Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 3 avril 2026 55 minComplaisantDivertissementSolidarités & familleÉducation & rechercheNumériqueÉconomie & entreprises

Christophe Bex, député La France insoumise de la Haute-Garonne | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 67 %Attaque 10 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Christophe Bex, vous êtes passé du nord-est au sud-ouest. Vous avez quitté la Lorraine pour la Haute-Garonne. Vous avez fait mijoter votre engagement dans les marmites du service public.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir choisi le pâté lorrain comme plat ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous disiez : "En Lorraine, on l'achète dans une boulangerie."

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Vous parliez des samoussas. Vous êtes attiré par la street food ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Vous cherchez des petits bistrots ou des restaurants qui font de la gastronomie à prix serrés ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes prêt à faire des folies pour aller dans un étoilé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Christophe BexFait
    « Ce plat me renvoie déjà à mon enfance, aux repas de famille. C'était le repas qu'on mangeait le soir quand il y avait la fête, la fête au niveau du village. »
  • 8:00Christophe BexFait
    « Il faut prendre de l'échine de porc, de la noix de veau. Qu'on coupe en petits bouts, il ne faut pas le hacher. »
  • 12:00Christophe BexFait
    « J'aime bien cuisiner. Ce que j'aime bien faire aussi, quand il reste des choses dans le frigo, c'est faire des samoussas, des petits triangles avec des légumes. »
  • 16:00Christophe BexFait
    « J'aime bien les petits bistrots, gastros. Je sais qu'il y a une excellente adresse où ils proposent une formule à 20 euros, entrée, plat, dessert. »
  • 24:00Christophe BexChiffre
    « Un enfant sur quatre en France ne mange pas à sa faim. »
  • 28:00Christophe BexChiffre
    « Il y avait 30 millions qui étaient budgétés. Je crois qu'il y a eu une rallonge de 20 millions d'euros. »
  • 32:00Christophe BexChiffre
    « Dans chaque commune de France, dans chaque village, et il y avait deux tiers-lieux. »
  • 36:00Christophe BexFait
    « Il faut que la mairie les soutienne, parce qu'autrement... Il faut que ça soit co-construit par les citoyens et citoyennes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique --- Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans "Politiques, à table !". Vous avez réservé la meilleure table, alors installez-vous confortablement pour déguster notre cuisine fusion entre politique et gastronomie.

Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir Christophe Bex. Bonjour. -Bonjour et merci pour votre invitation. -Bonjour, Christophe Bex. -Et bonjour, Jean-Pierre. -Bonjour Elsa. -Christophe Bex, vous êtes passé du nord-est au sud-ouest.

Vous avez quitté la Lorraine pour la Haute-Garonne. Vous avez fait mijoter votre engagement dans les marmites du service public. 16 ans au PTT.

Alors pour les plus jeunes, c'était la Poste. Vous avez travaillé à l'université de Toulouse, Jean Jaurès, où vous deviendrez délégué syndical. Votre recette, c'est la lutte à toutes les sauces.

Mobilisation contre Parcoursup, contre la réforme des retraites, contre des projets industriels contestés. Candidat malheureux en 2017, vous prenez votre revanche en 2022 en devenant député de la septième circonscription de Haute-Garonne, sous l'étiquette de La France Insoumise. Vous serez réélu en 2024 après la dissolution.

Pour nous ramener sur vos terres lorraines, vous nous avez concocté un menu de votre enfance, n'est-ce pas ? -Avec un "must", le pâté lorrain et en dessert, une tarte au flan. -Dans les dessous des plats, on revient sur le repas à un euro généralisé dans les Crous.

Pour tous les étudiants, ce sera à partir du mois de mai. -Dans les pieds dans le plat, créer du lien et partager des savoir-faire tout en mangeant, c'est le pari de Chaud Bouillon à Lille, un lieu où il est possible de déguster une cuisine sans chichi tout en s'inventant des projets. Reportage à suivre. -Voilà, vous connaissez le menu Christophe Bex, on va passer à table et commencer avec "Cuisine et confidences".

Jingle -Ah, je sais, se faire inviter, Christophe Bex, à cette table, alors que le moral des troupes de LFI n'est pas au zénith, ce n'est pas un cadeau. Et oui, des choses enfouies chez vous remontent à la surface et souvent ont un impact inconscient sur le choix de votre menu. Regardez, en commandant un pâté lorrain, vous ne pouviez ignorer qu'il ne sort pas de nulle part, ce mot "pâté".

Et oui, chaque fois que vous croisez un socialiste dans l'Assemblée, il se détourne, vous obligeant à réagir. "Dis donc, je ne sens pas le pâté !" Ce n'est pas fini.

Même vous le matin, avec ce climat délétère, en vous regardant dans la glace pour vous raser, en voyant votre mine et cette impression d'être dans le brouillard, vous ne vous dites pas : "Je suis dans le pâté ce matin" ? Il faut dire qu'après ces polémiques autour de LFI, une question vous taraude dans la perspective des élections municipales : comment vont réagir les électeurs ? Bref, LFI risque-t-elle de prendre une... pâtée.

Allez stop. Pas d'acharnement, et oui trop de pâté, tue le pâté, sauf celui que vous souhaitez nous faire découvrir, le pâté lorrain. Oublions tous les sens figurés du mot pour nous concentrer sur cette définition : une charcuterie pâtissière, pâté chaud, spécialité traditionnelle, j'allais dire identitaire de la cuisine française, mais oups, ce n'est sans doute pas le mot que vous préférez. -Le pâté lorrain ? -Non, le pâté identitaire.

Rires -Pourquoi avoir choisi ce plat ? -Ce plat me renvoie déjà à mon enfance, aux repas de famille. C'était le repas qu'on mangeait le soir quand il y avait la fête, la fête au niveau du village.

Et ma mère commandait toujours des grands pâtés lorrains chez le boulanger. Chacun avait son boulanger attitré. -Elle ne les faisait pas ? -Alors, on peut les faire, j'en fais des fois, c'est de la pâte feuilletée, avec de l'échine de porc, du veau qu'on laisse mariner avec des herbes la veille, avec du vin blanc, et on peut le faire.

Elle ne le faisait pas parce qu'on le commandait toujours chez le boulanger. Comme avant, on faisait cuire son gigot chez le boulanger, parce qu'il avait un four, et c'est resté... très identitaire, vous parliez d'identitaire.

Et quand on a des copains ou de la famille qui vient nous rendre visite dans le Sud-Ouest, parce que maintenant j'habite à... -C'est ce qu'a raconté Elsa, oui. -Qu'apportent les gens ?

Ils apportent du pâté lorrain. -Alors, goûtons-le. -Parce que ça se transporte bien, ça se congèle.

Et à l'époque, c'est une recette qui date du Moyen Age, ça permettait de conserver la viande. Donc... -Oui, c'est ça. -Alors goûtez-le, il est proposé par Le Bourbon qu'on remercie. -Oui, Bravo ! -On va le goûter, évidemment.

Il est servi avec une petite salade, comme ça, un petit peu de fraîcheur à côté. -C'est parfait. -Comment vous le trouvez ? -Alors, moi, ce que j'aime bien, justement, dans le pâté lorrain, c'est que la viande, elle cuit dans la pâte feuilletée et ça fait le moelleux avec la pâte.

La pâte feuilletée s'imbibe des saveurs de la viande et c'est fondant. -Quand vous le préparez, comment vous faites ? La pâte feuilletée, vous la faites vous-même ?

C'est pas facile à faire. Il faut faire des tours et des tours. -Ca nécessite 64 pliages avec du beurre.

C'est compliqué, c'est long. Alors, je préfère le commander à la boulangerie. -Très bien. -Et après, je la prépare, mais surtout, je prépare ma viande la veille. -Alors, quelle viande ? -Je reviens sur la pâte.

Il y en a qui le font à la pâte brisée aussi. -Oui, mais... -Mais est-ce qu'on ne trouve pas des bonnes pâtes feuilletées, maintenant, dans le commerce qui permettent de faire un bon pâté lorrain ?

Non ? -On peut toujours en trouver... -Mais si le pâtissier ou le boulanger peut vous en offrir... -Je la commande, il me la prépare et c'est plus rapide.

C'est vrai que la pâte feuilletée, c'est un art. -C'est très compliqué. -Quand j'ai travaillé dans un restaurant, un des cuisiniers faisait justement le pâté lorrain et il m'expliquait...

C'est un long travail. -C'est la première fois que je goûte un pâté lorrain. Vous, Elsa ? -Pareil, c'est la première fois. -C'est très, très bon. -Et c'est très relevé, justement.

Comment vous le préparez ? -Il faut prendre de l'échine de porc, de la noix de veau. Qu'on coupe en petits bouts, il ne faut pas le hacher.

Là, il est très bien parce qu'on a vraiment les morceaux en entier. On laisse mariner la veille dans du vin blanc avec des épices, du sel, du poivre, du thym, du persil. Et il faut bien laisser la viande mariner.

Le lendemain, on enlève l'humidité de la viande et on le met tout simplement dans une pâte feuilletée. -Carrée. -Rectangulaire, que l'on couvre comme ça.

Puis après, on remet une pâte feuilletée dessus. Et après, on le scelle. Enfin... -On le sale.

Et on le colle. -Oui, c'est le terme de sceller. Avec un peu de jaune d'oeuf. -Voilà. -Jean-Pierre nous dira tout sur ce pâté lorrain. -Et il faut que ça soit bien enfermé.

Parce que si jamais ça se décolle, ça coule. -Alors, on en parlera tout à l'heure. Ce n'est pas la peine de déflorer les choses à savoir. -Vous disiez : "En Lorraine, on l'achète dans une boulangerie." -Ou charcuterie. -Ou charcuterie.

Et chaque famille a sa petite habitude. -Sa petite habitude. Je sais que ma mère, elle l'achetait dans son village auprès du boulanger.

Elle le mangeait quand elle était petite et elle allait l'acheter là. Et c'était souvent les dimanches soirs parce que c'était un repas, le soir, la fête, on sortait le pâté lorrain avec une salade. C'est parfait. -Et on en mange très souvent en Lorraine. -Ah oui. -Oui, oui. -La Lorraine a ses totems, mais c'est vrai que la quiche lorraine, par-dessus tout, elle a un peu fait de l'ombre à ce pâté lorrain.

Là, c'est peut-être l'occasion de réhabiliter ce pâté lorrain. -La quiche lorraine, elle est devenue internationale. Elle a plein de dérivés. -Elle est dans toutes les pâtisseries, les boulangeries.

A midi, on mange une quiche lorraine. C'est vrai qu'on ne mange pas un pâté lorrain. -On appelle ça une quiche.

Il y a même un groupe, les B-52's, ils en avaient fait un morceau, "Quiche Lorraine". C'est devenu international comme la pizza. -Alors, j'ai retenu que vous êtes cuisinier, parce que vous avez dit : "Je le fais, ce pâté." -Oui. -Vous faites d'autres choses, à part le pâté lorrain ?

Est-ce que vous êtes assez multitâche ? -J'aime bien cuisiner. Ce que j'aime bien faire aussi, quand il reste des choses dans le frigo, c'est faire des samoussas, des petits triangles avec des légumes.

Et ça, ça passe bien, parce qu'à l'intérieur d'un samoussa, on peut faire manger des tas de choses. -C'est pas très lorrain, le samoussa. -Non, mais il y a le côté, pareil, croustillant. -Vous prenez quelle pâte pour faire le samoussa ? -Des feuilles de briques. -D'accord. -J'en utilise souvent.

Mais maintenant que j'habite dans le Sud-Ouest, je me suis exercé au cassoulet. Parce qu'on m'a dit : "Mais tu viens à cette émission, pourquoi tu ne présentes pas le cassoulet ?" Mais le cassoulet, ce n'est pas le repas de mon enfance.

Moi, j'ai mangé, quand j'étais petit, ou un peu plus tard, mais j'en mange encore, ce pâté lorrain. -Et il y a toujours, donc là vous disiez, deux viandes, il y a parfois des alternatives végétariennes ? On se pose beaucoup de questions sur la consommation de viande. -Oui, on peut très bien faire un pâté le rein avec des légumes, on peut remplacer la viande, comme la quiche, on peut remplacer les lardons par des légumes, et bien entendu il faut une alternative à la viande, parce qu'on mange trop de viande, il faut aller manger moins de viande, mais de la viande de meilleure qualité. -C'est ce que vous faites ?

Est-ce que dans vos habitudes...

Peut-être qu'il y a quelques années, vous mangez de la viande quasiment à chaque repas. Vous avez changé vos habitudes ? -Il m'arrive des semaines de ne plus manger de viande du tout et de prioriser des légumes.

Les légumes, il faut prendre le temps de les cuisiner. Mais après, on va acheter des légumes...

Moi, je suis affilié dans des AMAP. Ou aller dans des biocops, acheter des légumes au plus près du producteur et cuisiner les légumes. Faire des tartes aux légumes, des légumes vapeurs, des brocolis.

Il m'arrive même dans l'année de faire clairement du jeûne. C'est-à-dire ne plus manger pour se régénérer. -Pendant combien de temps ? -Une semaine. -Très bon pour les cellules.

Jeûne et randonnées. -Un chercheur japonais a été récompensé pour ses travaux sur le jeûne, parce que c'est une cure de jouvence. -Il faut faire attention, prendre des précautions. -Pour que ça soit encadré, quand vous faites un jeûne, pendant 15 jours, vous descendez, vous retirez de votre alimentation, la viande, tout ce qui est toxique.

Pendant une semaine, jeûne et randonnée, c'est-à-dire le matin, vous faites une randonnée, toute la journée du jeûne, et après, vous remontez tranquillement. Et ça nettoie. -Oui, paraît-il, ça lave. -C'est super bien. -Je reviens sur, parce que ça m'intéresse, vous étiez en Lorraine avec des recettes très classiques, la quiche lorraine, la crème, le porc, etc.

Vous arrivez dans le Sud-Ouest, comment s'est fait cette acclimatation culinaire ? Est-ce que ça a été longtemps ? Vous avez longtemps réclamé du pâté lorrain à votre maman, par Colissimo ?

Ou vous vous êtes fondu dans le cassoulet très vite ? Non mais moi j'adore... -La saucisse de Toulouse, le foie gras... -Le confit, tout ça, j'adore tout ce qui... -Si vous faites le match, Sud-Ouest ou Lorraine ? -Les deux.

On peut très bien commencer par un pâté lorrain et suivre avec... -Un cassoulet ? -Après, on a besoin de deux semaines de jeûne, quand même, si on enchaîne. -Quand je suis arrivé à Toulouse, je suis allé au marché Victor Hugo, au restaurant qui était au-dessus, et j'ai mangé le cassoulet, les confits, dans le même repas.

J'ai voulu tout goûter. Et l'après-midi, j'ai fait une grosse sieste parce que là, j'étais...

Mais moi, j'adore bien manger, être autour d'une table. C'est pour ça qu'une fois par an, j'essaye de faire du jeûne pour...

Parce qu'on aurait tendance à prendre un peu de poids et ce n'est pas bon pour le dynamisme. Mais manger moins de viande, oui. -Et de la viande de bonne qualité.

On disait racines en Lorraine, vous êtes près de Toulouse et puis une partie du temps à Paris. Est-ce que quand vous êtes ici à l'Assemblée, vous arrivez aussi à cuisiner un peu ou vous mangez plus sur le pouce ? Vous arrivez aussi à vous faire des petites adresses pour acheter ou pour manger ? -A Paris, c'est difficile.

Je ne cuisine pas du tout à Paris parce qu'on est bien pris en charge. On a un restaurant et tout ça. Et on a une difficulté de sortir.

On est à l'Assemblée nationale, on a le restaurant, on est dans le septième, on siège le soir et c'est difficile de faire des petites sorties. Mais ça nous arrive des fois d'aller dans des petits restaurants parisiens. Mais c'est très, très rare, en fait, on est quand même dans une bulle. -Vous êtes plutôt gourmet, vous cherchez les bonnes tables, un peu chic, bourgeoise, ou un peu gourmand, un peu curieux, et vous préférez aller manger un peu de street food dans les quartiers du 10e, 9e arrondissement ? -Ca... -Vous êtes attiré par ça ? -J'aime bien, tout ce qui est cuisine comme ça... -Vous parliez des samoussas. -J'aime bien les petits bistrots, gastros.

Je sais qu'il y a une excellente adresse où ils proposent une formule à 20 euros, entrée, plat, dessert. Et c'est...

Déjà un plat, s'il est bien présenté, s'il y a des belles couleurs, ce que fait, la cuisine japonaise. La cuisine japonaise, déjà, c'est un tableau magnifique. -C'est pas entrée, plat, dessert à 20 euros, les japonais. -Non.

Oui, parce que la bonne cuisine japonaise, c'est...

Mais quand c'est bien présenté, et puis que la personne vous explique comment c'est préparé, c'est déjà 50 % du plat. Puis après, vous rentrez dans le plat, vous goûtez les saveurs, le croustillant, le moelleux et tout ça. Et donc, je suis à la recherche de petits bistrots ou de restaurants qui essayent de faire de la gastronomie.

Et puis, la France est une terre de cuisine, je veux dire, des influences...

On est en bout de continent. On a un climat qui fait qu'on a une agriculture très diversifiée. Et puis, je suis très attiré aussi par la cuisine asiatique.

J'adore. Ou cuisine indienne. Enfin, tout.

Toutes les cuisines. Mais même le burger. J'adore le burger. -Donc vous aimez tout, vous n'avez pas de...

On a le sentiment que ça va. Bio, local, vous faites très attention à la provenance de ce que vous achetez ? -Tout à fait.

On essaye de consommer auprès des producteurs locaux. Alors ça peut être de l'agneau, du boeuf et des légumes. On essaye de voir...

Comme on est affiliés à une AMAP. Et puis il y a des producteurs locaux qui font des biscuits, de la viande, du miel...

Donc, on essaye d'être au plus près des producteurs. Et c'est pas plus cher d'acheter directement auprès du producteur que d'acheter dans la grande distribution. -Parce que c'est parfois ce qui peut rebuter certains.

On dit que le bio, parfois, c'est quand même plus cher. Ca prend plus de temps aussi de cuisiner. Certains ont un peu la facilité, ou alors aussi à propos des problèmes de porte-monnaie, en se disant que ça va coûter moins cher d'aller dans une grande surface. -L'avantage de la grande surface pour les gens, c'est qu'ils trouvent tout en même temps.

Par contre, si vous voulez acheter vos légumes, votre viande, vos produits, il faut faire le marché, il faut aller dans une AMAP. Donc ça prend plus de temps, mais le temps, il faut arriver à le prendre. Parce que les gens disent : "On n'a pas le temps." Quand je vois les drives dans les supermarchés, les gens ne vont même plus au contact.

Et ce que je reproche aussi quand on va acheter son alimentation, c'est d'avoir aussi une discussion avec le producteur. Ou la personne qui transforme, ou la personne qui commercialise. De voir quelqu'un qui élève ses brebis, qui fait son fromage, c'est intéressant.

Quelle est sa vie derrière ? Parce qu'on a le produit, mais comment se passe la production ? Et comment vivent les gens de cette production-là ?

Il y a toute cette histoire à raconter, cette culture. Il y a du travail derrière et des gens qui l'ont produit. J'aime bien voir ce qui se passe derrière.

Il faut prendre du temps pour discuter aller sur les marchés. -Dans votre quête de resto, vous cherchez un peu de gastronomie, c'est ce qu'on appelle la "bistronomie", la contraction des deux mots, mais à des prix un peu serrés. Est-ce que vous êtes prêt, de temps en temps, à faire des folies, aller dans un étoilé, un, deux étoiles, ou non, ça ne vaut pas le coup, c'est beaucoup trop cher pour ce que c'est, des portions un peu rikiki, mais derrière, un service irréprochable, un travail hors pair ?

Est-ce qu'il y a un moment où vous n'avez plus envie de dépenser de l'argent pour aller au restaurant ? -Alors étoilé, j'y suis allé une fois dans un deux étoiles, il y en avait un à Toulouse, et c'est vrai que oui, c'est une super expérience, déjà le service, les mises en bouche, et puis toute l'histoire, la personne, et ça j'adore, après c'est sûr que c'est quelque chose... -C'est un budget ? -C'est un budget.

Des fois, c'est peut-être disproportionné par rapport à ce qu'il y a dans l'assiette. Mais il faut regarder les adresses. Il faut voir.

A Toulouse, il y a une multitude de restaurants ou même dans certains villages...

Une adresse qui marche bien, si elle fait de la qualité, forcément, les gens vont venir. Et ce que je reproche, c'est que dans un restaurant, quand vous voyez 15 pages dans le menu avec tout ce qui est proposé... -Ca vous inquiète. -Là, il y a un problème.

Par contre, quand il y a deux entrées, trois plats et deux desserts, je me dis : "Là, c'est fait sur place." -Le pâté lorrain, c'est abordable ? -Oui, oui, c'est très, très abordable. -On va continuer à en parler de ce fameux pâté lorrain.

Continuez à en déguster un petit peu, Christophe Bex, on va revenir dessus, c'est les trois choses à savoir. -Attention, respect, Elsa. Le pâté lorrain, recette phare de la Lorraine, remonte, on l'a entendu dans la bouche de M.

Bex au Moyen Age. L'illustre chef Taillevent l'évoque déjà dans son livre de cuisine en 1392. A cette époque, le pâté était une astuce pour conserver, grâce à la pâte, la viande plus longtemps.

Comme ça, elle n'était pas avariée. C'était un plat de luxe à l'époque, servi lors des festins médiévaux. J'aurais bien aimé être à cette époque, ça devait avoir de la gueule !

Pour la pâte, on peut imaginer qu'à l'époque, elle était brisée, alors qu'aujourd'hui, la feuilletée semble l'emporter. La farce, elle est composée de deux viandes, noix de veau et échine de porc, coupées en petits dés et marinées pendant au moins une nuit dans un mélange de vin blanc, d'échalotes, d'ail, de thym. Et là, on sent qu'elle est très parfumée.

Donc là, ils n'ont pas triché au Bourbon. C'est vraiment un très bon pâté qui a été mariné. Ensuite, il faut envelopper la farce, assaisonner avec sel, poivre et herbes fraîches comme estragon et persil, puis souder ou sceller, comme vous dites, les bords de la pâte avec un jaune d'oeuf qui vous servira aussi à dorer la pâte.

Avec un couteau, dessiner des lignes sur le pâté et fabriquer, c'est une astuce, une petite cheminée pour évacuer l'humidité avant d'enfourner la pâte à 180 degrés pendant 50 minutes à déguster tiède ou chaud, la cheminée va faire en sorte que L'air et la vapeur s'évaporent et n'humidifient pas trop la viande et, de fait, cette pâte qui doit rester un peu croustillante. -Et alors, le pâté lorrain, est-ce que c'est une forme de pâté en croûte ou c'est quelque chose de très différent ? -C'est vrai que des fois, on entend pâté croûte, mais on va avoir un pâté avec une toute petite...

J'aime pas trop l'expression, enfin, pâté croûte. Nous, on reste sur pâté lorrain parce que c'est une marque déposée, je pense, et après, c'est vrai qu'on a du mal à en trouver, comme je disais, ailleurs. Il va y avoir ce qu'on appelle les friands. -Oui, mais ça, c'est autre chose. -Pâte feuilletée fourrée à la viande. -Mais ça n'a rien à voir.

Il y a les pâtés croûtes et les pâtés en croûte. -C'est de la même famille. Ce sont des productions charcutières, même si on les achète dans les boulangeries en Lorraine.

Mais c'est vrai que c'est peut-être un peu moins fin que le pâté en croûte. -Il y a plus de mélange parfois, du foie gras. -Oui, tout à fait. -Et c'est devenu un art, il y a les championnats de foie gras.

Je ne sais pas si le pâté lorrain a droit à un championnat du monde. -Il y a une fête. Je crois que ça existe en Lorraine ? -Oui, il y a Baccarat et puis aussi dans les Vosges, il y a des championnats du monde...

Et le petit charcutier boulanger...

Pardon, boucher charcutier où je vais acheter mes pâtés lorrains quand je retourne en Lorraine y participe aussi. Il avait fini deuxième, donc... -Donc c'est toute une tradition en Lorraine. -C'est une fierté pour vous ?

Est-ce que ces plats sont des ambassadeurs de votre région, de votre terroir ? -Oui. -Ca compte beaucoup dans l'identité de ces territoires ? -Oui, en plus, moi je suis originaire d'un département de la Lorraine qu'on connaît mal, la Meuse.

Et quand on parle de la Meuse, les gens vont parler de Verdun, mais après... -C'est vrai, plutôt une image... -Alors on va parler des dragées de Verdun, ou les madeleines de Commercy. -C'est vrai. -Et à Bar-le-Duc, la spécialité, c'est... -La confiture de groseille épépinée à la plume d'oie. -Bravo. -Incollable. -Là, franchement...

Ces spécialités culinaires permettent de parler des territoires. Dans toutes les petites villes ou les sous-préfectures ou préfectures de France, c'est bien souvent par le plat ou par la spécialité qu'on connaît les villes. Ou alors, le football...

Ca permet... et c'est une forte identité, et le pâté lorrain, justement, ça permet de parler de la Lorraine. -Vous, quand vous vous déplacez dans vos activités de député, vous prenez la spécialité du coin tout le temps ? -Si elle est là...

Disons que... c'est bizarre que plus on est loin du territoire où on est né...

Et plus on a envie de le revendiquer. Parce qu'avant, quand j'étais en Meuse...

J'ai quitté la Meuse parce qu'il n'y avait plus de boulot, mais c'est marrant, il y a ce côté de valoriser le territoire où on n'habite plus. -Une fois qu'on en est parti. Alors, on boit un petit peu avec ce pâté lorrain.

Vous nous avez proposé, Christophe Bex, une alternative, blanc ou rouge. Vous, vous avez voulu du rouge. Alors parlez-nous, c'est le domaine de la Ribonnet.

Parlez-nous de ce domaine. -Le domaine de Ribonnet, c'est un domaine qui est dans ma circonscription, c'est à 15 kilomètres de chez moi, il y a 25 hectares de vignes et puis après le reste, c'est du céréale. Et ça a été repris par un jeune dans les années 70, un jeune qui venait de Suisse, qui a racheté le domaine et qui a fait revivre ce domaine.

Parce qu'à l'origine, ce domaine appartenait à une personne très connue dans le sud toulousain, surtout à Muret, c'est Clément Ader. Clément Ader, c'est le Léonard de Vinci de l'époque. Il a créé l'aviation.

Il a créé le premier appareil volant. Il a créé, en fait, l'avion. Parce qu'à l'époque, on appelait ça des aéroplanes.

Il a créé l'avion. Et d'après la légende, avion, ça serait un acronyme. Ca voudrait dire "appareil volant imitant un oiseau naturellement.

Avion. Et il a créé aussi, il a travaillé aussi dans la...

Dans tout ce qui était téléphonie. C'est lui qui a inventé le caoutchouc pour mettre sur les roues de vélo, à la place du bois et du fer. Et il s'est fait d'argent avec ça et c'est pour ça qu'après, il était le premier homme volant du monde.

Donc, Clément Ader. Et ils ont fait une cuvée, justement, Clément Ader, que je vous ai apportée. C'était pour le centenaire de sa mort, parce qu'il est mort en 1925, donc, l'année dernière, on était en 2025.

Et Clément Ader est né en 1925. Et je fais un petit clin d'oeil pour la circo. Il est né l'année où a été élu... -Mort en 1925. -Il est mort en 1925.

Il est mort l'année où a été élu maire Vincent Auriol, à Muret, et qui, par la suite, est devenu premier président de la IV République, à Muret. Tout ça dans un petit périmètre. -Alors, on rappelle que l'alcool, on en boit avec modération, mais que vous, quand vous mangez, pour vous, le verre de vin, pareil, c'est un peu obligatoire, à table ? -Non, j'évite, sauf quand je suis avec des amis, des copains, ou quand je fais des rencontres, mais la semaine, j'évite de boire de l'alcool, en fait. -Mais si vous devez choisir, c'est le verre de vin rouge. -Oui, vin rouge, même à l'apéritif.

Vin rouge, oui. -Et dans le pâté lorrain, ça peut être du vin rouge aussi ? Non, c'est du vin blanc. -Généralement, c'est du vin blanc.

On peut faire des marinades avec du vin rouge, mais là, ça serait peut-être un peu fort en goût. C'est plutôt du vin blanc qui est choisi. On peut peut-être rajouter une petite goutte de cognac, etc. -On peut le parfumer avec de la mirabelle. -Ah, la mirabelle. -De Lorraine, évidemment !

Allez, on a repris des forces avec ce pâté lorrain, on va faire chauffer nos neurones à présent avec les quiz. Jingle On va en profiter pour manger un petit peu, -Et faites travailler vos neurones parce que c'est un peu capillotracté. Vous qui avez travaillé pour l'université Jean Jaurès de Toulouse, sauriez-vous nous dire si ces affirmations concernant Jean Jaurès sont vraies ou fausses ?

Il a été assassiné au cours d'un dîner dans un restaurant appelé Le Croissant Doré. -Il a été assassiné en 1914 dans un restaurant qui s'appelait Le Croissant, mais j'ai un doute sur le "doré". -C'est à vous de me dire. -J'ai un doute sur le "doré". -Il n'y a pas Jean-Pierre Foucault, on ne peut pas appeler quelqu'un. -Non, non, mais moi, il a été assassiné, oui, c'est clair.

Mais le "doré", je dirais que c'est faux. -C'est faux, vous avez raison. C'était au Café du croissant.

Voilà. Ce café porte toujours le même nom aujourd'hui. Vrai ou faux ? -Faux. -Faux, bien sûr.

Bien entendu, il a été rebaptisé en 2014 la Taverne du croissant et il s'appelle aujourd'hui le Bistrot du croissant. On garde croissant, mais on essaie de le customiser un peu. La légende raconte que Jean Jaurès était en train de déguster une tarte aux fraises lorsqu'il a été assassiné. -C'est une légende ou...

Je dirais vrai, une tarte aux fraises. -C'est vrai. C'est une légende parce qu'il y en a qui disent que c'est vrai et il y a sans doute des témoins qui ont pu en attester.

Donc en tous les cas, c'est devenu une petite légende. Il mangeait bien une tarte aux fraises lorsqu'il a été assassiné. Tous les 31 juillet, date de sa mort, un menu Jean Jaurès est proposé au Bistrot du croissant. -Faux. -Faux. -Un sans faute. -Oui, mais attention, avant 2014, quand il portait toujours le même nom, il y avait bien un menu spécial, mais il a disparu depuis de la carte, dommage. -Eh bien, écoutez, bravo.

Vous avez dit qu'on vous avait demandé pourquoi vous n'avez pas demandé du cassoulet à cette table. On y revient, au cassoulet, avec ce quiz, puisque je rappelle que vous êtes député de Haute-Garonne. -Eh oui. -Le cassoulet a toujours contenu des haricots blancs.

Est-ce vrai ou est-ce faux ? -Faux. -C'était des... -Il y avait des fèves dedans. -Exactement.

On utilisait des fèves dans la recette médiévale. -Tous à fait. -En principe, un cassoulet authentique est cuit dans une cassolette. -Une cassole. -Parfait.

Pour l'instant, c'est parfait. Jean-Pierre n'en croit pas ses yeux. -C'est un Toulousain déguisé.

Il nous a fait croire qu'il était lorrain. -Le folklore qui entoure cette recette recommande de casser la croûte sept fois lors de la cuisson pour enrichir la texture. -Il y a une recette, c'est celle de Carcassonne, c'est vrai, sept fois. -Exactement, c'est vrai.

Alors, la croûte, ce n'est pas une vraie croûte. Expliquez-nous, Jean-Pierre, quand la cuisson remonte, ça crée une petite... -Ce n'est pas une croûte au sens avec une pâte. -Il n'y a pas de chapelure dans le vrai cassoulet. -Non, c'est parce que les haricots caramélisent un peu au-dessus parce que ça a été cuit très longtemps.

Donc, les sucs remontent et créent une petite couverture. -Dernière question. Ca peut être le sans-faute ou...

Toulouse se revendique capitale mondiale du cassoulet. -Il y a quatre villes. Moi, je dirais Castelnaudary. -C'est un sans-faute. -Il y a trois villes.

Toulouse, Castelnaudary, Carcassonne. -Saint-Félix-Lauragais aussi fait un cassoulet. Ca, c'est parce que c'est votre pote qui tient le... -C'est moins connu. -On vous a demandé de... -C'est vrai que chacun... -Castelnaudary, c'est vrai que c'est... -Bravo.

En tous les cas, un lorrain qui s'est bien acclimaté dans le Sud-Ouest. -Parfait. On va passer justement à "La brève de comptoir".

Jingle Pour préparer l'émission, on demande à chaque invité de réfléchir à un moment qu'il souhaite nous partager autour de la cuisine, d'un repas. On remonte à votre première communion, Christophe Bex. -On va remonter dans le temps, c'est en 1974, c'est le repas de communion dans un restaurant.

Il y a même le curé qui est invité. Et on est en 1974, ça fait un mois que Georges Pompidou est décédé, le 2 avril. Et on est en pleine campagne présidentielle.

La gauche, la droite. Avec François Mitterrand, candidat unique de la gauche. Et en face, on a Valéry Giscard d'Estaing, héritier de Louis XV.

Le repas se passe bien au début et, comme dans tous les repas de famille, ça part, on va dire, en cacahuète. Avec un oncle qui soutient Chaban Delmas, parce qu'il habite à Bordeaux. Des oncles qui soutiennent Valéry Giscard d'Estaing, dont mon père, et puis un oncle qui travaille justement au PTT, qui soutient François Mitterrand, candidat de la gauche.

Et quand je dis de la gauche, c'est le Parti socialiste, qui affichait clairement que toute personne qui ne combat pas le système capitaliste n'a rien à faire au Parti socialiste. Ca a bien changé depuis. Et donc c'est parti complètement... en pugilat.

A l'époque, j'aurais rappelé quand même que les campagnes électorales et présidentielles, c'était très clivé, très clivant. -Aujourd'hui aussi. -Mais là, encore plus, j'ai l'impression, parce qu'il y avait vraiment une gauche affirmée qui n'avait pas eu le pouvoir, et les débats présidentiels de 74, puis on aura le match retour en 81.

Et donc, c'est parti comme ça. Et au moment d'aller aux vêpres, à l'époque, on faisait les vêpres à 17 h 00, on allait à l'église, personne pour m'amener. -Parce que comment vous aviez regardé avec vos yeux d'enfant ces oncles qui discutent ? -J'avais 13 ans à l'époque et ça me faisait un petit tilt.

Je voyais ma famille qui se déchirait, c'était entre les oncles. Et puis pendant un certain temps, ils se sont pu adresser la parole entre certains oncles, mon père et tout ça. Et donc il n'y avait personne pour m'emmener aux vêpres, je veux dire à l'église.

Et donc j'y suis allé, c'est mon frère qui a pris une voiture qui m'a emmené et il fallait un bouquet de fleurs. Et donc j'ai pris, ça m'a marqué, un bouquet de fleurs qui était sur une tombe au cimetière pour assister à cette messe qui avait lieu à 17 h 00. Et donc ça m'a...

Je l'ai toujours gardé en mémoire, ce moment familial où il y avait une grosse tension, et la politique arrivait, comme souvent dans les repas de famille, arrivait à... -C'est intéressant, parce qu'aujourd'hui, Elsa connaît bien ça, puisqu'elle est au coeur de l'Assemblée nationale, la montée de la radicalité, des extrémistes, mais avant c'était très polarisé. -Moi, j'ai vécu un peu ça.

Il y avait deux camps. Donc, forcément, il y avait un affrontement très frontal. Aujourd'hui, c'est un peu disséminé.

Donc, il y a des radicalités, il y a des extrêmes. Mais quand le crash test est là... -C'est bloc contre bloc.

Et l'élection de 74 est intéressante parce qu'il y avait aussi un candidat écologiste, René Dumont. Et pour la première fois, une femme est candidate, Arlette Laguiller. Il y avait 12 candidats parce qu'il n'y avait que 40 jours.

La campagne était très, très courte. Et c'est une campagne qui reste en mémoire, parce que Valéry Giscard d'Estaing avait gagné, et... -Mais ça vous a quand même donné envie de faire de la politique, vous auriez pu dire... -Ca m'a marqué. -Et pas forcément d'en parler à table, peut-être. -On en parle souvent à table. -Allez, on va vous emmener dans un restaurant que vous connaissez bien, Christophe Bex, direction le Resto U', dans "Le dessous des plats".

Jingle Je ne sais pas si vous avez un euro dans la poche, mais un euro, c'est le prix que coûtera le repas dans les Crous. Vous savez, c'est les restaurants universitaires. Ce sera pour tous les étudiants à partir de mai 2026, c'est un vrai défi.

Reportage Maïté Frémont, Eva Billion et Philippe Lecroc. Musique -Paris, 13e arrondissement, sa faculté des sciences et ses 25 000 étudiants. Et sur l'heure du déjeuner, cette file d'attente au restaurant universitaire du quartier qui ne désemplit pas.

Au menu ce vendredi-là, aile de raie à la grenobloise. -Je suis étudiant depuis trois ans. -Boursier ? -Oui, je suis boursier. -Donc ton repas était déjà à un euro ? -Oui.

La plupart des étudiants non boursiers que je connais ne mangent pas au Crous parce que, mine de rien, 3,30 euros, ça reste un budget pour un repas. Et le repas à un euro, c'est quelque chose qui m'a fait énormément de bien. -Combien sont-ils, non boursiers, à ne pas pouvoir manger à leur faim ?

Selon un dernier sondage, sur 5285 étudiants, près de la moitié affirme avoir déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières. -Plus de 20 % des étudiants ne mangent pas à leur faim, plus de 60 % des bénéficiaires dans nos épiceries sociales et solidaires, les AGORAé, ne peuvent pas bénéficier de ce repas à un euro parce qu'ils sont exclus de ce système de bourse et qu'ils se retrouvent dans des situations de précarité extrême. -Aujourd'hui en France, un étudiant sur quatre vit avec moins de 100 euros par mois une fois le loyer réglé.

Face à ces constats, la mise en place du repas à un euro pour aider les étudiants les plus précaires va se généraliser à tous. -Et là, un euro, donc on pourrait faire trois repas au lieu d'un. -Il y aura forcément plus de queue. -Est-ce que les Crous vont réussir à suivre ?

Est-ce que ça ne va pas désavantager les étudiants qui sont boursiers ? C'est la question que, personnellement, je me pose. -Et ces craintes, les professionnels des Restos U' les partagent aussi.

Déjà sous tension, ils doutent de pouvoir absorber le flux. Alors comment proposer un repas à un euro pour les étudiants sans dégrader le contenu des assiettes ? Ce sera tout l'enjeu du Crous, qui sert aujourd'hui 45 millions de plateaux par an. -Alors Christophe Bex, vous avez dirigé un restaurant universitaire à Nancy.

C'était en quelle année ? -Entre 1999 et 2002. -Et alors, est-ce que vous voyiez aussi à l'époque que la question de se payer un repas le midi, ça pose problème à de nombreux étudiants ? -Oui, déjà à l'époque, beaucoup d'étudiants ne fréquentaient pas les Resto U'.

Ils s'achetaient un paquet de pâtes. Mais je voudrais dire, non seulement les étudiants ont du mal à se nourrir, mais il faut savoir qu'un enfant sur quatre en France ne mange pas à sa faim. C'est pour ça que nous, dans le cadre des élections municipales, on propose des cantines gratuites et bio.

Et pour revenir aux restaurants universitaires, c'est une très bonne mesure, le repas à un euro. Mais déjà à l'époque, on était confrontés au manque de moyens. Parce que je tiens à saluer tous les personnels ouvriers qui travaillent dans les restaurants universitaires, mais ce qu'il faut, c'est du matériel, il faut des locaux, il faut du personnel pour offrir cette offre à un euro de bonne qualité.

Il y a des repas végétariens qui sont d'excellente qualité, mais il faut, justement, mettre les moyens derrière. -C'est ça. Est-ce que là, pour l'instant, parce qu'on sait que le Gouvernement n'était pas favorable à cette généralisation du repas à un euro, ce sont les socialistes qui ont un peu forcé la main du Gouvernement, pour l'instant le Gouvernement est un peu dans le déni.

Là, le ministre de l'Enseignement supérieur dit : "Il faudra certainement plus de moyens, peut-être des recrutements." Mais on ne connaît pas encore le chiffre. -Alors, il y avait des chiffres qui avaient avancé.

J'avais fait l'explication de vote lors de la niche du Parti socialiste il y a un an. Et il y avait des chiffres qui avaient avancé, 50 millions mais il faut embaucher des personnels ouvriers titulaires, pas que des contractuels ou des gens qu'on va... -J'ai entendu dire que ça coûtait 90 millions d'euros. -Il y avait 30 millions qui étaient budgétés.

Je crois qu'il y a eu une rallonge de 20 millions d'euros. Mais sur le nombre de personnel à embaucher... -Et il faut des locaux.

Parce que quand on voit les files d'attente, on peut avoir les personnels, les chaînes et tout ça, mais il faut aussi des locaux agrandits. Il y a des gros efforts qui ont été faits, mais les Resto U', c'est important de mettre les moyens. C'est comme beaucoup de mesures.

Pour les AESH, si je prends le lien avec les AESH qui travaillent auprès des enfants handicapés, si on ne met pas les moyens dans le recrutement et les moyens financiers...

Il faut un budget conséquent, c'est clair. -Et un euro, est-ce que pour un euro, on peut proposer un repas de qualité ? -Mais même déjà à 3,30 euros ou 3,50 euros... -C'était combien à votre époque ? -Cinq francs quand j'étais étudiant, -Il faudra convertir avec l'inflation. -Honnêtement, quand j'étais responsable d'un Resto U', on avait huit francs.

Huit francs pour faire un repas : entrée, plat, dessert. Mais après, l'Etat subventionne. Là, je parle de huit francs pour les denrées. -Oui, aujourd'hui, c'est autour de huit ou neuf euros. -Bien sûr, parce qu'il faut mettre les frais de fonctionnement, le matériel et tout ça.

Donc c'est sûr qu'un euro, ou même pourquoi pas la gratuité... -C'est un prix en trompe-l'oeil, il est subventionné. -Le repas universitaire, le traditionnel qu'on appelle, il est subventionné.

Mais il était déjà subventionné quand il était à 3,30 euros. Donc on le descend à un euro, c'est symbolique, mais ça permet à beaucoup d'étudiants...

Et je rappelle aussi que le resto universitaire permet à beaucoup d'étudiants de se retrouver. Sinon, ils vont se retrouver tout seuls dans leur chambre universitaire à faire cuire leur paquet de pâtes, ce qui ne coûte pas cher. Et là, ils peuvent rencontrer des gens même s'ils ne connaissent personne, ils vont être assis à côté de quelqu'un et ils vont discuter, échanger. -Et vous qui en avez dirigé un, ça ne fait pas un effet d'aubaine ?

Il y a plein d'étudiants, pas beaucoup, je pense que la grande majorité souffre, comme vous l'avez clairement dit, mais ceux qui ont un peu plus de moyens, qui sont aidés par leurs parents, qui ont un appartement...

Pourquoi un euro alors qu'ils pourraient payer plus compte tenu de leur revenu ? Moi, je suis pour que ce soit universel. C'est comme l'école.

Les parents qui ont les moyens, ils ne payent pas l'enseignement. Donc, je pense qu'il faut aller vers l'universalité des prestations. Après, c'est une histoire d'impôt sur le revenu.

Je pense qu'il faudrait 14 tranches et non pas 5 actuellement pour que chacun puisse cotiser. -Donc, on paye un euro au Crous, mais... -Non, c'est les 14 tranches qu'avait mis en place François Mitterrand.

En fonction des moyens, c'est progressif et proportionnel. On paye en fonction...

Mais en contrepartie, vous avez accès à l'école, vous avez accès aux routes, vous avez accès au repas à un euro. Et justement, puisque quand le Gouvernement avait dit : "Généraliser le repas à un euro," certains avaient dit : "Rendez-vous compte, les fils de millionnaires vont pouvoir bénéficier. Pour vous, c'est un faux débat, en fait ?

Les gens qui ont les moyens n'iront pas manger au Crous ? C'est un faux débat aussi, parce que c'est pas parce que nos parents gagnent beaucoup d'argent...

Ca permet aussi au jeune, s'il veut s'émanciper de ses parents, s'il ne veut pas dépendre de ses parents, si leurs parents lui disent : "Tu seras architecte". "Non, moi, je vais faire autre chose." Eh bien, ça lui permet de s'émanciper aussi des parents.

Et je trouve qu'il faut aller vers une prestation universelle. -Vous avez soutenu cette mesure. Ce n'est pas, quand on voit les difficultés dont on vient de parler, est-ce que ce n'est pas un cadeau empoisonné pour le Crous ? -Pour le Crous, comme je disais, il faut donner les moyens non seulement en personnel, former les personnels, et puis au niveau des locaux.

Et plus d'amplitude horaire. -Oui, on parle d'adapter les cours à l'université pour permettre à certains peut-être de déjeuner à partir de 11 h 00. -Quand j'ai travaillé à l'université après, c'est vrai que les heures de cours sont concentrées sur le mardi, mercredi, jeudi, il faut aussi permettre que les cours soient peut-être plus étendus le lundi et le vendredi.

Pour libérer des créneaux entre 11 h 00 et 15 h 00 pour que les jeunes... les étudiants puissent venir manger.

Ils ne sont pas tous jeunes. -On parle de ces un euro, effectivement, c'est subventionné derrière. La présidente du Cnous, du coup, qui gère les différents Crous, a signé un partenariat pour 100 % de boeuf français.

Vous pensez qu'il y a une volonté de leur part de maintenir toujours de la qualité ? Parce qu'on peut se dire, qu'avec la surfréquentation, la qualité ou les portions vont baisser. Vous pensez qu'il y a une volonté, en tout cas, de proposer un menu qui soit bon, de bonne qualité ? -Là, ça ferait, justement, si on peut consommer du boeuf français, à condition qu'il y ait une filière qui soit en capacité de répondre...

Il ne faut pas que ce soit du boeuf engraissé en Espagne ou en Italie avec du maïs. Mais si les fournisseurs sont en lien avec les Crous, comme les cantines, comme les EHPAD, c'est comme ça qu'on recrée une filière sur l'ensemble du territoire. Et un Crous, s'il s'approvisionne auprès des producteurs locaux, tout le monde est gagnant.

Et la qualité, on peut la faire. Les coûts ne sont pas plus élevés. L'argent qui est capté, la valeur du produit agricole, est captée par l'industrie.

Sinon, si on fait une filière directe, et les producteurs seraient entièrement d'accord d'avoir des débouchés vers les restaurants universitaires. Et je tiens à rappeler que la qualité, parce que bien souvent, les gens ont en mémoire les restaurants universitaires...

Le repas à cinq francs, c'était purée, saucisse. Ca s'est beaucoup, beaucoup amélioré. Et les repas végés sont d'excellentes factures. -J'allais demander parce que souvent avec le recul, quand on parle de la cantine, on la diabolise, on résume ça aux choux de Bruxelles, etc.

Vous avez été patron d'un Crous, vous avez en mémoire un plat que vous trouviez très bon et pas si mauvais que ça, servi au Crous ? Qui avait un petit côté régressif ? Peut-être que c'est une question idiote. -Peut-être que vous aimiez les frites du Crous. -Les plats préférés, c'était couscous, moules-frites et le steak-frites.

Bien souvent, les jeunes prenaient ça. -Les frites, pourtant, à la cantine, ce n'est pas bon, en général. C'est réchauffé, non ? -Non, elles étaient faites, justement. -Donc, les frites du Crous étaient bonnes ? -Oui, oui.

Après, on produisait à l'époque 2000 repas par jour au traditionnel. Donc c'est de la cuisine en grande quantité. Mais il y avait l'obligation de la variété des entrées, trois plats et les desserts.

Donc il y avait une obligation de proposer une offre variée et cuisinée dans de bonnes conditions aussi. -Et justement, c'est important. Il y a la question du coût et il y a la question aussi de l'éducation à l'alimentation.

C'est important que les étudiants...

On a toujours un peu les caricatures en tête, ils ne mangent que des pâtes, que des frites, etc. C'est aussi par le Crous peut-être de proposer des fruits, des légumes, des recettes un peu plus variées ? -Bien sûr, avec l'offre végétarienne qu'ils font dans les Crous depuis plusieurs années, on peut travailler sur des légumes, faire des galettes de légumes avec des brocolis, avec du chou-fleur, avec... ce qu'on met dans le couscous, les protéines... -Les pois chiches. -Les pois chiches.

Avec le pois chiche, c'est une source de protéines inestimable. Donc, avec les pois, tout ça, on peut faire beaucoup de recettes et les cuisiniers sont prêts, bien entendu, à faire tout ça. Et on peut, justement...

Il y avait les semaines du goût, aussi, au Crous, tout ça. Et les étudiants sont prêts, tout le monde est prêt. Et c'est pour ça que, dès le plus jeune âge, dans les cantines, il faut mettre en place une cuisine bio, produite localement, et gratuite. -C'est les défis des Crous, des cantines, c'est de la restauration collective, il y a de plus en plus d'obligations, d'avoir du local, d'avoir du bio.

Il faut aller encore plus loin ? Parce que c'est des centrales d'achat qui peuvent être énormes, qui pèsent beaucoup dans les commandes. -Ah oui, il y a les marchés publics, mais je pense qu'il faut aller vers ça pour, justement, que les enfants, dès le plus jeune âge et auprès de leurs parents, disent : "Ce midi, j'ai mangé des brocolis, c'était super bon." Et les parents, ils disent : "Ah, tu as mangé des brocolis." Et après, on fait une éducation au goût.

Et puis, je pense que tout le monde a le droit de manger des produits de bonne qualité. Et c'est important pour notre santé. Si on mange des produits de mauvaise qualité, c'est la sécurité sociale qui, après, va avoir des problèmes.

Donc, l'alimentation, c'est la base. -Et c'est politique, on l'a entendu, on va vous emmener dans un autre restaurant. On quitte le Resto U' pour aller dans un tiers-lieu à présent.

C'est "Les pieds dans le plat". Jingle -Qui aujourd'hui ne connaît pas les Bouillons ? Ces restaurants sont très à la mode.

Ils proposent une cuisine familiale à des prix serrés. Et celui de Lille, le Chaud Bouillon, figurez-vous, il se veut solidaire en proposant aux clients, c'est original, des ateliers pour partager, avant ou après le repas, des savoir-faire en matière culinaire, histoire d'apprendre à mieux cuisiner et aussi à mieux se connaître. C'est un reportage d'Eva Billion.

Musique -Elle chante. -Le premier ingrédient, c'est avant tout la bonne humeur. Ce matin, le menu de l'atelier solidaire est 100 % asiatique, avec un taboulé et des perles de coco.

Ici, on transmet des techniques et surtout, on recrée du lien social. -Toujours avoir son couteau vers la planche plutôt que... -J'ai l'habitude de les faire comme ça. -Tes doigts, il faut les mettre comme ça. -Pour Louise, cette session est une première.

Son objectif aujourd'hui... -Rencontrer d'autres gens, apprendre des choses et passer un bon moment, rigoler.

Ca fait plusieurs fois que ma mère m'en parle. Par manque de temps j'ai jamais eu l'occasion, mais aujourd'hui je ne travaille pas, donc c'était l'occasion. -La chef du jour, Tiphaine Fatou.

C'est la première fois qu'elle anime ici un cours de cuisine. -Le but, ce n'est pas d'être un grand chef, mais de partager aussi bien pendant le temps de l'atelier que le temps du repas avec toutes les personnes présentes. -Toutes les recettes sont terminées, c'est l'heure de la dégustation.

Pour un repas acheté, un repas est offert. Un système inclusif et solidaire. Personne ne sait qui a payé ou non.

Autour de la table, une trentaine de personnes, les bénévoles, des travailleurs et des habitants du quartier. Pour eux, ce lieu en deux mots... -Convivialité.

Partage. Et puis comme je suis retraité, ça permet de garder un lien social. Il y en a des personnes de tout horizon et c'est ce qui fait la richesse du lieu. -Dans ce tiers-lieu, le bouillon solidaire mais aussi un ensemble d'espaces créatifs solidaires et complémentaires.

Le Persil, par exemple, provient directement de la ferme urbaine, un lieu ouvert au public deux fois par semaine. -Alors, je ne sais pas s'il y a un bouillon solidaire à Toulouse, mais est-ce que vous connaissez ce genre d'établissement ? Vous en avez fréquenté certains ? -Les bouillons, c'est vrai qu'il y a une grosse... -Alors là, solidaire. -Ah non, solidaire, non. -Tiers-lieu, en fait, ce qu'on appelle. -Tiers-lieu, je connais.

Il y a plusieurs formes de tiers-lieu. Il y en a plus de 3500 en France. Qu'est-ce qu'on appelle tiers-lieu ?

L'idée, c'est de retrouver des personnes entre leur lieu de travail et leur lieu d'habitation. Les gens se retrouvent pour diverses activités. -En l'occurrence, là, c'est pour manger, parce que ça crée du lien.

Et avant ou après, on fait...

Alors là, c'est très lié à la cuisine. Comment vous expliquez que la cuisine est souvent liée au lien social ? C'est vraiment fédérateur, ça permet de créer quelque chose ?

Plus que les autres activités ? -On mange tous les jours. Et en France, on a une tradition, contrairement à d'autres pays européens ou dans le monde, on se met à table et c'est là qu'on va discuter avec des familles, amis.

Et quand on reçoit des gens chez soi, c'est autour d'une assiette. -Et on parle de l'assiette. -Et même, je reviens à ma séance de jeûne que je fais chaque année.

Et la semaine où on fait du jeûne, on n'arrête pas de parler de nourriture. -Oui. Oui, mais moi, on m'a dit qu'il y avait des gens qui devenaient dingues, parce qu'à force de ne pas manger, ils ne pensent qu'à manger. -Oui, mais bien souvent, la conversation, il y a la politique, la météo et la nourriture. -Surtout chez les Français, vous l'avez dit. -C'est très fédérateur, parce qu'on a une culture, on a un pays d'immigration, de plusieurs cultures, notre géographie, notre sol et tout, nous sommes riches de cette variété de cultures et de recettes. -Et vous travaillez, vous, sur un texte, justement, sur les tiers-lieux.

Vous souhaitez faciliter leur implantation ? Pourquoi c'est important pour vous ? -Faciliter leur implantation au niveau du foncier, juridique.

Pourquoi ? Parce que je regardais une étude récente en France, dans chaque commune de France, dans chaque village, et il y avait deux tiers-lieux. Je vais schématiser.

Il y avait l'église et il y avait le café. L'église, les gens y allaient les dimanches, ceux qui croyaient ou pas, mais ils y allaient pour rencontrer des gens, prendre des nouvelles de l'ancien, de la petite fille...

Et après, ils se retrouvaient au café. Et c'était le salon de ceux qui n'en avaient pas. Donc ils se retrouvaient au café et discutaient, s'engueulaient.

Et ça, ça n'existe plus. Les écoles ont fermé, les églises, il n'y a plus personne dedans. -Les cafés ont fermé. -Et cette dynamique des tiers-lieux permet, justement, de recréer du lien sur différentes activités.

Je veux dire, ça peut être des jeux de société, pour se retrouver à faire des cafés bricol', ça peut être une petite association qui tient un bar, des ateliers cuisine, ça c'est génial. -C'est encore ce qu'ils font à Chaud Bouillon, ils n'ont pas révolutionné... -Chacun vit avec sa culture, moi, avec mon pâté lorrain, quelqu'un, avec son couscous, sa recette de nems, et on va partager et on va manger ensemble. -Et justement, vous le disiez, il y a près de 20 000 bars-tabacs qui ont disparu en 20 ans.

Il y a des études qui font le lien entre la progression du vote du Rassemblement national et la disparition de ces lieux. Est-ce que pour vous, si vous souhaitez les réhabiliter, c'est aussi politique ? -Tout à fait, c'est fondamental.

Dans ma circonscription, on dit : "Les services publics ont disparu." Je dis : "Oui, mais les services privés, la boulangerie, l'épicerie et le café." Et ça permet aussi, quand il y avait un café, que les gens rencontraient d'autres personnes.

On ne rencontrait pas son cercle d'amis où on se retrouve chez soi, mais on rencontrait des gens qui étaient de passage et qui ne partageaient pas forcément les mêmes opinions. Et c'était un échange, on prenait des nouvelles de tout le monde et la discussion pouvait peut-être s'enflammer, mais elle était peut-être plus modérée que derrière un ordinateur, derrière les réseaux sociaux où les gens peuvent s'enflammer. Quand on est face à face, les yeux dans les yeux, la conversation est un peu plus mesurée.

Et puis, chaque discussion est un enrichissement. Même si on ne partage pas les idées de la personne, on va connaître son histoire, son parcours, et comprendre pourquoi il va voter à l'extrême droite. Et c'est là que la discussion devient intéressante. -Comment recréer ces lieux, les réinventer, les revitaliser en essayant de prendre un établissement qui existe déjà et en le subventionnant ou en créant ex nihilo des lieux ?

Ou un mélange des deux ? Quelles sont vos idées ? -C'est déjà avoir accès à du foncier. -Parce que souvent, si ces cafés ne marchent pas, c'est qu'ils ne sont pas rentables.

Donc, il faut que la mairie les soutienne, parce qu'autrement... -Il faut que ça soit co-construit par les citoyens et citoyennes.

L'idée, c'est de faciliter les initiatives qu'il peut y avoir. Déjà, on n'arrive pas à avoir un local ou c'est compliqué. Donc, cette proposition de loi, elle est là pour casser tous les freins et permettre aussi aux municipalités de mettre à disposition un lieu.

Et après, les citoyens et citoyennes vont en faire ce qu'ils voudront, -Avec l'associatif ? -Voilà, il y a plein d'idées, il y a plein d'expériences. Et il y a une grande envie que les gens se retrouvent et discutent et casser...

Ce qui fait du mal, c'est l'isolement. -Et il y a un tiers de ces tiers-lieux qui sont dans le milieu rural. Ca peut permettre d'attirer aussi des jeunes, des familles, parce que c'est des lieux qui sont souvent très ouverts aux enfants, où ils peuvent courir.

C'est important aussi dans la ruralité d'avoir des lieux comme ça ? -Et bien souvent, parce que les gens viennent habiter dans les ruralités, parce qu'ils travaillent dans les métropoles. Mais ils vont dire : "Ce village est sympa, dynamique." Donc, ça va faire revenir des jeunes ou des moins jeunes et du coup, peut-être rouvrir l'école.

Et c'est une dynamique intéressante qu'il faut activer. La puissance publique doit aider. Mais je trouve que c'est nécessaire de recréer, on en a besoin, des liens.

Tout le monde utilise ce mot, mais il faut que les gens redécouvrent l'envie d'échanger, de discuter. -Dans votre circonscription, vous êtes tombé un jour sur un lieu comme ça qui vous a plu et qui maintenant est un peu votre référent quand vous expliquez votre initiative ? Qui vous a marqué par l'initiative, par le côté humain et le côté atelier, etc. -Il y a plein de tiers-lieux dans ma commune.

Il y a un tiers-lieu qui se crée, ils font un café bricol'. Le café bricol', c'est tout simplement, vous avez votre cafetière qui est en panne, vous amenez votre cafetière en panne, on ne vous la répare pas, on vous aide à la réparer. On vous donne le tournevis, on vous explique.

Donc, ça crée une conversation avec les personnes, et la personne, ça permet d'entretenir son matériel, de ne pas retomber dans un système de consommation. Il y a plein d'initiatives comme ça, et il y a plein de tiers-lieux, oui, des tiers-lieux artistiques, où ils font du spectacle, il peut y avoir du cirque... -Et celui qui aide à réparer la machine à café, il est payé ? -Non, non, non. -Il est bénévole ? -Oui, c'est... -Un échange de bons procédés, peut-être... -Voilà, après, on peut...

Non, c'est des gens qui ont envie de se mettre à disposition. -C'est des retraités... -Des retraités ou pas forcément, des jeunes qui ont envie de s'ouvrir, de faire partager aussi leur envie.

Ca peut être des cours d'informatique, la fracture numérique, ou des cours de poésie, de chant, des chorales, enfin...

Après, il faut libérer du temps pour que les gens aient le temps après le travail. Et c'est ça la difficulté, parce que quand on habite dans les ruralités, je dis les ruralités parce qu'elles sont toutes différentes, pour aller au travail, vous mettez une heure. -On rentre et il est tard. -Donc il faut libérer le temps. -Allez, justement, "libérer le temps", c'est un peu votre slogan.

On va finir ce repas sur une note sucrée avec "Le péché mignon". Jingle -On va libérer le sucre avec une tarte au flan appelée aussi, flan pâtissier. Mais dans le jargon, vous entendez aussi souvent parler du flan parisien.

Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? Quelle différence entre les deux ? Ils partagent quasiment la même recette d'appareil, comme on dit dans le jargon culinaire, mais un détail les sépare.

L'un repose sur une pâte, regardez. -On la voit. -Voilà.

C'est un flan sur une tarte et l'autre, le vrai flan, il ne repose pas sur une pâte feuilletée. Alors, le flan pâtissier aura une base croustillante. C'est un souvenir d'enfance.

C'est votre Madeleine de Proust, comme on dit ? -Oui, oui, oui. -Biberonné au flan pâtissier ? -Ma mère, était une excellente cuisinière, comme toutes les mamans, mais ma mère encore plus, Et j'adorais les parts de flan parce que, vous voyez, la première peau, vos dents, elles résistent un petit peu sur cette première peau.

Après, c'est l'appareil, la crème, c'est moelleux, puis la pâte. Donc il y a plusieurs sensations. Et puis j'adore la vanille. -Mais il sent très bon. -Oui, il est très, très bon.

Et ça, le flan, j'en mange...

Encore tout le temps. Dès que j'ai le choix au niveau des desserts, ça va être crème brûlée ou flan. -Et on nous en propose beaucoup parce qu'il revient en force. -Oui. -Il était complètement tombé en désuétude. -Mais il y a une "hype" autour du flan.

Il y a des concours. Il y a des gens qui font même, je crois, du footing et ils s'arrêtent manger des flans différents. C'est vrai que c'est très... -Et j'avais vu un chef cuisinier, Christophe Michalak, qui avait fait... il avait remis à jour le flan.

Il a une excellente recette que je me suis inspiré pour en faire chez moi. -Ah, vous faites le flan ? -Oui. -Vous êtes multitâche.

Pâté lorrain, flan pâtissier, -Bravo. -J'aime bien cuisiner. -Alors, c'est quoi votre secret pour un flan réussi ? -Il faut préparer l'appareil la veille et le mettre au frais avant. -D'accord.

Pour qu'il durcisse un peu. -Oui, on ne peut pas dire : "Ce matin, je vais faire un flan." Ca se prépare la veille. -D'accord. -Pour que ça soit bien préparé.

Et après, le faire aussi épais que ça, là, je suis assez impressionné. -Il est vraiment délicieux. Et juste parce qu'on s'est posé la question, vous, vous appelez ça une tarte au flan ou vous appelez ça flan ? -Moi, j'appelle ça la tarte au flan parce qu'il y a une pâte.

Il y en a qui font que le flan sans pâte. Il y a plusieurs écoles. Il y a le flan parisien. -Le flan parisien, c'est avec une pâte. -Voilà, c'est ça. -C'est vrai que pour moi, quand j'entends flan, j'entends flan avec une pâte. -Pourquoi on l'a appelé parisien ? -Parce que sûrement, nous, on aime bien à Paris... -Oui, je ne sais pas, parce que peut-être...

Il doit y avoir une petite histoire là-dessus. Je vais enquêter pour le prochain. -Et c'est une recette que j'ai toujours adorée. -Sinon, vous êtes sucré.

Et si on tape dans les autres gâteaux, vous avez d'autres choses qui pourraient vous faire traverser Paris ou la Lorraine ? -L'éclair au chocolat. -L'éclair au chocolat. -Parce que si je veux savoir si la pâtisserie est bonne, je prends un éclair au chocolat. -C'est le curseur ? -Oui, parce qu'il y a le biscuit.

Le...

Enfin, le biscuit. -La pâte à choux. -La pâte à choux, voilà.

Et la crème. Et là, on voit tout de suite si c'est fait maison ou si c'est un truc... -J'allais dire même le glaçage. -Le glaçage aussi. -On a parlé des avions.

On finit avec les avions puisque le morceau que vous avez choisi, Christophe Beck, c'est un morceau de Charlélie Couture, "Comme un avion sans aile". -Tout à fait. -Comme un avion sans aile J'ai chanté toute la nuit J'ai chanté pour celle... -Heureusement que l'inventeur de l'avion n'a pas écouté cette histoire. -Oui, ça volerait moins sans aile.

Pourquoi cette chanson ? -Parce que Charlélie Couture, déjà, c'est un petit gars de Nancy, et que j'ai découvert quand j'étais plus jeune, en 81. Ce morceau date de 81, quand, justement, François Mitterrand est élu.

Et c'est quand les radios libres explosent. Et Charlélie Couture, avec son look avec ses bretelles, sa petite barbichette, et son look New Wave, m'a tout de suite plu. Et sa voix rocailleuse.

Et ça fait penser au morceau de Bob Marley, "No Woman, No Cry", c'est la mélodie. Et c'est sur ce morceau-là que j'ai rencontré ma compagne. Donc il y a beaucoup, beaucoup d'émotions autour de ce morceau-là.

Je l'ai encore écouté hier dans le train et c'est pas que j'ai envie de pleurer, mais des fois presque. Parce que Charlélie Couture, c'est un artiste complet. C'est pas qu'un musicien, il fait de la peinture, de la sculpture. -Ne pleurez pas, Christophe Bex, mais mangez encore de ce délicieux flan en écoutant Charlélie Couture.

Merci beaucoup. -Merci. Merci, Jean-Pierre.

Merci à tous. -Merci beaucoup pour votre invitation.