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interviewBFM TV (sur YouTube)· 24 novembre 2025 15 min

Budget, gouvernement: l'interview en intégralité de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

politique et lui permettent lui empêchent d'avancer comme il le voudrez vous go capelli avec vincent gauthier à matignon c'est quoi l'idée mot de bréjons c'est gagner encore un petit peu de temps il ya deux messages principaux le premier c'est que tout ne peut pas attendre 2027 la réduction du déficit l'augmentation du budget de la défense, le travail sur l'énergie, sur l'agriculture. C'est des chantiers auxquels on doit s'atteler dès maintenant et auxquels on doit apporter des réponses sans attendre l'élection présidentielle. Et le deuxième message, c'est qu'il n'y a pas d'alternative aux compromis.

On y reviendra peut-être, mais le compromis parlementaire n'est pas une option, c'est une nécessité. Et donc toutes les spéculations autour de la loi spéciale, des ordonnances, d'un retour par la fenêtre du 49 3 ne vise qu'à éviter le vote final au Parlement et nous n'éviterons pas ce vote final au Parlement. Mais en vous entendant, le 24 novembre, la lundi 18h52, vous dites « on balaye, pas d'ordonnance », c'est sûr Il n'y a pas d'alternative au compromis parlementaire.

La différence entre le compromis et l'intransigeance, c'est l'intérêt général. Et nous irons au vote, et les parlementaires iront au vote. C'est un engagement clair du Premier ministre depuis les premiers jours et donc nous nous y tenons.

On est à une croisée des chemins. Expliquez-nous comment on passe. On est à une croisée des chemins.

Il y a eu une première lecture sur les deux budgets à l'Assemblée national un vote historique 149 3 sur le budget de la sécurité sociale et un projet de loi de finances qui a été rejeté ce week-end à la quasi unanimité ça c'est une seule voie pour ça s'explique mais ça ne pourra pas durer comme ça éternellement. Il va falloir que les groupes politiques qui veulent doter la France d'un budget, du Parti Socialiste ALR en passant par le Bloc centrale, arrivent à faire émerger des compromis dans les jours à venir. Mais vous entendez que dans « il va falloir que des compromis soient trouvés », très bien, vous êtes dans l'incantation et le souhait, mais « il va falloir en l'état « non, il ne va pas falloir ».

Personne ne souhaite le compromis. C'est en tout cas ce que les débats dessinent depuis des jours et des jours. Je vais le dire autrement.

J'entends beaucoup ce débat sur la loi spéciale. Je voudrais d'abord dire à vos téléspectateurs qu'une loi spéciale, ce n'est pas un budget. C'est une reconduction du budget de l'an dernier ?

C'est un sparadrap qui vous donne le droit d'attendre, de repousser la discussion de quelques semaines. Mais enfin, ça ne vous exonère pas du passage d'un budget le moment venu. Bon.

Et une loi spéciale, ça ne comprend pas un certain nombre d'avancées et c'est bien ce qu'il faut aussi comprendre dans les mots de Sébastien Lecornu. On ne veut pas un budget pour un budget ou la stabilité pour la stabilité. Sans ce budget, il n'y a pas d'augmentation des effectifs de justice.

On ne peut pas dire qu'on veut lutter contre le marco-trafic et s'opposer à la création de 1600 postes, de magistrats et de greffiers. On ne peut pas dire que la défense est un intérêt national majeur et s'opposer à l'augmentation du budget de la défense à hauteur de 6 ,7 milliards d'euros l'année prochaine. Et donc c'est tous ces sujets dont on doit continuer à discuter cette semaine notamment et en amont des secondes lectures, des nouvelles délibérations à l'Assemblée nationale.

Vous savez, moi j'ai la conviction que sur un certain nombre de sujets, on va arriver à trouver des compromis sur la question du gel des retraites. Entre ceux qui veulent le gel total, ceux qui n'en veulent pas du tout, je vois qu'un amendement a été adopté en commission au Sénat et proposent un chemin avec un gel hors retraite, en dessous de 1 400 euros par mois. Philosophiquement, on est plutôt d'accord avec ça.

Maude Bréjean, le Premier ministre, a dit qu'il voulait une nouvelle faut consulter l'ensemble des chefs de partis. Est-ce que ça vaut pour tous les partis, y compris la France Insoumise et le Rassemblement National dont il a dénoncé tout à l'heure le cynisme lors de l'examen du budget ? Tout le monde est le bienvenu ?

Ce sera proposé à l'ensemble des partis politiques. Tous, LFI compris, Rassemblement National compris ? Ce sera proposé à l'ensemble des groupes politiques pour une raison simple tous les élus.

Les 577 députés de l'Assemblée Nationale sont élus de la République et représentent chacun les électeurs qui les ont élus sur leur circonscription. On verra ceux qui acceptent de discuter et ceux qui, par principe, comme depuis quelques semaines, le refusent. Et ça se passera dans les jours à venir.

Dans les jours à venir. Ça commence d'ailleurs ce soir, vous l'avez vu, le Premier ministre réunit les présidents de groupe de l'Assemblée Nationale du Socle Commun et ça continuera, voilà, encore une fois, jusqu'en fin de semaine et la semaine prochaine. Et la semaine prochaine, s'il le faut, le Premier ministre aura l'occasion de donner ces détails-là.

Mais on est, encore une fois, je le redis, à un moment clé. Il y a meilleure manière d'inviter des participants que de les traiter de cynique pour ensuite les inviter à la table à matignon. Vous ne craignez pas que ça vous revienne finalement en boomerang, peut-être, de la part de la France Insoumise et du Rassemblement National ?

Nous, on respecte l'ensemble des groupes mais enfin, pardonnez-moi de faire quelques constats. Qui a voté la motion de censure en refusant d'entrer dans le débat avant même qu'il ait lieu ? C'est la France Insoumise et c'est le Rassemblement National ?

Qui a tenté de faire obstruction au débat ? C'est la France Insoumise. Je pense qu'aujourd'hui, il faut appeler un chat un chat.

La France Insoumise ne se bat plus pour les Français, elle se bat contre le Parti Socialiste. Et on a insisté à un exercice de cynisme absolu où, à chaque début de compromis, les députés de la France Insoumise mettaient tout en œuvre pour faire échouer le débat parlementaire et le compromis parlementaire et démocratique. Bon, ça c'est pas normal.

Et les Français doivent le savoir. Alors si on a bien compris ce qu'a dit ce matin le Premier ministre, ça commencera la semaine prochaine, lundi prochain à l'Assemblée nationale avec un texte sur la défense, l'une des cinq priorités qu'il a fixées. Ça se passe comment ?

Le gouvernement arrive avec un texte, chacun peut le modifier, l'amender ou c'est ça ou rien ? Alors d'abord l objectif, c'est de permettre à l'Assemblée nationale de voter. Et de voter, mais c'est important de le dire, de voter sur l'augmentation du budget de la défense.

Dans ce cadre-là, on recourt à ce qu'on appelle l'article 50-1, pardonnez-moi de la Constitution. C'est bien avec le gouvernement, on révise la Constitution semaine après semaine. Mais l'article 50-1 que vous mentionnez, il dit bien que ces votes sont consultatifs et qu'ils n'ont pas de valeur, ils ne remplacent pas le budget.

C'est autre chose. Je vais vous répondre d'autrement. La partie recette du projet de loi de finances, c'est encore une fois un peu technique, ayant été rejetée le week-end dernier, l'Assemblée n'a malheureusement pas l'opportunité du fait de ce rejet de discuter des dépenses.

Or, dans ces dépenses, il y a un point qui nous semble absolument fondamental, c'est la hausse du budget de la Défense. D'une part parce que c'est un montant considérable, 6 ,7 milliards d'euros, et d'autre part parce que voilà, c 'est C'est très engageant pour la France dans un contexte international qu'on connaît. Donc, le Premier ministre a souhaité proposer à l'Assemblée nationale de valider cette augmentation par un vote qui certes n'est pas un un vote directement intégré au budget au sens technique du terme, mais qui va permettre aux uns et aux autres de se dire si, oui ou non, ils adhèrent à cette augmentation de budget.

Avec aussi, Maud Bréjon, un petit piège posé à certaines oppositions. Est-ce que vous êtes prêts à ne pas voter une augmentation du budget des armées en ce moment ? C'est une question fondamentale.

Vous auriez pu commencer par un autre texte. C'est une question fondamentale. C'est le texte qui arrive en premier.

On ne peut pas parler de la situation en en Ukraine, ou de la situation au Sahel, sans poser la question aux parlementaires de leur accord dans l'effort national qui va être demandé. Et aux téléspectateurs qui nous La guerre démocratique est très importante. L'issue de ce vote n'aura aucun caractère contraignant.

Ça, c'est une réalité aussi. C'est habile politiquement, mais ça n'aura aucun caractère contraignant sur le budget. Si le Premier ministre propose au vote cette augmentation de budget, c'est précisément pour intégrer le résultat de ce vote par la suite.

Donc tout ce qui sera voté à l'Assemblée nationale sera repris intégralement dans le futur budget oui le vote c'est valable sur la défense c'est valable sur les autres textes par exemple sur la sécurité et que sur l'agriculture si les députés votent contre l'entrée dans le mercosur la france ne rentrera pas dans le mercosur il y a un vote la semaine prochaine sur la question du budget de la défense. Il y a quatre autres chantiers qui ont été énoncés par Sébastien Lecornu ce matin, la question du déficit, la question de l'agriculture, la question de l'énergie et la question de la sécurité. Nous verrons lors des échanges avec les présidents de groupe dans quelle mesure ces thématiques-là, doivent-vous pas faire l'objet d'un débat suivi d'un vote dans ce même cadre que celui qui est demandé pour la défense ?

Ou est-ce qu'on décide de travailler dessus par d'autres voix ? Ce que dit Sébastien Lecornu, c'est que ces sujets-là ne peuvent pas attendre 2027. Et ensuite, on discutera avec les groupes parlementaires et on décidera ensemble de de la meilleure façon de les traiter.

Si vous prenez un exemple sur la question de l'énergie, la programmation...

Oui, mais elle a répondu sur l'agriculture et le Mercosur. Parce qu'on doit discuter avec les groupes parlementaires. Si les députés votaient la non-entrée de la France dans le Mercosur, vous reprendriez ça On discutera avec les groupes parlementaires de l'opportunité de mettre en place un vote sur cette question-là.

C'est la dernière cartouche, là ? Ah, on est à un moment absolument décisif. Il n'y a plus rien derrière.

Ou alors c'est loi spéciale ou dissolution complètement on est à un moment absolument décisif ce sont les prochaines options vous dit très clairement parce que là encore c'est technique mais il ya ces votes il y a la commission mixte paritaire il ya le retour à l'assemblée Et ensuite, on voit mal, pardonnez-moi, ou on atterrit avec un compromis. Sauf si vous arrivez à trouver cette majorité qui ne souhaite pas la dissolution. On retombe là-dessus.

Je redis qu'il n'y a pas d alternatives au vote parlementaire et au vote des députés. Et c'est tout l'engagement du Premier ministre depuis le départ, en mettant de côté le 49-3, en proposant la suspension de la réforme des retraites. Eh bien Il y a une chose qu'il faut comprendre, c'est que je vois bien les uns et les autres défendre des positions politiques.

La suspension de la réforme des retraites, elle est dans le texte. La question de la défiscalisation, d'aller plus loin sur la défiscalisation des heures supplémentaires proposées par Laurent invoqués, tout ça, ça a été voté. Mais pour que tous ces changements, pour que toutes ces mesures rentrent concrètement dans la vie des gens, il faut un vote final sur le texte.

Sans vote final, la La suspension de la réforme des retraites ne pourra pas s'appliquer et ce n'est pas une menace, c'est extrêmement factuel. Sans vote final sur le texte, il ne pourra pas y avoir de hausse du budget de la Défense. Sans vote final sur le texte, il ne pourra pas y avoir cette création de 1600 postes de magistrats et greffiers dans la justice ou de 1400 postes de policiers pour le ministère de l'Intérieur.

Si on veut que tout ça entre dans la vie des gens, il faut qu'on soit en capacité de trouver un compromis final et ça se passe dans les prochaines semaines. Maude Bréjean, depuis ce matin l'un des plus gros narcotrafiquants de France qui purge une peine de prison à la prison ultra sécurisée de Vendin le Vieil, peine de prison jusqu'en 2029, a pu quitter sa cellule le temps d'une journée dans le cadre de son droit à la réinsertion pour passer un entretien professionnel. Est-ce que, d'abord vous pouvez nous confirmer que même s'il n'a pas à proprement parler d'escorte, il a été surveillé depuis sa sortie de cellule ce matin jusqu'à son retour ce soir.

Oui, mais je vous renvoie vers le garde des Sceaux et le ministère de l'Intérieur. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que cette décision...

Je vous pose la question parce que ce sont les syndicats de la pénitentiaire qui ont alerté sur son cas, ce qui veut dire qu'il n'aurait pas du tout Tout était surveillé s'il ne m'avait pas prévenu. Je n'ai pas d'informations là-dessus et je vous renvoie encore une fois vers le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que c'est une décision qui relève, un, de l'autorité judiciaire, mais qui, Si deux posent une question plus globale, qui a été mise sur la table par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, à savoir de l'application, quel est aujourd'hui le cadre nécessaire et cohérent à l'application des peines pour les profils les plus Et notamment ceux issus de la grande criminalité organisée.

Et vous pensez qu'il faut changer ça ? Oui, il faut le changer et le garde des Sceaux travaille actuellement sur un projet de loi, de réforme de la justice, vous le savez, il en parle depuis plusieurs mois maintenant et il l'intègre là-dedans, en tout cas il travaille à l'intégration encore une fois d'un droit spécifique et d'un juge d'application des peines dédié à ces profils très particuliers, les grands narcotrafiquants et la criminalité organisée. Mais qu'il aurait pour conséquence que ce type d'individu ne puisse tout simplement pas avoir une permission de sortir ?

Qui en tout cas prenne en compte cette nouvelle réalité, oui. Et donc Gérald Darmanin travaille dessus et un projet de loi, ce projet de loi devrait être présenté en début d'année prochaine. Vous avez peut-être entendu ces dernières heures sur France 2 hier soir et sur France Inter ce matin, les premiers mots de Boilem sans salle une semaine après son retour en France et la grâce dont il a bénéficié du régime algérien.

Il dit lui-même qu'il pèse aujourd'hui dans ses passages, dans les médias, chacun de ces mots pour ne pas froisser l'Algérie parce qu'un autre Français, notamment Christophe Gleiz est toujours détenu là-bas. Je contrôle chacun de mes mots aujourd Aujourd'hui, est-ce que ça veut dire que vous, le gouvernement, lui avez demandé de rester discret, de ne rien dire, qu'il puisse fâcher Alger ? Non, nous n'avons aucune directive à lui donner.

Je pense un plaisir pour nous tous de l'entendre depuis hier, s'exprimer de nouveau. Maintenant, on est tous conscients qu'effectivement, notre compatriote est encore détenu là-bas. Et ce que je peux vous dire, moi, c'est que le président de la République, comme il l'a fait pour Bolem Sans Salle, travaille d'arrache-pied et pleinement mobilisé à ce qu'il puisse être libéré le plus rapidement possible.

Il faut quand même avoir en tête que c'est deux personnes et deux cas très différents. Aucune consigne officielle, officieuse ne lui est plus donnée de prudence. Ça pourrait expliquer ?

Il y a un français qui attend un jugement dans les jours qui viennent, Christophe Il dit lui-même qu'il le prend en compte, mais le gouvernement ne donne aucune directive, pardonnez-moi, de communication à Boalem Sansal ou à d'autres citoyens d'ailleurs. Une question importante au sujet du plan de paix, proposée par les États-Unis pour l'Ukraine ces derniers jours. Il y a des discussions en cours entre les Ukrainiens, les Américains et les Européens avec un point qui est l'un des points de crispation aujourd'hui, c'est de savoir si l'Ukraine doit céder une Une partie de son territoire à la Russie pour signer la paix.

Quelle est la position de la France ? L'Ukraine doit être maître de son destin et la France se tiendra aux côtés de l'Ukraine avec ses alliés européens, quelle que soit sa décision. De plus, nous ferons tout évidemment pour être encore une fois à leur côté et apporter les garanties de sécurité nécessaires.

Mais c'est à l'Ukraine d'être maître de son destin et donc c'est à l'Ukraine de répondre « Nous, nous serons aux côtés des Ukrainiens comme nous l'avons toujours été. » Et la France n'a pas dicté sa position à l'Ukraine. L'Ukraine a toujours pris souverainement ses positions et nous avons toujours été à leur côté, ça restera.

Merci beaucoup Maude Bréjant pour parler du gouvernement d'avoir été ce soir sur