Rachida Dati : "Je me réjouis qu'il y ait quelque chose de Nicolas Sarkozy" chez Gabriel Attal
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:43OuverteRéponse directe
L'avez-vous trouvé bon ? Il ne vous a pas fait regretter votre choix de rejoindre la majorité ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Y a-t-il un fil conducteur entre les mesures annoncées par Gabriel Attal ?
- 2:38OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous y avez vu des accents de Nicolas Sarkozy dans sa manière de prononcer son discours ?
- 3:33OuverteRéponse partielle
Comment recevez-vous ces critiques de l'opposition sur le discours de Gabriel Attal ?
- 4:03OuverteRéponse directe
La remise en cause de la loi SRU hier par Gabriel Attal, ça vous êtes pour ?
- 5:19OuverteRéponse directe
Craignez-vous une gilet jaunisation du mouvement agricole ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« Les mesures qui ont été annoncées hier, les valeurs défendues dans son discours de politique générale, correspondent véritablement aux aspirations et aux attentes des Français. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Toutes les mesures qui ont été annoncées, que ce soit sur le pouvoir d'achat, avec la revalorisation du travail, ça a été très prononcé sur cet aspect-là. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Sur la réduction des inégalités, notamment à l'école, sur la relance du logement, sur le droit à la sûreté. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Non mais c'est bien, moi je vous remercie toujours de ne jamais oublier Nicolas Sarkozy, et sous le meilleur angle, puisque vous le présentez comme ça, donc je me réjouis qu'il y ait quelque chose de Nicolas Sarkozy en lui, si je puis dire. »
- 4:13Invité politiqueFait
« Mais la loi SRU, d'ailleurs, tout le monde avait dénoncé la limite, parfois, dans certains endroits et dans certains quartiers, et les émeutes récentes l'ont démontré. »
- 5:48Invité politiqueFait
« Le sujet, la cause profonde du malaise des agriculteurs aujourd'hui, c'est finalement le manque d'harmonisation des normes. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Vous créez une distorsion. Et en créant ces distorsions, vous créez de la concurrence déloyale et on tue nous-mêmes, nos agriculteurs. »
- 7:26Invité politiqueFait
« Là, aujourd'hui, je considère, regardez le discours de politique générale, est-ce qu'il y a une idée, une mesure que je n'ai pas portée quand je venais sur votre plateau ? »
- 8:24Invité politiqueFait
« Non, je n'ai pas dit « Mon objectif, c'est la mairie de Paris ». »
- 8:31Invité politiqueFait
« J'ai dit « Écoutez, c'est dans trois ans, on verra ». »
- 10:03Invité politiqueFait
« La culture fabrique un citoyen. »
- 10:22Invité politiqueFait
« La France ne s'est pas construite avec des personnes issues de l'immigration, qu'on vénère d'ailleurs, qui ont contribué à cette grande république. »
- 11:51Invité politiqueFait
« J'ai évoqué les MJC. J'ai évoqué le bibliobus qui venait au pied de la cité pour faire découvrir la lecture. »
- 13:21Invité politiquePromesse
« J'ai lancé effectivement une mission, on doit me rendre des propositions d'ici un mois et demi, à peu près, ce que j'ai appelé le printemps de la ruralité. »
- 16:27Invité politiqueFait
« Ce bâtiment va être pierre par pierre déplacé de quelques mètres et il sera collé au musée qui est existant pour pouvoir l'agrandir. »
Temps de parole
- Rachida Dati71 %
- Présentateur15 %
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la ministre de la Culture dans le grand entretien du 7-10, également maire du 7e arrondissement de Paris. Vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Rachida Dati, bonjour. Bonjour, bonjour. Et bienvenue dans ce studio. Beaucoup de questions à vous poser ce matin sur votre vision de la culture pour la France, sur votre dossier prioritaire. On va revenir aussi évidemment sur votre nomination surprise dans un gouvernement d'Emmanuel Macron après avoir passé 7 ans dans son opposition. Mais d'abord, quelques mots sur le grand oral de Gabriel Attal hier à l'Assemblée.
Le nouveau Premier ministre a prononcé son discours de politique générale. L'avez-vous trouvé bon ? Il ne vous a pas fait regretter votre choix de rejoindre la majorité ?
D'après vous. On ne sait pas. Justement, je vais vous le dire. Les mesures qui ont été annoncées hier, les valeurs défendues dans son discours de politique générale, correspondent véritablement aux aspirations et aux attentes des Français. Toutes les mesures qui ont été annoncées, que ce soit sur le pouvoir d'achat, avec la revalorisation du travail, ça a été très prononcé sur cet aspect-là, sur la réduction des inégalités, notamment à l'école, sur la relance du logement, sur le droit à la sûreté, qui, moi je tiens ce mot sur la sûreté, qui est un mot de la déclaration des droits de l'homme.
Et donc, toutes ces mesures qu'il a déclinées dans le détail, puisque quand vous avez la sécurité, il y a un aspect, évidemment, sécurité, ordre public, autorité, retour à l'ordre, mais aussi sur des mesures de justice, qui concernent notamment aussi les mineurs et les parents de ces mineurs. que les parents des mineurs, par exemple, qu'on souhaite aider, quand ils sont parfois dépassés et ça peut arriver, ou quand, effectivement, ils ont, évidemment, abandonné leurs responsabilités. Et donc, hier, j'ai considéré, effectivement, que les mesures qui ont été annoncées correspondaient aux attentes des Français, et notamment à la classe moyenne, notamment sur le logement, par exemple.
Mais il y avait beaucoup, vous le dites, énormément de mesures annoncées hier, mais y a-t-il un fil conducteur entre ces mesures ? Est-ce que vous avez vu la ligne force ? Et est-ce qu'il y en a une qui vous semble...
La ligne forte, c'est d'abord de rétablir de l'autorité et l'ordre dans le pays, avec un droit à la sûreté, qu'on puisse réduire les inégalités avec l'école, qu'on puisse vivre de son travail, qu'on puisse vivre dignement de son travail, en remettant le travail au centre de toutes les politiques, et également sur le logement. Aujourd'hui, vous savez qu'il y a une crise du logement, et ne pas avoir un toit sur sa tête, c'est effectivement, ça fragilise toute votre vie, même si vous avez un travail.
Le travail, l'autorité, le débit mitraillette de Gabriel Attal, son énergie aussi, est-ce que vous y avez vu des accents de Nicolas Sarkozy dans sa manière de prononcer son discours ?
C'est le style de sa génération, très engagé, jeune, dynamique, c'est le style de sa génération.
Vous n'avez pas vu la référence à Nicolas Sarkozy ?
Non mais c'est bien, moi je vous remercie toujours de ne jamais oublier Nicolas Sarkozy, et sous le meilleur angle, puisque vous le présentez comme ça, donc je me réjouis qu'il y ait quelque chose de Nicolas Sarkozy en lui, si je puis dire.
Rachida Dati, l'opposition a critiqué la prestation de Gabriel Attal, Marine Le Pen voit un Premier ministre figurant d'Emmanuel Macron, le LR Olivier Marlex dit que ce discours fut un catalogue, la redoute de promesses, à gauche pour Fabien Roussel, Gabriel Attal, c'est Gabriel Thatcher, quant à Jean-Luc Mélenchon, il a vu le discours le plus réactionnaire depuis un siècle, comment recevez-vous ces critiques ?
Moi je vais vous dire, les réactions, alors, comme vous savez, vous connaissez un peu mon parcours, je suis aussi une fille d'ouvrier, et moi je déplore que la gauche, elle ait perdu le sens de la sécurité des personnes, le sens du travail, de la valorisation du travail, de la reconnaissance du mérite, le sens du logement, de la mixité sociale, la mixité sociale comme ascenseur social. Moi, vraiment, je trouve que la gauche...
La remise en cause de la loi SRU de ce point de vue hier par Gabriel Attal, ça vous êtes pour ?
Mais la loi SRU, d'ailleurs, tout le monde avait dénoncé la limite, parfois, dans certains endroits et dans certains quartiers, et les émeutes récentes l'ont démontré, c'est d'avoir concentré les difficultés aux mêmes endroits. Il y a des villes, effectivement, quand vous avez un parc social très dégradé, où on y concentre les difficultés, c'est ça, favoriser la mixité sociale, après, ces endroits-là sont relégués, sont relégués de la société et de la cohésion aussi républicaine. Et donc, le problème de la gauche, c'est qu'elle n'est plus à gauche, elle est ailleurs.
Et moi, ça, je le déplore, parce que dans les mesures qui ont été annoncées hier, est-ce qu'on peut être contre la réduction des inégalités à l'école ? Est-ce qu'on peut être contre de remettre de la culture pour pouvoir former un citoyen ? Est-ce qu'on peut être contre de pouvoir loger des classes moyennes ? Les classes moyennes, elles ne sont pas forcément éligibles au logement social et elles ne sont pas forcément accessibles sur le logement dit privé. Est-ce que ça, on peut être contre ? Moi, je trouve que, franchement, la gauche n'a plus du tout de boussole. D'ailleurs, elle n'a pratiquement plus de militants. Je le déplore.
Rachida Dati, il y a les réactions politiques et il y a les réactions qui étaient très attendues des agriculteurs. On va évidemment vous interroger dans beaucoup de questions sur votre ministère et sur la culture, mais quand même, l'actualité, aujourd'hui, c'est les agriculteurs. Ils ont réagi à ce discours en affirmant qu'ils n'étaient pas convaincus. Ils ont renforcé d'ailleurs les blocages autour de Paris. Craignez-vous une gilet jaunisation du mouvement agricole ?
Moi, je pense que cette crise, il ne faut pas la prendre à la légère. Il faut entendre, il faut tout entendre, il faut rencontrer, il faut discuter. Ce n'est pas moi qui vous dirai le contraire. Les agriculteurs, c'est l'ADN de la France. D'ailleurs, le soutien des Français aux agriculteurs en est la preuve. Il faut que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail. Le sujet, la cause profonde du malaise des agriculteurs aujourd'hui, c'est finalement le manque d'harmonisation des normes. On a des normes européennes, certains les appliquent, d'autres ne les appliquent pas, d'autres les transposent, d'autres les sur-transposent.
Certains, comme nous, on rajoute souvent des normes nationales aux normes européennes. Vous créez une distorsion. Et en créant ces distorsions, vous créez de la concurrence déloyale et on tue nous-mêmes, nos agriculteurs.
Certes, mais là, ils ne sont pas convaincus. Alors comment on fait pour calmer la fronte ?
Vous ne pouvez pas dire qu'ils ne sont pas convaincus globalement. Certains, vous avez vu les réactions hier soir. La loi EGalim, est-ce que quelqu'un peut être contre cette loi EGalim ? Mais ils disent qu'elle n'est pas bien appliquée. Et bien justement, qu'a annoncé le Premier ministre, c'est que cette loi EGalim, nous allons veiller à une meilleure application de cette loi EGalim, qui est quand même une grande avancée pour les agriculteurs. D'ailleurs, elle avait été assez votée, assez unanimement. Et donc, il faut pouvoir appliquer, quand une loi est votée, il faut pouvoir l'appliquer. Et ne pas rajouter des normes. C'est tout l'enjeu, évidemment, de cette crise agricole.
Avant de parler de votre ambition pour la culture, un mot tout de même, Rachida Dati, parce que beaucoup de Français ont été stupéfaits par votre nomination au gouvernement, d'autant plus qu'ils vous avaient entendu.
Peut-être plus vous que les Français, je crois.
Vous avez entendu, en tout cas, ils sont nombreux à écouter Inter, sur cette antenne, en 2021, affirmer « En marche, c'est un parti de toi ! » Ça s'est dit, ça s'est dit. « C'est des traîtres de gauche, c'est des traîtres de droite, ceux qui y sont viennent du PS ou des Républicains. En marche, ça se réduit à quoi ? À Emmanuel Macron, fin de citation. » Alors, est-ce que vous avez changé d'avis ou pas du tout ? Est-ce qu'en marche, ce sont encore des traîtres ?
Moi, à cette époque, je l'ai dit effectivement à votre antenne, il y avait des positions qui étaient contradictoires. C'était des injonctions contradictoires. Là, aujourd'hui, je considère, regardez le discours de politique générale, est-ce qu'il y a une idée, une mesure que je n'ai pas portée quand je venais sur votre plateau ? Il ne faut pas être dans la posture. Et d'ailleurs, vous le dites vous-même. Vous l'étiez dans la posture ? Non, je dis, justement, il ne faut pas être dans la posture. Quoi que les mesures sur l'école, on a beaucoup bataillé pour réduire les inégalités à l'école. Moi, par exemple, sur l'aménagement des peines, justement, l'aménagement des peines, ça favorise quoi ?
La réinsertion. Sur la mixité sociale dans le logement, c'est une réalité. Ce sont des combats que j'ai portés. Sur l'égalité homme-femme, sur la lutte contre les non-sous-femmes. Vous regrettez cette phrase ? Vous regrettez traître de gauche, traître de droite ? Non, moi, je regrette... Alors, après, on peut avoir une formule ou autre. Oui, moi, je regrette rarement ce que je dis ou ce que je fais. Parfois, ça peut être malheureux. Je m'en veux. Mais bon, c'est comme ça. C'est là que vous l'assumez. D'abord, si je n'assumais pas, je ne serais pas devant vous aujourd'hui. Donc, j'assume.
Votre nomination a aussi fait grincer des dents parce que lors de votre première prise de parole, c'était sur RTL, vous avez déclaré « Mon objectif, c'est la mairie de Paris ».
Non, je n'ai pas dit « Mon objectif, c'est la mairie de Paris ». On corrige. Non. Votre consoeur dit « Et la mairie de Paris ». J'ai dit « Écoutez, c'est dans trois ans, on verra ». Et elle relance. Et je lui ai dit « Quand vous êtes élu, demandez à n'importe quel élu, ministre, est-ce que votre objectif, c'est d'être élu ? Quand vous faites de la politique, c'est de vous représenter à cette élection. » Je vais vous dire. Non, mais je vais vous répondre très clairement. Oui.
Et puis aussi, sur ça, sur le fait « Mon objectif, c'est la mairie de Paris ». Je ne vais pas vous mentir, je vais vous le dire, c'est la vérité. On a pu croire que la culture était un tremplin. Et puis, on a pu lire dans Le Monde que vous aviez dit à votre prédécesseur, Rima Abdelmalat, que la culture n'était pas votre premier choix, que vous vouliez un poste régalien. C'est faux. Mais justement, c'est une manière de clarifier les choses. Non, c'est faux. Dites à ceux qui vous écoutent ce matin, qui ont pu penser que la culture, c'était pour vous un deuxième choix ou un tremplin. D'ailleurs, il y a des gens qui vous écoutent ce matin et qui vous apprécient.
Rachida Dati, dites-leur exactement.
Non, mais souvent, on vous dit dans la vie, vous avez une deuxième chance. Moi, toute ma vie, je n'ai eu qu'une chance. Des gens comme moi, ils n'ont jamais droit à la deuxième chance. Généralement, soit on essaye de vous abattre avant, on essaye, on peut vous blesser, on peut vous mettre un genou à terre. Je n'ai jamais mis le deuxième. J'ai pu être blessée, même gravement, je n'ai jamais été dans le coma. Donc voilà, ça c'est la vie. Donc moi, il n'y a pas de premier choix, de deuxième choix. Moi, je ne suis pas une gâtée de la politique. Moi, je ne conçois pas mon engagement politique comme étant quelque chose... Ah ben, c'est un choix, ce n'est pas la carte, ce n'est pas un restaurant.
Moi, je considère que c'est des choix de vie, c'est des combats de vie. Mais la culture, c'est un combat de vie pour vous ? Ah bon ? Vous ne trouvez pas que la culture favorise la cohésion républicaine ? Que la culture fabrique un citoyen ? J'ai présenté mes voeux au musée de l'immigration. Ça a tout un sens.
Pourquoi vous avez choisi le musée de l'immigration ?
Parce que je trouve qu'en ce moment, on ne peut pas parler d'immigration sans que ce mot soit connoté. Soit qu'il génère de la violence, soit qu'il génère du rejet. Ah bon ? La France ne s'est pas construite avec des personnes issues de l'immigration, qu'on vénère d'ailleurs, qui ont contribué à cette grande république. Et quand j'ai présenté mes voeux, Constance Rivière, que je veux remercier aussi ici, pour le travail formidable qu'elle fait dans ce musée de l'immigration, où vous avez un public jeune, extrêmement important, très divers, qui vient visiter ce musée. Et je les incite à y aller. Parce que ce musée vous réconcilie avec vous-même, avec la République, avec votre paix.
Il vous réconcilie aussi avec votre voisin. Que ceux qui m'ont attaqué sur le prénom de ma fille, ou sur autre chose, sur mes parents, sur ma vie, se rendent au musée de l'immigration. Ça peut les apaiser. Simplement, et ils l'ont retrouvé dans des archives, alors ça j'ai été très surprise, il y avait une émission qui s'appelait Mosaïque, dans les années 80, qui m'a effectivement inspirée, qui était une fenêtre, justement, sur ces familles qui venaient de l'immigration, qui venaient de pays pour reconstruire la France. Et j'avais effectivement écrit cette lettre, j'avais 20 ans. Elle se retrouve dans ses archives.
Vous avez écrit une lettre à 20 ans, effectivement, à l'émission Mosaïque. A l'émission Mosaïque.
Où j'avais déjà parlé de cette culture. Cette culture qui construit. Donc pour moi, ça a un sens. D'ailleurs, regardez, on se plaint sur l'école, le recul dans les classements de l'école. Souvent, là où l'école recule, c'est parce que la culture a reculé.
Lors de ces voeux, vous avez déclaré vouloir bâtir une nouvelle culture populaire pour tous. L'accès à la culture pour tous, ça ne veut pas dire la médiocrité. Que voulez-vous dire exactement par là ?
D'ailleurs, quand j'ai fait mon discours de passation de pouvoir, j'ai évoqué les MJC. J'ai évoqué le bibliobus qui venait au pied de la cité pour faire découvrir la lecture, le livre, qui n'existait pas dans les appartements, les logements où nous habituons. Et les MJC. Et certains se sont dit, oh là là, elle va relancer les MJC qui sont de l'éducation, de la culture populaire. Pourquoi ? Parce qu'il y avait une opposition, il y a une opposition au sein de la culture. On considère que la culture populaire, la culture pour le plus grand nombre, c'est la culture, finalement, c'est le nivellement. Je ne le crois pas. Au contraire...
Vous allez relancer les MJC ?
Oui, je vais inviter l'ensemble des acteurs de l'éducation populaire. Et notamment, j'ai rencontré le président de la fédération des MJC. Parce que je voudrais... C'est un réseau extrêmement important dans des endroits où il n'y a plus de culture, où il n'y a pas de culture. Moi, j'aimerais qu'effectivement, chacun puisse se dire, la culture, c'est aussi pour moi. Que ça ne se résume pas à un héritage ou à de la reproduction sociale.
Et puis, vous avez évoqué le sujet de la culture dans le monde rural. 22 millions de Français qui n'ont accès qu'à 5% des scènes de spectacle vivant. pour la rendre accessible, cette culture, partout sur le territoire français, pas seulement dans les grandes villes. Il faut de l'argent, il faut des budgets. Est-ce qu'il y en aura ? Aujourd'hui, l'essentiel du budget du ministère de la Culture va aux grandes institutions, opéras, musées, dont beaucoup se trouvent à Paris. Est-ce que vous aurez les moyens de vos ambitions ?
D'abord, j'ai lancé effectivement une mission, on doit me rendre des propositions d'ici un mois et demi, à peu près, ce que j'ai appelé le printemps de la ruralité. J'ai demandé effectivement à ce qu'on affine les dispositifs qui existent, les dispositifs culturels qui existent en milieu rural pour les développer et les rendre pérennes. Oui, il faut de l'argent, mais il faut aussi de la volonté politique. Il faut aussi reconnaître le rôle des élus locaux. Les collectivités, aujourd'hui, investissent plus que le ministère de la Culture dans la culture. Souvent, ils ne sont pas considérés, souvent, ils ne sont pas reconnus où souvent, on se pince le nez parce que ce sont des élus locaux.
Moi, j'aimerais effectivement qu'ils prennent aussi tout leur rôle dans ces partenariats et cet accès à la culture. Autre chose, les métiers de la culture sont très divers. Il y a certaines filières d'excellence qui sont élitistes et qui ne sont pas accessibles au plus grand nombre. Je voudrais aussi développer l'apprentissage et l'alternance dans toutes les filières de culture et notamment dans les métiers d'art qui sont des filières très élitistes. Ça veut dire la discrimination positive ? Non, mais non.
Voilà, c'est de pouvoir ouvrir ces filières d'excellence, souvent fermées, souvent de la reproduction sociale au plus grand nombre et développer les classes préparatoires publiques qui existent à très petit nombre. Non seulement développer ces classes préparatoires publiques pour accéder à ces filières d'excellence et augmenter le nombre de boursiers dans ces filières et ces promotions.
On a beaucoup de questions encore à vous poser. Une question sur un projet qui divise la démolition du pavillon des sources, petits bâtiments de sites historiques des travaux de Marie Curie tout près du Panthéon. Cette démolition a été arrêtée in extremis début janvier par Rima Abdul-Malak à la place l'Institut Curie veut y construire un bâtiment de 5 étages pour y installer le premier centre de chimie biologique sur le cancer en Europe. Avez-vous tranché pour être très clair ce pavillon des sources sera-t-il préservé ou détruit ?
Ce pavillon des sources dont la démolition était effectivement programmée avec l'assentiment d'ailleurs de la mairie de Paris on s'y est opposé. Ce n'est pas Mme Abdul-Malak qui a arrêté la démolition c'est notre mobilisation avec des collectifs défendant le patrimoine notamment le patrimoine de proximité et les élus de l'opposition à Paris que nous sommes nous sommes opposés. J'avais saisi évidemment ma prédécesseur pour demander dans le cadre d'une instance de classement qu'on puisse sauver ce bâtiment où effectivement vous le rappeliez où Marie Curie a effectué quelques travaux à cet endroit. C'est un patrimoine de proximité et scientifique.
Évidemment dont Paris devrait évidemment s'honorer. Mais il y a aussi tout l'enjeu de l'Institut Curie c'est aussi la fierté de la France de développer un centre de recherche scientifique contre le cancer. Cet institut il est formidable reconnu dans le monde entier et donc j'avais saisi ma prédécesseur et ça n'avait pas été tranché ça a traîné je suis arrivé c'est comme pour la grève à Beaubourg dont on pourra parler si vous le souhaitez que j'ai déminé en quelques jours grâce à l'esprit de responsabilité des représentants syndicaux et des dirigeants parce que je ne souhaitais pas que ce organisement se poursuit.
Sur le pavillon des sources évidemment j'ai eu effectivement une note de mes services à ce propos et avec Sylvie Rotaillot ma collègue de l'enseignement supérieur la ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur et l'institut Curie nous avons trouvé une solution évidemment ce bâtiment va être pierre par pierre déplacé de quelques mètres et il sera collé au musée qui est existant pour pouvoir l'agrandir sans préjudice du développement de la modernisation de ce centre de recherche de lutte contre le cancer.
Donc la solution a été trouvée on l'a trouvé rapidement le pavillon des sources ne sera pas détruit ne sera pas détruit et à côté il sera préservé déplacé de quelques mètres et il sera collé au musée qui existe on va le déplacer
et le musée on va le déplacer et à sa place il y aura donc le bâtiment de 5 étages pour l'institut Curie
et ainsi le centre de lutte contre le cancer va pouvoir être développé ainsi tout le monde tout le monde est gagnant-gagnant dans cette histoire donc je voulais l'annoncer évidemment ce matin
les gens ne le savent peut-être pas Rachida Dati mais vous êtes une auditrice assidue de France Inter ça peut sembler baroque oui elle connaît sa guérinette mais vous connaissez la grille par cœur
mais voyez Nicolas Demorand votre sectarisme pourquoi baroque ? non mais c'est tout de suite
non mais pourquoi baroque ? je le dis avec un sourire moi je vous le dis
avec beaucoup et c'est absolument pas du sectarisme
on le dit aux années
c'est sûr que vous connaissez la grille par cœur par cœur par cœur par cœur pourquoi c'est surprenant ? qu'est-ce qui vous surprend ? ma vie s'est construite je vous l'avais dit vous l'aviez dit ici à ce micro elle s'est construite par quoi ? par l'audiovisuel public vous l'aviez dit à ce micro la radio on n'avait pas la télévision et puis je vais vous dire j'ai une petite pensée pour Daniel Morin parce que quand j'ai été nommée j'ai pensé à lui parce que je suis dit
vous avez une relation privilégiée
avec Daniel Morin qui est radiophonique on va préciser parce que sinon ça va partir c'est-à-dire que vous l'écoutez tous les matins à 7h moins 5 j'adore France Inter je vais vous dire pourquoi parce que c'est une des rares radio où les animateurs ne sont pas les stars de la grille c'est le programme qui est star de la grille oui je sais Léa Salamé vous êtes une star oui d'accord parce que je vous vois un peu comme ça justement vous avez tout à fait raison
je suis très très contente
non mais je trouve que c'est une grille et puis moi j'écoute la radio depuis toujours je suis assez insomniaque j'écoute la nuit et je trouve qu'on y trouve son compte et moi j'écoute par exemple les petits bateaux avec ma fille bon alors justement il y a des inquiétudes
sur l'audiovisuel public Rachida Dati vous le savez
à l'époque vous aviez dit au moment de la suppression de la redevance qu'il fallait un audiovisuel public fort et qu'il fallait être très clair sur son financement et sur son indépendance justement en l'absence de redevance le budget de l'audiovisuel public provient de l'affectation d'une partie de la TVA un mécanisme qui est provisoire et qui devra prendre fin fin 2025 vous le savez il y a des inquiétudes dans la matière comment allez-vous financer l'audiovisuel de manière à la fois pérenne et indépendante ?
avant de parler du financement la trajectoire budgétaire elle a été préservée vous le savez jusqu'en 2025 et après il y a des vraies inquiétudes oui mais d'ici 2025 il y a aussi des réformes à mener et moi je trouve que l'audiovisuel public dans un état de droit dans une démocratie il faut le préserver et si vous voulez le préserver dans un monde qui est en bouleversement technologique immense c'est pas à vous que je vais le dire et donc si vous voulez le préserver il faut rassembler les forces ça veut dire quoi ? une fusion entre la radio et la télévision ?
regardez les médias privés regardez les radios et les télévisions européennes ils ont des pôles qui sont très forts parce qu'ils ont rassemblé leurs forces vous ne pourrez on ne pourra pas faire autrement on ne pourra pas faire autrement si on veut préserver l'audiovisuel public qu'il reste puissant
mais c'est une BBC à la française c'est quoi ?
avec radio télé dans un même groupe à l'époque c'était mon idée quand j'étais pas ministre de la culture c'était mon idée c'est mon intuition la BBC à la française voilà c'était ma conviction il faut rassembler les forces il faut un pôle puissant d'ailleurs regardez on l'a automné sur les réseaux de proximité par la base ça a commencé mais ça veut dire quoi ?
que vous allez créer une nouvelle entité avec un patron qui serait le patron des deux
de la radio et de la télé ? je ne veux pas faire un organigramme je ne veux pas effrayer les dirigeants qui sont dans le couloir donc je vous confirme voilà donc le sujet il peut y avoir des fusions des coopérations des synergies positives c'est ça auquel il faut penser moi d'abord il faut savoir quel objectif on vise et on se met autour de la table et ensuite évidemment le reste va en découler et l'argent
et l'argent et l'argent à partir de 2025 comment ? pérennité et indépendance mais n'ayez pas peur
si vous avez un audiovisuel public fort, puissant, préservé je vais vous dire l'aspect budgétaire suivra
ouais enfin c'est il n'y a plus la redevance donc les 4 milliards il faut les trouver
d'accord mais donc si si on arrive à cette réforme on va dire quoi ? on fait cette réforme puis il n'y a plus d'argent ? vous allez faire la quête ? non mais non mais c'est pas ça le sujet
demain il y a un autre gouvernement qui arrive au pouvoir un autre président qui arrive au pouvoir comment on préserve l'indépendance ?
justement il faut faire cette réforme et vite voilà je vous le dis là dessus vous pouvez compter sur moi si vous voulez effectivement cette réforme doit être refaite et l'aspect budgétaire sera tout aussi garantie
vous vous êtes réjoui du triomphe d'anatomie d'une chute dans les nominations aux Oscars Justine Triet avait eu un discours très vif contre la politique culturelle d'Emmanuel Macron comment vous avez reçu ce discours à l'époque et vous espérez pour la France qu'elle emporte un maximum d'Oscars ?
parce que je trouve que la palme d'or c'est pas rien et ce film que j'ai vu moi qui m'a bouleversée vous le savez très bien moi c'est un combat j'allais dire depuis que j'ai l'âge de 10 ans pourquoi ? parce que j'ai vécu dans de la violence tout le temps dans des milieux violents qu'on connait encore et donc ce film en plus l'aspect d'ailleurs qui est nouveau pour le film pas nouveau pour la vie c'est qu'il y a un enfant il y a aussi le point de vue de l'enfant il y a la justice tout est dans ce film moi ce film m'a bouleversée et donc quel est des propos ?
moi je trouve que c'est sa liberté d'expression je vais vous donner un exemple lorsque j'étais garde des sous lorsque j'étais magistrat j'ai toujours soutenu une association qui s'appelait le Génépi qui me tapait dessus tout le temps je les ai toujours financées pourquoi ? ils amenaient l'alphabétisation la culture la formation en prison et notamment auprès des mineurs j'ai toujours voulu les soutenir mais qu'ils aient une liberté politique idéologique mais c'est leur droit elle est artiste elle en a encore plus le droit
l'académie des Césars a décidé que toute personne mise en cause pour des faits de violence par la justice ne seront désormais plus invités à la cérémonie que pensez-vous de cette décision qui toucherait par exemple un Gérard Depardieu ?
alors moi je vais vous dire sur les sujets alors moi je ne suis pas devenue magistrat par hasard je vais vous dire pourquoi parce que quand j'étais adolescente ou enfant j'avais remarqué que parfois l'état de droit n'était pas respecté sur des mesures de garde à vue sur des procédures judiciaires sur des mises en cause et je me disais je ne vais pas devenir policier ou gendarme je vais devenir magistrat parce que je serai au plus près de l'état de droit je serai dans le réacteur de l'état de droit et donc ça j'y suis très sensible j'ai tellement connu de mise en cause gratuite de gens de jeunes sans qu'ils puissent être défendus on massacre leur vie et après terminer et donc il faut faire attention donc vous ne comprenez pas cette décision de l'Académie de Zazard non mais chacun est libre de position je dis simplement il faut être un petit peu si vous voulez défendre on dit toujours je fais confiance à la justice si vous voulez défendre la justice il faut en respecter les principes et les principes la mise en cause ce n'est pas la condamnation la mise en cause c'est aussi le pouvoir se défendre justement vous êtes mis en exemple attendez non non non justement il y a une chose par exemple importante ce n'est pas la sacralisation de la parole des femmes il faut entendre les femmes souvent les femmes n'ont pas été entendues les plaintes ne sont pas prises souvent on les reçoit même pas même pas pour une main courante et donc je trouve qu'il faut entendre la parole des femmes et il faut les écouter y compris quand les affaires sont prescrites
vous avez été mise en examen pour corruption et trafic d'influence passif dans l'enquête sur des contrats noués par une filiale de Renault-Nissan à l'époque où Carlos Ghosn dirigeait le groupe vous allez nous répondre présomption d'innocence mais tout de même est-ce que ça n'affaiblit pas votre voix d'être mise en examen
moi je vais vous dire cette affaire moi je suis prise en otage dans une affaire entre Carlos Ghosn et Renault je ne suis pas la seule mise en cause je suis très confiante quant à ma probité et d'ailleurs des éléments sont sortis dans la presse qui démontrent évidemment le contraire de ces accusations je suis très confiante et moi je vais vous dire rien ne m'affaiblit voilà à part la maladie et la mort rien ne m'affaiblira à ce jour
le gouvernement a lancé en octobre des états généraux de l'information dont les conclusions sont attendues avant l'été c'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron qu'en pensez-vous et est-ce que ces états généraux pourraient déboucher sur des changements de la loi
c'est un peu le but de ces états généraux je crois que ceux qui sont à l'origine de ces états généraux qui les dirigent qui les conduisent évidemment en responsabilité dans un monde on parlait tout à l'heure de l'audiovisuel public mais aussi sur l'information et tout ce qu'on appelle les fake news les ragots le ragot devient une information maintenant tout le monde est journaliste sans déontologie sans formation
qui pourrait avoir transformation
moi je pense que les recommandations pourraient se transformer de manière législative
pour terminer vous avez reçu votre QTF faites attention préciser
je suis française je ne peux pas être
en obligation c'est vous qui avez dit puisque LR vous a demandé de quitter le parti ils ont dit vous allez m'envoyer un huissier alors ils vous ont envoyé l'huissier non et vous êtes toujours membre de LR bah oui vous êtes toujours membre de LR et vous n'allez pas rendre votre carte
ou démissionner enfin j'en sais rien je ne vais pas démissionner de mes valeurs de mes convictions ils font ce qu'ils veulent c'est une histoire de carte je vais leur envoyer leur carte c'est pas le sujet je m'en fous en fait
Bruno Retailleau vous l'avez entendu à ce micro la semaine dernière il a dit que vous lui faisiez penser à l'opportuniste de Jacques Dutron
d'accord bah écoutez on va appeler Philippe de Villiers il dira ce qu'il pense de monsieur Retailleau qui a passé sa vie à trahir mais ça c'est pas c'est son sujet c'est pas le mien je veux vous dire on avait beaucoup d'ailleurs si effectivement j'ai fait aussi ce choix de rejoindre Emmanuel Macron vous savez très bien que dans ma famille politique il y avait des sujets qui commençaient effectivement à me peser de plus en plus y compris sur la ligne pour les européennes
merci Rachida Dati continuez à écouter France Inter
Rachida Dati