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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 8 octobre 2021 22 minAutoproduitFond programmatiqueCulture, médias & sportEurope & internationalInstitutions & élections

Échanges avec les acteurs impliqués dans la restitution des biens culturels africains.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on fait pour la jeunesse africaine ignorée ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Les restitutions doivent-elles être une réparation concrète ?

  • 11:00FerméeRéponse partielle

    Question refusée sur l'art contemporain

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Intervenant non identifiéFait
    « Ce que nous essayons, nous, de faire, notamment avec l'exposition Memoria que nous avons conçue dans le cadre de la saison Africa 2020 »
  • 5:00Intervenant non identifiéFait
    « Il faut en profiter, on ne va pas se gêner ! Ce que je voudrais dire, c'est que là, on parle de collaboration muséale »
  • 8:00Naky Sy SavanéChiffre
    « L'Afrique, c'est 70 % de jeunesse, qui est ignorée »
  • 11:00Président françaisFait
    « On a demandé un travail scientifique et académique à Madame Savoy et Monsieur Sarr »
  • 12:00Président françaisPromesse
    « On va le faire aussi avec la Côte d'Ivoire »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Si vous me le permettez, je vais vous expliquer justement l'importance de la diaspora, qui pour moi agit comme une courroie de transmission. Avec mon associée, Céline Seror, nous avons une agence de production culturelle, et nous prônons la transculturalité : comment, d'une culture à l'autre, on va pouvoir s'intéresser à l'une et à l'autre des cultures ? Par rapport à tout ce qui s'est dit tout à l'heure, il y a un mot qui n'est pas arrivé.

On a parlé de collaboration, de coopération, en fait, ça s'appelle de la collaboration intelligente. L'intelligence collective, c'est la manière dont on va pouvoir utiliser le meilleur de chaque partie dans un but commun. C'est ce que nous essayons, nous, de faire, notamment avec l'exposition Memoria que nous avons conçue dans le cadre de la saison Africa 2020, dans le cadre du focus, et qui constitue pour nous un ensemble de contenus.

Ce n'est pas seulement une exposition, ce n'est pas seulement un contenu curatorial, c'est également un contenu pédagogique, qui peut être aussi lié à de la professionnalisation. Et pour nous, il n'est pas envisageable de ne pas partager ce contenu sur le continent même. C'est très important pour nous !

Donc nous avons développé trois volets. Le premier volet, c'est effectivement le volet curatorial, l'exposition en elle-même. Ensuite, il nous faut absolument un volet lié à l'éducation et à la pédagogie.

Et puis un volet lié à la professionnalisation. On en a parlé tout à l'heure : professionnaliser, fédérer les savoir-faire et faire en sorte que les professionnels, d'un côté et de l'autre, puissent échanger et améliorer leurs pratiques, etc. J'aimerais y ajouter quelque chose, puisque Monsieur le Président est juste à côté de moi.

Il faut en profiter, on ne va pas se gêner ! Ce que je voudrais dire, c'est que là, on parle de collaboration muséale, surtout quand on parle d'art contemporain, il s'agit d'écriture et de conservation d'une histoire de l'art. Et quelque part quand même, il faut l'avouer, et ayant participé à ce rapport qui a été commandé par vous, Monsieur le Président, un de mes grands soucis a toujours été le soin.

On ne parle pas assez de soin. Le soin, qu'est-ce que ça veut dire, quand on parle de collaboration muséale, quand on parle de considération, même humaine ? Le soin, ça veut dire prendre conscience qu'on fait partie d'un grand ensemble et d'une grande histoire qui est liée.

Et l'Afrique est mariée avec la France, un mariage forcé, quand même, depuis au moins 500 ans. Donc dans ce mariage forcé, au bout de 500 ans, nous sommes encore là aujourd'hui à discuter de possibilités de collaboration. Je trouve que c'est quand même grave !

C'est grave, parce que ça veut dire que le travail qui devait être fait depuis des décennies, ou même des siècles, n'a pas été fait. Et pourquoi n'a-t-il pas été fait, c'est sur ça que l'on va revenir par rapport au soin ? Il n'a pas été fait parce qu'il y avait un manque de considération.

Et il continue à y avoir un manque de considération ! Et je reste dans mon domaine, qui est le domaine de l'art contemporain, le domaine de la création, de la création d'institutions et d'organisations culturelles sur le continent. Aujourd'hui, certes, je suis au Zeitz Mocaa en Afrique du Sud, mais avant, j'étais à Dakar.

J'ai créé Raw Material Company. Ma collègue et amie tient un magnifique ouvrage. Je vais te laisser en parler, d'ailleurs.

Ce que je veux dire, c'est que les collaborations, comment se font-elles ? Elles ne se font pas comme ça, ex nihilo, elles se font par intérêt. Quand je parle d'intérêt, c'est connaissance, proximité, recherche, comment dit-on ça ? approche, si vous voulez.

Donc si, dans le domaine de l'art contemporain aujourd'hui, Pompidou, depuis 6 ans avec Alicia, fait un effort reconnaissable et remarquable, certes, ce n'est pas normal qu'au 21ème siècle, en 2021, on en soit encore à parler de ça. Je tiens à vous le dire, parce que c'est ce que je pense et parce que, quelque part, malgré la saison Africa 2020, à laquelle je n'ai pas pu participer parce que je n'étais pas ici et pour plusieurs autres raisons, je pense qu'il est absolument urgent de travailler sur le soin. Notre imaginaire a été violé.

Il continue de l'être. On doit le panser, et récupérer cet imaginaire, d'une certaine manière, et le partager avec le monde. Donc, si, c'est important !

On va entendre Monsieur le Président, si vous le voulez bien. On aimerait vous entendre, à présent. Merci beaucoup !

Je partage ce qui a été dit, mais je pense qu'il faut aussi qu'on se mette tous dans une dynamique. Parce que, vous l'avez dit, il y a tout ce qui s'est passé. Vous avez parlé de ce mariage forcé et de ces décennies peut-être de temps perdu, en tout cas de moments où on n'a pas su réengager.

Mais ne faisons pas non plus en sorte de nous réengager dans une aventure commune où en quelque sorte on n'arrive jamais à réavancer. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut oublier ce qui a été fait, ce n'est pas du tout ce que je dis, mais il faut essayer de regarder de bonne foi de part et d'autre, d'avancer et d'engager dans quelque chose. Certes, je ne vais pas encore vous interrompre...

Mais allez-y quand même ! Certes, on ne reste pas sur les blessures, parce que je pense qu'il y a plusieurs générations d'Africains qui ont complètement rompu avec ces allégeances, avec ces stigmatisations. J'en fais partie.

Je ne suis pas dans la blessure, mais je suis dans le réalisme quand même. On est là sur ce plateau, que vous avez bombé, d'ailleurs, à parler de coopération muséale, et surtout dans le contexte de l'art contemporain. Pompidou est là, et d'autres musées sont là.

Combien d'artistes africains ont été montrés, ne serait-ce que ces 10 dernières années, en France ? Presque rien ! Ce que je veux dire, c'est qu'il est question vraiment de volonté politique.

On va demander à N'Goné Fall de vous envoyer le catalogue de la saison Africa 2020, parce que ça ne rattrape pas les années, moi, ça ne fait pas 10 ans que je suis là, mais j'ai pris des engagements à Ouagadougou à la fin de l'année 2017. Si on parle de la relation artistique, je vais essayer de défendre ce qu'on est en train de faire. Je ne dis pas que ça efface tout, mais si on reste dans le face à face ou le dos à dos, on n'avancera jamais.

Qu'est-ce qu'on a fait depuis l'engagement qu'on a pris à Ouaga fin 2017 ? Premièrement, on a demandé un travail scientifique et académique à Madame Savoy et Monsieur Sarr. Ils l'ont fait sur cette base-là.

On a commencé le travail des restitutions, et il va se poursuivre. Á la fin du mois d'octobre, grâce au travail qui a été fait, on va rendre 26 trésors d'Abomey au Bénin. Le Président du Bénin sera là.

C'est donc un travail de restitution, et en même temps de vraie coopération scientifique et artistique qui a été fait avec le monde scientifique de part et d'autre, avec un investissement de l'Agence française de développement pour de la formation scientifique, pour qu'aussi ces œuvres soient accueillies dans de bonnes conditions. C'est un premier chantier, mais on va continuer. Emmanuel est engagé pour le Musée du Quai-Branly, et je vois d'ailleurs toutes les institutions culturelles qui sont présentes ici, que je remercie.

Donc on l'a fait avec le Sénégal, on le fait avec le Bénin fin octobre. On va le faire aussi avec la Côte d'Ivoire. Et on va le faire à chaque fois dans cet esprit-là, qui est celui qui a été proposé et sur lequel je veux qu'on continue d'avancer.

C'est la première chose, et je pense que c'est très important, parce que par rapport à ce que vous disiez, c'est comment permettre à des pays africains, à une jeunesse africaine, à des artistes africains, de retrouver leurs trésors, il y a des critères, tout cela est scientifiquement regardé, et de reprendre en quelque sorte possession d'une partie de leur histoire, mais de le faire aussi de telle sorte, et c'est le deuxième point auquel je tiens : qu'il puisse y avoir un universalisme et un dialogue artistique. Je pense que c'est très important qu'il y ait aussi des œuvres d'art africaines qui soient dans nos musées, qu'il y ait de grandes œuvres européennes qui soient dans les musées africains, et qu'il y ait cette circulation des savoirs, cet universalisme qui s'installe. C'est aussi pour ça que, au-delà du projet de restitution qu'on va continuer, le Bénin, la Côte d'Ivoire et tout ce travail, le deuxième sujet auquel je tiens beaucoup, c'est par exemple ce qui a été fait entre Dakar et le Musée Picasso, qui est aussi une très belle initiative.

C'est de permettre la circulation de ces imaginaires, d'avoir un vrai universalisme, et, vous l'avez très bien dit, une considération et une connaissance réciproques. Le constat que vous faites, si je ne le partageais pas, je n'aurais pas décidé de lancer la saison Africa 2020. Vous avez une de vos confrères, N'Goné Fall, qui a passé pendant 40 mois jour et nuit avec les représentants et les dirigeants d'institutions culturelles ici présentes pour pouvoir, non pas simplement aider la création, mais faire que des artistes africains, jeunes ou moins jeunes Africaines, Africains venant de tous les horizons linguistiques, puissent créer et exposer dans les plus grandes institutions parisiennes.

On les a vus, ils ont été découverts...

Et en régions ! Et en régions, vous avez parfaitement raison, parce qu'il y a des quartiers généraux qui ont été faits partout à travers le territoire. Il y a des actes de création qui ont commencé.

Il y a du scientifique, du culturel, de l'éducatif. Et on va continuer ce travail. Et pour beaucoup, ça a été une découverte.

Mais vous avez raison, et ce que je veux vous dire, c'est que je voudrais convertir votre énergie que je connais en énergie positive. Elle est très positive, Monsieur le Président ! Ce que je veux dire par là, c'est que si je pensais que tout a été bien fait depuis 50 ans, je n'aurais pas fait ça.

Mais on ne peut pas me renvoyer, à chaque fois qu'on avance d'un pas, tout ce qui a été mal fait 40 ans avant. Donc allons-y tous ensemble : les restitutions, la coopération scientifique et la création contemporaine. Mais on dit qu'on n'a juste pas envie de retomber dans ce qu'on faisait mal avant, parce qu'on a appris de ça.

Mais allons de l'avant ! Ça doit entrer dans le quotidien des professionnels dans cette institution. Ça, c'est vrai !

C'est ça, mon propos, que ce ne soit pas un moment clé ou un moment focal, que ça entre dans une habitude de penser, que ça entre dans une habitude de traiter, que ça entre dans une habitude de recherche et de coopération, et que ça ne soit plus un acte spécial. C'est ça, la question ! Je partage totalement.

Mais ça vaut aussi pour ce qu'on fait ici et ce qu'on va faire dans tous les champs. C'est-à-dire que c'est pour moi une méthode nouvelle que l'on doit enclencher, où les uns et les autres apprennent à se, j'aime bien votre terme, considérer, c'est-à-dire à penser que l'un et l'autre est important pour pouvoir avancer et construire son chemin, au fond se regarder mutuellement différemment, et se raconter différemment. Et moi, ce qui m'a importé dans cette saison, ce qu'ont fait N'Goné et tous les artistes, chacun et chacune avec sa sensibilité et son expression, ce qu'ont fait les scientifiques ou les jeunes et les éducateurs, c'est aussi d'apporter un regard, une méthode, mais de commencer quelque chose.

Et ça doit se poursuivre. Pour moi, ce travail va continuer. En effet, c'est que ça ne s'arrête pas là, qu'on ne dise pas : la saison est terminée, le sommet est terminé, bon retour chez vous et tout va bien.

Non ! C'est aussi pour ça que, dans tout le travail de restitution, je le dis là parce que c'est important, et c'est un sujet qu'il faut qu'on continue à travailler, la restitution, ce n'est pas juste se débarrasser d'œuvres et de dire : " Bon retour chez vous ! ".

Ce n'est pas vrai. Ces œuvres sont lourdes d'un passé, donc c'est un geste qui est fort, mais qui est une coopération scientifique. Moi, ça m'importe aussi qu'il puisse y avoir des œuvres européennes ou françaises qui soient en Afrique, et des œuvres importantes, et qu'on puisse continuer à avoir des œuvres importantes, africaines, contemporaines et passées, mais qu'elles soient reconnues, préservées et considérées comme il se doit, et que tout ce travail de création qui vous est si cher, ce soit cette circulation, ce dialogue permanent.

Je suis profondément convaincu de ça. Je sais le projet auquel vous tenez, d'ailleurs j'y suis ouvert, on va en parler tout à l'heure, du " 1 % culturel ". Ça correspond à ça.

C'est de se dire on a besoin...

Le milliard de l'art, ce n'est pas le " 1 % " ! On va jouer à cache, tout à l'heure, vous et moi. On va continuer.

Moi, je me permets de vous interpeller aujourd'hui. Faites-le. Attendez, je pense qu'ils ne vont pas vous entendre, je vais vous passer mon micro.

Merci beaucoup. Je m'appelle Naky Sy Savané. Je suis comédienne et tête d'affiche du cinéma africain, activiste et féministe.

Je suis là aujourd'hui pour parler de la jeunesse, de nos enfants. Vous savez, la moitié de l'humanité a toujours été ignorée dans le développement. Je parle des femmes.

Qu'est-ce qu'on est en train de faire, maintenant ? l'Afrique, c'est 70 % de jeunesse, qui est ignorée. Moi, je n'en peux plus de voir toute cette jeunesse qui accourt ici, qui meurt toujours dans la mer.

La mer elle-même n'en peut plus, elle les déverse tout le temps. Alors, moi, je ne vous dis pas de nous aider parce que nous nous aidons. C'est une coopération. l'Afrique est riche.

Si vous voulez que nous avancions, il faut qu'il y ait de la place pour la jeunesse. La jeunesse africaine est intelligente. Alors, il faut que les fonds que vous avez donnés soient donnés aux gens qui travaillent.

Je me réjouis aujourd'hui de ce sommet qui pour une fois peut voir la jeunesse ici, des femmes comme moi en train de parler, et qui vous disent vers où il faut diriger cet argent. Merci beaucoup. Merci beaucoup.

Désolée, ce n'est pas vraiment l'endroit pour poser cette question, probablement. Je suis du Nigéria et je travaille à l'ambassade du Nigeria en France. Nous avons beaucoup parlé de la restitution des œuvres d'art africain, mais c'est une réparation.

C'est une conversation pour les Africains, pour que les œuvres d'art africain qui ont été volées sur le territoire africain, soient rendues. Et il y a beaucoup de biens qui ont été pris par les gouvernements européens et qui représentent mon histoire. Maintenant que vous avez commencé ce processus de restitution, il ne faudrait pas que ce soit simplement des mots politiques.

Il faudrait que, réellement, vous fassiez ce que vous avez promis. Merci beaucoup. [INAUDIBLE] que vous sur la jeunesse, et c'est ce que l'on essaie de faire de plus en plus.

D'abord, les parlementaires ont voté une augmentation de l'investissement solidaire, et on le fait de plus en plus vers la jeunesse, avec des projets qui viennent du terrain, et en particulier un engagement pour l'éducation des jeunes filles, qui est un sujet crucial. Toute l'Afrique de l'Ouest aujourd'hui a des victimes avant tout de l'insécurité, du terrorisme, de l'obscurantisme, qui sont les jeunes filles qui sont privées d'école dans trop de pays. On va continuer à le faire, et ce n'est pas encore assez, mais je partage ce que vous avez dit sur le fait que c'est une coopération.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a tous besoin que la jeunesse africaine réussisse. Donc merci de l'avoir porté avec beaucoup de force. Sur ce que vous dites, d'abord le sujet du statut des œuvres d'art.

Je parle devant une assemblée qui est beaucoup plus compétente que moi, donc je serai très prudent, le sujet des œuvres d'art qui ont été substituées à la jeunesse africaine est plus complexe que vous voulez le dire, surtout dans un pays comme le vôtre, que je connais bien, où une partie d'ailleurs de ceux qui étaient censés, au nom des Nigérians, les protéger, ont bien souvent organisé eux-mêmes le trafic et la sortie des œuvres d'art de votre pays. Vous venez d'un pays où le problème n'a pas été tellement des missions qui ont pillé les œuvres d'art, mais où ce sont souvent des conservateurs nigérians, il y a plusieurs décennies, qui ont organisé la sortie pour se faire payer ces œuvres par d'autres. Il y a aussi eu un trafic africain.

Il faut aussi qu'on soit tous honnêtes avec nous-mêmes. Il y a eu du pillage colonial, c'est tout à fait vrai, et là, il doit donner lieu à restitution. Quand vous dites réparation, au fond, j'aime bien la formule que vous avez utilisée : on doit permettre à la jeunesse de se réapproprier son passé, ses œuvres d'art.

Il y a eu d'autres cas où ça a été des coopérations scientifiques, des missions. Là, ces œuvres ont circulé différemment. C'est qu'aussi des Européens ont voulu les connaître, les comprendre, les ont ramenées, ont permis de construire un universalisme et ont contribué à changer le regard sur l'Afrique.

Et ces œuvres ont à ce moment-là circulé d'une autre manière, ce n'était pas du pillage. Et puis il y a eu du pillage africain, sur les œuvres d'art africaines. Ça a aussi existé contre de l'argent. [INAUDIBLE] de cette affaire.

On s'en sort en restituant ce qui a été sorti d'une manière inacceptable. Premier point, les restitutions. C'est pour ça que c'est un travail aussi scientifique et historique.

Deuxièmement, en mettant en place de la coopération scientifique, muséographique, pour que ce soit conservé dans de bonnes conditions et que les choses puissent justement être réappropriées par la jeunesse de chaque pays. Vous voyez bien que ce que l'on veut aussi collectivement, c'est ne pas renationaliser chaque passé en quelque sorte. Je pense que ce qui est important pour vous : c'est de vous réapproprier les différentes cultures nigérianes et que vous puissiez avoir, dans des grandes institutions et des grands musées, des statues Nok ou de l'art Igbo, du Yoruba, etc.

Mais vous avez aussi envie d'avoir la création contemporaine nigériane. Je pense que c'est important que vous puissiez voir d'autres cultures africaines et avoir dans vos musées de l'art gréco-romain et des pièces européennes, contemporaines ou modernes. C'est ce à quoi on doit arriver.

Je pense que ce que nous devons à l'Afrique, c'est de réussir, c'est pour ça que je regardais avec curiosité ce qu'est le Musée africain du 21ème siècle, de réussir à bâtir un universalisme en Afrique. Il n'y a pas d'universalisme si on ne sait pas d'où on vient et si on ne comprend pas sa propre culture. C'est ça qu'on doit restituer.

Mais on ne doit pas en même temps rebâtir des fermetures. Donc ça doit être de la coopération, de la circulation, un modèle universel, et permettre le dialogue permanent des créations contemporaines. Ça, je pense que c'est très important, je partage ce qui a été dit.

Moi, j'ai juste une question pour vous, mais on me le refuse alors que c'était notre panel sur l'art contemporain. On va continuer évidemment notre panel. Vous voyez, Monsieur le Président, jusqu'ici, je tenais relativement bien cette salle, n'est-ce pas ?

Quand je leur disais d'applaudir, ils applaudissaient. Quand je leur disais : Nous prenons les questions, ça se faisait tout seul. Depuis que vous êtes arrivé, plus personne ne m'écoute !

Merci beaucoup, merci beaucoup. Et nous allons continuer surtout le débat et l'atelier. Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Á tout à l'heure, merci beaucoup.