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InterviewSud Radio (sur YouTube)· 8 mars 2026 26 minComplaisantFond programmatiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsEurope & internationalJustice

S’engager pour refuser la banalisation du 8 mars ! Avec Laurence Rossignol

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Où en sommes-nous aujourd’hui en France, en Europe et dans le monde sur les droits des femmes ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la situation des femmes en Afghanistan et en Irak aujourd’hui ?

  • 10:00OuverteRéponse partielle

    La parité a-t-elle permis de renforcer la démocratie ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Le féminisme est-il fragmenté en courants opposés ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Comment réconcilier les femmes avec le féminisme ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Le féminisme du corps a-t-il créé une victimisation des hommes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:00Muriel RusChiffre
    « 8 jeunes femmes sur 10 âgées de 15 à 24 ans estiment que leur sexe constitue un handicap social. »
  • 9:00Muriel RusChiffre
    « 76 % des Français estiment que la démocratie ne fonctionne plus correctement et 78 % disent ne plus faire confiance aux responsables politiques. »
  • 13:00Laurence RossignolFait
    « Il ne suffit pas d'être une femme politique, il faut être une femme politique féministe. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Retrouver la force de l'engagement avec AGP. Épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé. Sud Radio, la force de l'engagement.

Muriel Rus. Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.

Mon invité aujourd'hui est Laurence Rossignol, ancienne ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes. Aujourd'hui sénatrice du Val de Marin, vice-présidente de la délégation au droits des femmes du Sénat et présidente de l'Assemblée des femmes. Depuis plus de 20 ans, elle est au cœur des combats législatifs pour l'égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les violences, les droits reproductifs et la protection de l'enfance.

Avec elle, nous parlerons bien sûr d'égalité et de droits des femmes. Mais avant d'ouvrir cette conversation, parlons d'engagement. Nous sommes aujourd'hui le 8 mars et j'avais envie de vous proposer de nous engager pour refuser la banalisation de cette date.

Car cette journée internationale des droits des femmes n'est pas qu'une date commémorative. Elle est l'héritage de lutte de conflits sociaux et politiques. En 1910 à Copenhague, les femmes socialistes à une femme socialiste, Clara Zedking, propose la création d'une journée internationale pour revendiquer le droit des femmes, l'accès aux droits civiques et à l'égalité politique.

En 1911, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Danemarque, plus d'un million de femmes et d'hommes descendent dans la rue pour réclamer le suffrage féminin, le droit au travail et la fin des discriminations. En 1917, en Russie, des ouvrières du Textile se mettent en grève. Leur mobilisation déclenche un mouvement qui contribuera à la chute du régime tsariste.

Enfin, en 1975, l'Organisation des Nations- Unies reconnaît officiellement la journée internationale des femmes et l'inscrite dans l'agenda diplomatique. Alors oui, le 8 mars est né d'un rapport de force, pas d'un consensus. Il est né d'une contestation de l'ordre établi.

Un siècle plus tard, ce rapport de force est institutionnalisé. La France a inscrit l'IVG dans la Constitution. La parité structure nos institutions.

Les violences conjugales, sexites, sexuelles sont mieux identifiés, mieux nommé. Les progrès juridiques sont réels. Mais une société ne se transforme pas uniquement par la loi.

Elle se transforme aussi par les représentations, les rapports sociaux, par le sentiment de justice. Or, le dernier rapport du Haut Conseil et l'égalité claire une brutale réalité. 8 jeunes femmes sur 10 âgées de 15 à 24 ans estiment que leur sexe constitue un handicap social. 80 % de la jeune population féminine en France vit avec l'idée que son genre limite ses possibilités.

Et si 57 % des jeunes hommes du même âge reconnaissent la difficulté d'être une femme, 31 % d'entre eux estiment qu'être un homme constitue désormais un désavantage. Alors, ces chiffres ne se neutralisent pas, ils révèlent une tension profonde, des avancées juridiques qui cohabitent avec des ressentiments, des incompréhensions et des récits de déclassement. Une partie de ces jeunes femmes qui perçoit toujours un plafond de verre des risques, une vulnérabilité structurelle et une partie des jeunes hommes qui expriment un trouble face à la redéfinition des rôles, à la transformation des normes, à la remise en cause de modèles anciens de virilité et d'autorité.

Ce que nous voyons émerger, et c'est une inquiétude, n'est pas qu'une simple divergence d'analyse ou un simple désaccord. C'est une vision conflictuelle de l'égalité. Et lorsque l'égalité devient un terrain de confrontation identitaire, elle cesse d'être un projet collectif.

Alors, si nous célébrons les droits sans nommés les fractures, si nous commémorons sans organiser le débat, peut-être que le 8 mars peut se déconnecter du réel, peut devenir un rituel, pas une transformation. S'engager pour refuser la banalisation de cette journée, c'est peut-être d'assumer ses tensions, de regarder en face la complexité d'une société où les avancées coexistent avec des fragilités nouvelles. Oui, les droits des femmes ont progressé.

Oui, les violences restent massivement masculines, mais oui aussi, une partie des jeunes hommes expriment un sentiment de déplacement qui serait imprudent d'ignoré. L'égalité ne se construit ni dans le déni dans la compétition victimaire. Elle suppose un espace de dialogue exigeant.

Elle est un gain collectif et c'est peut-être là la force du 8 mars. Sud Radio, la force de l'engagement. [musique] Muriel Rus.

Aujourd'hui dans la force de l'engagement, je donne la parole à Laurange Trossignol, sénatrice du Valdemarne, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat. Bonjour Laurent, je suis très heureuse de vous avoir avec moi aujourd'hui. Bonjour.

Alors, nous sommes aujourd'hui le 8 mars, hein, cette journée internationale des droits des femmes. Elle existe depuis plus de 115 ans. Elle est reconnue officiellement par les Nations Unies depuis 50 ans.

Un siècle de mobilisation, un demi-siècle de reconnaissance institutionnelle. Mais moi, j'ai envie de vous demander où en sonne-nous véritablement en France du droit des femmes et en Europe aussi d'ailleurs et dans le monde. Et dans le monde.

Et dans le monde. Dans le monde. [rires] Bah peut-être pour On va commencer par le monde.

Oui. Euh et puis par des et par une triste nouvelle. Euh avant-hier, une militante des droits des femmes iraakiennes euh Yanar Mohammad a été assassinée par deux hommes moto.

On ne sait pas qui sont ces deux hommes, mais ce qu'on sait c'est qui il visait. Et ce qu'il visait, c'est une femme qui défend les droits des femmes en Irak et en Syrie. Donc nous vivons un un temps dans lesquels les femmes qui s'engagent pour les droits des femmes sont toujours la cible et peuvent toujours être tués pour cet engagement.

Euh parler du monde, c'est d'abord, je crois, parler d'Afghanistan. Euh les Afghans sont notre souffrance quotidienne. Euh chaque jour, c'est pire.

À chaque fois, on s'imagine quand on lit euh les informations qui viennent d'Afghanistan, euh on s'imagine que ils ont atteint le le seuil maximum de l'appartille de genre, voire même d'un gynocide. C'est-à-dire qu'on est dans une situation dans laquelle c'est une guerre ouverte contre les femmes afghanes et puis chaque jour, on découvre qu'ils peuvent aller encore plus loin dans l'ignominie. Alors donc dans le monde il y a encore des situations, j'évoque ces deux-là parce que c'est celle que nous connaissons, celle que nous observons.

On pourrait parler aussi des iraniennes mais en ce moment c'est une situation un peu un peu particulière. Puis il y a des femmes dont on ne sait rien. Par exemple, je ne sais pas quelle est la situation des femmes en Corée du Nord.

On ne sait rien d'elle. Euh, c'est l'OMTA. Et donc quand on ne sait rien sur un pays, quand c'est absol quand c'est le blackout total sur la réalité de la vie des gens, je me demande toujours mais comment c'est pour les femmes dans ces pays-là ?

Euh donc ça c'est pour le monde. Ce n'est pas que ça. En Europe et en France les choses Alors évidemment c'est toujours quand on quand on quand on se compare on se rassure.

Et effectivement l'Europe parce que il y a une tradition démocratique et puis social-démocrate de gouvernement progressiste, la condition des femmes est bien installée déjà sur le plan juridique dans beaucoup de dans la majorité des pays d'Europe. Et en France, nous avons continuellement des nouvelles avancées à la fois législatives, surtout législatives, peut-être plus législative que concrète, réelle, mais nous Bravo pour cela d'ailleurs. Voilà.

Bravo, c'est vrai, c'est parce que c'est une mobilisation constante. Euh, ceci dit, nous vivons dans une situation étrange qui est celle des vents cont enfin il y a des vents portants et des vents contraires. Voilà.

Donc les vents portants nous poussent en particulier disons depuis mitou incontestablement il y a une nouvelle vague qui s qui qui nous pousse qui fait qui a ouvert les yeux de tout le monde. Et puis il y a les vents contraires et on en parlera probablement dans tout au long de cette émission qui sont la montée des mouvements masculinistes, la montée de la détestation des féministes et puis la montée aussi d'une d'une critique d'une de faire porter sur les femmes tous les malheurs de nos sociétés aujourd'hui. Mais ce qu'on constate hein, c'est que la montée de ces de ces ressentis et puis de ses actions, ça s'assimile à des mouvements politiques aujourd'hui.

On a même envie de se demander si finalement les droits des femmes ne sont pas un terrain de de de confrontation politique internationale. Alors, il est clair que bien sûr souvent les gens qui se sentent à droite ou qui n'aiment pas qu'on dise ça, mais il est clair que la question des droits des femmes est une question depuis toujours politique. Vous l'avez rappelé très bien dans votre éditorial.

Les premières militantes féministes sont des militantes socialistes. C'est-à-dire c'est parce qu'elles parce qu'elles sont engagées dans le combat pour l'égalité, dans le combat pour la justice sociale, qu'elles vont aussi porter la place des femmes dans ce combat pour la justice sociale que le mouvement socialiste portait pas spontanément euh de lui-même, mais à cette époque, mais à cette époque, mais ce sont des femmes de secourant socialiste qui vont mettre en avant la l'analyse de la condition sociale des femmes. Donc moi, je considère que les tous les progrès en matière de droit des femmes, d'égalité femme-homme ont sont ont été portés par le camp social-démocrate, le camp réformiste, le camp de la transformation, le camp du progrès, peu importe comment on l'appelle. et ils se sont toujours heurtés, ils ont toujours un phase 2, le camp réactionnaire et conservateur.

Donc aujourd'hui, nous sommes dans une même situation avec une différence qui est de taille, c'est que le camp autoritaire, le camp réactionnaire est aujourd'hui très offensif politiquement, particulièrement dans les démocraties d'ailleurs, et que la question de la remise en cause des droits des femmes fait partie des identifiants politiques aujourd'hui des conservateurs ou des ultra rééactionnaires selon comment on les appelle. Euh donc bien sûr, c'est un combat politique euh ce qui pour alors pour moi, je suis une femme de gauche, donc en fait je vais pas dire que c'est facile mais du moins j'ai pas de mal à savoir où je me pose dans ce débat-là. Mais j'interpelle quand même les femmes qui sont qui croient sincèrement qu'on peut être féministe et de droite pour leur dire attention, demain vous vous préparez des des contradictions importantes et il va falloir que tout le monde fasse des pas et vous aurez à en faire parce que votre campaîne toujours des pieds pour être dans le nôtre.

D'ailleurs, ça rejoint une phrase que vous avez prononcé il y a peu et que je trouve absolument évidente et formidable, c'est que il ne suffit pas d'être une femme politique, il faut être une femme politique féministe. Et d'ailleurs, euh je vais rejoindre une analyse qui vient de de enfin des chiffres qui viennent de sortir récemment sur la confiance des Français. 76 % des Français estiment que la démocratie ne fonctionne plus correctement et 78 % disent ne plus faire confiance aux responsables politiques.

En même temps, on constate que les femmes sont sous-représentées dans les postes de pouvoir réel, hein, c'est-à-dire dans les présidences d'exécutifs, dans les arbitrages budgétaires, dans les fonctions stratégiques. Alors, est-ce que cette invisibilisation pardon persistante affaiblie la démocratie ? Est-ce que si on avait plus de femmes au pouvoir, est-ce que ça changerait la donne ?

Il y a 20 ans, 25, vous aurez probablement répondu oui. Hm hm. Euh c'est du moins dans cet esprit qu' ont été voté les lois sur la parité dans l'idée que garantir une représentation politique qui soit équitable entre les femmes et les hommes, plus à l'image de ce qu'est la société réelle, allait mécaniquement racommoder et renforcer le lien entre les citoyens et leurs représentants.

Alors aujourd'hui, je n'en suis plus si sûre, du moins je ne suis pas du tout sûr de l'aspect mécanique de cette histoire là. Alors, on peut toujours se dire que comme on n pas atteint réellement la parité, en fait, on peut pas juger la pertinence de cette ambition. Mais on peut aussi se dire que dans les raisons qui font que il y a un un désamour démocratique, un grand doute de la part des citoyens sur l'efficacité de la démocratie, c'est ça qui est en cause.

Est-ce que la démocratie est efficace pour répondre au problèmes quotidiens des gens ? Il n'y a pas que la question de la sous-représentation des femmes. Alors, la représentation égalitaire des femmes, elle est indispensable bien entendu, ne serait-ce que pour une raison de justice tout simplement.

Mais est-ce qu'il faut attendre de cette représentation une une capacité de réparation des des des déficits démocratiques ? J'en suis pas si sûr et vous je veux pas me citer, ça c'est quand même le truc le plus arrogant que je connaisse de citer soi-même. Mais effectivement, vous l'avez évoqué, je pense que la deuxième étape de la parité, c'est pas simplement d'avoir des femmes partout, c'est qu'encore faut-il que les femmes qui sont là soient des femmes féministes.

C'est-à-dire que elles aient d'abord conscience qu'elles ont été élues et qu'elles sont là grâce à la parité et au combat qu'on mené les féministes avant et que sans les féministes, elle ne serait pour beaucoup d'entre elles pas là. H mais une fois qu'elles sont là, il faut qu'elles se disent aussi qu'elles ont quelque chose à porter. Et ce qu'elles ont apporté, c'est pas le féminin, c'est pas les qualités intrinsèque du genre féminin.

Ce qu'elles ont apporté, c'est le combat politique pour l'égalité sociale entre les femmes et les hommes. Et c'est là où effectivement on est même pas à la moitié du chemin de ce point de vue-là. Alors, féministe, féminisme universaliste, féminisme essentialiste, féminisme radical, néoinisme, féminisme intersectionnel, éinisme.

Le mot féminisme est devenu pour certains et certaines un mot clivant. Certaines femmes s'en réclament, d'autres s'en détages. Est-ce le signe d'un débat intellectuel vivant ?

D'une fracture idéologique qui fragilise le combat pour les droits des femmes ? On en parle dans un instant, juste après la pause. Retrouver la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.

Sud Radio, [musique] la force de l'engagement. Muriel Réus, vous êtes toujours sur Sud Radio dans la force de l'engagement. Nous sommes le 8 mars, journée internationale des droits des femmes et nous recevons Laurence Rossignol, sénatrice du Valde de Marne, ancienne ministre des droits des femmes.

Et juste avant la pause, Laurence vous interroger sur cette fragmentation du féminisme, si on peut employer ce terme-là. Est-ce que cette multiplication des courants du féminisme traduit une richesse du débat démocratique ou bien une confusion qui affaiblit le message central d'égalité ? En clair, avons-nous collectivement une responsabilité dans la manière dont le féminisme est aujourd'hui perçu, parfois caricaturé. parfois rejeté, y compris par des femmes qui bénéficient pourtant des droits acquis par ce mouvement.

Alors, d'abord, le mouvement féministe, enfin l'histoire de la pensée féministe, elle est depuis toujours l'histoire de pensée parallèle, parfois conflictuelle et d'un débat assez riche pour ne pas dire vif entre les différentes entre les différentes familles féministes. Donc, il y a quelque chose de qu'il faut prendre avec une certaine sérénité à ce qui est des débats. Par ailleurs, il est vrai que il y a aujourd'hui en le débat féministe quelque chose qui est de la continuité et la pénétration de la violence du débat politique dans le mouvement féministe.

Euh ça c'est clair. Et on observe particulièrement au moment du 8 mars par exemple que la grande manifestation qui devrait rassembler l'ensemble des organisations féministes devrait le faire avec les différences entre les unes et les autres. Mais en même temps dans la sérénité, la joie et le respect de ces différences.

Or, c'est pas toujours le cas. Euh donc on a vu monter de la violence dans les euh alors à l'or à on a vu monter de la violence dans l'organisation euh des manifestations du 8 mars. Après ces différents courants euh du moins féministe font lié aussi au fait que on demande souvent au mouvement féministe et des féministes demandent à d'autres féministes de prendre en charge des combats qui sont pas forcément les leurs.

Et euh il y a un débat qu'il faudrait qu'on qu'on ait sur qu'est-ce que le féminisme intersectionnel. Le féminisme intersectionnel, j'ai envie de dire, c'est le féminisme historique. C'est celui qui est capable de constater que la condition des femmes, elle produit de multiples dominations. domination sociale, d'abord l'exploitation sociale des femmes, domination patriarcale, domination raciste également et que tout cela fait que une femme, elle a de de multiples identités et que ces diverses identités peuvent arriver à un cumul discrimination plus lourd sur elle que sur un homme qui en cumulerait que une une seule partie.

Euh et donc c'est normal, le féminisme est par définition antiraciste internationaliste historiquement. Euh pour autant, on voit que se prétendent féministe des courants qui soumettent la question féministe à la question raciste. Par exemple, on voit arriver, chose totalement étrange, des courants d'extrême droite qui se prétendent féministes.

Je le dis très clairement ici, le courant Némésis n'est pas un courant féministe. C'est un courant issu de l'extrême droite qui a décidé, voyant qu'il y avait un peu de d'espace probablement dans le mouvement féministe, d'aller se pénétrer dans le mouvement féministe pour y développer. Une seule idée, c'est que les violences sexuelles ne seraient que le fait d'hommes issu de l'immigration.

C'est faux. Hm hm. C'est factuellement faux.

Donc on voit des choses comme ça, on voit des des problèmes aussi avec les courants euh qui sont dit, les courants qui défendent les les personnes trans, l'identité de genre, les personnes trans, les féministes. Il y a des féministes qui disent "Est-ce que nous on est obligé de prendre en charge tout le monde ?" En fait, c'est ça le problème du féminisme, c'est que on a tendance à demander aux féministes de prendre toutes les discriminations en charge sur leurs propres épaules et parfois ça aboutit à être au détriment de la condition spécifique et des dis et des discriminations et de la défense spécifique des femmes.

Il y a des sujets qui sont connus aujourd'hui. par exemple, est-ce que on doit pour respecter les personnes trans par exemple, est-ce qu'on doit cesser de dire des femmes mais dire des personnes avec utérus ? Bon, ces débatsl sont presque déjà derrière nous.

Il y a des femmes et il y a des personnes trans qui ont un utérus et qui doivent être respectées et qui doivent avoir des droits également. Mais on ne peut pas demander aux femmes de s'effacer et d'effacer leurs mots, le mot femme au motif qu'il serait exclusif pour d'autres. Donc c'est ça ce qui ce qui est aujourd'hui la grande difficulté du moment féministe, c'est la charge qu'on met sur les épaules des féministes.

Mais comment fait-on pour réconcilier cette population ? Parce que moi je vois de plus en plus de femmes he qui me disent "Mais moi, je suis pas féministe." De jeunes filles qui me disent "Je suis pas féministe." Donc à chaque fois je dis "Mais attends, c'est quoi pour toi le féminisme ?" Comment est-ce qu'on reconstruit un socle commun où finalement on pourrait faire revenir vers vers le féminisme des personnes, des femmes qui s'en éloignent ?

Alors, les derniers sondages disent que 77 % des jeunes des adolescentes se définissent comme féministe. Mon sujet est plutôt plutôt que de se enfin de s'intéresser au à la minorité qui ne se dit pas féministe, c'est plutôt de demander à ces trois/4 de jeunes femmes qui se disent féministes qu'est-ce qu'elles signifient par leur féminisme. Mais c'est très important qu'elles se disent féministes.

Alors, on a vu effectivement moi j'ai vu arriver maintenant tout enfin il y a eu un moment tout le monde était féministe après tout le monde é féministe. On pouvait entendre une femme dire "Moi je suis féministe mais sur l'avortement j'ai quand même des doute." OK.

Bon donc c'est que tu es pas féministe si tu as des doutes sur l'avortement. Voilà. Donc c'était très mainstream, très tendance de dire qu'on était féministe, mais je crois que les jeunes filles sont très féministes.

Ce qui d'ailleurs va poser, on en reviendra sur les masculinistes, quelques problèmes avec les garçons. Parce que à ces 77 % de jeunes filles qui se disent féministes, j'oppose simplement 45 % des garçons qui se disent féministes. S'ils veulent vivre ensemble, il va falloir que les garçons fassent un effort pour essayer de comprendre pourquoi les filles sont féministes.

Je pense qu'il faut, on a un sujet aujourd'hui dans la question féministe, c'est que depuis Mitou, nous avons un féminisme qui qui est un féminisme du corps et c'est normal parce que sur quoi on a buté, sur l'égalité salariale, sur tout un sujet égalitaire, en fait, on avait un angle mort qui était celui des violences sexuelles. Et donc aujourd'hui, les violences sexuelles sont mises au premier plan. Mais il ne faut pas oublier que le féminisme c'est d'abord une question sociale également.

Et le la difficulté que nous avons, c'est de faire revenir la question sociale à égalité avec la question par exemple des violences. Parce qu'il y a beaucoup de femmes qui attendent de nous, les féministes que nous nous battions pour l'égalité salariale, pour les pour le statut des familles monoparentales, contre les discriminations à l'embauche et au travail. C'est cela qui est attendu de nous aussi.

Et je pense que il y a des femmes qui euh c'est pas qu'elles sont antiféministes mais qu'elles se sentent pas représentées par les féministes parce que en fait nous ne parlons pas de ce qu'est le quotidien de leur difficulté de vie. Et la difficulté de vie des femmes pour le plus grand nombre, c'est la précarité spécifique des femmes, le fait qu'elles ont une plus faible retraite que les hommes. De touta, il faut que les féministes se réemparent parce que si nous ne faisons pas, d'autres le feront à notre place et il n'è et ceuxl n'emèneront pas les femmes là où elles veulent aller.

Alors, les hommes he parlons un peu des hommes, hein, vous venez de les citer. Est-ce que ce féminisme du corps a créé cette victimisation dont on parle beaucoup des hommes aujourd'hui ? Vous en pensez quoi vous d'abord de cette fémininisation, de cette crise de la masculinité ?

C'est c'est une grille de lecture simplificatrice. Non, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui dans nos sociétés souffrent de solitude, d'isolement, de difficultés à nouer des relations. Je vois beaucoup de jeunes filles aussi qui ont du mal à s'installer avec des garçons qui reviennent qui tentent des expériences et qui disent "En fait, il comprend pas il comprend pas ce que je vis.

Euh donc il y a de la souffrance chez tous les êtres humains. Euh à la différence c'est que une partie de ces garçons qui souffrent en font une question politique. En fait les mouvements masculinistes, c'est la politisation de la souffrance et c'est surtout la désignation des féministes comme étant les responsables de cette souffrance.

Or la responsabilité de cette souffrance, si on en écoute des hommes qui sont engagés sur le plan sur le plan féministe, tous les jours, on a reçu Bruno Solo qui était qui était là avec d'autres comme Piette, voilà, c'est ces gars ce que disent ces hommes, c'est que il y a beaucoup à gagner pour un homme à être féministe. qui a tout un travail à faire pour que les hommes s'adaptent au fait que les filles ont changé les voilà, c'est pas leur mère ni leur grand-mère les jeunes femmes d'aujourd'hui, mais elles ne sont pas coupables du fait qu'ils souffrent parce que les femmes ne rendent pas les hommes coupables du fait qu'elles sont seules ou isolées. Et vous disiez, vous évoquiez tout à l'heure les les chiffres importants de ces jeunes femmes qui qui se disent féministes.

C'est c'est très bien. Je trouve ça très très encourageant et elles ont une lourde charge, c'est de convaincre les garçons de leur génération de ce que ça signifie pour eux aussi que elle soit féministe. Mais vous en tant que femme politique, comment vous pensez que l'on peut engager ces hommes et ces jeunes hommes sans basculer dans une logique de culpabilité collective et sans éluder cette responsabilité d'un modèle encore très largement dominant ?

Comment est-ce qu'on fait pour les emmener dans une nouvelle vision vision de notre du partage de notre société ? En fait, j'avais été frappé aprèsmou quand vraiment la parole s'est libérée et que dans les journaux, dans les médias, les femmes racontaient ce que c'était qu'être une femme et le l'exposition constante aux agressions sexuelles, aux violences sexuelles, au sexisme. Et je beaucoup de me dire "Wou, c'est ça être une femme." J'avais je pensais pas que c'était à ce point-là.

Euh ils étaient absolument convaincus que ça pouvait nous arriver mais c'était vraiment une exception dans notre vie et ils ont découvert que le sexisme c'était au quotidien. Euh donc c'est c'est il y a de la pédagogie à faire. Euh faut expliquer euh ce que signifie être une femme dans une société patriarcale.

Et puis il faut expliquer aussi aux hommes que oui, il y a des privilèges qui vont disparaître parce que le patriarcat B les hommes ont beaucoup de privilèges. Ils ont des privilèges économiques, ils sont mieux payés que nous, ils ont des privilèges sexuels, ils ont qu'à se servir ou demander. Ils ont des privilèges matériels.

Beaucoup d'entre eux sont encore bien servis par les femmes à la maison. Euh ils ont beaucoup de privilèges euh et donc ces privilèges, ils vont forcément les perdre mais il y a beaucoup à gagner à vivre dans une société égalitaire. Euh la même chose d'un certain point de vue que ce qu'on a gagné en passant de la monarchie à la République.

Voilà, il y a eu des pertes de privilèges mais nous avons collectivement gagné. Et puis les hommes féministes vous racontent le bonheur. Il faut qu'ils parlent.

Voilà parce que visiblement leur parole est plus est perçu comme étant plus objectif que la nôtre. Et puis voilà, il faut un peu d'attention pour les autres. Et en fait, non, c'est pas tous les hommes ne sont pas des agresseurs sexuels, mais il faut qu'ils aient tous conscience que les agresseurs sexuels sont quand même tous des hommes.

Oui, ça c'est 90 %. Merci Laurence Rossignol, merci pour ce partage. L'égalité est un projet avec.

En ce qui me concerne, je suis convaincu qu'un changement profond doit s'opérer dans notre manière d'éduquer, de débattre, d'exercer le pouvoir, de penser la place des femmes et celle des hommes. Ensemble, nous n'avons pas seulement des droits à défendre. Nous avons à réinventer un cadre commun et c'est peut-être là que commence réellement la force de l'engagement.

La force de l'engagement, c'est chaque dimanche sur Sud Radio à 15h. Vous pouvez retrouver cette émission en podcast sur sudradio.fr sur toutes les plateformes.

Et je vous donne rendez-vous à dimanche prochain et bon 8 mars. C'était la force de l'engagement avec AGP. Épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.

Yeah.