Interview de Gael Allain pour le 1er Congrès de la Mémoire
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Gaël AlainChiffre
« vous allez mettre en moyenne 30 % de temps en plus à réaliser votre activité principale »
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Dans cette vidéo, vous allez voir une interview de Gaël Alain, docteur en psychologie cognitive, qui va vous parler de la mémoire. Gaël Alain est docteur en psychologie cognitive. Il est l'auteur des ouvrages « Pensez mieux, travaillez moins » et « Je retiens ce que je veux quand je veux » tous les deux édités chez Erol.
Cette interview a été enregistrée dans le cadre de la préparation du premier congrès de la mémoire et de la cognition « Un cerveau pour apprendre » que j'organise avec Vincent Delourmel et Nicolas Lysiac. Ce premier congrès aura lieu à Paris au mois de septembre. Si vous voulez plus d'enseignements, je vous invite à consulter le lien vers la page de présentation qui se trouve dans la description de la vidéo.
Bonjour Gaël, merci d'être là. Bonjour Cyril, merci pour l'invitation. Donc on va faire une interview aujourd'hui pour préparer cette conférence que tu as donnée sur la mémoire dans le cadre de la journée de conférence qu'on prépare à Paris.
Est-ce que tu pourrais te présenter rapidement pour ceux qui ne te connaîtraient pas ? Alors oui, j'imagine qu'il y a pas mal de gens qui ne connaissent pas. Et donc moi je suis Gaël Alain, moi mon métier c'est de faire de l'ergonomie cognitive, c'est-à-dire que je vais dans les entreprises étudier les situations dans lesquelles par moment les gens sont un peu dépassés par ce qui leur arrive en termes de capacité à traiter des informations.
C'était un métier au départ plutôt orienté sur des postes et des situations techniques. j'ai beaucoup travaillé pour les transports, dans l'énergie, etc., enfin dans le domaine dans lequel il y a des postes de contrôle et des gens qui contrôlent du flux parce que là on s'est vite aperçu des risques liés aux situations de dépassement des capacités de traitement des individus.
Mais plus ça va, plus les petits gadgets et outils numériques aidants, mon activité se diversifie énormément puisque je crois qu'à l'heure actuelle, avec les outils numériques, effectivement tout le monde est un peu dépassé par moment par ce qui lui arrive et globalement on reçoit dans une journée de travail normale ou dans la vie quotidienne, on reçoit beaucoup trop d'informations par rapport à ce qu'un cerveau est capable de traiter. Donc mon métier c'est vraiment de m'intéresser à ce type de situation et de voir comment on peut remédier un petit peu à tout ça. Oui, alors c'est lié avec ce que je viens d'expliquer sur mon métier, sur l'ergonomie cognitive, c'est-à-dire que la principale difficulté que l'on rencontre tous, c'est la tentation que l'on a de traiter trop d'infos, en tout cas beaucoup plus d'informations par rapport à ce qu'un cerveau normal est capable de traiter.
Et ça c'est vrai pour toutes les activités intellectuelles et c'est aussi évidemment très vrai en ce qui concerne la mémorisation, c'est-à-dire que si on tente de manipuler, d'intégrer trop d'informations en même temps, globalement ce sont des stratégies qui sont vouées à l'échec. Donc l'idée dans l'intervention là, ce sera de proposer justement des stratégies un petit peu vertueuses de donner aux gens quelques petites techniques, quelques bases pour traiter correctement les informations et se mettre dans de bonnes dispositions pour les intégrer et du coup être en mesure de les restituer facilement et avec efficacité. En fait, l'idée quand même globalement, c'est de contourner, sans parler trop technique ici, mais c'est de contourner ce que l'on appelle les limites de notre mémoire de travail.
Alors la mémoire de travail en deux mots, c'est un peu nos processeurs, notre propre processeur, c'est notre RAM à nous, pour prendre une métaphore un peu informatique, c'est d'essayer de contourner les limites de notre mémoire de travail puisque c'est vraiment là que le bas blesse, c'est-à-dire c'est notre difficulté à manipuler simultanément beaucoup d'infos et quand je dis beaucoup, on pourra définir ça au cours de la conférence, mais ce n'est pas beaucoup, clairement. Du coup, on a toujours tendance d'essayer de manipuler trop d'infos quand les infos compliquées, on verra que ce n'est pas beaucoup du tout, je n'en dis pas plus à ce stade-là, mais l'idée, ça va être d'utiliser d'autres formes de mémoire pour contourner les limites de la mémoire de travail et notamment d'utiliser une mémoire que moi j'aime bien qui s'appelle la mémoire épisodique, c'est-à-dire que globalement, c'est beaucoup plus facile d'intégrer les informations et de les retenir sur du long terme lorsqu'on a réussi à se les approprier, à les associer à des épisodes, d'où le nom de la mémoire, mémoire épisodique, à les associer à des épisodes de notre propre vie. Globalement, c'est pour ça que vous vous souvenez, j'imagine, alors là, je parle aux gens qui ont déjà un certain âge, un certain âge, n'exagérons rien, si je vous demande ce que vous traficotiez le 11 septembre 2001, j'imagine que la plupart d'entre nous est capable de répondre à cette question, sauf les plus jeunes, évidemment, et les plus âgés qui s'en souvient un peu.
Par contre, si je vous demande, effectivement, ce que vous faisiez le 12 octobre 2007 ou même 2012, c'est beaucoup plus compliqué de se souvenir de ça, sauf si c'est associé, évidemment, à un événement particulier. Alors, la première chose à faire, et puisque c'est une thématique récurrente pour moi en ce moment, c'est de se méfier de ces fameuses limites de notre mémoire de travail et, du coup, de se placer dans de bonnes conditions pour intégrer des infos, pour mémoriser et, globalement, pour raisonner. Et notamment, méfiez-vous de vos outils numériques.
Alors là, je te dis vraiment, le premier conseil, c'est méfiez-vous des outils numériques. La sur-sollicitation est vraiment responsable d'une diminution assez significative de la performance intellectuelle. Sachez, par exemple, que quand vous réalisez une activité principale et que vous êtes interrompu par une activité secondaire, vous allez mettre en moyenne 30 % de temps en plus à réaliser votre activité principale, une fois qu'on a déduit le temps de réalisation de l'activité secondaire.
Ça veut dire que, globalement, si vous supprimez toutes les petites infos push-la, les petites fenêtres pop-up qui vous alertent de l'arrivée d'un nouveau mail, que vous allez consulter, relever vos emails, que lorsque vous le souhaitez le faire de manière proactive, vous gagnez 30 % de temps pour faire ce que vous souhaitez faire. Voilà. Donc, c'est des petites combines très simples, mais qui permettent de faciliter la vie, de mieux traiter les infos et donc de mieux mémoriser aussi.