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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 17 juin 2022 24 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesTravail & emploiSécurité

L'interview : Jean-Luc Mélenchon - 17/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Pour l'Ukraine, l'adhésion à l'UE immédiate, pour vous c'est oui ou non ?

  • 2:19OuverteÉludée

    Est-ce que vous maintenez votre position de refuser d'envoyer des armes à l'Ukraine ?

  • 3:16OuverteRéponse directe

    Vous aviez dit que les travailleurs détachés venaient manger le pain des travailleurs français. Vous regrettez cette phrase ?

  • 3:58RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous maintenez votre position de refuser d'envoyer des armes à l'Ukraine ?

  • 5:27OuverteRéponse directe

    Dans l'idée d'une cohabitation, ces aspects de diplomatie seront du ressort du président ?

  • 7:11OuverteRéponse directe

    Le timing de ce déplacement à Kiev, vous y voyez un argument politique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:27Jean-Luc MélenchonFait
    « Je ne voterai aucune nouvelle adhésion à l'Union Européenne sans harmonisation sociale. »
  • 2:20Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Le salaire minimum ukrainien, c'est 138 euros. Le SMIC de Moldavie, c'est 50 euros. »
  • 4:32Jean-Luc MélenchonFait
    « Je ne m'exprimerai pas sur l'armement aussi longtemps que j'aurai dans la situation d'être candidat premier ministre d'un président qui, lui, ne sera pas de mon bord. »
  • 5:49Jean-Luc MélenchonFait
    « La Constitution ne prévoit pas de séparation des tâches. La Constitution donne le pouvoir au Premier ministre sur les questions de défense et sur les questions de politique étrangère. »
  • 10:05Jean-Luc MélenchonFait
    « M. Darmanin a d'abord essayé de nous empêcher de nous appeler Nups et d'être compté comme Nups. »
  • 11:01Jean-Luc MélenchonFait
    « Depuis le début, il veut laisser entendre qu'il n'est pas possible que nous gagnions l'élection législative. »
  • 12:03Jean-Luc MélenchonChiffre
    « 3% de déficit, quand on part de 6,5, égale 80 milliards à retirer du budget. »
  • 12:20Jean-Luc MélenchonFait
    « La Commission européenne disant : il faut supprimer des prestations sociales, il faut taper dans le logement, il faut taper dans la location. »
  • 14:06Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Pour 40 milliards, c'est l'équivalent du budget de la justice et du ministère de l'Intérieur. »
  • 16:15Jean-Luc MélenchonFait
    « La vérité, c'est qu'il a prévu des diminutions de prestations sociales. »
  • 16:26Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Il y a 17 000 lits qui ont été supprimés dans les hôpitaux, dont 5 700 en pleine crise. »
  • 16:32Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Pendant le gouvernement de monsieur Macron, on a fermé 30 maternités. »
  • 18:13Jean-Luc MélenchonFait
    « À 28 degrés sur un chantier, les gens doivent avoir le droit ou de se retirer ou de se mettre à l'ombre pendant un moment dans la journée et ils ont le droit d'avoir accès à de l'eau. »

Temps de parole

  • Locuteur 178 %
  • Locuteur 222 %

5,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Jean-Luc Mélenchon

Vous écoutez RMC.

0:04
Présentateur

RMC, l'interview à Pauline de Valherbe.

0:13
Jean-Luc Mélenchon

8h30 sur RMC et BSM TV. Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Ultime interview avant ce second tour des élections législatives. Et vous aviez un slogan, Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre. Je peux donc dire ce matin que vous êtes le candidat à NUPES au poste de Premier ministre. Il y a un duel qui s'est installé véritablement entre Emmanuel Macron et vous. Un duel que vous avez installé d'ailleurs. Et ces derniers jours, vous dites chacun l'un de l'autre que le chaos, c'est l'autre. Alors on va essayer d'y voir un peu plus clair. Mais je voudrais d'abord qu'on revienne sur cette visite hier à Kiev. Emmanuel Macron qui y était, il est rentré cette nuit. Plusieurs points. D'abord sur le fond.

L'adhésion de l'Ukraine à l'Europe. Plus précisément au processus d'adhésion immédiate. Pour lui c'est oui. Et pour vous ?

0:55
Présentateur

Alors, ça ne mange pas de pain. On peut inscrire, vous savez, la procédure dont il est question. C'est un pays qui s'inscrit comme candidat à l'adhésion. Donc c'est vraiment le démarrage. Le président Macron lui-même avait dit qu'il y en avait pour au moins une décennie. Alors, dans le moment, c'est une démarche un peu symbolique. Pour dire aux Russes, vous voyez, on ne lâchera pas l'Ukraine. L'Ukraine est des nôtres. Et ainsi de suite. Ça, on ne peut qu'approuver. Mais maintenant, doucement, avec les enthousiasmes comme ça, soudain. Parce qu'il faut se rendre compte que, pour ma part, je ne voterai aucune nouvelle adhésion à l'Union Européenne sans harmonisation sociale.

1:35
Jean-Luc Mélenchon

Mais y compris l'Ukraine, y compris la situation dans laquelle ils sont. Ça ne change rien.

1:39
Présentateur

Non, rien du tout. Parce que faire entrer un pays... Non, mais attendez. Qu'on se comprenne bien. Parce que la question que vous m'avez posée, c'est est-ce que je suis d'accord pour qu'ils soient inscrits comme candidats à l'adhésion ?

1:49
Jean-Luc Mélenchon

C'est exactement la question que je vous ai posée.

1:51
Présentateur

Je vous réponds oui. Je dis seulement, il faut faire...

1:53
Jean-Luc Mélenchon

Mais en même temps, vous dites, ça ne mange pas de pain. Donc oui, si ça leur fait plaisir, et si ça peut être rassuré.

1:57
Présentateur

Il y en a pour des années. C'est un signal qu'on donne à la Russie.

2:00
Jean-Luc Mélenchon

Oui, à l'adhésion, mais non. Oui, à l'adhésion. Oui, à la candidature, non à l'adhésion.

2:04
Présentateur

Qu'ils soient candidats. Après, leur adhésion ne dépend pas d'eux, dans mon esprit. Dans mon esprit, leur adhésion dépend de la réponse que l'Europe fera à l'harmonisation sociale. Je demande qu'on réfléchisse bien au point suivant. Le président a même évoqué la Moldavie. D'accord ? Bien. Aujourd'hui, le salaire minimum ukrainien, c'est 138 euros. Le SMIC de Moldavie, c'est 50 euros. Si vous voulez organiser une énorme dépression de dumping social, il n'y a qu'à faire ça, faire adhérer les gens, sans qu'ils se soient mis au niveau. Le président Macron avait lui-même dit que si on faisait une adhésion immédiate, ce serait faire baisser les standards sociaux d'adhésion.

Donc, je tiens à dire cette précision, il ne me coûterait rien de ne pas le faire.

2:48
Jean-Luc Mélenchon

Candidature, j'ai bien compris. Candidature, oui. Adhésion en l'État, non. Deuxième point...

2:53
Présentateur

Non, adhésion si l'Union Européenne doit changer ses méthodes. Et notamment, si l'Ukraine doit adhérer à l'Union Européenne, il faut d'abord qu'on remonte ses standards sociaux.

3:07
Jean-Luc Mélenchon

Et une fois que les standards, ce sera une adhésion à ses standards.

3:10
Présentateur

C'est du travail détaché. Vous ferez venir des Ukrainiens en France qui travailleront pour 138 euros. Alors, il faut quand même y aller doucement, non ?

3:16
Jean-Luc Mélenchon

Vous aviez dit d'ailleurs à un moment que les travailleurs détachés venaient manger le pain des travailleurs français. Vous aviez un peu regretté quand même cette phrase.

3:21
Présentateur

Non, non, pas du tout. Ça s'est passé il y a environ 10 ans au Parlement européen. Et j'ai dit que j'étais contre le travail détaché. Et j'ai oublié de dire, je vous dis entre guillemets, vous qui dites que les travailleurs étrangers viennent manger le pain des français, voilà une situation concrète. Alors, pour que tout le monde m'entende bien, notamment dans le bâtiment et les autres métiers de cette nature, nous sommes opposés au travail détaché parce qu'il permet de payer des gens dans des conditions qui font une délocalisation à domicile.

3:50
Jean-Luc Mélenchon

On a ouvert plein de tiroirs là, Jean-Luc Mélenchon. On va essayer justement d'aller au bout. Il y avait un deuxième point dans cette visite, c'était l'envoi d'armes supplémentaires à l'Ukraine. Emmanuel Macron a annoncé notamment qu'il livrerait six canons ces armes supplémentaires. Est-ce que vous maintenez votre position de refuser d'envoyer des armes à l'Ukraine ?

4:08
Présentateur

Alors, comme ça n'était pas ma position, je n'ai pas de mal à ne pas la maintenir.

4:12
Jean-Luc Mélenchon

Il doit y avoir un peu de flou quand même.

4:14
Présentateur

Non, non, non. Il y a une propagande qui dit que c'est flou. C'est comme sur plein de sujets, on fabrique une caricature et ensuite je suis censé répondre à la caricature.

4:23
Jean-Luc Mélenchon

Ce matin, il n'y aura pas de caricature, vous pouvez répondre précisément.

4:25
Présentateur

Donc, vous n'êtes pas obligé de poser des questions qui ne le sont pas ou qui sont fausses. Nous sommes d'accord tous les deux ?

4:29
Jean-Luc Mélenchon

Vous étiez pour l'envoi des six canons César ?

4:32
Présentateur

J'ai dit depuis le début, et y compris quand les premiers canons César sont arrivés, que je ne m'exprimerai pas sur l'armement aussi longtemps que j'aurai dans la situation d'être candidat premier ministre d'un président qui, lui, ne sera pas de mon bord. Nous nous mettrons d'accord, lui et moi, si je suis premier ministre, pour parler d'une seule voix. Il vient de décider d'y envoyer des canons puisque les canons y sont, j'approuve. Je ne prendrai pas le risque de laisser entendre aux Russes que nous sommes divisés entre Français sur ce qui a lieu de faire. Voilà.

Je pense que je ne peux pas faire plus clair, mais je demande que l'on cesse de m'interroger sur des positions qui ne sont pas les miennes. Depuis le début, je dis attention à ce que nous faisons pour ne pas être considérés comme des belligérants. Ce qui était exactement à la même position que la plupart des responsables politiques de ce pays. Je n'ai donc jamais fermé la porte au fait que l'on donne des armes aux Ukrainiens.

5:26
Jean-Luc Mélenchon

Mais vous insistez aussi sur le fait, et si je l'entends bien, que dans l'idée d'une cohabitation, puisque c'est évidemment ce qui arriverait si vous arrivez à avoir la majorité et donc à entrer à Matignon, ces aspects-là, c'est-à-dire les aspects de diplomatie, politique étrangère, vous considérez que ce sera du ressort du président et vous respecterez cette séparation des tâches ?

5:49
Présentateur

Non, car la Constitution ne prévoit pas de séparation des tâches. La Constitution donne le pouvoir au Premier ministre sur les questions de défense et sur les questions de politique étrangère. La Constitution donne le chef des armées et le président de la République et c'est lui qui négocie et signe les traités. Autrement dit, la Constitution donne aux deux des raisons parallèles de s'exprimer sur ces sujets. Ce que j'ai dit, c'est qu'en toute hypothèse, nous parlerions d'une seule voix. Par conséquent, je pense que sur chaque sujet, il faudra trouver, par la discussion, soit un compromis, soit il peut aussi arriver, madame, que nous soyons d'accord tous les deux.

Parce que quand il s'agit de l'intérêt de la France, il arrive que souvent, les clivages par rapport aux questions étrangères sont moins violents qu'ils n'y paraissent en politique intérieure. Mais il ne faut pas cacher qu'il y a une différence entre lui et moi. Lui est absolument partisan de l'OTAN, pas moi. Eh bien, figurez-vous que si je suis le Premier ministre, ce ne sera pas le premier sujet que je mettrai sur la table. Parce que je n'ai pas intérêt moi-même.

6:48
Jean-Luc Mélenchon

Là-dessus, vous mettrez un peu votre mouchoir en vous disant, on attend.

6:50
Présentateur

Je tiendrai compte de la situation. Les Français ont élu un président de la République. Bon, il est élu légitime. Et s'ils élisent par une majorité un Premier ministre, il est légitime aussi. Donc, c'est notre rôle, à lui et à moi, de faire preuve de bon sens et de raison. Et d'éviter que, devant l'étranger, nous apparissions comme une cohorte confuse.

7:11
Jean-Luc Mélenchon

Le timing, le choix de ce déplacement à Kiev, au cœur de la campagne des législatives, vous avez l'air de considérer qu'il y a quand même un argument politique derrière. Un sous-entendu politique. Un hasard du calendrier auquel vous ne faites pas confiance.

7:24
Présentateur

Non, je ne crois pas du tout qu'il s'agisse d'un hasard de calendrier. Je pense que, certains ont dit, ils s'enfuient. Non, ce n'est pas vrai non plus. Je pense juste qu'ils considéraient que l'élection législative était une formalité administrative. Et d'ailleurs, j'en ai de nombreux échos. Ils pensaient que c'était réglé une fois qu'il aurait gagné, qu'il aurait eu son duel habituel avec Mme Le Pen, qui, comme d'habitude, l'aurait perdu. Ce serait une formalité. Et donc, il y a plusieurs mois qu'ils ont prévu ce voyage. Alors, comme un voyage comme celui-là ne s'annule pas, même s'il avait voulu rester, il ne pouvait plus. Donc, il est parti.

Et puis, en partant, il a fait une déclaration sur un tarmac, puis sur un deuxième. Et nous avons eu un échange à distance. Moi, je lui ai dit, quand il était sur le tarmac en France, c'est bien normal. Il est le président, je suis dans l'opposition, c'est normal que je m'exprime et que je le pique. Quand c'était à l'étranger, j'ai trouvé ça un peu inélégant. Mais passons, c'est déjà difficile.

8:15
Jean-Luc Mélenchon

Il est revenu. Il est revenu. Et là, est-ce que vous le piquez à nouveau ou est-ce que vous considérez, malgré tout, que globalement, cet épisode, il est terminé et que vous le respectez ?

8:25
Présentateur

Mon souci est que les Russes et M. Poutine n'aillent pas croire qu'entre Français, il y a une faille. Non, tous les Français, tous les dirigeants politiques français, absolument tous, sans exception, sont contre l'invasion de l'Ukraine et exigent du gouvernement de M. Poutine qu'il retire ses troupes et qu'il cesse ce qu'on a le droit maintenant de qualifier de crime de guerre, qui est le bombardement de populations civiles, qui ne présentent aucun danger militaire sur le terrain et qui sont absolument sans défense. Donc, je tiens à ce qu'on entende qu'il n'y a qu'une voix de la France à cette heure et elle est toute du même côté.

9:02
Jean-Luc Mélenchon

C'est bien entendu, Jean-Luc Mélenchon. Vos accusations de calcul biaisé des voix, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, y a répondu hier, il parle d'un complotisme comme un autre.

9:13
Présentateur

Oui, c'est M. Darmanin qui est une sorte de personnage très agité. Pourquoi complotisme ? Alors, dans ce pays, si on critique un ministre, si on discute, c'est du complotisme. L'autre dit que je veux empêcher les gens de couper les bois chez eux. Le troisième m'accuse d'union soviétique. Ça, c'était Christophe Castaner. Oui, Castaner. Qui dit, et le président aussi, qui a repris ça, je ne sais pas pourquoi. Oui, qui dit que si vous êtes élu, on ne pourra plus couper les bois chez soi. Voilà, c'est grotesque. Toute une série de journalistes, d'ailleurs, l'ont dit que ça dépassait les bornes, qu'on ne pouvait plus discuter si on en était là. Là, par exemple, M.

Darmanin, ce matin, dit que je suis à force de fréquenter Chavez. Je ne sais plus, il ne sait pas que Chavez est mort depuis neuf ans. Donc, il faut arrêter tout ça.

9:54
Jean-Luc Mélenchon

Il parle de vous comme d'un funeste agitateur.

9:56
Présentateur

Oui, pourquoi pas, il a le droit. Je pourrais, moi aussi, j'ai des adjectifs fleuris. J'en ai plein la bouche. Mais regardons bien ce que nous voulions dire. M. Darmanin a d'abord essayé de nous empêcher de nous appeler Nups et d'être compté comme Nups. Ensuite, lorsqu'il y a eu les décomptes dimanche soir, comme il lui fallait absolument afficher au minimum l'égalité entre la République en moi et chez nous, ils ont commencé à retirer des gens des totaux. Oui ou non, M. Jean-Hugues Rattenon, député France Insoumise, Mme Annick Lebon, députée du GDR, de la Réunion, ont-ils siégé pendant cinq ans sur les bancs de Nups ?

10:31
Jean-Luc Mélenchon

Ils ont été en effet décomptés, ce qui fait que votre total de voix passe légèrement derrière le total des voix macronistes. Mais cela dit, je voudrais rebondir quand même. Je sens qu'il y ait de raison.

10:41
Présentateur

Parce que si avec moi, on pourrait dire, mais vous avez un journal qui n'est pas spécialement des amis de la Nups, qui est le journal Le Monde, qui fait le même compte que vous. Qui a fait le même compte que vous et qui n'a pas repris les comptes du ministère de l'Intérieur. Alors j'ai donc raison de mettre en cause la manière dont le décompte a été fait. Mais ce n'est pas une question centrale. Je sais pourquoi il le fait. Depuis le début, il veut laisser entendre qu'il n'est pas possible que nous gagnions l'élection législative. Or, il est possible que 10 mois de soirée, nous gagnions l'élection législative.

11:09
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, vous avez dit qu'ils avaient fait des fausses accusations contre vous qui étaient complètement délirantes, y compris le fait de ne plus pouvoir couper son bois. Mais quand même, il y a une chose, c'est que dès le soir du premier tour, vous avez accusé le gouvernement d'un plan caché, un projet de hausse de la TVA. Au moment quand même, Jean-Luc Mélenchon, où tous les Français sont écrasés par les hausses de prix, vous vous dites, vous savez quoi, en fait, ils vont augmenter encore les prix. Mais vous sortez ça d'où ?

11:37
Présentateur

Alors, d'abord, commençons par dire ce qui est, parce que vous avez fait un raccourci, je trouve un peu... Enfin, c'est un raccourci. Mais j'ai commencé par dire... Vous avez dit dans votre discours, vous l'avez dit. Non, non, mais écoutez-moi, écoutez-moi. Il y a un engagement pris par le gouvernement de notre pays, le gouvernement de notre pays, à vous et à moi, devant la Commission européenne, de revenir à 3% de déficit. Tout à fait. 3% de déficit, quand on part de 6,5, égale 80 milliards à retirer du budget. Bien. J'ai commencé par dire, vous n'y arriverez pas. Par conséquent, vous allez faire des coupes dans toutes les dépenses publiques, comme vous le demande la Commission européenne.

Et j'ai lu l'extrait de la déclaration de la Commission européenne, disant, il faut supprimer des prestations sociales, il faut taper dans le logement, il faut taper dans la location, je ne l'invente pas. C'est un fait. Les journalistes s'intéressent d'habitude aux faits. Mais moi,

12:30
Jean-Luc Mélenchon

je ne vous interroge pas là-dessus.

12:31
Présentateur

Non, mais très bien.

12:31
Jean-Luc Mélenchon

Je vous interroge sur votre accusation du gouvernement de vouloir augmenter la TVA.

12:37
Présentateur

Déjà, il faut que les gens comprennent pourquoi. Donc, ne vous en déplaise, il me faut bien expliquer pour quelles raisons. Donc, 80 milliards. Monsieur Le Maire commence par dire, ce n'est pas vrai, c'est une invention. Et divers répondeurs automatiques médiatiques reprennent, c'est une invention. Non, c'est un fait. Une fois qu'il a eu dit que ce n'était pas vrai, le lendemain, il dit que c'est vrai. Et il dit, mais nous avons toujours reconnu que nous allons supprimer 40 milliards. Où sont passés les 40 autres milliards annoncés, premièrement ? Deuxièmement, je leur dis, vous n'y arrivez pas et vous le savez aussi bien que moi. Donc, vous serez obligés d'augmenter la TVA. Pourquoi ?

Alors ça, c'est une analyse. Pourquoi augmenter la TVA ? Oui, parce que la Commission européenne, ça ce sont des faits qui donc vous intéressent en tant que journaliste, a fait la recommandation à deux ou trois reprises en 2012, en 2013, en 2016 et je crois en 2017 d'augmenter la TVA pour augmenter les ressources de l'État.

13:30
Jean-Luc Mélenchon

Est-ce que le gouvernement a, oui ou non, annoncé, écrit, dit nous allons augmenter la TVA à un moment où...

13:38
Présentateur

Non, madame. Alors ça s'appelle le débat. Alors vous allez comprendre ça en tant que journaliste. On ne croit pas les gens... Non, mais vous comprenez bien. Vous dites aux gens qui sont hyper angoissés, qui poussent leur caddie, qui voient le prix des pattes et vous leur dites les prix vont augmenter, ils vont le faire. Oui, madame. Oui, madame. Vous inversez la charge de la preuve. Madame, exactement. J'accuse et je dis dites-nous comment vous allez économiser 40 milliards. Figurez-vous que j'ai la réponse. Vous permettez que je la lise ? Allez-y. Alors écoutez bien tous les gens. Voici la chose extrêmement précise que vous répondez.

Pour 40 milliards, c'est l'équivalent du budget de la justice et du ministère de l'Intérieur. Monsieur le maire dit je conteste que nous manquions de clarté sur nos solutions pour faire baisser les déficits et la dette publique de 40 milliards. Voilà ce qu'il répond. Elles sont connues et efficaces. Des réformes de structure, on ne saura pas lesquelles, une vigilance sur chaque euro dépensé et de l'investissement dans la croissance.

Alors je dis vous avez raison de vous méfier de gens parce qu'en 2017 déjà ils avaient dit qu'ils n'augmenteraient pas la TVA et ils ont inventé la taxe carbone qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes qui n'avait rien à voir avec l'écologie qui avait à voir avec le fait que le gouvernement avait écrit à la commission pour atteindre les 3%. Donc vous en déduisez

14:48
Jean-Luc Mélenchon

qu'ils vont augmenter la TVA ?

14:49
Présentateur

Mais madame, je raisonne, je me sers de la chose grise. Vous raisonnez,

14:51
Jean-Luc Mélenchon

vous...

14:51
Présentateur

Non, mais attendez, vous avez une objection à présenter ? Est-ce que vous avez... Moi, je me base en effet sur des faits. Quand un ministre vous dit je vais économiser 40 milliards sans vous dire comment vous le croyez sur parole ? Moi, je regarde les faits. Non, non, je regarde les faits. Je regarde votre programme.

15:07
Jean-Luc Mélenchon

Je regarde votre programme. Je regarde leur programme et je n'ai vu nulle part écrit noir sur blanc qu'ils allaient augmenter

15:13
Présentateur

la TVA. C'est bien ce que je dis. Donc vous êtes une journaliste qui croit sur parole la parole gouvernementale. Mais la vôtre aussi puisque je viens de dire

15:19
Jean-Luc Mélenchon

que je croyais votre programme. Mais pas du tout. Mais oui, je crois votre programme justement Jean-Luc Mélenchon. J'ai regardé toutes les propositions. Elles sont extrêmement concrètes. Elles sont extrêmement précises. Bon, merci. On ne peut pas vous accuser d'avoir un agenda caché.

15:28
Présentateur

Bon, moi je le fais parce que madame, écoutez-moi. Vous faites de la politique. Non, mais ce n'est pas pour vous embêtard. C'est normal, c'est votre rôle j'ai envie de dire. Enfin, moi mon rôle

15:36
Jean-Luc Mélenchon

c'est aussi de montrer les contradictions.

15:37
Présentateur

Si vous me dites qu'il n'y a pas de contradictions que monsieur Le Maire nous dise comment il compte sortir...

15:41
Jean-Luc Mélenchon

Il y a une accusation sans preuve. Voilà ce qu'il y a.

15:44
Présentateur

Ah ben si un raisonnement n'est pas une preuve, en effet, il n'y a rien qui va. Non, c'est votre raisonnement. Depuis Descartes, ça s'appelle le doute méthodique.

15:50
Jean-Luc Mélenchon

Ça s'appelle de la philosophie ou de la politique ?

15:51
Présentateur

Non, ça s'appelle... Arrêtez de dégrader le niveau de la politique. La politique, ce n'est pas forcément mentir. Je redis... Monsieur Le Maire a avoué qu'il veut retirer 40 milliards du budget de l'État. Comment fait-il ? Ou bien il nous dit où il enlève, ou bien il nous dit où il prend. Mais ce n'est pas être les deux en même temps et dire je ne prends rien et je n'enlève rien. Donc, monsieur Le Maire, dans cette situation, a un problème avec la vérité. La vérité, c'est qu'il a prévu des diminutions de prestations sociales. Il a prévu de continuer dans la santé et dans l'éducation les coupes claires auxquelles il procède. Je vous signale que ça, ce n'est pas une accusation sans preuve.

Il y a 17 000 lits qui ont été supprimés dans les hôpitaux, dont 5 700 en pleine crise. Pendant le gouvernement de monsieur Macron, on a fermé 30 maternités. Aujourd'hui, nous sommes à une époque où il n'y a plus de gynécologues dans 13 départements. Ça, ce sont des faits, pas des inventions de Jean-Luc Mélenchon.

16:43
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, j'ai parfaitement entendu. Je montre aussi le raisonnement et la tautologie. Je voudrais qu'on parle de la question de la chaleur parce que tout le monde le ressent. 8h46, il fait déjà extrêmement chaud partout. Il y a 12 départements qui sont en vigilance rouge. Ce matin, sur RMC, j'avais Marie-Lyne qui est femme de ménage à Toulouse qui appelait et qui disait nous, on est oubliés dans notre quotidien, dans notre travail. Est-ce qu'il faudrait, au-delà de la question de l'écologie, Jean-Luc Mélenchon, on sait que vous êtes très impliqué là-dessus et vous avez bien sûr dans la NUPES Europe Écologie Les Verts.

Au-delà de ça, sur la question sociale, est-ce qu'il faut changer les conventions sociales des travailleurs ? Est-ce qu'il faut adapter à la canicule pour les années qui viennent la façon de travailler en France ?

17:25
Présentateur

Alors, vous avez raison. Vous soulignez un impact peu mentionné. Le plus souvent, d'ailleurs, on fait comme si la sécheresse était juste qu'il fait chaud. Mais ce n'est pas juste qu'il fait chaud, c'est qu'il y a moins d'eau. Moi, j'ai raté. J'ai démarré ma campagne présidentielle sur la question du cycle de l'eau, de la sécheresse. Ça n'a pas marché, ça n'intéressait pas. Bon, mais ce n'est pas juste qu'il manque d'eau. Mais le simple fait qu'il manque de l'eau, il faut que vous trouviez 170 litres d'eau par vache tous les jours.

Ça veut dire qu'il va y avoir un problème avec l'alimentation des animaux, il va y avoir un problème avec les céréales, il va y avoir un problème avec les êtres humains.

17:58
Jean-Luc Mélenchon

Et avec les travailleurs.

17:59
Présentateur

Et là-dessus, arrivent toutes les autres conséquences sur la santé et notamment celle des travailleurs. Alors, il y a un article du Code du travail. D'abord, il faut dire ce qu'il y a, c'est que le centre national qui s'occupe de la prévention des accidents du travail et de la santé au travail a déjà dit qu'à 28 degrés sur un chantier, les gens doivent avoir le droit ou de se retirer ou de se mettre à l'ombre pendant un moment dans la journée et ils ont le droit d'avoir accès à de l'eau. Donc, l'employeur doit se donner les moyens portables de donner de l'eau aux gens. À 33 degrés, c'est fini. On ne peut plus travailler dans les mêmes conditions que d'habitude.

Et il y a un article du Code du travail qui recommande aux employeurs de retirer les gens du travail à partir où plusieurs températures sont évoquées. Mais vous avez raison de dire que rien n'est formalisé. Alors, dans les conventions collectives par branche, il faut que la discussion ait lieu. Comme vous le savez, j'ai prévu que si je suis élu, il y aura des réunions de branche pour notamment mettre tous les minimums salariaux au niveau du SMIC. Le SMIC augmentant, il faudra rediscuter la grille des salaires.

Mais je pense que ce que vous venez de dire ce matin est très important et qu'il faudra y mettre la question des conditions dans lesquelles les travailleurs travaillent avec le changement climatique. Parce que là, vous évoquez le trop chaud, mais il y a aussi le trop d'eau qui va arriver en septembre-octobre. Comme la mer Méditerranée est une mer qui se réchauffe plus vite que les autres océans et mers du monde... Et d'ailleurs,

19:22
Jean-Luc Mélenchon

il y a 35 départements qui sont en vigilance sécheresse. Voilà,

19:25
Présentateur

vigilance sécheresse. Certains sont déjà à l'organisation de l'utilisation de l'eau. Donc, la question des mésusages de l'eau devient une question d'actualité. Le gaspillage va devenir aussi une question d'actualité. Alors, pardon, parce que tout à l'heure, nous avons eu une discussion que je n'ai pas pu conclure. Mais au fond, vous avez deux manières de voir le monde. Les uns pensent qu'on va répondre à la situation par le marché. Je ne m'explique pas autrement l'inactivité du gouvernement face à la sécheresse qui s'avance. Parce que tout le monde sait qu'il va vraiment faire très chaud en juillet et en août. Pourquoi ? Parce qu'ils pensent que ça va se régler par le marché.

Les recommandations qu'a fait Mme Borne, c'est appeler le 15 si jamais vous avez trop chaud. Et pour le reste, achetez-vous de l'eau. C'est ce qui a été dit en Guadeloupe. En Guadeloupe, on n'a rien réparé, on en est toujours au même point et on dit aux gens achetez-vous de l'eau. C'est ça le choix

20:11
Jean-Luc Mélenchon

qu'on doit faire dimanche ?

20:12
Présentateur

Mais oui, est-ce que vous choisissez ? Aujourd'hui, tout le monde est dans l'incertitude, aussi bien les libéraux que nous. Nous n'avons pas idée de la violence avec laquelle va déferler l'inflation sur le monde et l'économie mondiale. Nous savons que les banquiers centraux sont en train de serrer les écrous sur le crédit, ce qui veut dire que l'activité pourrait se réduire. Donc, ce ne sont plus les mesures comptes bien sûr, mais ce qui compte, c'est les principes. Les indices, le marché va rayer l'affaire, nous nous disons que ce sont les solidarités et l'entraide qui vont régler le problème. Voilà le choix qu'on fait. Les deux thèses ont leur validité.

Mais c'est aux gens de trancher parce que nous n'avons que notre pauvre cerveau pour décider.

20:47
Jean-Luc Mélenchon

Et c'est un vrai clivage. Vous serez où lundi matin ?

20:51
Présentateur

Eh bien, je serai chez moi, voulez-vous que je sois. J'attendrai le coup de téléphone du président de la République pour me demander de former le gouvernement.

20:59
Jean-Luc Mélenchon

Mais vous y croyez vraiment ?

21:01
Présentateur

Mais pourquoi n'y croirais-je pas ? Parce que c'est une méthode finalement, vous n'êtes pas la seule.

21:05
Jean-Luc Mélenchon

Non, mais je comprends l'argument, je comprends le slogan.

21:08
Présentateur

Oui, mais enfin, écoutez, nous sommes, les macronistes sont dans 417 circonscriptions dont un certain nombre en face de la droite. Personne ne va nous faire croire qu'ils vont gagner toutes les circonscriptions. Nous sommes dans 406 circonscriptions. Autrement dit, entre eux et nous, il y a 11 circonscriptions d'écart. Pourquoi voudriez-vous qu'ils aient gagné d'avance ? Ce n'est pas vrai. La situation est extrêmement équilibrée. C'est ce qu'ils ont dit d'ailleurs le soir même. La situation est que nous pouvons gagner dimanche. Mais la seule riposte aujourd'hui qui reste, c'est de dire mais non, mais non, c'est réglé, vous avez perdu, est-ce que vous allez faire du jardinage ?

Il y a déjà au moins 10 personnes qui m'ont mis à la retraite. Tout ça n'est pas sérieux. Il faut respecter la démocratie. Et les sondeurs s'étant tellement trompés, je suggère que pour une fois, on résonne avec son cerveau plutôt qu'en lisant les recommandations des sondeurs. Ce n'est pas honnête démocratiquement. Donc je le redis pour que tout le monde m'entende. À cette heure, le problème n'est pas réglé. Il faut que vous alliez voter. Votez ce que vous voulez, mais votez. Parce que c'est votre patrie, c'est votre pays, et vous devez trancher. Si vous ne tranchez pas net ce que vous voulez, ça sera la pagaille pendant des mois.

22:17
Jean-Luc Mélenchon

Qu'est-ce que vous dites aux plus âgés qui ne votent pas pour vous ?

22:20
Présentateur

Parce qu'en fait,

22:21
Jean-Luc Mélenchon

on vous a beaucoup entendu parler aux jeunes. Mais finalement, vous ne parlez pas tellement à ceux qui pourraient à un moment voter pour vous, mais qui s'en sont détournés.

22:27
Présentateur

D'abord, je ne raisonne pas par tranche d'âge.

22:31
Jean-Luc Mélenchon

Vous avez quand même beaucoup parlé aux jeunes. Justement, c'est vous qui avez raisonné par tranche d'âge dès le lendemain du premier tour. Notamment vos lieutenants, on disait aux jeunes, sont adressés aux jeunes, ils veulent y voter.

22:40
Présentateur

Les journalistes étant là pour me dire « Ah mais vous voyez, les jeunes ne votent pas pour vous, les vieux ne votent pas pour vous ». C'est absolument faux. Tout le monde vote majoritairement pour vous,

22:48
Jean-Luc Mélenchon

les plus âgés, moins.

22:49
Présentateur

Moi, j'ai présenté des arguments. Ce sont des personnes qui ont de l'expérience, de la bouteille. Ce n'est pas la peine que j'en fasse plus. À partir de 60 ans, de 60 à 69, la statistique montre qu'il y a deux points d'écart entre M. Macron et nous. Il n'y a que deux points de différence. Quand on arrive à 70 ans, c'est-à-dire ma propre génération, 15% votent pour l'ANUPS et le reste votent contre. Déjà, tous ceux qui ont 70 ans ont bien de la chance d'être là. Parce que cela signifie que nos corps ne sont pas usés, que nos métiers ne nous ont pas tués au travail et donc nous avons tout notre cerveau pour réfléchir. Je leur dis, pensez à vos enfants.

Si vous croyez que vous sauverez l'avenir uniquement en transférant vos économies, vous vous trompez. Ce qui est en cause, c'est le monde dans lequel nous allons vivre. Et c'est pourquoi je parle aux jeunes, non pas en leur caressant la tête, mais pour leur dire écoutez, si vous ne faites rien, ne venez pas chouiner après. Donc, allez voter, c'est votre pays. Décidez d'un côté ou de l'autre, mais c'est une dignité d'être citoyen.

23:44
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon qui sera donc chez lui lundi matin à attendre le coup de fil du président. Merci de nous avoir accordé cette ultime interview avant le second tour des législatives. Il est 8h53.

L'interview : Jean-Luc Mélenchon - 17/06 — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote