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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 22 janvier 2022 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSantéÉconomie & entreprisesEurope & international

Parcoursup, gratuité de l'université, partiels... le "8h30 franceinfo" de Frédérique Vidal

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Les examens se déroulent-ils en présentiel malgré la crise sanitaire ?

  • 1:41RelanceRéponse partielle

    L'égalité de traitement entre étudiants est-elle assurée avec des examens en présentiel et à distance ?

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Combien y a-t-il d'examens de substitution actuellement ?

  • 3:04RelanceRéponse partielle

    Faire confiance aux étudiants pour gérer les examens est-il excessif ?

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Comment vont les étudiants après la crise sanitaire ? Quelles sont les remontées ?

  • 5:16OuverteRéponse partielle

    Parcoursup est critiqué pour son opacité. Que répondez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « On a travaillé depuis juin 2020 à la possibilité de faire des examens en présentiel, alors qu'à l'époque on n'avait pas de vaccin. »
  • 5:56Invité politiqueFait
    « Parcoursup, c'est un outil qui a été mis à disposition des établissements et c'est ce qui a permis justement de remettre de l'humain. »
  • 7:04Invité politiqueFait
    « Son parti nous a laissé un système où on tirait au sort les étudiants. »
  • 13:18Invité politiqueChiffre
    « On a effectivement un tiers des étudiants boursiers et pourtant on a vu à quel point il y avait encore des étudiants précaires. »
  • 14:11Invité politiqueFait
    « On a gelé les droits d'inscription pendant trois ans, on a gelé les loyers d'écrousse, on a augmenté les bourses secrétaires sociaux. »
  • 15:41Invité politiqueChiffre
    « Il y a plus de la moitié des étudiants qui rentrent dans des systèmes qui sont sélectifs. »
  • 22:32Invité politiqueChiffre
    « 25 milliards d'euros pour la recherche académique, exclusivement pour la recherche libre. »
  • 23:30Invité politiqueFait
    « C'est une double tutelle et je suis très fière de continuer à avoir la tutelle sur le spatial et sur le CNES. »

Temps de parole

  • Invité politique58 %
  • Présentateur16 %
  • Invité14 %
  • Invité 29 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.

0:08
Invité

Bonjour Hercine, bonjour à tous.

0:10
Présentateur

Notre invitée ce matin est la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Bonjour Frédérique Vidal. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info. Les examens, encore une fois, se déroulent à l'université pendant cette crise sanitaire sous Covid, comme on dit. Les partiels qui ont démarré ce mois-ci sont au maximum en présentiel. C'est votre décision. Vous avez dit par ailleurs qu'il y aurait des adaptations pédagogiques, qu'il y aurait en fonction des établissements différentes situations qui pourraient se mettre en place. Alors, quoi, ce sont des examens à mille vitesses qui se déroulent en ce moment ?

0:46
Invité politique

Non, je crois qu'avec les établissements, on a travaillé depuis juin 2020 à la possibilité de faire des examens en présentiel, alors qu'à l'époque on n'avait pas de vaccin. Et on a un protocole qui est robuste, on a vu qu'on n'avait pas de cluster, donc on a continué à l'améliorer. Il y a un tiers des examens qui ont déjà eu lieu sur le mois de décembre. Là, on finit le gros des examens à la fin de la semaine prochaine. Les choses se passent bien, elles se passent majoritairement en présentiel. Ensuite, évidemment que c'est de la responsabilité pédagogique des établissements d'organiser les examens, c'est eux qui votent les modalités de contrôle des connaissances.

Et si les choses le justifient, ils peuvent évidemment passer une promotion ou un examen de promotion à distance. Mais vous savez, c'est assez classique dans l'enseignement supérieur. On a des notes qui viennent de remise de rapport ou de mémoire, on a des notes qui viennent de l'examen terminant.

1:41
Présentateur

Mais l'égalité de traitement entre les étudiants est quand même assurée dans ces conditions ?

1:45
Invité politique

Bien sûr, l'égalité de traitement entre les étudiants, elle se fait épreuve par épreuve.

1:51
Présentateur

Mais si certains la passent à distance, d'autres en présentiel, certains à une date, d'autres à une autre date ?

1:57
Invité politique

Non, l'idée c'est vraiment que l'on puisse avoir du présentiel et éventuellement des examens de substitution s'il y a des gens qui étaient malades et qui n'ont pas pu venir à l'examen en présentiel. Ou alors on organise les examens à distance, mais pour toute la promotion ou pour tout l'examen.

2:13
Invité

Sur les examens de substitution, justement, est-ce qu'on sait combien il y en a en ce moment ? On sait que normalement, quand les étudiants sont positifs, ils peuvent avoir une session de substitution de deux semaines à deux mois après la date de l'examen. C'est faisable, c'est gérable ça sur le terrain ?

2:32
Invité politique

Écoutez, ça fait partie aussi de ce qui était demandé par les établissements. Donnez-nous le temps de nous organiser. Parfois, ce sera possible de le faire assez vite. Parfois, on va attendre la pause pédagogique de la fin du mois de mars. Donc voilà, je crois que ce qui est important, c'est de faire confiance, j'allais dire, au bon sens des équipes pédagogiques. Et ça fonctionne, et ça fonctionne, je vous le disais, bien avant qu'on ait le vaccin. Et je rappelle que les étudiants ont été extrêmement responsables. Ils sont vaccinés à plus de 95%.

3:04
Présentateur

C'est leur faire confiance ou peut-être leur donner une responsabilité un peu excessive dans la gestion de cette situation ?

3:11
Invité politique

Non, vous savez, c'est vraiment une demande. C'est très difficile, au regard des dizaines de milliers d'épreuves, de décider que les choses vont être identiques partout. On ne parle pas d'épreuves nationales, on ne parle pas de concours nationaux. Dans ce cas-là, évidemment, la règle est la même pour tous les étudiants partout sur le sol français. Mais en ce qui concerne les examens des universités, elles ont autonomie complète sur l'organisation de leurs examens depuis toujours.

3:38
Invité

Alors, les étudiants sont ceux qui ont le plus souffert, ou parmi ceux qui ont le plus souffert de cette crise sanitaire. On a tous en mémoire ces images de files d'attente devant les banques alimentaires, précarité étudiante, isolement. Comment vont-ils les étudiants ? Vous avez des capteurs de terrain. Quelles sont les remontées aujourd'hui ?

3:56
Invité politique

Alors, j'ai recommencé les visites de terrain, si je puis dire. J'étais hier encore à Nevers, j'ai rencontré les étudiants en santé en milieu de semaine. Ça a été très difficile. Ils le disent, ils le reconnaissent. Ils se sont parfois engagés pour accompagner les autres. Pour certains, ça leur a fait du bien. Pour d'autres, ils se sont heurtés de plein fouet. Je pense notamment aux étudiants en santé à la réalité de cette pandémie, à la difficulté de côtoyer des gens qui, parfois, ont succombé à la pandémie. Mais globalement, il y a une envie de continuer à être en présentiel. Il y a une demande de vie étudiante.

Et puis, il y a une demande aussi qui est extrêmement intéressante et qu'évidemment, je soutiens. Pendant la crise, on s'est beaucoup rassemblés. On a beaucoup travaillé états, établissements, collectivités et étudiants. Pour proposer et trouver des solutions innovantes. Et les étudiants demandent à ce qu'ils puissent continuer à être associés à ce qui est mis en place dans les établissements pour la vie étudiante.

5:07
Invité

Donc, il y a une forme de nouvelle gouvernance qui va se mettre en place. Peut-être qu'il faudra faire la même chose sur Parcoursup parce que ça y est, ça recommence Parcoursup. Le logiciel vient d'être ouvert au bachelier depuis jeudi. Et là encore, on entend les plaintes sur l'opacité. Beaucoup de critiques parmi les étudiants, mais aussi parmi les candidates à la présidentielle. Regardez et écoutez Anne Hidalgo.

5:31
Locuteur non identifié

Un système totalement inhumain qui met en stress non seulement les jeunes, les familles. Un algorithme qui choisit votre vie. Et on ne comprend pas du tout, parce que tout ça est quand même très opaque, pourquoi vous avez telle orientation et pas telle autre. Voilà, tout ce qu'elle dit, honnêtement, n'est pas entièrement faux.

5:49
Invité politique

Ah si, ce qu'elle dit montre à quel point elle ne connaît pas la façon dont se passent les choses. Parcoursup, c'est un outil qui a été mis à disposition des établissements et c'est ce qui a permis justement de remettre de l'humain.

6:02
Invité

Mais c'est une réussite totale ? Vous pourriez utiliser ce mot ?

6:05
Invité politique

On améliore chaque année la plateforme. Mais quand vous faites des sondages en temps réel, ce qu'on fait chaque année, justement pour voir qu'est-ce qu'il faut améliorer. Oui, bien sûr, il y a du stress, mais l'année du bac, l'année où on s'oriente dans l'enseignement supérieur, c'est une année qui est par définition stressante. Mais c'est aussi près de 70% des jeunes et de leur famille qui nous disent que c'est aussi beaucoup d'informations, qui nous disent que le numéro de téléphone, les chats qui sont mis en place, ça leur a donné des idées d'orientation.

Je crois que les jeunes, pendant très longtemps, ont choisi leur future orientation dans l'enseignement supérieur en fonction des métiers qu'ils voyaient autour d'eux. Et ça, c'est vraiment l'ouverture des possibles avec toutes les informations regroupées sur un seul site. Donc je crois que c'est important. Et puis je voudrais quand même rappeler à Mme Hidalgo que son parti nous a laissé un système où on tirait au sort les étudiants. Alors franchement, plus opaque qu'un tirage au sort, il faudra qu'on m'explique qu'est-ce que c'est.

7:09
Présentateur

La ministre de l'enseignement supérieur, Frédéric Vidal, est l'invité du 8.30 France Info. On se retrouve juste après le fil info avec Diane Ferschit, 9h moins 20.

7:18
Invité

Certaines violences lors des manifestations contre les mesures sanitaires en Guadeloupe ont-elles été planifiées et organisées ? C'est en tout cas ce qu'affirme le procureur de la République de Lille. Il évoque notamment l'implication active d'un fonctionnaire de police. Après 96 heures de garde à vue, 8 personnes ont été mises en examen. Dont 4 sont ce matin en détention provisoire. Le pass vaccinal entrera bien en vigueur lundi après la validation du Conseil constitutionnel. Tous les plus de 16 ans devront justifier d'un schéma vaccinal complet pour accéder aux activités de loisirs, aux restaurants, aux bars ou encore aux transports interrégionaux.

A noter qu'un test négatif suffira en revanche pour accéder aux établissements et aux services de santé. Il espère rassembler 4000 personnes. Éric Zemmour en meeting à Cannes ce samedi, l'ex-polémiste qui va bénéficier d'un nouveau ralliement venu du Rassemblement national, celui de l'eurodéputé RN Gilbert Collard. C'est la troisième figure du RN ou proche de Marine Le Pen à rejoindre le candidat de reconquête ces derniers jours. Aux Etats-Unis, des documents qui mettent un peu plus en cause. Donald Trump, la commission d'enquête sur l'invasion du Capitole, vient d'obtenir la preuve qu'un mois après sa défaite, le camp Trump se préparait à saisir les machines électorales.

Le projet de décret était prêt, mais il n'a jamais été signé.

8:30
Présentateur

France Info. La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Frédéric Vidal, est l'invité du 8.30 France Info ce matin. On était en train de parler de Parcoursup, qui a donc commencé très très mal, vous étiez d'accord là-dessus, mais qui s'est amélioré au fil des années. Vous dites que maintenant le système fonctionne à peu près correctement.

8:50
Invité politique

Non, je n'ai jamais dit que ça avait commencé très très mal.

8:52
Présentateur

On s'en souvient très bien, les problèmes de la première année ont été très difficiles.

8:56
Invité politique

J'ai dit que chaque année, on a amélioré les choses. La première année, on devait passer vraiment d'un système, je le rappelle parce que c'est important, où les jeunes candidataient, et quand il y avait plus de candidatures que de places dans un établissement, on tirait au sort pour savoir qui accédait à l'établissement. C'est quand même de là qu'on est parti.

9:12
Présentateur

Vous le disiez tout à l'heure, on est fait.

9:14
Invité politique

On a changé ça et j'en suis très fière.

9:16
Présentateur

Alors disons que le système s'est grandement amélioré depuis le début. Cet algorithme qui choisit votre vie, disait Anne Hidalgo.

9:23
Invité politique

C'est faux, c'est faux. Ce sont des équipes pédagogiques. Vous imaginez le mépris qui est exprimé par Madame Hidalgo pour les milliers d'enseignants et d'enseignants-chercheurs qui regardent les dossiers des bacheliers pour savoir qu'est-ce qui va le mieux leur convenir. Le mépris pour les comités d'accès à l'enseignement supérieur qui travaillent tout l'été pour ceux qui n'ont pas eu de proposition initialement.

9:45
Invité

Il y a les mots d'Anne Hidalgo. On ne peut pas dire que ce n'est pas humain, vraiment. Et puis il y a les mots du président de la République. Lui parle d'un intolérable gâchis de l'échec en première année. C'est aussi lié à Parcoursup d'une certaine manière parce qu'il dit devant la conférence des présidents d'universités qu'il y a beaucoup de difficultés dans certaines filières pour des problèmes d'orientation. Et donc on se retrouve avec des filières sans perspective qui conduisent à un investissement à perte alors que par exemple des étudiants qui n'ont pas pu accéder à ces filières alors que c'était leur choix dans Parcoursup aurait peut-être pu continuer.

50% d'étudiants ne se présentent pas aux examens de première année. C'est le gâchis dont parle le président de la République. Ça veut dire quoi ? Comment on fait pour résoudre ce problème-là ?

10:28
Invité politique

Ce qu'on a vu c'est qu'on a amélioré l'orientation avec deux professeurs principaux en terminale, avec la plateforme Parcoursup. Ça s'est traduit dans les faits puisque c'est 10 points de plus de réussite entre le L1 et le L2. Et ça je crois que tout le monde peut s'en féliciter.

10:47
Invité

Dans quelle filière il y a une surcharge ? Dans quelle filière il y a un gâchis, pour reprendre le terme d'Emmanuel Macron ?

10:54
Invité politique

Globalement, je n'ai pas les chiffres exacts en tête mais je sais que par exemple le passage de L1 à L2 dans les filières juridiques par exemple est extrêmement difficile. On est très très bas dans ces filières-là. Il y en a d'autres où on est aussi trop bas. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

11:11
Invité

Il faut désinciter certains, inciter d'autres ?

11:14
Invité politique

Non, il faut faire plus d'orientation. Vous savez, c'est ce que je vous disais tout à l'heure. Un jeune il se projette dans l'enseignement supérieur et in fine évidemment il se projette dans un métier. Alors, ceux qui souhaitent être avocats ou dans les métiers du droit, ils ont l'impression qu'il n'y a que la licence de droit qui va les y amener. Or en fait, il y a énormément de formations qui vont pouvoir les amener vers les métiers du droit auxquels ils aspirent. Donc on a énormément de demandes pour le droit parce que les jeunes voient à quel type de métier ça correspond. La même chose pour médecine, la même chose pour tout ce qui est paramédical.

11:49
Invité

Donc c'est l'orientation des lycées, le collège ?

11:52
Invité politique

Le collège, moi je pense qu'il faut commencer très tôt.

11:55
Invité

On n'est pas trop jeunes au collège pour savoir ce qu'on veut faire ?

11:57
Invité politique

Mais non, mais il ne s'agit pas de leur demander, de choisir. Il s'agit de leur montrer l'étendue des possibles, des palettes de métiers.

12:04
Présentateur

Alors, le président, en donnant sa vision de l'université en clôture du congrès de la conférence des présidents d'universités, a tenu des propos qui ont pu mettre la puce à l'oreille sur l'avenir du système universitaire français. On l'écoute.

12:20
Locuteur non identifié

On ne pourra pas rester durablement dans un système où l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où pourtant nous avons tant de précarité étudiante et une difficulté à financer un modèle qui est beaucoup plus financé sur argent public que partout dans le monde pour répondre à la compétition internationale.

12:40
Présentateur

Qu'est-ce que ça veut dire, ça, Frédéric Vidal ? Ça veut dire qu'on peut ouvrir un débat sur l'université payante ?

12:47
Invité politique

Non, pas du tout. D'abord, je vous remercie d'avoir passé l'extrait et la phrase en entier parce qu'on a quand même beaucoup commenté le début de la phrase et il y a trois aspects dans cette phrase. On ne pourra pas garder durablement ces trois choses en parallèle. Et derrière, le président explique ce qu'il pense qu'il faut changer. Il faut changer cette question de comment peut-on avoir des étudiants et un système de bourse qui protège les jeunes de la précarité. Et ça, visiblement, c'est un échec. On a effectivement un tiers des étudiants boursiers et pourtant on a vu à quel point il y avait encore des étudiants précaires. Donc il faut repenser ça.

Et puis la deuxième chose, c'est comment est-ce que les universités s'emparent de la question de l'insertion professionnelle tout au long de la vie, avec la formation continue, avec la formation tout au long de la vie. Mais dans son discours, à aucun moment, il n'a évoqué un levier qui serait d'augmenter les droits d'inscription.

13:42
Présentateur

On ne pourra pas rester dans un système d'enseignement supérieur sans aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants.

13:48
Invité politique

Ou ça n'a aucun prix, ou on est mauvais sur les boursiers et ou tout est financé par de l'argent public. Ces trois choses-là, il propose d'en changer deux de manière à ce qu'on puisse continuer à garder la gratuité.

14:00
Invité

Donc il n'y aura pas d'augmentation des frais d'inscription d'ici la fin du mandat et ce ne sera pas porté par le futur candidat Emmanuel Macron ?

14:08
Invité politique

Il y a vraiment, moi ça fait cinq ans que je suis là, on a gelé les droits d'inscription pendant trois ans, on a gelé les loyers d'écrousse, on a augmenté les bourses secrétaires sociaux. Il n'y a jamais eu aucune demande de travailler sur cette question-là.

14:20
Invité

De quelle réforme systémique alors parle Emmanuel Macron ? Vous dialoguez avec lui, vous n'avez pas été mis sur le fait accompli lorsqu'il a eu ses propos. C'est quoi la grande réforme du système universitaire dont il dessine les contours, précisément ?

14:35
Invité politique

C'est d'abord plus d'orientation et ça, ça veut dire que c'est le lien vraiment au collège et à l'université. C'est ensuite plus de formation continue, plus de formation tout au long de la vie dans les établissements, ce qui va nous permettre de changer un modèle dans lequel en France, on est diplômé une fois pour toutes à la fin de ses études, alors qu'on voit bien qu'il pourrait y avoir une formation qui diplôme, une vie professionnelle, un retour à l'université pour changer d'orientation ou pour se diplômer plus et mieux dans son champ professionnel. Donc ça, c'est une véritable révolution.

Avec le soutien à l'apprentissage, on a vu à quel point finalement, alors qu'on pensait que c'était impossible, les établissements d'enseignement supérieur, et pas seulement les établissements qui traditionnellement travaillaient avec les entreprises, mais tous les établissements en enseignement supérieur, avaient pu ouvrir ce dialogue de l'insertion professionnelle, des compétences, vous savez...

15:33
Invité

Donc des allers-retours possibles entre la vie professionnelle et l'université, la sélection, c'est un mot tabou ou pas à l'université pour y entrer ?

15:41
Invité politique

Non, mais là encore, je crois qu'il faut savoir de quoi on parle. Il y a plus de la moitié des étudiants qui rentrent dans des systèmes qui sont sélectifs.

15:49
Présentateur

Donc ça existe déjà ?

15:50
Invité politique

Bien sûr, ça existe déjà. Et après, on a les étudiants qui rentrent dans des systèmes où on les accueille tels qu'ils sont. Et ça, c'est tout l'objet de la loi Orientation et Réussite, et où on les aide, finalement, à mieux définir leur parcours, leur projet, et à se sentir bien dans leurs études. Donc on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de sélection pour l'entrée dans l'enseignement supérieur en France. Il n'y en a pas à l'université, dans la majorité des filières, mais il y a des filières universitaires sélectives depuis toujours. Les IUT sont dans les universités.

16:21
Invité

Alors il y a autre chose auxquelles le président de la République veut s'attaquer. C'est ce mur qu'il existe entre le système des grandes écoles, d'un côté, qui forme les élites, et de l'autre, l'université chargée de démocratiser l'enseignement supérieur et de la gestion des masses. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui que ce système-là, il est révolu ?

16:41
Invité politique

Oui, ça c'était un constat. Il a rappelé comment se sont construites les grandes écoles, finalement, à une époque où on considérait que dans les universités, on n'était pas capable de former les élites. Qu'est-ce que vous proposez pour mettre fin à ça ? En fait, les choses sont en train de se mettre en place, avec la possibilité de travailler sur des projets de site, où on a universités et grandes écoles qui s'associent, avec toujours un seul objectif, qui est de former les jeunes, de les amener vers le marché du travail, de leur donner la possibilité de construire leur avenir.

Eh bien, on voit que la création des établissements expérimentaux qui permettent d'associer des universités et des grandes écoles, des laboratoires communs entre les universités et les grandes écoles, tout ça va dans le sens où, finalement, enfin, on remet au cœur du système l'étudiant et où les établissements d'enseignement supérieur

17:35
Invité

sont là pour s'occuper des étudiants.

17:40
Invité politique

Mais je ne veux pas qu'on stigmatise les grandes écoles. Les grandes écoles ont fait d'énormes efforts pour accueillir plus de boursiers. On a beaucoup travaillé là-dessus. Parcoursup, c'est par exemple ce qui nous a permis d'augmenter le taux de boursiers dans toutes les filières sélectives, les préparations aux grandes écoles. Donc voilà, le mouvement est enclenché et il faut maintenant que les gens s'en emparent sur le terrain. Là, j'ai l'exemple de Sergi avec l'ESSEC, où les choses se passent bien et il y en a des dizaines d'autres.

18:08
Présentateur

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédéric Vidal est notre invité ce matin. On se retrouve juste après le Fininfo. Voici Diane Ferschit.

18:17
Invité

Et c'est fini pour Benoît Paire. Dans l'Open de tennis d'Australie, le français est éliminé à l'instant en 4-7 par le grec Stéphano Stissipa. Ça passe en revanche chez les femmes pour Alizé Cornet. LCL qualifiée ce matin pour les huitièmes de finale. Le syndicat national des professionnels infirmiers met en garde sur France Info face à un risque d'ubérisation de la santé alors que l'ARS d'Île-de-France lance un dispositif de primes pour attirer des infirmiers intérimaires. Des primes qui vont de 4 000 à 7 000 euros pour pallier les postes vacants. Il y en a 3 000 dans la région. L'épidémie de Covid est encore plus de 400 800 nouveaux cas en 24 heures.

Alors qu'on entrera en vigueur lundi, le pass vaccinal, le projet de loi validé pour l'essentiel par le Conseil constitutionnel. Hier, l'exécutif a fait part de sa satisfaction. Un pass vaccinal qui va à nouveau mobiliser contre lui ce samedi avec plusieurs manifestations prévues dans toute la France. À Marseille, Angers ou encore Nancy, les préfectures interdisent l'accès des manifestants à certains secteurs des centres-villes. 3 ralliements en 3 jours pour Éric Zemmour. Des défections du Rassemblement National. C'est au tour de l'ancien avocat Gilbert Collard de rejoindre le candidat de reconquête. Il l'annoncera en fin de journée à Cannes lors du meeting d'Éric Zemmour.

L'eurodéputé Rassemblement National avait rejoint Marine Le Pen il y a une dizaine d'années.

19:31
Présentateur

France Info Frédéric Vidal est l'invité du 8.30 France Info ce matin. ministre de l'Enseignement supérieur, de l'Innovation et de la Recherche. On va parler un peu de la recherche justement. Plusieurs appels à propositions ont été lancés par le gouvernement assez récemment et notamment pour tirer les leçons de la crise sanitaire. Fabrication et recherche de biomédicaments en France. Vous avez donc lancé au début du mois un appel à projet. Innovation Biothérapie. 275 millions d'euros. C'est adressé aux entreprises et aux consortiums. Pourquoi ne pas financer plutôt la recherche publique ? Les universités justement, les labos universitaires qui travaillent sur ces mêmes projets.

Pourquoi l'argent va-t-il vers l'entreprise, le privé ?

20:17
Invité politique

On est dans le cadre d'un plan d'innovation globale. Donc là effectivement, c'est la part jonction, si je puis dire, laboratoire-entreprise qui est financée. Mais on a lancé des programmes prioritaires de recherche purement dédiés à la recherche académique sur ces sujets-là en amont. On a des résultats de notre recherche qui sont excellents. Je crois qu'il faut vraiment le dire et le redire. On a du mal à faire du transfert. C'est-à-dire que des choses qui sont découvertes dans des laboratoires français, finalement vont être utilisées pour produire des biomédicaments par exemple par des groupes qui eux sont des groupes internationaux.

Parce que la recherche est internationale, parce que nos chercheurs travaillent avec d'autres équipes partout dans le monde. Et parce qu'ailleurs dans le monde, il y a des endroits où c'est beaucoup plus simple de faire du transfert.

21:09
Présentateur

Donc vous voulez que ça, ça se fasse en France ? On en profite entre guillemets rapidement. Bien sûr, il faut qu'on soit capable

21:14
Invité politique

de faire ce transfert en France. Et c'est vraiment le trou, si je puis dire, entre la recherche académique qui est excellente, des industriels et des entreprises qui pourraient porter les résultats de cette recherche académique et au milieu ce trou qu'on n'arrive pas à combler depuis des années. D'où l'idée, effectivement, au travers de consortiums, au travers de laboratoires communs, de faire cette passerelle pour que l'on puisse enfin bénéficier en France, nos entreprises françaises puissent bénéficier des résultats de la recherche française.

21:46
Présentateur

Alors, il faut savoir de quelle recherche on parle parce qu'il y a de la recherche qui peut aller vite. Le gouvernement mise beaucoup sur les start-up d'ailleurs dans ce domaine. Puis il y a aussi la recherche fondamentale qui est très très lente, à très bas bruit et qui est essentielle. Est-ce qu'elle ne souffre pas de cette concurrence entre guillemets du côté des nouvelles technologies et des idées qui peuvent être transformées très rapidement en entreprise ou en produit marchand ?

22:11
Invité politique

En fait, il n'y a pas d'idées qui puissent être transformées très rapidement. Ces idées, elles sont nées il y a 10, 15, 20 ans parfois. Elles ont mûri. Et à un moment, effectivement, les résultats de la recherche académique se transforment en innovation. Donc, si on tarie la recherche académique, on n'aura plus d'innovation dans 15 ans ou 20 ans. Et c'est vraiment tout l'objet du réinvestissement massif qu'on a fait dans la recherche. 25 milliards d'euros pour la recherche académique, exclusivement pour la recherche libre.

et puis, l'équivalent au travers des programmes d'investissement d'avenir, au travers du plan de relance, au travers de France 2030, pour que, justement, on arrive à avoir ce continuum. Il faut qu'on continue à produire de la connaissance qui permettra l'innovation dans 5, 10, parfois même 50 ans. Regardez la découverte de l'ARN messager. si elle n'avait pas été faite en France, par des prix Nobel français, eh bien, on n'aurait pas de vaccin ARN messager aujourd'hui. Et ça, c'est plus de 50 ans.

23:07
Présentateur

Alors, dans un domaine clé, justement, pour prendre un exemple, le spatial. Au mois de décembre, une tribune a été signée par 60 très très grands chercheurs qui disent, en gros, la tutelle du secteur est passée de votre ministère, la recherche, au ministère de l'économie. Et tout est dit. Le spatial, maintenant, c'est de l'industriel, c'est du commercial, ce n'est plus de la recherche.

23:30
Invité politique

Non, pas du tout. D'abord, c'est une double tutelle et je suis très fière de continuer à avoir la tutelle sur le spatial et sur le CNES. On avait un problème, effectivement, industriel aigu à résoudre. C'est comment est-ce que on fait, comme d'autres qui réussissent, ce qu'on appelle le new space. C'est-à-dire comment est-ce qu'on rentre aussi dans le marché des mini-satellites, des micro-satellites, des mini-lanceurs,

23:56
Présentateur

Le marché, donc.

23:58
Invité politique

Absolument. Le new space, c'est un marché. Oui, absolument. Mais c'est quelque chose, là encore, qui est issu des laboratoires. Lorsqu'on met en place, entre le CNES et Ariane Group, une structure qui, justement, vise à porter les résultats de la recherche académique vers l'industrialisation, c'est exactement ça qu'on fait. Mais là encore, il ne faut pas s'y tromper, le rayonnement de la France sur le sujet spatial, c'est un rayonnement avant toute chose scientifique. Et ça, évidemment, il faut le garder et le préserver.

24:33
Invité

Après l'échec de Sanofi à produire dans les délais un vaccin contre le Covid, beaucoup ont dit, finalement, on n'a jamais assez investi en amont sur la recherche et l'innovation. Un modèle américain en France avec un système massif d'investissement à la racine, dans les universités, sur des recherches qui, parfois, ne marchent pas, prendre des risques publics sur les innovations potentielles. Est-ce que vous pensez qu'on peut y arriver un jour ? Est-ce que c'est la bonne direction ?

25:03
Invité politique

Oui, c'est exactement ce qu'on fait avec ce qu'on appelle les programmes prioritaires de recherche qui s'inscrivent dans des stratégies nationales d'innovation où on finance la recherche académique de base libre, appelez-la comme vous voulez.

25:15
Invité

On est loin des enveloppes américaines. 20 milliards d'euros pour le vaccin, avait donné Donald Trump.

25:20
Invité politique

Bien sûr, mais ça, il faut qu'on le construise et effectivement, il faut qu'on ait des fonds et des fonds de fonds qui soient capables justement de dérisquer. Donc, évidemment, l'état dérisque jusqu'à un certain point. Les entreprises acceptent de risquer à partir d'un certain point et une fois de plus, ce qui nous manque, c'est le milieu et donc c'est là qu'on investit aussi.

25:41
Présentateur

Mais aussi,

25:42
Invité politique

pas uniquement.

25:43
Présentateur

Merci beaucoup, Frédéric Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation invité de France Info ce matin.

25:49
Invité

Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée La Bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. à bientôt.

26:04
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Parcoursup, gratuité de l'université, partiels... le "8h30 franceinfo" de Frédérique Vidal · Pourquijevote