Affaire Le Scouarnec : le collectif de victimes veut "traiter l'ensemble des défaillances identifiées" dans ce dossier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:34FerméeRéponse directe
Vous êtes porte-parole de ce collectif qui représente combien de victimes ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Le but n'est pas de refaire le procès mais de mettre en place des mesures pour empêcher d'autres affaires de ce type ?
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Défaillance de qui ? De quoi ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Et est-ce que vous sentez qu'il y a une volonté de la part du gouvernement de changer les choses ?
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Vous parlez de connaissance du dossier, que la dernière fois qu'il s'est exprimé sur le sujet, il ne connaissait pas super bien le dossier, lui.
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Ça vous ennuie, cette absence ? Ça dit quelque chose, selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueChiffre
« Une soixantaine de victimes, directes et indirectes, prescrites ou non prescrites, du premier dossier ou du second dossier. »
- 1:12Invité politiqueFait
« Il y a des défaillances judiciaires. Il a été arrêté en 2004 sur la partie aussi du traitement de l'enquête, à part quand on est venu chercher les victimes et l'accompagnement des victimes. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Mais il y a aussi les défaillances dans l'institution médicale, au niveau aujourd'hui ARS, ordre des médecins et enfin dans la protection de l'enfance. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Des enfants ont parlé, mais ils n'ont pas été entendus, même par des professionnels de santé. »
- 2:25Invité politiqueFait
« M. Noder a pris la parole suite à une question au gouvernement de la députée Mme Le Hénan, le 6 mai dernier. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Et il a parlé de recours de Joël Lesquarnet qui lui aurait permis de passer entre les mailles du filet qui n'ont jamais existé dans le dossier. »
- 2:37Invité politiqueFait
« Donc, on voit qu'il y a eu une défaillance de ce côté-là. »
- 2:40Invité politiqueFait
« M. Darmanin a eu la même défaillance le 27 mai quand il fait état d'un accompagnement auprès des victimes qui n'a jamais eu lieu. »
- 3:54Invité politiqueFait
« aujourd'hui, on cherche à avoir un quorum de peines parce que le viol est le seul qui ne peut pas rassembler tout ce qui est circonstances aggravantes dans le meurtre ou dans les violences aggravées, par exemple. »
- 4:18Invité politiqueFait
« Le seul crime aujourd'hui qui ne l'a pas, c'est le viol. »
Temps de parole
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Il est 6h21. Pour qu'il n'y ait plus jamais d'autres, Joël Le Squarnec, plus jamais de crimes semblables à ceux commis par cet ex-chirurgien récemment condamné à 20 ans de réclusion pour viol et agression sexuelle sur 299 de ses patients, souvent mineurs. Mais pour cela, il faut remédier à tous les dysfonctionnements que ce dossier a révélés. C'est ce que réclame le collectif de victimes qui a rendez-vous ce matin au ministère de la Santé. Vous ferez partie de la délégation. Manon Lemoyne, bonjour. Bonjour. Vous êtes porte-parole de ce collectif qui représente combien de victimes ?
Une soixantaine de victimes, directes et indirectes, prescrites ou non prescrites, du premier dossier ou du second dossier.
Alors le but, on est d'accord, ce n'est pas de refaire le procès, mais de le prolonger en quelque sorte, de mettre en place des mesures pour empêcher d'autres affaires de ce type ?
Oui, tout à fait. Nous, l'objectif, c'est vraiment de retraiter avec beaucoup de recul et de hauteur, maintenant que le procès est passé, l'ensemble des défaillances qui ont été identifiées dans cette affaire pour y remédier et qu'il n'y ait plus jamais ça qu'on attend tous depuis des années. Défaillance de qui ? De quoi ? Il y a des défaillances judiciaires. Il a été arrêté en 2004 sur la partie aussi du traitement de l'enquête, à part quand on est venu chercher les victimes et l'accompagnement des victimes. Mais il y a aussi les défaillances dans l'institution médicale, au niveau aujourd'hui ARS, ordre des médecins et enfin dans la protection de l'enfance.
Des enfants ont parlé, mais ils n'ont pas été entendus, même par des professionnels de santé.
Et est-ce que vous sentez qu'il y a une volonté de la part de gouvernement de changer les choses ?
Aujourd'hui, on voit, on est reçu, on a été aussi reçu à l'Assemblée nationale, donc il y a une réalité qu'on est pour l'instant entendus. Maintenant, on constate quand même que le dossier n'est pas compris ou pris dans son intégralité. Peut-être par sa complexité, peut-être parce qu'il est très complet et donc il faut prendre le temps de s'en saisir. C'est pour ça que nous, on prend le temps de mâcher le travail et de le faire. On espère que cette rencontre aboutira à d'autres.
Alors, vous allez voir le ministre de la Santé, il sera là, Yannick Noder. Et je sais que vous avez trouvé que, justement, vous parlez de connaissance du dossier, que la dernière fois qu'il s'est exprimé sur le sujet, il ne connaissait pas super bien le dossier, lui.
Non, M. Noder a pris la parole suite à une question au gouvernement de la députée Mme Le Hénan, le 6 mai dernier. Et il a parlé de recours de Joël Lesquarnet qui lui aurait permis de passer entre les mailles du filet qui n'ont jamais existé dans le dossier. La défense en a même fait état avec un courrier qui lui a été adressé à M. Noder. Donc, on voit qu'il y a eu une défaillance de ce côté-là. M. Darmanin a eu la même défaillance le 27 mai quand il fait état d'un accompagnement auprès des victimes qui n'a jamais eu lieu. Et aujourd'hui, l'abandon est là et on a été abandonné tout le dossier.
Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, qui ne sera pas présent à la réunion d'aujourd'hui, il sera représenté par quelqu'un de son équipe. Ça vous ennuie, cette absence ? Ça dit quelque chose, selon vous ?
Alors, après, je ne connais pas son agenda, mais ça nous ennuie parce que, justement, on a vu une méconnaissance du dossier parce qu'on leur a fait état d'un manque de considération de ce dossier. Ce n'est pas de nous dont on parle, mais de ce dossier qui peut faire date, qui ressemble à un ensemble d'affaires quand on parle de pédocriminalité, quand on parle de soumission chimique, quand on parle de problématiques au sein de l'ordre des médecins, quand on parle de paroles d'enfants qui ne sont pas écoutées et d'Omerta pendant 30 ans. Donc, c'est pour ça que c'était intéressant qu'il puisse venir. Et puis, justement, on lui a fait état d'un...
Voilà, on n'était pas en corrélation avec son discours du 27 mai. C'était l'occasion de pouvoir en discuter. On en parlera avec Mme Bonne-Carrère.
D'autant que dans les mesures que vous proposez, il y a un gros, gros volet judiciaire.
Oui, oui, oui. On a un gros volet judiciaire qui va, je vous le disais, de l'accompagnement des victimes, mais aussi sur les peines ou sur le traitement des peines. Aujourd'hui, on cherche à avoir un quorum de peines parce que le viol est le seul qui ne peut pas rassembler tout ce qui est circonstances aggravantes dans le meurtre ou dans les violences aggravées, par exemple. On peut multiplier les circonstances aggravantes, le fait que la personne soit mineure, le fait qu'il abuse de son autorité, le fait d'une pluralité, par exemple. Et ça, on peut les multiplier pour aggraver une peine. Le seul crime aujourd'hui qui ne l'a pas, c'est le viol.
Donc ce serait formidable qu'on puisse faire évoluer ça. Ou la dangerosité. Traiter aussi la dangerosité d'un détenu pendant le temps de son procès pour éviter d'avoir une déception comme nous, on l'a eue aujourd'hui, avec cette rétention de peine, la rétention de sûreté, qui n'a pas été retenue lors du verdict.
Et dans le volet prévention, quelles mesures souhaitez-vous mettre en place ?
Et dans le volet prévention, pour les enfants, il y a plusieurs étapes. C'est déjà d'expliquer aux enfants ce qu'un adulte a le droit de faire, n'a pas le droit de faire, mais aussi expliquer où l'enfant peut parler, comment il peut parler. Il y a aujourd'hui des enfants qui ont parlé chez nous. Il y en a un qui ont vu des professionnels de santé, des psychiatres, des psychologues, parce qu'ils avaient des souvenirs ou des choses qui étaient ancrées en eux. Mais ils n'ont pas été entendus. Et ça, c'est aussi travailler avec les professionnels de santé pour être en capacité, ou les professionnels de l'enfance, pardon, pour être en capacité de comprendre les messages que disent les enfants.
Un enfant ne vous dira pas, j'ai été violé. Il va utiliser d'autres mots, donc il faut pouvoir les entendre. Et vous demandez aussi une commission interministérielle. Pourquoi ? Ça servirait à quoi ? En fait, nous, aujourd'hui, on le fait avec nos moyens de citoyens. C'est qu'on souhaite que l'ensemble de ces trois institutions, donc la haut-commissaire à l'enfance, le ministère de la Santé et le ministère de la Justice, se réunissent pour saisir une inspection générale de l'ensemble des institutions et des dispositifs mis en place pour remédier aux défaillances qui sont révélées dans notre dossier, mais dans plein d'autres dossiers.
Si on traite juste un endroit et pas l'autre, c'est mettre un bout de scotch d'un côté de la baignoire qui fuit, mais ça ne règle en rien le problème, puisque c'est quelque chose de global. Un enfant qui parle, mais on ne sait pas l'accompagner psychologiquement derrière, va être un enfant qui va continuer derrière à être détruit toute sa vie. Il faut aussi pouvoir l'accompagner dans son parcours de victime derrière.
Merci beaucoup Manon Lemoyne, porte-parole du collectif de victimes de Joël Lesquarnèque. Merci, vous êtes levé tôt pour être en direct avec nous ce matin, alors que vous avez rendez-vous tout à l'heure au ministre de la Santé. Je vous souhaite une bonne journée.