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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 6 octobre 2022 44 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploiNumérique

Ouverture du Big 2022 de Bpifrance par le Président Emmanuel Macron.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronChiffre
    « On a réussi à faire baisser le chômage, on a créé près d'un million et demi d'emplois nouveaux, le chômage des jeunes n'a jamais été aussi faible depuis le début des années 80. »
  • 3:30Emmanuel MacronChiffre
    « On a réussi, à côté de ça, collectivement, à créer plus d'entreprises, ce qui est une formidable force. Il y a ce million d'entrepreneurs et d'entreprises créées chaque année. »
  • 4:00Emmanuel MacronChiffre
    « On est passé de levées de fonds qui étaient de 2 milliards et demi en 2017 à 11 milliards et demi en 2021. »
  • 4:30Emmanuel MacronChiffre
    « On a collectivement réussi à développer vingt-sept licornes. »
  • 4:50Emmanuel MacronChiffre
    « On a 138 000 entreprises qui exportent partout dans le monde et qui tirent le pays. »
  • 7:30Emmanuel MacronChiffre
    « La France consommait, comme vous le savez, beaucoup moins de gaz dans son mix pour produire de l'électricité. En Européens, la Russie représentait 41 % du gaz dont on avait besoin le 24 février. Aujourd'hui, c'est 7,5 %. »
  • 17:00Emmanuel MacronPromesse
    « On va baisser la CVAE, qui pèse au-dessus de la marge et qui empêche d'investir. »
  • 18:00Emmanuel MacronFait
    « On va continuer de bâtir un écosystème qui investit dans le risque. Ce qu'on a réussi à faire avec les fonds Tibi, leur généralisation à l'Europe et le développement de notre écosystème. »
  • 19:00Emmanuel MacronPromesse
    « On regarde les compétences dont on a besoin sur nos territoires, en lien en particulier avec nos régions et nos entrepreneurs, et on propose des formations qui correspondent aux besoins. »
  • 27:00Emmanuel MacronChiffre
    « On a une quarantaine de projets de recherche pour 2 milliards et demi d'euros. »
  • 28:00Emmanuel MacronPromesse
    « On veut décarboner nos 50 grands sites industriels. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci Monsieur le Président, de nous faire l'honneur d'être là, à nouveau, fidèle au Big 2022. Monsieur le Président, vous avez plusieurs milliers d'entrepreneurs devant vous aujourd'hui. Emmanuel Macron a une demi-heure avec nous et un certain nombre de sujets à couvrir, donc je vais lui passer la parole très simplement.

Bonjour. C'est bien, je sens de l'énergie dans cette salle, comme chaque année. Je suis heureux d'être avec vous.

Alors, contrairement aux autres années, on ne peut pas faire l'échange habituel, qui est normalement une passe, pas d'armes mais d'échanges avec Nicolas et plusieurs entrepreneurs, ce qui nous permet généralement de nous tromper dans les prénoms, et ce qui nous vaut beaucoup d'ironie des uns et des autres. Heureux de vous retrouver et je vais ensuite, moi-même, devoir partir à Prague, parce qu'on va vers une autre métamorphose, la métamorphose européenne, et j'essaierai d'y revenir dans mon propos, parce que les temps de crise que nous vivons se prêtent justement à ces transformations. Alors, en étant là, d'abord, devant vous aujourd'hui, c'était un message de soutien et de constance de soutien, y compris quand les temps sont difficiles et incertains.

Et je le dis vraiment en remerciant, avec l'ensemble des ministres qui sont là, la BPI, le Big Tour, le Big et tous les entrepreneurs, partout en France, qui se mobilisent tout le long de l'année pour faire tourner notre économie, créer de l'activité, inventer de nouvelles activités et soulever l'énergie entrepreneuriale du pays. Donc merci à toutes et tous et à ceux qui font vivre Big et le Big Tour. Bravo à eux !

Merci à toi. Alors, nous avons collectivement un bilan qui est celui de la nation et des dernières années, et au moment où on se parle, aujourd'hui, on est plus forts qu'à la première édition du Big, parce qu'on a évidemment passé des tests, simplifié les choses, bougé, parce qu'il y a aussi eu une énergie collective et, au fond, une révolution culturelle qui s'est faite dans le pays. Nous avons toujours été un pays d'entrepreneurs, d'innovateurs.

C'est dans l'ADN de la France mais je dirais que ces dernières années, nous nous sommes collectivement révélés à nous-mêmes, et ce qui fait que les résultats sont là, malgré la crise Covid, malgré tout ce qu'on a traversé. On a réussi à faire baisser le chômage, on a créé près d'un million et demi d'emplois nouveaux, le chômage des jeunes n'a jamais été aussi faible depuis le début des années 80. On a réussi à relancer, plutôt à lancer, pour la première fois vraiment, l'apprentissage, on a mis fin à la destruction de l'emploi industriel dans notre pays, on en a recréé 50 000, on a réussi, à côté de ça, collectivement, à créer plus d'entreprises, ce qui est une formidable force.

Il y a ce million d'entrepreneurs et d'entreprises créées chaque année, qui est la dynamique sur laquelle on est lancés. Ça fait trois ans de suite que nous sommes le pays le plus attractif d'Europe, que nous sommes celui qui, à la fois crée le plus de start-up et les développe le plus vite et le plus fort, et on est passé de levées de fonds qui étaient de 2 milliards et demi en 2017 à 11 milliards et demi en 2021, et on a collectivement réussi à développer vingt-sept licornes, c'est-à-dire aller beaucoup plus vite et plus loin que les objectifs que j'avais fixés ici-même il y a quelques années, et on a 138 000 entreprises qui exportent partout dans le monde et qui tirent le pays. Je ne vais pas vous écraser de chiffres, mais c'est pour dire que quand on entend parfois, tous les jours, que tout va très mal, que ce serait une catastrophe, etc, il y a des choses qui sont dures, je vais y revenir, il y a des inquiétudes légitimes, mais il y a aussi une force extraordinaire, pas seulement à Paris, dans tout le territoire, Hexagone comme outre-mer, qui est la force entrepreneuriale française et qui est le fait de nos simplifications, d'une politique d'investissement massive, de transformations collective et de la révolution culturelle que vous portez.

Et ça, maintenant, c'est inarrêtable. Donc on a des résultats. Ils sont là, ils sont bons, on est plus forts.

Il y a un problème de court terme, je ne vais pas tourner autour du pot, c'est l'énergie, aujourd'hui. Donc autant l'aborder de manière directe. Ça pèse sur notre économie, ça pèse sur les ménages, ça pèse sur les entrepreneurs que vous êtes, et des TPE aux grands groupes, c'est l'inquiétude du moment, et c'est d'ailleurs une des choses qu'on va faire avancer, en Européens.

Ce sujet, il a plusieurs composantes. Je ne vais pas être trop compliqué mais d'abord, ça a commencé avant la guerre, si on est honnêtes avec nous-même, parce qu'il y a eu une reprise très forte de l'activité mondiale, donc ça a créé de la tension sur plusieurs marchés. Ensuite, il y a la guerre en Ukraine, déclenchée par la Russie, qui a complètement déréglé le marché mondial du gaz et qui a aggravé le problème sur le pétrole, et puis on a un problème français qui vient s'ajouter à ça et qui tombe au mauvais moment, c'est qu'on produit moins d'électricité qu'on ne devrait en produire.

Ça n'a rien à voir avec la guerre. C'est qu'on est dans un moment très difficile pour EDF, mais on fait le maximum, et j'ai confiance à la fois dans l'entreprise et tous ses salariés, pour qu'on passe ce cap, mais on a un moment difficile parce qu'on a vu des difficultés, des problèmes sur certains tubes, et l'Autorité de sûreté nucléaire les a soulignés, donc on a plus de centrales que prévu qui sont en maintenance. Tout cela crée, au même moment, un problème qui fait que le gaz coûte plus cher et l'électricité coûte plus cher, parce qu'on n'en produit pas assez chez nous, et il se trouve que nous avons une formule de prix européens qui fait que l'électricité qu'on paye est trop liée au gaz, alors même que nous, on a un modèle qui n'a rien à voir avec ça. "To make a long story short", comme on dit en bon breton.

Voilà la situation dans laquelle on est, ce qui fait qu'on a des prix qui s'envolent et beaucoup d'inquiétude, évidemment, chez nos compatriotes et, je le sais, pour beaucoup d'entrepreneurs que vous êtes. Alors face à ça, on a un plan, un cap et je vais essayer de vous donner des repères pour les prochaines semaines. On a un premier plan, qui est la sobriété, et je veux ici le rappeler parce que c'est aussi quelque chose qui est dans notre main.

Ça, ça ne dépend d'aucune règle européenne. Donc une règle française. La première ministre viendra cet après-midi avec les ministres compétents sur ce sujet mais c'est ce que chacun, comme particulier, comme entreprise, on peut faire, pour consommer un tout petit peu moins et pour, au fond, sauver de l'énergie.

C'est comme ça qu'il faut le valoriser. Et l'énergie qu'on sauve, c'est la moins chère, et ça ne veut pas dire produire moins. Je n'ai pas changé d'opinion là-dessus.

Ça ne veut pas dire aller vers une économie de la décroissance. Pas du tout. La sobriété, ça veut juste dire gagner en efficacité.

Et vous toutes et tous, qui traquez à chaque instant de votre vie d'entrepreneur les coûts cachés, tout ce qu'on peut faire pour produire mieux, de la meilleure qualité, produire encore davantage, mais en dépensant moins, ça, il faut accélérer, en quelque sorte, les efforts sur l'énergie. C'est ça, la bonne sobriété. Et donc là-dessus, c'est accélérer sur les petits investissements, en termes d'efficacité énergétique, et c'est avoir quelques mécanismes très simples pour réussir collectivement à diminuer de 10 % ce qu'on consomme d'ordinaire.

Je vous le dis très simplement, si la nation tout entière arrive à tenir cet objectif qui est purement volontariste, il ne faut pas de décrets, de lois, de choses compliquées, si on se mobilise tous pour le tenir, dans les pires scénarios, on passe l'hiver. C'est ce qui fait qu'on est maîtres de notre destin. C'est-à-dire que même s'il n'y a plus du tout de gaz qui arrive de Russie, ce qui est quand même le plus vraisemblable, vu ce qui s'est passé ces derniers jours, si on a un hiver très rude, si on se met à la cape sur la plupart des sujets, on passe.

Donc premier point, sobriété. Le deuxième, c'est le bouclier. Et là-dessus, et je tiens à le dire, parce que le Gouvernement, et à côté beaucoup de collectivités qui se sont mobilisées à nos côtés, ont pris des décisions dès le mois d'octobre 2021, pour protéger les Françaises et les Français et les entrepreneurs face, justement, à l'augmentation des prix.

On a réagi très tôt et d'ailleurs, quand vous entendez des grands chiffres, ailleurs en Europe, c'est que beaucoup sont en train de nous suivre et de nous rattraper. Mais depuis octobre 2021, on a mis en place un bouclier sur, en particulier gaz et électricité, qui fait que pour les ménages, pour les très petites entreprises, pour les plus petites collectivités territoriales, ces prix ont augmenté de 4 % là où ils auraient dû augmenter de 120 % si on avait laissé le marché fonctionner. Je le dis parce qu'on ne regarde jamais le voisin.

En tout cas, on ne le regarde que quand ça va que dans un sens, mais aujourd'hui, si vous étiez Allemands, Belges ou autre, comme ménages, comme petites entreprises ou petites collectivités territoriales, vous auriez des augmentations dix ou quinze fois supérieures de vos factures d'électricité et de gaz. C'est ça, la réalité. Donc ce bouclier a été mis en place, on le tient, on a mis, à côté de ça, des PGE Résilience, et je ne vais pas détailler plus avant tout le programme, mais c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, et tous les instituts le montrent, on a en moyenne trois points d'inflation en moins que nos principaux voisins et on est le pays de la zone euro qui a l'inflation qui est la mieux tenue aujourd'hui, ce qui est une protection pour nous tous et nous toutes.

En 2023, qu'est-ce qu'on va faire ? Parce qu'il faut qu'il y ait un cap. On va d'abord continuer ces mécanismes, et donc les ministres l'ont dit, on va passer une augmentation qui sera limitée, sur gaz et électricité, + 15 % pour les TPE, les petites collectivités locales, les ménages, avec là aussi des mécanismes de protection.

On va protéger, comme cela a été annoncé, les très gros consommateurs d'énergie, avec des dispositifs qui sont mis en place, et on est en train de les améliorer. Les ministres de l'Économie, des Finances et de l'Énergie l'ont annoncé hier, c'est ce qu'on négocie en ce moment avec la Commission. Donc, ce que vous connaissez, je vois plusieurs présidentes et présidents de région qui sont là, dans vos régions, on va l'intensifier pour protéger, justement, vos entreprises qui ont le plus besoin d'énergie, on va l'adapter pour simplifier ces mécanismes et ne pas attendre, par exemple, que certaines entreprises, je pense à des PME et ETI en particulier, où il y avait des critères, il fallait commencer à être à perte pour être aidés, eh bien on va le simplifier pour dire : dès que ça commence à trop peser sur vos marges, on a un mécanisme pour vous aider à payer l'énergie.

Donc là, les ministres ont détaillé le projet mais on va protéger nos producteurs pour, la même logique que quand on a eu l'épidémie, la même logique que depuis le début : ne pas laisser de casse économique et industrielle se faire dans un moment de [INAUDIBLE] très particulier, parce qu'on sait que la capacité qu'on détruit dans ces moments-là, on met beaucoup de temps à la rebâtir. Et donc, en 2023, on va poursuivre le bouclier pour les plus fragiles et pour les ménages, pour nos entreprises qui sont les plus fragiles, on va avoir des dispositifs d'accompagnement pour les entreprises qui sont les plus exposées, on est en train de les adapter, et on va continuer aussi d'avoir un système français qui a sa force. Je ne veux pas être trop technique, mais il y a ce qu'on appelle l'ARENH, qui est l'énergie qu'on produit grâce au nucléaire, avec des volumes qui sont sécurisés, et là-dessus, dans les prochains jours, on donnera les volumes, pour là aussi donner un cap et permettre de tenir les prix.

À côté de ça, donc ça, c'est les mécanismes de protection et le bouclier, pour protéger, on va aussi mettre plus de pression sur les fournisseurs et c'est ce que les ministres ont fait hier, en imposant à ces derniers de signer une charte. Je le sais, pour beaucoup d'entre vous, il y avait beaucoup et il y a encore beaucoup d'angoisse parce qu'il y a des fournisseurs d'énergie qui arrivaient avec des factures qui étaient parfois multipliées par 5, par 8, par 10. Je l'ai dit, je vais vous expliquer dans un moment pourquoi, ne signez pas, de toute façon, aujourd'hui, ces factures qu'on vous propose.

Ce n'est pas le bon moment. Ça va être le bon moment dans quelques semaines et je vais vous expliquer pourquoi. Mais indépendamment de ça, depuis hier, on a mis en place un mécanisme qui va vous permettre au moins deux choses.

La première : on impose à ces fournisseurs de signer une charte de bon comportement, c'est-à-dire qu'on a traqué ceux qui venaient matraquer, si je puis dire, les entrepreneurs, et qui, en quelque sorte, profitant de l'angoisse, leur disaient : "vous n'aurez plus d'électricité dans quelques mois, donc signez ça. C'est cinq fois plus cher, mais moi, je vous la garantis." Stop !

Charte de bonne conduite. Ça, ce ne sont pas des bonnes conduites. Et à côté de ça, chaque semaine, il y aura un mécanisme de transparence sur la réalité des bons contrats, pour qu'il y ait de la pression de marché, de la transparence de marché, ce qu'il n'y avait pas.

Mais surtout, le mois d'octobre va être mis à profit pour qu'au-delà du bouclier, on fasse baisser les prix. Et donc c'est pour ça que je vous dis : attendez la fin du mois d'octobre pour signer vos contrats d'électricité et de gaz, parce que les choses sont en train de changer et on va les bouger. Et c'est le troisième pilier, c'est l'action que nous menons, en Européens, pour agir sur les prix.

Alors je sais que maintenant vous êtes tous devenus des experts de l'énergie mais je ne veux pas vous assommer avec beaucoup de technicité, mais je vais essayer de vous expliquer ce qu'on fait. On a un premier combat qui est de baisser le prix du gaz. Ça, on va le faire comment ?

D'abord en nous organisant en Européens. Il se trouve que si, et c'est toujours pareil, si on reste égoïstes, nationalistes, nous serons idiots, parce que si chaque pays négocie pour lui-même, il reste petit sur le marché. Si on négocie en Européens, on pèse.

Les chiffres, pour que vous ayez une idée, l'Union européenne, ce sont les trois-quarts des achats par gazoducs, au monde, et c'est environ 20 % des achats de gaz liquéfié. Donc, si on décide de se mettre tous ensemble et de peser sur les prix, on vaut quelque chose et on pèse sur quelque chose. Il se trouve qu'on veut aussi le faire avec nos amis asiatiques, qui sont un peu dans la même situation que nous parce qu'on a la même condition : nous ne sommes pas producteurs, mais on est des gros acheteurs.

Là, on va négocier autour de la table, en particulier dans le G7 parce qu'on est tous des combattants pour la liberté, on est tous en train de dire qu'on veut mettre des sanctions sur la Russie et qu'on combat, mais on n'est pas tous dans la même situation. Il y en a qui produisent et il y en a qui achètent. Donc on va dire avec beaucoup d'amitié à nos amis américains et nos amis norvégiens : " Vous êtes super, vous nous fournissez de l'énergie et du gaz, mais il y a un truc qui ne peut pas marcher très longtemps, c'est qu'on ne peut pas payer, nous, le gaz quatre fois plus cher que vous ne le vendez à vos industriels, parce que ce n'est pas tout à fait ça, le sens qu'on donne à l'amitié." Donc certes, le marché n'existe plus totalement, mais on va essayer de revenir dans un couloir de prix qui retrouve du sens.

Donc on va peser sur les prix. À côté de ça, on soutient ce que la Commission a dit, on va essayer de mettre des plafonds, en tout cas des couloirs de prix, pour revenir vers des zones plus raisonnables. Premier élément sur le gaz.

Il y a une deuxième chose qu'on va faire sur le gaz, et ça on sait que ça marche parce qu'on a permis à l'Espagne et au Portugal de le faire depuis quelques mois, c'est ce qu'on appelle le mécanisme ibérique. Cela peut paraître complètement bizarre, je vais essayer de l'expliquer simplement. Comme c'est une péninsule et qu'ils avaient des problèmes particuliers, donc qu'ils avaient des risques de rupture, on leur a donné des règles un peu différentes, et ça marche assez bien.

Ce qu'on va faire dans les prochaines semaines, en tout cas nous, on soutient beaucoup ça et je pense que ça va être le boulot des prochains jours, on va convaincre les autres Européens, c'est mettre en place un système qui fait que le gaz qu'on utilise pour produire de l'électricité, on va lui mettre un plafond de prix. Cela permet de baisser, comme vous le comprenez bien, le prix de l'électricité produit et, du coup, ça emmène tous les prix du gaz à la baisse parce que ça donne des repères de prix. Donc ça va être notre deuxième mécanisme, la Commission l'a proposé.

Nous, on va beaucoup le défendre parce que c'est ce qui va permettre, si on travaille bien en Européens, entre cette semaine, les prochaines semaines pour la Commission et au plus tard le Conseil européen des 20 et 21 octobre, de baisser à la fois les prix du gaz et de l'électricité. À côté de ça, on va mettre des mécanismes de financement solidaire européen, comme on l'a fait pendant la crise Covid, pour éviter qu'on ait un marché européen qui explose dans cette crise. Au-delà de ça, on va finaliser pour la fin d'année la réforme du marché de l'électricité dont on a besoin.

Ça prend beaucoup plus de temps, donc c'est du moyen terme, mais le but c'est qu'on puisse l'annoncer entre décembre et janvier, c'est d'avoir un marché de l'électricité qui fonctionne différemment, et où on reconnaît que l'électricité qui est produite, comme chez nous, massivement à travers du nucléaire et du renouvelable, on la décorrèle des prix du gaz et qu'en quelque sorte on reconnaît qu'il y a plusieurs marchés de production électrique et donc que les formules de prix ne sont pas les mêmes. Voilà ce qu'on va faire au niveau européen. Donc, vous le comprenez, ce que je vous dis là ce n'est pas simplement la position de la France, c'est aussi ce que j'ai travaillé ces derniers jours avec l'Allemagne et avec la Commission européenne, ce que la Commission européenne a mis sur la table hier après-midi et qu'on va défendre.

L'idée, c'est que les prochaines semaines nous permettent de passer ces réformes. Si on œuvre bien sur ces sujets, cela veut dire que, d'ici à la fin du mois d'octobre, on aura d'abord un marché qui arrêtera d'aller dans tous les sens, et des prix qui vont revenir dans une zone beaucoup plus acceptable sur le gaz et l'électricité. Cela, plus la pression qu'on a mise sur les fournisseurs et les opérateurs ces derniers jours, me permet de vous dire que vous aurez des contrats qui seront plus raisonnables fin octobre début novembre, et il faut donc plutôt attendre cette période avec les mécanismes qu'on a mis en place pour signer.

Pardon de vous assommer avec des sujets techniques, mais voilà où on va. On est au boulot, en France et en Europe, pour apporter une réponse à cette crise et y aller. Après, pour vous donner le cap là-dessus, et ça va me permettre de faire le lien avec les métamorphoses, d'abord, 1, cette crise nous touche, mais elle touche surtout l'économie européenne qui est très imbriquée.

Elle touche beaucoup moins le modèle français parce que nous avons des forces historiques, notre nucléaire installé, on dépend beaucoup moins du gaz que les autres, et on a su aller très vite pendant cette crise. Je vous donne des chiffres très simples. La France consommait, comme vous le savez, beaucoup moins de gaz dans son mix pour produire de l'électricité.

En Européens, la Russie représentait 41 % du gaz dont on avait besoin le 24 février. Aujourd'hui, c'est 7,5 %, donc on a diversifié nos sources à une vitesse qu'on pensait impossible. Mais, les Allemands, c'était 80 % de leur gaz qui était russe, et nous, on avait besoin de très peu de gaz et c'était évidemment beaucoup moins de dépendance.

Cette crise, on doit, là aussi, en tirer toutes les leçons. Donc, au-delà des mesures de court terme que j'ai évoquées, elle conforte la stratégie qu'on s'était donnée pour nous-mêmes, qui fait que la France doit accélérer sa transition énergétique autour de trois piliers : sobriété et efficacité énergétique, c'est-à-dire améliorer et accélérer l'électrification de nos usages pour la mobilité, la rénovation thermique de nos bâtiments et l'effacement énergétique, tout ce qui nous permet de sauver de l'énergie. Premier pilier.

Ce qui fait qu'à horizon 2050, on veut environ baisser de 30 % la consommation d'énergie, par rapport à ce qu'on a aujourd'hui. Tout cela va nous conduire à avoir besoin de beaucoup plus d'électricité à horizon 2050, environ + 50 % de besoins en électricité. Donc il va nous falloir produire beaucoup plus d'électricité mais, si on ne veut pas dépendre, nous, notre cap, et c'est celui qu'on a défini depuis février, c'est une stratégie climat et une stratégie souveraineté.

La guerre en Ukraine a conforté cette stratégie française. Cela veut dire qu'en plus du premier pilier sobriété et efficacité, on a un pilier accélération du renouvelable et accélération du nucléaire. Pourquoi ?

Parce que les rapports de l'Agence internationale de l'énergie et de RTE ont très bien montré que le tout nucléaire ne marche pas, c'est trop lent et trop cher. Le tout renouvelable ne marche pas non plus parce que c'est beaucoup trop cher. C'est insoutenable socialement, en particulier parce que cela aurait une stratégie complètement folle sur l'éolien et c'est, là aussi, beaucoup trop cher et incertain technologiquement, en raison du fait qu'on ne stoppe pas une énergie intermittente, en tout cas que les technologies ne sont pas stabilisées.

Donc on va accélérer notre stratégie de renouvelables. On a commencé à lancer, vous le savez, pour six réacteurs + 8. On accélère aussi la transition et l'innovation en allant vers les SMR et l'innovation sur le nucléaire pour résoudre les problèmes, en particulier de déchets et de fermeture du cycle, et là-dessus on doit aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort.

On va augmenter notre capacité à améliorer la sûreté et la qualité et, à côté de ça, on va produire beaucoup plus de renouvelables. J'étais à côté de vous, Madame la présidente de Région, en Pays de Loire il y a quelques jours, pour inaugurer notre premier champ d'éolien en mer. On va le faire comment ?

D'abord en allant plus vite parce que, je le disais, on l'a inauguré à Saint-Nazaire, mais enfin il avait été lancé en 2010. Donc, si je vous dis qu'on va en faire plus, à ce rythme-là vous allez me dire il est sympathique, mais ça ne va pas nous régler les prochaines guerres, s'il y en a d'autres. Donc on accélère, c'est la loi qu'on va passer.

On simplifie et on planifie, en mettant de la visibilité d'investissement et des négociations beaucoup plus simples, et en bâtissant derrière une filière industrielle. Pour moi, c'est très important, c'est-à-dire qu'on change les usages et qu'on transforme notre système énergétique mais que, derrière, on ne répète pas l'erreur européenne faite dans la première génération des renouvelables où on importait le renouvelable qu'on déployait, c'est qu'on le produit. D'ores et déjà, aujourd'hui, on produit de plus en plus de composants de nos éoliennes en mer, au Havre, à Saint-Nazaire et dans plusieurs sites.

On produit l'hydrogène qu'on fait de ces renouvelables, je pense à Lhyfe, pour ne parler que d'une de nos startups qui est engagée sur cet hydrogène vert produit à partir de l'éolien en mer, et on produit de plus en plus des composants de nos panneaux solaires, et le nouveau solaire qui est beaucoup plus technologique et sur lequel on est compétitif. L'idée, c'est d'avoir une stratégie renouvelable, qui est de déploiement et de production d'énergie, mais aussi une filière industrielle à déployer. C'est le cap qu'on doit se donner sur l'énergie, pour ne pas revivre la crise qu'on est en train de vivre et, là aussi, en tirer toutes les conséquences.

Vous le comprenez, ça sera une des grandes métamorphoses pour le pays. Au-delà de celle-ci, et pour finir mon propos, puisque vous allez parler de métamorphose, la métamorphose est un changement qui fait toujours peur. C'est un vertige, et je pense que ça fait toujours peur à une chenille de devenir papillon.

Il se trouve que c'était prévu au programme génétique, mais c'est un formidable inconnu. Les temps que nous sommes en train de vivre sont des temps inconnus. Là, j'ai essayé de donner de la visibilité de court terme mais je pense que le thème est formidablement choisi, j'y suis pour rien donc je peux le dire, c'est ce que vous vivez dans vos entreprises et ce qu'on vit dans notre pays, mais c'est une formidable manière de penser les temps qui sont les nôtres, et c'est un antidote aux extrêmes, aux discours de haine et au repli.

Les temps que nous vivons font peur parce que, je le dis parfois, c'est le retour de l'impensable. On a vécu tous ensemble le Covid. C'était impensable, surtout pour tous les entrepreneuses et entrepreneurs que vous êtes.

Vous viviez dans un monde ouvert, on vous disait allez plus à l'export, boum ! Du jour au lendemain, on n'a pas le droit de prendre l'avion, on ferme et il y a des interdictions à l'export. On pensait vivre dans un monde de paix infinie.

Boum ! La guerre revient. On pensait, il y a quelques années, que les ressources, en particulier naturelles, étaient aussi infinies.

Là, la transition a été plus lente, mais elle est aussi brutale et on en vit les conséquences : l'effondrement de la biodiversité et la brutalité du changement climatique. Là aussi, on est sur ce qui était impensable il y a quelques années pour beaucoup d'entre nous. Face à ça, on peut se dire qu'on est dans un monde qui va s'effondrer.

C'est la première manière de réagir à l'impensable. C'est le repli sur soi et l'effondrement psychologique et collectif. Le modèle auquel on est habitué est fichu.

On se replie, et on se replie vers une forme de nostalgie parfois de ce qui n'a jamais été. Il y a une autre manière de faire, c'est la métamorphose. C'est de se dire tout change autour de moi mais, jusqu'à présent, on a collectivement réussi à faire face à tous ces changements, et des changements qui au fond ont parfois été aussi brutaux dans l'histoire de l'humanité.

On l'a fait comment, quand on regarde les leçons de l'humanité et les nôtres ? On l'a fait en mettant beaucoup d'intelligence collective en connexion, la Renaissance, les Lumières. On l'a fait en coopérant.

Donc c'est l'intelligence, l'innovation et la coopération, et c'est l'audace plutôt que le jeu sur la peur. Moi, j'essaie chaque jour d'être lucide et donc de partager ce que je sais des risques avec vous et avec tous nos compatriotes. Mais, être lucide, ce n'est pas avoir peur et se replier sur la peur, c'est de dire il faut qu'on change parce que ce n'est pas vrai qu'on peut continuer comme avant.

Mais ce n'est pas parce que ce monde fait peur qu'on doit se rétracter, se retourner vers le passé, s'effondrer ou s'enfermer. Il faut nous métamorphoser, comme certains l'ont dit pendant la crise Covid, nous réinventer. C'est ça, la métamorphose.

Oui, on va devoir collectivement nous réinventer. Mais en faisant quoi ? En gardant des fondamentaux de la compétitivité, parce qu'on est dans un monde où, si on n'est pas compétitif là, on sera battu par les autres.

Mais on doit aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort sur la décarbonation de notre économie, sur son innovation et sur sa capacité à coopérer. C'est comme ça que collectivement, en ayant un cap collectif pour la nation, on va démultiplier les initiatives individuelles sur le territoire, qui nous permettront d'inventer les bonnes solutions. Je crois profondément à cette métamorphose.

Comment on va la faire ? Être plus compétitif, on ne lâchera rien de ce qu'on a fait ces 5 dernières années, je vous le dis tout de suite. Je ne l'ai pas fait pendant le Covid, je ne le ferai pas davantage en temps de guerre ou après.

Ce qu'on a consolidé de résultats économiques, on va le garder. Donc on va continuer à simplifier les règles. On va continuer à avancer sur une stratégie claire et macroéconomique, pour avoir un tissu entrepreneurial plus fort.

C'est la base de la métamorphose. Donc baisse des impôts de production. On va baisser la CVAE, qui pèse au-dessus de la marge et qui empêche d'investir.

On va continuer de bâtir un écosystème qui investit dans le risque. Ce qu'on a réussi à faire avec les fonds Tibi, leur généralisation à l'Europe et le développement de notre écosystème, on va le renforcer. J'espère encore avoir plus de sorties sur Euronext et autres, pour pouvoir réussir à démultiplier les tickets.

À côté de ça, on va continuer de simplifier pour que, dans notre pays, on puisse produire et travailler davantage. S'appuyant sur ce qu'on a fait sur l'apprentissage, qui est un formidable succès et qu'on va démultiplier, nous allons, pour permettre cette métamorphose, complètement réadapter notre formation collective aux besoins de la nation : réforme du lycée professionnel et réforme de la formation professionnelle, avec quel objectif ? On regarde les compétences dont on a besoin sur nos territoires, en lien en particulier avec nos régions et nos entrepreneurs, et on propose des formations qui correspondent aux besoins, là où aujourd'hui, je vous le dis parce que c'est quelque chose de fou, 30 % de nos lycéens sont en lycée pro, 30 %, souvent ceux qui sont en difficulté et souvent, de manière injuste, ceux qui viennent des familles les plus modestes.

Aujourd'hui, de manière beaucoup trop importante, on a des formations qui ne débouchent pas assez sur des métiers parce qu'on n'a simplement pas adapté la carte des formations à la carte des besoins, mais simplement à la carte de ce qu'on savait faire. Donc on va faire cette révolution collective. Pareil sur la formation professionnelle.

On va évaluer ce qui marche et ce qui ne marche pas, et surtout les besoins qu'on a sur les 5 ou 10 années qui viennent, pour former aux bons endroits. il se trouve qu'on a besoin de chaudronniers et de codeurs, ce sont des métiers très différents, mais je pense qu'il faut former moins de gens en commerce international ou comptabilité générale. On connaît par cœur les formations qui ont parfois très peu de débouchés.

Il en faut, il y a des profs formidables et il y a des débouchés, mais on en forme beaucoup trop, et il faut former beaucoup plus en chaudronnerie, en codage et numérique et autres. Cela, on va le faire ensemble, de manière positive et apaisée, pour simplement dire qu'il faut réajuster les choses. À côté de ça, on va passer collectivement, j'espère de la manière la plus constructive et apaisée possible, les réformes qu'il faut pour que la nation travaille davantage, la réforme de l'assurance chômage et la réforme des retraites, parce que, quand on regarde nos voisins et qu'on regarde notre évolution démographique, on voit qu'une des ressources de la France, pour faire face à tous nos défis et pouvoir investir, c'est de produire davantage et donc d'accroître la quantité de travail dans le pays, en permettant à celles et ceux qui sont en âge de travailler, de retrouver un travail, et donc de passer de nos 7 % de chômage à 5 %, et donc au plein emploi, et de permettre aussi de travailler un peu plus longtemps en prenant en compte les métiers les plus difficiles, les carrières longues et les métiers qui sont les plus exposés, mais en se disant que, quand on vit plus vieux et qu'on veut continuer à investir pour la transition écologique et pour les grands services publics, il faut pouvoir produire un peu plus.

Je crois que c'est du bon sens. C'est le cap aussi, au-delà de ce que j'ai évoqué, sur lequel on va continuer et qui va accompagner cette métamorphose. Et il y a ce triptyque réindustrialisation, innovation et décarbonation.

Pour moi, c'est le cap de la métamorphose nationale sur les prochaines années, sur lequel il ne faut rien lâcher. La réindustrialisation, on l'a commencée. On doit maintenant l'accélérer très fortement.

Ces derniers mois, on a réussi à faire des choses grâce au travail collectif des réformes, à ce qu'on a fait pendant la crise avec France Relance et maintenant à France 2030. On a, ces derniers mois, ouvert une des plus grosses fonderies d'Europe avec STMicroelectronics et l'alliance qu'on a faite avec GlobalFoundries et un gros projet qui est financé par la Commission européenne. Fonderies pour les semi-conducteurs, 10 usines d'hydrogène en plus des gigafactories de batteries électriques, donc on réindustrialise sur les grands besoins de la nation, ce qui permet aussi de réindustrialiser des régions qui étaient en difficulté.

Nos gigafactories de batteries, c'est beaucoup les Hauts-de-France, une région qui a cette tradition qui était en grande difficulté et où on réinstalle de la matière. Nos grands investissements sur la transformation de notre chimie, on les a beaucoup dans le Grand Est. On va transformer, là aussi, notre production chimique et hydrogène en utilisant le couloir rhodanien, entre autres.

On fait des grands investissements hydrogène et renouvelables dans les Pays de la Loire. On utilise des forces historiques mais on transforme. Au-delà de ça, on a un objectif pour réindustrialiser, ce sont les deep tech.

Je l'ai évoqué avec vous l'année dernière. C'est le " en même temps " auquel je crois, parce que j'ai parfois été raillé, les gens disaient lui, il est pour la startup nation, les startups. Nous, on est pour réindustrialiser le pays parce qu'on connaît les vrais gens.

Pas de chance, la meilleure manière de réindustrialiser le pays, ce sont les startups, les deux ensemble, là aussi. Parce que c'est la capacité qu'ont parfois nos grands groupes industriels à reprendre ou trouver l'innovation dans les startups par des partenariats, et à permettre à nos startups de sortir simplement du champ qui était parfois celui des services ou du pur numérique, pour aller vers de la production industrielle plus lourde, mais en les aidant en particulier parce qu'on sait que le financement est beaucoup plus exigeant. C'est pour ça qu'on a développé, avec la BPI, le ministère des Finances et l'écosystème de financement, des tickets beaucoup plus lourds pour vous aider à aller produire.

Oui, on va réindustrialiser en aidant nos grands groupes et nos ETI à changer le modèle encore plus vite pour recréer des capacités, mais en créant beaucoup plus de startups dans le deep tech. En 2021, on en a créé 250. C'est déjà un très bon chiffre mais je vous rappelle qu'on a un objectif, c'est 500.

C'est un objectif qu'on a dit pour 2030, je pense qu'il faut l'atteindre beaucoup plus vite, donc je compte sur vous pour foncer. Les financements sont là. Il faut avoir de l'audace, il faut y aller et c'est le moment d'y aller.

Allons à bloc vers ce cap des 500 startups dans le deep tech, qui est une formidable manière d'accélérer cette transition et d'industrialiser. À côté de ça, il y a tout le boulot qui est fait par la French Fab et, là aussi, pour accompagner la transformation de vos modèles et aller beaucoup plus vite dans la croissance industrielle qui est formidable, il y a les projets Première usine de startups, une vingtaine ont été développées. Vous le voyez, on a une convergence d'initiatives qui a un même objectif, de ce que font la French Fab et France 2030, et de nos initiatives qui avaient commencé, qui est de réindustrialiser le pays sur les grands besoins industriels, de montrer que l'industrialisation va avec l'innovation d'usage et numérique et qu'elle concerne tous les territoires.

C'est le premier cap, il est pour moi extrêmement important. On a un deuxième cap innovation qui est tout aussi important. En effet, pour réussir cette transition, on a besoin en quelque sorte de lever, on commence à le faire et je parle devant beaucoup de gens qui en sont des exemples vivants, ce qui était parfois un tabou.

Nos tabous sont souvent dans nos corporatismes, en France, c'est qu'on aime bien les catégories. On est dans une catégorie, soit on est chercheur, soit on est entrepreneur. On a besoin aujourd'hui, pour réussir cela, de dizaines de milliers de chercheurs et entrepreneurs.

Donc allez y à fond, c'est clé pour réussir. On a besoin, pour l'innovation, de complètement changer notre logique dans la formation de nos talents et leur capacité à réussir. Pour cette métamorphose, on a besoin de consolider ce qui est une force française.

On a des très bonnes écoles de commerce et des très bonnes écoles d'ingénieurs, mais on a historiquement trop oublié qu'on a des formidables centres de recherche et des très grandes universités. Elles sont une fierté. Ces derniers jours nous ont encore permis d'avoir un Grand prix Nobel en physique quantique et on leur a donné, grâce à la loi de programmation de recherche, des moyens sur les années à venir pour accélérer les projets.

Il faut qu'on aille beaucoup plus vite et beaucoup plus fort dans nos universités et nos centres de recherche, mais dans le travail partenarial entre nos universités et nos unités mixtes de recherche, ce qu'elles font avec nos écoles de commerce et d'ingénieurs et avec le monde entrepreneurial, pour permettre à nos chercheurs, en recherche fondamentale comme en recherche appliquée, de faire encore plus et de participer à cette transformation de la nation. Parce que les recherches, par exemple, d'Alain Aspect, moi je dois dire que c'est très dur à comprendre, je n'y comprends pas grand chose. C'est fascinant.

Ce sont des sujets entre des photons et de la télépathie entre photons. C'est de la poésie, pour moi. Mais j'ai compris que, derrière, ces recherches ont permis de créer une startup française Pasqal, qui est une formidable fierté et qui, sur le plateau de Saclay, réussit et, en quantique, fait que la France est un des champions.

Tout ça pour vous dire que le temps où le chercheur était avec ses calculs ou à la paillasse et qu'il y avait de l'autre côté des entrepreneurs qui n'avaient rien à voir avec les chercheurs est totalement fini, et cela va de plus en plus vite. Donc il faut que nous, on aille encore plus vite et qu'on décloisonne. Parce que les grandes transformations se feront si on va plus vite et qu'on fait sauter les barrières entre des disciplines qui en avaient.

Là-dessus, on a commencé à lancer des projets. On a une quarantaine de projets de recherche pour 2 milliards et demi d'euros. Ce sont justement tous les appels à projets qui sont faits par France 2030 qui ont permis de le faire et qui sont appuyés sur nos grands IDEX, sur tout ce qu'on fait depuis une dizaine d'années mais qu'on a accéléré.

On a, dans l'hydrogène, dans les batteries, dans le stockage d'énergie et dans le quantique, là aussi, plusieurs dizaines d'initiatives qui sont là. Il faut aller beaucoup plus vite et plus fort. Il faut que les entrepreneurs que vous êtes se reconnectent, quand ce n'est pas encore fait, à la recherche fondamentale et à nos universités.

On va encourager nos universités à le faire et il faut que les grands groupes aident dans ces synergies, mais on a une transition formidable en recherche, en innovation et en formation de nos talents. Parce que, derrière tout ça, il faut qu'on pivote nos systèmes de formation pour aller sur les grands besoins de la nation. Vous le voyez, c'est une métamorphose de nos écosystèmes.

Cette métamorphose a commencé. Quand je regarde le bassin grenoblois, quand je regarde Saclay et ce qu'on fait à Toulouse, on a commencé à le faire, et il y en a beaucoup d'autres. Il faut aller beaucoup plus vite et plus fort.

Allez-y à fond, c'est absolument fondamental. Et, le troisième grand levier, c'est la décarbonation parce que la crise qu'on est en train de vivre sur l'énergie, plus la stratégie d'ensemble qu'on avait le montrent, on a besoin d'aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. On a commencé à lancer les choses mais, là, il y a une accélération du travail, BPI, ADEME, France 2030, avec l'Europe aussi pour aller plus vite et plus fort sur les grands projets.

On veut décarboner nos 50 grands sites industriels. Pourquoi ? Parce qu'il faut expliquer que nos grands sites de production, de Dunkerque dans la sidérurgie pour parler de nos Hauts-de-France, jusqu'au port de Fos-Marseille, etc, ces grands sites, on le sait, sont des grands sites qui sont pollueurs.

C'est le modèle. C'est totalement fou de dire qu'on va les fermer parce qu'on continuera à avoir besoin d'acier et de ciment. Simplement, on veut, avec les grands groupes, faire la transition et aider à les décarboner.

Plusieurs grands groupes impliqués dans ce secteur y sont exposés et ils y investissent beaucoup d'argent. À côté de ce que font les groupes, on met le paquet pour aider à décarboner ces modèles historiques et permettre, là où on utilisait par exemple du gaz ou du charbon, d'utiliser de l'hydrogène, de faire de l'électrolyse sur de l'énergie propre ou de recycler cette électricité avec de l'hydrogène grise sur un même site, et donc de changer nos pratiques productives de manière beaucoup plus rapide pour décarboner l'industrie lourde. On va y aller à fond.

Dans les prochaines semaines, je recevrai les 50 grands sites et on ira sur cette décarbonation accélérée. Ce sont les innovations sur les captures carbone et sur l'hydrogène vert. Je parlais de Life et il y a plusieurs autres startups qui y sont, mais cette décarbonation de l'industrie est un point clé pour réussir cette métamorphose.

Vous le voyez bien, on a d'immenses défis. Face à ces défis, on doit consolider nos acquis, continuer à être compétitifs, continuer la simplification, avoir une stratégie où on aide à réindustrialiser et travailler plus, et avoir ces trois piliers : réindustrialisation accélérée, recherche et innovation renforcées et décarbonation au carré. Le message que je voulais passer avant de filer : n'ayez pas peur des temps que nous vivons.

Ils sont durs, je ne sais pas ce qui arrivera dans les prochaines semaines, donc on doit se préparer à tout. Mais on est une nation forte et on est là. C'est dans ces moments là que les plus audacieux gagnent.

C'est dans les moments de crise difficiles que celles et ceux qui osent, quand ils sont bien accompagnés et qu'il y a des gouvernements qui osent investir, des investisseurs qui osent investir, que les vrais changements se font. À l'inverse, dans les moments de crise, et on l'a vécu dans notre histoire, l'Europe des années 30 a fait l'inverse. Face à une crise, elle s'est repliée, elle s'est refermée, elle s'est désindustrialisée et, en plus, elle a connu la guerre.

Dans le moment que nous vivons, devant tant de changements, on n'a qu'un choix : aller plus vite et plus fort et inventer l'avenir. C'est le seul moyen d'avoir des perspectives. Notre avenir doit être moins dépendant de l'extérieur.

Notre avenir doit donner des perspectives d'emplois et de bons emplois à nos enfants et, donc, on doit réindustrialiser le pays et monter en compétences, et notre avenir sera décarboné parce qu'on fera une croissance compatible avec nos objectifs de biodiversité et de lutte contre les dérèglements climatiques. Cet avenir existe, il est dans nos mains, si on investit, si on réforme et si nous sommes audacieux. Donc allez-y à fond, ayez de l'audace.

Merci. Vive la République et vive la France !