Les leçons de François Hollande : "Il faut faire ses preuves" - C à Vous 12/4/2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 7:46OuverteRéponse directe
Votre plus grande fierté et votre plus grande erreur ?
- 21:45OuverteRéponse directe
À quoi ressemble une journée de François Hollande et son avenir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:36Invité politiqueFait
« Léonarda, si elle en fait la demande compte tenu des circonstances, et qu'elle veut poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé. »
- 6:40Invité politiqueFait
« Nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte terroriste, même s'il est né français. »
- 7:26Invité politiqueFait
« L'accord de Paris pour le climat est accepté. »
- 8:10Invité politiqueFait
« Mon erreur, je l'ai plusieurs fois rappelé, c'est que la déchéance de nationalité, qui existe dans notre droit, mais que je voulais élargir pour les doubles nationaux nés en France, qui devait être une proposition pour unir, ce n'était pas la mienne. »
- 11:30Invité politiqueFait
« Puisque Alain Juppé n'est pas candidat, alors je vote Hollande. »
- 15:58PrésentateurChiffre
« Il y avait 70 000 exemplaires mis en place initialement. Il a fallu en réimprimer. Il y en a 90 000 maintenant. »
Temps de parole
- François Hollande80 %
- Présentateur13 %
- Invité2 %
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Il paraît que vous en raffolez. Non, c'est ce que vous détestez.
Oui, avec le chou. On a oublié le chou.
Non, et Léonora a fait attention en respectant vos allergies alimentaires. Qu'est-ce qu'on va dîner ce soir ? Donc, on va goûter des spaghettis avec un pisteau d'herbes fraîches mélangées. Puis, il y a du guanciale, des petites amandes et de la truffe d'été. Les spaghettis, on ne sait jamais comment les goûter. Avec la fourchette, avec la cuillère, dans les doutes, on peut toujours les manger. Comme ça. Voilà, on va voir une image. Mais qui ne vient pas, c'est ça qui est génial. Voilà ! Comme Toto, j'ai fait dans les films Misère et Noblesse. Vous avez donc l'autorisation de manger avec les doigts. Ou avec...
Enfin !
Ou avec une fourchette et un couteau. Un plat léger. Il ne faut pas que vous faites attention à votre ligne. D'ailleurs, on apprend dans votre livre que vous n'encombriez pas trop la salle de sport de l'Elysée. Ce n'était pas votre truc.
Oui, ça n'a jamais été mon activité principale. Ce qui voulait dire que j'avais du temps pour le reste.
C'est vrai, ça dégageait du temps pour le reste.
On fait un 6 000 pas de Michel Cymest dans le parc de l'Elysée.
Ça oui, vous le savez.
Il m'avait dit que c'était une condition pour ma durée, au sens de ma santé, pas de mon mandat. Mais voilà, 6 000. Quelquefois, j'ai pu aller à 10 000. Ah ! Il y a des jours où je ne les ai pas révélés, où j'étais quand même nettement en dessous.
Nettement en dessous. Ce livre fourmille d'anecdotes que vous racontez avec l'humour qu'on vous connaît. Et on découvre des personnages de l'ombre assez surprenants, notamment un couple de voisins qui fait face à l'Elysée. Et chaque fois que vous attendiez une personnalité dans la cour de l'Elysée, ils vous faisaient coucou comme ça, dans le côté de la rue. C'est très amusant. Vous les avez même invités à dîner ?
A dîner, non, ils sont venus à une réception. Mais, donc, vous voyez la scène, je suis sur le perron, le président est toujours sur le perron et attend un visiteur. Le visiteur prend du temps pour...
Il part d'avenir parfois.
Il part d'avenir, donc, il y a cet immeuble en face. Il y avait un magasin de lingerie qui était au-dessous, qui n'a pas d'ailleurs prospéré. Ensuite, il y avait au deuxième étage un couple, personnes qui sont d'âge certain, certains, mais qui devaient être là depuis très longtemps et qui avaient dû assister à des visites nombreuses de chefs d'État et de gouvernement. Et à force, vous vous attachez au... Et il me faisait très gentiment plein de signes, et j'espère qu'ils les font aussi à Emmanuel Macron, il n'y a aucune raison. Et plein de signes, ce qui fait que quand le visiteur arrive, je suis en train de faire des signes.
Et il peut penser que c'est à son endroit que je le fais, une espèce de forme de familiarité. Donc un jour, j'ai dit, bon, comme je ne peux pas leur parler, ils sont venus à l'Élysée. Ils m'ont dit qu'ils étaient là depuis le général de Gaulle. Ce qui est drôle, c'est que dans ces situations d'attente, vous devez être parfaitement immobile, parce que vous vous grattez le nez, vous faites un geste, etc. Les photographes sont à l'Élysée.
C'est un studio de photos, oui, à la cour de l'Élysée.
Et donc, je baissais la tête, j'entendais les clics des appareils photos, je la relevais pareil, et on se dit, bon, c'est pour leur propre plaisir. Puis un jour, vous voyez la une de magazine en disant, François Hollande, qu'est-ce qui lui arrive ? Arrêtez les bêtises, avant même que je ne les ai commises. Donc, c'était tout à fait nécessaire de se maîtriser, quitte à avoir presque un maintien assez rigide. Et comme on m'avait cherché sur ma cravate dès le départ, comme si d'ailleurs...
La montre à l'envers.
Vraiment, ne pas avoir la cravate droite pour un président était disqualifiant. C'est impossible. Vous imaginez, il n'a pas la cravate droite, donc comment peut-il prendre des décisions à droite ?
Vous l'avez bien vécu d'ailleurs. Vous appelez ça l'acharnement médiatique. C'est vrai que le 17 mai 2012, vous êtes à l'Elysée depuis deux jours, et le point titre déjà, finit de rire. Et c'est la fameuse photo, vous tentez de regarder votre montre qui est à l'envers. Avec cette question, peut-il faire face ? C'était la première une d'une longue série de couvertures peu flatteuses. Hollande se coutoie, on arrête les bêtises, on se réveille.
17 mai, 17 mai.
Vous étiez depuis deux jours à l'Elysée.
Et comme la une a bien marché, tous les autres magazines ont pris la même.
C'était un filon.
C'était un filon.
Vraiment ?
Vous faisiez vendre ? Regardez la photo, monsieur faible, où je regarde mes pieds.
Ça, c'était sur le perron de l'Elysée. Inspecteur Gatchette. Pépère est-il à la hauteur ? Ça, c'est le point.
Je me suis posé la question, mais pourquoi autant d'acharnement ? Il y a une première raison, c'est que ça avait été très dur aussi pour mon nécessaire pour Nicolas Sarkozy, qui avait eu droit au même... C'était quand même une exagération insupportable, inadmissible même. Et puis, il y avait une volonté de rattrapage. Et puis, il y avait aussi, quand même, pour ces magazines, l'idée que je représentais une politique qui n'était pas nécessairement la leur. Et qu'ils craignaient pour... Ça peut arriver pour leurs impôts. C'est vrai aujourd'hui. Mais... Et puis, il y avait aussi l'idée que la gauche n'était pas légitime et donc ne pouvait pas être crédité d'avance.
Alors, il faut faire ses preuves. Alors, quelques images à présent sélectionnées par nos amis Cyril et Karim. Votre bilan, si on peut faire un bilan... Oui, il faut le faire. ...en 1 minute 30, oui, mais en 1 minute 30 et en images, avec quelques séquences fortes du quinquennat, la voici cette séquence. Le peuple de France, ici rassemblés, de m'avoir permis d'être votre président de la République. J'ai pour mission de redresser notre pays. Et je vais fixer un agenda du redressement. Deux ans.
Je n'ai pas, monsieur le député, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant. J'ai commis une folle bêtise, une folle erreur. J'avais une part d'ombre.
Et avec vous, la France est à vos côtés. Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique.
Mesdames, messieurs les ministres, mesdames, messieurs les députés, je dois avouer que je suis submergée par l'émotion. L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Ce visage, c'est celui d'une adolescente. Elle a 15 ans. Elle s'appelle Léonarda. Elle a été expulsée vers le Kosovo avec le reste de sa famille.
Léonarda, si elle en fait la demande compte tenu des circonstances, et qu'elle veut poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé. Je remercie monsieur Hollande, mais sans mes parents, non. Nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte terroriste, même s'il est né français. Je dis bien même s'il est né français. Dès lors qu'il bénéficie d'une autre nationalité.
La déchéance est une honte, car ce n'est pas l'affaire des terroristes. Rien n'arrêtera jamais un terroriste.
Ce projet de loi nous fait rentrer dans une nouvelle ère.
En application de l'article 49, alinéa 3 de la Constitution, j'ai donc décidé d'engager la responsabilité du gouvernement. Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n'entends pas d'objection. L'accord de Paris pour le climat est accepté. 2012, 2017, sur ces années-là, deux questions fermées dont les réponses ne sont pas forcément dans les images qu'on vient de voir. Votre plus grande fierté et votre plus grande erreur ? Plus grande fierté pour le monde, c'est que la France ait pu recevoir la conférence sur le climat et qu'un accord ait été réalisé.
C'est, je crois, ce qui restera, pas simplement du mandat, mais pour des décennies de ces années-là, parce que c'est l'acte majeur qui vaut pour la France, mais qui vaut pour le monde. Mon erreur, je l'ai plusieurs fois rappelé, c'est que la déchéance de nationalité, qui existe dans notre droit, mais que je voulais élargir pour les doubles nationaux nés en France, qui devait être une proposition pour unir, ce n'était pas la mienne. C'était parce que nous venions de traverser une épreuve avec le 13 novembre, à diviser. Et à partir de là, elle n'avait plus de sens.
Et j'ai commis, même si c'était au départ une initiative qui a vu l'Assemblée se lever d'un bond pour saluer mon intervention, j'ai commis cette erreur d'appréciation.
Pierre.
Dès 1981, vous vous présentez sur les terres chiraciennes en Corrèze. Vous ne serez élu qu'en 88, mais c'est quand même le début assez romanesque, vous d'une histoire assez romanesque, qui va vous lier à Jacques Chirac.
Vous écrivez que vous avez avec lui une relation étrange et pleine de respect, et vous dites qu'à mesure qu'il s'éloignait du pouvoir, vous serez élu vous en 88, et puis on connaît la suite, vous vous rapprochiez l'un et l'autre.
Jacques Chirac, je l'ai combattu sur le plan politique. Dès 1981, comme candidat, nous étions face à face, et j'ai pensé un moment à avoir manqué à l'histoire, puisqu'il ne m'a battu que de quelques centaines de voix. Je n'avais pas de mérite, c'était une vague grosse. Vous avez vu qu'il y a eu d'autres vagues qui ont ensuite submergé le pays à l'occasion des élections législatives. Je l'ai aussi plusieurs fois contesté, notamment sous la cohabitation. J'étais premier secrétaire du Parti Socialiste, il était président de la République, Lionel Jospin était Premier ministre, et il me revenait la besogne de le critiquer chaque fois qu'il intervenait, d'ailleurs assez peu souvent.
Et après, nous nous sommes vus de plus en plus, et il y a eu une scène que je raconte dans le livre, mais que je veux peut-être préciser ici pour en dire davantage. Lorsqu'il y a eu le traité constitutionnel européen, vous vous souvenez, 2005, moi j'avais pris position, et j'avais été suivi par mon parti, non sans mal, et on en a vu les conséquences. Moins l'aura en fait. Et Mélenchon à l'époque, bon.
Jacques Chirac me reçoit, la consultation vient d'avoir lieu chez les socialistes, il me reçoit à l'Elysée, il est président de la République, je suis premier secrétaire, nous sommes en 2005, et il me dit, vous savez, la première fois que j'ai été hué dans mon parti, la seule, ça a été lorsque j'ai appelé les Français à voter pour le traité de Maastricht. Et il m'a dit, j'ai été hué ce jour-là, mais j'ai su, ce jour-là, c'était en 1992, que je serais président de la République. Parce que j'avais pris une décision qui allait dans le sens de l'Europe et de la France. Sous-entendu, mais c'était peut-être mon interpellation. Vous avez été hué. C'était maintenant à votre tour.
Il a appelé pour vous en 2007. Oui, c'était là aussi. Dans une séquence un peu controversée. Une séquence un peu controversée. Mais je dois la vérité de dire qu'il avait eu cette phrase, puisque Alain Juppé n'est pas candidat, nous sommes en 2007, non, en 2012. Oui, pardon. Puisque Alain Juppé n'est pas candidat, alors je vote Hollande. Et je lui fais observer qu'il y a des caméras. Il me dit, je vote Hollande.
Mais ça vous avait plaisir, j'imagine.
Oui, et après, parce que je sentais que ça pouvait créer quelques problèmes, compris à l'intérieur de sa famille. J'ai dit, et c'était vrai, que c'était de l'humour corésien.
Alors, c'est vrai que vous avez l'art du portrait, qu'il s'agisse de Jacques Chirac ou des grands de ce monde. Et quand il s'agit aussi d'apporter une lumière nouvelle à ce qu'on sait d'eux. Exemple, Obama. Alors, à vous lire, on le sent plus sympathique en représentation qu'en petit comité. Vous dites qu'il est davantage préoccupé par son image et par sa ligne, en quelque sorte.
Mais Obama, c'est une icône. Il le sait. Donc, il veut ressembler à son icône.
Donc, il m'égote sur le roi.
Parce que c'est un personnage historique. Premier noir élu président des États-Unis. C'est considérable. Historique, oui. Voilà. Alors, il le sait. La sympathie qu'il dégage en public le charisme, qui est incontestable, d'aller en ratois, est moins vrai en privé. Et notamment, puisqu'on est en train de l'idée... Il ne mange rien. Je voulais lui...
Il ne finit pas son dessert, oui.
Non, mais je voulais lui faire plaisir. Parce que c'était la veille de la cérémonie du débarquement. Et donc, on le convie dans un grand restaurant, d'un grand chef. Et pour le tester aussi, je lui ai dit, on va prendre du fromage. Il n'était pas prévu dans le menu. Je le sens un peu gêné. Parce que la négociation commerciale, le fromage est un sujet de... Ah, mais oui ! Alors, néanmoins, il cède. Et je le vois manger son fromage, vous savez, comme s'il commettait un péché. Donc, voilà. Il n'était pas toujours aussi lumineux et sympathique qu'il pouvait l'être en public. Mais enfin, je pouvais le comprendre. Ce qui compte, c'est l'image publique.
Mais défendez surtout les intérêts des États-Unis.
L'image privée, vous pouvez avoir une très bonne image privée. Mais voici votre image publique. Ce n'est pas... Ça ne sert à rien. Ça ne sert pas forcément à grand-chose.
Vous parlez aussi, on l'a évoqué tout à l'heure, de Poutine. Vous dites que c'est votre rencontre la plus difficile, qu'il peut être à la fois chaleureux, enveloppant, attentionné, et tout d'un coup, totalement glaçant.
Oui, là, je fais de longues descriptions dans le livre. Parce que je crois que ce n'est pas simplement une personnalité. C'est aussi une stratégie, une vision. Et chacun doit l'avoir à l'esprit. Y compris par rapport à ce qui se passe en Syrie, ou ce qui s'est produit, continue de se produire en Ukraine. Lui, il veut retrouver une influence, plus qu'une influence. Il veut recréer ce qu'a été un empire. Et donc, chaque fois qu'il peut trouver une faille, un trou, un manquement, il avance. Et il avance avec des alliés qui ne sont pas tous respectables. Regardez comment il défend Bachar el-Assad aujourd'hui. En niant même l'utilisation des armes chimiques. Ça se fait en France aussi.
Ça se fait là, en France. C'est le deuxième aspect de Poutine. C'est qu'il faut bien comprendre aussi ce qui se passe dans nos démocraties. Il a des alliés au sein de nos démocraties. L'extrême droite. Il est en lien avec toutes les extrêmes droites en Europe. Mais sur le plan personnel, puisqu'il est un mélange de séduction, il est capable d'en avoir, d'attention. Je les rappelle dans le livre.
Avec le petit sac isotherme
qui contenait une bouteille de vodka. C'est quand même étonnant. Oui, c'est des images que les Français doivent connaître pour savoir ce que sont les éléments de vie, y compris au plus haut niveau. Et il est d'une brutalité qui d'un seul coup s'exprime avec un cynisme sans retenue. Et puis après, il passe à un autre niveau de douceur. Mais Angela Merkel, qui le connaissait bien pour...
Mais la seule à ne pas en avoir peur, vous dites.
Si, non, ce n'est pas vrai. Non, non, ce n'est pas vrai. Elle tient, mais quand on était dans la nuit de Minsk en Ukraine, elle me dit, je préfère quand même que tu sois là.
En garde du corps.
Non, pas pour le protéger, la protéger, mais parce que c'est quand même une pression permanente.
Il faut être plusieurs peut-être pour affronter Vladimir Poutine. On parlait de Barack Obama. Il a signé un contrat de 60 millions de dollars pour écrire ses mémoires. Je me demandais, c'est plus pour vous ?
Oui, mais vous venez de m'éclairer. Surtout avec les deux livres. Il n'y avait pas les tarifs.
Oui.
Il fallait me donner le barème.
C'est plus, c'est moins ? Emmanuel Carcassonne, immédiatement.
Non, je ne veux pas donner de chiffres, mais ils sont beaucoup plus faibles. Et tout dépendra du nombre de lecteurs.
En tout cas, a priori, depuis la mise en vente de votre livre, Stock a dû réimprimer deux fois. Il y avait 70 000 exemplaires mis en place initialement. Il a fallu en réimprimer. Il y en a 90 000 maintenant. Ça veut dire que c'est un succès de librairie qui s'annonce. Ça vous rassure ? Vous doutiez de ça ?
Vous aviez peur ? Ça n'intéresse pas les Français ? Parce que, bien sûr, j'ai écrit ce livre et que j'y ai mis à la fois de la vérité, de la réflexion, parfois de l'humour. Mais parce que je voulais que les Français comprennent ce que j'ai fait et ce que c'est que d'être président de la République. Et ça vaut au-delà de moi-même. C'est pour ça que ça s'appelle les leçons du pouvoir. Quels sont les enseignements que l'on peut tirer, les Français, de ce qu'a été l'exercice du pouvoir ? Et peut-être pénétrer, comme nous venons de le faire, dans un certain nombre de lieux où, au-delà des images, on ne sait pas exactement ce qui s'y passe.
Pour qu'aussi, on démystifie les choses et que l'on regarde ce qu'est la réalité du pouvoir. Quelquefois, il agit et ça a des conséquences. Parfois, il ne le peut pas. mais moi, je veux insister là-dessus. Être président, on peut agir, on peut changer, on peut modifier le cours des événements, Syrie, l'Ukraine, le Mali,
le climat.
Le climat. On peut donc changer aussi le monde en étant président de la République française. Il y a peu de pays où l'on peut se dire en élisant son chef d'État ou son chef de gouvernement, on va peser sur le monde.
Combien en a-t-il ?
3, 4 ? Vous parliez à l'instant de démystification. L'un des bons moyens pour démystifier, c'est l'humour. Et l'humour, il a évidemment jalonné aussi tout votre quinquennat. On a vu que dès le départ, notamment dès votre première visite en tant que président au Salon de l'agriculture, l'humour était déjà là. Tu ne l'avais jamais vu, toi ?
Moi aussi !
Bon, ben voilà.
J'ai le deuxième pour ça, Nicolas Sarkozy. Ah ben, tu ne le verras plus.
Ça, c'était au tout début du quinquennat et à la fin de votre quinquennat et même après la fin de votre quinquennat, vous avez reçu votre titre de gloire, le prix de l'humour politique. Je prends conscience qu'un hommage donc m'est rendu. Il était temps. J'ai bien compris que c'était l'ensemble de mon œuvre qui était saluée ce soir. Je parle de ce domaine-là. Mais je vais ici vous faire une révélation. Mon œuvre n'est pas achevée, au moins sur ce plan-là. Merci. Et on vient d'avoir la preuve que sur le plan de l'humour, votre œuvre n'était pas achevée. La semaine dernière, vous étiez face à des étudiants de Sergi. Et voici ce qui s'est passé. Uber ou Scooter ?
Vous êtes bien sûr plus Scooter qu'Uber. Ces étudiants ont eu une excellente idée que je vais leur piquer immédiatement. François Hollande, vous allez avoir le choix. Ça va aller très vite. Attention, c'est parti. Paris ou Tulle ? Tulle, c'est la ville à laquelle je dois me consacrer toujours parce que c'est la ville qui m'a donné les moyens d'être président à Paris. Donc Tulle. Davé ou l'homme ? Jean-Marie ne devrait pas demander ça.
Elle est bonne cette question ?
Oui, Davé ou l'homme ? Peut-être l'homme. Ah, peut-être l'homme. Parce que c'est l'homme. Bah oui, évidemment. Davé est plus fan de football. Attention, question culinaire. Cordon bleu ou tête de veau ? Il y a quelques références là-dessous. Oui, oui, c'est vrai. Tête de veau. Tête de veau. La prochaine, j'en suis pas fier. Royal ou Margarita ? Royal, évidemment. France ou Hollande ? C'était juste pour le jeu de mots. C'est nul aussi. France ou Hollande ? C'est là, on peut passer ? Oui, mais je ne peux pas la suivante. Vaut mieux pour vous, là. Je peux pas la suivante, il y a un piège. PSG ou OM ? Regardez bien les photos.
Non, je dois dire que j'ai toujours eu de la sympathie pour l'OM et ça n'enlève rien au talent du PSG ni aux supporters des deux clés. Donc vous ne répondez pas sur Sarkozy ou Macron ? Pour les équipes. Non, pour les hommes. Non, mais il s'est trouvé que j'ai assisté plusieurs fois à des matchs à côté de Nicolas Sarkozy.
Et alors ?
Qui est un bon supporter. Ah bon ?
Ah, donc c'est agréable.
C'est cocasse de penser qu'il est un supporter. J'ai encore un choix pour vous. Godard ou Spike Lee ? Godard. Même si aujourd'hui, je sais que la sélection est en cours à Cannes, mais ça doit être un peu spécial quand même, Godard, aujourd'hui. Mais il sera. Il sera à Cannes. J'espère qu'il va venir et qu'il ne va pas dire non au dernier moment parce que son dernier film, qui est un essai cinématographique, a été sélectionné. On l'a annoncé ce matin avec Frémaux. Et alors, sélection dévoilée ce matin ? Alors ? Il y a Spike Lee aussi qui revient 25 ans après, toujours aussi militant mais apaisé. En France, il y a le nouveau film de Brisé avec Vincent Lindon, encore plus social.
Il y a Christophe Honoré. Et puis, il y a toute une sélection de jeunes talents qui viennent avec un premier ou un deuxième film.
Il y a un renouvellement de génération fantastique. Et une affiche magnifique.
Oui. Et une affiche magnifique, Pyrrolfou, avec Belmondo et Anna Caridou. Je vous le voyez là. Alors, il y a aussi, hors sélection, je sais, un film sur Mandela et son procès. Absolument. Produit par... Produit par... Produit par qui ? Produit par Julie Gaillet. Voilà ! Et puis...
Vous y serez alors ? Un calme ? Maintenant, vous n'êtes plus président.
Si j'y viens, je serai discret. Et sur, autrement, les films, j'ai vu récemment Vincent Lindon et il m'a dit mon film va être une révolution. Donc, préparez-vous. On est prêt.
Est-ce que vous avez plus de... Enfin, vous avez plus de temps pour vous, mais à quoi ressemble une journée de François Hollande et à quoi ressemble son avenir ?
Vous savez, quand on n'est plus président, on est un ancien président et par définition, il n'y a pas de rôle attribué. Jusqu'à récemment, c'était de siéger au Conseil constitutionnel et je n'ai pas voulu entrer au Conseil constitutionnel parce que j'estimais que c'était une tradition, un élément constitutionnel qui n'avait plus de sens aujourd'hui. Comment juger les lois que l'on a soi-même fait voter ? Donc, je m'y suis refusé. Donc, je suis libre. Être un ancien président, c'est de pouvoir faire ce qu'on n'a pas pu faire avant.
Et moi, j'ai considéré que pour être toujours au service des Français, je devais lancer une fondation, la France s'engage, et soutenir toutes les initiatives innovantes qui contribuent à la solidarité, à la transition écologique. et je m'y consacre. Ça me prend, disons, un, deux jours par semaine. Et je découvre, je vais sur le terrain, dans tous les territoires, je découvre le talent et la créativité, mais surtout la générosité d'une génération qui nous dit, et qui me dit, vous savez, M. le Président, on parle de Président de la Fondation, je vais changer le monde.
Je vais changer le monde parce que mon idée va permettre à des personnes isolées de pouvoir reprendre contact grâce au numérique, ou je vais changer le monde parce qu'on va mettre des drones qui vont permettre à des réfugiés d'avoir l'électricité, et je vais changer le monde parce que je vais permettre qu'on apprenne les langues étrangères différemment. Voilà, j'ai rencontré une personne sourde qui avait inventé, qui n'était pas sourde, qui était dans une famille de sourds, qui a inventé un système de traduction qui fait que sur son portable, même quand on est sourd, on peut lire ce que vous venez de poser comme question. Et ça va changer là aussi le monde.
Et vous défendez l'ancien monde, vous dites qu'il a de l'avenir, peut-être un avenir en politique. D'ici là, on peut lire Les Leçons du Pouvoir, c'est disponible aux éditions Stock. Vous avez envoyé un exemplaire au Président Macron ?
Oui.
Avec une dédicace ?
Avec une dédicace, bien sûr.
Vous ne pouvez pas nous dire l'esprit de cette dédicace ?
C'est que, je ne veux pas dire la dédicace elle-même, mais qu'à chaque Président de tirer des leçons.
Merci beaucoup François Hollande d'avoir accepté ce soir l'invitation de toute l'équipe. C'est moi qui vous remercie. Merci. Vous pouvez revoir cette émission de ce soir dès ce soir à 23h30. Si vous n'avez rien à faire, vous êtes libre.
Je vous le conseille. C'est ça, être ancien Président, c'est de pouvoir regarder même tard.
Vous aurez le temps ce soir. Je vous le conseille, c'est un excellent programme. C'est à 23h30. Tout de suite, Entrée libre, Claire Chazal. Demain, à notre table, Kev Adams, Mélanie Bernier et Maître Temim qui défend les intérêts de Laura Smet dans l'affaire Hallyday. Il ne nous reste plus qu'à nous tourner vers John qui est derrière vous, M. Hollande, pour souhaiter à nos téléspectateurs une excellente soirée sur France 5. A demain, 19h, en direct. On vous embrasse. Ciao.
Ciao.
François Hollande