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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 3 avril 2026 10 min

Moyen-Orient, prix des carburants, Marc Ferracci est l'invité de la matinale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Marc Ferat. Une première question d'actualité, c'était mercredi le retour du député Raphaël Arnaud, député LFI. Il y a eu un visuel de votre parti Renaissance qu'on va voir.

LFI fait revenir la violence à l'assemblée. C'est le le ce qui est écrit sur ce visuel. Ça vous a choqué son son retour à l'Assemblée nationale ?

Vous pensez qu'il aurait dû démissionner ? Vous savez, aucune règle de droit n'empêche le député Raphaël Arnaud de retrouver son poste à l'Assemblée nationale. Mais après, il y a le droit et puis il y a la morale, il y a la dignité personnelle.

C'est un député qui en connaissance de cause a embauché des collaborateurs qui appartenaient à un mouvement violent qu'on appelle la jeune garde. Et de ce point de vue, compte tenu de ce qui s'est passé à Lyon il y a quelques semaines, effectivement la dessence, la dignité personnelle aurait peut-être pu l'amener à démissionner. Et moi, j'avais pas beaucoup d'illusion sur le fait qu'il ne le ferait pas et j'avais pas beaucoup d'illusions sur le fait que la France insoumise le soutiendrait parce que effectivement, même si rien ne l'incrimine directement, c'est ce que j'ai dit, il y a aucune aucun élément juridique qui l'incrimine directement euh mais après il y a la morale, la descence politique.

Euh mais on sait bien que la France insoumise n'en fait pas preuve de manière générale. Alors euh on parle aussi euh de la France insoumise autour du maire de Saint-Denis, fraîchement élu euh Bali Bagayoko qui appelle à un rassemblement demain à Saint-Denis contre le racisme. Euh et il y a une petite nouveauté puisque le parquet de Paris a indiqué euh euh hier avoir ouvert une enquête hein pour je cite un jure public en raison de l'origine l'ethnie, la nation, la race ou la religion qui fait référence à des propos tenus sur la chaîne C News que monsieur Bagayoko demande à à fermer.

Est-ce que vous serez à ce rassemblement demain ? parce que toute la représentation nationale ne devrait pas se retrouver, même si c'est une initiative de la France insoumise contre le racisme. Le droit le droit à manifester et en particulier le droit à manifester pour lutter contre l'infamique et le racisme, c'est un droit qui est protégé par la Constitution et que moi je soutiendrai en ver et contre tout contre vents et maré.

Je serai pas là demain parce que ça n'est pas mon mouvement politique et ça n'est pas transpartisant. Bien sûr que c'est transpartisant. Vous savez, moi j'ai porté une proposition de loi visant à lutter contre les discriminations que d'ailleurs la France insoumise n'a pas voté.

Ce qui montre aussi que il y a parfois un peu d'hypocrisie dans ces combats-là. Mais en tout état de cause, euh ce droit à manifester, il est évidemment nécessaire de le défendre et moi je le défends euh et en particulier s'agissant de la lutte contre le racisme. Et au-delà de vous euh il faudrait pas qu'il y ait une symbolique par exemple des présidents des des deux chambres, madame Bron Pivé, monsieur Larchet.

Euh ça c'est une question qu'il faut leur poser, mais vous savez euh malheureusement euh des injures racistes ou euh ça c'est la justice qui en décidera, euh ou des comportements racistes ou discriminatoires, euh il y en a beaucoup dans notre société. Euh donc il faut être conscient que ce combat est amené. Euh il faut lorsque on a l'occasion de le faire avec les outils du droit de la loi faire passer les textes qui sont nécessaires et ensuite ceux qui veulent aller manifester le font.

Euh moi encore une fois, je défendrai toujours ce droit à manifester. Alors euh inutile de le rappeler, depuis le 28 février, il y a la guerre entre Israël, les États-Unis et et l'Iran qui touche tout le Moyen-Orient et la conséquence pour pour les les Français, c'est la crise autour des carburants. Il y a eu des aides ciblées he 70 millions d'euros agriculteurs, transporteurs, pêcheurs, mais est-ce que les particuliers doivent être aidé alors que Sébastien Lecnu nous dit que a priori il faudra cibler encore et encore mais pas je dirais ouvrir les vannes sans mauvais jeu de mot pour des milliards que la France n'aurait pas.

On peut pas ouvrir les vannes. On peut pas ouvrir les vannes. Vous connaissez la situation budgétaire qui est la nôtre.

Euh et donc euh si on doit aider les gens et on a commencé à le faire, le gouvernement a commencé à aider certaines filières professionnelles, il faut aider ceux qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire à la fois les ménages modestes et ceux qui sont dépendants euh de leur voiture, de leurs véhicules. Euh c'est pour ça que euh il faut regarder la situation de manière extrêmement fine sur le terrain. C'est la raison pour laquelle le Premier ministre a dit que chaque mois on ferait un point et on ajusterait les dispositifs millions.

Vous avez raison, c'est pour avril. Voà, c'est sur une base mensualisée et chaque mois, on verra s'il est nécessaire d'aider plus largement. Sachant que encore une fois, les aides, elles peuvent coûter très cher.

On l'a vu ces dernières années, on l'a vu au moment de la crise en Ukraine et nous devons préserver préserver nos finances publiques parce que un moment un autre ce que payent aujourd'hui les consommateurs, il ne faut pas que à travers les aides ce soit ce que le contribuable paye demain en remboursant la dette. Alors, vous avez parlé dans votre liste des ménages modestes, mais justement ma question, elle est-ce que euh il faudrait pas aider un peu plus ou même aider les ménages modestes ? On a compris que le quoi qu'il en coûte est derrière nous, pour autant euh ce sont des gens qui vont travailler tout autant que les pêcheurs, euh les agriculteurs ou les transporteurs routiers.

Alors, comment les aider ? Avec quel argent ? Et est-ce que c'est pas urgent ?

Tout à fait. Les aides à domicile, les infirmières libérales, les artisans de manière générale sont des gens qui sont très dépendants de leur mobilité, en particulier en zone rurale. On le sait.

Maintenant, il faut faire un diagnostic sur le niveau de dépendance qu'ont les gens vis-à-vis de leur véhicule. Euh, il faut évidemment cibler les ménages les plus modestes et y aller de manière, j'ai envie de dire concentrique. D'abord si ceux qui en ont le plus besoin et ensuite voir si la crise perdure parce que au fond le vrai problème de toute cette affaire c'est la durée de la crise la durée de la crise, c'est ce qui a été dit au tout début euh par monsieur l'Escur, mise de l'économie, le risque c'est la durée du conflit.

On est déjà à 4 semaines et Donald Trump part de 3 semaines supplémentaires. Donc le gouvernement français sait que ça va durer. Alors ça va durer.

Le président des États-Unis a annoncé que ça durerait encore 3 semaines. En tout cas que les frappes militaires pourraient durer encore 3 semaines. Nous nous devons rester souple et agiles dans nos interventions et dans les aides que nous proposons au ménages ou aux entreprises.

Je pense que cette idée de faire un point chaque mois, de cibler au maximum compte tenu des déficits publics et du niveau de la dette, c'est la bonne idée et je pense que le gouvernement de ce point de vue, a pris les bonnes décisions. Alors, on le sait, les taxes sur les carburants font entrer de l'argent dans les caisses de l'État par la TVA par exemple. Le Premier ministre a parlé d'un surplu fiscal, ce qui laisse entendre aux français que il y a peut-être de l'argent à redistribuer.

C'est quoi ? C'est une petite erreur de communication alors que depuis le début, il dit "On ne peut pas distribuer l'argent qu'on a pas." Il s'est un petit peu écarté de sa ligne de de Non, je pense pas parce que il a parlé de surplus éventuel.

Il a dit que dans les dit en coulisse que ça va être chiffré bientôt tout à fait. Il a dit serait autour entre 300 et 500 millions. Il a dit que la transparence serait faite sur ces rentrées fiscales additionnelles.

Ce qu'il faut bien voir c'est que il y a une partie de la fiscalité qui s'applique sur le prix du carburant. C'est la TVA. Il y a une partie qui ne dépend pas du prix du carburant.

C'est ce qu'on appelle l'accise, la taxe sur les carburants. Effectivement, quand le prix augmente, vous avez des rentrées de TVA supplémentaires. Mais il faut bien faire attention parce que lorsque les prix augmentent, vous avez un autre effet qui est que les gens peuvent décider de prendre moins leur voiture, de moins consommer.

Et donc cet effet volume, il peut venir compenser l'effet de telle sorte que les surplus les surplus ne seront pas forcément très importants. Donc il faut d'abord les chiffrer et le gouvernement, le premier ministre a annoncé que toute la transparence serait faite mais surtout il faut voir un petit peu plus large à la fin. Il faut quand même se le dire, il y aura pas de surplu pour l'État parce que une crise pétrolière ça génère toujours des pertes de recettes fiscales.

Il aurait mieux fait de s'abstenir un moment. Moi, je fais certainement pas la leçon au premier ministre, surtout dans une situation aussi difficile que celle-là. Vous avez un avis peut-être là.

Moi, je pense qu'il a eu raison de dire que un, nous avons peu de marge de manœuvre budgétaire et de surtout que cette crise allait avoir des conséquences sur les recettes de l'État. J'écoutais ce matin justement sur France info des artisans du bâtiment. Exactement. des artisans du bâtiment euh qui montraient que les prix de l'essence touchaient déjà leur profession.

On sait qu'il y aura des effets sur l'emploi, on sait qu'il y aura des effets sur les difficultés des entreprises et tout ça ça va se traduire par des recettes fiscales en moins. C'est ce qui se passe à chaque crise pétrolière. Donc on ne peut pas considérer que à la fin l'État va profiter de cette crise.

C'est une absurdité. C'est juste faux. Faux et faux.

Très bien. Alors, il y a une présidentielle qui se profile Mat dit en 2027 et vous vous êtes un peu en colère vous le macroniste historique. Vous aimeriez que votre parti, s'il doit changer de nom, vous êtes pas contre, mais s'appelle à nouveau, soit en marche, soit la République en marche alors que Gabriel Atal propose éventuellement de l'appeler Nouvelle République.

C'est quoi pour vous ? Vous voulez être solidaire de l'héritage d'un président qui de toute façon partira en 2027 ? Non, d'abord je suis pas en colère.

Je pense que vous avez écrit à Gabriit avec certains de mes collègues. Bah, il y a un débat sur le nom de notre parti. Le parti a décidé de changer de nom.

Bon, d'abord moi je considère que changer de nom trop souvent, c'est pas une bonne idée. On dit souvent que c'est pour effacer quelque chose et quitte et quitte et quitte à engager cette démarche, je le trouverais censé qu'on revienne effectivement en marche sur la République en marche parce que vous savez, on a fait beaucoup de choses depuis 2017. Il y a des choses qu'on a réussi, il y a des choses qu'on a manqué.

Euh mais si on veut se projeter dans l'avenir, si on prétend avoir un avenir en tant que parti politique, il vaut mieux assumer son histoire. Je pense que cette démarche consistant à revenir aux sources, à revenir aux fondamentaux, c'est aussi une manière d'affirmer son identité politique et de montrer que derrière l'aventure collective que nous avons vécu avec Emmanuel Matron, il y a des idées, il y a une doctrine politique. C'est aussi une manière de réaffirmer la lutte contre l'assignation, l'assignation sociale, la lutte pour la création de richesse, la lutte contre tous les déterminismes.

Moi, ce sont des combats qui me sont aujourd'hui encore très chers. Je me suis engagé en politique Gabri, on le sait, il veut rompre avec la Macronie depuis la dissolution. Il n'a pas accepté, lui qui était premier ministre, d'apprendre comme nous quasiment qu'il y avait une dissolution.

Et donc il cet héritage, il en prend un peu mais il n'en veut pas de manière je dirais comme un boulet pour sa éventuelle campagne présidentielle s'il est candidat. Je ne pense pas du tout que cet héritage soit un boulet. Je pense que un grand nombre des principes que nous avons défendu sont toujours valables.

Libérer l'économie, protéger les Français, on vient d'en parler. L'idée de libérer et protéger, on la retrouve aujourd'hui dans la gestion de la crise et on a géré beaucoup de crise avec un certain succès parce que la France est toujours debout après le Covid, après la après la guerre en Ukraine, après tout ce que nous avons traversé collectivement. Donc ce qui s'est passé, il faut l'assumer.

Les décisions politiques et les réformes que nous avons menées, peut-être que certaines euh gagneraient à être encore plus audacieuse et encore plus forte, mais fondamentalement, je pense que euh ce que vous appelez cet héritage, il faut l'assumer pour construire l'avenir. Merci beaucoup Marc Ferati d'être venu sur le plateau de France Info.