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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 5 janvier 2026 8 minContradictoireActualité / polémiqueSantéBudget & impôts

Grève des médecins : "On attend un taux de participation d'un peu plus de 85 %"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 10 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03Invité politiqueChiffre
    « un taux de participation d'un peu plus de 85% »
  • 3:18Invité politiqueChiffre
    « le dixième percentile, dans moins de 10% des cas finalement, il y a des dépassements d'honoraires qui sont jugés excessifs. »

Temps de parole

  • Invité politique75 %
  • Présentateur25 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Il est 6h20, des cabinets médicaux fermés, des blocs opératoires à l'arrêt. Les médecins libéraux entament aujourd'hui un mouvement de grève prévu pour durer dix jours. Une mobilisation pour dénoncer plusieurs mesures dans le nouveau budget de la sécurité sociale. Bonjour Franck Devulder.

0:23
Invité politique

Bonjour Mathilde Munoz.

0:24
Présentateur

Vous êtes président de la CSMF, c'est le premier syndicat des médecins libéraux de France, généraliste et spécialiste. Vous, vous êtes gastro-entérologue à Reims. D'après vos premières remontées, la grève s'annonce très suivie ?

0:37
Invité politique

Oui, très très suivie. Très suivie parce que soutenue et initiée par l'ensemble des syndicats médicaux, par l'ensemble des coordinations, par les jeunes, les étudiants en médecine et les internes, mais aussi par la fédération de l'hospitalisation privée, c'est-à-dire les établissements de santé. Et donc on a un peu les uns les autres interrogé nos sources, nos bases, en ce qui concerne la CSMF, le taux de retour qu'on a parmi nos atterrants est un taux de participation d'un peu plus de 85%.

1:06
Présentateur

Donc vous, par exemple, vous avez annulé tous vos rendez-vous sur les 10 prochains jours ?

1:10
Invité politique

En fait, c'est entre le 5 et le 15. Moi, je suis, comme vous le disiez, gastro-entérologue, je travaille en établissement, et dans les établissements de santé, les médecins qui travaillent arrêteront toute activité réglée, c'est-à-dire toute consultation, toute opération, toute tendoscopie entre le samedi 10 et le mercredi 14 compris.

1:31
Présentateur

Mais pour ceux qui sont malades aujourd'hui et dans les prochains jours, ils font quoi ? Ils appellent les urgences ? Il n'y a plus que les hôpitaux publics ou vous êtes soumis à des réquisitions ?

1:39
Invité politique

Il y a les hôpitaux publics. On sait que notre système de santé marche sur deux jambes, le système public et le système libéral, qui est aujourd'hui très attaqué. Et effectivement, il y a aussi des ordres de réquisition qui ne manquent pas d'arriver à la demande des ARS, ordres de réquisition qui sont donnés par les préfectures.

1:59
Présentateur

Et vous ne craignez pas que l'hôpital public soit mis sous tension à cause de votre grève ?

2:04
Invité politique

On sait bien que quand on fait un mouvement de grève, on met l'hôpital sous tension. On sait que quand on met en place un tel mouvement de grève, on met la population dans une situation plus inconfortable, comme tout mouvement de grève. mais on cherche à appeler la population, nos patients finalement, à une compréhension de ce mouvement social relativement inédit, parce qu'en attaquant la médecine libérale, celle qui fait 2 millions de consultations par jour, 8 consultations sur 10, c'est leur santé et leur accès aux soins déjà si difficile que l'on va mettre dans un danger réel.

2:41
Présentateur

Alors justement, parlons du contenu des attaques, comme vous les appelez, notamment il y a le budget de la sécurité sociale 2026, plusieurs mesures de ce budget, les dépassements d'honoraires. Le budget de la Sécu interdit désormais certains dépassements d'honoraires dans certains cadres précis, pas tous les dépassements d'honoraires. La ministre dit elle-même qu'il y a une minorité de professionnels qui abusent des dépassements. C'est le cas ?

3:06
Invité politique

Oui, c'est le cas, c'est le cas, le rapport du HECAM, le Haut Conseil pour l'Avenir de l'Assurance-Maladie, directement rattaché au service du Premier ministre, publié il y a quelques semaines, montre que le dixième percentile, dans moins de 10% des cas finalement, il y a des dépassements d'honoraires qui sont jugés excessifs.

3:25
Présentateur

Donc bonne mesure alors ?

3:27
Invité politique

Non, parce que ce que prévoyait le budget de la Sécurité sociale, c'était de taxer l'ensemble des pratiques de complément d'honoraires, ça a été retiré, je ne dis pas qu'il n'y a pas un sujet à mettre sur la table, mais punir tout le monde au prétexte que 1 sur 10 a des dépassements excessifs, c'est abusif. Il faut se souvenir de l'histoire du dépassement.

3:46
Présentateur

Mais là, dans le budget actuel, ce n'est pas punir tout le monde ? Dans le budget tel qu'il a été voté ?

3:50
Invité politique

Dans le budget actuel sur les dépassements d'honoraires, l'article qui concerne les dépassements d'honoraires n'a pas été voté, a été retiré et sera analysé dans un cadre conventionnel. C'est ce que nous dit la ministre de la Santé.

4:03
Présentateur

Et donc même ça, c'est trop pour vous ?

4:05
Invité politique

Ce n'est pas ça, c'est trop. Sur les dépassements d'honoraires, ce sujet viendra secondairement. Notre message et mon message sur les dépassements d'honoraires, c'est faisons un peu d'histoire. Les dépassements d'honoraires ont été, les médecins qui en pratiquent sont des médecins conventionnés, avec l'assurance maladie, c'est-à-dire que les patients sont remboursés sur la part obligatoire, sur la part complémentaire, sur la part dépassements d'honoraires, souvent par l'encomplémentaire santé, à qui il faut faire jouer un rôle, à mon sens, différent et plus important qu'il ne l'est aujourd'hui. Mais ces dépassements d'honoraires, ce n'est pas d'hier.

C'est le Premier ministre, à l'époque, qui s'appelait Raymond Barr. Ça remonte un peu. Nous étions en 1980, et la philosophie à l'époque, c'était de dire, juste d'un mot, si on met en place ce secteur, c'est parce que la nation, l'État français, n'est pas en mesure de payer l'expertise des médecins à hauteur de ce qu'elle devrait être. Eh bien, prenons ce sujet dans sa globalité pour y répondre favorablement.

5:03
Présentateur

Alors, le deuxième point crispant, c'est les contrôles renforcés sur les arrêts de travail pour éviter les abus. C'est aussi ce que dit la ministre. Elle veut aussi un suivi plus régulier pour les arrêts de travail qui sont longs. Là, vous, vous êtes pour ou contre ?

5:18
Invité politique

On est profondément contre le fait de mettre, et là, ce n'est pas la loi de financement de la Sécurité sociale, mais le projet de loi contre la fraude, de mettre nos médecins, de mettre les médecins, entre autres les médecins généralistes, les spécialistes en médecine générale, dans un projet de loi qui est contre la fraude, mélangé à la fraude fiscale et à la fraude sur le trafic illicite. Qu'il y ait un vrai sujet sur la dynamique des arrêts de travail, sur la dynamique des indemnités journalières, chacun le sait.

C'est bien le Président de la République qui a mis au cœur de ses préoccupations, il y a deux ans, si ma mémoire est bonne, la problématique de la santé mentale dans la période post-Covid. Et on sait que c'est un facteur déterminant sur les arrêts de travail. Ce qui coûte cher à l'assurance maladie, donc au porte-monnaie de tous, finalement, ce sont les arrêts de travail de longue durée. Donc, arrêtons de taper sur les seuls médecins-prescripteurs, analysons ce problème qui est complexe, et mettons en place, comme vous le disiez, sur les arrêts de travail de longue durée, des contrôles systématiques...

6:21
Présentateur

Et ça, c'est ce qui est prévu.

6:23
Invité politique

Et c'est ce qui est prévu, mais ce n'est pas ce qui est fait. Ça fait des mois et des mois et des mois que je ne cesse de demander au nom de la CSMF, à l'assurance maladie, à son directeur général, de systématiser les contrôles par le service de contrôle médical de tout usager, toute personne, chacun de nos concitoyens, qui a un arrêt de travail de plusieurs mois. Non pas pour le punir, mais pour l'accompagner. Trouver une solution. Regarder si le versement des indemnités journalières doit être maintenu. Faisons-le, et je pense qu'on aura trouvé une partie de la solution.

6:53
Présentateur

Et est-ce qu'il pourrait y avoir une mesure ou un dialogue avec la ministre de la Santé, Stéphane Iris, pour que la grève soit suspendue avant 10 jours ?

7:00
Invité politique

Le dialogue, il est permanent. On a évidemment lu avec beaucoup d'attention sa lettre ouverte. Elle nous avait reçu les uns les autres en ce qui concerne la CSMF le 18 décembre dernier. Je ne mets pas en cause la sincérité de ses propos. On connaît Stéphane Iris de longue date. Simplement, je dis à ma ministre aujourd'hui, Madame la ministre, on a besoin de preuves. Passer aux actes. Supprimer l'article sur les arrêts de travail de la fraude. Les médecins ne sont pas des fraudeurs. Supprimer l'article qui permet de baisser de façon autoritaire l'expertise des médecins. Supprimer enfin l'article qui pénalise les femmes, médecins, mères de famille qui prendraient un cumul en pleine retraite.

Passer aux actes, Madame la ministre.

7:49
Présentateur

Le message est passé. Merci Franck Devulder, président de la CSMF.

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