Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingLCP (sur YouTube)· 14 janvier 2026 10 minActualité / polémiqueEurope & internationalAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesSécurité

Hélène Laporte présente la motion de censure déposée par le RN contre le gouvernement Lecornu

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Hélène LaporteFait
    « 3 mois durant lesquels rien n'est venu démentir le sentiment largement partagé dans le pays d'un pouvoir qui refuse obstinément d'entendre la voix des Français. »
  • 1:45Hélène LaporteChiffre
    « 79 % des Français soutiennent les agriculteurs dans leur mobilisation contre cet accord. »
  • 6:30Hélène LaporteChiffre
    « Les tentatives d'homicide ont presque doublé entre 2017 et 2024. »
  • 7:00Hélène LaporteChiffre
    « Le ministre de l'intérieur reconnaissait cet automne la présence de 700000 étrangers clandestins sur le territoire. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci madame la présidente, monsieur le premier ministre. Alors, j'avais marqué mesdames et monsieur le ministre mais du coup je vais rectifier. Je mêtre plutôt madame et monsieur le ministre.

Chers collègues, voici donc 3 mois que ce gouvernement, nouvelle version du précédent dont nous ne retiendrons que son échec spectaculaire est en fonction. 3 mois durant lesquels rien n'est venu démentir le sentiment largement partagé dans le pays d'un pouvoir qui refuse obstinément d'entendre la voix des Français. Le 10 octobre dernier, alors que la nécessité d'un retour aux urnes, celle de redonner enfin au peuple l'occasion de se prononcer sur la politique qu'il souhait voir mener, s'imposer comme une évidence démocratique, le chef de l'État, une fois de plus retenu la pire des solutions, celle du déni.

En vous désignant à nouveau, monsieur le premier ministre, le président de la République a choisi de ne tirer aucune leçon de l'échec singlant de votre premier gouvernement, le plus éphémère de notre histoire. Un échec qui aurait dû de le convaincre que le socle commun sur lequel il reposait n'est rien d'autre que du sable mouvant. Au terme de ces 100 jours, le constat est sans surprise.

Il est désastreux. Aucune des attentes exprimées par les Français qu'il s'agisse du pouvoir d'achat, de l'immigration, de l'insécurité, de l'accès aux soins, de l'emploi, du logement ou encore de l'éducation n'a trouvé la moindre réponse crédible. S'il est un sujet qui illustre aujourd'hui avec éclat la situation d'impuissance assumée dans laquelle ce gouvernement s'est enfermé, c'est bien l'accord entre l'Union européenne et le Mercur depuis 1999 et le mandat de négociation confié à la Commission européenne par un gouvernement de gauche s'agissant de la France, cet accord est un serpent de mer des relations extérieures de l'Union.

Les attentes de parts et d'autres sont connues. L'industrie européenne, en particulier allemande, cherche de nouveau déboucher une sécurisation de son approvisionnement en matière première. Les pays d'Amérique du Sud, au premier rang desquels le Brésil, y voi l'ouverture d'un immense marché pour leur production agricole en expansion constante, favorisé notamment par une déforestation massive.

L'agriculture française, nous le savons tous, sera la grande perdante de cet accord. Officiellement, la France s'y oppose depuis des années et fait suffisamment rare pour être souligné. Cette opposition semblait avoir fait consensus sur l'ensemble du spectre politique, comme en témoigne, les nombreuses résolutions adoptées à l'unanimité ici même et au Sénat.

Pourtant, l'opinion publique, elle aussi est en phase avec cette proposition. 79 % des Français soutiennent les agriculteurs dans leur mobilisation contre cet accord. Pourtant, cette ligne qui pouvait sembler claire a été brouillée ces derniers mois par une succession de déclarations contradictoires du chef de l'État, se disant dès le mois de juin prêt à signer un accord qu'il jugeait encore quelques mois auparavant inacceptable en l'État.

Et pour justifier ce revirement, s'est réfugié derrière un protocole additionnel et ses prétendues mesures de sauvegarde que certains osent présenter comme des clauses miroir qui n'en sont pas. Dès lors, il est devenu évident que la France, pourtant membre fondateur de l'Union européenne, 2e puissance économique et second contributeur net, avait choisi la voie du renoncement, renonçant à rassembler une minorité de blocage capable de faire obstacle à l'adoption de l'accord. Rappelons ainsi que si toutes les composantes du spectre politique français affichent officiellement une opposition, aucun parti n'a autant agi contre son adoption que le Rassemblement national, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Parlement européen.

Car en ce qui nous concerne, pas moins de 52 votes à amendement à ce sujet de la part de nos eurodéputés contre seulement 13 pour les eurodéputés macronistes. Le camp macroniste se dit contre l'accord. Mais dans ce cas-là, pourquoi le gouvernement de Michel Barna en 2024 s'est-il opposé à l'examen en séance de la proposition de résolution que j'avais déposée contre le Mercossur ?

Pourquoi ont-ils déserté l'hémicycle, vous les macronistes, enfin il y a personne, en janvier 2025, lors du vote de nos amendements joignant le gouvernement à faire obstacle activement à l'adoption de l'accord. Pourquoi la gauche qui cherche aujourd'hui à se placer en premier rôle d'opposition à l'accord a-t-elle voté contre ces mêmes amendements ? Cette année, nous avons vu le gouvernement changer encore de discours.

Il ne s'agissait plus de rappeler la fermeté supposée de la de la position française, mais de rassurer sur le contenu de l'accord lui-même. On nous a expliqué que les contingents exonérés ou quasi exonérés de droits de douan étaient marginaux. Près de 100000 tonnes de bœuf à droit réduit, 180000 tonnes de volaill détaxé, 180000 tonnes de sucre.

Continuez, écoutez parce que ce sont des données certainement que vous avez pas donc au moins ça vous fera travailler un peu. Chacun ici, c'est pourtant et les représentants des filières concernées vous le confirmeront que ces volumes suffiront à bouleverser les équilibres du marché intérieur et à tirer les prix vers le bas dans un contexte où nos filières sont déjà au bord du précipice. Vendredi dernier, le président de la République apprécie être engagé in extrémiste dans une mise en scène désormais familière du macronisme et du théâtre politique de l'impuissance a finalement voté contre l'adoption de l'accord par le Conseil européen.

Mais voici donc le récit qui nous est aujourd'hui servi. La France aurait bataillé, tenté de convaincre, échoué mais maintenu sa position jusqu'au bout. Elle sortirait la tête haute d'une séquence dont l'issue serait désormais scellée.

L'accord entrera en vigueur et nos agriculteurs devraient en subir les conséquences. Tout serait perdu sauf l'honneur. Mais la réalité, elle est tout autre.

La France n'a rien fait pour bloquer efficacement cet accord. Depuis un an, le Rassemblement national le Martel, la France doit saisir la cour de justice Union européenne concernant la cition de l'accord. Manifestement contraire au mandat de négociation.

Cette session que nous annoncions et redoutions depuis des années permet de soustraire la partie commerciale de l'accord à la règle de l'unanimité. Sans elle, il n'y aurait pas d'accord. caure aujourd'hui.

Or, le gouvernement refuse cette saisine se réfugiant derrière la perspective d'une sisésine par le Parlement européen. Une sisésine que nous soutenons évidemment avec le groupe patriote pour l'Europe et en lui-même déposer une motion en ce sens lundi. En clair, l'exécutif refuse d'aller au bout d'une position que l'on prétend pourtant échanger.

Et ce n'est pas cette sortie honorable qu'attend aux agriculteurs mobilisé, mais une véritable politique de blocage par la saisine de la Cour de justice Union européenne, mais aussi par l'utilisation de tous les leviers dont dispose la France, y compris celui d'IGEL de sa contribution nette au budget européen qui s'élève à près de 10 milliards d'euros par an. De la part d'un gouvernement, la faiblesse n'est pas une excuse, c'est une faute. On nous reprochera encore aujourd'hui de nourrir l'instabilité.

C'est exactement l'inverse. En censurant ce gouvernement minoritaire, nous rendant au peuple français le droit de choisir le CAP du pays, de nouvelles élections mettraient fin l'instabilité chronique d'une ligne politique sans colonne vertébrale maintenue artificiellement par des arrangements partisans dans les couloirs de l'hémicycle. Notre pays est gravement malade.

Il continue de perdre son industrie un rythme alarmant. Avec plus d'une centaine de sites fermant 2025, les difficultés d'accès au logement s'aggravent alors que nous construisons deux fois moins que nécessaire. La désertification médicale progresse transformant l'accès aux soins en parcours du combattant.

Signe alarmant de la dégradation de notre système de santé. La mortalité infatile augmente depuis 10 ans. La France est par ailleurs entrée dans l'hivers démographique.

En 2025, pour la première fois, il plus de décès que de naissance. Avec 645000 naissences, nous atteignons le niveau le plus bas depuis 1945. Notre agriculture écrasée par des normes plus lourdes qu'ailleurs et abandonné face à une concurrence déloyale s'enfonce dans une crise sans fin aggravée par la l'incapacité du gouvernement anticiper les crises sanitaires comme le démontre la gestion calamiteuse de la dermatose nodulaire contagieuse et l'échec en matière agricole et si manifeste que le gouvernement s'est autorisé à nous imposer un chantage mesquin sur 300 millions d'aides pour faire accepter son budget par ailleurs délétaire.

Mais si vous teniez temps à ces aides et qu'elles entrent en vigueur tôt, pourquoi ne pas les avoir intégré à la loi spéciale de décembre que nous avons tous voté ? L'inérité, l'insécurité poursuit toujours sa trajectoire mortifère. Les tentatives d'homicide ont presque doublé entre 2017 et 2024.

Le chaos migratoire s'aggrave tandis que le ministre de l'intérieur reconnaissait cet automne la présence de 700000 étrangers clandestins sur le territoire. Et enfin, la dette publique, celle-là même au nom de laquelle on nous demande d'accepter tous les renoncements sociaux. atteint d'or désormais 3500 milliards d'euros.

Mes chers collègues, on ne dit pas à un patient gravement malade de revenir dans un an pour commencer à se soigner. Attendre 2027 n'apportera rien à la France. L'année qui nous sépare de la prochaine présidentielle, si elle se poursuit avec ce gouvernement de l'échec, sera une année perdue de plus.

Ce à quoi personne ici, je l'espère, ne saurait se résoudre. Le constat, pour sévère qu'il soit et sans appel, ce gouvernement n'est pas apte à diriger la France. Monsieur le Premier ministre, vous agitez la mesure d'une dissolution comme un épouvantail.

Vous pariez sur l'attachement des députés à leur siège plutôt qu'à leur pays. Donc, je pense que c'est bon, mais uniquement dans certains coins de l'hémicycle. Mais s'agissant des députés du Rassemblon national, c'est malheureusement évidemment un paris perdant.

Pour nous, la dissolution n'est pas une crainte, c'est une chance. Une chance de sortir enfin la France de l'ornière dans laquelle un demi-siècle de renoncement la plongée. Aussi, nous voterons chacune des deux motions de censure, celle que nous avons déposé ainsi que celles émanant des bans qui nous font face, ce qui, je le rappelle bien évidemment, et c'est une évidence, n'a rien d'un vote d'adhésion un discours politique.

Une motion de censure n'a qu'un objet. Faire tomber un gouvernement qui ne mérite pas la confiance de la nation. Nous avons toutefois appris, sans aucune surprise, certains groupes sont appelés à jouer leur rôle de supplétif du bloc gouvernemental.

Puisque selon les directives de monsieur Fort et de monsieur Retaillot, les députés des groupes socialistes et de droit républicaines devront s'abstenir de voter les motions qui sont présentées aujourd'hui. Certains d'entre vous auront peut-être le courage de se défier de ces consignes d'appareil pour joindre leur vote au nôtre et si tel est le cas, vous aurez au moins le mérite de la cohérence entre vos convictions et vos actions et les discours de justification n'y changeront rien. refuser de voter aujourd'hui la censure, c'est soutenir ce gouvernement de l'échec et du renoncement.

Ne laissons pas un jour de plus notre pays dans cette paralysie. Ayons le courage de retourner devant le peuple français à qui nous n'avons rien à cacher, votant la censure. Je vous remercie.

Merci beaucoup madame la députée. [applaudissements]