Culture. 6h30 9h les matins de France Culture. Dio Merner.
Politique et littérature avec un immense succès de librairie. Le journal d'un prisonnier Nicolas Sarkozy aux éditions Faillard. Le récit donc de ces 21 jours à la santé.
On en a parlé avec vous Michel etchaninov. Vous êtes rédacteur en chef de philosophie magazine agrégé et docteur en philosophie. Vous nous avez expliqué que ce livre cherchait à s'apparenter un genre littéraire.
La littérature carcérale, celle de Soliticine Dostyevski. On peut penser aussi à un certain nombre de littératures traitant de crise mystique. J'ai cité notamment Pascal la nuit de Getsémanie.
Et puis lorsque l'on évoque Nicolas Sarkozi, son séjour à la santé et ce livre, il a des propos fort peu à sur Mediapart, votre organe de presse, Fabrice Sarfi, bonjour. Vous êtes journaliste à Média part. Il y a notamment un passage un passage très politique où Nicolas Sarkozy évoque les propos qu'il échange avec Marine Le Pen et celle-ci dit au sujet de Carla Bruni, "Dites à votre femme", dit Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy, "des à votre femme que j'ai admiré l'élégance avec laquelle elle a jeté à terre la bonnette du micro de Médiapart.
Elle l'a fait avec une classe et une douceur remarquable. Fabrice Arfi, un commentaire. Voilà, on en est là.
Euh, un ancien président de la République déjà deux fois condamné définitivement pour des atteintes à la probité, qui est un délinquant euh un délinquant d'habitude. On pourrait presque dire que le les termes utilisés par la par certains magistrats condamnés pour corruption dans une affaire qui était l'affaire bismut pour avoir corrompu un haut magistrat. Donc c'est vrai qu'il y a parfois de la des problèmes avec la justice et Nicolas Sarkozy est bien placé pour le savoir qui a été condamné pour financement illégal de campagne.
C'est la campagne de 2012 et c'est l'affaire Big Malon qui a fait 3 semaines de prison après avoir été condamné à 5 ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs dans l'affaire des financements libiens. Et ce dont on parle c'est de la bonnette de Médiapart qui a été jetée à terre par par son épouse. Alors, c'est un geste très pop qui a popularisé d'une certaine manière, c'est vrai, cette histoire, mais il faudrait pas qui vous a valu d'ailleurs quelques abonnements d'après ce que j'ai compris.
Bon, en fait, Mediapart depuis sa naissance n'a jamais cessé de de de grandir et d'avoir des des abonnés. Et c'est vrai que dans des moments comme ça, bah oui, il y a il y a un intérêt particulier pour le journal qui depuis 2011, depuis 14 ans, a révélé beaucoup d'éléments de de cette affaire. Nous avons écrit plus de 200 articles avec mon mon confrère Carles Lasquet.
Nous avons fait une BD, un podcast, un film documentaire. Peut-être un jour, il y aura-t-il des mugs et des chaussettes médiappart sur l'affaire sur l'affaire libienne ? Mais pour répondre sur la bonnette, je pense qu'il faudrait pas non plus trop folkloriser ce geste et qu'il vienne occulter ce que Nicolas Sarkozi précisément cherche à cacher en se montrant à savoir le CV judiciaire inédit d'un ancien chef de l'État multicondamné et l'exceptionnelle gravité des faits pour lesquelles il a fait 21 jours de prison.
L'exceptionnelle gravité des faits, ce sont les termes du tribunal de Paris. Alors derrière cette bonnette et derrière les propos qu'il tient et qu'il échange avec Marine Le Pen puisque la locutrice compte autant que le message Jean les Marie, il y a un un message politique très clair comme le disait Michel etchaninov, c'est aussi un livre politique. Ah bah je pense que c'est important.
Il faudrait pas en rester à à l'itinéraire carcéral concret quotidien ou spirituel d'ailleurs de l'ancien chef de l'État. Ce livre et c'est peut-être d'ailleurs la principale surprise qu'il recelle est un livre politique qui annonce un revirement politique. C'est évidemment cet échange qui a été beaucoup commenté relacé relaté par par Nicolas Sarkozi.
échange avec Marine Le Pen au cours duquel l'ancien président explique qu'il souhaite aujourd'hui, je le cite à droite, l'esprit de rassemblement le plus large possible sans exclusive et sans anathème. Et cet appel intervient évidemment en plein débat sur l'Union des droites. Lui ne se prononce pas explicitement pour l'Union des droites, mais il multiplie les signaux.
Euh il salue Marine Le Pen, il salue euh Sébastien Chenu, figure également du Rassemblement national et il salue Jordan Bardella qui lui rappelle, explique-t-il, Chirak dans sa jeunesse. Alors ça, si c'est pas un signal et un revirement, que dire ? Il est réellement spectaculaire.
Il faut quand même se souvenir qu'à quelques mois encore, Nicolas Sarkozy était à droite le chentre d'un rapprochement avec Emmanuel Macron. Il a œuvré pour un rapprochement accru entre les Républicains et Renaissance. Aujourd'hui, c'est plutôt à sa droite qu'il regarde.
Bon, il y a aussi dans ce livre Fabrice Sarfi, un plaidoyer prodomo, Nicolas Sarkozi, se dit innocent et détricote la procédure judiciaire sur une page. Qu'avez-vous pensé de ce passage ? bah que ça fait qu'une page sur les 217 de son livre que en réalité ce sont les éléments de langage inexact de contre vérité sur le fond du dossier du dossier lui-même.
Et justement, ça ne fait qu'une page parce que précisément l'objet de ce livre n'est pas n'est pas judiciaire, bien que il l'utilise pour tirer à boul rouge sur la magistrature, régler des comptes, y compris avec certains de son cercle rapproché ce qu'il écrit sur son ancien avocat Thierry Herzog qui a brûlé sa robe d'avocat pour le défendre, suscitant aujourd'hui l'indignation de tout le barreau de Paris et au-delà. Et l'a rappelé Fabrice Arfic dans ce livre, il dit que le dossier était en substance trop gros pour Herzog. Bah oui, c'est quand même si dér et que il a été aveuglé, je le cite Nicolas Sarkozy, aveuglé par son amitié et qu'on ne l'y reprendra plus.
Et heureusement qu'il avait ses nouveaux avocats notamment maître un grain ce qui ne manque pas de selle puisqu'il écrit ça depuis une cellule de prison. Donc peut-être que ces nouveaux avocats n'ont pas été si bons que ça. Mais pourquoi pourquoi pilonet-il son ancien avocat ?
Je sais pas. Je sais pas. Moi, j'ai l'impression d'un Nicolas Sarkozy en ayant lu ce livre qui est surtout prisonnier de de lui-même, plus que de la prison de la de la santé, que il est dans une sorte de rétrécissement absolu de son horizon qui n'est peut-être pas que dû au mur de la prison de la santé. rétrécissement sur le clan familial, rétrécissement y compris politique.
Mais il ne faut pas se méprendre depuis qu'il n'est plus président de la République, Nicolas Sarkozy, tout son intérêt est guidé par son intérêt judiciaire. C'est-à-dire que quand il revient en 2014, qu'il crée les Républicains, c'est parce qu'il y a l'affaire Big Malion. Quand il se présente en 2016 au primaire, c'est parce qu'il y a l'affaire Bismut.
En 2025, il nous parle aujourd'hui du rapprochement et des mamours qu'il fait à Marine Le Pen sur l'hôtel de sa condamnation et de l'affaire euh des financements libenss. À chaque fois, Nicolas Sarkozy dit, "Regardez, quand je fais de la politique, on me sort des affaires." C'est l'inverse.
C'est parce qu'il y a des affaires qu'il revient ou qu'il refait de la politique. Parce qu'il utilise la politique comme un paravant à ses problèmes judiciaires. On va l'écouter clamer son innocence dans le podcast Légende de Guillaume PL.
J'ai été jugé non pas pour ce que j'avais fait ou pas fait, mais pour ce que j'étais, c'est le contraire d'un état de ce que devrait être un état de droit. Et donc à ce moment-là, je peux pas accepter de reconnaître quelque chose que je n'ai pas fait. Je suis innocent.
Et tout ce que je dis depuis 10 ans, rien de ce que je dis depuis le début. n'a été contredit par les faits. J'ai dit le document médiia part est un faux.
Aujourd'hui, c'est acté. J'ai dit vous ne trouvez pas un centime libien. Aujourd'hui, c'est tacté.
J'ai dit c'est une revanche des Kaddafis parce que c'est moi qui ai fait partir du pouvoir Kaddafi. Aujourd'hui, c'est acté qu'ils n'ont produit aucune des preuves qu'ils annonçaient. C'est incompréhensible cet acharnement.
Mais j'ai pas l'intention de baisser la tête. Je suis très en colère car c'est une injustice. Le scandale n'est pas du tout qu'on est enfermé ancien président de la République.
Si l'ancien président de la République quelqu'un vole de l'argent, c'est tout à fait normal. Le scandale, c'est l'innocent. Je suis innocent.
Bon, c'est acté ou pas Fabrice ? Non mais c'est c'est fou comme parce que Nicolas Sarkozy le dit, ça devient un élément de la la base factuelle du débat public et de la conversation publique. Nicolas Sarkozy dit le document de Mediapart qui est une note dite note Moussaus qu'on a révélé en 2012 qui était une promesse de financement du régime libyen formulée en en 2000 en 2006.
C'est un faux. Nicolas Sarkozy est bien placé pour savoir qu'il nous a poursuivi pour faux usage de faux. Il a définitivement perdu devant la justice trois fois jusque définitivement devant la Cour de cassation en 2019.
La justice a dit ce document n'est ni un faux matériel ni un faux intellectuel. C'est si vrai qu'il a dû nous verser de l'argent. J'ai à côté de moi à mon bureau le chèque de Nicolas Sarkozy et le chèque de Brisortefeu qui s'était joint à la procédure que je n'ai pas encaissé. chèque qu'il a dû nous qu'ils ont dû nous faire parce qu'ils ont définitivement euh perdu dans ce dans ce dossier.
Donc Nicolas Sarkozy euh s'accroche à une phrase qui est une incongruité juridique du tribunal de Paris qui l'a condamné, qui a dit et c'est vrai, ce document est probablement un faux, mais c'est une incongruité parce que le tribunal de Paris qui l'a condamné n'était pas saisi de l'examen de cette note pour une raison simple, c'est que ça avait été déjà jugé. Il y a ce qu'on appelle en droit une autorité de la chugée. Mais le tribunal de Paris a dit que c'était probablement un faux parce que le document parlait d'une rencontre entre Brisortefeu et le terroriste d'État liben Abdallah Senusi à une date qui ne colle pas à l'agenda de Brisortefeu.
Mais cette réunion existe. C'est pas parce qu'il y a une erreur de date dans un document liben et j'ai déjà expliqué m de fois pourquoi il y avait très souvent des erreurs de date dans la conversion en calendrier grégorien du calendrier révolutionnaire imposé par Kaddafi à son administration qui en a changé trois fois parce que Kaddafi voulait son termid d'or. Il adorait la révolution française.
C'est pas parce qu'il y a une erreur de date que ça en fait info. Pour terminer là-dessus, ce document parle d'une promesse de financement à hauteur de 50 millions d'euros dont la justice a retrouvé la trace bancaire de 6,5 millions d'euros versés par le régime libyen pour financer la campagne. Donc ce que dit Nicolas Sarkozy est complètement faux.
Au sujet d'une réunion qui a existé entre Bris Sortefeu et Abdallah Souci, vous vous me permettrez de dire qu'il est quand même très fort ce faux. Jean les Marie pour compléter ce que vient de dire Fabrice Arfig, un point important, c'est le calendrier judiciaire. Un nouveau procès arrive.
On vient d'entendre Nicolas Sarkozy clamer son innocence. Répétons-le. Factuellement aujourd'hui, il a fait appel.
Il est donc à nouveau présumé innocent. Ce débat aura lieu en toute clarté et avec tous les éléments sur la table. Il n'est plus présumé innocent pour les affaires Bismut et Big Malion.
Tout à fait. Michel Chaninov. Euh il y a un auteur qu'on a' pas cité mais un un écrivain de prison très important, c'est Antonio Gramchi.
Vous savez ce ce communiste italien qui a passé euh plus de 10 ans en prison euh sous le fascisme. Pourquoi je parle de lui ? Parce qu'il a écrit ses carnets de prison où il théorise ce qu'on appelle l'hégémonie culturelle.
C'estàd l'idée que pour prendre le pouvoir, il faut d'abord gagner les têtes, les esprits. Donc en fait gagner le le le la bataille culturelle. Et c'est aussi le propos de ce livre de Nicolas Sarkozi, c'est aussi une pièce à cette apportée à cette bataille culturelle pour imposer deux idées qu'on a évoqué déjà mais qui sont euh fondamentales aujourd'hui en France.
La première idée, c'est l'Union des droites. C'est l'idée qu'effectivement on peut faire alliance avec l'extrême droite, ce que bien sûr la droite républicaine auparavant ne ne voulait pas faire. Donc cette idée qu'on peut faire alliance avec Marine Le Pen et Jordan Bardella qui est quand même le message politique principal du livre et ça c'est l'égulturel. 2è idée c'est qu'aujourd'hui attaquer les médias indépendants et attaquer la justice c'est considéré comme tout à fait normal.
Et ce livre, c'est cette cette manière de clamer euh euh sa vérité et de et de de en fait de dire des contre vérité, ça exprime aussi cette haine du droit qui est une des victoires culturelles d'une partie de la classe politique aujourd'hui dans le monde. Et cette haine du droit, cette manière de faire comme si le droit n'existait pas et n'était pas le la base de la démocratie est quelque chose qui est affirmé sans aucun complexe dans cet ouvrage. Certains journalistes sont d'ailleurs très louangeurs sur la prose de Nicolas SarkoZi.
On écoute Pascal Pro. Ces gens qui parlent toujours du peuple et au fond ils le méprisent. C'est ça la réalité.
Ils aiment pas la C'est les mêmes qui attaquaient la littérature populaire sans doute au 19e siècle et qui attaquaiit Victor Hugo qui avait attaqué Alexandre Huma. Alexandre Duma. Bon, je dis pas que ce qu'il a écrit c'est du niveau d'Alexandre Duma.
Écoutez, quand tu lis Alexandre Duma, c'est pas le style d'Alexandre Duma qui qui reste qui a passé la postérité. Fabrice Arfi, moi j'ai l'impression de vivre dans un épisode de South Park. Un autre journaliste que je vais que je vais citer, François Olivier Gisbert qui a fait un entretien de 12 pages dans le dans le point avec Nicolas SarkoZi.
Ça a fait la une du point la semaine dernière. Je vous lis la première question de l'entretien pour vous montrer l'état de destruction du débat public aujourd'hui en France. Je cite Franz Olivier Gisberg.
Aujourd'hui, dans votre situation, dit-il à Nicolas Sarkozy, la solution la plus logique pour vous ne serait-elle pas de vous présenter à l'élection présidentielle afin de laver dans le suffrage universel l'affront de votre détention ? Si c'est pas la la la définition chimiquement pure de ce qui est le populisme contre l'état de droit, de ce qui vient d'être très bien expliqué que aujourd'hui on invoque l'état de droit pour détruire l'état de droit et la liberté d'expression en réalité pour la pour la restreindre et que répond Nicolas Sarkozy à front renversé c'est le le le prévenu et le mise en cause qui dit mais vous savez monsieur Gisbert je ne peux pas techniquement je suis inéligible par les décisions de justice et il termine en disant j'ai toujours respecté scrupuleusement les lois de mon pays et alors là c'est vrai qu'on tombe un peu de sa chaise. Moi, ça me fait penser au chauffard multicondamné qui dit quand même je conduis quand même pas mal moi sur sur l'autoroute.
Voilà et on en est là on en est là dans le débat public à discuter à à dans dans un univers où les faits n'ont plus aucune espèce d'importance d'une stratégie qui est celle d'un homme dont je ne doute pas qu'il ait vécu un choc carcéral qui est violent, qui est absolument violent mais il l' tout le monde. C'est pas parce que Nicolas Sarkozy va en prison que la prison est difficile. Et aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on est un peu comme dans vous savez dans un épisode de de la série Stranger Things où il y a un monde normal, c'est notre monde là comme ça et puis il y a un monde inversé mais littéralement renversé.
C'est ce qui s'appelle l'upside dans le dans la dans la série. Et c'est ce monde là où tout le monde est à l'envers et où où il y a les monstres. Et ben les monstres c'est ça, c'est l'effacement de la frontière entre le vrai et le faux. le poids politique de Nicolas Sarkozy puisque le soutien dont il bénéficie, on a écouté Pascal Pro, il n'est pas le seul.
Cela se vérifie-t-il ? Quel est son poids aujourd'hui véritable au-delà donc des 100000 personnes qui ont déjà acheté ce livre ? Jean les Marie ?
Je crois qu'il y a un paradoxe de de Nicolas Sarkozy quand on parle de popularité. Évidemment à droite, il il reste populaire ce lectorat en témoigne. Il y avait aussi ce sondage amusant dont je vous avais parlé il y a quelques semaines, sondage variant pour l'hémicycle où on demandait au sondé quel ancien président aimeriez-vous voir revenir ?
Et il y avait tout de même 23 % des personnes interrogées qui citaient Nicolas Sarkozy, beaucoup moins que le général de Gaulle, mais tout de même il était présent dans ce classement. Et puis il y a aussi bah si je vous en avais parlé, il y avait aussi euh il y avait aussi Mitteran, il y avait Chiraak, enfin il y avait un effet nostalgie à l'époque aussi qui jouait à plein. Oui, on sondait les gens à la fois sur des présidents d'anciens présidents vivants et d'anciens présidents morts.
Et puis et puis il y a une popularité aussi dans le monde politique de Nicolas Sarkozy qui est réel hein. Il continue à recevoir dans ses bureaux à Paris des personnalités de droite, d'extrême droite aussi. On l'a vu avec Jordan Bardella. euh des personnalités aussi de la sphère macroniste, hein, on l'a vu encore régulièrement avec d'actuels ou d'ancien premier ministres.
Donc popularité évidente encore à droite. Mais mais quand il s'agit de se compter, Fabrice Arf citait tout à l'heure la primaire à droite de 2016 et ben là les voies n'étaient pas là où elles étaient insuffisantes. À la primaire de 2016, lorsque Nicolas Sarkozy a tenté de revenir dans l'arène politique, il a échoué 20 % des voix parmi les électeurs de cette primaire.
Il finit il finit 3e pardon pardon. fini 3e derrière Alain Jupé qui a été définitivement condamné pour des atteintes à la probité et François Fillon qui avait qui a été après définitivement condamné pour des atteint à la probité. Donc voilà, quand on quand on on regarde la politique, on ne regarde pas le CV judiciaire de la France qui est inédit en en la matière.
Et en fait, on discute des stratégies de communication et des stratégies politiques d'un homme multicondamné qui pour moi fait effet de rideau pour ne pas discuter de ce qui est une tragédie française comme dans d'autres pays qui est l'état de la corruption en France dont les statistiques du ministère de l'Intérieur nous montrent qu'elles explosent dont un récent rapport de la Cour des comptes qui a été rendu la semaine dernière nous dit qu'il n'y a aucune volonté politique en France de lutter contre. Je veux dire, quand on est les citoyens et les citoyennes d'un pays comme la France, on a un ancien président Chiraak condamné. Euh Nicolas Sarkozi, son successeur condamné le premier ministre du premier Alain Jupé condamné le premier ministre de de Nicolas Sarkozy, condamné définitivement pour des atteintes à la probité.
Là, je parle d'homme de droite, je pourrais parler d'homme de gauche. Je suis bien placé pour savoir que le ministre du budget socialiste de François Hollande, Jérôme Kausa, était en fait un fraudeur fiscal et je pourrais dérouler longuement. Et en fait, on est on est pris dans cet asile à discuter du livre d'un Nicolas Sarkozy dont un passage moi m'a beaucoup choqué et dont on ne parle absolument pas, c'est quand il se compare au compte de Monté Cristo parce qu'il a non seulement l'indessence de se comparer au capitaine Défus mais en plus cette petite coquetterie baroque de de penser qu'il est le compte de Monté Cristo qui est un personnage de fiction contrairement au capitaine Dréfuge.
Je cite Nicolas Sarkozy dans son livre je n'ai pas envie de me rabaisser avec l'idée de faire du mal à ceux qui m'en ont tant fait. Mais je sais qu'il va me falloir reconsidérer une partie de mes convictions. Vous savez comment ça s'appelle ça ?
S'appelle une menace. Donc ça vis qui Kaddafi, il est mort. Takedine, l'agent de corruption il est mort.
Qui ? Les juges, le policier médiia part. Oui, effectivement effectivement Sarkozy évoque la vengeance et et fait des des menaces de de voilà de manière implicite.
Et au fond, ce livre qui se veut un témoignage est un moment de cette société du spectacle où effectivement il s'agit de dire que le droit n'existe pas, les décisions de justice n'ont pas de sens et que il faut faire l'union des droites. Et donc ça me fait penser moi à une phrase de de guide de bord dans la société du spectacle qui dit "Le vrai est un moment du faux dans cette société du spectacle". C'està-dire on va servir d'une expérience vécue pour en faire l'un des épisodes d'une grande saga qui ressemble dans l'esprit de Nicolas Sarkozy à la vengeance du compte de Monte Cristo avec le faux sans réplique.
De Bar appelle le faux sans réplique. D'autres rendez-vous judiciaires. Fabrice Sarfi.
Ouh là là. Oui. Alors Nicolas Sarkozi dont j'ai déjà dit qu'il avait été définitivement condamné va voir son procès en appel. dans le dans le dossier des financements libiens, ce procès en appel aura lieu de mars à juin prochain, raison pour laquelle, comme ça a été dit très justement, il est présumé innocent évidemment.
Euh par ailleurs, Nicolas Sarkozi risque d'avoir un autre procès directement lié à l'affaire libyenne mais dans un dossier annexe qui s'appelle qui qui est surnommé celui de la fausse rétractation de Ziatakiedin dont j'ai dont j'ai déjà parlé. et le parquet national financier il y a 2 jours a demandé un nouveau procès contre Nicolas Sarkozi mais aussi contre son épouse Carla Bruni Sarkozy qui est mise en examen dans ce dans ce dossier qui a qui a consisté à à à promettre 4 millions de dollars à à l'intermédiaire Zatakiedine pour qu'il se rétracte dans ses accusations contre Nicolas Sarkozy qui subitement il le blanchisse à la fois dans les colonnes de Paris Match mais aussi à l'antenne de de BFM TV. C'est une affaire euh euh épique euh qui réunit une dizaine de personnes et qui pourrait donner lieu à un nouveau procès pour Nicolas SarkoZi.
Nicolas Sarkozy qui est aussi cité sans être poursuivi dans d'autres dossiers, celui de l'attribution du mondial euh au Qatar et euh ses liens avec la Russie. Et puis on en a pas parlé Jean les Marie mais dans ce livre, derrière ce livre, il y a évidemment aussi en Philigran l'état des prisons dont on devrait évidemment parler tellement plus. Encore une fois, je rappelle juste un chiffre très rapidement.
Les prisons françaises sont remplies à 136,2 %. Ce sont les derniers chiffres et évidemment, ce sont pas des statistiques, ce sont des réalités carcérales épouvantables. Et là pour le coup, il y a le portrait de la prison. une prison donc qui est bien entendu une prison particulière pour Nicolas Sarkozy mais de l'intérieur celle-ci est décrite comme étant un lieu particulièrement inhumain journal d'un prisonnier.
C'est donc le livre de Nicolas Sarkozy pubé aux éditions Fillard Fabri Sarfi. On vous retrouve dans les colonnes de média part Michel et Chaninov.
Nicolas Sarkozy