Fermeture des écoles, stratégie vaccinale territorialisée, débat parlementaire après les annonces d'Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" de Stéphane Troussel
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Questions et réponses
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Est-ce que vous la voyez vous aussi, cette petite lueur d'espoir ?
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Finalement, cette fermeture, elle s'imposait ?
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Est-ce que tous les élèves de votre département, aujourd'hui, ont les moyens de faire les cours à distance ?
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Vous avez été mis dans la confidence avant la prise de décision du président de la République. Est-ce que le ministère de l'éducation nationale a un peu préparé le terrain avant l'annonce hier ?
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Vous dites, Stéphane Troussel, on ne dépiste pas assez, y compris dans les établissements de mon département, mais dans certains cas, les parents refusent que leurs enfants passent.
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Il y a les tests pour les élèves, mais il y a aussi la vaccination pour les enseignants. Pas de date annoncée hier soir, mais le président l'a quand même évoqué. Vous aimeriez que ce soit tout de suite, pendant ces vacances-là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« c'est d'abord son ministre de l'Éducation nationale qui a été dans le déni, qui a manqué de clarté, qui a manqué de transparence »
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« J'ai 350 000 élèves de la maternelle au lycée dans un département comme la Seine-Saint-Denis. Le département gère 130 collèges. Depuis janvier, il y a à peine un tiers des collèges qui ont été testés. »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« Tous les enseignants nous disent que, bien évidemment, l'école à la maison, ce n'est pas l'école, et que le risque de décrochage était bien plus élevé. Et d'ailleurs, c'est parfois 25, 30, 35%. »
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« nous-mêmes, les collectivités locales, nous avons, le département a par exemple mis à disposition 17 000 tablettes, nous avons mis à disposition 1 400 cartes SIM, 400 ordinateurs »
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« plus personne ne l'est »
- 10:49Invité politiqueChiffre
« Le taux d'incidence en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise est aux alentours de 800. Il est de 100 pour 100 000 habitants dans la Creuse, le Finistère ou les Landes. »
- 11:50Invité politiqueFait
« la moyenne d'âge des hospitalisations et des réanimations, ça baisse très fortement »
- 15:10Invité politiqueChiffre
« il y a trois fois moins de lits de réanimation que dans le département voisin des Hauts-de-Seine qui est apportant moins d'habitants que la Seine-Saint-Denis »
- 25:32Invité politiqueFait
« je regrette que la gauche n'ait pas été courageuse pour imposer le récépissé de contrôle d'identité »
- 25:43Invité politiqueFait
« je regrette que la gauche n'ait pas été courageuse quand il a fallu faire le droit de vote des étrangers aux élections locales »
Temps de parole
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- Locuteur non identifié 27 %
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Stéphane Troussel, bonjour. Vous dirigez l'un des départements les plus touchés par le Covid, c'est le département de la Seine-Saint-Denis. Vous avez sans doute entendu l'appel lancé hier soir par Emmanuel Macron.
Si je m'adresse à vous ce soir, c'est pour appeler à la mobilisation de chacun pour ce mois d'avril où beaucoup se jouent. Nous devons, pour les mois à venir, fournir chacun un effort supplémentaire.
Un dernier effort au mois d'avril, dit le chef de l'État, avant de possibles réouvertures à partir de la mi-mai. Est-ce que vous la voyez vous aussi, cette petite lueur d'espoir ?
En tout cas, le président de la République a dit qu'il fallait sortir du déni. Mais c'est d'abord, par exemple, puisqu'on va parler de la situation des établissements scolaires, c'est d'abord son ministre de l'Éducation nationale qui a été dans le déni, qui a manqué de clarté, qui a manqué de transparence, qui d'ailleurs a conduit à une forme de défiance, de méfiance de la communauté éducative. Des enseignants, des parents d'élèves, des élus locaux que nous sommes face à la situation dans les établissements scolaires. Sur quel point il a manqué de transparence ? Tout simplement sur la réalité de ce à quoi nous étions confrontés dans les établissements scolaires.
Sur la nécessité, par exemple, d'accompagner les directions scolaires qui étaient confrontées à des situations de plus en plus nombreuses chaque jour et qui n'étaient pas accompagnées, par exemple, par des moyens humains supplémentaires, par la généralisation des demi-jauges, tant dans les collèges que dans les lycées, par d'autres fonctionnements en matière de restauration scolaire, par la généralisation bien plus massive des tests. J'ai 350 000 élèves de la maternelle au lycée dans un département comme la Seine-Saint-Denis. Le département gère 130 collèges. Depuis janvier, il y a à peine un tiers des collèges qui ont été testés. Donc voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Parce que moi, j'ai toujours dit que je souhaitais, face à la situation du risque du décrochage scolaire, que les écoles puissent être maintenues ouvertes le plus longtemps possible. Mais pour ça, ça nécessitait des conditions sanitaires, des conditions de sécurité absolument renforcées.
Alors pour le coup, c'est raté, puisqu'Emmanuel Macron a décidé de la fermeture pour trois semaines des écoles, une semaine de cours à distance à partir de mardi pour tout le monde, ensuite deux semaines de vacances, puis une semaine de cours en distanciel pour les collégiens et les lycéens uniquement. Finalement, cette fermeture, elle s'imposait ?
Vraisemblablement, dans la situation dans laquelle nous nous trouvons, et face à ce déni qui a été celui pendant trop longtemps du ministre de l'Éducation nationale, oui, elle devient inévitable. Mais je ne peux pas m'empêcher, effectivement, de penser à ce risque du décrochage. Voilà encore un chiffre fantaisiste qui nous a été asséné pendant des mois, notamment l'année dernière, sur ces 5% de décrocheurs. Vous avez d'autres chiffres, vous, dans votre département ? Tous les enseignants nous disent que, bien évidemment, l'école à la maison, ce n'est pas l'école, et que le risque de décrochage était bien plus élevé. Et d'ailleurs, c'est parfois 25, 30, 35%.
Là, vous parlez des chiffres de votre département de la Seine-Saint-Denis ? Des décrocheurs, mais même à l'échelon national. Il n'y a pas un enseignant qui, ayant fait les cours à distance, ne vous dise pas qu'au bout de quelques semaines, le nombre d'élèves qui n'étaient pas participatifs, ou même ne répondaient pas à leurs appels, était bien plus élevé. En dépit de tous les efforts des enseignants, moi, j'ai vu des enseignants de la maternelle au lycée être imaginatifs, inventifs, de déposer des polycopiés dans les magasins au cœur des cités, de faire des cours à distance par l'utilisation des outils numériques.
Nous-mêmes, les collectivités locales, nous avons, le département a par exemple mis à disposition 17 000 tablettes, nous avons mis à disposition 1 400 cartes SIM, 400 ordinateurs, mais on voit bien le risque immense que ce...
Est-ce que tous les élèves de votre département, aujourd'hui, ont les moyens de faire les cours à distance, puisque ça redevient la règle pour quelques jours la semaine prochaine et à la sortie des vacances ?
Mais vous voyez bien que cette annonce d'hier soir, c'est d'ailleurs un des problèmes du fonctionnement de nos institutions, il faut attendre l'oracle présidentiel hier soir, nous sommes à 48 heures de la fermeture des établissements, qu'est-ce qui est prévu par l'éducation nationale pour éviter à nouveau ce risque du décrochage et des inégalités scolaires ? On n'a pas tiré les leçons de ce qui s'est passé l'an dernier en termes de moyens informatiques, de réseaux aussi. Et d'abord, ne pas être dans le déni. Dire la réalité de ce risque. Qu'est-ce qu'on prévoit de plus pour faire face à ce risque de décrochage et d'inégalités scolaires ?
Vous avez été mis dans la confidence avant la prise de décision du président de la République. Est-ce que le ministère de l'éducation nationale a un peu préparé le terrain avant l'annonce hier ?
Absolument pas. Vous avez été consulté ? Absolument pas. J'étais, vous voyez, hier je participais, j'assistais à une opération de dépistage dans un établissement. J'avais le recteur et le directeur académique à mes côtés pour assister à cette séance. Ils étaient comme moi, ils attendaient l'oracle présidentiel à la télévision hier soir pour savoir ce qui allait se passer.
Vous dites, Stéphane Troussel, on ne dépiste pas assez, y compris dans les établissements de mon département, mais dans certains cas, les parents refusent que leurs enfants passent. C'est ce qui pose une autre question, c'est qu'on peut passer à côté d'un cas asymptomatique.
Oui, c'est une difficulté. Mais quelle campagne de communication a été faite en direction des parents d'élèves ? Quel message a été envoyé ?
C'est une question de communication uniquement. Mais voyez bien qu'il faut... Des parents, certains disent ou peuvent être tentés de se dire si mon fils ou ma fille est asymptomatique, je ne veux surtout pas qu'il reste à la maison parce que moi, sinon, je ne peux plus travailler.
Oui, mais vous voyez bien que face à cette épidémie qui interroge chacun, qui pose d'énormes problèmes, en particulier pour les familles populaires, ce que vous savez, on va certainement en parler, mais il y a des personnes, notamment dans un département jeune et populaire comme le mien, qui exercent des métiers qui ne sont pas télétravaillables. Vous savez, ces caissières dans les magasins essentiels, qui sont souvent des mamans seules, par exemple, à élever leurs enfants. Vous voyez, vous croyez que c'est simple de répondre à cette problématique ? C'est pour ça que je pose cette question. Et donc, ça nécessite une campagne puissante d'information, de communication, d'explication.
Je considère qu'elle n'a pas lieu, justement, pour que, face à ces premiers constats, où en quelques semaines, le nombre de tests n'est pas suffisant, eh bien, on aille bien plus loin, bien plus vite, bien plus fort. Et donc, ça demande des efforts de chacun.
Il n'est pas suffisant, encore une fois, mais lorsqu'il l'est, il n'est pas toujours appliqué. Parce qu'on peut dire non.
Oui, on peut dire non, mais encore faut-il... Donc, le nombre ne suffit pas. Oui, mais encore faut... Ben non, le nombre ne suffit pas, mais encore faut-il, déjà, s'en donner les moyens. Les collectivités locales, nous avons proposé notre participation à ces actions pour les rendre plus larges, plus nombreuses, plus fréquentes. Et quand j'ai un tiers des collèges de Seine-Saint-Denis qui sont testés depuis janvier, vous voyez bien qu'on est loin du compte.
Il y a les tests pour les élèves, mais il y a aussi la vaccination pour les enseignants. Pas de date annoncée hier soir, mais le président l'a quand même évoqué. Vous aimeriez que ce soit tout de suite, pendant ces vacances-là ?
Mais vous voyez bien, là encore, que moi, c'est une grande déception. Et j'ai même envie de dire un recul de la part du président de la République. Parce qu'il y a quelques semaines, il annonçait la date du 15 avril pour les enseignants.
Il a été moins précis.
Donc il n'y a pas d'annonce pour les enseignants. Et je vais vous donner un exemple qui est celui de mon département. Le président de la République a expliqué que les plus de 50 ans allaient pouvoir se faire vacciner à partir du 15 mai. Mais dans un département comme le mien, comme dans un certain nombre d'autres, le cas par exemple dans le Val-d'Oise, les enseignants... Le département le plus touché aujourd'hui. Les enseignants sont très jeunes. Et donc, pourquoi ne pas profiter de cette interruption ?
Justement, pour que dans les départements où l'épidémie fait rage, où le virus circule activement, on ne commence pas tout de suite la vaccination chez les enseignants et les personnels d'entretien et de restauration qui interviennent dans les écoles.
Et que si on les prend pour ces catégories-là,
on en exclut d'autres, et notamment les personnes âgées ou fragiles. Peut-être allons-nous en parler. Mais moi, je considère qu'il faut territorialiser la stratégie vaccinale.
On va en parler, si vous voulez bien. On parlera de ce qui va se passer au Stade de France dans quelques jours à Saint-Denis, dans votre département qui doit devenir le plus grand vaccinodrome de France. D'abord le fil info à 8h41 avec Mélanie Delonnet.
On risque d'atteindre le pic de l'épidémie de Covid dans 7 à 10 jours, estime ce matin Olivier Véran, le ministre de la Santé sur France Inter. Après l'annonce de la généralisation des restrictions à toute la France, commerce non essentiel fermé pour les déplacements, pas besoin d'attestation pour sortir, mais il faut rester à 10 km de la maison. Il y a une tolérance pour le week-end de Pâques pour ceux qui veulent s'isoler dans une autre région. Les projets de vacances tombent à l'eau avec la fermeture des établissements scolaires, 3 semaines pour les crèches maternelles et élémentaires, 4 semaines dans le secondaire.
D'abord des cours à distance la semaine prochaine et pour tous les élèves, 2 semaines de congés au même moment. Ce sera du 12 au 25 avril. Emmanuel Macron a aussi annoncé une accélération de la vaccination contre le Covid. Ce sera possible dès le 16 avril pour les plus de 60 ans et pour tous les adultes volontaires à partir de la mi-juin. Et puis les Bleus restent en tête de leur groupe dans les qualifications pour le Mondial de foot 2022. Victoire 1-0 hier soir en Bosnie-Herzégovine.
Elles sont les héroïnes du Covid. Lundi, France Info rend hommage aux femmes qui tiennent la barre quotidienne. Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Stéphane Troussel, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Hier, le président de la République a dit il faut vacciner, vacciner, vacciner. La Seine-Saint-Denis, c'est le département de France le moins vacciné de France. C'est dû à quoi, selon vous ?
D'abord, parce qu'il ne faut pas comparer les chiffres de vaccination en population générale. Il faut comparer les chiffres... Par la proportion, là. Oui, oui, mais il ne faut pas... Cette proportion, c'est un indicateur en population générale. Il faut comparer par type de population qui ont droit à la vaccination. La part des personnes âgées de 75 ans et plus est plus faible en Seine-Saint-Denis que dans la Creuse. Donc, c'est bien d'ailleurs pour ça que je considère qu'il faut avoir une stratégie vaccinale territorialisée, adaptée à la situation des territoires.
Donc, changer les priorités selon le territoire ?
En tout cas, non pas les changer. Je considère qu'il faut continuer de vacciner les personnes âgées de 70 ans et plus dans mon département. Mais dans les départements où le virus circule activement, on voit bien qu'il faut faire plus. La justice et l'égalité, ça n'a jamais été de traiter tout le monde
de la même manière. Vous entendez les élus comme vous des territoires les plus touchés qui disent que c'est chez nous désormais qu'il faut amener les doses. Vous entendez les professions, les policiers, les gendarmes qui, à juste titre, sans doute, disent, et les enseignants, qui disent qu'il faut nous vacciner nous aussi en priorité. Si tout le monde est prioritaire,
plus personne ne l'est. Mais Marc Fauvel, le taux d'incidence en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise est aux alentours de 800. Il est de 100 pour 100 000 habitants dans la Creuse, le Finistère ou les Landes. Donc, encore une fois, dans notre République qui proclame l'égalité. L'égalité, c'est de ne pas traiter tout le monde de la même manière. C'est de concentrer nos efforts. Et si l'épidémie s'emballe ensuite
dans les départements que vous avez cités,
on renvoie les doses là-bas ? C'est de concentrer nos efforts au moins un temps dans les départements où l'épidémie fait rage. Donc, vous demandez quoi ?
Plus de doses chez vous, par exemple ?
Je considère qu'effectivement, par exemple, les enseignants, par exemple, les personnels de restauration et d'entretien dans les établissements scolaires des départements où l'épidémie s'envole, les métiers non télétravaillables, les premiers de corvée, Les premiers de corvée, exactement. Eh bien, ceux-là doivent être urgemment vaccinés dans les départements où le virus circule activement. On parlait de la situation dans les hôpitaux, mais la réalité, c'est que dans mon département, la moyenne d'âge des hospitalisations et des réanimations, ça baisse très fortement.
Le président de la République évoquait le fait qu'il y a, je crois, 44% en moyenne dans le pays des personnes en réanimation qui ont moins de 65 ans. Mais le chiffre est plus bas dans un département comme le mien. Donc, ça veut dire que pour casser les chaînes de contamination, dans ces départements-là, il faut avoir d'autres priorités vaccinales. En tout cas, des priorités supplémentaires par rapport aux populations qui sont visées actuellement.
Au début de la campagne vaccinale, Stéphane Troussel, on s'était rendu compte qu'une minorité assez forte de personnes qui venaient se faire vacciner en Seine-Saint-Denis ne venait pas du département. Beaucoup de Parisiens, notamment, qui prenaient des rendez-vous là où ils pouvaient. Et donc, en Seine-Saint-Denis, est-ce que c'est encore le cas, aujourd'hui, d'abord ? Et est-ce que vous souhaitez que les doses fournies en Seine-Saint-Denis soient réservées aux habitants de la Seine-Saint-Denis, dont je n'arrive jamais à prononcer le nom, mais vous allez nous rappeler les habitants de la Seine-Saint-Denis, les... C'est quoi nos Dionysiens ? Voilà, il faut qu'ils leur réservaient, donc.
Vous voyez, ce rappel que vous venez de faire, il est l'illustration que quand on applique la même politique partout, eh bien, ça crée des inégalités. Parce que, oui, la fracture numérique, ça existe aussi chez les personnes âgées. Les personnes âgées qui sont plus fragiles, plus précaires, moins agiles sur l'informatique. Et donc, il a fallu inventer une autre manière de faire pour rétablir l'égalité. Donc, c'est plus le cas aujourd'hui ? C'est plus le cas ou c'est moins le cas ? Qu'est-ce que nous avons fait ?
Le département a fait un bus de la vaccination avec des doses qui nous permettent d'aller vers les populations les plus éloignées, notamment de ces plateformes numériques où on prend rendez-vous. Nous avons, avec la Caisse primaire d'assurance maladie, créé un centre de vaccination dédié aux personnes âgées les plus précaires. Dans le futur centre de vaccination du Stade de France, il y aura 50% des créneaux qui seront accessibles à tous les franciliens sur Doctolime. Il y aura 50% des créneaux qui seront réservés aux habitants de la Seine-Saint-Denis et aux habitantes de la Seine-Saint-Denis avec une plateforme téléphonique dédiée pour que, justement, on lutte contre cette inégalité.
Donc, vous voyez que pour rétablir l'égalité, il faut parfois avoir des mesures qui permettent, justement, de lutter contre ces inégalités.
Pas de jour férié pour la vaccination, c'est le mot d'ordre. Ce qui veut dire que ce lundi, par exemple, le lundi de Pâques, en Seine-Saint-Denis, on va vacciner. On vaccine 7 jours sur 7 chez vous ?
On vaccine plutôt 5 ou 6 jours en fonction du nombre de doses qui nous sont livrées par l'ARS. C'est une question de doses, pas de bras, pour vacciner le dimanche, notamment ? Ah non, les bras, nous les avons, nous les mettons à disposition, que ce soit avec les collectivités locales, avec les autorités sanitaires, avec la préfecture. C'est surtout le nombre de doses qui détermine les amplitudes d'ouverture des centres de vaccination.
Lors de la première vague, la Seine-Saint-Denis a été le département où il y a eu le plus de décès du Covid. Hier, Emmanuel Macron a dit « Nous n'avons pas perdu le contrôle de l'hôpital. » Aujourd'hui, est-ce que c'est le cas en Seine-Saint-Denis ?
D'abord, nos soignants en Seine-Saint-Denis, comme ailleurs, sont fatigués, éprouvés, épuisés par cette année d'épidémie. Mais le président de la République dit qu'il refuse de faire le tri. Mais finalement, un an plus tard, qu'est-ce qui a été fait pour renforcer l'hôpital public ? Qu'est-ce qui a été fait dans un département comme le mien où il y a trois fois moins de lits de réanimation que dans le département voisin des Hauts-de-Seine qui est apportant moins d'habitants que la Seine-Saint-Denis ? Pas grand-chose, si ce n'est rien.
Donc, moi, j'entends bien le président de la République, mais les efforts qu'il annonce pour ouvrir des lits de réanimation supplémentaires dans les jours, les semaines qui viennent. Pourquoi ?
3 000 lits supplémentaires pour arriver à 10 000. D'après notre spécialiste santé Solène Lehen, l'effort en réalité serait d'environ 2 000 car on est aujourd'hui quasiment à 8 000 lits en réanimation.
Pourquoi n'a-t-on pas fait ces efforts dans l'année qui vient de s'écouler alors que nous avons constaté ces chiffres terribles ?
La réponse, Stéphane Trussell, c'est que ce ne sont pas des lits qu'on crée ex-Nilo, mais que ce sont des lits qui étaient aujourd'hui réservés à d'autres opérations hors Covid et que ces lits, on les prend donc aux autres opérations.
Oui, mais enfin, cette épidémie, elle montre à quel point la gestion entre comptables et financières de l'hôpital public, qui a été celle de notre pays depuis trop d'années, atteint aujourd'hui ses limites. Et donc, je pense qu'il est temps à la fois de tourner le dos à ces économies qui ont été faites dans le domaine de la santé et à changer de braquet et à avoir d'autres politiques. Parce qu'effectivement, pour affronter les semaines qui viennent, nos soignants sont épuisés désormais. Une question pratique
avec le nouveau calendrier scolaire qui a été dévoilé hier soir par le chef de l'État. Une seule zone de vacances dans toute la France, les mêmes 15 jours pour tout le monde. Des difficultés vont sans doute se produire dans pas mal de familles. Des gens avaient posé des congés. Des gens ne seront pas en congé en même temps que leurs enfants, notamment lorsqu'ils ont des enfants scolarisés. Est-ce qu'il faut prévoir au niveau national, aujourd'hui, un système de garde, ça risque de concerner des centaines et des centaines de milliers de personnes qui travailleront pendant que leurs enfants seront en vacances à la maison ?
Oui, je le crois. Parce que le président de la République a annoncé le fait que des établissements pourraient rester ouverts pour permettre l'accueil des enfants d'un certain nombre de parents. Les soignants, notamment, mais uniquement eux pour l'instant. Et les enfants handicapés qui pourront continuer à être accueillis. Mais je souhaite que cette liste soit à la fois précisée, voire élargie. Parce que, encore une fois, l'exemple de la maman seule, caissière, qui élève ses enfants et qui va continuer d'aller travailler, comment fait-elle ? Comment fait-elle pour assumer à la fois son travail et sa responsabilité d'utiliser ses enfants ?
La question est-ce que si on élargit la liste, on ferme un peu moins les écoles ? Eh bien, vous voyez pourquoi il faut avoir une stratégie territorialisée et différente en fonction de la situation dans les territoires et des situations sociales et professionnelles. Parce que sinon, on sera encore face à des grandes inégalités entre les territoires.
Le président socialiste du département de cette salle Stéphane Troussel avec nous jusqu'à 9h. Vous aurez la parole ensuite à partir de 9h sur France Info Radio et Canal 27 pour nous poser toutes les questions que vous souhaitez sur les mesures annoncées hier soir par Emmanuel Macron sur ce nouveau calendrier scolaire également sur les fermetures de commerce. Nos spécialistes seront là. Le standard de France Info 01 56 40 41 11 il est 8h51. Le fil Info avant tout cela avec Mélanie Delaunay.
Tout réorganisé avec le retour de l'école à la maison la semaine prochaine. Les établissements scolaires ferment pour 3 ou 4 semaines selon les niveaux vacances pour tous du 12 au 25 avril puis retour en classe le 26 en maternelle et en élémentaire. Les collégiens et lycéens auront eux cours à distance une semaine de plus. C'est la solution de raison, une solution d'équilibre dit ce matin le ministre de l'éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Fini la territorialisation. Désormais les 96 départements de métropole sont concernés par les mêmes restrictions.
Fermeture des commerces non essentiels partout 60 000 de plus et déplacements limités à 10 km autour de chez vous sauf pendant le week-end de Pâques pour ceux qui peuvent aller s'isoler au vert. Dans 10 minutes Jean Castex va prendre la parole devant les députés pour justifier ces restrictions. Un débat qui sera suivi d'un vote comme cet après-midi au Sénat. Emmanuel Macron a demandé un effort supplémentaire en laissant entrevoir la lumière au bout du tunnel entre la mi-mai et le début de l'été la réouverture de terrasses et de lieux culturels. France Info
Le 830 France Info toujours avec le président
du conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel. Alors après les annonces hier ce matin un débat est prévu à l'Assemblée Nationale suivi d'un vote et les députés de l'opposition dont vos collègues socialistes ont prévu de quitter l'hémicycle au moment du vote pour montrer leur désapprobation. Est-ce que vous trouvez ça normal ?
Moi je considère que nos institutions de la Ve République sont à bout de souffle. Il faut attendre l'oracle présidentiel d'hier soir pour savoir ce qu'il va arriver à notre pays dans les prochaines semaines. Là vous avez une occasion de le savoir non ? Enfin de toute façon à quoi va servir ce débat ? Vous auriez souhaité que le débat et qu'un vote conclusif
soit organisé avant ?
Les décisions sont prises et elles ont été annoncées. Donc à quoi va servir le Parlement ? Enfin quand est-ce qu'on va sortir de ce fonctionnement de nos institutions ? Nous sommes presque je dois dire la seule démocratie européenne qui fonctionne comme ça. Quand la chancelière allemande doit annoncer un certain nombre de mesures Elle passe dix heures à réunir les landers et elle n'y arrive pas toujours à la fin. Peut-être. Peut-être. Mais elle passe des heures et des heures à tenter de trouver un compromis avec les landers.
Et parfois le compromis est chamboulé trois jours après et elle doit s'excuser devant tous les allemands en disant la décision qu'on a prise de fermer les églises n'était pas la bonne.
C'est simple. Nulle part finalement. Peut-être. Mais je considère moi que ce fonctionnement où tout repose sur un seul homme eh bien nous n'en pouvons plus. Notre démocratie elle étouffe. Et donc quand on passe à la sixième république qu'est-ce qu'on fait ? Ça ne sert à rien de verser des lormes de crocodiles en permanence sur le désintérêt de nos concitoyens pour les élections pour le débat public pour l'engagement citoyen si en permanence par l'organisation de nos débats par le fonctionnement de nos institutions on infantilise on infantilise les corps intermédiaires.
Vous voyez bien l'urgence de la situation si à chaque fois on doit faire des débats qui durent des heures et des heures avec 577 députés d'un côté puis des sénateurs de l'autre on met encore plus de temps pour prendre les décisions alors que là il faut être réactif.
oui oui il faut être réactif mais il ne faut pas se passer du Parlement donc oui il faut trouver un équilibre entre la nécessité d'être réactif mais aussi d'assurer le débat public parce que ça permet de créer de la confiance ça permet de créer du compromis et c'est nécessaire dans cette période difficile pour chacun d'entre nous. Vous avez
Stéphane Troussel apporté votre soutien à Audrey Pulvar après ses propos polémiques au sujet des blancs qui doivent se taire lors des réunions en non mixité elle était interrogée sur ce qui se passe notamment au sein du cas étudiant UNEF n'avait pas été très nombreux au parti socialiste à la soutenir. Écoutez d'abord
moi je ne participerai pas à cette polémique je pense qu'il faut en finir Vous l'avez fait en la soutenant c'est pour ça que je vous interroge.
Oui mais parce que de mon point de vue ce débat il pose surtout une question de fond comment la gauche lutte contre les discriminations et les inégalités parce que quand même par quel retournement ahurissant voilà que quelqu'un qui est connu pour ses positions universalistes républicaines laïques qui ose dire que Audrey Pulvar serait indigéniste ou racialiste mais enfin par quel retournement ahurissant nous voilà dans une polémique qui permet à la chef de l'extrême droite de se parer d'artifice antiraciste et de tenter de participer au camp universaliste donc moi ce que je demande surtout à la gauche c'est de relever la tête d'être droite dans ses bottes d'être solidaire et unanime pour pas seulement sauter comme des cabris pour dire république république république à des gens qui vivent au quotidien les discriminations et les inégalités qui explosent dans notre société et pour qui ce discours de la république et de la république et de la république sonne de plus en plus creux parmi ceux qui n'ont rien dit
pendant plusieurs jours il y a quelqu'un que vous connaissez bien c'est Anne Hidalgo qui n'a rien dit pendant plusieurs jours alors qu'elle connait très bien Audrey Pulvar qui a travaillé avec elle à l'Amérique de Paris c'est son adjointe
comment vous l'expliquez ?
mais justement il ne s'agit pas de Marine Le Pen mais il s'agit d'Anne Hidalgo justement Anne Hidalgo elle a dit ce qu'il fallait dire hier matin pour dire que ce qui compte après une semaine pour dire que ce qui compte notamment quand on est des hommes et des femmes de gauche c'est le combat contre les discriminations et les inégalités parce que ceux qui à droite et à l'extrême droite ont hurlé avec les loups ils étaient où quand il fallait défendre les dispositifs les outils républicains de la lutte contre les inégalités et les discriminations vous avez entendu que ce débat aujourd'hui il traverse aussi la gauche oublions Marine Le Pen si vous voulez bien deux minutes elle n'existe plus
pendant deux minutes vous voyez que ce débat je vais l'oublier il existe à gauche aujourd'hui quand vous voyez la violence de certaines des réactions y compris du directeur de cabinet d'Audrey Pulvar qui lui a dit qu'il était farouchement contre ces réunions oublions Marine Le Pen
j'ai 51 ans j'en ai un peu moins mais je ne sais pas où va nous emmener cette question vous allez voir j'ai 51 ans j'ai toujours vécu à la Courneuve je n'ai jamais vécu un contrôle d'identité de ma vie jamais et donc qu'est-ce que je vais aller dire moi dans une réunion avec des gens qui vivent au quotidien des contrôles au faciès qu'est-ce que je dis à des gamins de la Seine-Saint-Denis qui quand ils sont en retard à l'école et qu'ils ont la peau un peu plus pigmentés que la mienne se prennent des contrôles d'identité quand ils courent derrière un bus il faut forcément avoir subi
cette forme de discrimination pour pouvoir aujourd'hui entrer dans un groupe
non
si on dit ça est-ce que c'est valable pour d'autres catégories
je dis simplement que ça peut exister et que le rôle des politiques par contre c'est d'intégrer ces paroles dans une lutte unifiée contre les discriminations et donc la question que je voulais poser dans le débat c'est que tous ceux qui à droite et à l'extrême droite permettez-moi d'y revenir avec les loups dans cette affaire ils étaient où quand il fallait défendre la loi sur l'IDG heureusement que Simone Veil a tenu bon elle était droite mais heureusement qu'il y a eu des députés de gauche pour faire passer cette loi ils étaient où ceux qui défendaient la loi SRU contre les discriminations et la spécialisation territoriale ils étaient où ceux qui défendaient le mariage pour tous ils sont où ceux qui veulent les opérations de testing le CV anonyme et moi vous voyez ce qu'il faut en dire à la gauche je regrette que la gauche n'ait pas été courageuse pour imposer le récépissé de contrôle d'identité je regrette que la gauche n'ait pas été courageuse quand il a fallu faire le droit de vote des étrangers aux élections locales donc ce que je voudrais c'est que la gauche elle se rappelle que dans la république il y a eu des débats dès l'origine parce que oui il y en a dans la république qui ont combattu détourné la promesse d'égalité républicaine pour exclure pour exclure les femmes d'abord pour exclure les pauvres pour exclure les ouvriers pour exclure les étrangers et donc la gauche elle doit reprendre le combat de la lutte contre les inégalités et les discriminations parce qu'après la république il y a la république sociale mais il doit y avoir la république citoyenne universelle la république métissée et de l'égalité attention Troussela
va nous emmener après 9h merci beaucoup merci à vous Stéphane Troussel président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis invité ce matin de France Info la parole aux auditeurs et aux téléspectateurs c'est dans 4 minutes précisément on attend tous vos appels 01 56 40 41 11 à tout de suite merci à vous
Stéphane TROUSSEL