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DébatLe Crayon· 17 décembre 2025 50 minContradictoireActualité / polémiqueNumériqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Faut-il arrêter de faire des études ? | Œil pour Œil

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 33 %Attaque 47 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Si l'université ne s'adapte pas au tsunami technologique, ce sont nos gamins qui vont payer l'addition.

  • 0:23OuverteRéponse partielle

    Alors, qui a raison ? Et est-ce que l'école aujourd'hui produit des losers ?

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Le monde de demain n'a pas besoin de grosses feignasses.

  • 0:49RelanceÉludée

    L'école prépare parfaitement au monde du travail.

  • 1:08OuverteRéponse partielle

    Avoir un diplôme, ça ne sert à rien.

  • 1:16OuverteRéponse directe

    L'école ne valorise pas la prise de risque.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00InvitéChiffre
    « Chat-GPT est plus intelligent que 99,93% des Européens. »
  • 5:34InvitéFait
    « On a sept usines à éduquer l'intelligence artificielle sur Terre. Les GAFAM plus deux, trois acteurs chinois, il y a extrêmement peu d'écoles de l'intelligence artificielle. »
  • 5:50InvitéChiffre
    « C'est une industrie extrêmement riche qui investit, on l'a écrit avec Alexandre Tsikopoulos, un milliard de dollars par jour en recherche et développement. »
  • 6:00InvitéChiffre
    « Cette industrie de l'éducation de l'intelligence artificielle, il y a 2900 milliards qui sont prévus en termes d'investissement pour les centres d'entraînement. »
  • 9:58InvitéPromesse
    « Ne faites plus d'études, d'apprendre autrement à l'ère de l'intelligence artificielle. »
  • 30:57InvitéFait
    « L'université doit intégrer l'intelligence artificielle dans la pédagogie. »
  • 38:41InvitéFait
    « La politisation des étudiants va de pair avec un abaissement du niveau. »
  • 41:35InvitéFait
    « je suis un libéral non-trumpiste »
  • 41:40InvitéFait
    « je ne pense pas que l'université est en train de mourir parce qu'il y a trop de méchants woke »
  • 42:37InvitéFait
    « soutenir Staline pendant le goulag, ça n'était pas très bien »
  • 42:43InvitéFait
    « soutenir Pol Pot et le massacre d'un tiers des Cambodgiens, ça n'était pas très bien non plus »
  • 43:13InvitéFait
    « ce qui m'inquiète le plus aujourd'hui, c'est que l'université est à la ramasse et vit au XXe siècle »
  • 43:40InvitéFait
    « si on veut vraiment s'en moquer, si on veut avoir des contrepoids face à l'impérialisme de la Silicon Valley, il faut que l'université sorte du XXe siècle »
  • 44:00InvitéFait
    « de parler de l'université et de l'IA sans avoir testé le mode study and learn de Jade GPT, c'est mal »
  • 47:10InvitéFait
    « vous réfléchissez de manière bornée, c'est-à-dire que vous croyez que tout l'enjeu de la question, c'est ce que j'ai utilisé ou non, le mode study and learn »

Temps de parole

  • Invité54 %
  • Invité 241 %
  • Présentateur5 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Chat-GPT est plus intelligent que 99,93% des Européens. Ça me fait bondir, mais c'est complètement lunaire. Vous voulez quoi ? Que l'université se remette en question à chaque fois que Sam Altman décide de sortir une nouvelle version de son chatbot ?

0:12
Présentateur

Si l'université ne s'adapte pas au tsunami technologique, ce sont nos gamins qui vont payer l'addition. Laurent Alexandre défend l'utilisation de l'IA pour les étudiants à l'école. Ralph Muir lui défend l'idée d'une éducation plus traditionnelle à l'université. Alors, qui a raison ? Et est-ce que l'école aujourd'hui produit des losers ?

0:27
Invité

Si on veut éviter que nos enfants soient des chômeurs de longue durée, il faut bien que l'école prépare nos enfants à un monde où l'intelligence artificielle... Mais je crois que je préfère que mon enfant soit un chômeur que l'esclave de l'intelligence artificielle.

0:42
Présentateur

Le monde de demain n'a pas besoin de grosses feignasses.

0:45
Invité

C'est une réalité, elles sont condamnées face à l'intelligence artificielle. Ça n'a jamais été faux.

0:49
Présentateur

L'école prépare parfaitement au monde du travail. L'école prépare de moins en moins au monde du travail. C'est faux et c'est tant mieux. Chat-GPT est déjà le professeur du XXIe siècle. Pour moi, je n'ai jamais rencontré un aussi bon professeur que Chat-GPT de toute ma vie. Faux. Dans moins de 30 ans, les étudiants n'iront plus à l'université. Faux. Vrai. Avoir un diplôme, ça ne sert à rien. Faux.

1:11
Invité

Pour beaucoup de cursus, cela ne sert à rien. Mais aujourd'hui, avoir un master en sociologie, c'est une tâche sur le CV.

1:16
Présentateur

L'école ne valorise pas la prise de risque. C'est vrai. Ouais, c'est vrai. Les études supérieures sont restées au XIXe siècle. Non, elles sont restées en 1975. Faux. Les bons élèves sont juste de bons exécutants. Absolument pas. Souvent vrai. L'égalité des chances, c'est une fiction.

1:34
Invité

C'est un objectif politique, c'est un objectif social. Ça n'est pas une réalité facture. C'est un idéal, effectivement, qui n'est pas concrétisé, mais qui existe comme idéal et comme projet.

1:46
Présentateur

On peut devenir riche sans avoir fait d'études. Une grosse partie des grandes fortunes de la tech n'ont pas terminé leurs études. Et enfin, je pourrais être ami avec la personne en face de moi. Je crois que c'est faux. Moi, je pourrais tout à fait être ami s'il était moins agressif.

2:01
Invité

Je ne comprends pas pourquoi il est, depuis qu'on s'est rencontrés, aussi agressif. Je pense qu'il y a des motifs psychanalytiques qui m'ont échappé. Mais moi, je pense qu'on peut être ami et je pense qu'il peut se calmer. Monsieur pense que je suis agressif parce que j'ai demandé à ce qu'on se vouvoie ou je lui ai annoncé que j'allais le vouvoyer. Ce qui, pour moi, est une marque de respect, tout au contraire. Mais on a visiblement un désaccord là-dessus. Réduire son agressivité à ce point de détail serait faux.

2:28
Présentateur

Salut, c'est Anto et bienvenue dans ce nouvel œil pour œil. Le format de débat du crayon. Deux invités s'affrontent face à face avec devant eux plusieurs cartes qui détermineront les thèmes et les formats de l'émission. Chaque carte impose un temps précis que les invités devront respecter.

2:40
Invité

L'université est déjà larguée par le monde réel. Je ne suis pas sûr de comprendre le sens exact de la question. Je ne sais pas ce qu'on entend ici par le monde réel. Je suppose que c'est le monde du travail. Le monde du travail. Le monde de l'utilité, le monde où on est supposé matérialiser nos connaissances et les compétences qu'on a acquises. Et en fait, je pense que la question est mal posée dans la mesure où l'université ne doit pas avoir comme seul objectif, à mon sens, de préparer au monde du travail. Et je pense que l'université, même si c'est des études supérieures, doit contribuer au projet éducatif, qui est celui déjà de l'école.

Et doit poursuivre sur cette voie et qu'en ce sens, tout ce qui est ressorti au domaine de l'éducation, du partage des connaissances, doit justement, au contraire, être un bastion préservé des enjeux, des modes de pensée qui sont propres à ceux du monde du travail, stricto sensu. Et donc, dans cette mesure-là, je pense que le fait que l'université, et encore ici, on ne distingue pas, on dit l'université, mais l'université, les facultés ne sont pas toutes les mêmes, les filières ne sont pas toutes les mêmes. Donc, d'ailleurs, il faudrait déjà aussi éventuellement comparer ce qui est comparable. Mais je pense que l'université a même pour vocation d'être en décalage avec le monde réel.

Elle ne doit pas être larguée, mais elle doit savoir exister à l'écart aussi du monde réel pour pouvoir conserver une forme de recul. qui permet une forme de réflexion sur le cours des choses, sur ce qui se passe, sur l'évolution de la société, des mœurs, des technologies. Et qu'en ce sens, encore une fois, si l'université est en décalage vis-à-vis du monde réel, non seulement je pense que c'est vrai, mais c'est une bonne chose. Bonjour à tous, je m'appelle Ralph Huller, je travaille à l'Institut des Hautes Etudes Internationales à Genève.

Je suis diplômé de lettres et j'anime depuis cinq ans une chaîne YouTube qui s'appelle La Cartouche, où je traite de sujets sociaux et culturels sous un angle humaniste ou littéraire et philosophique. Le problème n'est pas finalement de savoir si elle est larguée ou pas, c'est de savoir si elle peut se reconnecter au monde réel, et notamment à la cavalcade technologique qui est à l'œuvre. Évidemment que l'école, au sens large du terme, et dans l'école, je mets à la fois l'école traditionnelle, l'université, mais aussi la formation professionnelle des adultes, parce qu'il y a un continuum, en fait, dans les trois constituants de l'école avec un grand E. L'école est forcément larguée.

On a une désynchronisation complète entre la fabrication de l'intelligence humaine et la fabrication de l'intelligence artificielle. Et cette désynchronisation, elle n'a pas été pensée, elle n'a même pas été suffisamment théorisée. D'un côté, on a sept usines à éduquer l'intelligence artificielle sur Terre. Les GAFAM plus deux, trois acteurs chinois, il y a extrêmement peu d'écoles de l'intelligence artificielle. C'est une industrie extrêmement riche qui investit, on l'a écrit avec Alexandre Tsikopoulos, un milliard de dollars par jour en recherche et développement.

Cette industrie de l'éducation de l'intelligence artificielle, il y a 2900 milliards qui sont prévus en termes d'investissement pour les centres d'entraînement, c'est-à-dire d'éducation de l'intelligence artificielle. Les chercheurs en intelligence artificielle ont commencé avec des salaires en millions de dollars, puis en dizaines de millions de dollars, maintenant en centaines de millions de dollars, et on a vu apparaître des packages en milliards de dollars par chercheurs en intelligence artificielle. Donc, d'un côté, l'éducation de l'intelligence artificielle.

Cette usine, cette centre de formation dans le monde, avec des petits génies parmi les meilleurs cerveaux humains pour éduquer l'intelligence artificielle, et des sommes folles qui sont investies dans les data centers. Sam Helfman, il y a quelques jours, annonçait qu'il avait l'intention d'installer l'équivalent d'une centrale nucléaire de puissance électrique supplémentaire chaque semaine, c'est-à-dire chaque année, plus que la puissance de l'ensemble de l'énorme parc nucléaire français. Donc, d'un côté, on a une industrie de l'éducation de l'IA qui est extrêmement efficace, extrêmement bien pilotée, avec les ressources quasi infinies de la Silicon Valley et du Nasdaq.

De l'autre, l'éducation, au sens large du terme. Des dizaines de millions d'écoles sur Terre, avec des gens mal payés, pas très considérés, où personne ne devient milliardaire. Avec une crise de vocation qui est considérable, chaque année, le niveau des enseignants doit être abaissé, par exemple au CAPES, par exemple pour la formation des jeunes maîtres. Pas d'investissement en recherche, l'éducation fait très peu de recherche en pédagogie. On a un décalage fou entre une école des cerveaux biologiques qui est archaïque, poussiéreuse, qui s'est laissée dépasser, et puis une école de la formation des intelligences artificielles qui galope et qui est extrêmement efficace.

Le décalage, il est là. On peut discuter des benchmarks, mais chaque GPT est plus intelligent que 99,93% des Européens. C'est faux. On peut discuter méthodologiquement à l'infini. Chaque GPT est plus intelligent que moi, peut-être pas plus que toi, mais plus que moi, et je m'en rends compte chaque jour. Et je suis bien obligé d'avouer, même si c'est pour chacun d'entre nous une blessure narcissique, que je n'arrive pas à la cheville de chaque GPT. Mais tu es sans doute plus intelligent que chaque GPT, et tu as le droit de le penser. Moi, mon ressenti, c'est que chaque GPT est beaucoup plus intelligent. Mais là, on arrive au cœur de la question.

Donc, on a bien un décalage de fond entre une industrie de la formation de l'IA qui galope et une industrie de formation des cerveaux humains, ce qu'on appelle l'école, avec un grand E, qui n'arrive pas à suivre ce rythme-là. Et le décalage… Mais pourquoi est-ce qu'ils devraient suivre ce rythme-là ? Parce que si nous voulons que nos enfants, je ne sais pas combien tu as d'enfants, mais si nous voulons que nos enfants aient une place à côté de l'intelligence artificielle dans le monde de demain, il faut bien qu'ils soient complémentaires de l'intelligence artificielle. Parce que si l'intelligence artificielle plus mes enfants, ça n'est pas mieux qu'intelligence artificielle sans mes enfants.

Mes enfants seront demain des chômeurs de longue durée. Et ça m'angoisse pour mes gamins en tant que père de ma famille nombreuse, ça m'angoisse aussi pour les enfants des autres et pour les tiens aussi. Je suis Laurent Alexandre, je suis médecin et puis je m'intéresse beaucoup aux nouvelles technologies. J'ai écrit des bouquins sur le sujet et le dernier, je l'ai écrit avec mon copain, l'économiste Olivier Babot, qui s'intitule « Ne faites plus d'études, d'apprendre autrement à l'ère de l'intelligence artificielle. » Ça reste dans la lignée de mes centres d'intérêt intellectuel ces dernières années.

En fait, moi, ce qui me met mal à l'aise dans vos discours, d'une manière générale, c'est que j'ai l'impression que cet avenir que vous nous dépeignez, peut-être que vous avez raison, peut-être qu'on ne peut plus rien faire, peut-être qu'il va bel et bien se passer ce qui va se passer, mais j'ai l'impression que vous vous en réjouissez. Vous employez des termes qui, moi, personnellement, ne me réjouissent pas du tout. Vous parlez des cerveaux biologiques comme de quelque chose de suranné, dont vous semblez appeler à ce qu'on s'augmente l'essence du transhumanisme. Il faut bien séparer les cerveaux biologiques, les nôtres et les cerveaux artificiels.

Il faut bien un terme pour séparer les deux types de cerveaux. Alors justement, le cœur du débat, c'est celui de qu'est-ce que c'est que l'intelligence ? Alors moi, quand je vous entends dire que Tchad GPT est plus intelligent que 99% de la population mondiale, ça me fait bondir, mais c'est complètement lunaire. Et que moi. Alors, qu'est-ce que vous entendez par intelligence ? Dans quelle mesure est-ce qu'une machine... En fait, pour moi, ce n'est même pas comparable, si vous voulez. Pour moi, ce que fait l'intelligence artificielle et ce que fait un être humain, c'est incommensurable. Mais vous, vous le comparez et vous dites, il y en a un qui est plus intelligent que l'autre.

Mais plus intelligent, à quel égard ? La puissance de calcul ? C'est-à-dire, en fait, l'intelligence artificielle, oui, nous dépasse pour tout ce qui relève du calcul, pour tout ce qui relève d'une forme de savoir qui est formalisable et qui est numérisable. C'est-à-dire, finalement, la forme de savoir qui est la plus pauvre, le mode d'appréhension du monde qui est le plus pauvre dans ce que l'homme est capable de faire.

11:31
Présentateur

Je vous arrête un instant. Si vous êtes à ce moment-là de la vidéo, c'est qu'elle vous plaît. Merci pour ça. Sachez que vous êtes encore beaucoup trop nombreux à regarder nos vidéos régulièrement sans être abonné. Donc, pensez bien à vous abonner, ça nous aide beaucoup pour le référencement. Je vous laisse.

11:41
Invité

Tout ce qui relève de la compréhension au sens propre, c'est-à-dire ce qu'on comprend du fait que nous sommes en situation. Et nous sommes en situation parce que nous sommes des êtres vivants, parce que nous sommes toujours affectés par le milieu dans lequel on se trouve, par la situation dans laquelle on se trouve. On comprend à partir de ce qu'on ressent, à partir de nos affects. C'est la thèse qui est magnifiquement développée dans un livre de Bruce Begout qui s'appelle « Le concept d'ambiance ». La compréhension suppose la physiologie, elle suppose le corps. Il y a quelque chose de l'ordre de l'intuition.

Il y a quelque chose qui n'est absolument pas formalisable, qui n'est pas numérisable. Et tout ça, l'intelligence artificielle, par conséquent, ça ne fait pas partie de ces datas. Elle n'est pas entraînée là-dessus et elle n'est pas capable de le faire. Vous le savez très bien, l'intelligence artificielle ne pense pas. Elle ne sait pas. Ou à la rigueur, on pourrait dire qu'elle sait dans la mesure où elle est capable de recracher une certaine quantité de données et de savoir. Pour autant que ce qu'elle dit correspond au fait. Mais elle ne comprend rien. Elle ne comprend rien. Elle ne sait pas interpréter non plus.

D'ailleurs, je dis « elle » par commodité, mais il n'y a personne, il ne s'agit pas d'un individu. Donc, en fait, que Tchad GPT soit capable de réaliser tout un nombre de tâches aujourd'hui plus rapidement et plus efficacement que nous, oui, c'est un fait. Et on le voit, il y a énormément d'emplois qui sont déjà en train d'être supprimés à cause de ça. Mais par contre, moi, ce qui me pose vraiment problème, c'est que la vision de l'homme, de l'être humain que vous véhiculez, je la trouve vraiment catastrophique. Et je ne sais pas si vous croyez vous-même à ce que vous dites, en fait. Je vous pose sincèrement la question, est-ce que vous croyez vous-même à ce que vous dites ?

Je pense qu'il est extrêmement dangereux pour l'avenir de nos enfants d'être en déni devant la croissance absolument gigantesque de l'intelligence et de la compréhension de l'intelligence artificielle. On peut chipoter à l'infini sur la définition de l'intelligence. Je constate que devant un dossier médical, Tchad GPT m'écrabouille. Je constate que devant l'analyse d'un dossier, pas seulement médical, Tchad GPT m'écrabouille. Je constate que Tchad GPT fait une quantité incroyable de choses, beaucoup mieux que je le fais moi. Donc oui, derrière, en tant que citoyen et en tant que père de famille nombreux, je me pose plein de questions sur l'adaptation de l'école à ce tsunami technologique.

Et ce qui m'affole en ce moment dans la mouvance académique, et je ne parle pas de toi, ce qui m'affole, c'est qu'on ne prenne pas conscience de cette rupture profonde avec l'arrivée de l'intelligence artificielle qui n'est pas un outil, qui en réalité est une nouvelle espèce intelligente. Et c'est comme ça qu'il faut le percevoir. Je partage tout à fait le point de vue de Geoffrey Hinton, le prix Nobel de physique 2024, quand il dit que l'intelligence artificielle, ça n'est pas un outil. C'est une véritable espèce pensante. Je pense que de refuser de regarder en face la réalité de ce que l'intelligence artificielle est en train de devenir, ça a deux conséquences.

Ça ne prépare pas nos gamins au futur et d'autre part, ça empêche de rénover l'université qui est en déni complet devant l'évolution de la technologie par son archaïsme et son corporatisme. Comment préparer au mieux l'université par rapport à ce que vous dites ? C'est extrêmement difficile. Comme je l'ai dit tout à l'heure, on a vraiment deux centres de formation d'un type totalement différent.

On a la formation des intelligences artificielles qui est une industrie ultra sophistiquée, très centralisée, pendant que la formation par l'université et l'école des cerveaux biologiques de nos gamins est très archaïque et très poussiéreuse et refuse de prendre en compte le nouvel équilibre des pouvoirs entre l'intelligence artificielle et nous humains. Et je suis convaincu malheureusement que l'université va mettre des années avant de reconnaître la réalité parce qu'elle n'a pas les outils intellectuels et philosophiques pour penser cette transformation radicale de ce qu'est l'intelligence sur Terre. Premièrement, ce n'est pas vrai. Je pense que l'université se pose la question.

Moi, je le sais, je travaille dans un institut d'études supérieures. Donc, on se pose la question simplement, l'université, précisément parce qu'elle n'est pas Facebook, qu'elle n'est pas Amazon, elle n'est pas mue par un idéal d'adaptation immédiate, de prise de décision au jour le jour et d'évolution constante. Et c'est tant mieux, c'est tant mieux. Je veux dire, ce serait une catastrophe que l'université. Mais en fait, vous voulez quoi ? Que l'université se remette en question à chaque fois que Sam Altman décide de sortir une nouvelle version de son chatbot. Exactement.

À chaque fois que l'intelligence artificielle progresse, l'université doit se remettre en question parce que les conditions de la complémentarité de nos gamins avec l'intelligence artificielle changent. Et donc, oui, quand la technologie galope, l'université doit galoper. Et ce que dit l'université aujourd'hui, c'est que l'université ne doit pas s'adapter au tsunami technologique. Eh bien, je dis que si l'université ne s'adapte pas au tsunami technologique, ce sont nos gamins qui vont payer l'addition. Mais croyez-moi, le monde que vous appelez de vos voeux, les gamins, ils vont payer l'addition aussi. Parce qu'en fait, la vie n'a plus aucun sens.

Moi, je vous ai écouté, je sais, je vous ai écouté non seulement ici, je vous ai écouté ailleurs. Est-ce que j'ai dit que j'étais satisfait du fait que l'intelligence artificielle nous dépasse ? Non, je n'ai jamais dit ça. Vous ne l'avez peut-être pas dit, mais en tout cas, c'est l'impression qu'on a. C'est un procès d'intention, je ne l'ai jamais dit. Alors, vous ne l'avez pas dit, très bien, vous ne l'avez pas dit. Mais en tout cas, moi, je pense que c'est très bien que l'université ne galope pas, comme vous dites. Et en plus de ça, il me semble qu'il y a une contradiction dans votre position elle-même.

C'est-à-dire que d'un côté, vous dites l'intelligence artificielle évolue à une vitesse folle et de manière exponentielle. Et d'un autre côté, vous dites l'université ne s'adapte pas. Mais en fait, s'il est vrai que la situation évolue à un tel rythme qui est proprement inhumain, on ne peut pas avancer au même rythme que le développement technique. Mais qu'est-ce que vous voulez que l'université fasse ? Moi, je pense qu'en fait, c'est presque tout le contraire qu'il faudrait faire. C'est précisément ne même pas chercher à jouer à ce jeu-là parce qu'il est perdu d'avance.

Il est perdu d'avance et je pense qu'il vaut mieux, plutôt que d'essayer de fabriquer des solutions qui seraient par définition, en vertu même de ce que vous dites, des définitions vouées à une obsolescence très proche, il faut au contraire justement former des esprits critiques qui soient à même de s'adapter à toutes les évolutions possibles. Ce qui va se passer, si l'école et l'université ne se modernisent pas en réponse au choc technologique, c'est que les enfants des classes moyennes et des classes populaires vont payer l'addition et vont en prendre plein la gueule pendant que les enfants de l'élite vont s'en sortir très très bien.

En ne modernisant pas l'école et en refusant la réalité de l'évolution technologique, on va faire payer les pots cassés aux enfants des classes moyennes et populaires et ça, moi, d'un point de vue politique, je trouve ça très triste.

18:33
Présentateur

Merci.

18:34
Invité

C'est sûr que l'université et l'éducation en général doivent s'adapter d'une manière ou d'une autre. Simplement, on n'est pas d'accord ni sur l'étendue de cette adaptation, c'est-à-dire que moi, quand j'entends Laurent Alexandre, j'ai l'impression qu'il aimerait que l'université se métamorphose maintenant parce que l'IA est ce qu'elle est, et ça je ne suis absolument pas d'accord. Mais par contre, oui, l'université doit faire des ajustements, elle n'a pas le choix. Racontez une anecdote que vous avez vécue qui nourrit votre pensée aujourd'hui.

Je débattais en Belgique avec le recteur d'une grande université et il m'explique qu'il n'utilise pas chaque GPT et qu'il ne voit pas à quoi l'utilisation de l'intelligence artificielle pourrait lui servir en tant que recteur d'une grande université. Et j'ai été choqué. J'ai été choqué intellectuellement, j'ai été choqué politiquement.

Car si les gens qui organisent le destin de l'université et donc une partie du destin de nos gamins ne s'intéressent pas à la technologie, ne regardent pas la technologie, ne tirent pas les conséquences du développement de la technologie dans l'évolution des méthodes pédagogiques d'une part et d'autre part dans les métiers auxquels l'école doit préparer nos enfants, ça va être absolument catastrophique.

Et donc j'ai vu, et c'était il y a quelques jours, j'ai touché du doigt en réalité cet archaïsme poussiéreux de l'université qui derrière les bons sentiments, qui derrière les déclarations humanistes, qui derrière les discours enflammés, antitechnologiques bien souvent, reste dans sa zone de confort et refuse de regarder la mutation technologique. Et j'ai été choqué parce que je ne pensais pas que l'université en était encore là. Qu'avant la sortie de ChatGPT 3.5, il y a exactement trois ans, l'université a tenu un tel discours, que ses dirigeants aient un tel retard par rapport aux mutations technologiques, soit.

Mais aujourd'hui, après trois années de développement des intelligences artificielles de la classe ChatGPT, j'ai été profondément choqué et je me suis posé beaucoup de questions. Pourquoi l'université est-elle si archaïque ? Pourquoi, alors qu'il y a des tas de gens de bonne volonté à l'université, elle refuse de regarder le réel ? Pourquoi son corporatisme l'empêche-t-elle de s'interroger sur les mutations de sa structure qui sont nécessaires pour le bien de nos gamins ? Pourquoi l'université, qui est peut-être la plus belle invention de l'Occident dans les années 1220 à Oxford, Bologne et Paris ? Pourquoi l'université est-elle en train de rater 800 ans plus tard le coche technologique ?

Ça me trouble beaucoup. Merci Laurent. Alors moi, je n'ai pas d'anecdotes personnelles, mais je préparais récemment un rapport justement sur l'avenir de l'université à l'ère de l'IA. Et pour préparer ce rapport, je suis tombé sur un article d'un chercheur américain qui s'appelle Graham Burnett, qui est professeur d'humanité justement. Et lui-même rapportait en fait deux anecdotes qui me semblent intéressantes parce qu'elles posent le problème sous deux ongles différents. Mais tu triches, là on doit parler d'une anecdote personnelle. C'est ce que j'ai à vous rapporter.

Et donc, la première c'était une étudiante qui expliquait à son enseignant qu'en faisant un devoir qu'il lui avait demandé de faire avec l'intelligence artificielle, c'était le but de l'exercice justement pour sensibiliser les étudiants à l'intelligence artificielle, elle s'était sentie dépassée par la machine, par la vitesse à laquelle la machine avait fait ce qu'elle devait faire. et elle avait manifesté une inquiétude quant à l'utilité même de ce qu'elle était en train d'apprendre.

Ce qui évidemment a suscité un questionnement chez l'enseignant qui n'a pas par ailleurs conclu son article sur un ton pessimiste et qui voit plutôt une opportunité de se réinventer justement par tout ce que l'IA a fait. Et l'autre anecdote, celle d'un étudiant, lui plutôt paresseux, qui se vantait, en tout cas qui admettait avoir fait faire son travail par Tchad GPT et qui se marrait en fait en racontant qu'il ne comprenait pas lui-même le travail qu'il avait rendu. Et ça, c'est ces deux cas de figure qui, à mon avis, font assez bien le tour de la question au niveau des enjeux auxquels l'université doit faire face aujourd'hui.

D'ailleurs, quand on interroge les enseignants, la première inquiétude qui manifeste, c'est toujours une inquiétude qui est relative au mode d'évaluation. Comment est-ce qu'on évalue un travail qui a été fait à la maison ? Comment est-ce qu'on fait le départ entre ce qui vient de l'étudiant, de l'élève ou ce qui vient de la machine, etc. Et puis l'autre question, et en fait elle débouche sur une question beaucoup plus fondamentale, c'est celle du sens. Celle du sens de l'activité humaine, celle du sens de ce qu'on fait.

Et le grand danger de l'idéologie utilitariste dans laquelle s'inscrit le développement de l'intelligence artificielle, c'est de nous faire perdre de vue la valeur anthropologique de l'effort et du travail. Et s'enthousiasmer d'une machine, du seul fait qu'elle est capable de faire les choses plus rapidement et plus efficacement, c'est faire peu de cas de la dignité humaine et de celle de l'existence. Merci à tous les deux. Alors, l'école d'aujourd'hui fabrique-t-elle des losers ? Ben non.

La question en fait, elle est assez symptomatique, parce qu'elle suppose qu'on évalue l'être humain sous le sol angle d'une forme de performance, et qu'il s'agit d'être un winner ou un loser, moi je ne sais pas exactement ce que c'est, ni l'un ni l'autre.

Je pense que l'école a pour vocation première d'apprendre à douter, et le maître, le rôle du maître, c'est non pas seulement d'instruire, de transmettre un savoir, parce qu'à ce moment-là, on pourrait dire effectivement, le tchat GPT finalement fait la même chose, on lui pose une question, il en ressort une réponse avec des informations, dans le meilleur des cas, les informations sont correctes, et si les informations sont correctes, on pourra dire que le sujet aura appris quelque chose. Mais l'enseignant, le maître, n'est pas seulement celui qui transmet une information, il est celui qui montre ce qu'on peut faire de l'information.

Le maître est celui qui introduit l'élève à la pratique de l'interprétation, de la mise en rapport, de la prise de conscience, de la complexité des choses, de la complexité des situations. C'est à ça que sert principalement, à mon sens, l'école, et c'est à ça que sert un enseignant. C'est pour ça que vous disiez tout à l'heure que tchat GPT est le meilleur professeur que vous avez jamais eu, je suis assez triste pour vous, parce que ce n'est pas un professeur, on ne peut absolument pas comparer ce que fait la machine avec ce que fait un enseignant.

Un enseignant incarne, un enseignant, il a une aura, un enseignant a presque plus d'impact par ce qu'il incarne, ou par ce qu'il essaye d'incarner, que par la quantité de son savoir brut. Et ce que l'école peut créer, peut susciter finalement de meilleurs, de plus beaux, c'est tout ce qui est ressorti à l'admiration, à l'émulation. Il n'y a pas un sentiment plus beau que d'admirer un professeur, par exemple. Or ça, tchat GPT, évidemment, ça ne risque pas d'arriver demain. Laurent, tu as déjà admiré un professeur ?

26:04
Présentateur

Pour répondre à ce qu'il dit, est-ce que tu as déjà admiré un professeur ?

26:08
Invité

J'admirais davantage mes professeurs du temps où je n'avais pas rencontré tchat GPT. Et je ne sais pas comment tu éduques tes enfants. Je n'ai pas d'enfants. Ah, c'est pour ça. D'accord. Parce que tu parles du système d'un point de vue corporatiste. Tu n'en parles pas par rapport à nos gamins. Or, l'école, elle n'est pas là. Ah, c'est ici ? Non, elle n'est pas là pour vivre dans son écosystème de façon corporatiste. L'école, elle est là pour apporter des chances supplémentaires à nos gamins. Et effectivement, le point de désaccord entre nous, il est que moi, je pense d'abord à mes gamins, je pense à mes enfants.

Et toi, tu penses d'abord au système parce que tu n'as pas encore ou tu ne veux pas d'enfants. Je ne sais pas. En tout cas, ce qui est clair, c'est que le rapport qu'on a à l'école, il est totalement différent selon qu'on a des gamins ou pas. Et que, effectivement, que l'école se modernise en un an, en cinquante ans, en mille ans, en un million d'années, on s'en tamponne quand on n'a pas d'enfants. Mais quand on a des enfants et qu'on veut leur donner le maximum de chance, parce que c'est bien ça, être un parent, on ne peut pas tolérer tous les arguments corporatistes pour que l'école ne change pas.

Et je comprends mieux ton rapport à l'école et la façon dont tu raisonnes par rapport à l'école. Et sans doute que si je n'étais pas père de famille nombreuse, je raisonnerais comme toi. Et je raisonnerais de façon corporatiste, au lieu de penser d'abord à l'avenir de nos gamins. Face au choc technologique, oui, il y a un risque que des enfants soient des losers. Oui, il y a un risque que l'école, au sens large du terme, ne les forme pas, de manière à ce qu'ils aient un métier, une dignité par le travail, une utilité sociale et qu'ils puissent comprendre le monde de demain qui va être ultra compliqué. Je ne dis pas du tout que l'école ne doit former que des professionnels.

Si je pensais ça, je n'aurais pas fait plusieurs grandes écoles comme j'ai fait en dehors de la chirurgie. C'est bien parce que j'attache une importance fondamentale à la dimension de formation intellectuelle de l'école, parce que je suis globalement un intellectuel et pas uniquement un chirurgien. Je ne vois pas que la mission professionnalisante de l'école, la dimension intellectuelle, elle est très importante. Mais justement, si l'université ne comprend pas la mutation qui est en place, elle ne va pas former nos gamins à pouvoir comprendre le monde très complexe et très changeant.

Ce qu'on doit apporter à nos gamins demain, c'est qu'ils arrivent à surfer sur le tsunami technologique sans en prendre plein la gueule, sans se faire défoncer la gueule par la vague, et qu'ils comprennent et qu'ils s'adaptent à ce monde qui va très vite. On peut dire, oui, mais les enfants n'ont pas à s'adapter au monde qui vient. Mais nos enfants, s'ils ne comprennent pas ce monde qui bouge sans arrêt à cause de la technologie, ils vont être noyés. Ils ne vont pas tellement être losers sur le plan professionnel, ils vont surtout être noyés. Ils ne vont pas comprendre ce qui se passe.

Et moi, j'attache beaucoup d'importance à la formation intellectuelle, à ce que j'appelle la technopolitique, c'est-à-dire la jonction de la technologie et de la politique. On rentre dans un monde qui va être fondamentalement technopolitique. Il va falloir rejoindre, regrouper à la fois la technologie et la politique, parce que la politique, de plus en plus, ça va être de dompter les intelligences artificielles, de les organiser, de les réguler, d'organiser les synergies entre l'intelligence humaine et l'intelligence artificielle. Et l'école, elle a un rôle technopolitique. Elle doit travailler justement à rendre nos enfants complémentaires de l'intelligence artificielle.

Ce qui passe par, si on veut éviter que nos enfants soient mes enfants actuels et tes futurs enfants soient des chômeurs de longue durée, il faut bien que l'école prépare nos enfants à un monde où l'intelligence artificielle, Mais je crois que je préfère que mon enfant soit un chômeur que l'esclave de l'intelligence artificielle. En fait, vous voulez qu'ils soient quoi, les enfants, exactement ? Et ce qui est important aujourd'hui, c'est que l'école aide nos enfants à orchestrer les intelligences artificielles. Nos enfants ont un rôle fondamental dans l'orchestration des intelligences artificielles, dans la chorégraphie des intelligences artificielles.

Mais moi, je ne veux pas que mon enfant soit le chorégraphe de l'intelligence artificielle. Si tu veux, évidemment que tu t'en fous. Mais je te promets que quand tu auras des enfants, tu changeras d'avis. Oui, c'est tout le problème. Déjà, vous vous trompez quand vous pensez que je ne m'inquiète pas de l'avenir des enfants que j'espère avoir un jour. C'est totalement faux, c'est tout le contraire. Simplement, on n'a pas la même idée de ce que c'est que de leur préparer un monde souhaitable, pour dire le moins. En fait, j'aimerais vous demander, qu'est-ce que vous attendez de l'université ? À quoi correspondrait, selon vous, une adaptation de l'université qui aurait votre assentiment ?

D'abord, l'université doit intégrer l'intelligence artificielle dans la pédagogie. L'IA est en train de devenir meilleure que les meilleurs médecins. Je ne me roule pas par terre en tant que médecin. J'ai passé 11 ans pour avoir la qualification en chirurgie générale. Je pourrais être profondément blessé et vexé, ça n'est pas le cas. J'accepte cette réalité. Je pense que les professeurs doivent faire la même chose. L'IA va être supérieur à tous les professeurs du monde. Ça ne veut pas dire qu'il n'y ait plus aucune place dans le système, c'est autre chose. Eh bien, il faut que les professeurs sortent de leur vexation, de leur humiliation et acceptent cet état de fait.

Derrière, il va falloir que l'université réfléchisse au type de métier que nos enfants vont avoir derrière. On ne peut pas se laver les mains de l'orientation de nos enfants. Il faut bien que l'école, au sens large du terme, fasse que nos enfants, demain, soient utiles avec l'intelligence artificielle. Alors, on peut dire qu'ils vont vivre dans une bulle éthérée, indépendamment du marché du travail et à côté de l'intelligence artificielle. C'est totalement impossible. Non, ce n'est pas possible. Tout à l'heure, tu as dit quelque chose qui m'a choqué. Tu as dit que l'IA n'est pas un bon coach, c'est quasiment ce que tu as dit. Elle n'est pas en réalité à la hauteur du professeur.

Est-ce que tu te sers du mode study and learn ? Non. Ah ben voilà. Non mais peu importe, il peut y avoir le mode study and learn 2000. Mais non, mais non, tu n'as jamais essayé study and learn. Mais je l'en fous de study and learn. Mais non, tu ne peux pas s'en foutre. C'est métaphysique. Non, attends, excuse-moi. La question, elle est métaphysique. De parler de l'IA et de l'éducation, quand on n'a pas essayé le mode study and learn de chat de GPT, c'est comme si le pape parlait du cunélingus. C'est pareil. Ça n'a aucune importance. C'est pareil. On ne peut pas discuter d'un sujet qu'on n'a pas testé. Je ne suis pas impressionné par le mode study and learn.

Tu vas voir ce soir, va essayer le mode study and learn de chat de GPT. Tu vas voir que chat de GPT est capable d'être engageant, d'être un coach et de structurer l'apprentissage. Tu n'as pas essayé, donc tu parles d'un sujet que tu ne connais pas. Non, mais parce que ce n'est pas la question. Je te promets que tu vas être bouleversé par la qualité du mode apprentissage de chat de GPT, qui effectivement se rapproche d'un enseignant, d'un professeur, d'un coach par sa capacité à entraîner dans un processus cognitif d'apprentissage les étudiants. Et tu vas apprendre plein de choses. Moi, je m'en sers pour moi et je m'en sers également pour mes gamins.

Tu vas voir que c'est extraordinaire et que le niveau de chat de GPT en tant qu'enseignant est bien plus avancé que tu penses parce que tu ne connais pas le mode study and learn. C'est un vrai sujet. Le problème de l'université, c'est qu'elle parle de l'IA alors qu'elle ne connaît pas l'IA. On ne peut pas parler d'école et d'IA quand on ne connaît pas le mode study and learn, qui est le cœur des méthodes d'apprentissage de l'IA aujourd'hui. Parler de l'IA quand on ne la connaît pas bien, c'est aussi bizarre que si le pape se mettait à parler du cunnilingus qu'il ne pratique pas, évidemment, compte tenu du vœu de chasteté qu'il a exécuté.

33:54
Présentateur

Sur la question du statut que procure l'école et de la légitimité des études, est-ce qu'aujourd'hui, ça apporte encore un certain statut d'avoir un diplôme ? En réalité, c'est pour ça que la question, c'était aussi, est-ce que ça produit des losers ? Parce qu'est-ce qu'un diplôme, de facto, on n'est pas un loser, on est quelqu'un qui a réussi sa vie avec un diplôme ?

34:12
Invité

Est-ce que la question, c'est est-ce que c'est comme ça que la société perçoit quelqu'un qui a un diplôme aujourd'hui ? Comme quelqu'un qui a une certaine valeur ? Mais comme toi aussi, tu le perçois ? Comment toi aussi, tu le perçois ? C'est quoi ta vision aussi sur le sujet ? Non, moi, j'attribue encore une valeur intrinsèque à un diplôme universitaire, quelle que soit la branche. J'attribue une valeur à l'effort qui a été fourni par quelqu'un pour suivre des études pendant plusieurs années. Il a passé des examens, il a suivi des cours, il a appris des choses. Et s'il a eu son diplôme, c'est qu'apparemment, ces choses, il les a apprises correctement. Et donc, ça, je le valorise.

De toute façon, je pense que c'est clair que la valeur des diplômes, après, de nouveau, on parle sans cesse de l'université comme si c'était un bloc homogène monolithique. Ce n'est pas le cas. Je veux dire, on ne peut pas comparer toutes les filières, toutes les branches. Elles n'ont pas toutes les mêmes vertus dans le monde du travail. Ça, c'est une évidence. Est-ce que l'intelligence artificielle va creuser l'écart entre des filières qui vont être davantage valorisées parce qu'elles vont avoir une connotation de retombée économique beaucoup plus importante que d'autres ?

Je sais que vous aimez vous moquer des études de sociologie parce que vous dites qu'elles ne servent à rien, finalement, qu'elles ne mènent à rien sur le monde du travail. Elles produisent beaucoup de chauffeurs Uber et de laveurs de carreaux, ce qui n'est pas l'objectif des études supérieures à l'origine. D'accord. Peut-être qu'elles produisent, par ailleurs, du savoir aussi, qu'on peut aussi valoriser, qu'on peut aussi vouloir valoriser. Je n'ai pas beaucoup vu ça dans les thèses de sociologie. Je ne veux pas non plus un monde où tout le monde est un Sam Altman ou un Elon Musk. Parce que je vous ai entendu dire quelque part que votre conseil aux jeunes, c'était de monter des startups.

C'est vrai ? C'est un bon conseil pour les gamins dynamiques. Il y a tellement de nouveaux métiers. Il y a tellement de nouveaux métiers. Tout le monde devient un startupeur. Tout le monde est entrepreneur et est à son compte. plutôt que d'être sous les ordres d'un patron. Un monde où on a un patron, je n'en veux pas. Grâce à l'intelligence artificielle, chaque gamin peut être auto-entrepreneur, peut monter une entreprise, un petit business, sans avoir un patron sur le dos. Moi, je ne supporterais pas 5 minutes d'avoir un patron sur le dos. Vous vendez du rêve. Je ne croyais pas vous-même. Tu me dis que les jeunes n'ont pas la capacité de monter leur petit business ? C'est ça que tu dis ?

C'est du mépris pour les jeunes. C'est du mépris pour les jeunes. Chaque gamin est capable de créer, un petit business grâce à l'intelligence artificielle et ne pas avoir de patron. Et un monde dans lequel les gens n'ont pas de patron, c'est pour moi une meilleure société que d'être l'esclave d'un patron et d'être sous la responsabilité d'un type qui te donne des ordres. Et donc, monter sa boîte avec l'IA, je trouve que c'est plus digne que d'être l'esclave d'un patron qui te donne des ordres. Oui, c'est ma conviction personnelle. D'accord, mais est-ce que vous pouvez concevoir qu'il y ait des gens qui aient d'autres projets de vie, d'autres désirs que de monter une start-up avec l'IA ?

D'être sous les ordres d'un patron ? Qui veut avoir un patron ? Moi, je ne connais personne qui veut un patron. C'est une relation du XXe siècle d'avoir un patron. C'est dépasser le patron. La relation entre l'esclave et le maître ou entre l'employé et le patron, c'est une vision complètement réactionnaire du XXe siècle. Le XXIe siècle n'est plus un monde où il y a des patrons et des esclaves. C'est un monde où chacun, grâce à l'IA, peut monter un petit business ou un moyen business. Et on n'a plus besoin de cette relation complètement archaïque des années 1800-1850, où il fallait dire « Oui, monsieur le maître. » « Oui, monsieur le patron.

» Non, l'IA permet de créer une société sans classe et une société sans patron. C'est complètement fou. Et ça, c'est vraiment l'avenir pour les jeunes. C'est beaucoup plus sympa que d'avoir un patron qui donne des ordres. Oui, en fait, ce que vous dites, c'est qu'on aura la liberté de nous adapter sans en avoir le choix aux décisions de Sam Altman et qu'on sort. C'est ça que vous appelez la liberté. Il vaut mieux être entrepreneur que sous les ordres d'un patron, je le pense vraiment. Et souhaiter pour les jeunes d'avoir forcément un patron. Franchement, je trouve ça pas cool. Non, mais vous ne croyez pas vous-même à ce que vous dites. Ce n'est pas possible. Bien sûr, je le crois.

Vous pensez que chaque individu peut devenir un entrepreneur. Exactement. Donc, la société est composée uniquement d'entrepreneurs. Et tous les entrepreneurs. Exactement. D'accord. Ok. Mais le pensée contraire est réactionnaire. D'accord. Je suis réactionnaire. Mais tu as le droit. La politisation détruit-elle le niveau des étudiants ? Je ne pense pas qu'elle la détruit. Mais je pense qu'effectivement, souvent, la politisation des étudiants va de pair avec un abaissement du niveau. Notamment parce que les étudiants très politisés s'intéressent davantage aux causes qu'ils défendent ou qu'ils combattent qu'à leurs études.

Et qu'ils confondent, en fait, qu'ils mêlent deux activités qui devraient, à mon avis, rester séparées. Donc, déjà, de ce point de vue-là, pour répondre très simplement, oui, je pense que la politisation peut nuire au niveau des étudiants. Maintenant, pour parler d'un cas que moi, je connais bien parce que je l'ai beaucoup traité, parce que j'en ai... Comment dire ? J'en ai vu les applications qu'il y a celui... Donc, je donne un exemple.

C'est celui de l'écriture inclusive qui est un cas de politisation du milieu universitaire, de la recherche des pratiques discursives à l'université et qui, à mon avis, effectivement, s'est accompagné, s'accompagne encore aujourd'hui d'une baisse, en l'occurrence, d'une baisse d'exigence linguistique. Et en fait, ce qui se passe, c'est que souvent, on sacrifie un idéal d'excellence, un idéal de justice qui, en tant que tel, évidemment, est louable, mais qui souvent est appliqué de façon assez maladroite. Bon, je me suis déjà expliqué sur ce sujet ailleurs. Vous pourrez voir sur ma chaîne. J'ai fait plusieurs vidéos sur le sujet. Un débat aussi sur le sujet.

Donc, je ne vais pas ici m'étaler trop là-dessus.

Mais je pense que l'écriture inclusive, par exemple, est un cas, justement, de démarches politiques militantes qui naient dans les milieux universitaires et qui résultent en un appauvrissement de l'intelligence qu'on a du langage en toutes sortes d'incompréhensions vis-à-vis de ce qu'est la langue, de comment la langue fonctionne, de qu'est-ce que la langue peut apporter, de qu'est-ce que la langue peut faire, de qu'est-ce que la langue ne peut pas faire et que tout cela a été source de beaucoup de confusion, est encore source de beaucoup de confusion, qu'elle ne résout absolument aucun problème, qu'elle crée des problèmes nouveaux et qu'elle, voilà, globalement, simplement, qu'elle, à mon avis, qu'elle reflète une démarche qui ne se distingue pas par une intelligence particulière.

Qu'est-ce que tu as pensé de cet échange ? Alors, il n'a pas très bien commencé, parce que le roi Alexandre n'a pas apprécié que je demande à ce qu'on se vouvoie. Il a considéré que c'était mal poli, moi je pense que c'est tout l'inverse, mais bon. Donc le début était un peu tendu, pas très agréable, pour dire la vérité, mais j'ai le sentiment qu'au fil de la discussion, ça s'est un peu détendu, j'ai même réussi à lui trouver une forme de sympathie. Je regrette un peu qu'on n'ait pas eu plus de temps sur certains sujets. Je pense qu'il y a certains sujets qui auraient mérité plus d'approfondissement, mais voilà. En gros, je suis plutôt satisfait.

Alors moi, je ne crois pas que la politique, les politiques identitaires vers Roll, l'université, je ne suis pas, je suis un libéral non-trumpiste, je ne pense pas que l'université est en train de mourir parce qu'il y a trop de méchants woke, que l'université a toujours été très politisée. L'université française, après mai 68, adorait l'image du Che Guevara, adorait Mao, l'université française a adoré l'ayatollah Roménie et Foucault, avant de mourir, l'idole de la gauche révolutionnaire, ne cessait de dire du bien de l'ayatollah Roménie et considérait que l'Iran était un modèle pour la France des années 80.

Et on a vu l'université soutenir Pol Pot avec Libération et plusieurs journaux à l'époque. Donc, ça n'est pas nouveau que l'université soit politisée, elle l'a toujours été. Elle l'a souvent été à pas bon escient de soutenir tous les tortionnaires, ça n'était pas très bien, de soutenir Staline pendant le goulag, ça n'était pas très bien, de soutenir Pol Pot et le massacre d'un tiers des Cambodgiens, ça n'était pas très bien non plus, mais l'université a fait tout cela. Je considère qu'aujourd'hui, l'université française soutient moins les dictateurs qu'elle les a soutenus entre 1945 et puis 1990 puisqu'elle a cessé de soutenir les dictateurs quand le mur de Berlin est tombé.

Ce n'est pas ça qui m'inquiète le plus. Ce qui m'inquiète le plus aujourd'hui, c'est que l'université est à la ramasse et vit au XXe siècle et n'est pas rentrée dans le XXIe siècle, mais je ne vais pas réouvrir le débat qu'on a eu tout à l'heure, toi et moi, et ça, ça m'inquiète beaucoup. Et, tu vois, on peut se moquer de la Silicon Valley, on peut se moquer comme sadin de ce techno-capitalisme autour des milliardaires de l'intelligence artificielle. Mais si on veut vraiment s'en moquer, si on veut avoir des contrepoids face à l'impérialisme de la Silicon Valley, il faut que l'université sorte du XXe siècle.

Et c'est mal quand on est un type intelligent comme toi, un académique influent, un intellectuel influent comme toi, de parler de l'université et de l'IA sans avoir testé le mode study and learn de Jade GPT. C'est mal. Non, ça montre que tu ne donnes pas à l'université les moyens intellectuels d'être un contre-pouvoir face au techno-capitalisme que Sadin et toi, vous dénoncez. Et finalement, le techno-capitalisme, les milliardaires de l'IA, ils gagnent comment ? Parce qu'il n'y a pas de contre-pouvoir. Il y a des contre-pouvoirs archaïques, poussiéreux, qui n'intègrent pas les nouveaux outils et qui ne les comprennent pas et qui ne les ont même pas essayés.

Et finalement, si vous étiez logique avec vous-même, Sadin et toi, vous apprendriez les nouveaux outils, vous auriez déjà essayé study and learn et vous utiliseriez ces outils pour être un contre-poids, un contre-pouvoir efficace. Et moi, en tant que libéral, même si nous ne partageons pas les mêmes idées, je veux des contre-pouvoirs. Je sais qu'il n'y a pas de système démocratique sans contre-pouvoir. Il faut toujours des contre-pouvoirs. Mais les contre-pouvoirs, ils sont cons, archaïques, ils ne connaissent pas bien l'IA, ils n'utilisent pas les nouveaux outils et ils parlent de sujets qu'ils connaissent mal et qu'ils n'ont pas expérimenté. Et ça, c'est mal.

Je veux des contre-pouvoirs intelligents face à la toute-puissance de la Silicon Valley. Malheureusement, en face de la Silicon Valley, on a des technophobes handicapés du mulot qui refusent de rentrer dans le nouveau siècle sur le plan technologique. Là, il y a une incohérence. Est-ce que c'est ça la politisation de l'université ? Vous ne pouvez pas gagner et être des contre-pouvoirs efficaces si vous continuez à être des archéos. Mais ce serait quoi un contre-pouvoir ? Défendre un point de vue différent du point de vue de la Silicon Valley. Et je pense qu'il faut des pouvoirs, des contre-pouvoirs face à la toute-puissance des maîtres de l'intelligence artificielle. Évidemment.

Vous n'avez pas l'impression que mon point de vue est différent de celui de la Silicon Valley ? C'est ce que je dis depuis cinq minutes. Un contre-pouvoir efficace, c'est quelqu'un qui s'oppose efficacement à l'idéologie de la Silicon Valley. Et je pense que les contre-pouvoirs sont nécessaires. J'aime beaucoup les universitaires. Et puis, comme j'ai fait beaucoup d'années d'études, je les ai beaucoup fréquentés. Les académiques, c'est toujours la même chose. Ils aiment beaucoup parler de sujets qu'ils ne connaissent pas. Ils parlent d'IA sans connaître les nouvelles versions. Mais en réalité, on voit bien ce qui nous a opposés. Moi, je raisonne en tant que père de famille nombreuse.

Et lui, il parle en tant que participant d'un système corporatiste qui veut évoluer à son rythme. Et moi, j'interdis à l'université d'évoluer à son rythme poussiéreux, archaïque et corporatiste. Parce que derrière, il y a l'avenir de nos gamins. D'accord, mais ce que je ne comprends pas, c'est quelle forme, dans votre idée, quelle forme prendrait ce contre-pouvoir ? Parce que visiblement, ce que Sadin et moi on incarne, ce n'est pas ça. Vous n'êtes pas des contre-pouvoirs efficaces parce que vous ne connaissez pas suffisamment bien ces outils. Or, on n'est pas un contre-pouvoir face à la cyclique de l'Icon Valley si on ne connaît pas bien les outils.

Mais ça n'a rien à voir avec une connaissance des outils. Vous réfléchissez de manière bornée, c'est-à-dire que vous croyez que tout l'enjeu de la question, c'est ce que j'ai utilisé ou non, le mode study and learn. Je ne suis pas d'accord, on ne fait pas de la chimie sans savoir ce qu'est l'atome, on ne fait pas de physique sans connaître les forces, on ne fait pas de mathématiques sans connaître les vecteurs et donc pour parler de l'IA, c'est mieux de connaître l'IA. Mais je la connais, l'IA, je la connais suffisamment bien, je sais à quoi ça ressemble. Tu ne connais pas toutes les innovations éducatives récentes, donc non, tu ne connais pas bien.

Mais ce n'est pas la question parce que les enjeux anthropologiques soulevés par l'IA ne dépendent pas de savoir si on a utilisé le dernier mode ou non, ça transcende tout ça. Mais absolument pas. Ce que je vous dis aujourd'hui, c'est valable. Aujourd'hui, ce sera valable dans 50 ans. Pour critiquer un outil efficacement et pour être un bon pouvoir efficace, vous ne vous situez pas à la mauvaise échelle. Vous avez la tête dans le guidon, le nez dans le chat GPT et vous pensez que les questions vont se régler en manipulant plus ou moins bien le chat GPT.

47:58
Présentateur

Est-ce qu'il y a un moment qui t'a marqué en particulier ?

48:00
Invité

Je crois que c'est cette histoire de study and learn qui m'a... Parce qu'à un moment donné, ça m'a vraiment fait réagir parce qu'en fait, je ne comprenais pas pourquoi il s'obstinait à me parler de ce mode qu'il voulait absolument que j'essaye.

Il ne comprend pas que la question métaphysique que pose l'intelligence artificielle, c'est-à-dire la distinction entre l'homme et la machine, en gros, et sur la base de cette question-là, on peut faire toutes sortes de développements passionnants, on peut parler du langage, il faut parler du langage, on peut parler de l'intersubjectivité, de ce que c'est que d'être un être de compréhension et je pense que l'être humain est fondamentalement un être de compréhension.

C'est la base de la pensée métaphysique et herméneutique et que par conséquent, en fait, la question posée à cette échelle, elle ne dépend absolument pas des développements techniques, des versions actuelles et futures de ChatGPT. Donc, en fait, ça m'est complètement égal qu'il y ait un mode study and learn, que le mode study and learn évolue, ça ne va rien changer à la question métaphysique elle-même et c'est ça que j'essayais de dire, de lui faire comprendre, je crois, sans succès. Pour parler de ChatGPT, c'est mieux de l'utiliser que d'avoir un gros retard dans la connaissance des outils, oui, je pense, franchement.

Mais vous comprenez que les enjeux propres à ces outils, dépassent le fonctionnement et le développement technique des outils eux-mêmes parce que les conséquences sont des conséquences cognitives. Il faut connaître la technique pour discuter des enjeux anthropologiques. Tout ce que j'ai dit est valable, que j'ai utilisé, le mode dont vous parlez ou non, ça ne change absolument rien. Ça ne change absolument rien. Mais franchement, je ne le pense pas. Vous avez tort. Ah mais tu as le droit d'être en désaccord avec moi et je suis en désaccord avec toi. C'est très bien.

Je dis juste que Sadin et toi, vous devriez vous approprier davantage la technologie, vous deviendriez des contre-pouvoirs plus efficaces que ce que vous êtes aujourd'hui. En devenant les tueriféraires de l'IA. Ce n'est pas ce que j'ai dit. C'est ce qui est impliqué par votre discours.

49:47
Présentateur

Tu me crois plus niais que je le suis. Merci d'avoir regardé la vidéo. Si vous êtes à ce moment-là, ce qui vous a plu, pensez bien à nous mettre un commentaire pour nous dire ce que vous avez pensé de ce nouveau format. Ça nous intéresse d'avoir vos retours et pour potentiellement le faire évoluer et voir ce qu'on peut améliorer. Je vous rappelle également que tous nos formats vidéo sont disponibles en format audio sur nos plateformes de podcast. Donc pensez bien aussi, si ça vous intéresse, à aller les voir là-bas. Nous, on se retrouve dès la semaine prochaine sur un sujet qui est plutôt similaire à celui-ci. Avec Eric Sadin, on parlera d'intelligence artificielle.

Lui est plutôt opposé à l'intelligence artificielle. J'ai hâte de vous montrer ça. Salut !