État ou assureurs : qui va payer la facture des incendies ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] C'est le jour d'après. Après le choc des incendies vient l'heure des comptes. [musique] 40000 entreprises impactées en Gironde.
Ce matin à Berendait les rassurer et réaffirmer les mesures annoncées ces dernières heures. L'État sera au côté des entreprises. Nous l'avons dit, nous le sommes déjà.
Le recours au chômage partiel pour les entreprises qui sont dans le secteur évacué comme celles qui ne sont pas dans le secteur évacué pouvaient être ouvert aux entreprises. C'est un premier niveau d'aide. [musique] des aides mais pas de quoi qu'il en coûte.
L'exécutif dit privilégier la mise en place [musique] de dispositifs dit ciblé cette fois-ci. Face à l'ampleur des dégâts, [musique] la société civile semble consciente de cette nouvelle réalité. Les appels au don se sont multipliés [musique] ces derniers jours.
On les compte par centaines. Même le président de la République a mis de sa personne pour mobiliser les Français comme ici pour la forêt de Fontainebleau. Je compte donc sur chacune et chacun pour pouvoir dès maintenant donner pour la forêt de Fontainebleau et nous permettre de faire le travail dans la durée, de replanter, de rebâtir.
Plus d'un million d'euros a d'ors et déjà été collectés. Que ce soit pour sauver les forêts ou pour venir en aide aux victimes, l'élan de solidarité des Français a été massif ces derniers jours. Des solutions ponctuelles pour des risques [musique] amenés à se reproduire.
Face à ce constat, c'est tout le système de prise en charge de ces sinistres qui doit être revu. Selon certains, c'est le cas de cet assureur. Un assureur doit tout faire pour rendre les choses assurables, mais il n'est pas le seul acteur pour qu'on puisse maîtriser les événements, leurs charges et leurs impacts.
Il faut que les collectivités locales soient impliquées. Il faut que l'État puisse agir, il faut que chacun se sente concerné. Alors qui pour [musique] payer ?
Face au risque accru d'incendie et de canicules, faut-il repenser tout le système de protection [musique] ? Les élans de solidarité sont-ils une réponse au manquement de l'État ? [musique] Voilà.
Et pour en débattre de ce soir, nous recevons Jacques Grandin de l'épreuvier. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes journaliste environnement et économie à l'opinion. Selon vous, tous les secteurs d'activité de la région impactés et on ne pourra pas sauver toutes les entreprises de la faillite. On parle au minimum, dites-vous, de dizaines de millions d'euros de pertes avec possiblement 50 à 100 millions de pertes rien que pour le tourisme.
À vos côtés, David Kela. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes économiste, maître de conférence à l'université d'Anger. Selon vous, une grande partie du coût pour l'État sera la reconstruction des infrastructures, ce qui rapporte plus que ça nous coûte. Si cette situation va représenter, dites-vous, un coût énorme pour les assureurs, elle n'est pas totalement exceptionnelle.
Elle est comparable à la tempête de 1999. Et puis Sébastien Sed, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes délégué général de Roam. Alors Roam, c'est une association professionnelle qui regroupe 85 sociétés d'assurance. Selon vous, les assureurs payeront la facture mais n'iront pas au-delà de ce qui est prévu dans les contrats.
Par ailleurs, la solidarité citoyenne représente, dites-vous, une fierté nationale. Mais cet élan ne doit certainement pas devenir un socle sur lequel on capitaliserait pour l'avenir. Répondam ce débat.
C'est avec vous Hélène. Et les chiffres du jour ? Oui, il est regardez 19500 entreprises fermées, plus de 61000 salariés qui sont toujours empêchés aujourd'hui en girond suite au Mégafeu d'aller travailler.
Pas de chiffre encore global sur le coût de ces incendies. Est-ce qu'on peut imaginer Sébastien Accessedo qu'il se rapproche ce coup de ceux de 2022 par exemple où là aussi il y avait eu des mégafeux dans les landes ou alors est-ce que ça sera on le sait déjà pire ? Alors, je C'est très difficile puisque les événements sont encore en train de se produire devant nous, donc c'est très difficile d'établir d'ors et déjà des premiers chiffrages, mais euh j'enfonce une porte ouverte en disant que forcément ce sera euh il faut s'attendre à un bilan économique et un bilan en terme de perte assurée qui sera supérieur, vous l'avez dit aux épisodes de 2022.
Je rappelle que les incendies de 2022 dans la région, ça avait été à peu près 2000 sinistres et 80 à 100 millions d'euros de dommage versé aux assurés. Donc je pense qu'on sera sensiblement sur une échelle bien différente pour les épisodes qu'on a ici, le mégafeu en Géronde. Il faut pas oublier aussi il y a d'autres théâtres en France et surtout que la surface à l'époque était moins importante que celle brûlée aujourd'hu aujourd'hui.
Alors j'ade Grand les prévier forcément il y a deux secteurs qui sont particulièrement touchés hein. Il y a le le tourisme et l'hôtellerie. Et ça pèse très lourd dans cette région du sud-ouest, lande des Géondin.
Oui. Oui. Et là, ils attendaient enfin la suite de la saison avec impatience parce que dans le tourisme, ils réalisent parfois la moitié de leur chiffres d'affaires en été.
On pense évidemment par exemple au camping, ils font 40 % de leur CA en aût seulement mais en fait il y a plein d'autres professions auxquelles on pense pas forcément qui sont des maréchés, des saisonniers qui vont sur les marchés de l'Atlantique pendant toute la saison d'été. toute une économie comme ça de service, ça peut paraître caricatural, mais des professeurs de yoga ou de surf. Et pareil, on sait que c'est une région où il y a beaucoup d'activités dans le vin, il y a beaucoup d'événements normalement et du coup quand il y a de l'événement, il y a de la communication, des traiteurs.
Donc c'est en fait toute une économie locale qui a été déjà coupée du monde parce qu'il y avait des gros problèmes logistiques de transport et qui en plus perd les mois d'activité qui étaient les plus importants pour eux. Et en effet, le chiffre c'est que c'est des centaines des dizaines de millions d'euros potentiellement de perdre pour le tourisme avec une crainte à moyen long terme, c'est que les touristes ne reviennent pas parce qu'ils auront peur qu'il y ait des feux comme ça chaque année qui gâchent leurs vacances. Pour 2027 notamment pour 2027.
Oui, c'est ça. David Cas, c'est le vrai aussi ça dans le VAR. On peut imaginer, on peut on peut comprendre cette inquiétude que les touristes ne reviennent pas dans certaines régions de France aujourd'hui.
Oui, on peut comprendre mais bon après l'actualité, vous savez, elle passe très vite aussi hein. C'estàd que là pour les gens concernés, c'est un traumatisme dont ils vont pas qu' vont pas oublier. Mais pour ce qui est des touristes, euh voilà, je je suis pas certain que les touristes arrêtent de venir dans le sud-ouest à cause de ça.
Par contre, parmi les cours, on n pas parlé, mais la filière bois, c'est très important dans la région Nouvelle Aquitaine. à la fois le bois d'œuvre mais aussi la papéterie, tout ce qu'il y a autour. J'ai regardé ce matin, c'est quand même 10 milliards de chiffres d'affaires par an autour de la filière bois, 56000 emplois et là on a quand même 10 % de la forêt qui a plus de 10 % qui qui a bré et justement par rapport à tout ce qu'on vient de dire là, on a déjà connu un tel choc économique sur une seule région comme ça.
Alors lié à une catastrophe climatique, pas ma connaissance, j'ai pas de là effectivement c'est c'est très concentré. Bon, encore une fois, on connaît pas le coût, hein, total, mais le coût, il est à la fois les pertes de touristes et euh tout à l'heure euh voilà, enfin vous vous l'avez très bien dit, il y a pas que le tourisme au centre, c'est-à-dire l'hôtellerie et restauration, il y a aussi t tous les services autour et puis et puis voilà, la filière industrielle du bois et puis après, il y a aussi des destructions dans des zones d'activité et donc là aussi, on a des entreprises qui ont pu voir leur entrepôt disparaître à cause de du de des Sébastien Sou, faut s'attendre à à de la casse, à des faillites. Alors, il peut y avoir euh enfin je sais pas de vin mais je pense qu'il y aura des entreprises qui dès lors que vous baissez le rideau et qu'il y a une rupture d'activité totale où il n'y a plus de chiffre d'affaires, si la trésorerie de ces entreprises était déjà un petit peu fragile avant la saison, ben l'événement et l'épisode qu'on a devant nous est un facteur aggravant qui peut pousser peut-être certaines entreprises dans des situations très difficiles.
Après, il y a un certain nombre de mesures qui sont mises en place à la fois par les pouvoirs publics et aussi par les assureurs pour essayer d'absorber au maximum la crise, mais tout est c'est un scénario qui est bien sûr possible dire qu'il y aura zéro faillite. Je pense que c'est c'est un petit peu naïf comme lecture. Alors, à propos justement des on va dire des situations des annonces enfin qui ont été faites ce matin notamment Jade Grandin de de l'épreuvier, on va regarder quelques-unes qui sont qui ont été annoncées.
En effet, on le voit sur il y a donc du chômage partiel, il y a aussi et bien des aides d'urgence pour les travailleurs indépendants, le report aussi de certains prêts bancaires pour les particuliers. Ce genre d'aide aujourd'hui, on sent est-ce que ça peut vraiment donner aujourd'hui de l'oxygène ou alors c'était le minimum aujourd'hui que l'État pouvait faire ? Bah, c'était important de le faire.
Après, la question c'est sur quel périmètre ils le font. C'est un peu ce qui a expliqué le ministre de l'économie Roland l'escur ce matin. Il a dit tout ce paquet d'aide pour le moment c'est uniquement pour les entreprises qui ont soit brûlé soit qui ont ils sont dans les zones évacuées.
Mais il y a beaucoup d'autres entreprises qui sont touchées. Donc oui, c'était le minimum. Et maintenant, il y a une vraie discussion un peu politique et économique avec les les secteurs concernés parce que il y a beaucoup d'entreprises qui n'étaient pas en zone évacuées ou affecté par les flammes qui en fait n'ont plus d'activité parce que les gens sont partis, leurs salariés ne sont plus là, ils peuvent pas travailler en extérieur ou alors on doit leur donner des masques FFP2.
Donc il y a le problème c'est qu'il y a beaucoup d'entreprises qui sont affectées par cette crise mais qui n'ont pas forcément le droit à toutes ces ces dispositifs publics. Il y aura une question sur l'indemnisation qu'elles pourront avoir de la part de leur rassureur et c'est pour ça aussi que économiquement la facture risque un peu de s'étaler et c'est pas un quoi qu'il en coûte comme pendant le Covid où tout était pris en charge. Certains ont demandé le quoi qu'il en coûte he on l'a entendu comme autant du Covid.
C'est la réponse du ministre de l'économie ce matin était assez claire. Je vous propose de la regarder et tout le monde le sait aujourd'hui que franchement le ministre de l'économie et les finances, il a plus beaucoup d'argent. Mais aider ceux qui sont en première ligne, qui sont plus affectés, oui, arroser de manière indéfinie des gens qui souffrent et des gens qui, il faut le reconnaître, souffrent moins, ça serait pas raisonnable aujourd'hui.
Je pense que tout le monde peut comprendre que face à cette situation exceptionnelle, il faut des dispositifs exceptionnels mais bien ciblés qui sont qui sont adaptés aux situations des uns et des autres. Je pense que c'est du bon sens. Donc David qui est là, pas d'aide voilà des aides ciblées mais pas de quoi qu'il en coûte ça on a bien compris.
C'est trop dangereux financièrement. Le problème le problème c'est que en fait comme on l'a dit contrairement à la plupart des catastrophes en général ça touche les agriculteurs en période de sécheresse ou ou des secteurs d'activité très précis. Là on a en fait plusieurs secteurs d'activité qui sont touchés.
Euh moi je sais pas enfin j'ai des amis à Bordeaux c'était irrespirable et donc ça ça posait la question de la santé. Et donc des gens sont partis pour ces raisons de santé pour pouvoir respirer et donc il y a des activités qui c'est pas concerné par directement par les incendies mais qui sont concernés concernés de manière indirecte par les incendies. Et le problème c'est que bien sûr que c'est c'est nécessaire de faire d'indiser le le chômage partiel parce que en fait le souci qu'on a quand on une entreprise qu'on a plus d'activité parce que on a été évacué donc forcément on peut plus techniquement travailler ou alors on a on est victime d'un incendie.
Donc forcément, le fait d'avoir des chômages partiels financés par le gouvernement euh ça ça permet de garder les compétences et euh une fois la reprise de pouvoir recommencer l'activité lorsque les conditions le permettent. Et le souci c'est qu'en voulant trop cibler sur les secteurs directement touchés sans aller voir ceux qui ont qui ont fait une paire d'activité, bah je pense que là on va perdre des compétences. Donc l'idée l'idée de d'anemniser non mais je pense par exemple ben vous êtes je sais pas un un une brasserie au centre de Bordeaux bah vous avez plus de clients mais vous êtes pas directement consé par les incendies parce que l'air est irrespirable donc forcément là il y a quand même des questions qui se posent si vous avez des faillites de commerce qui sont liées indirectement aux incendies mais que vous n'êtes pas dans le périmètre des aides bah c'est quand même un peu dommage.
Sébastien, c'est entendable ça le côté ciblé plutôt que général en disant en effet on va faire des cas particuliers. En effet, ceux qui sont le plus touchés doivent davantage toucher l'argent que ceux qui sont éloignés et qui auraient moins suivi. Alors après, c'est la responsabilité de l'État de cibler ou pas tel ou tel dispositif.
On a bien compris que le quoi qu'il en coûte ne s'appliquerait pas à à l'échelle de cette crise. Après nous, c'est la réponse que les assureurs, en tout cas ceux qu'on représente peuvent peuvent faire. C'est dans le cadre de ce que prévoit le le le contrat aujourd'hui.
Quand votre maison a brûlé, bien sûr, vous êtes indemniser au titre de la garantie incendie de votre contrat. C'est pas, je rappelle, c'est pas une catastrophe naturelle, c'est une garantie bien spécifique de votre contrat. Et lorsque vous êtes un professionnel ou une entreprise, bah c'est votre contrat multirisque professionnel qui est appelé en garantie.
Mais là, cette fois-ci, les quatre figures sont très différents. Votre commerce a été brûlé. Vous êtes indemnisé par cette garantie incendie.
En revanche, vous êtes une entreprise, vous avez dû baisser le rideau parce que c'est la conséquence d'une évacuation, d'un ordre d'évacuation, vous êtes indemnisé. En revanche, pour ceux qui auraient une baisse de dans l'hôtellerie, par exemple, une baisse d'occupation et des annulations de réservation en cascade, ça cette perte économique, il a quand même fallu, excusez-moi, je vous interromp, il a quand même fallu vous tendre un peu le bras les assureurs, le gouvernement quand il a fallu reloger dans dans l'urgence. Alors, je sais pas, j'étais pas dans cette réunion à Ber donc je sais pas, moi en tout cas m'a pas tordu le bras.
Euh ce l'engagement qui a été pris par la profession dès lundi, c'est effectivement d'allonger les procédures d'indemnisation jusqu'au 31 août pour les déclarations et puis la prise en charge des frais de relogement pour les 220000 évacués sur une durée de de 3 semaines. Alors c'est une disposition alors il faut aussi laisser le temps aux assurs de se parler aussi entre eux. Donc là, c'est un engagement qui a été pris par tous les assureurs et d'autres ont pris ensuite des mesures plus individuelles d'initiative de solidarité en direction de leurs propres ass.
Alors ça paraît étonnant euh Jade Grandin, les prévier, vous l'avez vous venez de le dire hein Sébastien SD, ce n'est pas une catastrophe naturelle. Ça paraît étonnant d'entendre ça parce que là en effet on a l'impression et en effet les incendies comme les mégafeux ne sont pas considérés comme des catastrophes naturelles comme les inondations, les tempêtes. Est-ce qu'il faudrait que ça change maintenant afin que parce que on a du mal à le comprendre.
C'est vrai là. Oui, là c'est un peu une dénomination administrative, c'està dire c'est pas dans le régime 4nat. Et pourquoi il y a une vraie question ?
Et d'ailleurs ça répond aussi à votre question. Catastrophe naturelle. Donc 4nat.
Oui pardon. Quatnat pour catastrophe naturelle qui est un régime d'indemnisation spécifique pour des catastrophes qui sont tellement énormes, qui causent tellement de dégâts que c'est un peu public et privé. Et le problème qui se posera à long terme, c'est qu'on sait que les mégafeux vont devenir beaucoup plus fréquents.
En fait, il y a les vagues de chaleur en France vont être multipliées par 5. Il y aura un risque de départ de feu qui va aussi être démultiplié à cause des des sécheresses à répétition qui fragilisent la végétation à cause du manque du des précipitations un peu ératiques. Donc il risque d'y avoir beaucoup plus de mégafeux.
Est-ce que on peut se permettre à chaque fois que on aura ça alors que ça va se démultiplier de garder ce système actuel où on voit bien qu'on est euh quand même dans l'urgence avec des dispositifs d'urgence et je pense c'est pour ça que l'État fait très attention à ce qu'il promet parce que le risque c'est que l'année prochaine ça soit pareil et qu'on lui dise bah je veux moi aussi mon chèque faites comme vous avez fait en 2026 mais si ça se multiplie il faudra que l'économie soit plus résiliente et en effet que qu'on vérifie que ça soit toujours assurable alors que ça sera démultiplié justement on va voir ça avec vous Julia qui avec ces catastrophes qui s'enchaîne été comme hiver et bien les assurances habitation explosent. Oui. Plus 13 % cette année selon une récente étude.
En moyenne les Français débourse 310 € par an et par logement. C'est 36 € de plus que l'année dernière tout de même. Une hausse qui est liée, vous l'avez expliqué, à la multiplication des feux de forêt, des inondations ou encore des vagues de grê.
Et sans surprise, c'est dans le sud que les assurances sont les plus chères et à contrario, l'Ouest est plus épargné. Alors concrètement en Corse par exemple, il faut compter en moyenne 361 € par an en assurance habitation contre seulement 244 en Bretagne. Et l'Île-de-France, vous allez le voir est un cas très intéressant car il montre l'évolution des tarifs des assurances habitation en fonction du contexte climatique.
Historiquement le tarif des assurances augmentait surtout en scè Saint-Nit, département touché par les cambriolages. Sauf que cette année, c'est en Nesson et en Sénéman que la prime augmente le plus avec une hausse de 20 %. Pourquoi ?
Et bien parce que ces territoires ont été particulièrement touchés par les inondations récemment. Alors cette année, tous les Français vont être touchés par ces augmentations. Toutes les régions sont soumises, donc comme je disais à ces hausses de prix.
Selon un sondage réalisé en juin par un assureur, 81 % 8 Français sur 10 et bien craignent que les assurances habitation deviennent tout simplement inabordable. Sébastien Assedo, est-ce qu'ils ont raison d'avoir peur les Français ? Est-ce que ça va continuer d'augmenter les assurances habitation ?
Je pense qu'il faut tenir quand même un discours assez réaliste. On est devant nous la le réchauffement climatique, c'est même plus une un risque de demain, c'est déjà une réalité d'aujourd'hui. Alors, on parle des feux de forêt qui ne sont pas une catastrance naturelle, mais on voit bien que les risques qui sont la conséquence du réchauffement climatique pèsent davantage sur le régime de l'assurance.
Je rappelle juste que l'assurance, c'est une loi, c'est deux lois fondamentales, c'est l'alléa et la probabilité de survenance d'un événement et c'est la mutualisation. La mutualisation des ris, c'est je collecte, on collecte des primes et euh une fois que ces primes servent à payer les différents sinistres, mais si vous avez sur une année donnée beaucoup plus de sinistres encaissés, ben mécaniquement vos primes doivent être réajustées. Et vous avez bien vu que face aux défis qui sont devant nous en terme de coût et bien que nous ayons un régime des catastrophes naturelles qui permettent d'amortir, je rappelle que pour une quarantaine d'euros par an, par contrat, on peut financer le régime des catastres naturelles contre les inations et les sécheresses. l'un des plus compétitifs, il nous est envié mais vous avez bien vous avez raison de dire que l'équilibre économique aujourd'hui, il est un peu sous tension.
Effectivement, on dit David Kala que c'est un système qui nous est envié par dans d'autres pays hein. C'est ce système mutualiste quand même qui a une particularité française. Oui, c'est le principe des assurances hein.
Par définition, on mutualise les risques mal. C'est clairement c'est menacé à terme. Oui, bien sûr.
Mais quand on là, je voulais revenir sur catast le régime catastrophe naturelle. En fait, c'est parce que l'assurance couvre déjà les incendies, l'assurance de base. Et en fait, le problème pour laquel on a besoin d'un régime spécifique, c'est que les inondations, les sécheresses, les choses comme ça, ben elles ou des phénomènes extrêmes n'étaient pas couverts.
Un incendie, ça reste pas, c'est pas un phénomène extrême, c'est un phénomène normal. En fait, il y a des incendies en général. Le problème qu'on a, c'est des incendies qui sont anormaux.
C'est pour ça qu'on parle de mégafeu et qui sont liés effectivement à une situation problème, c'est qu' le problème, c'est ce que disent beaucoup de scientifiques, c'est qu'aujourd'hui, ça ne sera plus des phénomènes anormaux dans sûr, mais c'est anormaux par rapport au climat d'avant. maintenant on est dans un nouveau climat et donc évidemment les primes d'assurance augmentent parce que alors pas simplement parce que les risques de survenu des comment dire des phénomènes s'accroissent mais aussi parce que ce qu'on assure est a de plus en plus de valeur et là aussi on voit que les catastrophes naturelles où les incendies détruisent de plus en plus de valeur mais parce qu'en fait à la base il y a plus en plus de valeurs et ça c'est c'est logique dans une économie en croissance les maisons sont plus grandes plus belles plus avec plus d'objets dedans et donc c'est pour ça que les prix d'assurance augmentent il y a aussi il y a aussi une là on a on a raisonné sur l'enjeu financier mais qu'est-ce que l'on peut faire aussi collectivement pour que les sujets d'assurance ne se posent plus avec autant de difficultés dans les années qui viennent et c'est ce que disait très bien Jean-Philippe Doeton le directeur général de la massive dans votre dans votre reportage c'est que il faut mobiliser aussi tous les acteurs de la chaîne les collectivités aussi et puis surtout il y a un mot qu'on ne prononce pas beaucoup c'est celui de la prévention on s'attarde beaucoup à guérir mais il faut aussi mieux prévenir et mieux prévenir c'est c'est par exemple Exemple, le débroussaillage, c'est quelque chose de plus bête, mais c'est ça permet d'éviter que un feu de forêt se transforme en méga feu parce que le réchauffement climatique va les transformer en méga mais on peut éviter. Je rappelle que dans 9 cas sur 10 d'un feu de forêt, l'origine est un défaut de débroussaillage, c'est entendu.
On va partir maintenant en 2020 hein. On va parler justement aussi de cette solidarité peut-être et bien qu'on a découverte ou redécouverte puisque là en plein confinement à l'époque en plein confinement anti Covid, souvenez-vous, les Français, alors pas tous, se découvrent solidaire. Une attitude qui préfigure l'entraide que l'on observe aujourd'hui face aux incendies.
C'est notre archive du jour. Tout a commencé sur des balcons. Des balcons pour chanter, s'entraider, de la solidarité partout pour faire les courses.
Ah très bien. Vous êtes vous êtes mes sauveurs et mes bon dieux et mes anges gardiens. Ouir un transport gratuit [musique] aux soignants d'une région à l'autre par la voie désert. l'impression d'une belle chaîne de solidarité qui s'est créée [musique] dans ces moments un petit peu spéciaux.
Oufrir de son expérience et de son temps en fabriquant masques [musique] et blues par centaines. Épauler ceux qui travaillent plutôt qu'attendre sans rien faire. On est dans une [musique] situation où si on se sert pas les coudes, je pense qu'on le fera jamais. [applaudissements][musique] C'est beau.
Alors, on assiste he depuis 8 jours à un peu pareil hein, cet immense élan de solidarité, y compris sur le terrain les agriculteurs, les habitants qui viennent avec leurs petits bras aider les pompiers et puis partout de partout en France, les collectes, les cagnottes, les appels au dons, les gens qui appellent en disant "Je peux héberger" et cetera. Jade Grandin de l'épreuvier, c'est une solidarité qui a changé, qui a évolué. Ça vous surprend ou pas ?
Oui. Par rapport au Covid, est-ce qu'il y a une évolution ? Et puis est-ce que ça vous a surpris ?
Ben je pense que ça montre que face à une enfin une catastrophe du coup le terme est conoté maintenant mais face à quelque chose d'exceptionnel et une situation vraiment d'urgence c'est plutôt rassurant de voir que pour moi c'est un peu vraiment similaire au Covid c'est la la population agit et n'attend pas des ordres de l'État ou que l'État fasse tout pour elle et qu'il y a des initiatives individuelles. Donc non seulement des gens qui eux-mêmes vont aider les pompiers comme ils peuvent en en donnant de la nourriture ou en aidant avec leurs engins. et aussi les entreprises elles-mêmes se sont mobilisées pour apporter des matelas, des lits, des masques FFP2.
Donc c'est assez enthousiasmant. Ça s'explique aussi parce que la préfecture locale était vraiment concentrée sur la gestion de de l'incendie. Donc les citoyens se sont aussi organisés un peu pour palier au fait que les services de l'État ne peuvent pas tout.
Et donc c'est intéressant parce que c'est complémentaire à ce qui a pu faire l'État même si évidemment c'était en dehors des normes. C'estàdire qu'on a fait des coupra dans les forêts en sans demander d'autorisation préfectorale. C'est possible dans l'urgence mais est-ce que sur le temps long ça reste viable de faire comme ça plein de choses sans l'or ?
Merci beaucoup à vous trois d'être venu débattre ce soir sur le plateau de 28 minutes.
Roland Lescure