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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 8 avril 2026 25 minAutoproduitMixte

Cessez-le-feu en Iran, réouverture du détroit d'Ormuz, Liban... Le "8h30 franceinfo" de Corentin Sellin et Delphine Minoui

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0:00
Présentateur

Bonjour Corentin Célin, vous êtes spécialiste des Etats-Unis, bonjour Delphine Minoui, grand reporter au Figaro et franco-iranienne. Votre analyse à tous les deux est précieuse pour comprendre ce qui s'est joué ces dernières heures, ce coup de théâtre. Alors qu'hier, Donald Trump menaçait encore et avait professé qu'une civilisation entière allait mourir à propos de l'Iran. Finalement, un cessez-le-feu de deux semaines a été conclu, un peu plus d'une heure avant la fin de l'ultimatum. Donald Trump assure désormais que les Etats-Unis ont remporté une victoire totale et complète. Corentin Célin, est-ce que Donald Trump peut vraiment revendiquer la victoire ?

0:36
Invité politique

Alors, on commencera par dire qu'on peut supposer que quoi qu'il se serait passé, il aurait revendiqué la victoire, puisqu'on voit bien que les mots de Donald Trump ont de moins en moins de prise avec ce qui se passe réellement. Il construit son propre réel. Là, en revanche, ce qu'on peut dire, c'est qu'il se retire une épine du pied. Et on voyait bien qu'en termes intérieurs, montée du prix de l'essence aux Etats-Unis, impopularité croissante aux Etats-Unis à quelques mois des midterms, on voyait bien que Donald Trump, il était un peu dans une impasse et il cherchait une porte de sortie. Il a sa porte de sortie.

Il peut revendiquer d'avoir décapité en partie le leadership de la dictature iranienne, en partie seulement, mais effectivement, il a éliminé en particulier l'ayatollah Khamenei Père. Maintenant, il cherchait une porte de sortie. Il l'a eue, mais cette porte de sortie, et c'est là où on peut nuancer quand même son cri de victoire, c'est quand même une porte de sortie aux conditions iraniennes.

1:33
Invité

Justement, d'Alphi Minuit, les Iraniens aussi revendiquent la victoire. Complètement, c'est-à-dire qu'ils se sont empressés de dire qu'ils avaient imposé une défaite cuisante historique aux Etats-Unis. Quelque part, oui, indirectement, ils sortent renforcés de cette histoire, puisqu'ils ont imposé leur plan en 10 points. Dans ce plan, qui va être discuté pendant la trêve, mais ils demandent à pouvoir continuer à enrichir l'uranium. D'un côté, Donald Trump dit « c'est bon, j'ai rigueur le nucléaire », et les Iraniens disent « non, non, on va continuer à enrichir ». Exactement, et en parallèle, revenant sur le détroit d'Hormuz, en fait, ils sont aussi gagnants.

Peut-être qu'ils rouvrent le détroit, mais sous leurs propres conditions, parce que c'est eux qui vont contrôler dorénavant le détroit d'Hormuz. Axe stratégique qui était au cœur de ces tensions et de cette escalade qui s'est accélérée durant la journée d'hier.

2:24
Présentateur

Aujourd'hui, on a deux textes, un revendiqué par les Américains, un revendiqué par les Iraniens. On a aussi un Donald Trump, Corentin Sélin, qui a eu des mots très très durs ces derniers jours sur l'Iran, qui avait menacé d'anéantir l'Iran, de frapper les infrastructures civiles. Comment vous l'analysez, ça ? C'était quoi ? C'était du bluff ou c'était pour faire pression ?

2:44
Invité politique

Alors, c'est toujours pareil. C'est-à-dire qu'on peut, évidemment, penser que Trump pratique la fameuse théorie du fou, popularisée par Nixon, en son temps par le président de Nixon, c'est-à-dire fixer des conditions complètement insensées, jouer la personne un peu capable de tout, même du plus grave. Sauf que là, il a quand même franchi un cap, et toute la presse américaine le souligne ce matin. Menacer de détruire une civilisation, on n'a jamais entendu...

3:10
Invité

Il n'y a pas de précédent.

3:11
Invité politique

Il n'y a pas de précédent pour un président américain. Et ça, on en revient toujours au même point. C'est-à-dire, les États-Unis au XXe siècle, à partir de Wilson, puis surtout de Franklin Roosevelt, c'est devenu les champions de la démocratie, de la liberté des peuples. Alors, qu'est-ce que c'est qu'un président des États-Unis qui dit, je vais détruire une civilisation, surtout qu'il a commencé la guerre en Iran, en disant, j'y vais pour libérer le peuple iranien, pour défendre le droit du peuple iranien, et là, il menace de les détruire. Ça n'a pas de sens.

3:37
Présentateur

Justement, les Iraniens, Delphine Minoui, est-ce qu'on peut dire que ce sont les grands perdants, aujourd'hui, de cet accord et de cette guerre ?

3:45
Invité

Le peuple iranien. La population iranienne, alors déjà, c'est important de rappeler qu'il est de plus en plus difficile de rester en contact avec les Iraniens à l'intérieur. Vous êtes une des rares journalistes franco-iraniennes qui a fait encore des contacts. J'essaie de continuer à maintenir ce lien. Il y a un blackout quasi généralisé de l'Internet. Certains de mes interlocuteurs ont encore des terminaux Starlinks à grand risque, puisque aujourd'hui, selon des déclarations récentes, ils peuvent être même passibles de la peine de mort. Il y a ceux qui arrivent à s'acheter des VPN, mais ça coûte très très cher.

Mais en l'état actuel des choses, j'ai réussi à parler avec quelques-uns de mes interlocuteurs au petit matin, qui me disent être tiraillés entre des sentiments et des émotions très contradictoires. D'un côté, évidemment, les bombes se taisent, il y a ce soulagement. Et de l'autre, la crainte d'une accélération de la répression. La crainte que le régime n'utilise cette trêve pour renforcer encore plus sa violence contre son propre peuple. Ils sont quasiment coupés du monde. Quelles informations leur parviennent ? Alors, au compte-gouttes, ça dépend de ceux qui en ont les moyens.

Mais pour tout vous dire, il y a des personnes, quand je les ai au téléphone, c'est moi qui leur donne l'essentiel des informations, parce qu'ils sont dépassés par la situation. Le seul canal d'information auquel ils ont accès, c'est Sedao Sima, la télévision d'état iranienne, qui ne diffuse que de propagande sur propagande, en effet. Donc, en fait, ils ne savent rien. Notamment, ils ne connaissent que la version iranienne. Alors, après, ils ont des bribes d'informations par les amis, par les voisins, par les coups de fil, les appels téléphoniques. Mais ils n'ont pas cette image générale qu'on peut avoir de l'extérieur. D'où l'inquiétude, d'où le désespoir.

C'est vrai que cette escalade, il faut rappeler qu'on a vraiment assisté à une escalade très dangereuse hier aussi. C'était des ponts qui ont été touchés, des voies ferroviaires. J'avais l'ami d'une amie. Hier, au moment où les Israéliens annonçaient qu'ils allaient viser les trains, cette amie était dans un train qui le menait vers Téhéran. Qu'est-ce que vous faites à ce moment-là ? C'est-à-dire que ce que me disait il y a quelques jours une amie iranienne, c'est que depuis 47 ans, les Iraniens vivent dans une prison à ciel ouvert. Et là, même le ciel était en train

5:53
Présentateur

de leur tomber sur la tête. Ils étaient très inquiets. Juste avant la conclusion de cet accord de cesser le feu, Donald Trump avait demandé aux Iraniens de se soulever contre leur gouvernement en cas de cesser le feu. Est-ce que la population iranienne est en état de se soulever une fois de plus aujourd'hui ?

6:09
Invité

Alors, encore une fois, il est difficile de me faire la porte-parole de tous les Iraniens. Moi, je peux vous parler de ceux à qui me parlent. Certains continuent à dire de toute façon, nous, on va mourir sous les balles de la répression. Donc, autant mourir sous les bombes américaines. Et il n'y a que ces bombes-là qui pourront nous libérer. Mais on sentait que ces personnes-là étaient de plus en plus minoritaires au cours des jours passés parce que c'était tellement colossal. Et la tendance générale, les échos que j'avais, c'était plutôt de dire comment Trump peut imaginer nous voir sortir dans la rue quand, de toute façon, on est sous une pluie de missiles.

Et d'autre part, que si on sort dans la rue, on va être réprimé. Et puis, vous avez vu ces derniers jours les exécutions qui ont été augmentées en l'espace d'une semaine. Dix jeunes Iraniens, dont des mineurs, ont été pendus. Mais Donald Trump a prétendu avoir envoyé des armes aux Iraniens. C'était vrai ça ou c'était encore une fake news ? Alors, il a annoncé avoir envoyé des armes via les populations kurdes, donc à la lisière de la frontière avec la Turquie et l'Irak. Et nous, les échos qu'on a de la part des Kurdes, c'est qu'en effet, ils ont récupéré les armes mais ils les ont gardées. Ah, donc les Iraniens, ils n'ont jamais...

Ce qui pourrait signifier aussi à la fois un manque de confiance face aux Américains, mais aussi face à une alternative post-République islamique.

7:30
Présentateur

Corentin Sélin, pour mieux comprendre avec vous ce qui se passe exactement aux Etats-Unis en ce moment, tout à l'heure, vous parliez de la théorie du fou à propos de Donald Trump. Je vais vous lire ce message posté par Tim Walz, l'ex-colistier de la candidate démocrate Kamala Harris. The President has lost his mind, ce qui signifie le Président a perdu la tête. Est-ce que Donald Trump est fou ou a perdu la tête ? Et est-ce que c'est un sentiment qui est en train de se répandre aux Etats-Unis ?

7:56
Invité politique

Alors, on laissera la question psychiatrique pour laquelle je n'ai pas de compétences, mais que Tim Walz dise Trump est fou, bon, ça, on a l'habitude, ça fait partie du discours de l'opposition démocrate-républicain. Ce qui est plus inquiétant pour Trump, c'est que pour la première fois hier, une ex-proche, Marjorie Taylor Greene, ex-représentante de Géorgie, à son tour, a dit, le Président a perdu la tête, il faut déclencher la procédure du 25e amendement. Expliquez-nous ce que c'est le...

8:25
Invité

Nous ne pouvons pas tuer une civilisation entière.

8:28
Présentateur

Expliquez-nous ce que c'est que le 25e amendement.

8:30
Invité politique

Alors, le 25e amendement a été adopté à la fin des années 60. Alors, il y a plusieurs dispositions, mais la section 4 prévoit que le cabinet, le gouvernement et le vice-président peuvent, par un vote majoritaire, démettre provisoirement le président de ses fonctions s'ils estiment qu'il n'est plus en état de les remplir.

Simplement, il faut rappeler, c'est une procédure très lourde, très compliquée, puisque le président peut contester ce vote, peut donc, en écrivant une lettre comme quoi il est capable, il peut invalider cette décision et s'il y a un second vote du cabinet majoritaire et du vice-président contre lui, à ce moment-là, la balle passe au Congrès et qu'il décide qui est président. Donc, ça n'a aucune chance d'aboutir, puisque le vice-président ne va jamais lâcher Donald Trump. Non, effectivement, ça a très peu de chances d'aboutir et c'est pour ça que ça n'a jamais été appliqué.

9:21
Présentateur

Mais c'est repris par des conservateurs, c'est repris par des Trumpistes aujourd'hui.

9:26
Invité politique

Alors, c'est repris par des Trumpistes, ce qui est intéressant, c'est ce que ça montre et je parlais de Marjorie Taylor Greene, elle n'est pas la seule, c'est qu'on a appris hier en particulier par un article de fond du New York Times, on a eu la confirmation que J.D. Evans, le vice-président, était totalement opposé à cette intervention en Iran. Donc, pour la première fois, ce qui n'est pas quand même si courant que ça aux Etats-Unis, on a eu une opposition forte entre le vice-président et le président, même si Vance a dit au président, bon, vous savez que je ne suis pas d'accord avec vous, si vous le faites, je vous soutiendrai bien sûr, mais on voit donc qu'il y a une fracture.

Il n'a pas dit en public ? Alors, il n'a pas dit en public, il a soutenu en public Trump, même s'il est resté très en retrait, mais ce qui est intéressant, c'est qu'on voit bien qu'au sein du camp Maga, il y a une fracture importante et c'est aussi pour ça que Trump avait besoin de sortir rapidement qui voyait son camp se fracturer, au point que certains anciens alliés comme Majority Taylor Greene quand même aujourd'hui appellent à cette destitution via le 25e amendement section 4.

10:21
Présentateur

Donc Donald Trump est fragilisé. Deltine Nounoui, quant aux Iraniens ces derniers jours, tout le monde disait, tout le monde pensait qu'ils allaient aller jusqu'au bout, qu'ils n'allaient pas céder à cet ultimatum de Donald Trump, que c'était un régime qui était encore plus radicalisé avant. Qu'est-ce qu'il fait, selon vous, que finalement, le régime a reculé ?

10:41
Invité

Oui, c'est vrai que face à l'armée la plus puissante du monde, le régime iranien avait en quelque sorte prouvé une capacité d'endurance, de résistance en prolongeant le conflit, en le régionalisant également et en le faisant sortir des frontières de l'Iran. Aujourd'hui, je pense qu'il y a quand même eu une certaine peur. il faut rappeler que Trump avait menacé d'éradiquer tous les sites électriques. Donc, ça aurait été un pays à genoux. Quand il disait je vais ramener l'Iran à l'âge de pierre, on en était presque là, sans compter les ponts qui y étaient visés, les autres infrastructures.

Hier, il y a eu ce signal, l'attaque contre l'île de Khark, qui est quand même cette île par laquelle passe 90% du brut iranien destiné à l'exportation. C'était un pays qui tout d'un coup se voyait complètement à genoux. Maintenant, ils ont cédé, mais encore une fois, ils ont cédé, pour l'instant en tout cas, selon le plan en 10 points, ils ont cédé selon leurs propres conditions. Mais il faut le rappeler, je pense, c'est qu'on parle d'un cessez-le-feu. On ne parle pas d'un plan de paix. Ce n'est pas la fin de la guerre encore. On parle d'une désescalade. Donc, tout est encore possible dans les 15 jours à venir lors des discussions.

11:57
Présentateur

Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Corentin Célin, professeur agrégé d'histoire en classe prépa au lycée Carnot de Dijon et chroniqueur de la politique américaine pour les jours.fr et Delphine Minoui, grand reporter franco-iranienne au Figaro. Au cœur de ce cessez-le-feu et au cœur de cette guerre, il y a le détroit d'Hormuz, Paul.

12:18
Invité

Corentin Célin, est-ce qu'on peut dire ce matin pour simplifier, Donald Trump a renoncé à la plupart de ses objectifs de guerre qui sont assez flous d'ailleurs pour rouvrir le détroit d'Hormuz ?

12:29
Invité politique

Oui, l'objectif ici était clairement d'obtenir une réouverture rapide pour deux raisons. À l'intérieur, faire baisser le prix de l'essence à la pompe qui était monté même si les Etats-Unis ne sont pas très dépendants du pétrole qui circule par Hormuz étant eux-mêmes un immense producteur mais le prix avait quand même augmenté à la pompe aux Etats-Unis et il ne pouvait pas arriver avec un prix trop élevé au mid-term. Donc pour lui, c'était vital. Maintenant, le problème, c'est qu'on voit bien qu'il est allé sur cette guerre et ça aussi, c'est quand même une des leçons.

Hier, ce que faisait ressortir l'article vraiment du New York Times qui a choisi des références, Israël a joué un grand rôle pour pousser Donald Trump à aller faire ce conflit en Iran et Trump, en gros, il a choisi. C'est-à-dire que Netanyahou lui a présenté quatre objectifs de guerre selon Netanyahou réalisables. Alors, le renseignement américain n'était pas d'accord avec les deux derniers. C'est-à-dire que le renseignement américain visiblement a dit dès le début non, on ne pourra pas changer de régime, ce sera impossible, on ne pourra pas obtenir un changement politique rapide.

Mais Trump, il a dit oui, mais si déjà on peut liquider l'Ayatollah Khamenei, père, et si on peut diminuer les capacités de frappe et de nuisance de l'Iran, moi ça me va. Et il est parti ainsi. Sauf que ça pose une question parce que là, par exemple, ce matin, on voit que ce cessez-le-feu a été proposé par le Pakistan. Le Pakistan a joué un très grand rôle. D'ailleurs, Donald Trump les a remerciés.

13:53
Présentateur

C'est un peu étrange. Comment vous l'analysez ?

13:55
Invité politique

Justement, c'est un peu étrange de voir un président des États-Unis qui normalement doit être, j'allais dire, en position hégémonique de celui qui donne les impulsions. Là, il est allé sur une guerre où très clairement, il y a eu quand même une impulsion très forte d'Israël et lui a un peu suivi. Mais ça veut dire

14:09
Présentateur

qu'il est sous influence de Donald Trump ?

14:11
Invité politique

Alors, on ne va pas dire sous influence, mais en tout cas, il écoute beaucoup de gens. Alors certes, on peut dire ensuite, justement, il prend ce qui l'intéresse, c'est un peu ce qu'il a fait ici, mais est-ce que c'est le rôle d'un président des États-Unis qu'on avait plus l'habitude de voir lui-même à la manœuvre ? Défendre les intérêts des Américains et là, effectivement, qu'il suit des puissances étrangères et parfois même contre ses propres services. C'est-à-dire qu'on voit bien dans l'article du New York Times d'hier que le renseignement américain, parfois avec des mots assez crus puisque le directeur de la CIA, Radcliffe, avait dit sur une partie du plan israélien, c'est du bullshit.

Tout le monde n'en parle pas des mots crus, tout le monde dit des gros mots. Voilà. Donc, on voit bien que parfois, aujourd'hui, Trump suit des puissances étrangères, donc Israël, Pakistan, contre ses propres services. Donc, ça pose quand même une question.

15:05
Présentateur

Est-ce qu'il est isolé et moins entouré que dans son premier mandat, Donald Trump ? C'est aussi ce que certains disent.

15:11
Invité politique

Alors, ça, c'est une leçon de la campagne 2024. La campagne 2024, il l'a gagnée avec le mot d'ordre « Il faut laisser Trump être Trump ». Donc, on l'a laissé totalement en liberté. Et aujourd'hui, il gouverne comme il a fait campagne. Sauf que même ceux qui l'ont accompagné pendant la campagne, comme sa secrétaire générale de la Maison Blanche, Suzy Weiss, commencent à dire « Il faudrait peut-être quand même remettre un petit peu des cadres parce qu'effectivement, il a tendance à prendre les décisions tout seul et à s'isoler. »

15:39
Invité

À propos de liberté, Cécile Collère et Jacques Paris ont quitté hier l'Iran après trois ans et demi de détention. Ils se sont attendus ce matin en France. Leur avocat sur France Info parle d'un immense soulagement. Beaucoup de joie, beaucoup d'émotion, beaucoup de soulagement. Les familles ont une grande difficulté à contenir leurs émotions. Ça a été un tel cauchemar pour ces familles qu'elles ont du mal à réaliser, il faut quand même bien le dire. Delphine Minoui, est-ce que c'est un geste de bonne volonté du régime iranien ? On peut le lire comme ça, évidemment, parce que ça fait très longtemps que durait cette affaire.

Après leur libération de prison, ils étaient confinés à l'ambassade de France à Téhéran. Il y avait des discussions en cours depuis des semaines et des semaines. Et là, en fait, toutes les hypothèses étaient sur la table hier, quand on a vu qu'ils étaient soudainement libérés via l'Azerbaïdjan, on s'est tout de suite dit, c'est mauvais signe pour la situation régionale parce que est-ce que c'est une libération avant l'escalade, avant des frappes américaines, israélo-américaines en Iran. Maintenant, les jours à venir vont nous le dire. Il y a sans doute eu des négociations. On sait qu'il y avait cette iranienne maintenue sur le plan.

16:54
Présentateur

et ensuite, excusez-moi, je vous interromps, Emmanuel Macron s'exprime pour un conseil de défense. Le conseil de défense et de sécurité nationale, quelques heures après l'annonce d'un cessez-le-feu, je vais ici saluer qui est pour le moment, pour autant que l'information soit juste, respectée sur le terrain. et nous attendons pour, en effet, les jours et les semaines qui viennent, qu'il puisse être pleinement respecté dans toute la région et permettre que des négociations se tiennent qui, comme d'ailleurs la France le défend depuis 2018, permettent de régler de manière durable les questions nucléaires, balistiques, régionales qui ont trait à l'Iran.

Nous l'avons dit redit depuis le début de ce conflit, depuis près de 40 jours. C'est, en effet, par la négociation que nous pourrons apporter les garanties de sécurité nécessaires à la stabilité dans toute la région. Et donc l'annonce de ce cessez-le-feu est une très bonne chose. Ce conseil doit nous permettre de faire un point complet sur la situation au Moyen-Orient et nous avons depuis le premier jour le même objectif. Nous n'en avons pas varié et nous n'en varierons pas. D'abord protéger nos intérêts, à nos ressortissants. Ensuite, être aux côtés de nos partenaires régionaux en participant à la défense de leur territoire, ce que nous avons fait durant toutes ces semaines.

Et enfin, travailler à la désescalade pour ramener la paix et la liberté de navigation dans la région et œuvrer aux côtés de ceux qui ont les situations les plus complexes. A ce titre, nous aurons à évoquer durant ce conseil la question du détroit d'Hormuz et la question du Liban qui sont parmi les plus délicates. sur l'étroit d'Hormuz. L'Iran a annoncé être prêt à débloquer celui-ci, ce qui est une bonne chose. Et nous travaillons depuis plusieurs semaines à mobiliser nos partenaires en Asie, en Europe, dans la région.

Une quinzaine de pays sont aujourd'hui mobilisés et participent à la planification sous le pilotage de la France pour permettre justement la mise en œuvre d'une mission strictement défensive en coordination avec l'Iran quand les conditions seront remplies pour permettre de faciliter la reprise de cette circulation. Nous y reviendrons pendant ce conseil. Sur le Liban, qui, à date, est aussi inclus dans le cessez-le-feu, ce qui est une bonne chose et même une chose indispensable et où les frappes ont cessé ces dernières heures, la situation est critique. Le Hezbollah a fait la faute stratégique en attaquant Israël et en entraînant le Liban dans la crise régionale.

Mais ce à quoi nous assistons aujourd'hui à la fois par... Ce à quoi nous avons assisté par les frappes et l'occupation du sud-Liban en Israël ne peut pas être une réponse. Dans la durée, nous le savons. Et donc, notre souhait dans ce contexte, c'est de nous assurer que le cessez-le-feu inclut pleinement le Liban. C'est d'autre part de nous assurer que le mécanisme de coordination qui existe depuis plusieurs mois et qui inclut les Etats-Unis et la France soit pleinement réactivé. Et c'est de renforcer le soutien aux forces armées libanaises pour pleinement reprendre le contrôle de leur territoire et lutter efficacement contre le Hezbollah.

Là aussi, nous aurons à y revenir et à coordonner la manœuvre pour permettre d'être utile. On reviendra aussi sur la situation des différents pays de la région. Je pense à l'Irak où la situation reste très volatile avec l'action des milices pro-iraniennes qui doit, elle aussi, donc Irak, être inclus dans le cessez-le-feu et où il est important de pouvoir bâtir en lien avec le Premier ministre et les autorités irakiennes des solutions de paix durable. Enfin, nous aurons à évoquer les conséquences économiques et énergétiques du conflit et les impacts du cessez-le-feu pour nos compatriotes et pour l'Europe.

Permettez-moi d'avoir un tout dernier mot avant que nous commencions les travaux de ce Conseil pour saluer la libération de Cécile Collère et Jacques Paris et le profond soulagement pour nous tous. J'aurai l'occasion de les recevoir en fin de matinée. C'est la fin d'une terrible épreuve de trois ans et demi et je veux ici remercier les autorités au Manès pour leurs efforts de médiation, en particulier dans ces derniers temps, l'ensemble des services de l'État qui ont été impliqués dans ces négociations et notre ambassadeur, son équipe sur place ou l'autorité du ministre qui ont ces dernières semaines en particulier fait un travail remarquable et avec beaucoup de courage.

En tout cas, nous sommes extrêmement heureux de leur arriver sur le sol français au moment où je vous parle. Merci beaucoup. C'était Emmanuel Macron qui s'exprimait en direct du Conseil de l'Élysée où il avait convoqué un conseil de défense ce matin qui devait commencer à 8h30 pour parler de cette situation entre l'Iran et les États-Unis. Emmanuel Macron qui se félicite de ce cessez-le-feu. Ce cessez-le-feu est une très bonne chose.

Je souhaite qu'il soit respecté, dit-il, le chef de l'État qui évoque aussi ce qu'il avait déjà évoqué ces dernières semaines, la mobilisation de plusieurs pays qui pourraient, dans les jours qui viennent, contribuer à faciliter la circulation dans le détroit d'Hormuz. Corentin Célin, vous êtes spécialiste des États-Unis. Emmanuel Macron qui s'exprime aujourd'hui le visage grave, il a été malmené, bousculé par Donald Trump dans cette guerre, le chef de l'État.

22:44
Invité politique

Oui, absolument. S'il y a déjà une leçon de ce conflit en Iran, c'est la détérioration encore accentuée des relations entre l'administration Trump et l'Europe, et les Européens, et en particulier avec la France du président Macron que Donald Trump a insulté en des termes peu amènes sur lesquels le président français est revenu. Et surtout, ce que ça a montré, c'est que pour Donald Trump, l'OTAN, il l'a dit, les alliés européens et la France ne sont pas fiables parce qu'ils ne l'ont pas suivi, ils n'ont pas obéi.

Et on voit bien pourquoi, parce que la France et aussi les autres grandes puissances européennes, ils cherchent une voie plutôt diplomatique et ils refusent cette diplomatie par la force perpétuelle que cherche à imposer Donald Trump. La question centrale d'Elphine Ninoui maintenant, c'est le Liban.

23:29
Invité

Oui, oui. En fait, dans les conditions posées par les Iraniens, c'était que les hostilités cessent envers l'Iran, mais également envers le Liban, ce que semble avoir plus ou moins accepté Trump. Or, ce n'est pas l'avis du Premier ministre israélien, puisque dès aujourd'hui, il a exclu le cessez-le-feu concernant le Liban. Donc, ça veut dire que, encore une fois, on est dans une désescalade, mais d'après moi, on est encore très, très loin d'un plan de paix. Il y a encore beaucoup d'inconnus. Emmanuel Macron a rappelé ses félicités de la réouverture du détroit d'Ormuz, mais encore une fois, c'est sous condition iranienne.

Donc, c'est une victoire, une demi-victoire, voire une non-victoire dans l'état actuel des choses. Et puis, en ce qui concerne l'enrichissement d'uranium, donc le cœur du sujet, ça sous-entend dans cette discussion que Trump va accepter d'en reparler avec les Iraniens, mais souvenez-vous...

24:22
Présentateur

Elphine Minoui, je rappelle que vous êtes grand reporter franco-iranien, vous travaillez au Figaro. Merci, Corentin Sélin, professeur agrégé d'histoire en classe prépa au lycée Carnot de Dijon et chroniqueur de la politique américaine pour les jours.fr. Merci de nous avoir éclairé sur ce sujet. Merci.

24:38
Locuteur

Merci.

Cessez-le-feu en Iran, réouverture du détroit d'Ormuz, Liban... Le "8h30 franceinfo" de Corentin Sellin et Delphine Minoui · Pourquijevote