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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 19 novembre 2024 7 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Retrait de Nadal : "C'est difficile de passer de cette vie trépidante à quelque chose d'autre"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59OuverteRéponse directe

    C'est ça ce que ressent Raphaël Nadal aujourd'hui ?

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Il ne peut pas y avoir de soulagement quand on sait, notamment pour Raphaël Nadal, qui souffre depuis ultra longtemps, c'est forcément un moment délicat, douloureux à passer ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Et est-ce que les structures sportives, les fédérations notamment, anticipent, préparent, accompagnent les athlètes dans leur fin de carrière ?

  • 3:39OuverteRéponse directe

    Vous, comment vous les aidez, les sportifs, à passer ce cap ? Vous, c'est plutôt l'aspect psychologique ?

  • 4:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que physiquement aussi, l'adrénaline, c'est compliqué de s'en passer ?

  • 5:24OuverteRéponse directe

    C'est ça, généralement, d'ailleurs, la plupart du temps, il reste dans le monde sportif, de votre expérience, à vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:57InvitéFait
    « Il y a des personnes qui s'occupent justement d'aider les sportifs à préparer cette nouvelle vie. »
  • 3:09InvitéFait
    « la plupart des sportifs ne sont pas dans le cas du tennis au top niveau où les athlètes gagnent beaucoup d'argent. »
  • 5:30InvitéFait
    « Très souvent, c'est plutôt, il reste dans le monde sportif. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur36 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, Raphaël Nadal va peut-être disputer aujourd'hui le dernier match de sa carrière, sublime carrière époustouflante. Il est l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du tennis, 22 titres du Grand Chelem. Il espère remporter un ultime trophée cette semaine, la Coupe Davis avec l'Espagne, qui plus est devant son public à Malaga. Et après, il rangera les raquettes définitivement, il prend sa retraite et c'est souvent un saut dans le vide pour les sportifs de haut niveau. Et je reçois à ce sujet une psychanalyste qui connaît parfaitement cette problématique car elle travaille avec des sportifs. Bonjour Francisca Dose. Bonjour.

Vous êtes coach mentale de la performance, vous avez accompagné notamment Daniel Medvedev, numéro 1 mondial du tennis en 2022. Vous avez même travaillé pour la Fédération française de tennis, mais aussi les fédérations de cyclisme et de natation. Vous avez coaché de nombreux sportifs, kayakistes, pongistes, hockeyeurs, cyclistes. Je vais commencer par une citation, une déclaration. « Je suis mort à 32 ans, le 17 mai 1987 ». C'est ce que Michel Platini a déclaré le jour de son dernier match de foot. C'est ça ce que ressent Raphaël Nadal aujourd'hui ?

1:10
Invité

Alors, je ne pourrais pas parler à la place de Raphaël Nadal, absolument pas, ni faire une hypothèse sur ce qu'il ressent. Mais à propos de nombreux sportifs de haut niveau, c'est difficile effectivement de passer de cette vie trépidante à quelque chose d'autre, quelle que soit cette autre chose.

1:28
Présentateur

Il y a forcément des regrets, de la tristesse. Il ne peut pas y avoir de soulagement quand on sait, notamment pour Raphaël Nadal, qui souffre depuis ultra longtemps, il le dit, c'est son corps qui dit stop. C'est forcément un moment délicat, douloureux à passer ?

1:44
Invité

Alors, j'ai envie de dire sans doute les deux. C'est-à-dire qu'il y a sans doute et sûrement du soulagement, parce que c'est très sollicitant, pour toutes les raisons que vous avez évoquées. Mais je ne peux pas parler encore une fois pour Raphaël Nadal, mais pour de nombreux sportifs que j'ai pu voir, oui, en effet, c'est à la fois et soulageant et difficile et triste. Il y a un renoncement à toute une vie, à tout un engagement, à une discipline quotidienne, à toute une façon de penser, de diriger sa vie vers un seul objectif. Et tout à coup, tout s'arrête et en même temps, il est difficile de penser à préparer cet arrêt-là, même si avec certains athlètes, on essaye de le faire.

Mais pour ceux qui sont au très haut niveau, préparer la transition, préparer le fait d'aller vers une autre vie alors qu'ils sont encore engagés dans la compétition, c'est très difficile. Et au moment où ça arrive, c'est ambivalent, en fait.

2:40
Présentateur

Je dirais plutôt qu'il y a une ambivalence. Et est-ce que les structures sportives, les fédérations notamment, anticipent, préparent, accompagnent les athlètes dans leur fin de carrière ?

2:49
Invité

Alors, vraiment, ça dépend des fédérations. Mais en tout cas, c'est un sujet qui a été pris au sérieux au sein de l'INSEP. Il y a des personnes qui s'occupent justement d'aider les sportifs à préparer cette nouvelle vie. Mais j'ai envie de dire que c'est surtout préparer par des études qu'ils font tout au long de leur carrière pour ceux qui le peuvent. Préparer aussi parce que la plupart des sportifs ne sont pas dans le cas du tennis au top niveau où les athlètes gagnent beaucoup d'argent. Donc, ils sont engagés dans la vie civile, ils travaillent par ailleurs pour pouvoir compétiter. Donc, en fait, ce sont des exceptions, les sports où on gagne beaucoup d'argent.

Donc, ils sont déjà engagés dans un autre processus, même si ce n'est pas le processus de choix premier, en fait.

3:32
Présentateur

Donc, il y a l'accompagnement professionnel, vous le disiez, avec des reconversions, ils suivent des études, il y a l'accompagnement financier. Et vous, comment vous les aidez, les sportifs, à passer ce cap ? Vous, c'est plutôt l'aspect psychologique ?

3:45
Invité

L'aspect psychologique, oui, mais c'est surtout de les aider à faire la balance entre « je vais m'arrêter dans un an, je vais m'arrêter dans quelques mois, je vais m'arrêter dans deux ans ou je m'arrête à la fin du mois ». Et ça peut être pour plusieurs raisons, il peut y avoir effectivement le ras-le-bol, le burn-out, mais il peut y avoir aussi la blessure et il peut y avoir aussi un arrêt brutal pour diverses raisons. Et donc, les accompagnements ne sont pas de même nature quand on est arrêté brutalement ou quand on sait que, bon, on arrive à la fin d'un cycle. Et donc, oui, c'est un accompagnement à la fois sur le fond et aussi sur la forme. Comment faire ça ?

4:27
Présentateur

Et qu'est-ce qui manque le plus ? Vous le disiez, il y a le fait d'être au centre de l'intérêt, d'avoir cet objectif, cette vie focalisée sur un seul objectif. Est-ce que physiquement aussi, l'adrénaline, c'est compliqué de s'en passer ?

4:39
Invité

Oui, c'est toujours dans cette ambivalence. C'est-à-dire que d'un côté, c'est un soulagement de relâcher le corps et de l'autre côté, le corps est habitué à être très, très entraîné parce qu'on n'imagine pas, mais finalement, tout l'esprit et tout le corps est dirigé vers cette action, vers ces objectifs. Donc, oui, du jour au lendemain de l'arrêter. Alors, il y a des sportifs qui, pendant un certain temps, arrêtent et puis il y en a d'autres qui continuent, c'est-à-dire que ce n'est plus au même niveau, mais qui continuent parce que c'est difficile d'arrêter une machine. Enfin, quand je dis une machine, c'est une façon thématique de dire.

5:14
Présentateur

Oui, et d'ailleurs, il y en a qui restent dans leur sport, qui deviennent entraîneurs, dirigeants de clubs, il y en a même qui changent de sport. Il y en a qui font des comebacks. On a vu Mike Tyson, là, qui va remonter sur un ring. C'est ça, généralement, d'ailleurs, la plupart du temps, il reste dans le monde sportif, de votre expérience, à vous ?

5:29
Invité

Très souvent, oui. Très souvent, c'est plutôt, il reste dans le monde sportif. Et oui, parfois, il y a une difficulté d'arrêter complètement le sport, remonter sur le ring. Alors, je ne veux pas émettre d'hypothèse, mais parfois, il y a quand même un peu de pathologique dans le fait de ne plus pas pouvoir du tout renoncer. C'est-à-dire que c'est différent de rester dans le sport ou de remonter sur un ring. Mais en même temps, c'est une telle passion et ça a constitué quand même le maximum de leur vie jusqu'à maintenant. Donc, c'est vraiment quelque chose qui est très délicat. C'est très difficile.

Il faut avoir peut-être un environnement très soutenant, très accompagnant, je veux dire, sur la vie privée, dans la vie privée. Et on voit malheureusement quelquefois des sportifs de haut niveau en effet tomber dans la dépression, l'alcool, la difficulté de pouvoir l'excès dans un autre sens parce qu'ils ne sont pas accompagnés, parce qu'ils n'ont pas un environnement soutenant qui les aide aussi et qui les motive et qui leur donne de la motivation aussi à exister autrement.

6:31
Présentateur

Merci beaucoup pour votre éclairage, pour votre expertise. Francesca Dose, vous êtes psychanalyste, coach mental de la performance et vous étiez l'invité du 5-7.

Retrait de Nadal : "C'est difficile de passer de cette vie trépidante à quelque chose d'autre" · Pourquijevote