Macron : rien n'est joué #cdanslair 27-03-2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 37 %Attaque 33 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:54OuverteRéponse directe
Habituellement, à 27 jours d'une présidentielle, est-ce qu'on y voit clair ?
- 2:51RelanceRéponse partielle
Mais ça veut dire qu'on est dans un moment où l'opinion est figée ?
- 3:24RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on se fait des films ou est-ce que dans ce que vous voyez, il y a des choses qui se fige ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Dans une campagne normale, on vous dirait, oui, c'est plié. Est-ce que c'est le cas ?
- 6:26OuverteRéponse directe
Ce qu'on voit en tout cas dans les reportages, quelles sont les nouvelles choses ?
- 8:14OuverteRéponse directe
Pour moi, rien n'est fait. C'est une posture ou Emmanuel Macron a raison de s'inquiéter ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:03Invité politiqueChiffre
« Sur ces 32%, vous en avez 45% de gens qui s'auto-positionnent à droite. »
- 34:15Invité politiqueFait
« Eux seuls avaient prédit la percée de François Fillon aux primaires. »
- 35:21Invité politiqueFait
« Ils sont obligés de le dire parce que sinon il faut autant arrêter la campagne tout de suite. »
- 35:26Invité politiqueFait
« Mais il y a des éléments objectifs. Pour la première fois sous la Ve République, il y a des débats télévisés avant le premier tour. »
- 35:38Invité politiqueChiffre
« Ça n'a pas produit d'énormes changements selon les enquêtes. »
- 36:40Invité politiqueFait
« On le disait tout à l'heure il est très largement distancé et pour l'instant en incapacité d'accrocher la qualification pour le second tour. »
- 36:59Invité politiqueFait
« Mais du fait de la primaire il n'y a pas de plan B au premier tour pour un électeur de droite. »
- 43:37Invité politiqueChiffre
« Dans le dernier rolling de l'IFOP monsieur Mélenchon est à 14%, c'est ça, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon à 17,5%. »
- 44:13Invité politiqueFait
« C'est ce qu'on pourrait appeler la jurisprudence Payon vous vous souvenez de Vincent Payon qui était candidat à la primaire du PS et qui avait sur sa droite Manuel Valls et sur sa gauche Arnaud Montebourg et Benoît Hamon et il a fait 6%. »
- 45:39Invité politiqueFait
« Ça peut déstabiliser une partie du gouvernement de François Hollande parce que pour le coup il y avait des promesses qui avaient été faites qui n'ont pas été tenues. »
- 47:41Invité politiqueChiffre
« Plus de 5000 personnes réunies à Paris pour écouter l'un des invités surprise de cette campagne présidentielle François Asselineau. »
- 48:20Locuteur 8Fait
« 80% de nos lois sont faites à l'extérieur de France et que tout simplement pour décider de notre avenir nous-mêmes comme ça nous a été rabâché pendant des années. »
- 50:07Locuteur 1Chiffre
« Mario Draghi qui représente le pouvoir réel en Europe à la tête de la Banque Centrale Européenne qui arrose les banques de 80 milliards chaque mois. »
- 50:18Locuteur 3Promesse
« J'ai une proposition 100 euros par mois de plus pour 6 millions de retraités ceux qui sont en dessous de 1000 et 1200 mais je finance en prenant l'argent qu'on donne à l'Union Européenne. »
- 51:30Locuteur 5Fait
« Il y a 3 candidats qui peuvent nous débarrasser de ceux qui tuent la France à petit feu c'est Mme Le Pen M. Mélenchon et moi-même. »
- 52:21Invité politiqueChiffre
« En 2002 l'élimination de Lionel Jospin par Jean-Marie Le Pen il y a 200 000 voix d'écart. »
- 1:00:50Invité politiqueFait
« Il l'est déjà en partie »
- 1:01:10Invité politiqueFait
« Si on regarde les chiffres c'est pas impossible maintenant »
- 1:01:15Invité politiqueFait
« ça voudrait dire que le score de la droite est vraiment effondré »
- 1:01:30Invité politiqueFait
« il y aura par exemple deux groupes socialistes à l'Assemblée nationale »
- 1:01:55Invité politiqueFait
« la cinquième république s'est reposée sur ces deux piliers depuis le début quasiment »
- 1:02:10Invité politiqueFait
« une partie de la droite appellera à voter pour Emmanuel Macron »
- 1:02:48Invité politiqueFait
« ça voudrait dire qu'il y en ait un qui s'aborde sa campagne »
- 1:03:06Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon a critiqué le quinquennat de François Hollande dès le début »
- 1:03:13Invité politiqueFait
« Benoît Hamon a été ministre jusqu'en 2014 »
Temps de parole
- Emmanuel Macron64 %
- Présentateur24 %
- Invité3 %
- Locuteur 23 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. A 27 jours du premier tour, chaque faute de quart peut être fatale. Alors que les sondages donnent un scénario qui semble figé, cette campagne nous a appris à faire avec les imprévus et les surprises. Selon le Cévis-Pof, 4 Français sur 10 peuvent encore changer d'avis. Des données qui invitent chacun à la prudence. Marine Le Pen est-elle sous-évaluée ? Jusqu'où ira la dynamique Mélenchon ? Pourquoi François Fillon croit-il encore en ses chances avec une inconnue de taille ? L'aventure Macron est-elle solide ?
La question est posée après un week-end marqué par quelques maladresses en Outre-mer et des ralliements de droite et de gauche qui s'accélèrent mais contraignent le candidat à parfois jouer les équilibristes. Le favori de cette présidentielle compte les jours et lui-même le dit, il reste prudent. Macron, rien n'est joué, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Karl Méhuz, vous êtes journaliste, rédacteur en chef au Figuron Magazine. En une de votre numéro de ce week-end, le programme des candidats. Raphaël Baquet, vous êtes grand reporterne au journal Le Monde. Votre journal titre aujourd'hui, la campagne de François Fillon plonge la droite en plein désarroi.
Swazic Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. Votre hebdomadaire qui titre cette semaine. Ils ont pourri la campagne avec une photo de François Fillon, Marine Le Pen et Bruno Leroux. Et ce sous-titre, face aux affaires, la France gronde. Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOB. Je rappelle votre ouvrage, Accueil aux surmertions. Regards européens sur la crise des migrants, publié aux éditions de l'Aube. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce dans l'air en direct. Je me toune vers vous pour commencer cette émission, Jérôme Fourquet.
Habituellement, à 27 jours d'une présidentielle, est-ce qu'on y voit clair ?
Alors, dans les scénarios précédents, on y voyait relativement clair sur l'ordre d'arrivée, en tout cas sur les deux premiers, sur les finalistes. Ça avait été le cas en 2012, ça avait été le cas en 2007, où à chaque fois Nicolas Sarkozy était dans les radars pour être en finale. Et puis François Hollande et Ségolène Royal également. Là, pour l'instant, on voit se dessiner quand même, même s'il faut être très prudent, un scénario d'arrivée pour la finale avec Marine Le Pen et Emmanuel Macron, qui sont tous les deux au coude à coude aux alentours de 25%. Et les poursuivants, si on utilise la métaphore cycliste, sont quand même assez loin derrière.
Alors, effectivement, il y a de l'incertitude, il peut se passer encore beaucoup de choses, mais François Fillon, qui est le troisième aujourd'hui, est à 17% dans notre rolling quotidien. Donc c'est quand même 8 points derrière les deux premiers. Et donc, on est bien au-delà de la marge d'erreur.
Mais ça veut dire qu'on est dans un moment, comme disent les sondeurs, où l'opinion est figée. Elle est dingue, cette campagne, pardon de vous le dire comme ça. On avait des scénarii qui étaient écrits à l'avance, ça ne s'est pas produit comme ça, c'est passé, on l'a vu lors de la primaire. On a tendance à penser aujourd'hui que tout est possible. On regarde les dynamiques, on se dit, tiens, est-ce que Mélenchon peut passer devant François Fillon ? On en vient à se poser des questions, sincèrement, qu'on n'imaginait pas, il y a encore quelques semaines, ce qui invite les uns et les autres un peu de prudence par rapport à ce qui va se passer. Vous comprenez ce que je veux dire ?
Est-ce qu'on se fait des films ? Ou est-ce que, dans ce que vous voyez, dans ce que vous constatez dans les enquêtes, il y a quand même des choses qui sont en train de s'organiser, de se figer ?
Alors il y a des choses qui sont en train de se figer, je pense, donc même s'il faut rester modeste et prudent sur les deux finalistes. On est encore une fois là sur des écarts qui sont conséquents, qui ne faiblissent pas. Après, sur qui est en tête au premier tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, on est à un ou deux points, donc il faudrait être très aventurier pour s'avancer sur un diagnostic ou un pronostic. Pour les trois, quatre et cinq, là, les choses sont beaucoup plus ouvertes. On en parlera peut-être tout à l'heure. François Fillon ne parvient pas à sortir de son étiage. Et Jean-Luc Mélenchon connaît une certaine dynamique. Donc l'identité du troisième n'est pas acquise.
Et donc là aussi, ça, si on se remet, ne serait-ce qu'il y a deux mois en arrière, c'est des choses qui étaient complètement impensables.
Carmès.
Dans une campagne normale, on vous dirait, oui, c'est plié. Jérôme Fourquet prenait l'exemple de 2007-2012. J'ai presque envie de dire, c'était plié presque fin janvier, début février. Il y avait eu les deux grands meetings qui avaient lancé les candidatures de Nicolas Sarkozy en 2007, Porte de Versailles. Il y avait le Bourget en 2012 qui, dans l'histoire des campagnes, ont marqué un lancement qui ensuite faisait que le candidat n'avait pas pu être attrapé. Là, ce n'est pas le cas. Là, on est dans une campagne anormale, presque comme celle de 2002. Et au fond, quand vous prenez l'exemple de 2002, un mois avant, vous aviez Chirac, Jospin, assez haut derrière, je crois, dans les 20-20%.
Et Le Pen, il y avait même encore Chevènement, qui était dans les classements, qui pouvaient encore faire un bon score. Et le 21 avril, ça n'a pas du tout été ça. Donc est-ce que ça sera de nouveau ça, cette fois-ci ?
On n'en sait rien.
Ce qui est sûr, c'est que... Si je vous prends, par exemple, l'exemple d'une campagne américaine. Un ancien conseiller d'Hillary Clinton était à Paris la semaine dernière, John Podesta. Il racontait que la plupart, une grande partie des électeurs américains se sont décidés dans la dernière semaine de campagne. Ce qui peut aussi se produire en France, puisque vous le rappelez tout à l'heure, il y a beaucoup de gens qui sont indécis. Et sur la majeure partie de ces gens qui se sont décidés dans la dernière semaine, une grande partie d'entre eux ont voté pour Donald Trump. Que vont faire aujourd'hui les Français, dont on dit aujourd'hui qu'ils vont s'abstenir ?
L'enquête Ipsos, qui avait été publiée dans Le Monde début mars, disait qu'il y avait à peu près, j'ai pris le chiffre, 32% d'abstention. Et sur ces 32%, vous en avez 45% de gens qui s'auto-positionnent à droite. C'est énorme. Si ces gens-là décident, la dernière semaine après le dernier débat le 20 avril, de se dire, finalement, Fillon, oui, c'est mon candidat, ça peut faire basculer. Si à l'inverse, ils disent, non, c'est pas possible, on va voter Macron ou je reste dans l'abstention, à ce moment-là, on reste comme on dit. Raphaël Baquet.
Ce qu'on voit en tout cas dans les reportages, Le Monde a plein de reporters qui suivent tous les candidats ou qui ne suivent pas des candidats mais qui vont voir les Français, on voit deux, trois choses qui sont nouvelles quand même. Effectivement, un électorat de droite, qui normalement avait toutes les chances de voir son candidat arriver au pouvoir, qui est en partie tétanisé, vraiment, et ça c'est très frappant. J'étais il y a une dizaine de jours dans la Sarthe, si vous voulez, personne ne parlait de l'élection présidentielle tellement c'était un sujet tabou.
Donc vraiment, et on voit ça dans beaucoup de régions qui normalement votent à droite, où là, vous avez une partie des électeurs fillonistes, qui restent filloninistes mais qui sont très radicalisés, et puis une partie des électeurs qui sont complètement perdus et qui ne savent pas du tout où aller et qui vous demandent même « Qu'est-ce qui peut se passer ? Qu'est-ce que je dois voter ? » Ça, c'est tout à fait nouveau. Vraiment... Ça, vous n'avez jamais vu ça dans une campagne sur le terrain ? Je n'ai pas de souvenir d'avoir vu ça. Je n'ai pas de souvenir d'avoir vu ça. Donc ça, vraiment, c'est spécifique à l'électorat de droite, notamment.
En 2002, on voyait bien, dans les meetings de Chirac et Jospin, on voyait des gens qui n'étaient pas d'ailleurs leur électorat qui venaient voir. Donc ça, c'était un peu étonnant. Je me souviens qu'on se disait « Mais au fond, qui est-ce qui est vraiment déterminé à voter pour eux ? » On voyait qu'il y avait une grande indécision. Mais là, aujourd'hui, on voit quand même vraiment des vraies difficultés sur l'électorat de droite. Et pour l'électorat d'Emmanuel Macron, il y a une partie des gens qui ne sont pas encore tout à fait sûrs. Et il y a un paradoxe qui joue.
C'est-à-dire des gens qui aiment le renouvellement qu'incarne Emmanuel Macron et qui ont peur de ce renouvellement parce qu'ils ne savent pas très bien où ils vont. Donc ça, c'est vraiment les deux, je trouve, phénomènes nouveaux, en tout cas, de cette campagne.
Pour moi, rien n'est fait. Voilà ce qu'a dit ce week-end Emmanuel Macron. C'est une posture. Ça fait bien, dans une campagne, il y a un mois, de dire que rien n'est joué. Sois-y qu'aménère. Ou est-ce qu'il a raison de s'inquiéter ? Est-ce qu'on n'est pas en train d'entrer, 27 jours, dans le triangle des Bermudes pour Emmanuel Macron ? Et on va voir quelques éléments de reportage très vite.
Mais vous avez raison, c'est une candidature très fragile, celle d'Emmanuel Macron. Alors, on est dans une présidentielle de second couteau. Souvenez-vous, personne n'imaginait le casting tel qu'on le voit aujourd'hui. Est-ce que François Fillon, qui pensait que ce serait Benoît Hamon qui allait représenter le Parti Socialiste... Donc Emmanuel Macron a eu cette poussée. Ensuite, il y a eu des petites difficultés. Puis souvenez-vous, il y a eu l'arrivée de François Bayrou, qui est venu densifier cette candidature. Et qui lui a permis d'ailleurs de monter dans les sondages jusqu'à arriver en tête des intentions de vote récemment.
Mais là, Emmanuel Macron, il a toujours un problème de sûreté de choix. C'est-à-dire que pour l'instant, beaucoup de ceux qui disent voter pour Emmanuel Macron, quand on les interroge dans les meetings, ils votent aussi par défaut. Parce qu'il n'y a pas de candidat de gauche de gouvernement. Parce qu'ils voulaient voter Alain Juppé. Parce qu'il y a ce phénomène-là dans la présidentielle. C'est-à-dire qu'il y a les déçus de la primaire, à la fois à droite, ceux qui voulaient voter Alain Juppé, ne se reconnaissent pas dans François Fillon. Et en plus, ils sont énormément déçus par les affaires. Ça, c'est venu après.
Et puis de l'autre côté, ceux qui voulaient voter Emmanuel Valls, pour qui ils peuvent voter maintenant ? Donc il y a peut-être pour Emmanuel Macron, mais est-ce que c'est si simple que ça sur la laïcité ?
Est-ce qu'ils ne sont pas plus proches de François Fillon ? C'est intéressant ce que vous dites. Ça sous-entend que les primaires ont eu un effet qu'on n'avait pas mesuré. C'est l'absence d'enthousiasme pour les choix qui ont été faits au cours de cette primaire. Ce qui est un peu paradoxal, parce qu'on peut imaginer que ça crée... On sait ce qu'on imaginait en des primaires, que ça créera une dynamique. Ce n'est pas ce que vous nous dites.
Non, parce qu'il y a un effet pervers des primaires, à mon avis, qu'on est en train d'apercevoir. Et dont Benoît Hamon mesure les effets délétères, d'ailleurs, tous les jours. Il l'a d'ailleurs dit très clairement au journal de 20h hier soir. On le sent que c'est un candidat un petit peu perdu.
Alors, ce sont les premières images plutôt mal maîtrisées depuis le début de la campagne d'Emmanuel Macron. Des tribunes à moitié vides à Saint-Denis-de-la-Réunion. Un candidat qui finit par faire monter le public des militants sur scène. Ou qui confond la Guyane avec une île. Des petits accidents de parcours qui démontrent dans une campagne... Qui dénotent dans une campagne tellement soignée jusque-là. L'ancien conseiller de François Hollande sait qu'il entre dans une période décisive. Il continue d'engranger des soutiens à droite et à gauche. Mais comme il l'a dit lui-même lors de son week-end en Outre-mer, rien n'est fait. Barbara Stec les m'envoyait.
Coup de chaud pour Emmanuel Macron ce week-end à la Réunion. Interrogé sur la crise sociale que traverse la Guyane, le candidat a commis une erreur.
En qualifiant cette région française située en Amérique du Sud, d'île.
Bloquer les pistes d'aéroports, bloquer les décollages, parfois même bloquer le fonctionnement de l'île, ne peut être qu'une réponse apportée à la situation.
Une grosse bourde après un meeting décevant. Preuve que rien n'est acquis. A la Réunion, Emmanuel Macron, habitué à remplir les salles, a dû faire face à des rangs clairsemés et un public difficile à convaincre. Certains réunionnais n'attendant pas la fin du meeting pour quitter la salle. A la Réunion, Emmanuel Macron n'a pas remporté le succès qu'il peut connaître dans l'Hexagone où les ralliements s'accélèrent. Ce week-end, c'est un ancien garde des Sceaux, Michel Mercier, et neuf autres sénateurs UDI qui ont apporté leur soutien au candidat à Trappetout. Et cette semaine, c'est un poids lourd de la droite.
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin qui pourrait rejoindre les Rangs d'En Marche. Emmanuel Macron ne dément pas l'information.
Il y aura un signe primaire s'il le souhaite dans les prochains jours et les prochaines semaines. Mais pour ma part, c'est pour en effet quelqu'un qui suit beaucoup de respect. Moi, je ne fais pas de l'appel, mais vous allez continuer à avoir immanquablement
dans les jours et les semaines qui viennent, cette recomposition à l'œuvre, avant la présidentielle et après.
Jean-Baptiste Lemoyne, lui, a franchi le cap.
Il est le premier parlementaire Les Républicains à rejoindre Emmanuel Macron. Jeudi à Dijon, il était l'attraction médiatique, enchaînant les interviews.
Le sénateur de Lyon, survolté par cette nouvelle aventure politique.
On est tous les deux au Sénat, dans la commission des affaires sociales.
Initialement, on n'est pas sur les mêmes bancs. Parce que Patricia, elle est au groupe socialiste, moi je suis au groupe Les Républicains.
Emmanuel Macron va remercier pendant son meeting son nouveau soutien, mais aussi lui glisser un petit mot à l'oreille avant de monter sur scène. Ce jupéiste n'a pas pu se résoudre, à soutenir François Fillon.
Il y a eu une éthique de la primaire, parce que tout continue l'aventure.
Mais comme je vous l'ai dit, on part des révélations et d'autre part un reniement. Et quand un candidat à la présidence de la République reprend sa parole, moi je reprends ma liberté. Le sénateur accompagne son nouveau candidat sur le terrain. Et les retours sont plutôt positifs.
Je suis content de vous voir venir, de vous remonter beaucoup de mon estime.
Gentil. On a fait une réunion avant-hier avec une centaine d'élus au syndicat d'électricité de Lyon. Je peux vous dire que beaucoup sont venus me voir en disant, mais t'as eu raison, t'as dit tout,
ce qu'on pense, tout va, bravo.
Alors certains se cachaient un petit peu pour me le dire, mais je peux vous dire que le soutien est là. Et pour Emmanuel Macron, en déficit de ralliement à droite, le soutien de Jean-Baptiste Lemoyne est une très bonne nouvelle. Tous les soutiens sont importants. Donc le Lemoyne a le courage de sortir de sa famille politique et de rejoindre le mouvement qui est le nôtre. Le sénateur, séduit par le discours progressiste du candidat d'En Marche, est persuadé qu'il est le premier d'une longue liste à droite à rejoindre Emmanuel Macron.
D'autres vont faire ce choix avant le premier tour, d'autres le feront entre les deux tours et d'autres après. Mais ce qui compte, c'est que petit à petit, voilà, ce qui était un petit ruisseau...
Chez les Républicains, ce ralliement ne passe pas du tout. Le parti a engagé une procédure d'exclusion contre Jean-Baptiste Lemoyne.
Alors nous allons y revenir sur la question des ralliements, mais d'abord cette question. La jeunesse de Macron est-elle un atout ou au contraire un frein pour les électeurs hésitants ? Karl Meus, à votre avis.
Les deux, mon capitaine.
Bon, ok. Ce n'est pas une réponse.
Non, ce n'est pas une réponse, mais c'est ce que disait tout à l'heure Raphaël Baquet. C'est-à-dire que c'est à la fois l'atout si les gens veulent du renouvellement, et c'est ce que les gens voulaient. Au fond, on a quand même l'impression qu'une partie de l'électorat, qui indiquait depuis plusieurs années, qu'ils ne voulaient pas du duel Sarkozy-Hollande. C'était marqué dans les sondages. On n'en veut pas, on ne veut pas de ces deux-là de nouveau. Ce qui s'est passé, c'est qu'avec les primaires, ils ont dégagé Nicolas Sarkozy, dégagé Alain Juppé, et au fond, comme au billard, c'est François Hollande qui a préféré ne pas aller à la primaire, qui a été dégagé aussi.
Mais du coup, ils se retrouvent aujourd'hui presque tétanisés par leur audace, en disant, bon, on a viré tous ceux qu'on connaissait, et maintenant, on se retrouve avec des gens qu'on ne connaît pas. Parce que même François Fillon, il a beau avoir été cinq ans Premier ministre, il n'a jamais été candidat à l'élection présidentielle, donc il n'avait jamais été mis sous le feu comme ça, continue de l'actualité. Donc on apprend des choses sur lui, on a des révélations, et ça perturbe l'électorat. Emmanuel Macron, comme le disait quelqu'un la semaine dernière, 100% des Français ne le connaissaient pas il y a trois ans. C'est presque... ça donne le vertige.
Et donc, c'est à la fois un atout parce que, du coup, il peut dire, moi, je suis neuf, je vais tout changer. Et c'est un inconvénient parce que c'est quand même pour diriger la France, et pour faire être en face de Donald Trump, de Vladimir Poutine. Et là, on se dit, est-ce qu'il a les épaules ? Est-ce qu'il peut le faire ?
Est-ce qu'on s'est posé cette question avant ? Est-ce qu'on entre dans une période... Je rappelle que c'est lui-même qui le disait ce week-end, pour moi, rien n'est fait, il est conscient qu'on entre dans une période un petit peu sensible. Est-ce qu'il a raison, Jérôme Pourquet ?
Alors c'est non seulement pour rebondir sur votre question, la question de sa jeunesse et de son expérience, mais aussi son positionnement et sa promesse. C'est de rebattre complètement les cartes, et comme le montre votre reportage, de faire travailler ensemble des gens qui, depuis des décennies, sont chacun dans leur tranchée, se tirent dessus à boulet rouge. Et donc ça, là aussi, les sondages indiquaient depuis très longtemps que les Français étaient partisans d'une grande coalition, d'un gouvernement d'union nationale, notamment avec la crise économique, ensuite avec le terrorisme.
Sauf que là, on arrive vraiment aux travaux pratiques, et que contrairement à ce que François Bayrou avait essayé de faire, parce qu'il était sur le même logiciel en 2007 et 2012, là, pour l'instant, en termes de ralliement, ça fonctionne. Parce qu'on a une auberge espagnole qui s'est mise en mouvement, ou en marche, et donc on a des gens qui viennent de partout, des écologistes, des centristes, des gaullistes, des socialistes, même des communistes, qui rejoignent Emmanuel Macron. Et donc il y a à la fois l'interrogation sur est-ce qu'il a les épaules et la stature pour incarner la fonction de chef de l'État de la cinquième puissance, ou sixième puissance de l'État.
Vous le voyez, ça, dans les enquêtes d'opinion, cette question-là, sur son âge, sur son expérience ?
Là aussi, les Français raisonnent en séquence. Il y a trois ans, personne ne le connaissait. Là, on a installé progressivement l'idée, ou s'est installé progressivement l'idée, plus exactement, qu'il pouvait être, au deuxième tour, et éventuellement le vainqueur de la présidentielle. Et donc là, les Français, collectivement, notamment ceux qui veulent voter pour lui, se mettent à réfléchir. Bon, est-ce qu'on est bien sûr de ce qu'il va pouvoir faire ? Et vous avez observé qu'un des angles d'attaque de François Fillon, c'est de dire, c'est seulement moi qui pourrais avoir une majorité présidentielle, parlementaire. Ce n'est pas possible avec Emmanuel Macron.
On sera dans une espèce de France, un paysage ingouvernable. Et donc ça aussi, comment dire, chaque chose dans son temps. Ces questions-là, c'est des problèmes de riches. Ne se posez pas à Emmanuel Macron et à son staff, il y a encore deux ou trois mois. Aujourd'hui, ça se pose, parce qu'on se dit, c'est très possible qu'il soit le futur locataire de l'Elysée. Donc avec quelle majorité pour gouverner ?
Raphaël Baquet.
Oui, c'est vrai. D'ailleurs, il va devoir gérer ça. Alors, vous parliez des gaffes, on montrait au début du reportage. Bon, les gaffes, c'est un classique de la campagne. Ça devient un problème quand ça vient accréditer quelque chose de sous-jacent. Qui peut être quoi ? Par exemple, en 2007, vous vous rappelez, Ségolène Royal aussi, elle avait fait des gaffes, comme Nicolas Sarkozy d'ailleurs. Mais à l'époque, la bravitude, les tribunaux chinois, à partir du moment où ses adversaires faisaient circuler l'idée que c'était une bécassine, c'était ça. C'était comme ça qu'elle était appelée, bien sûr.
Donc, à partir de ce moment-là, où c'était l'encle d'attaque de ses adversaires, évidemment, ces gaffes, elles viennent nourrir ces attaques. Donc là, pour Emmanuel Macron, c'est un peu le problème. C'est-à-dire que quand il fait des gaffes comme ça, bon, en soi, c'est pas très grave. Si vous voulez, il arrive de la Réunion, il dit Lille encore pour la Guyane. Bon. Le problème, c'est si effectivement, ses adversaires l'attaquent sur l'inexpérience, sur la méconnaissance du pays, c'est ça. Ils vont commencer à mettre en place cette petite musique qu'ils ont déjà commencé, notamment François Fillon. Alors là, ça devient dangereux pour lui.
Et il faut effectivement qu'il arrime sa qualité qui est le renouvellement avec l'expérience qui montre qu'il a quand même l'expérience à 38 ans. C'est ce qu'il avait réussi plutôt à faire jusque-là ? Jusqu'ici, il a plutôt réussi. Parce qu'on dit qu'il n'a pas d'expérience internationale, mais par exemple, effectivement, il est reçu par Angela Merkel. Donc il peut continuer à construire cette stature, mais c'est dangereux.
Ce qui est intéressant, c'est que c'est des questions qu'on ne pose pas à 45 jours d'une présidentielle et qu'on se met à se poser dans la dernière ligne droite. Tout comme la question des ralliements. On entend parler d'un ralliement de Dominique de Villepin dans les jours qui viennent. On entend parler d'un ralliement d'un autre Premier ministre, à savoir Manuel Valls dans les jours qui viennent. Ça reste une chance, à 27 jours d'une présidentielle, des ralliements de personnalités qui, quand même, se sont affrontées dans le débat public depuis tant d'années.
C'est vrai qu'il y a une sorte de paradoxe, parce que la promesse d'Emmanuel Macron, c'est tabula rasa, c'est l'année zéro de la politique, on recommence tout avec moi. Et en même temps, il a besoin de ces personnalités, simplement pour rassurer, pour dire qu'il aura des gens de compétence et d'expérience. Alors ce qui est très intéressant, c'est que la scénarisation est parfaite et elle est faite par les équipes d'En Marche.
C'est-à-dire qu'on m'a raconté récemment, quand quelqu'un devait avoir Emmanuel Macron en disant « Ben voilà, je voudrais vous rejoindre ou te rejoindre », en fait, on dit « Ok, d'accord, donc ce sera dans tel média, à telle heure, ça va se passer de telle façon, et je pense que ce sera mieux ce jour-là plutôt qu'un autre jour ». Ce qui explique, par exemple, je ne prends pas, ce n'est pas l'exemple dont on me parlait, mais je crois que ça a été le cas aussi, enfin je suis même certaine que ça a été le cas pour Bertrand Delanoé, c'est-à-dire, Yann Hidalgo avait eu des petits mots envers... Désagréable.
Désagréable, voilà, agréable pour Benoît Hamon, désagréable pour Emmanuel Macron, donc c'était le moment pour que Bertrand Delanoé puisse s'exprimer le lendemain. Donc c'est très scénarisé, mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, il y a un risque de trop-plein, et ça devient très compliqué de doser.
C'est intéressant, trop-plein, alors qu'on pourrait dire que c'est une dynamique, il attire à lui les talents des anciens premiers ministres en l'occurrence, mais vous, vous considérez qu'à un moment donné, ça peut brouiller son message ? Ça peut être compliqué s'il y a par exemple des personnes qui n'avaient pas d'investiture aux législatives chez les Républicains,
s'il y a des gens qui étaient un peu disparus, qui avaient disparu du paysage politique, et puis tout d'un coup trouvent une passerelle extraordinaire, un retour vers la lumière, parce que c'est ça, il est dans la lumière, Emmanuel Macron, donc finalement, s'approcher de lui, c'est un peu toucher la lumière, donc il faut qu'il fasse très attention à ça. En même temps, il a bien été clair en disant que ces ralliements ne valaient pas investiture, donc il va falloir qu'il soit très très préconcionu, et même très doué dans les semaines qui viennent, et ça va être très très compliqué.
Il a, à mon avis, réussi à passer un premier écueil, c'est au début du mois de février, après la primaire, tout le monde disait, ben voilà, ça va être le candidat à Hollande, et c'est pas venu tout de suite, c'est-à-dire qu'il a eu des ralliements de Hollandais, mais il a réussi à faire en sorte que ça n'arrive pas tout de suite, tout de suite, qu'il n'y ait pas une masse,
il a réussi à contenir ça, donc c'est fait plutôt intelligemment, mais il peut quand même couler sous le trop-plein. Il y a une anecdote très intéressante racontée dans votre journal, Raphaël Baquet, aujourd'hui, du déplacement en Outre-mer à Saint-Denis de la Réunion, d'Emmanuel Macron, qui se retrouve avec deux parlementaires qui briguent la même circonscription, un parlementaire du PS, et un du Modem. Ces deux-là s'affichent aux côtés d'Emmanuel Macron qui attirent, qui incarnent la lumière en ce moment, comme vous nous disiez à l'instant. Or, ils sont dans une bataille. Ils sont dans une bataille. Et on touche du doigt quelque chose de compliqué dans ce temps de la campagne.
Oui, ça va être souvent le problème.
Alors là, on a vu cette sénatrice socialiste qui sourit jaune au ralliement de son ancien adversaire de droite. Mais alors là, ils n'étaient pas sur le même créneau, mais effectivement, il est possible que dans certaines circonscriptions se retrouvent chez Macron d'anciens adversaires. Et là, ça va être compliqué pour lui de donner les investitures. Et c'est pour ça qu'il voulait les donner dès maintenant. Et on lui a sagement conseillé d'attendre la présidentielle et de les donner ensuite. Car sinon, il risque d'avoir des troupes qui s'échartent. C'est ça. Mais ce sont les deux écueils qui se présentent devant Emmanuel Macron.
Un, c'est qu'il est le candidat du renouvellement, mais qu'au fond, ça risque de faire recyclage. Parce qu'il y a beaucoup d'anciens, vous le disiez, premiers ministres, d'anciens ministres de François Hollande, d'anciens élus, des Chiraquins, qui annoncent qu'ils les rejoignent. Et forcément, on les connaît plus que toutes les nouvelles têtes, notamment issues de la société civile, qu'ils voudraient mettre en avant, mais que personne ne connaît. Donc le risque, à un moment, c'est qu'on se dise, en fait, ça ne fait pas très renouvellement. C'est vraiment des gens qui ont été soit déçus par François Fillon, soit qui n'ont pas eu une investiture, et du coup, qui viennent chez lui.
Le deuxième élément, c'est ce que disait Raphaël Baquet, c'est sur les investitures. Il veut 577 candidats en marche. Il veut, parmi ces 577, la moitié de femmes et la moitié issues de la société civile. Or, j'aime autant vous dire que ça ne se passe pas bien du tout localement. On ne le voit pas, parce que tout ça est en profondeur, parce qu'en plus, ils ont essayé de repousser le plus tard possible les investitures. Mais là, vous évoquiez le cas de deux élus, ou en tout cas candidats connus.
Mais quand vous avez quelqu'un de la société civile qui s'est mis en marche depuis un an, depuis Amiens, en avril 2016, pas promis, mais on a dit, très bien, tu habites dans ce coin-là, tu pourrais être, toi, renouvellement société civile, c'est parfait. Et donc, il ou a fondé plein d'espoir. Il ne peut pas faire campagne aujourd'hui. Il n'a pas le droit de faire des réunions d'appartement, d'être sur le terrain. Et puis, on lui dit, non, on va passer un accord avec le Modem, puis ça va être un candidat Modem. Comment ils vont faire ? Les déçus d'Emmanuel Macron, le problème, c'est qu'ils vont arriver très, très vite.
Peut-être même dès le 23 avril, ou avant, si jamais il y a les investissures qui sont données. Et c'est là le problème qui peut entraîner, en tout cas, enrayer une dynamique.
Pardon, ce sera le problème d'après ? Oui. D'après la présidentielle ?
Alors, peut-être, mais vous savez que pour mener une campagne législative, il y a tout un tas de démarches à effectuer. Il y a des comptes de campagne, il y a des dépenses qui sont regardées. Si quelqu'un entraîne des dépenses là, ça peut être après... Il y a quand même tout un tas de problèmes juridiques, de problèmes financiers. Vous ne créez pas des candidats comme ça avec Snihilo en un mois ? Jean de Fourquet. Mais alors, ça peut être encore une fois un problème de riche. C'est-à-dire que là, il faut gérer le trop-plein et l'afflux. Les autres, les deux principaux candidats, concurrents, François Fillon et Benoît Hamon, eux doivent gérer les départs et l'hémorragie.
Vous avez hier Benoît Hamon qui, au journal télévisé, dit, pour essayer d'anticiper, vraisemblablement, mon ancien adversaire de la primaire, Manuel Valls, va rallier Emmanuel Macron. Donc, sur son temps de parole, il est en train d'essayer d'arranger les angles et de colmater les brèches. François Fillon, on peut dire, voilà, tous ceux qui partent sont des vieilles gloires. Il y a M. Dousteblasie, des anciens ministres chirakiens, des centristes. Mais ça fait quand même beaucoup.
Et comme disait Raphaël Baquet tout à l'heure, sur la faiblesse, on peut avoir la petite musique selon laquelle François Fillon se rétracte de plus en plus comme Benoît Hamon sur son précaré et que tous ces alliés historiques qui sont de la même famille politique mais de sensibilité différente sont allés voir du côté d'Emmanuel Macron. Donc ça, je pense qu'à tout prendre, il vaut mieux être du côté de celui qui attire que de celui qui voit ses troupes se débander. Et pour ce qui est des investitures, il y aura des soucis aussi au PS et chez les Républicains.
Parce que si ces deux camps voient leurs candidats battus au premier tour, tous les accords qui ont été signés, qui avec les écologistes, qui avec les centristes, tout ça, c'est rayé, déchiré le lendemain même du 23 avril et toute la belle mécanique va imploser.
Mais on a entendu Emmanuel Macron dire en gros, c'est pas une auberge espagnole en marche, c'est pas open bar pour les anciens camarades de François Hollande, etc.
C'est lui qui parle, vous voyez bien.
Pardon ?
Il n'y a que lui qui parle. C'est-à-dire qu'on s'était dit à un moment, est-ce qu'il va réussir à gérer le ralliement de François Bayrou, qui aime bien s'exprimer, etc. François Bayrou, il a été ressorti à des moments précis de la campagne, mais jusqu'à présent, toute la lumière est sur Emmanuel Macron et tous les ralliements auxquels on a assisté, François de Rugy, d'autres, M. Delanoé, il y a le buzz au moment scénarisé du ralliement, mais ensuite, il n'y a pas trop de cacophonie.
Il n'y a pas trop de cacophonie, mais est-ce que ne va pas se poser la question ? Vous avez raison de rappeler que ce sont des problèmes de riche. Effectivement, il y a plutôt des candidats qui voient des soutiens partir. Mais à un moment donné, est-ce qu'on n'est pas dans ce que vous nous disiez à l'instant, Raphaël Baquet, des gaffes qui seraient un sujet si elles appuient sur une zone de fragilité du candidat ? Là, par exemple, on sait bien que depuis le début de cette campagne, les critiques qui sont faites à Emmanuel Macron, c'est en gros, quelle peut être la ligne quand on a autour de soi des gens aussi différents ?
Dans une dernière ligne de campagne, encore une fois, on est à 27 jours du premier tour, voir des gens aussi différents que Dominique de Villepin, Manuel Valls, etc., est-ce que ça peut se transformer en fragilité alors qu'au départ, vous avez raison de le rappeler, c'est plutôt une chance ? Tant qu'il tient, effectivement, Jérôme a tout à fait raison,
à vrai dire, il a quand même des gros égos qui viennent vers lui, or, il ne parle pas. Donc, ça, c'est remarquable, je dois dire, de sa part, il les tient bien, c'est difficile parce que, vous voyez, tenir les Villepins, etc., c'est quand même difficile. Donc, pour l'instant, effectivement, il est le seul à incarner sa ligne et comme disent ses détracteurs, le produit, c'est lui. Donc, il y arrive assez bien. Je crois qu'effectivement, c'est quand même plus facile pour lui que pour François Fillon. On publie cet après-midi une enquête de Mathieu Gohar et d'Alexandre Le Marier. C'est quand même épouvantable.
Il a une désaffection, si vous voulez, des élus républicains qui, au fond, ne font plus campagne pour lui. Parce que l'intérêt des ralliements, ce n'est pas seulement beau pour la photo ou dans les médias, si vous voulez. C'est des gens qui, sur le terrain, dans leur circonscription, dans leur ville... Ils font campagne, vraiment ? En tout cas, ils parlent de vous en bien, ils réunissent des gens. Ça dépend après de leur surface, si vous voulez, politique. Le candidat qu'on vient de voir d'Avalon, si vous voulez, il est bien implanté en sa circonscription. Donc, ce n'est pas mal, quand même, d'avoir quelqu'un comme ça qui fait campagne pour vous.
Le problème de François Fillon, c'est plutôt ça. C'est plutôt le contraire. C'est-à-dire que les élus républicains qui sont bien implantés, ils ne font plus campagne vraiment pour lui. Ils font campagne pour eux, pour leur réélection législative. Ils ne distribuent pas vraiment les tracts.
Et ils ne parlent pas de François Fillon en bien sur les marchés. Et ça, on va y venir à la campagne de François Fillon très vite, Jérôme Foncet.
Vous avez un quart des députés LR qui n'ont pas parrainé François Fillon, par exemple. Un quart. Donc, ça fait quand même du manque... Qui ne fait pas campagne sur le terrain.
Alors, à 27 jours du premier tour, aucun candidat distancé ne veut croire que l'opinion est figée. François Fillon, on vient d'en parler à l'instant, malgré les concerts de casserole lorsqu'il est sur le terrain. Et le peu d'enthousiasme de ses troupes, vous l'avez dit, qui continue, lui, de penser que chaque attaque le rend plus fort. À gauche, le match dans le match tourne à l'avantage de Jean-Luc Mélenchon. Un match qui se tend. Quand Benoît Hamon, lui, ne retient plus ses coups contre une gauche qu'il a lâchée. Chacun dans son couloir s'appuie sur l'idée que cette campagne est avant tout celle des surprises et des imprévus. Marie-Laurent-Lia Barraco et Thomas Buyer.
Lâché de toutes parts, le candidat socialiste désormais devance lui-même les mauvais coups.
Incontestablement, depuis quelques semaines, s'organisent des ralliements à Emmanuel Macron qui consistent à me planter des couteaux dans le dos. On m'annoncerait même la semaine prochaine une mise à mort avec le ralliement de Emmanuel Valls à la candidature d'Emmanuel Macron.
Benoît Hamon précise, il ira jusqu'au bout, porté par la primaire, malgré les vents contraires, d'une campagne qui s'apparente de plus en plus à un chemin de croix politique. L'ancien frondeur socialiste détrôné par le tribun de la France insoumise.
On a envie de cette alliance, on a envie de cette alliance à Mont-Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon, passé de la 5e à la 4e place avec 13% des intentions de vote contre 11% pour Benoît Hamon, se sent poussé des ailes.
J'ai lu un papier, on me dit mais quel est votre objectif ? Pardon ? Je suis candidat à une élection, quel est mon objectif ? Ben, elle a gagné. C'est pas le moment de croire ceux qui vous arrangent l'élection d'avance. Vous êtes pas fatigués, les gens ? Alors d'abord c'était Juppé qui allait gagner, peut-être même avant le premier tour. Alors c'était ou lui ou Le Pen, hein ? Brrrr ! Après, c'était Fillon. Après, alors maintenant je sais plus qui c'est le tour, ça doit être Macron. Voilà. Tout est déjà tout prévu à l'avance, tout est fait, on se demande pourquoi on fait une élection.
Au coude à coude, les deux gauches enterrent leur pacte de non-agression. Et quand Benoît Hamon accuse Jean-Luc Mélenchon de nourrir une fascination pour Vladimir Poutine, son porte-parole réplique.
J'ai envie de dire à Benoît, calme-toi, prends une bonne petite tisane, fais ta campagne et de grâce, respecte y compris l'accord que nous avions au minimum de pas de coups sous la ceinture. Et là, il est en train, vu qu'il n'a hâte pas de dire qu'il est attaché à la parole donnée, au moins qu'il respecte la sienne qu'il avait vis-à-vis de Jean-Luc. Il y en a à la rose ou aux orties, il choisira selon ce qu'il voudra.
Vous êtes aimable. Dans le camp bleu marine, c'est le fondateur d'En Marche, probable adversaire au second tour, qui prend les coups. Le principal représentant de cette caste du système dans cette élection reste le filandreux, M. Macron.
S'il n'est pas toujours clair
dans son expression, j'ai eu l'occasion de le souligner, c'est en quelque sorte le Jean-Claude Van Damme de la politique. Une rhétorique plus efficace que jamais,
à l'heure où le candidat des élites, selon Marine Le Pen, la talonne à 24% contre 26, lui qui faisait la course en tête il y a quelques jours encore.
La veille, les oeufs pleuvent sur François Fillon en visite dans les Pyrénées-Atlantiques. Mais le candidat de la droite et du centre reste imperturbable malgré les casseroles.
Ces manifestations, c'est une insulte à la démocratie. C'est une insulte aux millions de Français qui le soutiennent. Et plus ils manifesteront, plus les Français le soutiendront.
Sûr de sa bonne étoile, l'éternel troisième dans les sondages cherche des raisons d'espérer dans d'autres mesures de l'opinion. Gov, Filteris, plusieurs sociétés mesurent désormais le poids numérique des candidats. Leur réputation sur les réseaux sociaux.
Eux seuls avaient prédit la percée de François Fillon aux primaires après le Brexit et la victoire de Donald Trump.
Souvent, ils le placent un peu plus haut que ce qui est le cas parmi les sondeurs traditionnels. Je pense qu'ils sont peut-être moins sensibles aux à-coups de l'actualité et ils donnent quelque chose qui est plus... une analyse plus profonde, on va dire, qui correspond vraiment à ce que les gens se disent à un moment donné sur les réseaux sociaux, sur Internet. Ça permet d'avoir une vision plus complète et parfois plus exacte.
Dans la dernière étude parue aujourd'hui, François Fillon arrive juste derrière Marine Le Pen. Mais attention ! Lors des primaires, Filtéris avait annoncé à tort, Manuel Valls 1er à gauche ou encore Nicolas Sarkozy présent au second tour à droite.
Et nous reprenons la discussion avec cette question et si François Fillon crée la surprise comme à la primaire de la droite et du centre. Bon, ils pensent tous qu'il va y avoir des surprises. Tous ceux qui sont distancés dans les sondages se disent c'est encore jouable. Heureusement d'ailleurs pour eux, sinon c'est compliqué de faire campagne. C'est ce qu'on disait au début de l'émission.
Ils sont obligés de le dire parce que sinon il faut autant arrêter la campagne tout de suite. Mais il y a des éléments objectifs. Pour la première fois sous la Ve République, il y a des débats télévisés avant le premier tour. Ça n'était jamais produit. On l'a eu le premier sur TF1 la semaine dernière. Ça n'a pas produit d'énormes changements selon les enquêtes. Mais peut-être que tout ça va arriver en profondeur. Il y en a un deuxième le 4 avril sur les chaînes info et il y a surtout un sur France Télévise, France 2 le 20 avril c'est-à-dire à trois jours du premier tour.
Si là il se passe un événement, je ne sais pas, comme avait fait François Fillon dans le dernier débat de la primaire en disant mais non mais moi je ne veux pas répondre à cette question et puis je suis venu avec mes propositions et que les autres candidats disent ben oui il a raison de ça, il peut prendre l'ascendant. On n'en sait rien. Les débats aux Etats-Unis ont fait changer les choses quand même. Donc il y a un impact.
Il y a donc l'impact qui pourrait y avoir sur ces débats et puis à ce que racontait Raphaël Baquet à l'instant c'est-à-dire d'une campagne pour François Fillon qui tourne au chemin de croix. On l'a vu encore dans ces images chaque fois qu'il va sur le terrain et il a droit au concert de casserole. Il y a le volet des affaires qui n'en finit pas. Est-ce que ça finit pas par plomber littéralement sa campagne ?
C'est le cas pour l'instant. On le disait tout à l'heure il est très largement distancé et pour l'instant en incapacité d'accrocher la qualification pour le second tour.
Mais comme rappelait Raphaël Baquet ce que nous voyons également c'est le trouble manifeste de toute une partie de l'électorat de droite qui pour l'instant est très fâchée et en colère ou écœurée par un certain nombre de révélations autour de François Fillon mais du fait de la primaire il n'y a pas de plan B au premier tour pour un électeur de droite c'est soit Macron soit Dupont-Union ou Le Pen ou l'abstention et donc pour l'instant c'est pas complètement exclu qu'une partie de ces électeurs soit dans une situation un peu d'attente ou de parking sur soit l'abstention soit sur d'autres candidats et que dans les derniers jours avec les débats ou là aussi avec une idée qui ferait son chemin selon laquelle la droite à qui on avait garantie que l'élection a été dorée sur tranche va être absente du deuxième tour une partie de cet électorat de droite pour reprendre la rhétorique fillonienne se révoltent se rebifent et rejoignent c'est l'espoir secret du camp Fillon c'est pas totalement exclu mais c'est pas le scénario le plus plausible actuellement
avec la stratégie du cabinet noir on va l'appeler comme ça qui peut payer dans l'opinion à quoi joue François Fillon dans ce moment là je rappelle encore une fois pour ceux qui n'auraient pas entendu depuis le début de l'émission on a été on a dû commenter les affaires pendant tout le début de la campagne on commence un peu à s'en sortir avec les débats qui arrivent et cette envie des français de parler du fond et bing revoilà le cabinet noir cette fois-ci c'est François Fillon qui accuse
c'est une stratégie à double tranchant parce que il peut effectivement se victimiser et rejeter la faute mais il rejette la faute pour l'instant sur François Hollande pas sur Emmanuel Macron donc déjà et ça a un revers pour lui c'est que quand même une partie de ses électeurs se disent bien on l'entend bien ils se disent oui mais s'il est élu il arrive tellement fragilisé au pouvoir qu'est-ce qu'il va pouvoir impliquer son programme donc si vous voulez l'idée d'être victimisé de se dire victime d'un complot de lui-même reparler encore et encore des affaires parce qu'au fond on entend que ça c'est vrai autour de lui dans les marchés si vous voulez c'est pas seulement l'extrême gauche qui l'accueille avec des casseroles qui est une agression pour lui mais c'est pas seulement ça c'est quand même les électeurs de droite aussi qui l'interpellent bah oui bien sûr alors ça c'est une vraie difficulté et c'est compliqué pour lui de gérer ce genre d'attaque je trouve
ça c'est qu'il y a
l'air oui je crois que c'est très compliqué on sent bien que c'est quand même l'énergie du désespoir c'est la dernière c'est une stratégie qui a été montée on comprend bien il y avait une séquence très importante pour François Fillon il y avait la séquence du débat c'était pas un débat à 11 c'était un débat à 5 donc c'était là qu'il devait se faire entendre parce qu'après ça va être beaucoup plus compliqué de percer après il y avait cette émission politique de France 2 qui était comme un petit une étape très importante sur le chemin de la reconquête on voit pour l'instant vos sondages le montrent et que ça va pas fonctionner donc le problème c'est qu'on a l'impression qu'il a plus trop de cartouches en besace et que ça va être très compliqué pour lui de se faire entendre dans la séquence qui s'ouvre d'autant que cette histoire de cabinet noir on voit bien ça repose sur un livre alors moi je l'ai pas lu encore en entier je n'ai dû que les bonnes feuilles mais on n'est pas sur des affirmations certaines on est sur des allégations ça semble quand même bâti sur l'argumentation de François Fillon semble vraiment bâti sur des sables mouvants et ça paraît très compliqué qu'il tienne là-dessus pendant encore 30 jours
et pourtant il dit chaque attaque me rend plus fort avec ces images qu'on voit d'un candidat quand même qui tient bon dans une période incroyablement difficile mais même les débats ils n'étaient pas mauvais
au contraire il s'en est même pas mal tiré mais si vous voulez le problème c'est que maintenant les affaires se sont si bien installées sa fragilité l'interrogation quand même sur un homme dont on ne connaissait pas cette face-là que c'est ça le problème c'est que ça infuse profondément et il peut être assez bon dans les débats ce qui a été son cas est-ce que ça vient contrebalancer ce doute sur lui qui s'est installé ou cette défiance
et puis ce doute et cette distance en tout cas ces points d'écart dans les sondages qui le mettent désormais hors jeu pour une qualification au second tour alors encore une fois on est d'accord qu'il peut se passer des choses des gaffes d'Emmanuel Macron qui seraient plus compliqués à gérer que celle-ci des ralliements mal gérés mal organisés etc mais
c'est la stratégie de Frank Underwood
si on part du principe que cette campagne aurait pu être scénarisée
si on part du principe que cette campagne aurait pu être scénarisée par les auteurs de House of Cards cette série qui met en scène un candidat à l'élection présidentielle américaine et qui essaye de dégommer les uns et les autres un seul principe prévaut pour nous qui voulons être au sommet de la chaîne alimentaire chasser ou être chassé donc François Fillon qui était chassé est devenu chasseur jeudi dernier en ciblant François Hollande pourquoi il le fait il ne le fait pas comme ça par plaisir parce que soudain ça fait sens le livre en question qui donne des révélations évidemment pas sur lui c'est pour ça qu'ils disent il n'y a pas de cabinet noir sur Fillon parce que le livre a été écrit avant et en gros il démontre qu'il y avait des instrumentalisations c'est eux qui le disent d'ailleurs instrumentalisation de la police à des fins politiques ce sont les journalistes qui écrivent ça c'est une excellente définition pour cabinet noir non ?
en l'occurrence c'était pour Sarkozy ou pour Manuel Valls d'après ce qu'ils disent quand il voit ça dans la presse quand il voit des extraits pour lui ça fait sens il dit mais s'ils ont fait ça pour d'autres avant l'élection présidentielle c'est bien l'élément qui manquait pour moi pour démontrer que tout ce qui m'arrive c'est bien ça vient de là
la question c'est est-ce qu'on est dans un duel désormais Fillon-Hollande qui est un peu hors sol dans le contexte ou est-ce que c'est un élément de campagne je rappelle le titre de cette émission Macron a rien n'est joué sous-entendu peut-il y avoir un rebond du candidat Fillon qui semble en difficulté aujourd'hui en quoi ça peut l'aider à rebondir
parce qu'il y a un codicil qui est qu'Emmanuel Macron est le candidat de François Hollande
c'était le codicil qui nous manquait
il faut pas l'oublier ce sont des éléments d'argumentation qu'il a commencé à avoir dans l'émission politique il l'a pas tellement fait dans le premier débat assez curieusement d'ailleurs on pouvait l'attendre là-dessus mais c'est pas un des arguments qu'il a utilisé il l'a utilisé un peu dans l'émission politique on imagine que ça va être les arguments qui vont venir
alors il y a un candidat qui est porté par une dynamique justement depuis ces débats qui sont des moments forts de cette fin de campagne c'est Jean-Luc Mélenchon et où on en est Gérôme Pourquet pardon de vous le dire comme ça à se poser la question de se dire s'il continue de monter est-ce qu'il peut pas croiser un François Fillon qui serait enquisté autour de 17% alors on fait pas la course de petits chevaux on est pas là à commenter mais on parle des dynamiques de campagne
effectivement dans le dernier rolling de l'IFOP monsieur Mélenchon est à 14% c'est ça Jean-Luc Mélenchon et François Fillon à 17,5% donc vous voyez que là la marge d'erreur a plus ou moins 2 points on commence à s'approcher sérieusement de cette zone dangereuse et donc c'est pas impossible bien évidemment on n'est pas sur la logique de la course de petits chevaux il y a des raisons plus profondes on était avec 2 candidats qui étaient sur le même couloir idéologique Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon et chacun au coude à coude et donc c'est pas une règle intangible mais il y avait de fortes probabilités pour que l'un prenne l'ascendant sur l'autre et qu'il y ait une autre jurisprudence qui se mette en place pour Benoît Hamon c'est ce qu'on pourrait appeler la jurisprudence Payon vous vous souvenez de Vincent Payon qui était candidat à la primaire du PS et qui avait sur sa droite Manuel Valls et sur sa gauche Arnaud Montebourg et Benoît Hamon et il a fait 6% il a été complètement siphonné alors il s'était pas préparé à cette campagne il est parti très tardivement mais là aujourd'hui Benoît Hamon il y a d'un côté tous les réformistes qui vont regarder du côté de Macron et qui jouent aussi le vote utile contre l'extrême droite il y a quelques mois on leur disait qu'il n'y aurait aucun candidat même de centre-gauche qui pourrait arriver au deuxième tour et de l'autre côté les gens qui veulent une vraie gauche qui peuvent se dire la dynamique elle est du côté de Mélenchon c'est lui qui est le plus convaincant c'est lui qui rassemble le plus de monde etc etc et donc que reste-t-il comme plus-value ou comme spécificité à Benoît Hamon si ce n'est que d'être le candidat maintenu comme on disait de la vieille maison socialiste et donc c'est peut-être ce qui est en train de s'arriver et donc si cette dynamique se poursuit on va avoir une hémorragie qui va se produire dans l'électorat de Hamon au profit de Mélenchon en disant voilà on joue nous vraiment à gauche pour un pôle de radicalité qui fasse pièce à Emmanuel Macron
une dernière question avant d'aller au troisième reportage on a vu arriver dans la campagne un sujet qu'on n'avait pas vu venir c'est la Guyane est-ce que ça peut être un débat dans cette campagne qui peut servir plus ou moins un candidat qu'un autre très vite Karl Meus
ça oui en tout cas ça peut déstabiliser une partie du gouvernement de François Hollande parce que pour le coup il y avait des promesses qui avaient été faites qui n'ont pas été tenues donc là dans une sphère gouvernementale dans laquelle près de laquelle Emmanuel Macron n'est pas si éloigné ça peut effectivement le déstabiliser maintenant c'est loin ça ne concerne pas une grande partie l'électorat je vous pose cette question parce qu'en général
dans une campagne il y a toujours un débat qui émerge qu'on n'a pas vu arriver un fait divers une problématique un groupe qui ferme une usine là on surveille dans ce moment là qui est très stratégique le sujet qui peut faire qui peut faire bouger les lignes
l'autre difficulté pour que ça cristallise autour de la Guyane c'est qu'il n'y a pas un enjeu central il y a à la fois les questions économiques pouvoir d'achat service public mais aussi les questions de sécurité avec la délinquance la question de l'immigration donc si c'était uniquement comme il y avait eu au moment de la Guadeloupe un mouvement contre la profitation comme on disait là-bas ou si c'était comme il y a eu un moment à Mayotte sur des tensions avec les flux migratoires non maîtrisées là on voit très bien et très rapidement à qui ça peut profiter là c'est un ras-le-bol général d'un département qui est sous-doté et qui a de grandes difficultés économiques et c'est pas évident qu'un candidat ait la bonne boîte à outils pour dire c'est tout ce que je dénonce qui est en train de se passer
alors il est persuadé lui qu'il peut être le plan B de la droite républicaine Nicolas Dupont-Aignan assure qu'il engrange des supporters chez les déçus du camp Fillon et qu'il est un de ceux qui peut réformer le système sa charge contre l'euro et l'Europe trouve un public il faut dire que le sujet est plutôt porteur en ce moment pour preuve l'engouement autour de la candidature de François Asselineau ce week-end il a réuni 6000 personnes à Paris séduit par un candidat on va dire singulier qui conjugue le nom à Bruxelles et la théorie du complot Romain Becker Marie Joly et David Lemarchand
c'est l'un des événements du week-end plus de 5000 personnes réunies à Paris pour écouter l'un des invités surprise de cette campagne présidentielle François Asselineau dans la salle des supporters conquis je me suis rendu compte que ce n'était pas quelqu'un qui rigolait ce n'est pas un mariole c'était quelqu'un qui avait une stature d'homme d'état qui avait un bagage culturel intellectuel historique très fort et qui nous c'est moi qui m'a réinformé
l'évidence c'est qu'aujourd'hui 80% de nos lois sont faites à l'extérieur de France et que tout simplement pour décider de notre avenir nous-mêmes comme ça nous a été rabâché pendant des années c'est-à-dire décider de son avenir soi-même etc. Aujourd'hui ça nous est refusé par l'Union Européenne
L'Union Européenne mère de toutes les batailles pour François Asselineau candidat autoproclamé du Frexit celui qui milite aussi pour la fin de l'euro
et la sortie de l'OTAN tente face aux journalistes de se distinguer de ses concurrents avec ses phrases choc
Moi ce que je sais c'est qu'il y a un proverbe turc que j'ai déjà cité et que j'aime bien citer parce que je le trouve assez rigolo qui dit on n'est pas un peu enceinte une femme elle est enceinte ou elle ne l'est pas ça c'est un peu pareil pour la souveraineté un pays il est soit souverain et indépendant soit il ne l'est pas j'ai dénoncé je continuerai à dénoncer la construction européenne pour ce qu'elle est c'est-à-dire au bout du compte si vous y réfléchissez bien un apartheid de planétaires qui ne dit pas son nom
dans le match des petits candidats François Asselineau crédité de 0,5% d'intention de vote a pris une légère avance sur un autre pourfendeur de l'Europe Jacques Cheminade le doyen de cette campagne présidentielle milite pour la sortie de l'Union et la fin de l'euro
L'Union Européenne à Bruxelles est entourée de 30 000 lobbyistes donc elle est sous influence et l'euro c'est le vice de l'Union Européenne c'est-à-dire le relais du système mondial de la City et de Wall Street avec un homme Mario Draghi qui représente le pouvoir réel en Europe à la tête de la Banque Centrale Européenne qui arrose les banques de 80 milliards chaque mois à bientôt ce ne sera que 60 mais c'est des sommes énormes et cet argent ne va pas à l'hôpital au laboratoire au développement économique
J'ai une proposition 100 euros par mois de plus pour 6 millions de retraités ceux qui sont
en dessous de 1000 et 1200 mais je finance en prenant l'argent qu'on donne
à l'Union Européenne
Pour Nicolas Dupont-Aignan aussi elle est la cause de tous les maux et donc le point de départ de toute solution Ce jour-là en déplacement sur un marché parisien le candidat souverainiste répète son leitmotiv l'Union Européenne coûterait cher aux finances publiques françaises et serait antidémocratique alors l'homme qui monte dans les sondages jusqu'à 4 à 5% des intentions de vote selon les instituts à sa solution une Europe des nations unie autour de grands projets
Moi j'ai un projet très simple de renégociation et j'ai rédigé un traité j'invite les auditeurs à le lire sur internet est-ce qu'un jour en France on peut avoir du bon sens et vouloir changer le fonctionnement de cette Europe mais pour ça il faut avoir le courage de dire à nos partenaires si vous ne l'acceptez pas on s'en va il faut un chantage vous savez il y a 3 candidats qui peuvent nous débarrasser
de ceux qui tuent la France à petit feu c'est Mme Le Pen M. Mélenchon et moi-même et bien entre les 3 c'est peut-être parce que c'est moi je pense que je suis le plus à même de mettre en oeuvre un programme sérieux et de rassembler les français
Alors qu'elle célébrait ce samedi son 60e anniversaire l'Union Européenne est plus que jamais au coeur des débats de cette campagne présidentielle et permet aux petits candidats de faire entendre leur voix
Alors les petits candidats ils n'aiment pas du tout quand on les appelle les petits candidats plutôt souverainistes on l'a vu dans ce reportage et on va y revenir mais cette question plus que l'abstention le score obtenu par les petits candidats peut-il déjouer tous les pronostics ?
Alors
Tous les pronostics peut-être pas ?
Peut-être pas certains surtout si l'ordre d'arrivée entre le premier et le deuxième ou le deuxième et le troisième et c'est vrai rappelez-vous quand même en 2002 l'élimination de Lionel Jospin par Jean-Marie Le Pen il y a 200 000 voix d'écart et donc vous avez des petits candidats ou moyens candidats Jean-Pierre Chevènement qui fait 5% Noël Mamère pour les écologistes 5% la première candidature d'Olivier Besancenot à 3 et quelques Christiane Taubira Guyanaise à 2 et quelques pourcents et donc tout ça bout à bout c'est en partie la raison de la disqualification de Lionel Jospin donc si on a des scores très serrés à la fin il n'est pas impossible on voit par exemple que Nicolas Dupont-Oignan aujourd'hui manifestement capitalise à la fois sur son coup d'éclat pour dénoncer le fait qu'il n'ait pas été invité au débat sur TF1 il y a une semaine il commence à monter dans les sondages à ce moment-là mais il capitalise aussi sur ce qu'on disait tout à l'heure c'est-à-dire une partie de l'électorat de droite qui est déçue de François Fillon mais qui ne veut pas aller jusqu'à voter pour Marine Le Pen si Nicolas Dupont-Oignan monte à 5, 6, 7% ces points-là c'est ceux qui peuvent manquer à François Fillon pour éventuellement rattraper Emmanuel Macron ou Marine Le Pen
lui il dit je suis le plan B de la droite républicaine il n'y a pas eu de plan B organisé au sein de son parti après la primaire et après les affaires il peut aller jusque là pour l'instant ce n'est pas un gros plan B je suis allée voir
il était au salon du livre il dédicacait son programme vendredi après-midi et j'ai interrogé les gens qui étaient dans la queue alors ce qui était très intéressant c'est qu'on retrouvait les deux catégories qui correspondent aux deux phénomènes que vous décriviez à l'instant c'est-à-dire qu'il y avait à la fois des gens qui votaient autrefois pour François Fillon enfin autrefois ça ne fait pas si longtemps mais on a l'impression que ça passe et donc ils étaient dans cette queue en se disant finalement on n'a pas envie de voter pour Marine Le Pen on a voté pour elle en 2012 mais on ne veut pas voter pour elle parce que c'est trop dangereux donc de voter pour elle on va lui donner trop de voix donc finalement la personne qui nous permet de voter pour ce qu'on porte c'est Nicolas Dupont-Aignan et puis il y avait aussi des gens qui étaient par exemple des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et qui étaient là pour défendre la liberté d'expression suite au buzz incroyable qu'il a pu faire après son départ du plateau de CF1 en disant on veut que vous puissiez vous exprimer donc il est engorgé à la fois des deux côtés il était très heureux d'ailleurs de cette situation pour l'instant il est à 5% mais il peut être effectivement le Christiane Taubira l'équivalent de Christiane Taubira
pour François Fillon avec un mot quand même sur ce meeting qu'on vient voir de François Asselineau qui fait un peu plus de 5000 personnes près de 6000 personnes dans une salle de meeting avec des concepts très nouveaux qui sont nés sur les réseaux sociaux de réinformation des gens qui viennent là donc qui achètent la théorie du complot ce qui est intéressant c'est que malgré son âge
François Asselineau c'est un candidat moderne bien de l'époque c'est-à-dire qu'il fait il fait essentiellement campagne sur les réseaux sociaux sur Facebook il est très fort il affiche essentiellement dans les très grandes villes et il mise beaucoup sur Paris dans les endroits où il y a des médias et donc il donne un sentiment d'être assez important et effectivement il a tout misé aussi sur ce meeting tout ça avec effectivement une théorie ramassant tout ce qui circule dans l'époque contre l'Europe le complot des puissants et en même temps c'est un ancien inspecteur des finances c'est assez drôle c'est le candidat anti-système qui en est issu et qui surfe vraiment beaucoup sur les réseaux sociaux
En tout cas dans cette idée qui est que rien n'est joué à 27 jours du premier tour le rôle des petits candidats au soir du 23 avril et les scores qu'ils font seront importants dans l'ordre d'arrivée des candidats eux-mêmes
Voilà et c'est aussi une autre surprise c'est qu'on ne s'attendait pas forcément à ce qu'un certain nombre de ces petits candidats aient l'éparrainage ils ont eu l'éparrainage donc ça montre déjà qu'ils avaient des réseaux qu'ils ont été capables
Et on les verra dans les débats ces candidats dans les deux grands débats qui arrivent On passe maintenant à vos questions Le problème ralliement de Dominique de Villepin à Emmanuel Macron est-il une bonne nouvelle pour lui ?
Pour Emmanuel Macron ? Oui C'est une bonne nouvelle au sens où ça le leste mais lester un candidat ça peut aussi Le faire couler ? Pas le faire couler mais l'empêcher d'aller en marche aussi rapidement c'est ce qu'on disait tout à l'heure Il est sur le fil du rasoir entre le renouvellement et le recyclage Il y a un moment le renouvellement qu'il incarne et qu'il veut promouvoir c'est bien mais si toutes les figures qu'il rallie qu'il met en avance c'est du recyclage peut-être que les électeurs se poseront des questions
C'est marrant parce que vous parlez beaucoup de renouvellement de recyclage je reprends vos mots et assez peu des questions de ligne Quand Dominique de Villepin rejoint avec ce qu'il représente politiquement Emmanuel Macron ça ne gêne pas ceux qui sont arrivés aux côtés d'Emmanuel Macron et qui sont de la gauche de la gauche des anciens communistes
Soazie Kémener rappelait tout à l'heure que tout a été organisé pour que aussi il y ait un panachage droite-gauche dans les ralliements et là pour l'instant on a beaucoup chargé du côté du flanc gauche et donc quelqu'un comme Villepin avec le discours de l'ONU gaulliste chirakien tout ça ça permet d'équilibrer c'est pas non plus une droite très libérale donc ça peut être
Oui mais regardez cette question comment Robert Rue et Alain Madelin vont-ils pouvoir s'entendre ? Rajoutez Dominique de Villepin rajoutez Dominique On est d'accord
et on s'entend derrière le commandant en chef d'En Marche qui s'appelle Emmanuel Macron qui est le seul à avoir voix au chapitre pour l'instant Surtout le sujet c'est d'abord qu'ils n'ont pas été partie prenante au programme
Oui c'est ça
Ils ne parlent pas au nom d'Emmanuel Macron et ils ne seront pas au gouvernement donc si vous voulez ça limite pas mal les risques de friction
Quel est le rôle exact de François Bayrou ou dans l'équipe d'Emmanuel Macron ?
Je pense qu'il a eu un rôle très important de densification ce qu'on disait tout à l'heure de la candidature après effectivement le prochain horizon pour François Bayrou c'est les législatives alors lui a dit que lui-même ne serait pas candidat dans sa circonscription de Bordaire qu'il avait perdu en 2012 qui avait été prise par la gauche à son grand désarroi mais le but c'est d'influer d'être présent qu'il y ait un groupe modem à l'Assemblée enfin un groupe modem à l'Assemblée c'est ce qu'il attend et c'est ce qu'il espère après je ne pense pas
qu'on le retrouve à un autre endroit mais je me trompe peut-être Si Fillon n'est pas au second tour pour qui appellera-t-il à voter ? Macron ou Le Pen ? Il détesterait qu'on lui pose cette question mais il n'y a aucun doute
d'Emmanuel Macron mais il ne vous répondra pas Voilà c'est ça
c'est le genre de question auxquelles on refuse de répondre naturellement quand on pense que tout est encore jouable à quel candidat l'abstention profitera-t-elle ?
Écoutez ce n'est pas évident pour l'instant on a coutume de dire historiquement que ça pénalisait le Front National ce qui n'est plus du tout vrai vu que le Front National fait des très gros scores dans les catégories populaires et que ce sont elles qui s'abstiennent le plus donc je vous réponds à l'envers une abstention élevée pénalise plutôt le Front National
Et l'abstention dans les chiffres que vous avez aujourd'hui est un poil plus haute que ce qu'elle était habituellement à un mois d'une présidentielle
Donc là on est plutôt sur un étiage qui nous laisserait penser qu'on va être vers ce qui s'est passé en 2002 on y revient toujours où il y avait eu 28% d'abstention plutôt que dans les dernières présidentielles où on est entre 15 et 20% d'abstention
Aujourd'hui la personnalité des candidats passe-t-elle avant la qualité de leur programme ? Raphaël Baquet
Mais depuis toujours les deux sont liés et depuis toujours les électeurs identifient une ou deux mesures phares mais surtout effectivement mesure la personnalité des candidats si vous voulez Et d'ailleurs c'est une bonne façon de juger car il y a tellement d'accidents de l'histoire si vous voulez qu'il faut élire quelqu'un qui est capable de réagir justement à une crise financière à une guerre à une série d'attentats On va prendre le sujet par le petit bout
de la lorgnette c'est ça que vous voulez nous dire ?
Ah bah non pas du tout Non pas du tout au contraire parce que la capacité du président à réagir aux imprévus aux crises graves à avoir aussi autour de lui c'est pas seulement un homme mais avoir autour de lui une équipe qui soit capable de faire face à une guerre une crise tout à fait inédite ou encore une fois une vague d'attentats c'est très important et c'est largement aussi important que 150 propositions
Le vote utile va-t-il être déterminant ?
Il l'est déjà en partie Il l'est déjà ? Par exemple on voit que c'est un élément moteur ou majeur de la dynamique autour d'Emmanuel Macron avec notamment tout cet électorat de centre-gauche qui voit en lui la capacité d'être représenté au deuxième tour alors que tout le monde a annoncé qu'il ne serait pas là
Mélenchon en pleine dynamique peut-il dépasser Fillon dans les prochaines semaines ? C'était la question qu'on se posait tout à l'heure
Si on regarde les chiffres c'est pas impossible maintenant ça voudrait dire que le score de la droite est vraiment effondré
Si Jean-Luc Mélenchon fait un meilleur score que Benoît Hamon quel sera l'avenir du parti socialiste ? C'est la fameuse question
de lui il parlait du casse ça va être très compliqué on peut imaginer qu'il y aura par exemple deux groupes socialistes à l'Assemblée nationale qui seraient portés par Manuel Valls et puis un autre par Benoît Hamon mais ça va être alors c'est pas un parti qui va disparaître comme ça mais on a du mal à imaginer qu'il occupe une place majeure si c'était ça qui devait arriver si les républicains et le parti socialiste ne sont pas qualifiés pour le second tour les deux partis explosent ça sera la première fois sur la cinquième république qu'aucun des deux enfin que les deux en même temps ne seraient pas qualifiés or la cinquième république s'est reposée sur ces deux piliers depuis le début quasiment donc ça sera un coup de tonnerre et pour le coup il y aurait des divisions vous avez rappelé tout à l'heure un de vos téléspectateurs demandait que va faire François Fillon une partie de la droite appellera à voter pour Emmanuel Macron les électeurs et une autre partie de la droite que feront-ils donc ça ça crée des divisions et on imagine très bien on voit ce qu'a dit Benoît Hamon hier soir au JT de France 2 on voit tout de suite que dès le lendemain du 23 avril le 24 les couteaux enfin même le 23 à 20h30 les couteaux seront ressortis du côté du PS
Hamon et Mélenchon ont tout intérêt à s'unir pourquoi ne le font-ils donc pas ? est-ce que c'est possible encore maintenant ? ah ben là maintenant c'est fini il n'y aura pas de happening de fin de campagne on n'a plus aucune chance l'un et l'autre séparés donc ils sont offens
ça voudrait dire qu'il y en ait un qui s'aborde sa campagne parce que pour le coup le nombre de candidats étant là il s'aborderait complètement sa campagne c'est impossible et en plus si pour les électeurs c'est la même gauche eux-mêmes incarnent deux parcours différents et deux idées de la gauche quand même mine de rien un peu différentes sur l'Europe ils sont Jean-Luc Mélenchon a critiqué le quinquennat de François Hollande dès le début et Benoît Hamon a été ministre jusqu'en 2014 il a critiqué une gestion du pouvoir c'est pas la même chose
une campagne électorale ne se gagne-t-elle pas dans la dernière semaine alors c'est plus le dernier mois c'est la dernière semaine
il peut y avoir des accélérations et des surprises mais les sous-bassements sont présents à l'avant vous voyez par exemple Emmanuel Macron la dynamique vient de loin on a parlé de la primaire avec les surprises Fignon avait décollé pas dans les derniers jours
merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h50 on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5 Sous-titrage Société Radio-Canada
Emmanuel Macron