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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 3 juillet 2020 46 minAutoproduitMixteEnvironnement & énergieInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

#RDLS118 - L'eau en danger / Municipales : tsunami d'abstention / Justice macronisée

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Locuteur 1Fait
    « L'humanité et tous les organismes vivants sont nés dans l'eau. »
  • 8:00Locuteur 1Chiffre
    « L'eau potable c'est 2,6% seulement du total de l'eau auquel nous pouvons avoir accès sur la planète. »
  • 22:00Locuteur 1Chiffre
    « C'est le score le plus désastreux, l'abstention la plus violente, de toute l'histoire de la Vème république. »
  • 26:00Locuteur 1Fait
    « Le peuple en 494 avant notre ère décide qu'il ne veut plus bosser parce que les patriciens Romain n'en font qu'à leur tête. »
  • 44:00Locuteur 1Fait
    « Il y a eu une assemblée générale d'évangélistes qui a propagé le virus d'une manière incroyable dans toute cette zone du pays. »
  • 50:00Locuteur 1Fait
    « Un jour ils nous envoient 100 policiers, 10 procureurs pour faire des perquisitions à nos domiciles personnels. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, c'est la 118e édition de la Revue de la semaine. On est revenu dans mon bureau à l'Assemblée nationale comme vous pouvez le voir. J'ai plusieurs sujets à évoquer aujourd'hui, certains sont dans l'actualité, mais celui par lequel je vais commencer, il n'est pas dans l'actualité, hélas.

OK, 118e, générique. [Musique] Le premier sujet dont je vais parler, c'est l'eau. C'est un thème que nous allons politiser nous autres, les Insoumis, et bon, moi je joue mon rôle dans cette affaire parce que je suis conscient de l'importance du thème, donc je m'engage à fond avec ceux de mes amis qui sont déjà sur ce thème depuis plus longtemps.

C'est le cas de Gabriel Amard qui est en quelque sorte, le personnage référent pour les Insoumis sur les questions d'eau, mais aussi de Loïc Prud'homme, le député d'Aquitaine, qui suit, ici à l'Assemblée les questions qui tournent autour de l'usage, du mésusage et de la destruction de l'eau. Alors je m'y mets parce que nous sommes conscients du fait que c'est un thème crucial et qu'il va devenir central au cours des années qui viennent. Et en tout cas le jour où nous, on gouvernera ce pays, la question de l'eau va tout de suite être mise sur la table pour qu'on puisse travailler sérieusement à juguler un désastre d'une part, et d'autre part à instaurer une manière de vivre en relation avec l'eau.

Alors pourquoi l'eau ? Je commence d'abord par vous dire que c'est un fait biologique, l'humanité et tous les organismes vivants sont nés dans l'eau. L'eau de l'océan universel qui parait-il, était l'océan primordial au moment où la planète a commencé à se stabiliser.

Et c'est dans l'eau que la plupart des organismes vivants sont venus de la combinaison des décharges d'électricité de l'atmosphère avec les éléments élémentaires qui se trouvaient présents dans l'eau. On peut supposer aussi qu'il y a une interférence avec les sources volcaniques en profondeur dans les océans. Mais c'est de là que c'est parti et par conséquent, on peut en déduire que la plupart des êtres vivants, et en tout cas tous les animaux résultent de cette rencontre initiale.

La suite d'ailleurs le confirme, le corps humain c'est 75 % d'eau et suivant une vieille hiérarchie que j'ai déjà rabâchée dans je ne sais combien de discours, mais que je n'hésite pas à vous infliger une fois de plus : S'il vous manque 2% d'eau dans votre corps, vous avez soif, à 10% vous commencez à délirer et à 12% vous êtes mort. C'est dire la place qu'occupe ce liquide dans l'existence, la production de la vie matérielle et sa reproduction. Ensuite c'est un fait social l'eau, parce que comme vous n'avez pas la possibilité d'aller à la rivière vous-même pour vous désaltérer, et puis d'ailleurs je ne vous conseille pas de le faire, si par hasard vous habitez au bord de la Seine, parce que vous en mourrez sans doute assez rapidement.

C'est un fait social l'eau, c'est à dire que vous n'avez accès à l'eau que par des réseaux collectifs sinon walou, il n'y a rien. Donc c'est un fait social parce que qui contrôle les réseaux ? Qui prélève l'eau ?

À quels tarifs elle est distribuée ? Dans quelles conditions ? Ce sont des questions que beaucoup de gens rencontrent dès maintenant parce que vous savez qu'il est interdit de couper l'eau parce que ce n'est pas une consommation ostentatoire, ni même une consommation aléatoire.

Ce n'est pas genre : "je ne bois pas d'eau, donc je m'en fous." Non tout le monde doit boire de l'eau, c'est impossible de survivre sans cela, même si vous buvez du vin par ailleurs et même si vous en buvez beaucoup, c'est comme ça. Alors ce fait social évidemment il va occuper une place particulière pour l'humanité, et pour nous les Insoumis, la question sociale est la question au cœur de toutes les autres, y compris de la question écologique parce que bien sûr, 3ème élément, la question de l'eau c'est aujourd'hui une question aussi sanitaire c'est-à-dire que l'accès à l'eau pure, à l'eau potable est de plus en plus difficile compte tenu des pollutions des sols par les pesticides, compte tenu de l'usage de l'imperméabilisation des sols qui renforce les écoulements pollués de toutes les autres surfaces imperméabilisées.

Bref la question sociale est une question écologique dans ce contexte et c'est une question sanitaire parce qu'évidemment suivant la qualité de l'eau que vous buvez, eh bien il y a des conséquences différentes pour vous. Alors même si vous buvez de l'eau potable, ou réputée telle, mais qui l'est, garantie par des régies d'eau très sérieuses et qui n'ont pas du tout l'intention de vous faire du mal, c'est le contraire et elles essayent au contraire de très bien faire néanmoins globalement se pose la question de la qualité de ce que vous absorbez parce que comme vous le savez on ne cherche que ce qu'on trouve, or les particules, les molécules qui viennent des pesticides quand elles se dissolvent elles-mêmes, quand elles se brisent, quand elles se fracturent, elles produisent des sous-produits que d'habitude on ne cherche pas mais qui sont eux-mêmes très dangereux et eux-mêmes en se décomposant produisent encore d'autres sous-produits, si bien que, si vous buvez de l'eau en bouteille vous absorbez en même temps des bouts de plastique, si vous buvez de l'eau qui vient du robinet il est possible que vous absorbiez un temps d'autres produits qui ne sont pas détectés aujourd'hui et qui n'ont pas de conséquence nuisible immédiate mais qui peuvent modifier profondément toute votre identité biologique notamment sur la question de la génération, c'est-à-dire l'aptitude à faire des enfants et à être fécond, que les corps des hommes et les femmes soient des corps féconds et ça, ça a beaucoup à voir avec le type de l'eau qu'on absorbe parce que, ce sont des études qui l'ont montré à l'échelle de l'Europe entière, où on a observé une chute de la fertilité masculine au moins, et plus violente que celle de la chute de la fertilité féminine et qui est liée directement aux produits que les gens absorbent, qu'ils le veuillent ou non, naturellement ce n'est pas que l'eau qui est en cause mais l'eau aussi est en cause. Alors évidemment ce fait qui est, je l'ai dit, historique, social, sanitaire c'est un fait écologique parce que le réchauffement de la planète pose le problème de la production d'eau pure, l'eau potable c'est 2,6% seulement du total de l'eau auquel nous pouvons avoir accès sur la planète, si vous allez vous mettre au bord de la mer ça sert à rien d'essayer de boire de l'eau salée, vous allez vous en porter très mal hein.

C'est d'ailleurs tout le problème des naufragés que la filtration de cette eau, on va donc arriver bientôt à un moment où la rareté de l'eau accessible va imposer la généralisation de la production de l'eau potable, et ce ne sera pas seulement faire des trous pour faire remonter l'eau enfouie sous la terre dans les nappes phréatiques qui sont des fois là depuis des milliers d'années, de l'eau engloutie, mais ce sera la production à partir de l'eau de mer, à partir du recyclage des eaux usées. Et ça aura évidemment une conséquence économique parce que ceux qui produiront l'eau bénéficieront d'un monopole absolument incroyable vu que personne ne peut se passer de cette eau. Si ce sont des monopoles privés, mais le cas le plus vraisemblable en tout cas pour des gens comme nous c'est que nous constituerons des monopoles publics.

Monopole, j'ai bien dit "monopole", j'espère que vous n'êtes pas horrifiés mais c'est comme ça même si vous êtes horrifiés. Monopole, c'est-à-dire l'État doit être le principal producteur et le garant de l'accès possible de tous les citoyens, hommes et femmes à l'eau dont ils ont besoin pour produire et reproduire leur existence matérielle. Aujourd'hui la question de cet accès est posée dans plein de pays notamment en France où que ce soit à Mayotte, la Guadeloupe ou en Guyane ou dans d'autres départements de l'hexagone, l'accès à l'eau n'est plus garanti, parce que le système s'est effondré, soit les canalisations sont en très mauvais état, soit la captation de l'eau est rendue impossible par sa rareté et par conséquent on est confronté au problème ce qui nécessite évidemment que des mesures soient prises et que donc des priorités soit données à l'action publique pour investir, c'est pas le privé qui a investi, le privé n'investit pas.

C'est donc l'État et les collectivités qui peuvent le faire et la responsabilité de l'eau doit être une responsabilité des assemblées citoyennes les plus proches du terrain c'est à dire de la commune ou des groupements de communes qui s'occupent du traitement des eaux et de leur distribution. En ce sens donc la question de l'eau va devenir une question politique parce que ceux qui aujourd'hui sont les premiers privés d'eau posent des problèmes politiques, et c'est vrai pour la France mais c'est vrai pour plein d'autres pays où la crise de l'eau est concomitante de la crise sociale, c'est le cas au Liban, c'est le cas au Chili, et là j'ai lu un papier, hier, qui m'a alerté et qui m'a conduit à dire : "je vais en parler à la prochaine Revue de la semaine" c'est chez nos amis les Sénégalais qui sont un peuple extrêmement proche, en tout cas affectivement, avec… il n'y a peut-être que moi qui ressent ça enfin bon, pour moi c'est une évidence, et au Sénégal on a de sévères problèmes d'accès à l'eau et les gens sont très mécontents d'en être privés parce que, aussi bien ils en ont besoin comme tout le monde mais comme ils sont dans la crise du covid, ils ont besoin d'appliquer les consignes sanitaires, ils sont sérieux, ils ont l'intention de les appliquer donc il faut se laver les mains, comment vous laver les mains s'il n'y a pas d'eau ou quand il y en a si peu, ben, vous la gardez pour boire d'abord et puis ensuite pour d'autres tâches, la cuisine et puis c'est seulement après qu'arrive le reste, comme tous les êtres humains le font partout dans le monde en France et ailleurs. Par conséquent on voit qu'il y aura une connexion directe entre la crise de l'eau et les mouvements de population.

Je voulais vous dire tout ça pour que ça éclaire la décision que devra prendre pendant le week-end l'assemblée représentative du mouvement des Insoumis qui est appelé à se prononcer sur une résolution, c'est-à-dire un texte qui parle de cette question de l'eau et qui va engager le mouvement insoumis à une campagne de longue durée sur le sujet, qui sera un thème essentiel d'un gouvernement d'unité populaire du type de celui que nous voudrions constituer parce que l'unité populaire ben déjà il y a au moins unité sur un point c'est que tout le monde a besoin d'eau. Par conséquent la plateforme revendicative elle est faite tout de suite. Et pourquoi faire de l'eau ?

Ben, pour boire, pour faire la cuisine, pour se laver, voilà ! Enfin c'est les usages, puis il y a les mésusages alors bon c'est quand on prend beaucoup d'eau pour la piscine, j'aime mieux vous dire que la flotte qui ressort de là dedans n'est pas buvable là non plus, ne vous amusez pas à aller boire l'eau de la piscine, une petite tasse de temps à autre parce que vous jouez et que vous êtes négligent mais pas plus hein parce que si vous le faites de trop vous allez vous porter mal compte tenu des produits qu'elle a dedans. Et puis il y a aussi le mésusage agricole, parce que certaines productions agricoles sont au-dessus de nos moyens, s'il faut des quantités immenses d'eau pour arroser certaines productions qui ne servent même pas aux pays d'ailleurs, qui sont destinées exclusivement à l'exportation, c'est pas raisonnable, c'est aussi stupide que de ne pas faire des masques en textile en disant "les chinois vont nous les donner", c'est stupide d'aller dire aux autres "vous ne vous cassez pas la tête pour ce qui est de produire telle ou telle… " voyez bien je fais attention à pas dire de nom de céréales, " … céréales parce qu'il y a les Français qui jettent leur eau par la fenêtre et qui vous amènent cette céréale", non, c'est une très mauvaise idée.

Je voulais vous dire tout ça parce que vous allez m'entendre dorénavant en parler, et en parler plus souvent, la question de l'eau, je viens de vous indiquer les thèmes qu'elle recoupe et pour nous dans la théorie de "l'Ère du peuple" où ce qui définit le peuple c'est sa dépendance à l'égard des réseaux du collectif, il va de soi que les réseaux d'eau sont une des charpentes élémentaires du peuple lui-même parce que il n'y a pas de peuple s'il ne peut pas boire la quantité d'eau dont il a besoin. Donc c'est une dépendance qui est absolue et qui est une dépendance absolue au réseau. Bon voilà, je peux passer au thème suivant alors !

Bon, mon thème c'est les élections municipales. Alors je dois en dire quelques mots parce que ça peut vous aider à réfléchir, vous n'avez pas besoin de moi pour savoir quoi penser de tout ça. La première caractéristique de ces élections c'est que, comme d'habitude le soir de l'élection, il se raconte n'importe quoi.

Je veux dire, il se raconte des choses intéressantes et importantes ça va de soi, mais c'est pas fouillé c'est dans l'émotif, c'est dans les apparences. Alors là, le thème de la soirée c'était "la vague verte", bon très bien, bravo, très bien, moi je suis pour qu'on raconte ça, parce que ça centralise la question de l'écologie en politique, ça oblige tout le monde et toutes les organisations politiques à faire des efforts et à bien manifester leur identité écologique, même si nous qui nous écoutons là, vous de votre côté moi ici, nous savons très bien que ce qui dorénavant sépare les partis des uns des autres ce n'est pas la conscience écologique, c'est les moyens qu'ils comptent mettre en œuvre pour régler les problèmes écologiques et que notamment en ce qui concerne les Insoumis. La différence entre nous et par exemple "Europe ecologie-les Verts" c'est pas l'écologie, c'est la question sociale dans l'écologie, et ce n'est pas nouveau parce que le programme des Insoumis et mes propres discours sur le sujet, ils portent sur toutes ces questions maintenant depuis presque une décennie, c'est pour ça que j'étais un peu surpris d'entendre Delphine Batho, que j'ai bien connu quand elle était à la gauche socialiste avec Drey, Lienemann, après elle était avec Mme.

Ségolène Royal qui lui avait donné sa circonscription. Donc elle sait mieux que les autres que l'écologie était dans la matrice de départ du courant politique auquel elle-même elle a adhéré quand elle était une très jeune fille, je crois 14 ou 15 ans, alors quand elle dit "Mélenchon n'est pas dans le champ de l'écologie politique"… – Il ne s'inscrit pas, Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui dans le champ de l'écologie politique. … bon ben je me dis "c'est une ruse politicienne" je suppose, pour que je cours derrière en disant "mais oui, mais oui" comme si j'allais leur demander de me signer des certificats d'écologie politique, ce serait assez grotesque parce que ma vie, mes textes suffisent à trancher la question.

Mais c'est pour dire, à propos de ces élections municipales, c'est notre intérêt de ne pas démentir la force électorale. Maintenant, après on n'est pas obligé de ne pas voir la réalité, la première des réalités, la seule vague qui compte, le seul tsunami c'est l'abstention. Et là les amis il y a vraiment de quoi s'inquiéter parce que le système va sauter de l'intérieur, à ce rythme-là, et sans qu'on sache très bien où on va, parce que vous vous rappelez tous les balivernes qu'on raconte, "les élections municipales c'est les élections préférées des français" parce que "tout le monde comprend tout à la municipale, qui sa bordure de trottoir, qui la couleur des candélabres, qui le repas à la cantine" bon, c'est vrai c'est tout des questions qui intéressent directement votre vie quotidienne et donc moi je sais que la masse des gens ne s'en désintéresse pas, mais ils n'ont pas envie de voter, ils ne veulent pas voter, c'est pas seulement qu'ils n'ont pas envie.

Alors on me dit : il y a eu l'effet coronavirus, les gens ont eu peur. Oui, oui, bien sûr je vais pas dire le contraire mais pas au point où on en est là. C'est le score le plus désastreux, l'abstention la plus violente, de toute l'histoire de la Vème république, il y a une seule fois où il y a eu une élection, en 2009, européenne où, à un chouia près, après la virgule le résultat a été pire, sinon toutes les autres élections, c'est-à-dire : toutes les municipales depuis 1958, toutes les élections législatives depuis 1958, toutes les européennes, à l'exception que je viens de mentionner, depuis que les européennes existent c'est-à-dire depuis 1979, naturellement toutes les présidentielles, toutes les régionales, toutes, sans exception, ont eu un meilleur résultat de participation populaire que ça n'a été le cas cette fois-ci.

Donc ça c'est l'événement numéro UN, numéro UN, le peuple ne vient pas voter. Alors il y a un précédent de ça dans l'Histoire c'est : le peuple en 494 avant notre ère décide qu'il ne veut plus bosser parce que les patriciens Romain n'en font qu'à leur tête, les exploitent sauvagement, donc "si c'est comme ça on fait plus rien" et il se retire sur une des collines de Rome qui s'appelle l'Aventin. Ça vient de là, vous savez l'expression "se retirer sur son Aventin".

En réalité ils sont tous partis, et comme les autres savaient rien faire sans eux, et pour cause, comme encore aujourd'hui, aujourd'hui vous enlevez les travailleurs de leur travail, c'est fini, le plus grand grand-bourgeois, quelle que soit sa fortune colossale, ne sait rien faire, c'est pas lui qui peut amener de l'électricité pour s'éclairer, c'est pas lui qui peut ramener la nourriture pour manger, ils savent rien faire voilà ! C'est normal, on dépend les uns des autres. Alors il a bien fallu que les politiciens de l'époque, 494 avant notre ère, cèdent et ils ont donc institué à cette occasion le droit, pour le peuple d'avoir ses propres représentants, intouchables, dont la personne était sacrée, si on touchait à un de ses représentants eh ben non seulement on avait de gros problèmes juridico-politiques mais on avait surtout un problème avec les dieux eux-mêmes parce que c'était considéré comme la violation du sacré, donc leur personne était sacrée mais au sens littéral du terme, c'est-à-dire que c'était un péché mortel et condamné à mort voilà !

Donc c'est pour vous dire que des histoires comme celle-là j'en ai quelques unes à raconter dans l'histoire profonde. Donc ce qu'on voit là c'est un phénomène d'une ampleur inouïe, jamais vue dans un pays comme la France qui est le pays qui a établi, par une révolution, la république. Nous autres les français, on est tombés dedans en naissant quoi !

C'est dans le berceau, pouf, le bulletin de vote, les opinions politiques à la maison, la discussion et "pour qui tu votes" et "pour qui tu voteras pas" bon, en plus on est un peuple de râleurs donc tout est tout le temps mis en cause tout le temps et quand les gens disent "ben comment on peut changer ça ? " C'est par le vote. Ben là, c'est plus le cas.

Donc ça c'est l'événement numéro 1, l'événement numéro 2, l'événement numéro 3, l'événement numéro 4, l'événement numéro 5, et, loin derrière, arrive "qui c'est qui a gagné à ces élections ? " Normalement, normalement ! on dit que ceux qui ont gagné les élections c'est ceux qui ont le plus de victoires, ceux qui ont gagné le plus de communes etc.

Alors il faut voir les choses comme elles sont ceux qui ont gagné le plus de communes ou qui les ont gardés ou qui en ont pris d'autres, ben, c'est la droite, ça fait peut-être pas plaisir à entendre mais c'est la vérité, ensuite les socialistes ont perdu beaucoup de communes, ils viennent en deuxième position après il y a les communistes, après il y a les verts. Alors c'est ça qui s'est passé d'abord et c'est la population des centres villes qui a voté. Vous passez du centre ville aux quartiers populaires et l'abstention monte jusqu'au plafond.

Et quand vous êtes dans certains secteurs des quartiers populaires, l'abstention elle perce le plafond c'est-à-dire que vous pouvez avoir un bureau de vote avec 98 % d'abstention, 2% viennent voter. C'est les choses qui sont comme ça, dont vous ne pouvez pas passer à côté de ça. Vous pouvez pas dire : "j'ai pas vu, je m'en fous, je sais pas, les gens sont trop bêtes, etc." Non les gens sont pas trop bêtes, ils savent ce qu'ils font, ils ne vont pas voter, de manière positive, c'est-à-dire en disant "je ne veux plus rien avoir à faire avec vos combines", c'est ça qu'ils disent.

Alors évidemment les populations de centre ville ont voté, suivant les endroits et le… de telle ou telle manière. Alors il y a de beaux succès qui ont été remportés par les verts, il y a aussi quelques succès qui ont été remportés par les socialistes, de toute façon ce qui est certain c'est que dans tous les cas, le plus souvent, ce sont des listes de coalition, il n'y a jamais une liste 100% pur jus au deuxième tour de tel ou tel parti, ça n'existe pas. Alors les coalitions elles sont différentes, des fois c'est les verts et nous, c'est le cas à Grenoble, et les communistes aussi, d'autres fois c'est les socialistes, des fois il y a nous des fois il n'y a pas nous, les communistes des fois il y a nous des fois il n'y a pas nous, les Insoumis, c'est très divers.

Par conséquent ce point-là il doit être pris en compte, mais encore une fois, moi je mets tout, je relativise tout, par rapport à l'abstention. Si vous avez des grandes villes dont le maire est élu avec 10 % des électeurs inscrits, c'est le cas à Metz, ça c'est incroyable, Metz est une ville sérieuse, les gens sérieux là-bas, ils font leurs trucs ils mènent leur vie, bon, comment vous expliquez ça ? Bah oui vous avez compris, alors c'est vrai il y a un effet coronavirus dans l'Est, qui est beaucoup plus violent parce que comme vous le savez il y a eu une assemblée générale d'évangélistes qui a propagé le virus d'une manière incroyable dans toute cette zone du pays, mais pas que !

Alors évidemment là c'est 10% mais dans d'autres villesoù il n'y a pas un événement pareil à signaler vous vous hissez difficilement à du 20% dans le meilleur des cas. Donc c'est tout ça qui est à prendre en compte, alors nous autres les Insoumis qu'est-ce qu'on a fait et qu'est ce qu'on a réussi et qu'est-ce qu'on a échoué ? Ce qu'on a fait, la ligne stratégique c'était : aider des listes citoyennes non marquées politiquement, avec l'appui des partis politiques quand on pouvait, aider des listes citoyennes résultant des collectifs locaux pour la défense de ceci ou de cela, les associations de locataires, à prendre le pouvoir dans les communes.

C'était ça la ligne et puis là où on le pouvait sur le programme qui résultait de cette mobilisation citoyenne, une alliance des partis qui sont d'accord pour soutenir les idées qui étaient mises ainsi en place. Ça c'était le profil général, bon, on a le droit d'essayer ! Pourquoi on a fait ça, parce que pour nous, on sentait que ce qui arrivait c'était un rejet, un dégagisme terrifiant dans la population.

Je dis terrifiant parce que… moi j'ai pas peur de ça, mais je n'aime pas ça quand même, je vous le dis parce que c'est mon pays parce que je crois à la démocratie parce que je crois aux bulletins de vote, donc je dis "c'est dommage" bon "vous auriez mieux fait d'aller voter" mais je vous donne mon avis, je suis pas en train de vous engueuler, je donne mon avis et notamment parce que nous, ça nous aurait tiré d'affaires dans plein de cas. Qu'est ce que vous voulez, quand on construit une liste sur l'idée qu'on va être appuyé par les quartiers populaires, que d'ailleurs il y a des gens des quartiers populaires sur la liste et que les votes suivent pas, ben on est obligé d'en tirer des conclusions, donc nous on en tire, au moins moi en tout cas j'en tire cette conclusion, la première, c'est de dire : ne nous cachons pas de cette réalité, il faut la regarder en face. Donc je dis notamment à mes camarades qu'il y a une certaine forme d'idéalisation de l'intervention citoyenne qui serait étouffée par l'expression politique… c'est pas vrai, parce que là il y avait l'occasion de faire autrement et les gens ne l'ont pas saisie et des fois ils ont reconduit des sortants, ils les ont reconduit, on va respecter leur choix mais ils ont préféré laisser faire ça que de s'en mêler, les mêmes qui 10 jours ou 15 ou 20 jours avant disaient "ça peut plus durer, c'est insupportable on s'occupe pas de nous, nos quartiers sont abandonnés" bon etc. etc.

Et après ils ne vont pas voter ! Donc nous on est obligé de regarder ça en face parce qu'on a des calculs politiques à faire pour la suite, on ne peut pas s'aventurer sur des choses qui n'existent pas. Alors évidemment c'est lié à un type d'élection, arrivent devant nous les élections départementales et régionales, si elles ne sont pas reportées, on va être obligé de tenir compte de ce que nous avons vu là, et puis ensuite il y aura l'élection présidentielle qui elle est dans un style, un genre complètement différent et on peut penser, on PEUT penser que massivement les gens iront voter pour l'élection présidentielle parce qu'ils ont compris que c'était l'élection décisive, clé.

Très bien, sauf que c'est pas prouvé qu'ils vont y aller non plus, et vous avez déjà des gens qui disent : "ouais ça sert à rien de voter ! " Honnêtement, il n'y a qu'à faire ça et puis donnez-leur les clés du camion. Dites à ceux qui ont de l'argent, qui ont les moyens, qui dominent la société : "faites ce que vous voulez, parce que de toutes façons ceux-là, à part râler, c'est tout ce qu'ils savent faire".

Et c'est vrai que c'est déprimant, je dis les choses comme elles sont. Si la démonstration qui est faite c'est que tout ceux dont on se réclame, pour qui on se bat, au moment où il faut donner le coup décisif, ils n'y sont pas, ça fait réfléchir. Alors, ça, c'est dans les réalités qu'il va falloir analyser, je m'exprimerai sur le sujet un peu plus complètement quand j'aurai eu le temps de lire tous les chiffres, de parler avec les responsables du mouvement un peu partout en France parce que la France est étendue, c'est pas la région parisienne et cinq grandes métropoles, la France c'est plus compliqué que ça, c'est plus ample, c'est plus profond et il faut tenir compte de tout ça, moi je dois faire, depuis que je milite, je ne sais pas combien de fois j'ai fait le tour du pays, sans doute plusieurs dizaines de fois.

Et donc je connais cette diversité de la France, et puis elle manifeste des traits communs et c'est ce trait commun qu'il faut arriver à ressentir et sa population évidemment, comme vous le savez, est très diverse. Voilà ce que je voulais vous dire sur ces élections municipales. Alors depuis bon, ça a donné des idées à toutes sortes de gens et de partis politiques, sur l'instant, tout de suite, il fallait qu'ils disent quelque chose.

Alors bon, le parti socialiste, son chef dit qu'il n'y a pas besoin qu'il présente un candidat à l'élection présidentielle. Du coup tout le monde s'affole, on me dit : "Et vous ? " Hé hé, moi, je prends mon temps, moi je prends mon temps, je réfléchis, j'ai besoin d'éléments, je parle pas comme ça, au débotté, d'un sujet aussi important que l'expression du suffrage populaire, ça nécessite un peu de respect, un peu de temps pour bien comprendre des messages qui sont compliqués, mais eux ils sont pas sortis de la douche qu'ils sont déjà secs.

Hop, ils sont prêts à repartir, hé prenez le temps de regarder d'abord un peu, de réfléchir. Bon, je vois dans les journaux ça évolue, par exemple le journal le Monde, le lendemain c'était : "oui formidable grandiose victoire des Verts" et tout, c'est vrai c'est une belle… on va pas dire le contraire ! Bon sauf que ça correspond pas aux chiffres, et évidemment le mardi le mercredi les gens commencent à écrire avec des chiffres, "attendez, c'est plus compliqué" et petit à petit la conscience gagne que le vrai problème c'est "pourquoi le peuple français ne veut plus voter ? " Ça c'est la vraie question, après "qui bénéficie de la marée basse ? " c'est un autre sujet !

Alors à marée basse il y a des coquillages partout qu'on peut attraper facilement, bon ben très bien ! Pour autant c'est pas l'état naturel de la mer que d'être à marée basse. Elle est à marée basse, à marée haute, elle est étale, et la bonne réflexion si vous êtes marin, c'est pas juste de vous repérer sur la marée basse en vous disant : "la mer c'est pas un problème, on peut y aller à pied".

Je prends des comparaisons volontairement simples pour montrer l'importance de l'analyse, aujourd'hui par exemple j'ai lu un super papier dans le journal Mediapart, et tout le monde sait que Mediapart c'est pas un journal qui est avec moi et complaisant si peu que ce soit ils ont plutôt tendance à m'en mettre deux là où les autres pensent qu'une seule suffit. Ben il y a un papier qui est beaucoup plus raisonnable que celui du journal le Monde parce qu'il prend en compte toute cette diversité. Je dis ça parce que moi, j'ai besoin d'aide comme tout le monde pour réfléchir, j'ai besoin que ceux qui sont les plus connaisseurs nous aident.

Bon alors moi aussi, j'ai un certain nombre d'expériences, dans le passé, mais je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas, on a besoin d'une pensée plus collective, plus élargie. Vous avez des gens, ils récitent leur catéchisme quoi qu'il arrive. Ben moi non, j'ai besoin et je vous demande à tous de bien regarder dans votre ville, regardez bien, analysez, si vous êtes des militants politiques, analysez les résultats des bureaux de vote, quels sont les quartiers qui ont voté ?

Lesquels n'ont pas voté, pourquoi ? est-ce que ceux qui n'ont pas voté c'est ceux qui n'ont pas de problème ? par exemple, ça se pourrait "on n'a pas de problème", ils sont contents, tout va bien, donc "à quoi bon aller voter, faites ce que vous voulez tout va bien".

Ou bien est-ce que c'est les coins où ça va très mal, il faut qu'on arrive à savoir et puis plus on aura, notamment au niveau des Insoumis, des expériences qui remontent, des papiers qu'on pourra lire, des articles, des contributions qu'on va lire, trouver sur facebook, mieux c'est. Et voilà comment à la fin de l'été, moi, à la fin du remue méninges et des AMFiS d'été des Insoumis, eh ben je donnerai mon avis, enfin ça ne sera pas vraiment que le mien, on aura travaillé entre, et après c'est moi qui mets… D'accord, je n'écris pas toujours les paroles ni la musique, les paroles souvent, la musique pas toujours, et puis je vous dirai à quoi on est arrivé comme conclusion et quelle décision on prend. Maintenant je viens sûr l'histoire de la Justice.

Vous avez tous compris l'histoire, pas la peine que je la re-raconte, si je raconte quand même. Un jour ils nous envoient 100 policiers, 10 procureurs pour faire des perquisitions à nos domiciles personnels c'est-à-dire chez 17 personnes sur deux soi-disant dossiers qui sont des inventions pures et simples. Le premier c'est une dénonciation d'une femme d'extrême droite qui prétend que mes assistants parlementaires quand j'étais député européen, ne travaillaient pas avec moi à la politique mais faisaient vivre le parti de gauche dont j'étais le président, une invention pure et simple.

Cette femme elle fait l'objet d'une dénonciation en plainte calomnieuse. Et puis deuxième "affaire" (gros guillemets) : les comptes de campagne. Alors, je suis le seul, c'est moi qui ai coûté le moins par électeur mais je suis le seul à être… dont les comptes de campagne ont été signalés, et par qui je vous prie, signalé ?

Par le type qui présidait la commission des comptes, laquelle commission des comptes a validé mes comptes. Alors ce gars, le lundi il valide mes comptes, le mercredi il me signale, et qu'est ce qu'il donne comme argument pour signaler ? Qu'il n'a pas les moyens d'enquêter !

Mais alors bonhomme, si tu ne peux pas enquêter sur mon compte tu ne peux enquêter sur le compte de personne, que valent les avis que vous avez donnés ? Bon je vous passe les détails mais ce type est à côté de ses pompes, mais il a rendu service au pouvoir, il a été augmenté d'ailleurs de 57%. Tous les gens qui s'en prennent à nous, ont tous des promotions, des augmentations de salaires, et c'est très curieux, c'est un "hasard" attention hein !

N'allez pas y voir du mal, vous êtes un peu là, un peu sournois. Alors là donc, comme vous le savez, le ton est monté le jour de la perquisition. Alors il y a des gens qui me donnent des conseils : "oui vous auriez dû faire comme ci et comme ça", bien sûr, vous avez tout à fait raison, j'aurais mieux fait de faire comme ci et comme ça, mais combien parmi ceux qui me donnent des conseils de maintien ont commencé par protester contre le traitement qui nous était infligé, protester contre le fait qu'on nous ait volé nos fichiers, protester contre le fait qu'un gendarme me menace de son arme et qu'on s'étonne que je réponds "la République c'est moi" ça vous étonne que j'aie dit une chose pareille, ben je vous la redis.

Quand vous avez un type armé qui a un truc tricolore et qui me menace d'une arme, la République c'est moi, c'est pas lui et son revolver, d'accord ? Alors, traitement indigne, un des policiers jette par terre deux collaboratrices il y a des côtes fêlées etc. L'IGPN passe derrière : tout ça est normal !

Ben depuis, on sait que c'est normal, à l'époque on ne le croyait pas, on pensait que non c'était exceptionnel et que ça méritait au moins un rappel à l'ordre, même pas ! Maintenant on sait que c'est normal en effet, bon ! Et qu'ils soient impunis, c'est normal aussi !

Mais à l'époque on ne savait pas, donc nous on était indigné enfin bref ! On passe au tribunal, deux jours de comédie, le premier jour le juge dit : "la matérialité des faits est avérée" donc ça veut dire : tout ce qu'on va se raconter maintenant : "flauta" c'est juste pour s'amuser et s'occuper. Donc on a été condamné à des amendes et à des indemnités à donner aux policiers, aux policiers ! des indemnités, et pour des causes graves l'un a dit qu'il a été perturbé psychologiquement par nos cris, euh : 7 jours d'arrêt de travail, un autre il avait eu des cauchemars, alors bien sûr, le toubib qui l'a analysé il met : "il est gravement perturbé par ailleurs" et ça n'a pas de rapport avec l'affaire.

Donc voilà un type qui est gravement perturbé par ailleurs mais il a un cauchemar après avoir fait cette scène et c'est moi qui paye ! 3000 euros, 2000 à l'autre, et 1000 à celui-là, au total y en a pour presque 20 000 euros, à donner à tous ces gens et puis il y a des frais de justice. Alors, à gauche et dans notre tradition syndicale, associative et tout, toujours, depuis tout le temps, d'une manière ou d'une autre, les amendes sont payées personnellement parce que vous êtes condamné pour votre comportement personnel, mais tout ce qui est frais de justice et indemnités de toutes sortes pour les gens qui prétendent avoir été molestés c'est l'organisation qui prend en charge.

C'est le cas dans tous les syndicats, demandez, si vous avez des potes syndicalistes, vous savez bien que ça se passe comme ça, et d'ailleurs il y a eu des précédents qui ont été tranchés par la Justice en disant "oui, ça on a le droit de le faire", c'est-à-dire : vous payez l'amende mais le reste non, voilà. Donc au mois de mars dernier, sans prévenir personne, deux types qui ont déjà eu affaire à nous dans l'affaire des perquisitions, qui étaient sur place, d'accord ? Deux procureurs relancent une enquête préliminaire sans prévenir personne.

Nous, on est au courant de rien vous comprenez, l'enquête préliminaire c'est pire que la lettre de cachet sous l'ancien Régime. Vous ne savez pas mais quelqu'un s'est mis à vous écouter au téléphone, vous ne savez pas mais il a commencé à vous surveiller, il a commencé à éplucher vos comptes bancaires etc. etc.

Ils font ce qu'ils veulent pendant des mois et puis là il y a les élections municipales, et puis il y a l'audition de Mme. Champrenault, procureure qui a inventé toute cette histoire, qui arrivent, donc qu'est-ce qu'ils font ? PAM ! ils s'en vont raconter aux journalistes à qui il donnent toute l'affaire.

Alors le journaliste qui fait ça au "Canard enchaîné" c'est un spécialiste c'est un gars qui d'habitude recopie les procès verbaux des policiers donc c'est un… on le connaît… Vous, vous ne savez pas vous qui écoutez, mais à Paris tout le monde connaît tout le monde dans la presse, celui-là il travaille avec les flics l'autre travaille avec les juges, bon, alors ils ont intérêt à protéger leurs sources, ces gens-là ils ne vont jamais les mettre en question les sources. Donc là, vous avez des gens qui actionnent contre nous alors que l'affaire est déjà tranchée en droit, à plusieurs reprises, et ils font comme s'ils ne savaient pas, mais ça permet de mettre du Mélenchon partout et de l'enquête préliminaire. Alors ce que nous avons fait est absolument légal, tout le monde le sait, il suffit d'ouvrir un code pour le savoir, d'avoir fait un peu de droit, même si vous n'avez pas fait droit vous pouvez regarder nous avons le droit dès lors que nous payons nos amendes de faire payer les indemnités et les frais de justice par notre organisation, il n'y a pas l'ombre d'un doute.

Alors vous avez un gros malin qui est venu : "oui mais vous avez utilisé de l'argent public". Mais pauvre banane, l'argent public quand il arrive dans la caisse d'un parti politique ça devient de l'argent privé et le gouvernement n'est pas en droit de dire "nous vous donnons une subvention publique à la condition qu'on puisse surveiller vos comptes" parce que la constitution dit que les partis s'administrent librement. Mais maintenant je vais vous rassurer, si vous avez peur, avec vos impôts, de payer les indemnités des Insoumis, alors que ça na pas l'air de déranger certains, avec leurs impôts, de donner des dotations à certains partis politiques dont vous n'êtes pas membres et pour qui vous ne votez pas.

Ça s'appelle la démocratie, il y en a certains, c'est insupportable pour eux. Bon, je vous rassure nous recevons beaucoup de dons privés, d'ailleurs grâce cette affaire des gens ont décidé de nous envoyer de l'argent pour nous aider à payer. Alors je dis aux copains "merci", vous savez pas le bien que ça fait, vous n'avez pas idée du bien que ça fait de voir que les copains comprennent, décryptent, analysent et ils voient que c'est un sale coup qui nous est fait par une bande d'ex-magistrats qui étaient tous au PS et qui ont tous rallié Macron et qui doivent faire du zèle pour montrer qu'ils lècheront les pompes du nouveau maître comme il les léchaient à ceux d'avant, je parle des gens du Parquet, parce que c'est eux qui font tout ça, c'est 4 où 5 personnes maximum, qui mettent en route gna gna gna, vous avez peut-être vu à la télé Mme.

Champrenault, écoutez, on ne comprend rien à ce qu'elle dit, mais écoutez quand même, juste pour voir. Ils vous font des cours de droit, c'est comme Belloubet avec un air supérieur. Vous autres, vous vous occupez d'autre chose, c'est pas votre sujet le droit, mais même un étudiant de première année rigole en écoutant ce genre de baratin parce que c'est des gens qui vous disent comme si moi je vous disais le mode d'emploi de la caméra "il y à un obturateur qu'il faut actionner pour obtenir une image, et une série… " Vous comprenez, ils font font ça mais sur un ton… "le droit prévoit que : gna gna gni gna gna" ok c'est écrit dans le livre pas la peine de nous le réciter !

Ben ils font ça, Mme. Belloubet c'est la championne du monde, on peut lui poser la question qu'on veut, elle ne répond pas, comme ça le problème est réglé. Donc voilà, et quand on vous a vu réagir comme ça on a dit "ouf ! " et je vais vous dire quand même, moi qui râle tout le temps contre la presse, c'est la première fois qu'on voit dans les médias les gens dire "ah non, ça fait trop quoi !

Déjà l'affaire Fillon, on s'est fait avoir, on croyait que mais on s'aperçoit que c'était manipulé et maintenant ils ressortent Mélenchon pourquoi ? Pour savoir comment il a payé ses amendes" J'ai payé avec mon fric ! C'est beaucoup d'argent, même pour moi 8 000 euros, il faut pas croire que ça passe comme ça parce que, comme il est marqué dans les réseaux sociaux de la fachosphère il paraît que je suis milliardaire, j'ai des maisons, des chevaux, des voitures et des revenus absolument incroyables, j'ai rien de tout ça moi, bon j'ai une bonne paye, une indemnité, vous pouvez tous aller voir c'est pas ce qu'on raconte non plus, moi, ma paye, une fois que j'ai payé mes impôts, c'est un grosse paye, je suis à 4000 euros.

Quand on met 8000 euros d'amende c'est deux mois, d'accord ? Donc c'est beaucoup d'argent et puis si vous me collez 26 000 euros de frais d'avocat et d'indemnités je fais quoi moi je m'y prends comment ? Et puis il n'y a pas que ça parce qu'il y a d'autres procès qu'on me fait, celui-ci, celle là, pour un mot de trop, un machin, et moi je peux aller devant n'importe quel tribunal je connais le résultat à l'avance : j'ai perdu !

C'est drôle hein, mais c'est comme ça ! Même quand les professionnels du droit, les avocats, disent : "ah bah là on comprend plus quoi, on n'a jamais vu ça." Mais voilà, c'est pour vous dire dans quelle ambiance tout ça a lieu donc c'est une… le problème qui est posé par le comportement du parquet général et je tiens bien à dire de quoi il s'agit, parce que sinon c'est trop facile on dit : "vous mettez en cause la Justice" !

Ah, mais non mes petits bonhommes, moi je ne suis pas anti justice, ni anti juge, ce n'est pas mon sujet, moi je suis pour que les juges prennent des décisions en fonction du droit, que les juges aient des opinions politiques, et alors, c'est pas le sujet, le sujet c'est que les juges appliquent la loi. Alors des fois on peut dire : "vous l'appliquez d'une drôle de manière" bon, bah il y a des recours pour ça, on ne connaît pas la perfection les êtres humains on ne connaît que des méthodes approximatives et on essaye de faire pour le mieux. Donc moi, mon sujet c'est pas les juges, la Justice en général, vous savez c'est comme dans les médias si vous dites quelque chose contre un journal on dit : "ah vous êtes contre les médias".

Non on n'est pas contre les médias on est contre ça. Là c'est pareil, là ça se concentre, de qui s'agit-il ? Des procureurs, de ce pays et des procureurs du Parquet, le Parquet c'est la partie qui est nommée par le pouvoir, qui ont une activité qui est nécessaire, on dit ce sont les avocats de la société, pourquoi ?

Parce que leur ligne d'action est tracée par des directives qui sont données par le pouvoir politique, mais ça c'est normal, que vous disiez… bon vous êtes le pouvoir politique, moi je suis le pouvoir politique demain, je dirai : écoutez les délits financiers doivent être poursuivis avec une sévérité particulière, on donne des consignes de cette nature, par exemple moi, je dirai la triche électorale, les fausses procurations, les faux tracts doivent être punis et la loi doit être appliquée avec rigueur, pas ce que j'ai connu moi, quand j'ai porté plainte, le procureur a dit "moi ch'uis pas au courant, comme personne n'a rien demandé" comment personne vous a rien demandé ? J'ai porté plainte ! "Ah oui mais on a perdu la plainte" c'est ce qui m'a été répondu, deux ans de procès que je gagne, et pour finir la Cour d'appel dit "non, monsieur Mélenchon a perdu, non lieu, " je reviens là-dessus juste pour vous dire que ça fait un moment que moi je me trimballe les grandes initiatives politiques d'un certain nombre de magistrats voilà donc nous on doit élever la voix.

Plein de gens me disent "mais arrête, tu es fou, tu t'en prends aux médias, tu t'en prends à la police tu t'en prends à la Justice". Non je ne m'en prends pas aux médias, je m'en prends une façon de faire le métier de journaliste, non je m'en prends pas à la Justice, je m'en prends à une façon de faire le métier de juge, non je ne m'en prends pas à la police je m'en prends à une façon de faire leur métier par des policiers c'est quand même pas si difficile que ça à comprendre. La vie, on dirait maintenant, c'est noir et blanc, c'est Mickey tu vois, Donald Duck, des personnages caricaturaux qui s'agitent avec des répliques caricaturales, NON !

Et notre devoir de citoyen c'est de persister et je ne me tairai pas ! Voilà c'est aussi simple que ça, et si on est appelé à gouverner ce pays on ne se taira pas et on tirera les leçons de tout ça, on en tirera les leçons. La police sera débarrassée de ses éléments d'extrême droite violents racistes et sexistes, elle en sera débarrassée.

De la même manière, la Justice sera débarrassée des carriéristes qui prennent l'ascenseur express du type de Mme. Champrenault parce que ces gens-là ne peuvent plus faire leur métier correctement en tout cas comme nous on veut qu'il soit fait, c'est à dire avec impartialité, mesure, distance, je ne vous dis pas qu'un tribun ferait un bon juge, mais je ne vous dis pas non plus qu'un juge ferait un bon tribun or pourtant il prétend le faire . C'est donc ce mélange des genres contre lequel on proteste et c'est notre devoir de citoyenne et citoyen de le faire, si nous nous taisons quand nous avons le sentiment qu'une injustice est commise c'est que nous sommes complices de cette injustice, si nous nous contentons de dire : "Ah ben, c'est le moindre mal" c'est oublier que le moindre mal c'est toujours le mal, et une conscience exigeante, même si elle sait qu'elle va pas forcément réussir, mais elle sait que par son pouvoir d'alerte, par la lumière qu'elle jette, elle oblige les comportements à se rectifier et elle fortifie la prise de conscience.

C'est tout ça qui est en jeu dans le moment qu'on vit, si on aime sa patrie, si on aime son pays, si on croit à des idées comme la Justice, l'égalité sociale, la liberté alors on la défend quand elle est mise en cause. On m'a dit "mais des fois où vous êtes excessif" ben oui, bien sûr, ça arrive à tout le monde, qui c'est qui n'est pas excessif ? Par exemple M.

Macron, quand il lutte contre la liberté, des fois il n'est même pas élégant, il le fait avec une brutalité excessive. Donc vous voyez, c'est comme ça qu'il faut raisonner sur le sens de la responsabilité qu'on a à l'égard de son pays, le jour où j'aurai plus cette exigence vis-à-vis de moi-même, j'arrêterai, je ferai autre chose en disant ben débrouillez-vous ! Faites ce que vous pouvez à votre tour, moi j'ai fait ce que j'ai pu.

Mais on n'en est pas là, là on en est au point où la lutte a lieu et dans la lutte je suis fier d'être le tribun du peuple, vous comprenez ça ne me fait pas honte, je suis fier d'avoir dit "la République c'est moi" parce qu'en face d'un pandore armé qui vous menace la République c'est moi, et je suis content d'avoir dit "ma personne est sacrée" parce que je suis le tribun du peuple, je suis député, même si tous ces gens considèrent que tout ça est une comédie, pas moi, pour moi la démocratie, le parlement ce n'est pas une comédie c'est quelque chose qu'il faut vivre avec gravité, même s'il y a des jours qui sont moins glorieux que d'autres, je ne vous dis pas qu'on soit tous des héros dans cette affaire-là, mais enfin bon, on essaye quand même de l'être voilà, c'est déjà un bon début et je suis sûr que vous même vous vous dites souvent que ça serait bien de l'être à votre tour. Et puis sans doute que vous l'êtes dans plein de choses, dans la vie où vous résistez à l'abattement, à la résignation, l'envie de tout passer par dessus bord, bon, et vous redémarrez vous faites les choses. Voilà c'est comme ça que la société tient.

Voilà si mon petit prêche vous a plu : couic, un pouce bleu, parce que ça redonne le moral. Si vous découvrez par hasard ce bonhomme dans son bureau en train de parler et que ça vous a plu… Bon si ça vous a pas plu on vous reverra pas mais si ça vous a plu vous pouvez vous abonner, c'est gratuit ça le restera. Vous êtes sur la première chaîne d'un homme politique ou d'une femme politique dans ce pays, vous êtes déjà plus de 450 000 à être abonnés.

Quand vous êtes confinés, vous êtes tous là et vous suivez un peu près tous les "Revues de la semaine "et puis quand vous êtes déconfinés bah vous êtes moins là mais vous êtes quand même beaucoup là, alors ça ça fait vraiment plaisir parce qu'avec Antoine on pensait qu'on vous reverrait plus après le déconfinement, on s'est dit ils vont en avoir par dessus la tête de voir des vidéos sur leurs ordinateurs, eh ben non ! Donc ça prouve que ce qu'on fait doit quand même être un peu utile et aider à réfléchir les autres parce qu'il y a beaucoup de gens qui m'en parlent, moi ça me plaît beaucoup, ça me fait plaisir et à Antoine aussi je suppose. Allez au revoir les gens à bientôt ! – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -

#RDLS118 - L'eau en danger / Municipales : tsunami d'abstention / Justice macronisée — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote