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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 29 avril 2026 6 minContradictoireActualité / polémiqueSécurité

Mali : "Une guérilla, c'est extrêmement difficile à combattre pour une armée traditionnelle", dit Anna Sylvestre-Treiner

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36InvitéFait
    « Non, c'est difficile à croire. »
  • 0:57InvitéPromesse
    « On se demandait un peu où il était et puis s'il serait en capacité de reprendre le pouvoir. »
  • 1:23InvitéFait
    « Et il nous a dit voilà, tout va bien, difficile cela dit de le croire. »

Temps de parole

  • Invité79 %
  • Présentateur21 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Il est 6h21, la junte au pouvoir au Mali a-t-elle les moyens de résister à l'offensive des djihadistes et des Touaregs après des attaques coordonnées ce week-end dans toutes les grandes villes du pays ? Les rebelles ont annoncé hier mettre en place un blocus de la capitale Bamako. Bonjour Anna Sylvestre Trener. Bonjour Mathilde, bonjour à tous. Vous êtes chef du service Afrique du journal Le Monde. Alors dans le même temps, il y a cette annonce du blocus ou cette volonté de mettre en place un blocus, mais il y a le chef de la junte, lui, qui dit que la situation est maîtrisée. Est-ce qu'on peut le croire ?

0:36
Invité

Non, c'est difficile à croire. Alors peut-être qu'il maîtrise la situation dans certains quartiers de Bamako, où il est réapparu hier. Ça faisait en fait 4 jours depuis ses attaques d'ampleur coordonnées inédites contre de très nombreuses villes maliennes qui avaient lieu samedi, qu'il était invisible à Simigoïta, le chef de cette junte. On se demandait un peu où il était et puis s'il serait en capacité de reprendre le pouvoir. On savait qu'il était vivant, on savait qu'il était sous protection de sa garde rapprochée qui est une garde turque en fait, de mercenaires turcs, mais est-ce qu'il serait en capacité de reprendre le pouvoir ?

Bon ben voilà, hier il est réapparu, il est allé rendre quelques visites et puis il est rapparu à côté d'un homme qui s'appelle Igor Gromyko et qui est l'ambassadeur de Russie au Mali. Et il nous a dit voilà, tout va bien, difficile cela dit de le croire. Bamako, c'est le dernier rempart pour le régime, si la capitale tombe, le pays tombe ? Oui, en général, quand une capitale tombe, un pays tombe. Par ailleurs, Bamako est au sud du Mali. Il faut imaginer ce pays, vos auditeurs doivent penser à un pays qui est extrêmement vaste, avec un nord. Il y a vraiment deux parties.

Exactement, et ces derniers jours, le Kidal, la ville du nord, une ville extrêmement symbolique, a été prise par le JNIM, ce groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda, allié aux indépendantistes du nord. Il faut se dire que Kidal, c'est quand même très très loin, c'est plus de 1500 kilomètres de Bamako. Donc il y a aussi des distances qui font que Bamako est comme ça, finalement plus difficile d'apprendre quand on prend le nord. Cela dit, les djihadistes sont très très proches de la capitale, et comme vous le disiez, à l'instant, ils sont en train, disent-ils, d'imposer un blocus. On va voir si ça va être effectivement le cas.

2:25
Présentateur

Et sur le manque de réaction des troupes maliennes le week-end dernier, qu'est-ce que ça dit aujourd'hui de la réalité, de l'effectivité du pouvoir et de la capacité de résistance de cette junte ?

2:36
Invité

Alors, l'armée malienne, ça fait très très longtemps qu'elle est en difficulté, et d'ailleurs, c'est pour ça qu'il y a quelques années, l'armée française était venue l'aider à faire face à sa demande. À la demande du pouvoir de l'époque. À la demande du Mali et du pouvoir, effectivement, d'une kundra de Traoré en 2013, appuyer l'armée malienne en nombre d'hommes, en capacité militaire, et qu'aujourd'hui, des mercenaires russes sont déployés à ses côtés. Cela dit, elle fait face à des groupes qui sont extrêmement difficiles à combattre. Et qu'on soit l'armée malienne, ou je crois, n'importe quelle autre armée, c'est difficile à combattre.

Parce que le JNIM, ce groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda, c'est une guérilla. Ce sont des centaines et des centaines d'hommes, un peu partout dans le pays, qui ne sont pas organisés comme une armée traditionnelle, et qui vont tout à coup se rassembler, attaquer une ville, puis se disperser. C'est extrêmement difficile à combattre pour une armée traditionnelle.

3:40
Présentateur

Et le soutien des Russes, est-ce que finalement, ça lui est d'une utilité ? Parce qu'on a vu que les paramilitaires russes se sortiraient finalement d'une partie du nord du pays. Ça ne semble pas un allié super efficace.

3:49
Invité

Alors, en ce moment, effectivement, comment dire ? On dirait que cette alliance est un petit peu incertaine. Il y a eu cet accord entre les indépendantistes du nord et l'armée, les mercenaires russes, pour qu'ils puissent quitter Kidal, cette ville qui vient d'être prise, quitter Kidal avec les armements. Et selon nos informations, ils ont quitté Kidal en laissant leurs alliés de l'armée malienne derrière eux. Effectivement, ça semble assez peu sympathique comme façon de faire. Et on voit, par exemple, sur les réseaux sociaux, sur des comptes russes de gens assez importants, que ça ne se passe pas extrêmement bien entre eux. Est-ce qu'ils leur sont utiles ?

Difficile à dire, 2000 hommes pour aller combattre une guérilla. Bon, cela dit, la junte au pouvoir au Mali dit que, oui, ils leur sont utiles et que leur partenariat va extrêmement bien.

4:47
Présentateur

Pour eux, pas de soucis. Et donc, avant, c'était avec la France qu'il y avait un partenariat et plusieurs milliers de soldats français sur le terrain. Aujourd'hui, non seulement il n'y a plus de relations, mais il n'y a plus de relais non plus français là-bas, sur place. Alors, effectivement, récemment...

4:59
Invité

On n'est plus qu'observateurs. Oui, récemment, les relations se sont extrêmement dégradées. En fait, en 2022, les autorités maliennes ont demandé aux Français qui avaient déployé des milliers de soldats au sein de l'opération, souvenez-vous, l'opération Barkhane, de plier bagage. Ça a été assez violent pour les Français, assez abrupt. Bon, tous ces soldats sont partis, ont pris leur baluchon, ont quitté le pays et donc les mercenaires russes sont arrivés. Cela dit, il y avait quand même une coopération, un tout petit peu de coopération entre les deux pays. C'est-à-dire qu'il y a toujours un chargé d'affaires français à Bamako. Aujourd'hui encore ?

Aujourd'hui encore, un représentant de la France à Bamako. Et il subsistait... La dernière chose, c'est une coopération en termes de renseignement. C'est souvent la dernière chose qui reste entre deux pays. Sauf qu'en août dernier, en août 2025, un agent de la DGSE qui était dûment accrédité au Mali a été arrêté par les Maliens et que depuis ce mois d'août 2025 et cette arrestation qui ne se fait pas entre services secrets, eh bien là, toute coopération a cessé. Donc, il n'y a plus de liens, mais du coup, ça veut dire aussi que Paris a moins d'informations sur ce qui se passe.

6:06
Présentateur

Oui, plus de relations et plus de relais, donc. Merci beaucoup, Anna Sylvestre-Trainer, pour votre analyse, pour votre éclairage sur cette situation préoccupante au Mali. Vous êtes chef du service Afrique du journal Le Monde. Maliens et plus de relais.

6:17
Locuteur

Musique