Présidentielle 2027 : Édouard Philippe envisage un référendum sur les retraites s'il est élu
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:44OuverteRéponse directe
Est-ce que les Français peuvent encore l'entendre ? Après tant d'années de guerre, est-ce que vous pensez vraiment pouvoir les convaincre que ça reste un sujet capital ?
- 1:37RelanceRéponse partielle
Vous voyez que pour la première fois en février dernier, moins d'un Français sur deux était favorable à un soutien à l'Ukraine. Vous avez des formations politiques qui disent que s'il faut faire des économies, il faut commencer sur l'aide à l'Ukraine.
- 3:24RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal de faire de l'Ukraine un sujet existentiel quand on laisse en France exprimer ce genre de propos venus tout droit de Moscou ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Mais qu'est-ce que vous pensez de la présence large de cette personne sur une antenne qui est très regardée ?
- 5:16FerméeÉludée
Ça veut dire qu'il faudrait quoi qu'elle s'en aille, qu'elle quitte la France ?
- 5:58RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous en tirerez des conclusions personnelles en disant « Moi, comme je vois effectivement cette dame, je n'irai pas sur CNews » ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« C'est un sujet capital. »
- 1:59Invité politiqueFait
« Je ne recommande pas de faire des économies sur notre sécurité dans un monde dangereux. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« Quand j'étais Premier ministre, et depuis, la France a consacré plus de moyens à sa défense, et je pense que vu la dangerosité du monde, elle a bien fait. »
- 2:24Invité politiqueFait
« L'Ukraine, c'est un pays libre, souverain, agressé par la Russie, qui rentre sur son territoire par la force et qui veut la soumettre à sa volonté. »
- 2:56Invité politiqueFait
« Est-ce que l'Europe a intérêt ou non à soutenir l'Ukraine ? »
- 3:54Invité politiqueFait
« J'ai entendu les propos de cette dame que je ne connais pas. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Moi, j'ai été donné un message de soutien et d'engagement personnel et politique. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Le message bizarre, me semble-t-il, c'est plutôt ce qu'elle relaie. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Je suis totalement en faveur de la liberté d'expression, quels que soient les médias qui s'expriment. »
- 6:31Invité politiqueFait
« Relayer à Paris les positions de la Russie, c'est critiquer la position de la France. »
- 7:04Invité politiqueFait
« J'ai dit ce que je pensais. Je n'avais aucun doute sur le fait que ce que je disais ne serait pas suivi. »
- 8:41Invité politiqueFait
« Je pense que la France a du retard à rattraper. »
- 9:24Invité politiqueFait
« Probablement pas. Probablement pas. »
- 10:45Invité politiqueFait
« La moitié des habitants de la ville du Havre vivent dans ce qu'on appelle la ville basse, c'est-à-dire la ville qui se trouve au niveau de la mer. »
- 10:56Invité politiqueFait
« Dans les plans d'urbanisme, il est inscrit d'ores et déjà la possibilité d'une submersion littorale à l'horizon 2100. »
- 12:06Invité politiqueFait
« Il est impératif de réutiliser, d'utiliser à nouveau l'outil référendaire. »
- 13:38Invité politiqueFait
« C'est l'idée d'inscrire dans la Constitution une contrainte qui s'applique au gouvernement et au Parlement pour voter les budgets en équilibre ou pour revenir à l'équilibre. »
- 13:49Invité politiqueChiffre
« Ça fait 52 ans de suite. »
- 14:30Invité politiqueFait
« Ce sera inspiré de l'idée qu'il faut mettre en place un peu de capitalisation, obligatoire, probablement travailler plus longtemps, et peut-être pas de façon uniforme, tout le monde dans les mêmes conditions, jusqu'à 67 ans, mais tous un peu plus longtemps. »
- 22:44Invité politiqueFait
« Je n'ai pas enfreint la loi et je suis innocent. Et que je tiens à le dire. »
- 23:02Invité politiqueFait
« Je me suis tenu et je me tiendrai à la disposition de la justice pour répondre à toutes les questions qui se poseront. »
Temps de parole
- Édouard Philippe70 %
- Présentateur15 %
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Dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin le maire du Havre, candidat à l'élection présidentielle. Avec vos questions, évidemment, vos remarques, chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Edouard Philippe. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Alors qu'à moins d'un an de l'élection présidentielle, la campagne s'accélère, Gabriel Attal est lui aussi candidat désormais. Quelles sont vos différences ? On en parlera, on prendra aussi des nouvelles de votre projet massif. Je mets des guillemets qui se fait toujours attendre. Mais d'abord, Edouard Philippe, vous êtes rentré hier d'un séjour à Kiev, en Ukraine.
Vous avez rencontré le président Zelensky. Vous dites vouloir inscrire l'Ukraine comme un des grands sujets de la campagne présidentielle. Est-ce que les Français peuvent encore l'entendre ? Après tant d'années de guerre, est-ce que vous pensez vraiment pouvoir les convaincre que ça reste un sujet capital ?
C'est un sujet capital. Je pense que tout le monde en France et probablement tout le monde en Ukraine préférait que ce sujet soit derrière nous. Préférait qu'on arrive, qu'on revienne à une paix qui permette à l'Ukraine de vivre souverainement. Mais la vérité, c'est que là-bas, c'est encore la guerre. Il y a une ligne de front où les combats sont acharnés. Et au-delà de la ligne de front, il y a des bombardements, il y a des missiles, il y a des drones, il y a des morts. Et donc la guerre est encore, et manifestement pour quelque temps, aux frontières de l'Europe.
Et je pense que personne en Europe, et donc personne en France, ne peut se désintéresser de ce qui se passe à notre frontière extérieure, parce que c'est un élément important de notre sécurité.
Vous voyez, Édouard Philippe, que pour la première fois en février dernier, moins d'un Français sur deux était favorable à un soutien à l'Ukraine. Vous avez des formations politiques, que vous allez d'ailleurs affronter à l'occasion de l'élection présidentielle, qui disent que s'il faut faire des économies, il faut commencer sur l'aide à l'Ukraine. Quand on demande, comme vous, des économies importantes, certains vont vous dire qu'il faut commencer sur l'aide militaire qu'on donne aux soldats ukrainiens.
Je ne recommande pas de faire des économies sur notre sécurité dans un monde dangereux. Non, mais vraiment pas. D'ailleurs, quand j'étais Premier ministre, et depuis, la France a consacré plus de moyens à sa défense, et je pense que vu la dangerosité du monde, elle a bien fait. Ce qui se passe en Ukraine, c'est à la fois une question de principe et une question d'intérêt. C'est une question de principe. L'Ukraine, c'est un pays libre, souverain, agressé par la Russie, qui rentre sur son territoire par la force et qui veut la soumettre à sa volonté. Il y a une question de principe.
Est-ce qu'un pays libre, souverain, en l'occurrence une démocratie probablement imparfaite, c'est vrai, mais enfin une démocratie qui veut se rapprocher de l'Europe, peut être agressée et conquise par la Russie ? Première question de principe. Moi, je considère que la France, elle est dans son rôle, elle est dans sa voix lorsqu'elle dit que ça n'est pas acceptable, et lorsqu'elle aide un pays à défendre sa liberté et sa souveraineté. Et puis, il y a une deuxième question, au-delà de la question de principe, c'est une question d'intérêt. Est-ce que l'Europe a intérêt ou non à soutenir l'Ukraine ?
La vérité, c'est que la volonté de puissance russe, telle qu'elle s'exprime, avec un recours à la force, a notamment pour objectif, ce n'est pas son seul objectif, mais a notamment pour objectif de fragiliser l'Europe. Plus l'Europe est faible, plus l'Europe est inquiète, plus l'Europe est soumise, mieux Moscou se porte. Et donc, je pense qu'il est dans notre intérêt de montrer que nous sommes un bloc uni et que nous sommes capables d'aider nos alliés, nos cousins, en l'occurrence nos frères ukrainiens, à se défendre.
Alors, vous parlez d'affaiblir l'Europe, c'est la volonté de Moscou. On a justement une enquête du Monde qui souligne l'influence d'une propagandiste du Kremlin, Xenia Fedorova, ancienne patronne de RT France, aujourd'hui chroniqueuse sur CNews, sans contradiction, sans transparence sur son pédigré. Cette même Xenia Fedorova dit à votre sujet, « La visite d'Edouard Philippe à Kiev envoie un message bizarre, puisqu'il faudrait dialoguer avec la Russie. » Est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal de faire de l'Ukraine un sujet existentiel quand on laisse en France exprimer ce genre de propos venus tout droit de Moscou ?
J'ai entendu les propos de cette dame que je ne connais pas. Je ne sais pas si c'est un message bizarre, mais ce que je sais, c'est que je suis allé à Kiev alors que Moscou disait « Aucun diplomate ne doit rester en Ukraine, aucun étranger ne doit être à Kiev parce que nous allons bombarder. » Franchement, n'inversons pas les rôles. Moi, j'ai été donné un message de soutien et d'engagement personnel et politique.
Mais qu'est-ce que vous pensez de la présence large de cette personne sur une antenne qui est très regardée ?
Le message bizarre, me semble-t-il, c'est plutôt ce qu'elle relaie. Ensuite, je ne la connais pas et moi je suis totalement en faveur de la liberté d'expression, quels que soient les médias qui s'expriment. Ça ne veut pas dire que je suis toujours d'accord avec, mais je n'ai pas de problème avec ça. J'observe néanmoins que cette dame, qui n'est pas ressortissante française, s'exprime, qui n'est pas journaliste d'ailleurs non plus, je crois, qui n'a pas de carte de presse, s'exprime de façon très récurrente, en effet, sur un certain nombre de médias français, dont les propriétaires sont d'ailleurs parfois extrêmement soucieux d'expliquer que l'immigration, ça suffit.
Elle a une carte de séjour et elle vient parler en France en s'exprimant en général contre le gouvernement ou contre la position française et en se faisant le relais, à dessein ou non, des positions russes. Je trouve ça curieux et je les ai trouvés, je les ai trouvés plus, j'ai trouvé ces médias plus promptes
à défendre l'intérêt de la France dans d'autres occasions. Mais juste, Edouard Philippe, pour suivre la logique, puisque vous parlez de sa carte de séjour, ça veut dire qu'il faudrait quoi qu'elle s'en aille, qu'elle quitte la France ?
Je n'ai pas dit ça, je trouve que les étrangers qui sont accueillis sur le territoire national et qui vivent dans un pays de grande liberté d'expression, où ils peuvent même critiquer le gouvernement qui les accueille et le pays qui les accueille, je trouve que, encore une fois, les propriétaires de CNews et du JD News et de je ne sais quels organes de presse dans lesquels s'exprime cette dame sont souvent beaucoup plus durs et beaucoup plus exigeants avec la présence sur le sol d'étrangers en France.
Ça, c'est une critique en règle, notamment des médias possédés par Vincent Bolloré. Est-ce que vous en tirerez des conclusions personnelles en disant « Moi, comme je vois effectivement cette dame, Xenia Fedorovac, qui officie à l'antenne, je n'irai pas sur CNews, je ne donnerai pas d'interview aux médias qui lui donnent la parole ? »
Écoutez, je dois avouer que je ne regarde jamais CNews. Oui, mais là, ce n'est pas regarder, c'est participer à des interviews. Et il ne vous aura pas échappé que j'y vais rarement. Je ne renonce pas à aller sur un média en disant « J'irai sur tous les médias pendant la campagne pour exprimer ce que je pense ». Mais après, les gens prennent leur responsabilité, encore une fois. Et il est clair que relayer à Paris les positions de la Russie, c'est critiquer la position de la France. Eh bien, moi, je considère que la position de la France sur l'Ukraine, elle est bonne. Et je veux la défendre et je veux la poursuivre.
Un tout dernier mot sur le sujet, Edouard Philippe. En octobre dernier, en pleine crise politique, vous aviez appelé Emmanuel Macron à démissionner pour qu'une présidentielle anticipée soit organisée. Quand on voit ce chaos du monde que vous décrivez en Ukraine, on pourrait aussi parler de ce qui se passe en Iran, est-ce que vous ne vous dites pas avec le recul, face à cette instabilité mondiale ? Heureusement qu'en France, il y a de la stabilité. Est-ce que vous regrettez ces propos ?
On aurait pu aussi dire qu'un président nouvellement élu avec une majorité stable aurait pu mettre en place un certain nombre de réformes dont nous avons besoin. Ce n'est pas le scénario le plus plausible. C'est ce que vous dites. Mais je pense encore une fois que quand la clé de voûte des institutions met en danger les institutions, et en tout cas provoque leur instabilité permanente pendant trois ans, il est utile d'en tirer les conséquences. J'ai dit ce que je pensais. Je n'avais aucun doute sur le fait que ce que je disais ne serait pas suivi. Les faits s'agissant du président de la République, aujourd'hui la question est sérieuse.
Moi je soutiens le président de la République quand il dit des choses que je crois justes. Je le soutiens totalement dans l'actualisation qu'il a fait de la doctrine nucléaire française. Son discours qu'il a prononcé à Brest est un remarquable discours. Mais sur ces propos, Edouard, vous voyez bien que ça vous parle.
Mais vous voyez bien que vous avez aussi dit... Attendez, attendez, attendez. Vous avez aussi dit...
Lorsqu'il dit des choses que j'estime justes, je le soutiens. Quand il se fait des erreurs, et des erreurs qui me paraissent mettre en danger la stabilité des institutions,
je le dis aussi. Mais est-ce que vous ne regrettez pas d'être passé pour peut-être un responsable politique avec une forme d'hypocrisie qui dit je ne dois rien à Emmanuel Macron, qui demande à ce qu'il s'en aille, alors même que vous lui devez beaucoup ?
Monsieur Duhamel, je ne regretterai jamais de dire des choses que je pense.
Très bien. Edouard Philippe, ça ne vous a pas échappé ? La France vit un épisode de chaleur, de canicule précoce, inédit. Vous, qui avez été le Premier ministre, qui a abandonné la taxe carbone, l'idée de mettre en place une taxe carbone, qui a vu son ministre de l'écologie, Nicolas Hulot, démissionner ici même en direct à la radio. Est-ce que vous vous dites que vous avez du retard à rattraper sur cette question de l'écologie, du changement climatique ?
Je pense que la France a du retard à rattraper. Elle avance. C'est difficile de le dire aujourd'hui, parce qu'aujourd'hui on est confronté à un événement climatique qui donne le sentiment qu'on n'est pas prêt, et du reste on a encore beaucoup de travail à faire. Mais elle avance.
Mais est-ce que ça fera l'objet de mesures massives dans votre programme ?
Je vais vous répondre, et en plus je vais vous répondre parce que je pense que le sujet que vous évoquez, c'est un sujet qui est extrêmement important. Nous avons avancé. La France, ne parle pas de moi, la France a avancé. On a réduit nos émissions de CO2, on a lancé des plans d'adaptation. Il se passe des choses. Regardez toutes les villes en France, elles ont lancé des plans d'adaptation à la transformation climatique. Il se passe des choses dans notre pays. Nous avançons. Est-ce que nous avançons assez vite pour faire face à une transformation aussi massive ? Probablement pas. Probablement pas. Je veux bien l'entendre. Donc, il est clair que nous devons avancer.
Il est clair que l'enjeu de la transformation climatique, de l'adaptation à cette transformation climatique est un enjeu politique qu'on ne peut pas nier. J'observe, dans le spectre politique tel qu'il s'exprime aujourd'hui, que vous avez d'un côté, à la droite extrême, des gens qui continuent à être climato-sceptiques, qui continuent à expliquer que non, vraiment, c'est vraiment pas un sujet, on a déjà vu ça. Vous avez des gens qui continuent, soit très fermement, soit indirectement, à nier la réalité du problème. Et vous avez à l'extrême gauche, à LFI, des gens qui disent, il y a un énorme problème, mais vous inquiétez pas, si on est élu, on arrête le nucléaire.
Il n'y a pas de solution sans le nucléaire pour lutter face à la transformation climatique. Il n'y en a pas. Et d'ailleurs, j'observe que dans les pays proches de la France qui s'étaient engagés, à mon avis, à mauvais escient dans cette voie, je pense par exemple à la Belgique, on est revenu en arrière parce que nécessité fait loi.
Donc le plan d'électrification avancé, ça me convient.
Ce sujet est un sujet qu'on ne peut pas méconnaître. C'est un sujet important. J'en ferai un enjeu majeur dans la campagne. Nous devons impérativement décarboner notre production d'énergie et nous devons, dans le même temps, lancer un grand plan d'adaptation partout.
Et ça méritera de la dépense publique.
L'État. Ça justifiera de la dépense publique. Et de la dépense privée. Un grand plan d'adaptation. Permettez-moi juste de vous donner un exemple. Les grands discours sont bien, les exemples sont toujours mieux. Je suis maire d'une ville, le Havre, qui a 168 000 habitants. La moitié des habitants de la ville du Havre vivent dans ce qu'on appelle la ville basse, c'est-à-dire la ville qui se trouve au niveau de la mer. Dans les plans d'urbanisme, il est inscrit d'ores et déjà la possibilité d'une submersion littorale à l'horizon 2100. Vous allez me dire, 2100, j'aurais 130 ans, 2100, je ne serais probablement plus là.
Mais lorsque vous êtes un responsable politique, votre fonction, ce n'est pas simplement de penser à l'urgence, c'est de penser à demain, voire à après-demain, à vos enfants. Et aux enfants de vos enfants. Si on n'adapte pas nos villes littorales à la transformation climatique, on s'expose dans 30 ans, dans 40 ans, à des déconvenus majeurs. Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui pour adapter ça ? C'est bien de faire du droit. C'est bien de dire, on va limiter la densité à tel endroit. Mais on doit penser aussi des investissements. On doit penser des outils de protection. On doit penser de la recherche technologique pour veiller à protéger nos villes. Donc, le sujet est extrêmement sérieux.
Et vous le traiterez ? Je le traiterai complètement, sérieusement, et très loin des postures qui nient d'un côté au Rassemblement National ou qui ne bouclent pas du côté de LFI.
Sur les postures et les propositions, avant de parler politique, on voudrait juste essayer de comprendre ce qui se passerait dans les jours qui suivraient votre éventuel arrivée à l'Elysée. Puisque là encore, vous avez esquissé ce à quoi ça pourrait ressembler. Vous avez donc évoqué une dissolution, ça c'est logique, pour avoir tenté d'avoir une majorité. Puis des référendums, et notamment sur les retraites. Alors là, Edouard Philippe, il faut clarifier ce point. Parce que si vous faites un référendum sur les retraites après avoir été élu, ça veut dire que si vous perdez ce référendum, il n'y a pas de réforme des retraites pendant 5 ans. Le sujet que j'évoque,
c'est qu'est-ce qui se passe dans une campagne électorale pour répondre à l'équation, qui est l'équation dont je ne suis pas sûr qu'elle sera l'équation présidentielle de 2027, mais enfin, qui a été l'équation présidentielle en 22, en 17 et en 2002. C'est-à-dire une victoire d'un candidat contre l'extrême droite grâce à un rassemblement de voix qui ne sont pas unanimes, c'est le moins qu'on puisse dire, et qui sont même franchement opposés au premier tour.
Il me semble qu'une bonne façon de ne pas donner le sentiment de piéger les électeurs qui au deuxième tour font le choix de celui ou de celle qui lutte contre l'extrême droite, c'est de leur laisser la possibilité de s'exprimer sur un certain nombre de... Donc vous faites campagne sur des propositions, vous ne prenez pas ça comme une sorte de mandat et vous leur reposez la question un mois après. Et donc je pense que dans le système actuel politique, avec les blocages de la société française, il est impératif de réutiliser, d'utiliser à nouveau l'outil référendaire. Et je propose de profiter de l'élection législative qui se tiendra mécaniquement après l'élection présidentielle...
Mais si vous perdez sur les retraites, Edouard Philippe ?
Parce que vous vous expliquez
que c'est la réforme cardinale pour faire des économies. Si vous perdez, comment est-ce que vous faites ces économies-là ?
Et donc, et je termine, je vais répondre à votre question. Je suis désolé, mais j'ai besoin d'un petit peu plus de temps que vous pour répondre. C'est comme ça. Et donc je considère qu'il peut être utile après l'élection présidentielle, au moment des législatives ou quelques mois après, de proposer aux Français de trancher des questions par référendum. Une des questions que je crois nécessaires de trancher, c'est la question de la règle d'or. Qu'est-ce que c'est la règle d'or ? C'est l'idée d'inscrire dans la Constitution une contrainte qui s'applique au gouvernement et au Parlement pour voter les budgets en équilibre ou pour revenir à l'équilibre. Ça fait 52 ans de suite.
Oui, mais là, vous vous échappez des retraites. Parce que d'abord, moi j'aimerais bien savoir quelle est la question que vous poseriez dans un référendum sur les retraites.
Je souhaiterais que l'on puisse faire un référendum sur la règle d'or. Sur la question des retraites, on verra comment est-ce que la campagne présidentielle se déroule. Ah donc c'est plus sûr de faire un référendum ? Je vous ai dit que j'en ferai un sur la règle d'or. Vous avez dit en mars,
en meeting à Lille, je ferai un référendum sur les retraites.
Et que je peux ensuite, dans le courant, soit de la législative qui viendra, soit après, poser aux Français une question. Alors vous savez, on ne pose pas des questions au référendum, on propose un texte de loi.
Oui, mais alors ce serait quoi ? Retraite à 67 ans ?
Sur des orientations ? Pour ou contre ? Ce sera ce que je proposerai aux Français en matière de retraite. Et ce sera, et ce sera inspiré de l'idée qu'il faut mettre en place un peu de capitalisation, obligatoire, probablement travailler plus longtemps, et peut-être pas de façon uniforme, tout le monde dans les mêmes conditions, jusqu'à 67 ans, mais tous un peu plus longtemps.
Mais vous avez vu, juste Edouard Philippe, ce 67 ans, il vous colle à la peau depuis une interview, vous vous donnez à Challenge en disant ça pourrait être 65, 66, 67. Tous vos opposants disent Edouard Philippe, c'est la retraite à 67 ans. Est-ce qu'Edouard Philippe, son projet de société, c'est la réforme des retraites à 67 ans ?
Non, monsieur Duhamel, d'abord que les opposants me critiquent ou caricaturent des positions que j'ai pu prendre, c'est parfaitement naturel. Ce que je dis, ce que j'assume, parce que je crois que c'est vrai, alors même que je sais que c'est impopulaire, c'est que si nous voulons préserver notre modèle social et préserver notre modèle de financement des retraites, compte tenu de notre négographie, nous allons devoir travailler plus longtemps. Oui, nous allons devoir travailler plus longtemps. Et ce n'est pas très agréable à entendre, je le sais, mais nous allons devoir travailler plus longtemps. Est-ce que nous allons tous devoir travailler plus longtemps dans les mêmes conditions ?
Non, parce que dans le monde du travail, il y a des gens comme vous, comme moi, comme beaucoup d'autres, qui ont une façon de s'organiser dans leur travail, une liberté d'organisation dans leur travail ou qui trouvent un sens dans leur travail qui fait que le travail est moins dur pour eux. Ça ne dit pas si un âge légal à 67 ans fait partie de vos plans ? Il faudra qu'il y ait un âge légal parce qu'il y a une contrainte collective qu'il faut tenir. Je ne crois pas du tout au système dans lequel on renvoie à chacun la possibilité d'équilibrer collectivement le système. On vit dans un système de solidarité. Il faut donc l'équilibrer.
Et je considère que oui, il va falloir accepter l'idée qu'on travaille un peu plus longtemps et que chacun travaille un peu plus longtemps. Et ensuite, on peut parfaitement prendre en compte les cas spécifiques, les retraites, les carrières longues, évidemment, ou les différents types de travail. Je vous donne un exemple là encore, puisque c'est vous qui m'avez branché sur le sujet et c'est un sujet important. Il n'y a pas très longtemps, j'étais dans le Finistère. Et dans le Finistère, j'ai été visiter une entreprise. Le job des gens qui bossent là-bas, c'est de découper des filets de sardines et de les mettre dans des boîtes de conserve. En général, ce sont des femmes.
Elles travaillent debout, dans l'humidité, dans le froid. Et franchement, c'est un job dur. Alors, il ne faut pas aller leur expliquer la valeur travail. Je sais très bien que ce job-là, il est difficile. Et il y en a beaucoup d'autres. Donc, je sais très bien que quand on subit l'organisation du travail et qu'on n'est pas dans sa propre organisation du travail, c'est plus difficile. Et donc, on doit tenir compte de ça dans une réforme qui, nécessairement, pour équilibrer le système, verra tout le monde travailler un peu plus.
Edouard Philippe, on va citer l'un de vos amis ce matin pour essayer de comprendre un peu mieux comment vous fonctionnez dans cette campagne. C'est Gérald Darmanin qui dit que vous êtes le mieux placé en vue de 2027, qui dit aussi qu'il faudrait que vous puissiez montrer votre envie d'être président. Ça veut dire que de ce point de vue-là, ça pêche un peu ? Vous êtes trop discret ?
Écoutez, je suis comme je suis. J'écoute toujours avec beaucoup d'attention ce que disent mes amis et j'écoute même souvent avec beaucoup d'attention ce que disent les gens qui ne m'aiment pas. Mais je suis comme je suis. Je ne me serais pas engagé il y a longtemps quand j'ai créé le parti Horizon en 2021 dans cette aventure collective si je n'étais pas fondamentalement déterminé. Alors, il y a plusieurs façons de dire qu'on est déterminé. On peut s'énerver, on peut... Monter sur les tables,
comme vous le disiez au sujet de Gabriel Attal qui vous a répondu en disant lui aussi je suis comme ça, je suis comme je suis.
Très bien, très bien. Bizarre cette histoire de table quand même. Pourquoi c'est bizarre ? Il y a Gabriel qui veut monter sur la table, il y a Bruno Retailleau qui veut la renverser, il va falloir qu'il se parle parce que s'il le faut en même temps, il y en a un qui va se faire mal. Donc, moi, je suis assez convaincu qu'on est comme on est. En tout cas, moi, je suis comme je suis. Mais je suis extrêmement déterminé. J'aime faire les campagnes. J'aime les campagnes électorales et j'ai envie de gagner cette élection présidentielle et j'ai envie de proposer très exactement aux Français le programme qui est le mien.
Et c'est ça qui fera la différence. Mais Édouard Philippe, quand Gérald Darmanin, qui l'est encore, on ne peut pas le suspecter d'être malveillant à votre égard, il dit qu'il faut qu'il montre qu'il est en vie. Est-ce qu'à un moment donné, sous la Ve République, quand on veut être président de la République, il ne faut pas montrer un peu plus de, peut-être, de grinta ? Vous ironisez sur Gabriel Attel qui dit je veux monter sur la table. Mais est-ce qu'à un moment donné... Je n'y ronise pas, il a tout à fait le droit de le dire. Je n'y ronise absolument pas.
Et peut-être aussi quand on voit d'ailleurs des sondages où vous perdez quelques points, vous êtes au coude à coude dans un dernier sondage avec Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que ce n'est pas la preuve peut-être que les Français, ils attendent de vous plus d'engagement, peut-être d'être plus vocal et qu'ils prennent peut-être ça
comme une forme de nonchalance ? Écoutez, je suis heureux de vous entendre dire que je pourrais être regardé comme nonchalant. En général, on explique que au contraire, je suis soit trop concentré, je vais vous dire. On va faire une campagne qui va durer 11 mois. Elle va être longue. Il y aura beaucoup de rebondissements. Il y aura beaucoup de moments où on va pouvoir parler au français dans des formats totalement différents. Moi, je vais la faire pleinement. Je vais la faire à mon rythme et personne ne me dictera mon rythme. Ni mes amis, ni mes adversaires. Donc, vous ne serez pas Édouard Baldur ? Je pense qu'Édouard Baldur ne serait pas heureux de la comparaison et je ne crois pas, non.
Je crois qu'on est assez différents. Et Édouard Philippe,
pour simplement s'arrêter une seconde sur la compétition... Moi, vous savez, M. Duhamel, je suis moi. Oui, ça ne nous a pas échappé.
Les autres, c'est déjà pris. C'est Oscar Wilde qui disait ça. Vous savez, il vaut mieux être soi-même parce que les autres, c'est déjà pris. Donc, je suis moi, avec mes qualités, avec mes défauts, avec les choses que j'ai apprises. Et sans table. Et je vais continuer à être moi. C'est-à-dire à dire des choses que je crois importantes, même lorsqu'elles ne sont pas populaires. C'est-à-dire à parcourir le pays, parfois sans caméra. Alors, évidemment, ça se voit moins. Souvent sans caméra. Ça fait trois ans que je parcours le pays, préfecture, sous-préfecture, sans caméra. Pourquoi ? Parce que vous savez quoi ? Quand il n'y a pas de caméra, vous parlez beaucoup mieux aux Français.
Et vous les écoutez beaucoup mieux. J'en suis convaincu. Donc, je vais continuer à faire campagne comme je fais. Et à la fin, je pense que les Français, je ne suis pas sûr que les Français, ça compte l'hypercommunication dans le monde dans lequel on vit. Mais je pense que les Français, en tout cas, c'est ce que j'ai vu au Havre à chaque fois que j'ai fait campagne, ils aiment aussi une forme d'authenticité,
y compris avec des défauts. Bon, ça, on comprend que ça veut dire que d'autres sont moins authentiques et moins sincères. D'un mot, Édouard Philippe, sur cet espace politique qui est le bloc central. Gabriel Attal est donc candidat. Qu'est-ce que vous dites ? Et je lui ai posé la question il y a deux jours. Un auditeur qui, ce matin, nous écoute, qui peut avoir des sympathies pour cet espace politique dit macroniste, si tant est que vous le soyez encore, et qui ne sait pas pour qui voter entre vous deux ? Je lui dis que ce n'est pas grave, il y a encore 11 mois. Je lui dis qu'il faut écouter.
Mais il y a des différences entre vous ou pas ? Mais il y en a évidemment. C'est quoi par exemple ?
On a du mal à les voir.
Moi, je pense que les gens les verront. Ils verront des choses qui peuvent être similaires, ils verront des différences, ils verront des points sur lesquels je suis d'accord avec M. Retailleau et ils verront des grosses différences. Mais c'est quoi les différences ? Mais c'est des différences sur le fond, et puis peut-être des différences de style. Mais vous verrez bien dans les programmes. L'économie, elle a commencé, Philippe. Elle a commencé. J'ai proposé un plan en matière de lutte contre le narcotrafic. Oui. Gabriel Attal dit à peu de choses près la même chose. Et Bruno Retailleau aussi. Ah, je ne suis pas sûr. Sur l'état d'urgence, sur le narcotrafic ?
Eh bien, tant mieux, parce que moi, je l'ai dit en décembre, et là, je l'ai développé. S'inspirer de ce qui est fait contre le terrorisme, lutter contre les consommations, et accepter l'idée de lutter contre les consommations et contre les lieux de consommation. Moi, ça m'intéresse d'entendre tout le monde s'exprimer sur ce sujet. Et un grand plan d'infrastructure portuaire... Et pourquoi vous avez autant de mal à dire ce qui vous caractérise et ce qui vous singularise par rapport aux autres ? Parce que je n'ai pas... Une campagne électorale, ce n'est pas exprimer la différenciation qu'on a avec telle ou telle. C'est exprimer ce qu'on veut faire. Donc moi, je vais dire ce que je veux faire.
Puis je vais dire qui je suis. Ça, c'est naturel. Et puis les Français se feront un avis. On n'est pas là pour le... Vos auditeurs, c'est des auditeurs qui sont exigeants, qui sont responsables, qui écoutent les propos de chacun et qui se font un avis. Ils n'ont pas besoin de savoir quelle différence je vois, moi. L'important, c'est ce qu'ils voient eux. C'est ce qu'ils pensent eux. Et on peut quand même considérer que le débat public, il repose sur le bon sens des Français et sur leurs raisons. Un dernier mot. Vous inquiétez pas, il faut l'exprimer.
Un dernier mot. Je rappelle que le parquet national financier a ouvert une information judiciaire pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêts, concussion au Havre. C'est une de vos anciennes collaboratrices qui dénonce un possible conflit d'intérêts sur un marché conclu entre la mairie et une association dirigée par l'une de vos anciennes adjointes. On a connu, ces derniers temps, des campagnes présidentielles heurtées par des affaires judiciaires. Si vous étiez mis en examen, est-ce que ça vous empocherait d'aller au bout de cette campagne ?
Dans cette histoire très technique, qui en est fait par l'énonciation d'une ancienne directrice générale adjointe des services de la communauté urbaine du Havre, dans cette affaire très technique, je vous propose de retenir trois principes simples. Le premier, c'est que je n'ai pas enfreint la loi et je suis innocent. Et que je tiens à le dire. Le deuxième, c'est que je me suis tenu et je me tiendrai à la disposition de la justice pour répondre à toutes les questions qui se poseront. Alors vraiment, je l'ai fait, je continuerai à le faire, je suis... Le troisième principe, c'est que je suis candidat à l'élection présidentielle. Et aucune décision non définitive de justice ne m'empêchera...
Donc une mise en examen ne vous empêchera pas d'être candidat. Et une décision non définitive de justice ne m'empêchera d'être candidat à l'élection présidentielle.
Merci Edouard Philippe. Merci beaucoup. Merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Merci. Merci. Merci.
Édouard Philippe