Avec la canicule, les moissons se font la nuit en Loire-Atlantique et Vendée
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Bonjour Camille Crespe. Vous êtes spécialisée dans les céréales et les grandes cultures et vous passez en ce moment régulièrement des nuits sur le terrain aux côtés de céréaliers qui moissonnent pour vous-même aller récolter les échantillons que vous avez mis en place pour pouvoir mener ensuite vos statistiques et vos analyses. Pourquoi est-ce qu'on peut récolter et moissonner la nuit ? Pourquoi est-ce qu'il faut le faire ? Certains le font en ce moment.
- 1:14FerméeRéponse directe
Les déchaumeurs, ce sont des appareils qui permettent de remuer la terre, c'est ça ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous constatez, vous, en ce moment, quand vous allez justement aux côtés d'éleveurs et de céréaliers plutôt regarder leurs récoltes ? Comment se portent les céréales avec cette météo assez inédite ?
- 1:51FerméeRéponse directe
Ça veut dire en termes de qualité, vous voulez dire, en termes de qualité de la céréale ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Et qu'on moissonne le jour ou la nuit, ça n'a pas d'incidence sur la qualité de ce qu'on ramasse, sur la conservation ensuite ?
- 2:34OuverteRéponse directe
Qu'on comprenne bien, vous, vous allez vous-même, en tant que conseillère agronomie à la Chambre régionale de l'agriculture, faire vos propres moissons ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40InvitéFait
« On a conseillé à nos agriculteurs de ne pas récolter entre 14h et 20h. »
- 0:51InvitéFait
« On n'a pas d'humidité la nuit, donc on n'a pas de problème à récolter la nuit. »
- 1:37InvitéFait
« Les moissons sont très en avance. »
- 1:42InvitéFait
« On a des bonnes surprises quand même sur des parcelles de blé, d'orge, où les résultats sont quand même plutôt bons pour le moment. »
- 2:02InvitéFait
« En termes de paille, la qualité de paille, elle est un petit peu moins bonne parce qu'avec le coup de chaud, du coup, la paille a tendance à se casser. »
- 2:41InvitéFait
« En fait, nous, on met en place des essais chez les agriculteurs. C'est des essais qu'on va récolter avec une petite moissonneuse. »
- 3:22InvitéFait
« On est en train de travailler avec les agriculteurs sur la reconception de leur système de culture. »
- 3:36InvitéFait
« L'irrigation pourra être une solution pour certaines cultures, notamment les maïs, qui souffrent beaucoup du chaud cette année. »
- 3:52InvitéFait
« Pour remplacer du maïs, on commence à avoir un petit peu de sorgho qui se met en place sur des exploitations. »
- 4:35InvitéFait
« On a eu plusieurs coups de chaud déjà au mois d'avril, au mois de mai. »
- 4:44InvitéFait
« C'est des plantes qui sont stressées et qui, du coup, sont plus sensibles en plus aux ravageurs puisqu'elles sont déjà en stress. »
Temps de parole
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Et votre invitée ce matin, Nicolas, c'est Camille Crespe, conseillère agronomie à la Chambre régionale d'agriculture.
Bonjour Camille Crespe.
Oui, bonjour.
Merci d'être en direct avec nous. Vous êtes spécialisée dans les céréales et les grandes cultures et vous passez en ce moment régulièrement des nuits sur le terrain aux côtés de céréaliers qui moissonnent pour vous-même d'ailleurs aller récolter les échantillons que vous avez mis en place pour pouvoir mener ensuite vos statistiques et vos analyses. Pourquoi est-ce qu'on peut récolter et moissonner la nuit ? Pourquoi est-ce qu'il faut le faire ? Certains le font en ce moment.
Du coup, c'est un petit peu compliqué avec les températures actuellement. On n'a pas d'arrêté dans le département de l'Ordre-Atlantique, mais on a conseillé à nos agriculteurs de ne pas récolter entre 14h et 20h. Et du coup, on récolte un peu plus tard quand les températures commencent à descendre un petit peu. Surtout qu'on n'a pas d'humidité la nuit, donc on n'a pas de problème à récolter la nuit.
C'est vrai qu'on a un gros risque en revanche en journée d'incendie avec la chaleur, le vent et les engins, les moteurs, les étincelles que ça peut provoquer.
Oui, tout à fait. On demande aux agriculteurs notamment de prévoir des tonnes à eau dans les parcelles, voire des déchaumeurs pour prévenir d'éventuels risques d'incendie dans les parcelles.
Les déchaumeurs, ce sont des appareils qui permettent de remuer la terre, c'est ça ?
C'est ça, d'enlever le plus possible de paille juste après la récolte pour éviter la propagation éventuelle des incendies.
Qu'est-ce que vous constatez, vous, en ce moment, quand vous allez justement aux côtés d'éleveurs et de céréaliers plutôt regarder leurs récoltes ? Comment se portent les céréales avec cette météo assez inédite ?
Les moissons sont très en avance. Après, en termes de résultats, il y a tout. On a des bonnes surprises quand même sur des parcelles de blé, d'orge, où les résultats sont quand même plutôt bons pour le moment.
Ça veut dire en termes de qualité, vous voulez dire, en termes de qualité de la céréale ?
Oui, en termes de qualité, même en termes de rendement, en termes de quantité, il y a du grain, donc ça, c'est plutôt une bonne nouvelle. Après, en termes de paille, la qualité de paille, elle est un petit peu moins bonne parce qu'avec le coup de chaud, du coup, la paille a tendance à se casser. Donc, c'est vrai que pour les éleveurs, ça sera peut-être un peu plus compliqué, mais pour l'instant, ça se passe relativement bien.
Et qu'on moissonne le jour ou la nuit, ça n'a pas d'incidence sur la qualité de ce qu'on ramasse, sur la conservation ensuite ?
Non, pas forcément. Après, il faut faire attention au risque de chauffe du grain quand même quand on récolte la journée éventuellement, ça peut arriver.
Avec effectivement cette situation qui est un petit peu complexe. Qu'on comprenne bien, vous, vous allez vous-même, en tant que conseillère agronomie à la Chambre régionale de l'agriculture, faire vos propres moissons ?
En fait, nous, on met en place des essais chez les agriculteurs. C'est des essais qu'on va récolter avec une petite moissonneuse. On prend des échantillons et ça nous sert pour avoir des références techniques et pour faire notre conseil par la suite.
D'accord. En fait, c'est une sorte de petit laboratoire que vous menez vous-même pour ensuite conseiller les céréaliers. Aujourd'hui, lorsqu'on vit cette période, tous les spécialistes nous disent qu'il y en aura d'autres des canicules, malheureusement, qu'on est en train de vivre ce changement climatique en temps réel. Vous pensez qu'il faut repenser le modèle de ces cultures, de la manière dont elles sont irriguées ?
On est en train de travailler avec les agriculteurs sur la reconception de leur système de culture. Essayer de trouver des variétés qui résistent mieux aux coups de chauds, revoir les espèces qu'on met en place aussi. Il y a des nouvelles cultures qui arrivent, qui peuvent remplacer d'autres qui ont plus de mal à s'implanter avec les coups de chauds. Et après, c'est évident que l'irrigation pourra être une solution pour certaines cultures, notamment les maïs, qui souffrent beaucoup du chaud cette année.
Donc, irrigation à revoir. Et on peut travailler sur de nouvelles céréales, c'est ça que vous étiez en train d'esquisser ?
Oui, par exemple, pour remplacer du maïs, on commence à avoir un petit peu de sorgho qui se met en place sur des exploitations. C'est d'autres solutions qui permettent d'avoir du fourrage aussi pour les animaux, pour les éleveurs, pour remplacer le maïs. Ce sont des cultures qui souffrent un petit peu moins de la chaleur.
Mais ça veut dire que finalement, la culture de maïs va se déplacer ailleurs. Il y aura toujours besoin de maïs. Si nous, on n'en fait plus, il faudra en faire ailleurs.
Potentiellement, oui, parce qu'actuellement, on fait quand même beaucoup de lait avec du maïs. Donc après, il faut revoir les systèmes. On peut faire aussi du lait avec de l'herbe. Mais l'herbe, s'il n'y a pas d'eau, c'est toujours la même chose. Il n'y aura pas d'herbe non plus.
On entend souvent parler de stress hydrique en ce moment pour les plantes, pour les fleurs, pour les cultures. Est-ce que c'est un terme qu'on emploie aussi pour les céréales ?
Oui, oui, oui. C'est des choses qu'on a beaucoup connues cette année. On a eu plusieurs coups de chaud déjà au mois d'avril, au mois de mai. Et on voyait notamment sur les blés, les feuilles qui s'enroulent. Sur les maïs, c'est la même chose. Du coup, c'est des plantes qui sont stressées et qui, du coup, sont plus sensibles en plus aux ravageurs puisqu'elles sont déjà en stress. Donc, c'est parfois compliqué.
Bon, en tout cas, on souhaite beaucoup de courage à tous les céréaliers, tous les agriculteurs d'ailleurs, quel que soit leur type de culture, les éleveurs aussi avec leurs bêtes qui souffrent de la chaleur. Merci d'être venu nous éclairer ce matin, Camille Crespe, conseillère agronomie à la Chambre régionale d'agriculture.
Merci, bonne journée à tous.
Et bonne journée à vous.