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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 21 mai 2025 106 minFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalEnvironnement & énergieTravail & emploi

Protectionnisme américain : quel impact pour la France ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 22 %Attaque 12 %Défensif 66 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Les mesures prises par Donald Trump vous paraissent-elles économiquement justifiées ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Quelles pourraient être leurs conséquences ? Quelle réponse leur apporter ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    La base des questions, c'est l'économie française et notamment son industrie. Vous paraissait-elle pouvoir subir sans trop de dommage les décisions de l'administration Trump ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Quel serait l'effet sur les finances publiques ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Quel est le rôle de l'Organisation mondiale du commerce dans ce contexte ?

  • 50:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que la hausse des droits de douane pourrait avoir des effets positifs via un euro affaibli ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Fait
    « Pour l'Europe, cette hausse des droits de douane représente une augmentation de 25 points sur l'acier et de 15 points sur l'aluminium. »
  • 6:00Fait
    « Les droits de douanes sur les biens chinois ont pu atteindre jusqu'à 145 %. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Douane, celui qui se fait appeler Tarif Man, l'homme des droits de douane revendique ainsi l'héritage du président Mcinkle que vous connaissez bien, Mcinley qui souhaitait taxer les importations pour protéger l'industrie et financer la baisse d'autres impôts. Ces mesures auront un impact important sur l'économie mondiale et notamment française. C'est la raison pour laquelle il nous a parutu utile d'organiser l'audition sous forme de table ronde avec trois économistes spécialistes du commerce international et de macroéconomie au niveau mondial.

Le premier mandat de Donald Trump avait déjà été marqué par une sorte de guerre commerciale. L'administration américaine avait fin 2018 augmenté les droits de douane sur l'acier de 25 % et sur l'aluminium de 10 % avant de viser plus spécifiquement la Chine. La hausse des droits de douan était alors ciblée sur certains secteurs uniquement.

Si Joe Biden avait engagé une amélioration des relations commerciales avec les Européens, il n'est pas revenu pour autant sur l'essentiel des augmentations de droite de douane vis-à-vis des Chinois. Il a alors utilisé ces outils de manière ciblée et couplée avec une politique industrielle de subvention visant à soutenir les secteurs du numérique et de la transition énergétique. Avec le nouveau mandat de Donald Trump, la nouveauté réside dans l'universalité des droits de douane envisagés.

Ceux-ci sont conçus comme des outils destinés à la fois à relancer la production industrielle nationale américaine, à réduire le déficit commercial, à encaisser des recettes supplémentaires de façon à alléger la pression fiscale intérieure, mais aussi comme instrument de négociation vis-à-vis d'autres États. Certains parlent de couteau suisse. C'est même une vision assez positive des choses.

Le 10 février, les droits de douanes américains ont augmenté à hauteur de 25 % sur l'acier et l'aluminium pour le monde entier, y compris dans un premier temps pour le Mexique et le Canada qui forment pourtant avec les États-Unis une zone de libre échange. Pour l'Europe, cette hausse des droits de douane représente une augmentation de 25 points sur l'acier et de 15 points sur l'aluminium. Le 2 avril, présenté par Donald Trump comme un liberation Day, les États-Unis ont soumis l'ensemble de leurs importations en provenant de certains de leurs partenaires commerciaux à un droit de douane additionnel présenté comme réciproque.

La base de cette augmentation est un taux global de 10 % applicable à l'ensemble des importations américaines auquel s'ajoute un taux personnalisé annoncé pour un total de 60 pays, y compris les Étatsmembres de l'Union européenne. La Chine a fait un temps l'objet d'un traitement très agressif puisque les droits de douanes sur les biens chinois ont pu atteindre jusqu'à 145 %. Depuis le 14 mai, il a été annoncé des droits de douanes à 30 % pour les produits chinois importés aux États-Unis de 10 %. pour les produits importés en Chine.

Les effets de cette politique, compris par l'incertitude et les voltes faces qui la caractérisent, seront vraisemblablement néfastes pour l'économie mondiale et en particulier pour l'économie française. Et il faut le craindre, nos finances publiques pour nos finances publiques qui n'avaient sans doute pas besoin de cela. Alors, c'est pour en parler de manière plus solide, si je puis dire, que nous recevons aujourd'hui Thomas Gbin, toujours un peu difficulté sur les prononciations des noms, vous voulez m'excuser, responsable du programme macroéconomie et finances internationales au centre d'études prospective et d'information internationale, madame Isabelle Méan, membre du conseil d'analyse économique.

Vous êtes également vous-même passé par le CPI euh et puis Roll Samponero euh qui est économiste au département analyse et prévision de l'observatoire français des conjonctures économiques. Je vous rappelle à tous les trois que cette audition est retransmise en direct sur le site du Sénat et éventuellement ses réseaux sociaux. Donc madame, tout d'abord, vous êtes spécialiste donc du commerce international.

Les mesures prises par Donald Trump vous paraissent-elles économiquement justifié ? La question de manière très ouverte, je sens que la réponse Bon. Quelles pourraient être leurs conséquences ?

Quelle réponse leur apporter ? Si vous voulez bien peut-être un petit propos introductif d'une dizaine de minutes à peu près ou un peu plus si vous les madame. OK.

Très bien, merci beaucoup. Merci de m'avoir invité avec mes collègues pour parler de ces sujets de guerre commercial. Donc, il y a déjà une introduction assez détaillée sur la situation actuelle dont je vais euh essayer de de parler dans mon introduction.

Donc aujourd'hui la situation c'est une augmentation des droits douanes qui est unilatérale et universelle sur tous les biens apportés par les États-Unis pour lesquels les droits de douanes ont été augmentés à 10 points de pourcentage plus et c'est important notamment pour l'économie européenne des droits de douanes spécifiques sur l'acier et l'aluminium qui ont été portés à 25 % et une augmentation de 25 points de pourcentage sur l'automobile et les pièces automobiles et Et puis par ailleurs reste plane cette menace de droit de douanes réciproque pour les lesquels on est pour l'instant dans une situation de pause mais qui concerne tous les pays qui sont en excédent commercial sur la balance des biens par rapport aux États-Unis, y compris donc l'Union européenne. Et comme ça a été rappelé, ces droits de douane, c'est finalement une dans la continuité vraiment de l'obsession de Donald Trump sur les questions de politique commerciale qui s'était déjà matérialisé dans le premier mandat Trump par une première guerre commerciale, hein, c'était déjà une première guerre commerciale qui avait pris une forme assez différente avec des augmentations de droits douanes beaucoup plus ciblées sur certains types de biens mais d'une ampleur très importante également. avec une augmentation sur qui portait sur un total de 18 % des importations américaines.

Donc un un un un volume beaucoup plus faible mais une augmentation des droits de douane en moyenne de 4 à 26 % sur les produits qui avaient été ciblés avec un ciblage qui était déjà à la fois sectoriel et spécifique à certains pays. Donc, il y avait déjà des cibles spécifiques sur l'acier, l'aluminium, certains machines électrique et puis des un ciblage plus spécifique sur les importations depuis la Chine avec des arguments qui étaient à la fois économiques et géopolitiques. La raison pour laquelle je reviens là-dessus, c'est que cette première guerre commerciale, elle nous a fourni beaucoup de données statistiques et ça nous fournit une première expérience naturelle d'une certaine manière qu'on peut utiliser aujourd'hui pour essayer de réfléchir à l'impact possible de la politique commerciale.

Il faut rappeler que avant ça, on avait pas eu d'expérience de cette nature depuis les années 30. Donc ici, on est dans des un monde où on a très peu d'expériences de politique de ce type et de cette ampleur. Il y a les années 30, puis la première guerre commerciale et aujourd'hui une deuxième guerre commerciale qui est de nature un peu différente parce qu'elle concerne tous les biens importés par les États-Unis avec une ampleur assez importante.

Donc ce qu'on a appris de la première guerre commerciale sino-américaine de 2018, c'est que finalement les modèles théoriques qu'on utilise fonctionne pas si mal que ça. Sont assez bien les hypothèses qui sont faites dans ces modèles sont finalement assez bien validées par ce qu'on a observé. En particulier, un des éléments qui est toujours un peu en discussion dans ces dans ces modèles de politique commerciale, c'est quel est l'impact sur les biens sur les prix de vente, sur les prix à l'importation et en particulier dans quelle mesure est-ce que ces droits douanes vont être absorbés par les entreprises exportatrices étrangères versus payées par les consommateurs dans le pays qui imposent les droits de douanes dans le cas de la guerre commerciale sino-américaine.

Il y a eu beaucoup de travaux là-dessus qui sont assez unanimes pour montrer une répercussion intégrale des tarifs sur l'économie américaine. Donc c'est vraiment les Américains qui ont payé les droits de douanes. Contrairement à ce qui est répété et martelé he par Donald Trump, c'est pas les entreprises étrangères qui payent, c'est les consommateurs américains.

Comme les prix augmentent quasi proportionnellement dans le pays de destination, on a évidemment une baisse très importante des quantités qui sont importés via un effet très standard d'élasticité prix de la demande. Donc une baisse des quantités importées et un effet macroéconomique sur le PIB américain qui a été estimé autour de - 0,13 points de PIB et 25 milliards de dollars pour quand on cumule l'effet de tous les tarifs mis en place en 2018-29 par les États-Unis. Donc c'est un effet qui est relativement limité dans un pays donc avec des droits douanes qu'on concern uniquement 20 % des importations américain et dans un pays qui est globalement une économie fermée he les États-Unis c'est un pays qui a un taux d'ouverture relativement faible et donc les droits douanes même quand ils sont importants ils ont un impact sur l'économie qui reste assez limité.

Donc 013 points de PIB. Ce 013 points de PIB, il se il se divise il se divise lui-même en différentes composantes. Les consommateurs américains ont payé - 0,6 points de PIB en terme de perte de consommation réelle. les prix de des biens produits à l'étranger augmentent, ça réduit euh ça augmente les prix de vente et ça réduit la consommation réelle des consommateurs.

Donc - 0,6 points de PIB qui est compensé en partie par une augmentation des profits des entreprises domestiques qui font face à un moins de concurrence donc qui peuvent augmenter leur taux de marche et des revenus tarifes à l'époque estimés à + 0,30 % de PI. Donc ça c'est ce qui s'est passé en 2018-29 et de manière générale encore une fois ce que ça nous apprend c'est que les modèles relativement simples qu'on utilise en commerce international pour estimer l'impact de ce genre de politique sont assez bien validé par les données. Donc après, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?

Comme ça a été dit hein, c'est une politique commerciale qui est un peu différente en terme de nature notamment parce que au moins jusqu à l'heure d'aujourd'hui la politique commerciale est très peu discriminatoire entre pays. C'est 10 % sur tout le monde tous les produits qui entrent aux États-Unis à l'exception de ces tarifs sectoriels sur l'acié l'automobile et l'aluminium. Et c'est des c'est une politique commerciale qui est de plus grande ampleur he puisqu'elle concerne l'intégralité des importations américaine.

Quel est l'effet potentiel sur l'économie française ? Moi, je vais parler un peu de simulation qu'on a faite au sein du CAE. On a sorti la semaine dernière ou il y a de semaines un un joint statement avec le conseil d'économie donc du conseil d'analyse économique français et de l'équivalent allemand.

Donc, on a fait une déclaration commune sur ces sujets où on a à la fois discuté de l'impact potentiel de ces mesures et aussi on a discuté aussi, je sais pas si on reviendra peut-être là-dessus, de des représailles possibles de la repost possible européenne. Donc dans ce joint statement, ce qu'on a fait c'est qu'on a simulé à partir de deux modèles de commerce international, celui du CPI et celui du Kill Institute en en Allemagne, les mêmes scénarios et ces scénarios c'est le scénario du 9 avril qui n'est plus celui d'aujourd'hui parce que c'est des c'est un peu une situation où les scénarios changent tous les jours. Donc on a un scénario dit du 9 avril qui correspond au scénario actuel avec à l'époque les droits de douane prohibitifs sur les États-Unis et la Chine.

Donc c'est la seule différence par rapport à aujourd'hui, c'est-à-dire des tarifs de 10 % sur tout le monde plus les tarifs spécifiques à certains secteurs. Et on compare avec un scénario du 2 avril dans lequel on aurait en plus de ça des tarifs réciproques et donc des une politique commerciale qui serait discriminatoire par rapport entre les pays. Donc dans le scénario disons d'aujourd'hui du 9 avril, les estimations de ces deux modèles sont très concordantes hein.

Il y a des différences d'hypothèses de de d'horizon temporel hein. C'est plutôt des modèles de long terme. Peut-être Raoul parlera un peu plus de tout ce qui concerne les éléments plus conjoncturels, mais donc ici, on est plutôt sur des éléments de euh long terme.

Et ces deux modèles, même s'ils ont des hypothèses un peu différentes, ils retrouvent des résultats qui sont très concordants et c'est aussi pour ça qu'on voulait comparer ces résultats. Euh dans le scénario actuel, l'impact sur le la France et l'Europe généralement est relativement limité. Donc on trouve autour de - 0 1 point de PIB pour la France de manière permanente hein.

Tant que les tarifs sont en place, on a une perte de consommation et de d'output réel en France de lors de 01.2 PIB. Un peu plus élevé pour l'Europe dans son ensemble, ce qui est assez intuitif.

La France est fortement désindustrialisée, donc est relativement peu exposé à la politique commerciale par rapport à d'autres pays comme l'Allemagne ou comme les pays d'Europe de l'Est. Donc l'effet pour l'Europe reste disons relativement limité et l'impact le plus important, il est évidemment payé par les États-Unis avec un impact sur le PIB de l'ordre de 1 à 1,5 points de PIB, donc beaucoup plus élevé que ce qu'on a eu pendant la guerre commerciale sinno-américaine parce que ça concerne beaucoup plus de bien. Donc pour les faits, pour l'économie française, l'effet reste assez limité.

Mais il y a évidemment beaucoup d'hétérogénéité selon les secteurs. Il y a des secteurs qui sont beaucoup plus exposés que d'autres. Donc en particulier pour la France, pour l'Europe en général he ce qui est très coûteux, c'est les tarifs sur l'automobile et les l'acier et l'aluminium parce que ça va toucher directement un des avantages comparatifs importants de l'Europe dans le secteur des équipements de transport.

Donc par exemple pour la France, le CPI estime une baisse de production dans les secteur des équipements de transport de l'ordre de 3,1 %. Donc des effets qui sont quand même assez nettement plus importants. Et puis le dernier élément quantitatif, c'est ce qui se passe si la pose après la pause de 3 mois, on va vers un scénario où on a des droits de douane réciproque.

Dans ce cas-là, évidemment, c'est beaucoup plus coûteux pour l'Europe parce que l'Europe est en excédent commercial vis-à-vis des États-Unis, donc fait face à ces tarifs dit réciproque. Et puis en plus, c'est un scénario qui est beaucoup plus complexe parce que comme il y a des il y a une politique commerciale qui est discriminatoire, il y a beaucoup d'effets de bord, on perd en compétitivité par rapport à certains pays que pour lesquels on n pas ça dans le scénario où tout le monde fait face à un tarif de 10 %. Donc en gros dans ce scénario, les droits de douanes réciproques seraient appliqué, les pertes économiques sont environ doublées pour l'Europe avec des effets qui vont être beaucoup plus importants sur tous les secteurs exportateurs de la France, l'agro-alimentaire, le luxe, les produits chimiques et cetera.

Ça c'est ce qu'on obtient dans ces modèles de commerce un peu simples. Pour finir, je vais peut-être juste évoquer certains risques additionnels pour lesquels la quantification est peut-être un peu plus difficile et peut-être sur lesquels Thomas et Raoul vont vont revenir. Euh donc le premier élément qui est un peu compliqué, c'est que dans un scénario, la politique commerciale devient discriminatoire.

Donc si tous les pays font pas face aux mêmes barrières tarifaires, on a des effets pour l'économie européenne qui vont être potentiellement accentué par le fait que l'économie européenne peut perdre en compétitivité par rapport à certains de ces concurrents directs. Donc par exemple, le Royaume-Uni est en déficit commercial vis-à-vis des États-Unis, donc ne fait pas face à un tarif réciproque. le Royaume-Uni et exporte vers les États-Unis des biens qui sont assez concurrents avec ceux de la France.

Et donc là, il y a un effet de perte de compétitivité qui peut être un peu plus important, qui est intégré dans nos modèles, mais avec une quantification qui dépend beaucoup d'hypothèses sur lesquelles voilà, il y a une forme d'incertitude sur l'ampleur de ces effets. Il y a aussi des effets possibles qu'on appelle de diversion. C'est-à-dire que quand un pays par exemple comme la Chine perd l'accès au marché américain, il a des surplus de production qui vont s'écouler, qui vont devoir s'écouler quelque part et donc potentiellement en partie sur les marchés européens.

Et donc ça c'était notamment une grande inquiétude pendant la guerre commerciale de 2018-29 parce que on a eu ces effets de diversion. La Chine a été ciblée majoritairement par cette politique commerciale et donc les excédents de production chinois qui est un pays où on sait qu'il y a il y a une surproduction manufacturière important euh se sont en partie écoulé sur les sur les marchés européens. Donc ça c'est toujours un peu une inquiétude notamment quand on parle forcément avec des pays comme l'Allemagne qui ont aussi une production manufacturière important. ces effets de diversion sont toujours un peu des inquiétudes.

Je pense que euh euh euh pour être honnête, il faut euh voir que on sait pas très bien évaluer quelle est l'ampleur de cette diversion. Donc notamment dans le cas de la guerre commerciale sinno-américaine, on a beaucoup dit ben l'afflux de de véhicules chinois, c'est la diversion du commerce depuis les États-Unis. La vérité, c'est que je pense et peut-être mes collègues seront d'accord ou pas, que on s'est assez mal estimé quel est l'effet spécifique de la politique commerciale sur ces afflux de véhicules électriques par rapport simplement à un effet de demande, hein.

C'est un marché qui se développe et donc les productions chinoises qui sont très compétitives notamment du fait des subventions sont écoulées en partie sur les marchés européens. Donc il y a une petite incertitude sur l'ampleur de ces effets diversion et là ça dépendra beaucoup de ce qui va se passer dans les prochains mois, comment chaque pays va négocier avec Donald Trump et comment quelle sera la position européenne. Le deuxième élément qui est un peu plus difficile à quantifier, peut-être un peu mieux quantifié dans les modèles de type conjoncturel comme ceux qui sont utilisés par l'OFCE, c'est l'impact de cette de cette politique sur disons l'incertitude.

C'est un c'est une situation où globalement le plus gros effet de la politique commerciale américaine aujourd'hui, c'est de créer énormément d'incertitude autour de la politique économique. Et ça, on sait que l'incertitude, empiriquement, il y a beaucoup de travaux qui montrent que ça a un effet très fort sur l'investissement des entreprises. Donc aujourd'hui, les les entreprises, que ça soit en Europe ou dans le reste du monde vont sans doute retarder en partie leur plan d'investissement parce que on est dans une situation qui est très très incertaine et où la l'issue de ces négociations reste très incertain.

Et donc ça peut avoir un effet conjoncturel important. J'imagine que le web a regardé ces éléments là euh et euh euh donc un effet qu'on qui est pas intégré dans les simulations dont je viens parler. La dernière partie, mais c'est vraiment très très court parce que j'ai pas grand-chose à dire là-dessus, c'est que il y a évidemment des une incertitude ou des inquiétudes sur aussi le fonctionnement du système monétaire international. hein, les États-Unis sont pas for pas uniquement centraux dans le système commercial international, mais le dollar est aussi central dans le système monétaire international.

Et euh même si aujourd'hui la situation semble se calmer, évidemment, s'il y avait des mouvements importants sur la situation du dollar et sur le niveau du dollar, ça pourrait avoir des effets euh mondiaux très très importants. Voilà, je vais m'arrêter ici. Merci beaucoup madame euh monsieur Gribin, donc vous êtes donc responsable du programme macroéconomie et finances internationales au CPI.

Euh vous avez également beaucoup travaillé donc sur les questions industrielles. Alors donc la base des questions, c'est l'économie française et notamment son industrie. Vous paraissait-elle pouvoir subir sans trop de dommage les décisions de l'administration Trump et les décisions américaines qui affectent aussi l'ensemble de l'économie mondiale ?

Pouvons-nous aujourd'hui avoir une estimation chiffrer éventuellement les impacts que ça peut avoir sur l'économie française ? Merci beaucoup monsieur le président et merci à tous pour cette invitation. Ben en complément de ce qu'a dit Isabelle Mégan, je souhaiterais souligner trois points dans ici.

D'une part, le premier point, c'est sur l'impact macroéconomique donc de de cette guerre commerciale et des tarifs Trump. Donc dire tout de suite que et ça ça va dans le sens de ce qu'a dit Isabelle, il me semble que l'impact macroéconomique sera modéré et donc en particulier sur sur nos finances publiques au-delà d'aggraver ce qui existe déjà, c'est-à-dire le climat d'incertitude. Donc ça c'est le premier point.

Le premier le second point, c'est que ça risque néanmoins de porter un coût dur pour certains secteurs d'activité dans un contexte où l'industrie européenne et française souffre déjà. Mais donc la guerre tarifaire sera davantage un choc micro que macro. Et le dernier point, c'est que il me semble que le principal risque aujourd'hui de la politique américaine, c'est c'est de nous conduire à sous-estimer et de nous détourner de ce qui constitue à mes yeux la principale menace, c'est-à-dire la concurrence fisc la concurrence pardon chinoise.

Nos recettes fiscales dépendent à moyen long terme de notre capacité à créer de la richesse. Or, cette capacité de la crée de la richesse risque d'être fortement impacté par ce rôle compresseur chinois. Et donc je voudrais revenir brièvement sur ces trois points.

Donc tout d'abord sur l'impact macroéconomique modéré. Euh la France en 2024 a exportter autour de 49 milliards d'euros de biens vers les États-Unis, ce qui représente en gros 1,5 % de notre PIB. Donc on est assez peu exposé macroéconomiquement au commerce avec les États-Unis.

À tir de comparaison, les exportations italiennes vers les États-Unis représentent 3 % du PIB italien. l'Allemagne c'est 4 % et pour l'Irlande c'est 10 % du PIB irlandais. Alors ensuite quel impact sur la croissance et les finances publiques ?

Donc je pense que Raoul décrira ça beaucoup plus précisément que moi, mais je pense que ça va aussi les les prévisions faites par l'OFCE estime que la croissance en 2025 pourrait être amputée de 0 026 06 points pardon et en raison de l'incertitude. C'est-à-dire qu'en effet il y a de l'incertitude liée au climat de guerre économique et aussi de l'incertitude liée au contexte politique français. La Commission européenne est allée un peu dans le même sens lundi en publiant ses prévisions et en revoyant à la baisse notamment les prévisions de croissance pour la France.

Alors, c'est moins pire que chez chez nos partenaires aussi également parce qu'on est moins touché par par cette guerre commerciale mais la commission estime que la croissance serait de 0,6 % en 2025 contre 0,8 % qui était estimé en novembre. Et donc les deux raisons principales de ce ralentissement, c'est notamment un ralentissement des exportations et les les ralentissements de de l'investissement. La Commission européenne pointe aussi une dégradation de la situation de l'emploi et donc on voit bien que ce ralentissement de la croissance plus le risque de dégradation de l'emploi, ça veut dire moins de recette fiscale et plus de dépenses notamment d'indemnisation que ce soit pour les ménages et on verra tout à l'heure aussi pour sectoriellement.

Isabelle Méjan a aussi parlé des des évaluations macro de plus long terme et là elle confirme aussi cette cet impact modéré. Donc comme il a été dit, les chiffres suggèrent que les tarifs américains actuels vont induire une baisse de la production réelle française de l'ordre de 0,15 à 0,25 %. Donc ce qui est relativement faible.

Ce qu'on peut se demander, c'est qu'est-ce qui va se passer en cas de représaille si jamais il y avait des représailles européennes. Donc ces représailles pourrait également affecter la croissance européenne et il pourrait avoir deux effets principaux sur les recettes fiscales. Donc pour l'instant ces effets sont pas été quantifiés précisément mais c'est c'est plus des les mécanismes que je vais vous décrire ici.

Donc tout d'abord, s'il y avait des représa européennes, c'està-dire si l'Europe augmentait ses ses tarifs, ce qu'on peut s'attendre, c'est à une hausse des recettes tarifaires. Mais mais ces recettes vont aller abonder le budget européen. Ils seront pas destinés aux Étatsmembres.

Donc, ils vont pas alimenter le budget national. Ça c'est le premier effet. On peut aussi s'attendre à une hausse des prix à l'importation.

Et donc ça ça peut certes produire un peu de recettes de TVA supplémentaire, mais le problème c'est que ça risque d'être compensé par le ralentissement induit par cette guerre commerciale avec une baisse de la consommation, une baisse de l'investissement, perturbation des chaînes de valeur. Et donc au final ça risque de d'avoir peu de marges de manœuvre nouvell, il risque d'y avoir peu de marges de manœuvre pour accompagner les secteurs ou les ménages qui pourraient être fragilisés. par ce choc commercial.

Ce qui m' mène maintenant aux impacts sectoriels, je vais en dire un mot rapidement. L'impact, il risque d'être concentré. Euh les on connaît les secteurs les plus dépendants qui sont les boissons.

On parle beaucoup du cognac, des liqueurs, des vins blancs. Il y a aussi les produits de la construction aéronautique, potentiellement les produits pharmaceutiques qui sont aujourd'hui exemptés mais qui euh demain on sait pas ce qui se passerait en carte de de d'aggravation de cette guerre commerciale. Euh et donc il y a il y a certaines entreprises comme si comme LVMH qui réalise près de 25 % de son chiffre d'affaires aux États-Unis.

Le les États-Unis, ça représente aussi 33 % du chiffre d'affaires du Cognac. Donc on voit bien qu'il y a certains secteurs particuliers qui pourraient être affectés plus précisément par cette guerre commerciale. Donc je vais pas rentrer les les stratégies des entreprises diffèrent.

C'est évidemment plus facile pour le secteur du luxe de répercuter des hausses de prix sur les consommateurs que si par exemple dans le secteur pharmaceutique s'il y avait des des droits droits ne seraiit plus compliqué. Mais on voit bien que en tout cas l'effet sera concentré. Donc ce qui m'amène finalement sur mon 3è point, c'est qu'il me semble que la principale conséquence de la la politique de Trump risque moins de résider dans les conséquences directes de ces tarifs sur l'Europe et sur la France que dans le fait que elle qu'elle nous détourne de ce qui constitue le principal risque aujourd'hui pour l'industrie européenne et je dirais même pour l'économie européenne, ce qui est la conséquence qui est la concurrence chinoise. notre capacité à créer de la richesse va être fortement impactée par ce capitalisme d'état chinois qui agit comme un véritable rouleau comprenseur.

Et là, je voudrais insister sur quelque chose qui me semble très important, c'est qu'on est dans une situation qui est relativement inédite dans l'histoire économique. Aujourd'hui, on constate des écarts de coût de production de 30 à 40 % dans des pans entiers de l'industrie entre la Chine et l'Europe. On parle beaucoup de l'automobile.

On a le souvenir de ce qu'a dit notamment le rapport Dragi qui soulignait que la Chine est désormais une génération en avance dans pratiquement tous les domaines de la technologie des véhicules électriques tout en produisant à moindre coût. Mais en fait ce qu'on décrit dans le secteur automobile, ça concerne en vérité de nombreux secteurs. La chimie, la pharmacie, maintenant les machines outils et même le nucléaire.

Et donc pourquoi c'est c'est une situation qui me semble inédite ? que historiquement de tels écarts de coût de production étaient compensés par des différences significatives en matière de productivité et d'innovation. Or aujourd'hui, c'est malheureusement plus le cas.

Et donc en l'état actuel des choses, il est devenu quasi impossible de concurrencer l'appareil industriel chinois. Donc dont je répète, les coûts sont souvent inférieurs de 30 à 40 % à qualité égale et avec une stratégie prédatrice de la Chine qui vise à dominer l'ensemble des chaînes de valeur, l'ensemble des chaînes de production euh mondiale. Et ça ça commence à s'illustrer notamment dans le déficit bilatéral de l'Union européenne vis-à-vis de la Chine qui a presque triplé depuis 2019.

On est passé de 120 milliards de déficit en 2019 à près de 300 milliards depuis 2025. Ce problème de posé le problème posé par la concurrence chinoise, il risque d'être aggravé à mes yeux par la par la cette politique commerciale américaine et ça pour deux raisons. La première raison, Isabelle Mégan a évoqué ça également, c'est que la fermeture des États-Unis risque d'aggraver le problème posé par les surproductions chinoises.

Donc la Chine va chercher à rediriger ces exportations vers d'autres marchés. Or, l'Europe est l'une des rares zones économiques au monde avec un grand marché intérieur et un pouvoir d'achat élevé. Et donc ça, ça va poser un problème important pour l'Europe parce que ça risque d'aggraver notamment la pression à la baisse sur les prix.

Juste pour vous donner un ordre de grandeur de ces surproductions mondiales, par exemple au niveau des batteries, les capacités aujourd'hui mondiales de production de batterie sont quatre fois supérieures à la demande mondiale. Quand on regarde les panneaux solaires, la Chine représente aujourd'hui 80 % de la production mondiale de panneaux solaires et ils ont une capacité aujourd'hui de production dans ce secteur qui représente le double de la demande mondiale. Pour les véhicules électriques, la Chine a aujourd'hui la capacité de produire 50 millions de véhicules par an alors queon estime la demande intérieur chinoise que de 25 millions.

Donc ça potentiellement ils ont une surproduction de 25 millions de véhicules euh par an. Donc ça c'est le premier facteur pour lequel il me semble que la la fermeture des États-Unis risque d'aggraver le problème des surproductions chinoises. Il y a une deuxième raison qui me semble très importante, c'est qu'elle fracture également l'axe américano européen.

Les États-Unis et l'Europe sont confrontés à cette même concurrence chinoise et on aurait pu imaginer un renforcement d'une alliance Europe États-Unis pour tenter de limiter cette pression chinoise. C'est d'une certaine mesure ce que cherchait à faire le président Biden lorsqu'il parlait de de Frenching, c'est-à-dire développer le commerce avec des partenaires qui partagent nos valeurs et surtout nos intérêts économiques pour essayer de réduire notre dépendance à la Chine. Or, ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que le refroidissement des relations transatlantiques peut pousser au contraire certains pays à se rapprocher de la Chine.

On a vu ces dernières semaines les déclarations du premier ministre espagnol qui affiche une position d'ouverture très forte vis-à-vis de la Chine afin d'attirer ses investissements. On a vu aussi ça, je sors un peu du cadre européen, mais on a vu aussi ce qui est très symbolique que le Japon et la Corée du Sud ont récemment amorcé des discussions pour un accord de libre échange entre les pays. que voir le Japon qui est un ennemi historique de la Chine amorcer des discussions pour un accord de libre échange avec la Chine, c'est aussi révélateur d'un certain basculement.

Le plus inquiétant pour nous français et européens, c'est il me semble c'est la posture affichée par l'Union européenne, par la Commission européenne depuis 2 mois qui affiche une une posture beaucoup plus conciliante avec la Chine que c'était le cas il y a encore il y a quelques mois. Donc, il me semble qu'il y a un vrai changement de doctrine de la Commission européenne qui jusqu'alors afficha une position de fermeté par rapport à Pékin. Madame Van Derleyen parle maintenant de rechercher des avantages mutuels avec la Chine.

Elle parle de tendre la main, d'approfondir nos relations avec la Chine et même d'étendre nos liens dans les domaines du commerce. Et c'est là, je pense, une posture qui pourrait s'avérer très risquée parce que ça conduit à sous-estimer la menace que représente la Chine pour l'industrie européenne. La Chine a beau jeu de s'afficher comme un bon élève du multilatéralisme, mais cela ne l'empêche ni de subventionner massivement son industrie, ni de poursuivre une stratégie de domination de l'ensemble des chaînes de valeur, ni accessoirement, et ce qui est aussi très problématique pour les Européens, de continuer à freiner en pratique ces importations.

Et le risque, c'est que nous européens prenions un peu trop au pied de la lettre les déclarations de la d'intention de la Chine et sa posture euh de bon élève. Et je pense que là l'industrie européenne pourrait le payer très cher. Ça aurait évidemment des conséquences économiques majeures sur l'Europe et infiner des conséquences budgétaires avec des baisses de recettes fiscal voir des des augmentations de de dépenses pour soutenir tel et tel secteur en en difficulté.

Juste pour conclure ce propos introductif, il me semble qu'avec des marges de manœuvre budgétaires qui sont limitées, c'est le cas notamment en France, l'instrument budgétaire ne sera quoi qu'il en soit pas suffisant. Pour le dire simplement, on va pas pouvoir compenser avec un avec un instrument budgétaire des écarts de coût de production qui de nouveau qui sont de 30 à 40 % entre par exemple les voitures électriques chinoises et celles fabriquées en Europe. Et ce d'autant plus que même si on voulait compenser par exemple dans l'automobile, on a en tête par exemple le bonus sur les voitures électriques.

Ça la situation actuelle ne concerne pas qu'un secteur. Elle concerne comme je l'ai dit près de 80 % de l'industrie européenne. Et donc inévitablement, il y a la question de la protection de la protection du marché européen qui va se poser.

Évidemment, de telles mesures de protection ne suffiront pas pour rendre les industries européennes compétitives et innovantes. Mais ça permet en tout cas de gagner du temps et d'éviter que ces industries soient étouffées par une concurrence d'opéubention. Merci beaucoup monsieur Gribin.

Alors nous allons poursuivre et conclure ce premier tour de prise de parole avec monsieur Sampognaro. Bon, je rappelle que vous êtes conjoncturiste, que vous avez notamment développé un modèle pour apprécier les effets de l'incertitude sur la conjoncture qui a été utilisé et qui est sans doute toujours par l'OFCE pour ces exercices de prévision euh et notamment en 2024 et 2025. Donc euh vous allez évidemment intervenir en complément de vos collègues et sur la base peut-être de savoir si à court terme quel serait l'effet de la politique commerciale de Donald Trump sur l'économie et les finances publiques françaises si vous voulez revenir là-dessus et comment l'incertitude liée au voltef du président américain pourrait peser sur l'économie mais je vous laisse vous intégrer dans ces prises de paroles successives.

Ben merci beaucoup pour l'invitation et pour l'opportunité de présenter un peu une vision collective à l'FCE sur l'impact macroéconomique de la politique commerciale de Donald Trump. Je vais parler plus de la France et un peu plus du court terme. Donc peut-être ça sera moins passionnant que ce que on vient d'écouter mais et pardon, il il risque d'avoir des redondances, je m'excuse.

Bon, un peu de contexte pour la France. En fait, si on fait l'historique de la croissance du PIB français depuis la crise Covid, finalement la France en sort, on va dire comme la moyenne de la zone euro. Je pense qu'on doit être à 5 points de plus de PIB que par rapport à l'avant Covid et c'est comme la zone euro, mieux que l'Allemagne, beaucoup moins bien que les États-Unis.

Ça c'est un peu le contexte. Donc on va dire la croissance française n'a pas détonné pendant cette période là au sein de la zone euro. Et ce qui est important de savoir c'est que ces principaux moteurs récent c'était le commerce international et la consommation publique.

Donc bon je juste en disant ça je pense qu'on peut commencer à se dire que les prochains mois vont être un peu tourmentés et qu'en particulier la guerre commerciale tombe pas au bon moment pour la France. dans la vision, on va dire, de comment l'CE a intégré ce moment si particulier à sa réflexion sur la sur les perspectives macroéconomiques, je pense qu'il faut diviser en trois temps. Essentiellement, on a pris les deux premiers en compte.

Le 3e, je voulais ouvrir la discussion mais je pense qu'elle était largement ouverte par mes collègues. Donc à court terme, je pense que la guerre commerciale, c'est avant tout un moment de très forte incertitude pour l'économie mondiale. Ce qui, comme vous l'avez rappelé, s'attend bien vu mes travaux récents qui était totalement indépendant de de la politique de Trump.

Deuxième chose, il y a l'effet des droits de douane effectifs. Ça c'est le deè temps. Et à le 3è temps, je viendrai un peu plus tard parce que j'aurai moins de choses à dire.

Donc à court terme, une guerre commerciale marquée par l'incertitude. Depuis euh janvier 2025, donc depuis que Trump est président, le Peterson Institute euh comptabilise, il fait ils font un un recensement de toutes les annonces majeures de politique commercial faites par l'administration américaine. Il y en a 100, j'ai vu ça hier, il y en a 98 annonces pas mineur de politique commercial aux États-Unis.

Et en plus, on sait que non seulement c'est des annonces, mais c'est des annonces qui vont dans un sens, qui revient dans l'autre, qui ne sont pas toujours claires. Donc c'est vraiment une période marquée par l'incertitude. Il y a deux il y a des chercheurs américains ou qui travaillent aux États-Unis, Caldara et ses co-auteurs qui ont établi sur la base de recensement dans la presse notamment de mention à l'incertitude portant sur la politique commerciale américaine.

Bon, c'est on est à des niveaux vraiment jamais vu, incomparable par rapport à la guerre commerciale, on va dire 1.0 de 2018, c'est vraiment on est dans un autre monde. Et non seulement il y a de l'incertitude parce que c'est pas toujours clair, par exemple, en particulier le jour du le jour de la libération, il y avait je pense que aucune personne qui ne pouvait comprendre quels étaient les droits de douanes appliqués au Mexique et au Canada aux États-Unis.

C'était un exemple, c'est des partenaires commerciaux majeurs et personne n'était en mesure de dire quels étaient les droits de douane qui s'appliquaient. Et à droite, vous voyez, ça c'est un calcul aussi fait par des chercheurs américains sur le droit de douane effectif moyen qu'on tient compte des produits visés, des pays visés et de la structure des importations américaines. En rouge, c'est le droit de douane qui s'applique en moyenne sur les importations en provenance de la Chine.

Donc, on voit que c'est plus et en bleu, pardon, je je complète, c'est sur le reste du monde. Bon, on voit que ça augmente. Oui, il y a une guerre commerciale mais surtout ça bouge.

Donc ça ça renforce ce côté le scénario est avant tout marqué par l'incertitude et cette incertitude peut avoir des effets très concrets à court terme sur l'économie mondiale. et je fais une petite pause de blog, il y a les références à la fin de la présentation sur les effets de l'incertitude commerciale sur les flux de commerce mondial et là par exemple les importations au volume en janvier et en février aux États-Unis sont 22 % supérieurs à leur niveau près Trump. C'est vraiment c'est il y a un flux massif de marchandises des Américains qui essayent d'avancer euh leur euh leur de la la constitution de leur stock. du fait de cette incertitude.

Je précise juste que dans ces 22 %, il y a un peu des flux un peu bizarre sur l'UR, mais même si on retire l'UR, on est à plus de 10 points de d'importation aux États-Unis. C'est c'est assez massif et en parallèle, il y a une hausse des prix à l'importation pratiquée par les euh de prix à l'importation aux États-Unis. Donc il y a une réaction déjà ce processus d'incertitude a une première réaction en avance ces ses stocks, c'est ces chaînes de d'approvisionnement.

Mais surtout ce que moi mes travaux m'ont amené à voir, c'est que cette incertitude a des effets très longs. Après une fois à ce moment de restockage, après on diminue durablement les flux de commerce mondial. du fait de cette incertitude, c'est on se dit on sait pas dans un an combien ça va nous coûter ces marchandises importé.

Bah du coup, on réaloue assez rapidement les chaînes d'approvisionnement et on diminue pendant plus de 2 ans les flux d'échanges commerciaux après ce premier moment de sursaut qu'on voit déjà et qui explique en partie la le la croissance négative du PIB aux États-Unis au premier trimestre. Bon, en France, pour commencer à venir petit à petit vers la France, les enquêtes de conjoncture de l'INC montre que depuis le début de l'année, bah les carnets de commande de l'industrie à l'exportation sont plutôt moins garnis que en 2024. Donc à nouveau, on sent que ce moteur de à la croissance qui était le commerce extérieur n'est plus trop là et qu'en tout cas les industriels sont très pessimistes.

Ça c'est on peut dire ça a baissé par rapport à 2024. 2è apprentissage de des enquêtes de conjoncture de l'INC, on n'est pas du tout dans l'effondrement du commerce mondial comment ça pouvait être la crise financière globale de 2008. On n'est pas non plus dans la crise Covid.

On voit un trou d'air qui risque de peser sur la croissance française mais c'est pas encore l'effondrement. Et juste là, je j'ai pas fait de graphique mais en ce moment les trois secteurs que j'ai identifié dans les enquêtes de l'INC qui ont des carnets de commande à l'exportation particulièrement dégradé, c'est pas de surprise l'automobile, l'aéronautique, la métallurgie. C'est les trois qui signalent.

On peut pas dire qu'il y a une un lien de cause à effet, mais c'est vraiment les trois secteurs qui dont les enquêtes de l'INC ressortent comme particulièrement pessimiste. Donc je pense que j'ai déjà un peu planté le décor. L'OFCE voit un ralentissement assez marqué de la croissance qu'on prévoit à 0,5.

Et pour revenir sur nos évaluations de la guerre commerciale, bah déjà l'incertitude euh on comme Thomas l'a la l'a l'a annoncé, nous on dit que l'incertitude pèse à hauteur de 0,6 points sur la croissance de 2025 mais 03 points vient de l'incertitude liée à la politique nationale. Je pense que j'ai pas besoin de vous décrire le contexte national, mais on a 03 points qui vient de nos indicateurs de risque géopolitique. Et donc là, je je tiens à préciser, c'est vraiment là, c'est une évaluation du risque géopolitique au sens large.

Donc ça inclut la guerre commerciale mais ça peut inclure d'autres choses. que notamment avec la Russie et l'Ukraine, mais en gros l'incertitude internationale pèse selon nos modèles à hauteur de 03 points sur la croissance de 2025. Donc ça c'est l'effet de l'incertitude.

C'est vraiment notre premier pas dans la réflexion. Ensuite, les effets de droit de douane. Bon, ça a déjà été dit donc je pourrais aller beaucoup plus vite.

La France serait peu exposé quand on tient compte de la structure des exportations françaises et des réactions qu'on peut attendre selon nos modèles des prix à la hausse des droits de douane. Nous, on a publié un effet de un peu l'exposition directe serait de l'ordre de 01 point de PIB. Donc c'est assez en ligne avec ce que le CPI ou le CAE ont pu mesurer.

Donc là, on est en en en phase et euh à l'époque en fait, nous on a terminé notre prévision de jours, je dirais une semaine avant le jour de la libération. On a publié ça 2 jours après le jour de la libération et donc notre prévision tenait compte de en gros des droits de douane de l'ordre de 10 % sur tout le monde ce qui à l'époque le jour de la publication était caduc mais aujourd'hui c'est plus en face avec la réalité c'est pour montrer le côté de l'incertitude qui qui joue même dans ces prévisions. Donc aujourd'hui on n'est pas très loin ce scénario là n'est pas très loin de ce qui est en phase en cours d'application aujourd'hui.

Donc 01 points de PIB d'effet direct. Donc en gros, on se retrouve dans tous les chiffres qui circulent. On va dire si on ajoute l'incertitude plus l'effet direct, on a un effet sur le PIB de 2025 de l'ordre de qui est compris entre 01 et 04 points si toute l'incertitude internationale est un effet de la guerre commerciale.

Donc quel serait l'effet sur les finances publiques ? Bah déjà quand on pratique les finances publiques, on a un premier reflexe, c'est d'appliquer les élasticités un peu du cycle au déficit. Et donc avec les élasticités standard, on arrive à un effet sur le déficit de entre 005 et 02 points de PIB, on dire entre 01 02.

C'est pas rien. C'est pas rien dans le contexte actuel, mais c'est pas non plus très fort. Donc si je vous dis ça, c'est un calcul, on va dire rapide juste avec les élasticités standard.

Est-ce que les élasticités sont standard pour ce type de choc ? Ça c'est plus difficile à répondre. Euh bon, la chronique 2022-2024 euh des finances publiques nous amène à être prudent sur l'évaluation des élasticités, mais en gros la valeur ajoutée exportée est en moyenne moins taxée que la valeur ajoutée domestique parce qu'il y a moins de travail parce que pour des tas de choses.

Donc peut-être que même les élasticités traditionnelles sont un peu trop fortes par rapport à ce choc là. Donc on peut dire entre 01 point de PIB ou 02. Honnêtement, on est vraiment dans dans un peu le le la quantification qu'on peut se dire des effets qu'on attend aujourd'hui de la guerre commerciale.

Et je tiens à dire ces calculs ne tient pas justement compte d'éventuelles mesures que pour l'instant je n'ai pas d'information mais en tout cas s'il y a des mesures sectorielles ou d'éventuelles rétroactions on les a pas comptabilisé et tout ça est vraiment compliqué parce qu'il y a certains prix déjà qui ont déjà baissé qui ont des effets assez massifs à la fois sur les varelles macroéconomiques comme les matières premières énergétiques qui ont pas mal baissé depuis le début du du de la guerre commerciale. Donc voilà, le message c'est plutôt un effet modéré en 2025 sur les finances publiques. Après la question c'est euh si on va vers une guerre commerciale totale, mais tout ça a déjà été mentionné.

En gros, les pays les plus exposés au commerce avec les États-Unis se situent plutôt en Asie, plutôt en Amérique du Nord. l'Europe mis à part l'Irlande comme ça déjà été mentionné sont peu exposés donc on s'attend pas que par les effets on va dire de il y a ça pèse sur l'Allemagne du coup ça nous revient en France on s'attombe pas non plus à des effets très gros au niveau macroéconomique mais je pense que on l'a déjà dit mais pour moi et là je parle plus à titre personnel je pense qu'à long terme en fait on a les bourses qui ont réagi massivement. On pourrait se dire les bourses réagissent toujours massivement. nos modèles et nos outils de d'évaluation disent que c'est pas très fort.

Peut-être que les bourses réagissent un peu trop, mais peut-être qu'on est en train de rater aussi des choses. Et je pense que ces trois choses qu'on rate ne sont pas mineures. Et en partie déjà été un peu mentionné, donc je vais aller vite.

Mais on a une organisation du commerce mondial qui déjà, il faut rappeler les États-Unis ont été moteurs dans la constitution de ces règles-là. Là, on a quand même un changement des règles de jeu pas très clair, pas toujours très rationnelle et qui sont par le principal moteur dans la constitution de ces règles de commerce. Et si on voit l'article 1er euh du GAT euh qui est un peu le socle de la gouvernance des échange commerciaux, bah il y avait un principe de non discrimination qui est totalement mise à mal par le jour de la libération où on avait des droits de douanes vraiment à la carte sans même parler des formules utilisées pour leur calcul.

Donc on a un peu un changement des règles faite par un acteur central et qui change la logique des règles du multilatéralisme vers le bilatéralisme. Ça c'est une première chose qui me semble important et dans les effets, je pense que on a du mal à les évaluer à long terme sur à quel degré ça va remodeler les chaînes d'approvisionnement mondial. Deuxème chose et qui est beaucoup plus centrale dans le discours de Trump mais beaucoup moins pour le moment dans ce qui dans les évolution concrète, c'est quel est le rôle du dollar dans le monde de demain.

Je pense que c'est là où il y a une risque financier majeur, c'est vraiment lié au statut du dollar et du des obligations d'état américaines. Et on voit que malgré les évolutions de la politique commerciale annoncée que on a envie de dire, on voit les prémisses d'un recul sur la montée massive des droits de douane, les taux longs euh américains restent à des niveaux élevés et assez forts. Et bon, on voit pas de franche tendance à la baisse, notamment dans les maturités longues jusqu'à hier en tout cas.

Et enfin euh le on va dire l'autre grande pilier du discours de de Trump, c'est les les déficits commerciaux mondiaux. et et donc je pense qu'on on est à un moment où on est une réallocation de l'investissement et de l'épargne mondiale qui qui risque aussi d'être euh d'être dans les effets sont difficilement quantifiables et prévisibles à court terme, notamment vu euh la difficulté à lire le décideur public américain. Voilà.

Moi, c'est un peu ce que j'avais à vous dire. Si vous avez des questions sur les travaux qu'on a pu produire ces derniers temps, on y va. Merci beaucoup.

Nous allons évidemment passer à un jeu de questions-réponse, mais je dois vous dire madame messieur que vous avez eu des exposés, je permets de le dire comme ça, extrêmement clair euh et et comment dire, c'est toujours difficile de poser les questions pour éclairer un sujet qui a été bien éclairé. Euh voilà euh je je le dis en toute franchise. Euh h euh voilà, c'est ce que ce qui est très étonnant dans vos tris trois exposés, c'était d'ailleurs l'intérêt de vous avoir ce matin, c'est que c'est vraiment très différent de ce qu'on peut lire.

Euh alors les uns et les autres, certains d'entre vous publient euh peut-être pas assez euh en tout cas pas eu l'impression de lire beaucoup d'éléments euh aussi clair sur finalement moi ce qui me paraît être mais je peux me tromper euh euh des effets de court terme assez limités et des questionnements sur le long terme et et finalement des effets sur le long terme qui sont pas tellement liés au taux de change mais aux impacts que ça a sur la redistribution des flux économiques. Bon, j'ai un peu, si je vais le limiter à deux phrases, ma compréhension du sujet tel que vous je l'ai entendu, c'est un peu ça. Et ça on l'entend pas, enfin je trouve qu'on l'entend pas assez en tout cas et et que comme d'habitude on a des impacts où on veut faire peur, craindre bon et cetera, plutôt que d'essayer de donner des réponses un peu un peu claires sur les sujets.

Et donc je ne peux que vous inviter à communiquer davantage que vous ne le faites euh pour peut-être reposer un peu les choses sur quelques quelques sujets. Monsieur le rapporteur général, monsieur le président, d'abord mes chers collègues, je voulais effectivement remercier euh nos trois invités, nos trois intervenants. Au moins euh je partage ce que vient de dire le président là, ça bouscule hein, c'est pas on n'est pas dans le conformisme ambiant et surtout je crois qu'on n'est pas dans ce qui l'espèce de la tyrannie de l'immédiaté. où on veut et c'était je le dis hein quand ça s'est un peu bousculé c'est moins qu'on puisse dire également dans la politique enfin certaines décisions du de du président Trump euh on essayait de savoir tout de suite quelles pouvaient être les conséquences.

Je je comprends et là c'est assez euh non seulement vous êtes avec une vision commune partagée homogène mais c'est pas la première fois on comprend que euh les effets immédiats sur l'économie française au regard de de nos rapports d'échange commerciaux finalement c'est c'est pas le plus important et ce ne serait pas très important. Par contre, moi c'est ce que j'apprécie particulièrement, ça nous c'est une vraie secousse. Pendant que je vous écoutais, je je me rappelais quand la Chine s'éveillera et cetera.

Donc ça fait quand même quelques décennies et sauf qu'aujourd'hui on a l'impression que tout ça reste à bruit, sauf que ça vient percuter violemment. Et ce qui m'a interpellé, c'est notamment ce que vous avez, je crois que c'est vous, monsieur Grashbin, qui avait dit quelle était la position de madame Van Derleyen quand nous ici même, il y a encore peu de temps, on se battait pour essayer d'avoir une taxation carbone aux frontières. Et moi, je me souviens de l'Europe, pardon, je me souviens avoir entendu des industriels euh qui exportent qui sont euh euh dans la chimie, bicarbonate de soude et cetera, qui nous disait "Mais nous euh vos décisions, elles tiendront pas dans les échanges mondiaux parce que on a besoin d'aller un peu partout." la concurrence, faut pas croire que on fait c'est un espèce de havre de de paix et qu'on peut aussi facilement protéger l'Europe dans les dans les échanges internationaux et et le risque effectivement c'est qu'on se retrouve à un moment peut-être de manière un peu brutale en en danger par rapport euh à la très grande puissance euh de la Chine.

Voilà. Donc c'est pas finalement on est on est dans l'effet ce que j'appellerais un peu l'effet rebond qu'on n'a pas vu venir mais qui doit me semble-t-il être une alerte sérieuse. Moi j'ai peut-être deux questions. et l'Organisation mondiale du commerce dans tout ça, vous l'avez monsieur Sampognaro exposé à la fin, mais voilà, ça doit nous réinterroger parce que finalement un acteur vient tout bousculer, fragiliser et donc est-ce que l'outil est encore adapté ?

Quelle quelle règle nouvelles ? parce que je pense qu'il faut jamais ni se résigner ni subir donc quelles règles nouvelles on pourrait poser pour imaginer je dirais des nouveaux équilibres et puis ça a également été abordé sur les conséquences de la de la de la hausse des droits de douane avec le fait que tout ça aux États-Unis risque de créer de l'inflation peut-être de renchérir le dollar alors au dépend de l'eur mais est-ce que ça aurait revers de la médaille est-ce Est-ce que ça pourrait avoir quelques effets positifs puisque si l'euro est un peu plus faible, est-ce que ça vous donnerait selon vous des avantages concurrentiels et compétitifs en matière de commerce international ? Est-ce que ce serait ou non significatif ?

Voilà, je veux pas être plus long mais vraiment comme le président l'a dit, je suis content de de notre choix. Merci monsieur le rapporteur général. Je vous propose de poursuivre avec les questions de nos collègues Bernard Delco, Vanina Paul Gajum.

Oui, merci. Merci monsieur le président. Merci pour vos exposés.

Je partage à la fois ce qu'a dit le président, il faut les exposer très clair et ce qu'a dit le rapporteur général euh à savoir des propos qui sont rassurants par certains côtés mais inquiétant quand on regarde ce qui se passe et et vos propos concernant plus particulièrement la Chine. Alors moi j'ai j'ai deux questions. La première, elle pose elle concerne l'imposition minimale de 15 % qui a qui avait été décidé à l'échelle de l'OCDE, donc avec les États-Unis sur qui visait principalement les GAFAMA mais pas seulement.

Je crois que c'était toutes les entreprises dont le chiffre d'affaires était supérieur à 750 millions d'euros si je me trompe pas. Euh d'ailleurs en France, nous avons, je crois que c'est dans le PLF 2024 voté cette imposition minimum qui avec une liquidation de l'impôt qui doit avoir lieu en en 2026. Euh aujourd'hui, les États-Unis euh enf dès février dernier ont dit qu'il se retirait de cette imposition euh euh minimale.

Quelles conséquences cela peut avoir ? pour la France. Euh et du coup, est-il opportun de conserver cette imposition minimale à 15 % sans sans les États-Unis ?

Quelles conséquences cela peut avoir ? Voilà, ça c'est la première question. La deuxième question porte sur une filière bien particulière qui est la filière bovine que que je connais un petit peu.

Le la France est est un pays producteur de Bovin notamment dans le massif central. Je suis élu d'un département du massif central. Dans d'autres régions de France aussi.

Euh aujourd'hui, il y a un travail qui est mené par le ministre par la France et les États-Unis, la France à travers le ministère de de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire pour rechercher une une équivalence des systèmes des systèmes d'inspection puisqueaujourd'hui l'exportation de viande bobine vers les États-Unis n'est pas possible pour cette raisonlà. Et donc, il y a un travail qui est mené pour une reconnaissance mutuelle des systèmes d'inspection sur le plan sanitaire qui permettrait l'exportation de viande bovine vers les États-Unis si toutefois ces travaux aboutissent. Est-ce que cela peut avoir un impact sur cette filière-là qui est en difficulté en France puisque il y a une baisse assez importante de la production bovine en France, moins de 10 % au cours des 5 dernières années.

Alors, il y a différentes raisons à cela, mais en tous les cas est-ce que si on aboutissait sur cette équivalence, cela pourrait avoir des un impact sur cette filière ? Merci Bernard. Nous allons passer directement Marie-Clair Carger puis Marc Lamini.

Merci monsieur le président. Je m'associe euh au remerciement et pour la clarté aussi euh euh la modestie salutaire de l'ensemble de ces présentations puisque euh c'est effectivement le pari de de pouvoir évaluer à la décimale près les conséquences de décisions qu'on ne connaît pas toutes et cela sont avec de la difficulté pour appréhender aussi euh toute toutes les effets de bouclage et bou et autres boucles de rétroaction, c'est quand même euh très compliqué ce qui va enfin de mesurer enfin vous vous avez chiffré pour le FCE, je crois un impact de l'incertitude mais c'est vrai que tout ça va donner lieu à des changements de comportement de la part des consommateurs, des entreprises, peut-être une réallocation des éch choses. Donc donc c'est vraiment un exercice très compliqué.

Euh j'avais juste deux questions pour le CPI, savoir si euh si vous prenez en considération dans votre modèle euh l'imbation en quelque sorte des supply chain, c'est le fait que euh tout ça euh est très compliqué dans certains surtout dans certains secteurs où on est fort, où on l'était. l'automobile, l'aéronautique par exemple. Donc je sais pas comment vous prenez ça en compte et comment les uns et les autres parce que j'en ai entendu j'ai entendu le représentant de l'CE de s'interroger sur la place du dollar à moyen terme mais déjà à court terme.

Est-ce que vous avez intégré dans vos dans vos analyses la question du des niveaux respectifs du du dollar de de l'euro, du dans la période ? Je vous remercie. Merci Mariec, Marc Lamén puis Thierry Cosic.

Merci monsieur le président, monsieur le rapporteur général. Merci sincèrement nos trois invités pour leurs propos, leurs interventions de qualité. Alors vous avez abordé, je dirais vous avez rappelé les trois secteurs les plus touchés automobile, aéronautique métallurgie et l'exemple bah de la Chine bien sûr.

Euh quel est votre sentiment ? parce que on parle, mettons sur la métallurgie, l'impact d'une entreprise comme Marcelor Mital avec des suppressions qui sont annoncées depuis pas mal de de semaines et mois. Euh donc cet impact et quel est euh votre sentiment sur la partie tourisme parce que notre notre pays est quand même reconnu pour la qualité, pour l'importance de du tourisme dans la balance commerciale.

On accueille aussi même, on prend l'exemple de Paris, il y a beaucoup d'Américains qui viennent à Paris ou même sur beaucoup de nos départements et territoires. Euh je dirais le l'impact du tourisme ou le poids du tourisme. Quel quelles sont un petit peu ces les conséquences en la matière ?

Je vous remercie. Merci Marc. Thierry Cosic, Isabelle Briquet.

Merci monsieur le président. Merci à nos trois invités pour la la qualité de leur propos. Si vous me permettez, moi je souhaiterais vous vous interr les effets sur le sur l'économie française des des politiques douanières de Trump et plutôt sur les effets de bord en terme de politique budgétaire pour l'Europe qui en fin et infiné pour notre pays.

Je vais revenir en 85. Les accords du Plaza ont eu pour effet de convaincre l'Allemagne de la pertinence de la monnaie unique. Donc la question que je me pose est de savoir si aujourd'hui en 2025 les menaces américaines pourraient convaincre Berlin d'accepter une dette européenne commune.

Notamment il y a il y a un peu plus de semaines le le nouveau chancelier allemand déclaré que l'Europe devrait être plus indépendante des États-Unis. Je crois que c'est des mots forts dans un pays qui a toujours considéré les États-Unis comme comme son grand protecteur. L'Allemagne a accepté avec beaucoup de réticence l'Union monétaire, mais elle a fini par le faire.

Est-ce que vous pensez qu'elle pourrait en faire de même avec la politique européenne, fiscale et budgétaire ? et notamment pourquoi ne pas profiter de la conjoncture actuelle où l'hégémonie du dollar est à nouveau remise en question par les politiques ératiques de Trump et où les créanciers internationaux internationaux recherchent des alternatives pour émettre des euros obligations à un taux d'intérêt qui pourrait être avantageux. Le rapport Dragiy faisait état qu'il fallait près de 5 % du PIB de l'Union, soit à 800 milliards pour parvenir à cette souveraineté européenne.

Si si l'Union européenne a annoncé demain l'émission de dette à hauteur de 15 % du PIB pour les 5 prochaines années, cela représenterait un bouleversement important du système monétaire international et l'euro pourrait devenir monnaie de réserve. Certes, ça mettrait pas fin à l'hégémonie du du dollar, mais le coût pourrait porter pour être dur. Et donc, est-ce que de votre point de vue d'économiste, vous pensez que Berlin pourrait oser affranchir ce pas ?

Merci. Merci Thierry. Isabelle Briquet puis Vincent Capo Canela.

Merci président. Merci à aux trois intervenants pour leur propos effectivement d'une d'une grande clarté. Euh on le voit bien, l'effet de la de la politique Trump est d'amplifier en fait la la suprématie commerciale chinoise.

Et vous l'avez dit, euh nous avons en gros 20 ans de retard par rapport à la Chine et dans des dans des domaines stratégiques. Alors, quel moyen pourrait-on déployer pour limiter l'impact sur notre économie et consécutivement aussi sur nos finances publiques puisque dans un deuxième temps, c'est le notre budget qui va être gravement affecté par cette situation là. Merci.

Merci Isabelle Vincent Capocan est là. Merci monsieur le président. Merci à nos trois intervenants.

Euh je je retiens comme tout le monde que l'effet est faible mais il est quand même légèrement récessif à court terme et j'ai envie de dire que dans notre situation particulière euh c'est malgré tout la enfin plus que la goutte d'eau supplémentaire et que c'est malgré tout quand même inquiétant même si ça reste une bonne nouvelle parce qu'on craignait le pire. Euh alors peut-être pour le FCE, vous visez euh 0,5 de croissance. Euh comment vous voyez l'impact sur le le le déficit et puis sur la la possibilité qu'à la France de revenir et cetera euh au 3 % d'ici d'ici 2029 ?

Parce que ce contexte d'inceritude est quand même de cet effet récessif n'est pas malgré tout engageant. Deuxièmement, vous nous alertez tous, enfin vous êtes nombreux à nous alerter parmi les intervenants sur la Chine, le risque à moyen long terme et le fait que il pratique un soutien public, pour dire les choses publiquement euh à leur industrie notamment avec quand même des risques sur l'aéronautique, l'automobile, la métallurgie et cetera. Bon, donc quelle peut être la réponse européenne là-dessus ? dans quelle mesure on est à même de de de soutenir.

Je je voyais notamment, pardon, sur l'aéronautique que le le sur le le nouvel avion chinois, le comac, le C919, bon, il commence à y avoir une diplomatie intelligente de leur point de vue qui fait que et ben ils commencent à vendre. Alors nous on a des sujets, la certification, tout ça n'est pas encore réglé, ça va mettre plusieurs années, mais on voit bien quand même qu'il y a des ps entiers de notre industrie qui peuvent être en grand risque. Donc quelle peut être la réponse là ?

Parce que nous on n'est pas avec les mêmes armes de fait, on n'est pas dans un soutien public aussi débridé ou n'est même pas dans le soutien public au-delà des règles communément admises. Comment on peut s'en sortir ? Merci Vincent.

D'autres questions, remarques, j'en vois pas. Pour ma part, je je me suis étonné que dans les secteur qui soient, puisque c'est recité à l'instant par Vincent Capocanella, je me suis étonné que dans les secteurs cités, il y ait l'aéronautique. Je pourquoi ? parce que dans l'aéronautique aujourd'hui, il y a deux grands acteurs et et les deux grands acteurs sont finalement avec des produits.

Chacun a des produits de l'autre, si je puis dire. Les Airbus sont construits avec un bon 30 ou 40 % de de produits américains. Les Boeing font appel à 30 % de produits européens.

C'est assez, je veux dire, c'est ce sont plutôt des industries, enfin l'aéronautique plutôt une industrie où l'impact me paraît très partagé en tout cas. Et donc je j'ai je vois pas est-ce que vous pourriez aller plus loin sur pourquoi ce secteur serait particulièrement en difficulté pour ce qui concerne l'Europe bien entendu. Je je n'en ai pas une claire vision aujourd'hui.

Deuxème aspect, si vous vouliez revenir d'un mot parce que vous l'avez quand même déjà un peu explicité et c'est des questions qui sont venues, me semble-t-il de ma part de collègues sur finalement qu'est-ce qui se passe qu'est-ce qui se passe sur la monnaie aujourd'hui ? C'est-à-dire quels sont les impacts ? Est-ce on lit on lit he parce que on lit beaucoup comme disait l'autre pas forcément toujours des choses tout à fait justes.

Donc on vous interroge là-dessus sur l'impact des politiques finalement mené sur la monnaie. On a bien vu que les obligations américaines avaient été attaquées à un moment donné ou en tout cas qu'il y avait eu des ventes un peu qui avait permis d'ailleurs de faire bouger la politique de l'administration Trump très rapidement. Mais est-ce qu'on va vers un rééquilibrage avec effectivement une monnaie américaine toujours forte mais quand même avec des d'autres monnaies ? l'euro euh le Rumimbi euh éventuellement à terme qui s'équilibre un peu plus.

Est-ce que c'est votre vision ou est-ce que vous pensez qu'on va revenir plutôt vers une vision trad quoi ? Euh le dollar reprenant sa souveraineté. Voilà.

Merci. Si vous voulez bien. Alors, je vous propose de répondre dans l'ordre inverse euh comme ça.

Voilà, faut changer un peu. C'est vous qui démarrez si vous voulez bien. Vous alors vous prenez les questions que vous voulez bien sûr les uns et les autres dans celle que que vous souhaitez à l'aise.

Bah bon, merci beaucoup pour les questions et pour les commentaires. Je vais essayer de répondre là où je peux dire des choses intéressantes. Donc déjà sur l'inflation, les effets de la il y avait une question sur les effets de la on a beaucoup parlé de de PIB, d'activité, on a peu parlé de prix globalement et et là ça a été mentionné pas par moi.

En fait à mon avis, on a une grande incertitude. cette que va faire la Chine de ses produits, de ses capacités de production. On peut envisager que tout ça ait un effet, on va dire déflationniste sur les biens importés par la France ou par la zone euro en général.

Donc ça c'est on peut envisager probablement si les effets inflationnistes sont là pour les États-Unis. Ça, je pense que il y a consensus que la transmission des tarifs vers les prix est plutôt élevé. Donc, mais pour le reste du monde, c'est pas si clair, surtout si on ajoute euh la baisse des matière premières qui qui est déjà aussi observé.

Donc voilà, sur l'inflation, tout reste à voir. Deuxième point qui émerge dans beaucoup de questions, c'est en fait on a finalement beaucoup parlé d'industrie et très peu sur les autres secteurs. On a mentionné l'agriculture mais aussi les services, beaucoup avec aussi les services.

Euh c'est clair que dans nos modèles probablement tout le côté service est un peu un point un peu aveugle et que les échanges internationaux de services se développent de plus en plus. Euh je pense que évidemment, je vais dire peut-être des choses qui sont des lieux communs, mais on parle beaucoup de la nature transactionnelle de Trump et que probablement ça soit des levier de négociation euh ce qu'on a parlé sur les gars femmes, sur les impôts sur les sociétés. Mais je pense que ça on est un peu c'est c'est on voit on est un peu dans le flou parce que c'est des secteurs très spécifique, très compliqué et où je on a l'impression que tout va se résoudre dans du gré à gré, du face à face et donc c'est un peu difficile de de de faire des des perspectives là-dessus.

Un petit point sur le tourisme qui était une des questions spécifiques. Il y a un effet des taux de change. Donc a priori une appréciation de du dollar au premier ordre devait être mauvais pour nous parce que là les les effets prix jouent c'est un peu connu.

Après on lit et ça c'est typiquement là où nos modèles sont pas bons et c'est une très belle matérialisation. On lit que les Européens les Européens commencent par exemple à bouder les États-Unis parce que on sent un climat hostile, malsin et ce type de reconfiguration des flux commerciaux pour c'est vraiment je pense qu'il peut être à l'œuvre des flux économiques et commerciaux mais qu'on a du mal à les voir nous et à les anticiper. Je dirais un point sur la place du dollar et la dette européenne.

Clairement, il y a il y a une on va dire c'est une fenêtre de tir pour que ce type de dispositif émerge. Déjà, je dirais sur l'Allemagne pareil, je je je ferai pas de prévision sur la politique allemande. Déjà, c'est difficile quand on connaît un peu son pays, c'est difficile quand on voit va voir le voisin.

Mais déjà, il y a un point qui est assez flagrant, c'est que l'Allemagne a radicalement changé son discours sur la dette tout court, qu'elle soit européenne ou allemande. Je pense que déjà qu'il y ait une émission de dette allemande, c'est une bonne chose pour au moins que la concurrence du dollar comme monnaie de réserve. Et je profite, c'est pas exactement lié à la à la question, mais je pense que c'est une bonne introduction.

Il y a pas mal de travaux théoriques en ce moment en macroéconomie internationale qui essayent de voir est-ce qu'on peut absorber les déficits commerciaux avec une guerre commerciale. Et et moi ce que je comprends de cette littérature qui un peu qui émerge, c'est que en soit non, c'est c'est très difficile pour des tas de raisons parce que les volumes, les prix réagissent que finalement ça dépend d'autres choses mais que si on veut absorber pas les déficits commerciaux mais les déficits de balance courante, en fait les États-Unis quelque part devraient renoncer à leur privilège exorbitant pour pouvoir réduire leur déficit commerciaux. Donc tout ce qui gagne, on va dire, par les flux, on va dire de revenus financiers, il devrait tout ce qu'il perdrait du coup, il le gagnerait par la balance commerciale.

Et donc, on est à ce moment-là où je pense que c'est là où on atteint quelque chose qui pour moi en tout cas est difficilement explicable du moment actuel, c'est que les États-Unis sont en train de dire au reste du monde, on veut perdre notre exorbitant privilège, notre privilège exorbitant. Et et je pense que c'est ça où je veux dire en tant que acteur qui pense que la rationalité a un sens, pour moi les privilège je me bat pour les conserver et et que je pense que c'est c'est ça un peu là où on comprend pas ou en tout cas où je ne comprends pas la marche du monde et que dans ce contexte là je pense que la dette européenne est un outil et que heureusement que le discours a changé en Allemagne vis-à-vis de la dette. Et pour répondre sur une dernière chose sur lesquelles je un petit bout de réponse.

L'aéronautique, je ne saurais pas dire pourquoi elle est si pessimiste sur les perspectives. Par contre, peut-être j'ai fait un abut de langage quand j'ai commenté les enquêtes de l'INC. En fait, les enquêtes de l'INC parlent sur les autres matériels de transport hors aéronautique dans hors automobile, pardon.

Et donc il y a l'aéronautique mais il n'y a pas que l'aéronautique. Donc il peut il y a la fabrication de bateau, il y a la fabrication de camion, il y a d'autres choses. Mais l'aéronautique c'est quand même le plus gros des secteurs qui répond à l'INC.

Donc on a envie de dire c'est l'aéronautique qui est pessimiste, mais peut-être c'est pas l'aéronautique, c'est les c'est c'est c'est le reste. Voilà. Mais mais c'est c'est une précision.

Merci beaucoup à tous pour vos remarques et vos questions. Alors, je vais peut-être partir en fait d'une des dernières remarques de Raoul sur le le système monétaire international sur la question des déficits courants et que je mettrai en lien avec à la fois le privilège exorbitant et le et le rôle du dollar. Bon, je vais peut-être faire un peu de provocation, mais je pense que une partie du constat, malgré tout, de Donald Trump est juste.

C'est-à-dire que les États-Unis, et c'est vrai aussi d'une certaine mesure de la France ont joué au niveau du système monétaire international le rôle de consommateur en dernier ressort et c'est vrai de la France au niveau de de la zone euro. Le problème quand vous êtes un consommateur notamment de bien manufacturer en dernier ressort, c'est qu'en fait ça affecte votre compétitivité et pour le dire assez simplement vous favorisez presque systématiquement votre consommation au détriment de la production. Et donc les États-Unis et c'était je pense que ça il y a un consensus aux États-Unis que ce soit sur l'administration Trump mais ensuite dans l'administration Biden ont souffert de la désindustrialisation et donc cette désindustrialisation elle est bien aussi liée à ce rôle du dollar à ce et à ce cette place enfin cette place qui donne dans dans la consommation et qui est et qui est et qui est qui est lié au au déficit courant plus précisément là dans le cas d'espèces au au déficit commerciaux américains.

Donc il y a eu quand même cette en fait en gros ils ont substitué des importations les Américains comme les Français à de la de la production nationale ce qui a accéléré ce qui les a rendu moins compétitifs relativement et ce qui a accéléré la désindustrialisation. sur le rôle du dollar, c'est on apprenait dans nos études que dans il y avait le paradoxe de Trifin, c'est-à-dire que lorsque dans les années 60, c'est-à-dire que lorsque vous avez lorsque vous avez une monnaie qui est une monnaie internationale, le problème c'est que le pays qui aimé cette monnaie doit avoir des déficits courants pour fournir cette monnaie au reste du monde. Et donc c'est vrai que le les déficits américains sont intrinsèquement liés au fait que les dollar et dans le même temps cette monnaie internationale.

Mais il y a besoin, les États-Unis doivent fournir euh des dollars au reste du monde. Et en gros, comment ils fournissent ces dollars ? en achetant au reste du monde des produits et en échange des produits, ils donnent des dollars.

Et donc en effet, s'ils réduisent euh leur s'il réduisaient leur leur déficit courant, euh bah de facto, ça aurait des conséquences sur le rôle du dollar comme monnaie internationale. Alors, je suis d'accord également ce qui a été dit, c'est-à-dire que les tarifs ou même la valeur de la monnaie, c'est un des éléments qui peuvent ou pas affecter le rôle du dollar. Mais il y a aussi des facteurs macros qui sont fondamentaux, c'est notamment bah le rôle de la consommation.

C'estàd que bah c'est concrètement si les États-Unis veulent réduire leur déficit courant, il faut qu'il réduisent la voilure sur la consommation. Et c'est là où il y a un peu le président Trump a à la fois ce discours sur réduire les déficits, sur baisser la valeur du dollar mais en même temps il donne des chèqus. Alors là, c'est un peu moins le cas ces derniers temps, mais quand vous aidez les ménages, bah vous vous en même temps vous aggravez vos déficit courant sur sur plus précisément sur la baisse du euh enfin sur sur le la hausse ou la baisse du dollar, c'est vrai que normalement lorsque vous mettez des tarifs à l'importation des des tarifs sur vos importations, on s'attend et c'est ce qui s'est passé ce qui se passe en général, c'est que vous avez une appréciation de la monnaie.

Donc là, on ce que les économistes s'attendaient, c'était que vous auriez eu une appréciation euh du dollar. En gros, ben quand vous avez des des taxes sur quand vous mettez des tarifs sur les importations, l'idée c'est que vous vous allez moins consommer de de produits étrangers, donc vous allez moins demander de la monnaie étrangère. Et donc si vous demandez moins de cette monnaie étrangère, bah cette monnaie étrangère doit baisser par rapport à votre propre monnaie.

Alors là, ce qu'on observe, ce qu'on a observé ces quelques semaines, c'est au contraire une dépréciation du dollar qui a été interprétée comme le fait que bah, il y avait des inquiétudes sur sur le système monétaire international et sur la pérennité de la politique économique de de l'administration américaine. Alors, moi, je pense pas non plus qu'il y aurait un qu'il y aura un grand soir. pense que de nouveau il y a pas actuellement de monnaies de réserves qui sont vraiment on peut espérer que l'euro joue un rôle plus important mais compte tenu des des difficultés économiques de de la zone euro actuelle et à venir, je serais pas non plus super optimiste de de ce point de vue-là sur les investissements.

Bon, c'est les les chiffres sont encore assez fragiles, donc je il faut prendre ce que je dis avec des pincettes, mais on voit quand même que il y a quand même beaucoup d'investissements qui sont annoncés aux États-Unis. Donc le président Trump annonce des chiffres mirobolant, on sait qu'il faut toujours prendre ce genre de chiffre avec Ouais. des pincettes.

Mais néanmoins, il y a quand même quand vous parlez avec les responsables de certains secteurs industriels, il vous disent quand même que soit on temporisme et ils envisagent aussi une partie d'investir plus aux États-Unis. Euh donc voilà, donc je sais je pense pas que qu'il y aura un grand soir. Alors j'en profite pour répondre à la question sur la dette européenne et sur le sur le rapport Dragui.

C'est vrai, c'est vrai que on peut dire qu'il y a une fenêtre d'opportunité qui s'ouvre pour pour avoir pour avoir une dette européenne et c'est je pense que la position de la France de pousser beaucoup pour cette pour cette option. Mais quand vous regardez le rapport Dragy, il y a il y a une autre préconisation qui est faite et dont on a peut-être un peu moins parlé en France, c'est que le le rapport Dragy préconise certes l'émission d'une dette européenne, mais ce même rapport dit que dans le même temps, il faut durcir les règles budgétaires au niveau national. Euh ça, je sais pas pourquoi on en a un peu moins parlé en France, mais euh voilà.

Donc je pense que ça va être compliqué pour les Allemands d'accepter plus de dettes au niveau communautaire de des obligations des euroobligations si la situation des finances publiques françaises reste dans l'état où elle est aujourd'hui. Et donc oui, certes, le nouveau chancelier allemand, c'est vrai, a brisé des tabous très importants et on et donc là aussi, je serais prudent parce que en janvier, j'aurais dit que c'était pas possible mais malgré tout ça fait beaucoup de tabous à briser et je pense pas que cette dette européenne est quand même perçue en Allemagne et dans certains pays du nord de l'Europe comme le fait qu'on va financer certains pays du sud euh dont la France. Donc je suis pas sûr que dans le contexte actuel, vu la popularité du chancelier, ce soit une option enfin de de nouveau, je pense que ce serait une option très je pense qu'il faut pousser pour ça.

Après, je pense que c'est pas malheureusement aussi simple. Euh pardon sur sur le dollar aussi, ce qui ce qu'il faut observer et sur l'euro sur les évolutions des monnaies. Donc ça de façon plus conjoncturelle, c'est que ce qu'on observe depuis 2019 c'est une dépréciation du la monnaie chinoise de près de 20 % par rapport à l'euro.

Donc alors même que il y a des écarts de coût qui sont très importants, ben ces écarts se sont dégradés depuis quelques années. Et donc vous avez raison vous avez évoqué les accords du PLSA, le fait qu'on pouvait avoir un deal au niveau international. Je pense qu'en effet c'est le le souhait de beaucoup des États-Unis, de l'Europe.

Les accords du Plaza, ils ont été obtenus, j'allais dire manuil. C'est-à-dire que il y a un moment, vous devez mettre une être un acteur suffisamment crédible pour imposer enfin les Chinois vont pas accepter volontairement de réévaluer leur monnaie. et du reste, c'est pas ça qu'on observe ces ces dernières semaines.

Euh sur il y a eu plusieurs questions aussi sur les les règles du commerce international que sur sur l'OMC, quelle règle nouvelle ? Ben je pense que oui, c'est un impératif aujourd'hui de revoir les règles de l'OMC. Bon, les les Américains vous diraient que de toute façon l'OMC est un astre mort.

Donc mais c'est plus important d'un au moins d'un point de vue symbolique pour les Européens. Mais c'est je pense que c'est clair que l'entrée de la Chine dans l'OMC a été mal négociée et qu'en tout cas les règles actuelles de de l'OMC ne tiennent pas compte du capitalisme d'État chinois de son caractère extrêmement prédateur et que donc dans avec les règles actuelles de l'OMC va être très très compliqué pour l'industrie européenne. Alors sur les modèles, je laisserai peut-être Isabelle Mégan répondre plus précisément.

Moi dans ma connaissance des des modèles du CPI, c'est que c'est des modèles de long terme où il y a pas de mobilité des facteurs de production. Donc toutes ces questions de supply chaînes, elles sont pas pris en compte. De même, les questions de de dollars tes ces questions de monétaire sont pas non plus pris en compte parce que c'est de nouveau qu'est-ce que c'est un modèle de long terme ?

C'est un modèle où tout est à l'équilibre. Vous avez pas de chômage, vous avez pas de de de dépréciation, enfin c'est vraiment qu'est-ce qui se passe à long terme quand l'économie est à l'équilibre. Donc par construction euh tout ce dont vous avez parlé n'est pas intégré je pense de dans ces modèles.

Euh voilà. Et donc peut-être juste une dernière remarque, désolé parce que je suis un peu long. Ben que faire pour déplo pour essayer de limiter l'impact au niveau européen ?

Je pense que de nouveau c'est pas il y a des réponses possibles. Donc il faut peut-être revoir certaines règles qui qui pénalise beaucoup l'industrie européenne et je pense ça aussi je pense que c'est une position qui est soutenue par la France que il faut défendre au niveau européen défendre auprès de nos voisins allemands des mesures de protection beaucoup plus fortes. Donc il s'agit pas de devenir protectionniste vis-à-vis du du reste du monde mais vis-à-vis par exemple de la Chine.

Je pense que pour des questions de économique et pour des raisons de sécurité nationale, je pense qu'il faut vraiment durcir le jeu. Et de nouveau, c'est pas des des petits tarifs qu'il faut mettre. ce que je veux dire, c'est-à-dire que le risque là je remarque plus politique, c'est-à-dire que il s'agit pas de faire une mesure juste pour se donner bonne conscience d'avoir agi quand vous avez des écarts de coût de production aussi important de 30 à 40 % le pire c'est de donner l'impression que vous avez fait quelque chose alors qu'en fait la compétitivité européenne va se dégrader fortement et donc je vais je finirai juste sur une métaphore.

On était assez bon nous européens sur les panneaux solaires dans les années 2000 et en fait on a vu qu'au niveau des panneaux solaires très rapidement la Chine est montée en gamme, a commencé à produire et à subventionner massivement cette industrie et en quelques années l'industrie européenne du panneau solaire a été balayée. Et donc et on a eu tout un discours ensuite en disant mais c'est pas grave parce que on produit plus de panneaux solaires mais c'est très bon pour le consommateur, c'est très bon pour la transition écologique parce qu'on peut importer des panneaux solaires depuis la Chine. Le problème c'est que là panneau solaire, vous pouvez dire d'un point de vue économique macroéconomique, c'est relativement anecdotique.

Quand maintenant vous parlez, vous vous prenez cette métaphore du panneau solaire et vous l'appliquez à 80 % de l'industrie européenne, vous n'êtes plus dans quelque chose de d'anecdotique et de symbolique. Et donc quand vous voyez par exemple la percée de la voiture électrique chinoise, comment l' juste rappeler un chiffre qu'en 2019 la Chine était encore importatrice nette de voiture d'automobile aujourd'hui c'est le premier exportateur mondial de de voiture d'automobile. elle produit près de la moitié de la production mondiale d'automobile.

Donc vous voyez, c'est c'est là où je pense que la réaction européenne est impérative et justement des des demi-réponses seraient dans le contexte actuel particulièrement dangereuses. Merci beaucoup monsieur Gribin. Donc madame Mégan pour conclure.

OK. Je vais essayer d'être complémentaire par rapport à ce qui a déjà été dit. Donc dans les éléments qui ont été peut-être un peu moins discutés, il y a la question de l'OMC, des règles multilatérales.

Donc effectivement aujourd'hui l'OMC de facto est morte. De fait l'OMC était déjà largement moribonde au moins depuis 2017-208 puisque l'organisme de règlement des différents ne fonctionne plus. Et c'est un élément très important du fonctionnement de l'OMC he qui a été rajouté au moment de la création de l'OMC.

C'est cette espèce de tribunal d'arbitrage des euh euh problèmes commerciaux internationaux qui ne fonctionne plus, qui ne peut plus fonctionner depuis plusieurs années déjà. Et puis effectivement, peut-être que l'OMC était déjà morte avant Trump du fait de l'entrée de la Chine dans l'OMC, de la manière dont ça a été fait et surtout de la manière dont la Chine systématiquement n'a pas respecté les règles concernant l'ouverture des marchés publics, les subventions à la production et cetera et cetera. Donc dans tout ça, il y a il y a un peu une question générale, c'est est-ce qu'il faut continuer à jouer les règles du système monétaire international ?

Il faut, je pense, garder en tête que ces règles, elles ont une énorme valeur. Ce qu'on fait aujourd'hui, les tarifs qui sont mis en place aujourd'hui vont mettre des dizaines d'années à être résorbé. On sait par le peu d'évidence empirique qu'on a que monter les tarifs, c'est beaucoup plus facile que les réduire.

Et c'est pas c'est bien pour ça que Biden n'a absolument pas euh n'est absolument pas revenu en arrière sur la première guerre commerciale. Donc aujourd'hui, ce qu'on va faire dans l'après Trump, parce qu'il y aura sans doute un après Trump va nécessiter une gouvernance qui sera très compliquée à partir du moment où on est dans un monde où on n plus l'hégémonie américaine et où on est dans un modèle avec différents euh euh différentes puissances commerciales. Ici, l'Europe a évidemment un jeu, un rôle à jouer et l'Europe peut pas vraiment le faire sans la Chine.

Donc évidemment, il y a une menace chinoise importante mais il y a aussi un besoin de la Chine dans le système commercial international parce que c'est de facto la première puissance commerciale aujourd'hui. Donc l'Europe n'est pas un nain dans le système commercial européen et doit garder une position je pense de leader. Mais ça doit se faire en discutant effectivement avec la Chine et je pense que c'est un peu ce que dit la Commission européenne sur ces sujets là.

Il y a pas eu beaucoup de discussions sur les aspects plus sectoriels. Donc est-ce que les chaînes de valeur sont prises en compte dans nos quantifications ? Oui, intégralement.

C'est des modèles qui tiennent compte de tous les liens entre les différents secteurs. Et donc typiquement quand on estime des effets sur l'aéronautique, on tient compte du fait que l'aéronautique est affectée aujourd'hui très fortement par les 25 % sur l'acier, les 25 % sur le l'aluminium et puis tout ce qui est toutes les répercussions que ça peut avoir sur tous les composants qui sont eux-mêmes affectés très fortement. Là où on n'est pas bon dans ce genre de modèle parce que ce sont des modèles de long terme, c'est de calculer un peu les effets à très court terme.

Donc à très court terme, ce qui se passe donc dans nos modèles, ce qui se passe à long terme, c'est que tout se réaloue. Donc quand ça devient plus cher de produire en Europe, ben on produit moins en Europe et on produit ailleurs. Et les chaînes de valeur s'ajustent dans le long terme.

À très court terme, ça c'est pas possible. Les chaînes de valeur, c'est des investissements massifs, c'est des structures qui sont très très rigides. Et donc à court terme, tout l'ajustement se fait par les quantités, hein.

De fait, on peut pas arrêter d'acheter en aux États-Unis nos composants aéronautiques. Et donc, s'il y a des droits de douane sur ce genre de flux, ils seront payés parce que juste il y a pas d'alternative à tout ça. Donc ça c'est la manière dont c'est fait.

Pourquoi est-ce que dans ce genre de modèle, les effets sur l'automobile, la métallurgie, les biens de transport sont très gros ? parce que c'est des euh secteurs qui sont très intégrés dans les chaînes de valeur. Et quand vous êtes très intégré dans les chaînes de valeur, ce genre de alors les tarifs ont un effet dimultiplié parce que on narrête pas d'échanger dans tous les sens et donc à chaque fois on va payer les tarifs hein.

Le tarif c'est pas une un tarif sur la valeur ajoutée, c'est un tarif sur la valeur brute et donc ça se démultiplie quand il y a une démultiplication des flux. Et c'est aussi des secteurs qui sont particulièrement sensibles à l'incertitude. He l'effet de l'incertitude, il passe par les investissements des entreprises.

Les investissements des entreprises, ils sont massifs pour mettre en place une chaîne de valeur et ils sont massifs pour les déboucher dans l'automobile et dans l'aéronautique, hein. Les produits de l'aéronautique, c'est des biens de capital. Les biens de capital, ils sont très sensibles au climat de l'investissement et cetera.

Donc c'est pas du tout surprenant que ça soit ces secteurs-là qui soient euh euh qui soient très fortement impacté. Si on fait le lien avec la filière plus euh euh agricole, hein, il y avait des questions sur la filière bovine. J'ai pas une connaissance particulière sur la filière bovine, mais c'est des filières où effectivement les enjeux sont très différents, les questions de chaîne de valeur sont beaucoup plus limitées, même si bien sûr il y a des intrants échangés dans ce secteur. sur les secteurs agricoles, il y a la il y a toujours eu une très grande tension et c'est ce qui a ralenti toutes les négociations commerciales entre les l'Amérique du Nord et l'Europe, c'est les normes sanitaires.

Donc il y a des questions de normes sanitaires quand on exporte, mais il y en a aussi beaucoup quand on importe. Il y a une filière bovine énorme aux États-Unis et on veut absolument pas se mettre à importer ce genre de de viande bovine qui respecte pas du tout certains standards de qualité ou de normes sanitaires. Donc ça c'est des questions qui sont toujours très compliquées dans les secteurs agricoles.

Il y a beaucoup de compétences au CPI sur ces questions là. Donc si vous êtes plus intéressé spécifiquement, il y a beaucoup de gens que vous pouvez interroger. Mais on voit bien hein, c'est pas par hasard du tout que dans le deal euh entre le Royaume-Uni et les États-Unis, il y a un deal qui a été fait sur les biens industriel et ils se sont bien gardés d'intégrer là-dedans euh les biens agricoles parce que c'est évidemment un sujet très sensible euh qui nécessite beaucoup de discussions notamment autour des normes.

Et les normes, on le sait même quand on les met dans les accords de libre échange, le problème c'est la vérification. on sait très mal faire et donc il y a beaucoup de problèmes de fraude sur toutes ces normes sanitaires, notamment à l'entrée euh en Europe. Euh tac tac, ça j'ai fait, je pense que c'est bon.

Euh je pensais que Thomas parlerait peut-être un peu plus politique industriel, les questions de retard sur la Chine. Effectivement, c'est des questions qui sont très importantes aujourd'hui et qui sont structurelles. On a un retard qui s'accumule chaque année par rapport à la Chine parce que finalement on investit pas suffisamment.

Euh je pense que la le secteur automobile, il est vraiment caractéristique, hein. C'est un secteur où certes la Chine a massivement subventionné et c'est pour ça que l'Europe a mis en place d'ailleurs un tarif ou a négocié un tarif qui est aujourd'hui suspendu mais sur les importations de véhicules chinois parce que il y a des preuves de subvention massive dans ce secteur. Mais c'est aussi un secteur qui est vraiment caractéristique de l'échec européen créé de la de la de l'innovation.

C'est un secteur où l'automobile européenne était à l'avant-garde. On avait les premiers véhicules électriques de bonne qualité. On a un climat institutionnel qui est supposé aider à l'innovation sur toutes ces questions-là.

On a une politique environnementale qui a été très en avance en Europe avec des choses qui étaient annoncées très en avance. La suppression du la l'interdiction du moteur thermique, c'est quelque chose dont on parle depuis 15 20 ans et ça fait 15 20 ans que l'automobile européenne fait du lobbying contre la suppression du moteur thermique. Aujourd'hui, il y a des alternatives en Chine et ça va être un marasme pour les constructeurs européens, peut-être pas pour la construction européenne parce que probablement rapidement les Chinois vont venir produire en Europe.

Et c'est certain que sur l'électrique, on sait déjà que la bataille est déjà perdue sur les batteries et cetera. Et donc ça c'est quand même un cas d'école, je pense qui nous interroge tous sur la capacité européenne à faire des normes et à mettre en place un climat économique et institutionnel qui favorise l'innovation. Euh dernier point où je vais pas beaucoup dire de choses supplémentaires sur les questions du rôle du dollar, du privilège exorbitant et cetera, euh c'est une question qui est à la fois de très long terme, donc qui va pas être résolu dans le rapidement et ça va bien avec tout ce qu'on a dit ici.

Il y a des questions qui sont de très long terme qui sont posées par la politique commerciale américaine. C'est des questions qui sont très ambigues hein parce que les États-Unis veulent renoncer à leur privilège mais pas complètement hein. quand le dollar se déprécise, pas content non plus.

Donc bon, on sait pas exactement comment quelle est la doctrine américaine sur le sujet, mais ce qui est certain, c'est que la ça la le rôle du dollar est quelque chose de de très central dans la pensée américaine aujourd'hui. C'est aussi une question qui a été très absente de nos de nos discussions des de des 15 20 dernières années. D'ailleurs, je me faisais la réflexion que depuis 4 5 ans, en tant que économiste de commerce international, on me demande tous les jours de parler ou tous les jours, tous les 3 mois de parler de résilience, de la question de la résilience, des chaînes de valeur, des vulnérabilités sur le commerce international.

Et on a très peu parlé du fait que la grosse vulnérabilité européenne, c'est le fait que tout notre système de paiement et tout le système financier international repose sur le dollar. Et donc l'absence de de de la le la faible internationalisation de l'euro, c'est une vulnérabilité énorme pour la zone euro dont on a très peu parlé. Donc là-dessus, je pense que aucun de nous n'est spécialiste de la question.

La spécialiste de la question à l'échelle mondiale, c'est Hélène Ray. Et donc, je fais un peu de teasing sur le fait qu'elle est en train de faire une note pour le CAE sur ces questions là qui est prévue pour fin juin début juillet. Donc vous pourrez interroger Hélèr, Ludovic Subran qui ont plein d'idées sur ces questions et des idées très concrètes parce qu'en fait sur ces questions là la difficulté c'est que on sait qu'il y a un déséquilibre majeur que le système commercial international est est organisé autour de trois blocs la Chine, l'Union européenne et les États-Unis.

Alors que en contrepartie de ça, on a un système financier international avec un seul bloc et ça ça crée des déséquilibres de tous les côtés. Donc ces éléments là, on les sait assez bien, mais ce qui manque beaucoup, je trouve personnellement dans cette littérature qui est un peu émergente à Raoul vient d'en parler, on commence seulement à se poser la question autour de ces interactions entre le commercial et le financier. Ce qui manque beaucoup, c'est des idées sur qu'est-ce qu'il faut fairein concrètement, comment ça marche, qu'est-ce qu'on fait ?

Et donc là-dessus, il y a beaucoup de choses à faire. Hélè R, elle est très elle parle beaucoup sur ces sujets-là en ce moment parce que justement elle dit l'Europe se construit un peu dans des moment de crise. C'est un moment de crise majeur pour l'Europe et peut-être que c'est une fenêtre de tir pour avancer beaucoup plus rapidement sur l'émission de dette, sur l'intégration des marchés de capitaux et cetera et cetera.

Donc bon voilà, je vais pas en faire plus que c'est pas mon domaine mais je pense que c'est des sujets sur lesquels il y a vraiment pas beaucoup de choses qui sont dites dans les la presse ou dans les débats et c'est des sujets qui sont importants de très long terme mais pour lesquels il y a peut-être des fenêtres de tir en ce moment. Très bien. Merci madame, merci messieurs.

Je reviens pas sur le plaisir que l'on a eu à vous entendre ce matin et sur la qualité de vos apports. Je vais demander à mes collègues de rester 5 minutes de plus. Euh je vais suspendre une minute le temps de raccompagner nos invités et nous avons juste deux deux petites nominations à faire si voulez bien rester quelques instants.

Merci.