Patrick Imbert : "Dans mon film, plus on grimpe, plus on laisse parler la montagne"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Bonjour Patrick Imbert.
- 0:13OuverteRéponse directe
Vous êtes le réalisateur du Sommet des Dieux, un film d'animation sorti en salle mercredi, qui est une libre adaptation du manga éponyme de Jiro Taniguchi, qui lui-même est une adaptation du roman du japonais Baku Yume Makura.
- 0:27OuverteRéponse directe
Le Sommet des Dieux, pour raconter l'histoire, c'est l'histoire de Fukamashi, un jeune journaliste nippon qui va retrouver un alpiniste qui a disparu des radars, mais qui est en possession d'un appareil photo, un Kodak, qui serait celui de Mallory, un alpiniste britannique, dont on ne sait pas s'il fut le premier à avoir atteint le sommet de l'Everest dans les années 1920.
- 0:49OuverteRéponse directe
Patrick Imbert, on va juste entrer avec vous dans le film avec un extrait, c'est la scène d'ouverture.
- 1:11OuverteRéponse directe
Le film, Patrick Imbert souffre donc sur un plan de montagne, où on entend le souffle de la montagne, celui des alpinistes Irvine et Mallory. Grandiose !
- 1:28OuverteRéponse directe
Est-ce que ces deux types, Mallory et Irvine, ont gravi l'Everest en 1924 ?
Temps de parole
- Locuteur non identifié58 %
- Présentateur41 %
≈ 9,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
6h19, tout de suite l'invité du 5-7. France Inter, le 6-9, Laetitia Gaillet. Bonjour Patrick Imbert. Bonjour. Vous êtes le réalisateur du Sommet des Dieux, un film d'animation sorti en salle mercredi, qui est une libre adaptation du manga éponyme de Jiro Taniguchi, qui lui-même est une adaptation du roman du japonais Baku Yume Makura.
Le Sommet des Dieux, pour raconter l'histoire, c'est l'histoire de Fukamashi, un jeune journaliste nippon qui va retrouver un alpiniste qui a disparu des radars, mais qui est en possession d'un appareil photo, un Kodak, qui serait celui de Mallory, un alpiniste britannique, dont on ne sait pas s'il fut le premier à avoir atteint le sommet de l'Everest dans les années 1920. Alors c'est entre histoire vraie, celle de George Mallory, et la fiction. Patrick Imbert, on va juste entrer avec vous dans le film avec un extrait, c'est la scène d'ouverture. Le film, Patrick Imbert souffre donc sur un plan de montagne, où on entend le souffle de la montagne, celui des alpinistes Irvine et Mallory.
Grandiose !
Merci ! Oui, c'est une manière d'introduire le sujet, puisque c'est le sujet de départ. Est-ce que ces deux types, Mallory et Irvine, ont gravi l'Everest en 1924 ? Ça, on ne sait pas trop, mais on présente un peu ça, et puis on aura la réponse plus tard.
Alors Patrick Imbert, on ne peut pas résumer 1500 pages d'un manga. Comment on choisit, en 1h30, qu'est-ce qu'il était important pour vous de raconter dans ce film ?
Moi, non, on ne peut pas tout faire. Moi, je suis parti de l'émotion que j'ai eue, et des sentiments que j'ai eus en lisant la BD. Et je me suis dit que c'était ça le principal, et je me suis aussi demandé ce qu'avait voulu dire l'auteur dont la BD est tirée. Et en fait, il m'est apparu, à tort ou à raison, que c'était l'itinéraire des deux personnages principaux, qui étaient importants, et que tout le reste était, on va dire, de l'accessoire, plus ou moins accessoire. Et j'ai fait le tri en fonction de ça. Mais une fois qu'on a dit ça, il faut chercher exactement ce qu'il faut mettre.
Et quand je dis que la scène est grandiose, parce qu'on voit beaucoup de montagnes, effectivement, le sujet est là-dessus, mais le sommet des dieux, finalement, tout est dans le titre ?
Oui, pas tout à fait. Alors, dieux, c'est un peu délicat, parce que c'est adapté d'une oeuvre japonaise. Dieu, là-bas, ça se traduirait plutôt par esprit, alors que chez nous, c'est une connotation religieuse qui n'a pas tout à fait lieu d'être. Donc, il faut plutôt le voir sous un côté mystique que religieux, en fait.
Et c'est un film qui, finalement, dialogue peu, parce que La Montagne, et c'est ce que vous avez voulu montrer, enfin, c'est la question que je vous pose, mais La Montagne, c'est le véritable troisième personnage entre Fukamashi, le photoreporter nippon, et Abu Joji, l'alpiniste russe, qu'il va suivre.
Oui, le film, il est construit sur une progression, une progression de l'altitude, on va de plus en plus haut, mais aussi avec une raréfaction de la parole. C'est-à-dire qu'au début, il y a plus de dialogue pour installer des scènes, dialoguer avec les personnages, pour les connaître un peu mieux. Évidemment, plus ils grimpent, quand ils grimpent, évidemment, quand on grimpe, c'est un effort, on ne parle plus. Donc là, on a plus de place pour laisser parler la montagne, en fait, pour le dire vite. Mais c'est tous les sons de la météo, les craquements des glaciers, tout ça, le vent.
Mais La Montagne, quand je dis troisième personnage, elle apparaît vivante, en fait.
Elle apparaît vivante, parce qu'on a les moyens de la faire parler, au cinéma on a du sang, alors qu'on ne l'a pas dans la BD, ça serait bête de ne pas l'utiliser.
Il y a une sensation, quand on regarde Le Sommet des Dieux, et que l'on ressent aussi à la lecture de la bande dessinée, c'est cette sensation de froid, de manque de souffle, du vent. Comment vous l'avez retranscrit, vous, dans le... comment vous avez fait pour le retranscrire dans le film d'animation ?
En fait, on cherche, par tous les moyens dont on dispose, à faire ressentir des sensations. Bon, là, c'est le froid, si ça marche, tant mieux, mais c'est les émotions, c'est la tension, c'est la tristesse, peu importe. Et avec ça, pour obtenir ça, on va chercher dans le montage, dans les décors, dans le son, le moindre bruitage et travailler pour donner la bonne sensation, et la musique, évidemment. Donc, en fait, on fait feu de tout bois, si on peut dire.
Mais vous les avez trouvés où, ça ?
Mais on les cherche, en fait. Rien n'existe comme ça, on ne peut pas juste se ramasser, se baisser et ramasser le bruit qui va bien, ou l'image qui va bien. Il faut les chercher, et pour les bruits, en particulier, c'est souvent... 100 designers travaillent avec des banques de son, et des bruitages faits ad hoc. Mais bien souvent, il n'y a pas un bruit qui va bien pour le vent, ou un bruit qui va bien pour la glace, c'est des mélanges de bruit qui sont retravaillés par la suite, qui sont très bricolés, quoi. C'est du bricolage.
Mais c'était quelque chose que vous cherchiez aussi ?
Oui, absolument. Absolument, parce que, on a dit que c'est le troisième personnage, c'est surtout le moment où il faut que les décors s'expriment, en fait. Et donc là, il faut y aller à fond, quoi. Il faut jouer cette carte.
Et comment graphiquement on aborde la montagne ?
Graphiquement, je me suis aperçu en me documentant qu'il y avait énormément de films et de documentaires sur la montagne, avec des images qui aujourd'hui sont géniales, soit des vues d'hélicoptères ou de drones, et ça tourne dans tous les sens, c'est hyper impressionnant. Nous, on ne pouvait pas faire ça, c'est en 2D. Donc, on a joué une autre carte, plus posée, on va dire. Mais on a travaillé les compositions, les effets de profondeur, avec un peu de flou, avec tout ce qu'on a pu trouver, avec les éléments, pour donner cette profondeur-là, en fait. Mais on va dire qu'on a travaillé avec notre matériel d'animation traditionnelle à plat, quoi.
Quand vous dites en 2D, ça veut dire que tous les dessins sont faits à la main ?
Oui, à la main. Alors, à la main, sur l'ordinateur, mais à travers une palette graphique. et c'est comme les vieux Disney de l'époque, on fait tous les dessins en par un, en fait.
Et quand je dis qu'il y a peu de dialogue, il y a une phrase dans le film, Abu Joji dit, Fukamashi demande à ce vieil alpiniste, pourquoi tu fais ça ? Réponse d'Abu Joji, une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer, il n'y a plus que ça qui compte. C'est ça aussi que vous voulez montrer, c'est l'addiction à la montagne ?
Oui, c'est là où je trouve que l'image a un intérêt, c'est de le montrer. Limite, moi je me serais bien passé de cette phrase, mais bon, c'est quand même bien de faire parler les personnages, mais je crois qu'on peut faire comprendre aux gens, ou au moins les faire adhérer à quelque chose, en les immergeant dans un univers. Et c'est ce que j'essaie de faire avec la montagne.
C'était ça que vous vouliez reproduire, en fait, dans le choix du manga, en fait, à l'intérieur du manga, prendre ça ?
Pas que, mais à ce moment-là, en tout cas dans la phase montagne, oui, oui, je pense que l'immersion permet de... Enfin, l'immersion et les sensations permettent de mieux comprendre ce qui peut motiver ces mecs-là, par exemple.
Vous connaissiez, vous, la montagne, avant de vous...
Pas du tout, pas du tout, non.
Donc, qui vous a aidé, des alpinistes ?
Oui, des alpinistes, on a eu Vincent Vachette, un semiteur français, semiteur, on appelle comme ça les gens qui ont gravi l'Everest, et il nous a fait part de son expérience. On a eu aussi quelqu'un du club alpin français, qui est, donc le CAF, qui est venu au studio avec ses mousquetons, ses cordes, son matériel, quoi. Et là, il s'est vraiment pendu au petit balconnet pour nous montrer comment on faisait, comment faire des nœuds, comment s'accrocher, comment rentrer une broche à glace, enfin voilà.
Très court, Patrick Imbert, l'impact de l'animation à la française comparé aux Américains, par exemple ?
L'impact ? L'impact, je ne sais pas, mais on ne peut pas faire exactement comme eux, il faut qu'on fasse à notre manière.
Et c'est plus artisanal, mais c'est plus fort ?
Alors, c'est très artisanal, mais on est tout aussi bon, je pense.
Merci beaucoup, Patrick Imbert, réalisateur du Sommet des Dieux. Je rappelle que le film est en salle depuis mercredi, que c'est un film France Inter.
Merci. Merci. Merci.