LAURENT JACOBELLI : « Aujourd'hui, la France est diplomatiquement isolée » (France Info)
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Questions et réponses
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- 0:48OuverteRéponse directe
Est-ce vraiment une victoire pour les Américains, pour Donald Trump, Laurent Jacobini ?
- 1:54RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'était une guerre pour rien ?
- 2:25RelanceÉludée
Mais vous avez compris pourquoi ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est le moment pour la France de prendre part à cette mission pour sécuriser Hormuz ?
- 5:14OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez au Rassemblement National du Président de la République aujourd'hui ?
- 6:35OuverteRéponse directe
C'est une bonne chose ou c'est trop d'honneur pour ce président ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Cet accord, c'est d'abord l'ouverture immédiate du détroit d'Hormuz et la levée du blocus naval de l'Iran que nous avions mis en place. »
- 0:37Invité politiqueFait
« Deuxième point, l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire, c'est dans l'accord. »
- 0:41Invité politiqueFait
« C'est une très grande victoire et ça s'est produit uniquement parce que le président n'a pas baissé les bras. »
- 9:08InvitéFait
« La France soit aujourd'hui diplomatiquement isolée. »
- 9:58InvitéFait
« Nous soutenons la démocratie israélienne parce que c'est un pôle de stabilité et d'espoir dans la région face à des dictatures. »
- 10:15InvitéFait
« Israël se défend. »
- 12:55InvitéPromesse
« Nous avons demandé la baisse de la TVA de 20% à 5,5%. »
- 16:42InvitéPromesse
« Il faut massivement investir dans la justice, doubler le nombre de magistrats, durcir les peines avec des peines incompressibles. »
- 18:12InvitéFait
« Il n'y a aucune fatalité de la dette. »
- 21:18InvitéFait
« Vous avez commencé à travailler jeune avant 20 ans. C'est 40 annuités avec un âge seuil de 60 ans. »
- 21:28InvitéFait
« Quand Jordan Bardella dit l'âge de la retraite, l'âge de départ et la retraite n'est pas l'alpha et l'oméga, il a raison. »
- 23:26InvitéPromesse
« Un violeur d'enfant ne doit plus jamais être libre dans les rues. Il doit rester en prison jusqu'à la fin de ses jours. »
- 23:50InvitéFait
« Un système pénal ne peut pas tenir sans la peine capitale. »
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Bonjour Laurent Jacobini, merci d'être avec nous sur France Info, bonjour Paul. Bonjour à tous. Les Etats-Unis et l'Iran sont parvenus à un protocole d'accord qui met fin à la guerre après plus de trois mois de conflits. L'accord avec l'Iran est désormais conclu, a proclamé Donald Trump hier soir le jour de son anniversaire sur son réseau de trousses sociales. Navire du monde entier, mettez les moteurs en marche, que le pétrole coule à flot, a fanfaronné le dirigeant américain. On écoute le vice-président J.D. Vance.
Cet accord, c'est d'abord l'ouverture immédiate du détroit d'Hormuz et la levée du blocus naval de l'Iran que nous avions mis en place. Deuxième point, l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire, c'est dans l'accord. C'est une très grande victoire et ça s'est produit uniquement parce que le président n'a pas baissé les bras.
Chacun ce matin revendique la victoire. Est-ce vraiment une victoire pour les Américains, pour Donald Trump, Laurent Jacobini ?
Écoutez, je ne sais pas pour qui c'est une victoire. Pour l'instant, nous accueillons cette annonce avec optimisme et prudence. Prudence parce que c'est l'annonce d'un accord qui n'est pas encore signé. Si j'ai bien compris ce qui s'est dit dans la nuit, il y a encore des négociations. S'il y a vendredi normalement. Voilà, exactement, à Genève, notamment sur le détroit d'Hormuz qui serait libéré pour le passage notamment des pétroliers. Mais là encore, les États-Unis d'Amérique nous disent qu'il n'y aura pas de droit de péage. L'Iran nous dit qu'il y aura un droit de sécurisation.
Donc tout cela est encore flou, mais optimisme quand même, parce que ça veut dire pour les Français qui nous regardent et qui nous écoutent, que potentiellement les navires et les pétroliers vont pouvoir repasser par le détroit d'Hormuz et que ça pourrait casser la phase inflationniste que nous connaissons. D'abord par le coût de l'essence à la pompe, 2 euros le litre. Le coût du pétrole a chuté de 4%. Pardon ? Le coût du pétrole a chuté de 4%. Je crois même que c'est 6 depuis quelques heures. Et puis ça veut dire aussi que, comme le coût de l'énergie de l'essence risque de baisser, ça veut dire le coût de vente des produits.
Et donc la fin d'une phase inflationniste qu'on attend avec beaucoup d'impatience puisque le gouvernement n'a pas réagi. Mais je vous dis prudence.
On va parler effectivement des mesures, mais est-ce que c'était une guerre pour rien ? Parce que vous le dites vous-même, il y a énormément d'incertitudes. Un accord qui n'a pas encore été négocié parce qu'une phase de négociation va s'ouvrir. et un détroit d'Ormuz qui devrait rouvrir, mais peut-être aux conditions de l'Iran. Et puis il était déjà ouvert avant la guerre. Et sur le nucléaire, pas d'avancée non plus par rapport à l'accord de 2015.
Ne m'en veuillez pas, mais je ne pourrais vous répondre que vendredi. C'est-à-dire qu'au moment où l'accord sera signé, parce qu'avant de se dire que c'est une guerre pour rien, il faut se dire que c'est une guerre pour quoi ? Quand sera-t-il effectivement du nucléaire iranien ?
Mais vous avez compris pourquoi ?
Non, justement, je n'ai pas compris pourquoi. Et c'est bien le problème que nous avons à essayer de déchiffrer les messages du président des Etats-Unis d'Amérique. Est-ce pour libérer le peuple iranien ? Est-ce pour mettre fin à l'expansion nucléaire de l'Iran ? Est-ce que c'est pour mettre fin au régime des Mollah ? Est-ce que c'est pour sécuriser la vie d'Israël ? Tout ça, aujourd'hui, on ne sait pas très bien. Donc nous attendons de voir l'accord qui est signé. Mais il y a beaucoup de points en suspens, je viens de les évoquer. Et nous serons très vigilants à l'évolution des négociations. L'Iran a imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes humiliés.
L'ennemi n'a d'autre choix que d'accepter la défaite et de se rendre. Se félicitent les Iraniens à la télévision d'Etat. C'est aussi une guerre de com'. Est-ce que vous pensez que Trump est au moins un peu humilié par ce projet d'accord qui sera peut-être signé vendredi ? Je n'en sais rien. Ce que je vois dans les propos que vous tenez, c'est que l'Iran ne changera pas pour l'instant. C'est-à-dire qu'on a un régime religieux et qu'il le revendique. Une dictature qui le revendique pratiquement. et qui est un danger pour ses voisins et notamment Israël. Donc est-ce que la question va être réglée ? Je le répète sur le problème du nucléaire.
Imaginer l'Iran avec l'arme de feu nucléaire, ce serait terrible pour la région et pour le monde. Est-ce que Israël, qui est à peu près la seule démocratie de la région, pourra protéger ses habitants ? On le sait, l'Iran est activiste contre Israël et se pose la question du Liban et du Hezbollah. Comment va-t-on retrouver la paix au Liban avec la neutralisation du Hezbollah ?
Le Liban fait partie de cet accord et Donald Trump voudrait que Benyamin Netanyahou cesse ses frappes sur le Liban. Vous dites aussi qu'il faut qu'Israël cesse de frapper le Liban ? On a une double exigence.
La paix au Liban qui est un pays frère et dont nous voulons qu'il vive dans une démocratie sereine et apaisée avec un peuple libre. Et nous voulons, et tranquille, mais nous voulons aussi qu'Israël soit protégé. Israël qui est la seule démocratie, je le redis, de la région et dont le Hezbollah est un ennemi. Le Hezbollah dont on voit les liens avec l'Iran de manière tout à fait évidente, puisque l'Iran l'inclut, veut l'inclure dans ses accords. Et c'est probablement un débat de fond qu'il faut avoir. Et c'est pour ça que Marine Le Pen, en tant que chef de groupe du Rassemblement National, à l'Assemblée nationale, a demandé un débat public pour savoir ce que veut faire la France.
Qu'est-ce qu'on fait après la finule, qui est la force d'intervention pour pacifier la région ? Que doit faire la France, alors ? Que doit faire la France, oui, nous poserons la question. Et pour vous ? C'est très simple, il faut effectivement une présence française sur le Liban pour maintenir la paix, mais pas seulement. Pour aider aussi au désarmement du Hezbollah. Or c'est la fonction que, il faut le dire, la finule n'avait pas remplie pour l'instant et qui faisait que le Hezbollah était toujours ou est toujours une menace. Or on ne peut pas laisser cette menace perdurer. Donc on a un double objectif pour le Liban, la paix au Liban et le désarmement du Hezbollah.
Et donc qu'est-ce qui se passe après la finule, qui est la force d'intervention actuelle ? Quel sera le rôle de la France ? C'est la question que nous avons posée. Vous demandez un débat à l'Assemblée. Absolument, selon l'article 50.1 pour vos auditeurs, vos téléspectateurs qui connaissent bien le règlement de l'Assemblée.
Cet accord intervient au moment où le G7 s'ouvre en France. On écoute la réaction d'Emmanuel Macron.
Et là l'objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d'Hormuz dans la durée et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran.
Qu'est-ce que vous attendez au Rassemblement National du Président de la République aujourd'hui ?
D'abord le fait qu'il y ait un dialogue direct, j'allais dire bilatéral aussi, entre les États-Unis d'Amérique et la France, c'est une bonne chose.
Donc il faut maintenir ce dialogue ?
Il faut le maintenir.
Merci Donald Trump, nous humilie.
Je vais vous dire, la France et les États-Unis ont une relation historique amicale de longue date. Nous avons des intérêts communs, nous sommes des alliés, nous faisons partie des grandes démocraties libérales qui doivent se protéger d'un certain nombre de risques communs. Nous avons intérêt à travailler ensemble et à discuter. Je me souviens comment c'était fini le précédent G7, il avait claqué la porte, il avait critiqué vertement le président français. Oui, au-delà des personnalités, au-delà de Donald Trump et au-delà d'Emmanuel Macron, qui ne sont que de passage à la tête de leur pays l'un comme l'autre, il y a des relations entre deux nations qui doivent être maintenues.
Et on voit bien que les relations bilatérales sont extrêmement importantes. Laissez Mme von der Leyen négocier au nom de l'ensemble des nations européennes, ça a ses limites, et on les a vus, qui sont les limites de l'efficacité et les limites de l'intérêt de la France. Qu'il y ait un dialogue renoué entre les deux présidents de nos deux démocraties reste une bonne chose.
C'est une bonne chose d'inviter Donald Trump, mercredi soir, un dîner au château de Versailles, avec visite du château, galerie des glaces, feu d'artifice, c'est une bonne chose ou c'est trop d'honneur pour ce président ?
Mais attendez, il est président des Etats-Unis d'Amérique, il y a un peuple derrière lui, ce n'est pas la personne qu'on honore, c'est la fonction. Et Donald Trump, avec ses qualités et avec ses défauts, est un partenaire. Il a encore des qualités pour vous ? Oui, je l'espère pour lui, j'avoue qu'il est imprévisible. Et ça, en diplomatie, c'est compliqué.
Donc c'est normal de l'inviter au château de Versailles ? Oui, c'est normal.
Aujourd'hui, il y a la Chine, aujourd'hui, il y a la Russie, aujourd'hui, il y a beaucoup de points sur la planète qui sont à feu et à sang. On a besoin d'allier, on a besoin de discuter avec ses alliés historiques et qu'il y ait un lien, un dialogue est une bonne chose. On a encore plein de choses à régler avec le président des Etats-Unis. Bien sûr, parler de la paix, que ce soit à l'est de l'Europe, en Ukraine, ou que ce soit au Proche et Moyen-Orient, mais on doit parler commerce aussi. On a un président américain qui, chaque jour, change les taxes, les droits de douane, qui a une politique, disons-le, erratique en matière d'échanges commerciaux.
C'est ce que disait Jordan Bardella sur Donald Trump ce week-end.
Exactement, donc c'est compliqué pour nous. Donc le rôle du président de la République, et j'espère qu'il ne se contentera pas de faire la visite du château et de faire des feux d'artifice, il y a beaucoup de choses de fonds à régler, notamment sur notre relation commerciale, sur notre relation d'alliés, alliés en matière de défense, alliés en matière de politique internationale. Donc toutes ces années où ils ont passé leur temps, soit à s'ignorer, soit à s'invectiver, qu'il y ait un moment où ils s'assoient et qu'ils parlent ensemble, c'est une bonne chose. Reste à savoir ce qu'ils se diront.
Justement, sur le détroit d'Hormuz, Emmanuel Macron avait mis sur pied une coalition internationale ces dernières semaines avec le Royaume-Uni, pour sécuriser le détroit une fois la fin des hostilités actées. Est-ce que c'est le moment ? Est-ce que la France doit prendre part à cette mission pour sécuriser Hormuz aujourd'hui ?
La France, en tout cas, aurait dû prendre part aux discussions depuis le début. Moi, je ne peux que me désoler, et nous le disons de manière commune avec tous les députés et les membres du Rassemblement national, c'est que la France soit aujourd'hui diplomatiquement isolée. Les grands accords de paix, les grandes avancées, que ce soit à l'Est de l'Europe ou au Proche et Moyen-Orient, se font pratiquement sans nous. Notre voix, qui était une voix reconnue, qui était une voix consultée historiquement, et depuis le général de Gaulle sur la scène internationale, est une toute petite voix fluette que plus personne n'entend.
La mission internationale, c'est la France et le Royaume-Uni qui l'ont mis sur pied, Laurent Jacoveli.
Vous ne pouvez pas dire qu'on est en dehors ? Non, mais d'accord, on fait des propositions, mais qui sont pour l'instant, et j'ai le regret de le dire, des propositions dans le ventre. Ni l'Iran, ni les États-Unis ne l'ont mentionnée. Donc, la question, elle est là. Quel est notre rôle aujourd'hui dans la paix du monde ? Est-ce qu'on peut laisser un seul acteur, qui sont les États-Unis, négocier ? Bien sûr que non. Il faut parler à plusieurs voix, et chacun a son rôle à jouer. On parlait du Liban, on a un lien, la France et le Liban, qui est très particulier. Nous avons des relations d'amitié, d'affection, de fraternité avec le Liban. Et donc, on aurait normalement un rôle à jouer.
Or, nous ne le jouons plus. Je vous le dis, je suis heureux qu'il y ait à nouveau un dialogue entre les États-Unis et la France qui soit bilatéral, et qu'il y ait un G7 qui tombe au bon moment. Espérons que tout cela aille vers une sortie de crise. Vous parliez du Liban, où les frappes israéliennes ont fait 3696 morts depuis le début, selon le dernier bilan des autorités. On vous reproche souvent, Hérène, de votre soutien inconditionnel à Israël. Est-ce encore le cas ? Je ne sais pas ce que veut dire inconditionnel, mais... Un soutien. Oui, merci.
Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, nous soutenons la démocratie israélienne parce que c'est un pôle de stabilité et d'espoir dans la région face à des dictatures, des dictatures religieuses, des dictatures sanglantes qui humilient les opposants, qui humilient les femmes. On a là une terre avec Israël qui partage un certain nombre de valeurs démocratiques et humaines comme nous. Israël se défend. Elle se défend contre des gens qui veulent sa faim. L'Iran a dit, et vous l'avez cité tout à l'heure, qu'il veut la faim et l'éradication d'Israël. On ne peut pas en vouloir à ce peuple de se défendre. Donc, le Hezbollah est un ennemi d'Israël. Est-ce qu'il faut neutraliser le Hezbollah ?
Oui. Maintenant, il faut faire attention aux populations civiles. Il faut le faire dans un cadre international qui est défini. Ils ont fait attention aux populations civiles assez pour vous ? Pardon ? Est-ce qu'Israël a assez fait attention aux populations civiles vu le bilan que vient de vous donner ? En tout cas, il y a eu des morts civiles et chaque mort civile est une mort de trop. Maintenant, malheureusement, la guerre, c'est compliqué parfois d'éviter ses effets même s'ils sont à critiquer et qu'ils rendent, je crois, tout le monde assez triste. Maintenant, Israël se défend. Donc, nous, nous soutenons Israël. Nous soutenons la paix. Nous espérons retrouver la paix au Liban.
Mais vous savez, je pense que Israël et le Liban ont un ennemi commun. C'est le Hezbollah.
Laurent Jacobili, vous disiez que Donald Trump avait un comportement erratique. Vous reprenez exactement le même mot que Jordan Bardella qui parle désormais de ce comportement erratique de Donald Trump et qui dit « Je ne comprends pas son comportement. Ça dépend des jours. Il y a l'attitude du lundi, l'attitude du mardi, l'attitude du mercredi. » On est très loin de ce que Jordan Bardella disait avant de Donald Trump. Je ne vais pas vous refaire toutes les petites phrases. Mais il y avait notamment « Où trouve-t-il toute cette énergie ? » Pourquoi ce changement de ton ? Il a de l'énergie. Vous savez, on peut être erratique
et avoir beaucoup d'énergie.
Vous maintenez tous les propos. Pourquoi ce changement de ton ?
Non, il n'y a pas un changement de ton. Vous savez, nous, nous ne sommes pas des groupies. Voilà, nous ne sommes pas des groupies des dirigeants étrangers. Donald Trump a été élu par son peuple. Nous le reconnaissons en tant que président des États-Unis d'Amérique et comme l'homme avec qui le dialogue doit être porté. Ça ne nous empêche pas de critiquer certaines de ces mesures de manière tout à fait objective. Nous sommes les vassaux de personnes, vous savez. Nous, nous sommes pour la souveraineté. Nous, on veut s'occuper des Français et de la France. Mais il y a une volonté
de le tenir un peu à distance au moment où vous rapprochez du pouvoir. Il est moins fréquentable qu'avant ?
Ce n'est pas une question de fréquentable ou pas fréquentable. Quand il augmente les droits de douane de manière dangereuse pour l'économie française, on le critique parce que nous, notre intérêt, c'est de défendre la France, les entreprises françaises. De même que Donald Trump essaie de défendre les entreprises américaines. Il a été élu. Nous le reconnaissons comme nous voulons dialoguer avec tous les chefs d'État. Vous savez, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été très clairs. Nous, nous voulons l'intérêt de la France. Nous voulons évidemment œuvrer une paix mondiale, pas à n'importe quelle condition.
Et pour ça, il faut dialoguer même avec ceux qui sont nos ennemis éventuels, même avec ceux qui ne partagent pas nos idées parce que si on ne discute qu'avec nos amis, on n'arrivera à rien. Le mot de Bréjean de la porte-parole du gouvernement demande à ce que les baisses des prix à la pont soient aussi rapides que les hausses l'ont été que demande le Rassemblement National pour être très concret. La même chose que Mme Bréjean mais je crois que nous sommes en position beaucoup plus légitime pour le demander parce que nous, pendant ces semaines de crise, nous avons demandé la baisse de la TVA de 20% à 5,5%.
Et je vais même vous le dire, même si les prix baissent, nous continuons à demander cette baisse de la TVA.
Pourquoi ? Vous ne trouvez pas au contraire que ça valide la stratégie du gouvernement qui n'a pas dépensé des millions pour rien sachant que cette crise était temporaire ?
Non, d'abord, la stratégie du gouvernement, excusez-moi, de regarder passer les trains, ce qui s'est à peu près passé quand même, en termes diplomatiques et en termes d'économie, ce n'est pas une stratégie, c'est un aveu de faiblesse. Donc nous, la stratégie, elle est très claire. va faire baisser le prix de l'essence. Aujourd'hui, 60% à 50% du prix de l'essence, ce sont des taxes. C'est inacceptable. L'énergie doit être un atout concurrentiel pour la France. On continue de le demander et sur l'essence et sur toutes les énergies pour que nos entreprises soient plus compétitives et pour que le pouvoir d'achat des Français augmente.
Je vais vous dire, un pouvoir d'achat qui augmente, c'est une consommation qui augmente et si demain, nous arrivons au pouvoir, que nous mettons en place les règles de souveraineté industrielle que nous voulons mettre, ça veut dire que ça bénéficiera aux entreprises françaises et donc à l'emploi. C'est un cercle vertueux. Il est temps qu'on sorte du cercle vicieux dans lequel nous sommes. Perte de pouvoir d'achat, augmentation de l'assistance sociale, augmentation des impôts, baisse du PIB, tout cela n'est plus possible.
Laurent Jacobi, porte-parole du Rassemblement National. Dans un instant, on va parler de l'affaire Liana et de votre programme aussi. Où trouvez-vous tous ces millions et ces milliards ? Mais pour l'instant, c'est l'info en une minute. Il est 8h48 et c'est Antoine Joffin.
Emmanuel Macron appelle à un cessez-le-feu robuste et durable. C'est indispensable, réagit ce matin le président après l'annonce cette nuit d'un accord entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à plus de trois mois de guerre. Il doit être signé ce vendredi à Genève. Le détroit d'Hormuz doit rouvrir après vendredi, affirme Donald Trump. On ne peut que s'en réjouir, réagit sur France Culture Christine Lagarde, la présidente de la Banque Centrale Européenne. Les bourses réagissent déjà à cet accord. C'est où les Tokyos clôturent à plus de 5%. Le prix du baril de Brent plonge, lui, de 4%.
Ouverture du G7 ce soir à Evian, en haute sa voix, le président américain Donald Trump accueilli par Emmanuel Macron à 17h, 2h avant les autres dirigeants. La Russie a lancé 70 missiles et plus de 600 drones cette nuit sur l'Ukraine. Frappe massive, dit Moscou, contre des sites de l'industrie militaire ukrainienne. Au moins 9 morts d'après Kiev. Une cathédrale touchée, l'équivalent pour nous de Notre-Dame de Paris, selon le ministre des Affaires étrangères qui annonce à l'instant des sanctions contre 54 entités russes. Et puis le football, la Tunisie largement battue pour son premier match du Mondial, 5-1 contre la Suède. Cette nuit.
France Info. Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National et vice-président du groupe RN à l'Assemblée, l'affaire Liana, Paul, qui continue de faire réagir.
On a appris hier que le président de la République et son épouse ont échangé avec les parents de Liana. Le Premier ministre, on le sait, a évoqué ses premières réponses législatives. Est-ce que le Rassemblement National considère que la réponse de l'exécutif est à la hauteur des enjeux ? Non. L'affaire Liana aura, je crois, à la fois attristé, ému et révolté les Français. Il y a le cas, évidemment, propre de Liana, l'affaire, avec probablement des fautes, des manquements qui ont été faites. L'enquête administrative le démontrera ou pas, mais nous verrons bien ce qu'il en ressort. Mais je crois qu'il faut aller plus loin.
Il faut voir aujourd'hui l'état de la justice en France et l'ampleur du déni de tous ceux qui nous dirigent sur l'état d'insécurité et du retard de notre justice. Vous savez, à force de dire qu'il n'y a pas d'insécurité mais un sentiment d'insécurité, à force de nier l'explosion des chiffres en matière d'agression, en matière de vol, en matière de meurtre, en matière de drogue, en matière de pédocriminalité, eh bien, à force de déni, on n'a pas mis les moyens dans la justice parce que ça aurait été une forme de désaveu. Nous, on est très clair.
Il faut massivement investir dans la justice, doubler le nombre de magistrats, durcir les peines avec des peines incompressibles, avec des peines planchées pour que tous ceux qui portent atteinte à l'intégrité physique des individus soient lourdement condamnés.
Aujourd'hui, dans notre société... Vous faites ça, Laurent Jacobini, parce que sur les sens, vous demandez de baisser la TVA, sur les retraites, vous voulez reculer l'âge légal de départ et en même temps, vous dites, nous, on va réussir à doubler le nombre de magistrats.
Alors, en même temps, ce n'est pas chez nous. Nous, nous prendrons des mesures très claires. Il faut hiérarchiser les priorités. Oui, la sécurité est une priorité. Quand les chiffres s'envolent, quand nous sommes un des pays les plus criminogènes d'Europe, on ne peut pas rester les bras ballants sans réagir. Donc, il faut investir sur nos forces de l'ordre, sur notre justice. Il faut investir. Il ne faut pas seulement investir, d'ailleurs, sur la justice. Il faut aussi changer de philosophie. La philosophie de l'excuse, de la réinsertion, du pas de prison, mais des peines de substitution. Tout ça, il faut arrêter. Il faut construire des places de prison et durcir notre loi.
Mais à côté, il faut dire qu'il faut faire des économies, des économies sur un certain nombre de points de fonctionnement de l'État, comme les agences qui ne servent à rien. Il y a des dizaines de milliards à aller chercher sur le coût de l'immigration subie par les Français, les 500 000 migrants supplémentaires qui arrivent chaque année, le million de migrants clandestins qui vivent en France. Tout ça, ça se chiffre à dizaines de milliards. Vous avez toujours
les mêmes postes, effectivement, sur lesquels vous voulez pensionner pour financer
de plus en plus de choses. Je vais vous dire, et je tiens à rassurer tous ceux qui vous écoutent, il n'y a aucune fatalité de la dette. On peut avoir demain des budgets équilibrés, une dette qui est remboursée partiellement et progressivement, et en même temps, là, j'utilise l'expression, plus de sécurité, moins d'immigration et plus de pouvoir d'achat. Il suffit d'écouter les Français et de mettre en cohérence les priorités de l'État avec les priorités des Français. La sécurité, je crois qu'aujourd'hui, plus personne n'en doute, est une priorité. En tout cas, pour Marine Le Pen et Jordan Bordella, c'en est une.
Gérald Darmanin aurait dû démissionner à dit Marine Le Pen hier, alors qu'il y a quelques jours, elle estimait que ça ne changerait rien. Elle a changé d'avis, finalement, ça changerait quelque chose ?
Non, elle n'a pas changé d'avis. Est-ce que nous, en tant que formation politique, premier groupe à l'Assemblée nationale, nous demandons formellement la démission de Gérald Darmanin ? Non, parce qu'effectivement, ça ne changerait pas grand-chose. On remplacerait M. Darmanin par un autre macroniste qui fera la même politique. Vous ne demandez pas sa démission,
mais vous pensez qu'il aurait dû démissionner.
En revanche, et je crois qu'on a mes consciences, si chacun d'entre nous avait été ministre de la Justice, c'est-à-dire chef de l'administration qui a failli, patron d'un système qui ne fonctionne plus, je crois que l'honneur politique aurait voulu qu'il y ait une démission spontanée. La responsabilité, ce n'est pas rien en politique. Aujourd'hui, on n'a que des gens irresponsables. Un président de la République et des ministres qui passent leur temps à dire ce n'est pas nous, c'est les autres, on ne peut rien y faire, c'est nos prédécesseurs, ce seront nos successeurs, nous on fait tout bien.
Si tout allait bien, on ne serait pas autant endettés, on ne serait pas face à une submersion migratoire comme nous le vivons aujourd'hui, on ne serait pas face à une insécurité aussi flagrante que nous avons. Donc oui, il y a des responsabilités et la grande tristesse aujourd'hui, c'est qu'il y a des hommes politiques qui pensent à leur carrière mais qui oublient qu'ils sont responsables aussi d'un bilan. Monsieur Jacobelli, le mois de juin est très long, notamment pour le Rassemblement National parce que dans trois semaines, dans un début juillet, vous saurez si oui ou non Marine Le Pen pourrait être candidat à l'élection présidentielle.
En attendant, on a du mal à comprendre votre programme, le RN a donc deux candidats potentiels, est-ce que vous avez aussi deux programmes ? Non, je ne vois pas ce que vous avez du mal à comprendre pour être très honnête. On va vous parler des retraites dans 15 secondes, c'est un des exemples, on pourrait en citer plein, on sent qu'il commence vraiment à y avoir de la friture je suis alléant sur Jordan Bardella et Marine Le Pen. Si, si, si, si, vous le sentez peut-être que c'est pas la réaction.
Jordan Bardella dit l'âge légal ne veut rien dire
déjà je vais me permettre de vous épargner un peu de soucis, un peu de stress. Ne passez pas les noix qui viennent à essayer de chercher une différence en pesant chaque mot. Je comprends bien que ça rendrait le récit beaucoup plus palpitant donc vous niez leur divergence de fond sur la retraite. Et vous savez, vous ne pouvez pas appliquer au Rassemblement National les règles qui s'appliquent ailleurs. Alors je sais bien qu'il y a une guéguerre entre Attal et Philippe. Je sais bien qu'il y a une guéguerre entre Mélenchon et le président du parti communiste. Je sais bien qu'à gauche il y a une guéguerre entre Olivier Faure et M. Glucksmann mais pas chez nous.
Chez nous, on a deux leaders unis qui ont le même programme et qui ont la même stratégie. Donc il y aura une réforme des retraites par capitalisation ou pas ? La réforme des retraites, je vais vous dire ce que nous voulons et ce que tout le monde veut de Jordan Bardella à Marine Le Pen. Vous avez commencé à travailler jeune avant 20 ans. C'est 40 annuités avec un âge seuil de 60 ans. Et puis après, ça augmente progressivement en fonction de l'âge auquel vous avez démarré le boulot et ça peut aller jusqu'à 62 ans, 42 annuités. Quand Jordan Bardella dit l'âge de la retraite, l'âge de départ et la retraite n'est pas l'alpha et l'oméga, il a raison.
Quand on voit Édouard Philippe qui dit ce sera 67 ans, demain il dira 68, 75, 82, ça ne veut rien dire. En soi, pourquoi ? En France, l'âge de premier travail effectif, c'est 27 ans. Ailleurs en Europe, c'est entre 22 et 24 ans. Ça fait 4 ans de cotisation en moins. En France, il y a 4 retraités sur 10 qui arrivent à la retraite en ayant déjà plus de travail. Alors qu'ailleurs, le travail des seniors est beaucoup plus large. Donc là aussi, il y a du boulot à faire.
Vous dites pas de friture sur la ligne ? Une question, Laurent Jacob Lély, parce que la cour d'appel se prononcera le 7 juillet sur le sort de Marine Le Pen dans l'affaire des eurodéputés RN. Jusqu'à présent, Marine Le Pen écartait l'idée de faire campagne sous bracelet électronique en cas de condamnation à le porter. Est-elle toujours aussi catégorique ? Et qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
Je le crois. Marine Le Pen veut être présidente de la République parce qu'elle incarne aujourd'hui un programme. Elle incarne un espoir, mais elle veut l'être dans des conditions où elle pourrait être en mesure d'exercer sa fonction. Donc passe au bracelet électronique. Donc nous verrons bien le 7 juillet ce qui sort comme jugement. Je ne l'ai pas aujourd'hui. On peut faire tout un tas de politique fiction. Marine Le Pen a été très claire. Si elle peut être candidate, elle le sera. C'est notre candidate naturelle. Et Jordan Bardella sera Premier ministre. Ce qui explique d'ailleurs parfois ce que vous appelez de la friture sur la ligne.
C'est-à-dire que Marine Le Pen parle en tant que future présidente avec une stratégie et Jordan en tant que futur Premier ministre. C'est-à-dire comment concrètement
on fait les choses. On a une dernière question, Laurent Jacopédi. Pardon, parce qu'après, il faut qu'on termine. Depuis l'affaire Diana, il y a un nouveau débat, enfin un débat qu'on croyait définitivement tranché qui refait surface chez certains médias, certains responsables politiques, celui de la peine de mort. Nicolas Dupont-Aignan demande un référendum pour les crimes commis contre les enfants sur ce sujet. Est-ce que l'URN considère que ce débat est définitivement clos ou vous dites la question mérite d'être posée ?
En tout cas, notre programme, il est très clair. Nous sommes pour une perpétuité réelle et incompressible. Un violeur d'enfant ne doit plus jamais être libre dans les rues. Il doit rester en prison jusqu'à la fin de ses jours. Vous savez, il y a eu l'affaire de la pédocrimine à l'humilité dans le périscolaire à Paris. J'ai vu qu'une demande de jugement, une demande de peine était pour un de ces objectifs. L'auteur qui a fait neuf agressions sur des enfants de moins de cinq ans, c'était un an avec bracelet. Vous avez changé là-dessus, Marine Le Pen et expliqué il y a quelques années qu'un système pénal ne peut pas tenir sans la peine capitale.
Elle réclamait elle-même un référendum sur son établissement. Là-dessus, vous avez fait un virage à 180 en 20 ans. Notre stratégie et notre programme est très clair. Si demain, dans le cadre du référendum d'initiative citoyenne que nous voulons mettre en place, il y a un référendum que la population demande ce référendum selon les cadres légaux qu'il a lieu et que la peine de mort en sort, nous respecterons évidemment la volonté populaire. Vous n'êtes pas un référendum sur la peine de mort au Rassemblement National ? Nous ne le proposerons pas nous, mais dans le cadre du référendum ouvert...
Bien sûr, on ne peut pas avoir de règles, mais notre programme est clair, perpétuité réelle et incompréhensible. Merci beaucoup d'avoir répondu
aux questions de France Info. Merci Paul. Tout de suite, les informer.
A demain.
Laurent Jacobelli