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Podcast / conversationBLAST (sur YouTube)· 15 avril 2022 22 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSécuritéEurope & international

DERRIÈRE LA DÉDIABOLISATION : LE TERRIBLE PROGRAMME DE MARINE LE PEN

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Marine Le PenFait
    « Nous sommes pour la priorité nationale. Nous sommes pour que les demandes d’asile soient effectuées dans les pays de départ et non plus sur notre sol. »
  • 11:00Gilles LebretonFait
    « Si la nouvelle Assemblée nous est hostile, nous changerons la loi électorale par un référendum organisé dès l’été prochain puis la présidente dissoudra l’assemblée. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il est 20 heures, voici notre estimation. En tête Jacques Chirac 20% des voix. Enorme surprise, Jean-Marie Le Pen semble devoir être le second avec 17% des voix.

Il est 20 heures, voici les résultats de ce premier tour. C’est Emmanuel Macron qui est arrivé en tête à 23,7%, Marine Le Pen est en deuxième position. Il est 20 heures, voici le résultat de ce premier tour.

En tête ce soir, Emmanuel Macron avec 28,1% devant Marine Le Pen. Depuis le choc du 21 avril 2002, la menace de l'extrême droite au pouvoir n’a jamais été aussi réelle. Rappelons ici qu’au premier tour, les droites radicales ont fait près de 32,3% des voix, du jamais vu sous la 5e République.

Marine Le Pen se qualifie pour le second tour avec plus de 8 millions de voix. Et si aujourd’hui Emmanuel Macron se place devant la candidate dans la plupart des sondages, ils sont en réalité bien incapables de prédire ce qu’il pourrait se passer le 24 avril. Étant donné l’incertitude et le désarroi dans lesquels se trouvent de nombreux électeurs et électrices.

La question que beaucoup se posent peut-être, Marine Le Pen est-elle d’extrême droite ? Au deuxième tour de cette élection on a une candidate d’extrême droite, Marine Le Pen. Elle est d’extrême droite ?

On peut le dire textuellement comme ça ? Alors, à l’heure où les chaînes d’informations en continu se demandent si Marine Le Pen est d'extrême droite, il nous semblait important chez Blast, de vous donner à voir, ce qu’impliquerait très concrètement, l’accession du Rassemblement National au pouvoir. Quel est le programme de Marine Le Pen ?

À quoi ressemblerait la France si elle était présidente ? C’est ce que nous allons voir dans cette vidéo. Et “spoiler alert” oui, Marine Le Pen est d'extrême droite.

Je considère qu’elle est d’extrême droite et ce qui est très intéressant c’est la manière dont les Français eux-mêmes la positionnent sur une échelle gauche, droite. Quand vous leur demandez sur une échelle de 0 à 10, 0 vous êtes très à gauche, 10 vous êtes très à droite, où est ce que vous positionnez non pas vous même mais les candidats, Marine Le Pen en moyenne elle est à 8,8. Donc elle est à l’extrême droite pour 65% des Français, y compris pour une partie de son propre électorat.

En préambule, je tenais à préciser une chose. Chez Blast, nous avons régulièrement commenté la politique d’Emmanuel Macron, qui en tant que président en exercice a un bilan à défendre, nous avons donc fait plusieurs vidéos de décryptage pour analyser ce bilan ce bilan en termes économiques, écologiques, sur les questions des libertés mais aussi sociales etc… Mais en cette période d’entre deux tours, il nous semblait essentiel de se pencher sur le projet politique de Marine Le Pen. Car sa candidature a été banalisée et normalisée par celle d’Eric Zemmour.

Et ce n’est pas anodin. Certaines émissions ont aussi contribué à rendre, la femme politique très sympathique et à presque en faire oublier son programme fondamentalement d’extrême droite, en mettant en avant sa passion pour les chats et son goût du jardinage. Je remarque que quand des gens ils prennent un chat, quand ils prennent un bébé, après ils disent : “Je pourrais pas m’en passer.” Moi non plus je ne peux pas m’en passer. “Miss bonne humeur” ça revient tout le temps.

Oui mais je suis une femme joyeuse. Moi j’aime rire, j’ai souvent le sourire aux lèvres, et quand je suis sur les plateaux de télévision je défends des idées j’ai l’image de quelqu’un de sévère, parfois même de dur. Mais c’est peut être vous aussi, vous dites, je sais pas quand vous passez la porte d’un studio de télé vous devez avancer vos idées peut-être que vous mettez l’armure aussi.

Peut-être que vous dites : “Allez Dark Vador on y va quoi”. Peut-être. Mais ce qui compte vraiment ce sont les idées.

Alors venons-y. Sur le livret que tous les électeurs ont reçu chez eux en vue du vote du premier tour. Marine Le Pen détaille son programme en 4 grands points : augmenter le pouvoir d’achat, relancer l’économie et défendre le modèle social, rétablir “votre” sécurité et stopper l’immigration, et faire respecter la France et les Français.

Sur cette double page choisie pour l’envoyer à 48 millions d’électeurs, on peut déjà noter qu’il n’y a absolument rien sur l’écologie, et vous savez que c’est mon sujet. À l'heure où le 6e rapport du GIEC est plus alarmant que jamais et appelle à prendre des mesures immédiates et dans tous les secteurs pour garantir un avenir vivable à toute l’humanité. Pour Marine Le Pen, l'écologie n’est pas une priorité.

Si le programme détaillé lui parle d’écologie, il n’est absolument pas à la hauteur du défi. Bien que la candidate ait précisé récemment qu’elle ne sortirait pas de l’accord de Paris, selon la plupart des analyses et comparateurs de programme, ses mesures sont contraires à cet accord. Si beaucoup sont jugées insuffisantes, certaines sont même considérées comme défavorables.

Elles ne permettent pas d’abandonner les énergies fossiles et risquent même d’augmenter nos émissions de gaz à effet de serre. À la veille du premier tour, nos confrères de Mediapart ont demandé à une douzaine de représentants de la société civile de décrire les dégâts que produirait une présidence d’extrême droite. Et le résultat est vertigineux à tous les niveaux.

Nathalie Tehio, avocate et membre du bureau de la Ligue des droits de l’homme déclare : “Le cadre d’un État de droit est menacé. Leur logique, c’est de s’affranchir de toute garantie et de recours possible aux juges. C’est l’instauration d’un État policier, où la police détermine ce qu’elle peut faire”.

Marine Le Pen veut non seulement augmenter le nombre de policiers et de gendarmes, mais surtout leur donner plus de pouvoirs. Par exemple avec la “présomption de légitime défense des policiers” , les policiers pourront s’affranchir des conditions qui encadrent l’usage de leur arme ou de la force en général. Les familles de victimes de violences policières pourraient donc ne plus pouvoir porter plainte contre les policiers.

Rappelons ici, que Marine Le Pen a déclaré qu’il n’y avait pas de problèmes de violences policières après le mouvement des gilets jaunes. La candidate veut aussi donner la possibilité aux policiers de porter plainte pour des attaques dont ils seraient victimes, tout en gardant leur anonymat. Ainsi la personne mise en cause n’aura pas la possibilité de vérifier la véracité des faits qui lui sont reprochés.

Nathalie Thelio le résume ainsi : “Vous pourrez prendre 5 ans de prison ferme pour avoir poussé un policier dont vous ignorerez même l’identité.” Au niveau démocratique, le programme de Marine Le Pen est extrêmement alarmant. Beaucoup d’analystes parlent de coup de force contre les institutions, la démocratie et l’Etat de droit.

Prenons par exemple, la question très actuelle des législatives, car si elle est élue Marine Le Pen pourrait ne pas avoir de majorité lors des élections de juin prochain. Pourtant cela ne semble pas lui poser de problème, puisqu’elle compte bien le contourner. “Si la nouvelle Assemblée nous est hostile, nous changerons la loi électorale, par un référendum organisé dès l’été prochain puis la présidente dissoudra l’assemblée” a déclaré Gilles Lebreton, ambassadeur de la candidate et député européen du Rassemblement national.

Marine Le Pen prévoit donc de proposer par référendum l’instauration de la proportionnelle intégrale. À priori pourquoi pas. Mais, là où c’est dangereux c’est que la candidate veut y ajouter une prime majoritaire.

En gros, pour éviter une assemblée trop morcelée, sa proposition de scrutin à la proportionnelle prévoit une prime au vainqueur de 30%. Donc, si par exemple, le Rassemblement national arrive en tête avec 26% des voix, il disposera de 56% des sièges à l’Assemblée Nationale… Un hold up qui s’inscrit dans la tradition antidémocratique de l’extrême droite. Marine Le Pen entend aussi renouer avec la tradition plébiscitaire en gouvernant par référendum pour donner l’illusion de plus de démocratie alors qu’il s’agit en réalité de la contourner.

La candidate parle de révolution référendaire et a également proposé l’instauration du référendum d’initiative citoyenne en abaissant à 500 000 électeurs la barre de déclenchement d’un référendum. Une révolution référendaire qui inquiète Jean Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite : “La tradition plébiscitaire est tout sauf démocratique puisqu’elle établit un lien direct entre le dirigeant et le peuple en écrasant l’espace des corps intermédiaires, du Parlement, des partis politiques, des associations, c’est-à-dire tout ce qui fait le tissu social. Le “peuple” est aussi appelé à s’exprimer dans le cadre d’une question posée de façon binaire à laquelle il ne peut répondre que par oui ou par non.” Dans une tribune au monde 4 professeurs de droit public alertent face au recours au référendum pour imposer le principe de la priorité nationale envisagé par la candidate : “Ce projet politique consistant à violer la Constitution pour y inscrire, en faisant appel au référendum, l’idéologie nationaliste d’extrême droite portée par le Rassemblement National en dit long sur la manière dont madame Le Pen envisage son accession à la tête de l’Etat.” Ils ajoutent : “Le respect du droit, en tout ce qu’il commande, est le seul rempart de nos libertés et de nos valeurs, telles que les consacre la Constitution”.

Enfin ils s’inquiètent face à la volonté de la candidate d’attaquer l’Etat de droit, comme l’ont fait, ailleurs en Europe, les dirigeants hongrois et polonais” Rappelons que Marine Le Pen, et son parti ont maintes fois montré leur mépris pour les contre pouvoirs tels que les syndicats, les associations ou la presse. Médiapart n’a pas été accrédité à ses meetings pendant longtemps, Libération est parfois laissé à la porte, et les journalistes de Quotidien n’y ont carrément pas accès. Et nous non plus !

Ecoutez, Quotidien me suit dans tous mes déplacements, etc, mais en l’espèce que je ne l’accrédite pas dans mes conférences de presse, dans mon QG, pour une raison simple c’est que je considère que ce ne sont pas des journalistes, je considère que c’est une émission qui est une émission de divertissement. C’est vous madame qui décidez de qui est journaliste ou pas ? Oui, je suis chez moi.

Quand vous serez présidente c’est vous qui déciderez qui est journaliste ou pas ? Vous savez je suis chez moi, donc, dans mon QG, et dans mon mouvement, monsieur de Libération qui a toujours été accueilli en toutes circonstances. Voilà… Oui mais bien sûr mais cela fait des années..

Ca fait des années, si si c’est moi, c’est moi qui décide. Au soir du premier tour, Marine Le Pen a prononcé un discours en faveur de la justice sociale, clin d'œil à peine voilé aux électeurs et électrices de Jean Luc Mélenchon, mais qu’en est il vraiment ? Pour se distinguer d'Emmanuel Macron, elle a beaucoup insisté sur la question du pouvoir d'achat, préoccupation principale des Français en cette période d'inflation.

La candidate se donne “l’objectif de redonner entre 150 et 200 euros par mois, par ménage, de pouvoir d’achat”. Ses propositions consistent en une baisse de la fiscalité, et notamment de la TVA. Marine Le Pen promet ainsi une TVA à taux 0 sur un panier de produits de première nécessité.

Sauf que les répercussions d’une telle taxe serait en réalité très faibles pour les ménages les plus précaires. En fait l’institut des politiques publiques s’est rendu compte que dans le meilleur des cas 10% de la baisse est vraiment répercutée sur le prix. Ça veut dire que le cabinet Asteres a calculé que cette baisse, en prenant un panier un peu arbitraire, la baisse de TVA représenterait 133 euros de gain par année et par ménage, si elle est intégralement répercutée.

Et s’il n’y a que 10% c’est 13 euros par an et par ménage. Je dois dire que c’est un peu l’épaisseur du trait. Cette TVA à taux zéro qui s’appliquerait à tous, rapporterait 13 euros par an en moyenne pour les Français, 9 euros par an pour les plus modestes et 19 euros par an pour les plus aisés.

Et la mesure coûterait 3,8 milliards d’euros à l'Etat soit l'équivalent du budget du ministère de la Culture. Dans la même veine, la candidate propose d'abaisser la TVA sur les produits énergétiques, et notamment le carburant, de 20% à 5,5%. Une mesure qui aurait un effet positif à court terme sur le pouvoir d’achat mais qui nous enfermerait dans une consommation en hausse et serait donc à terme mauvaise pour le pouvoir d’achat selon le Think Tank Terra Nova.

Il conclut “cette crise des énergies fossiles ne ferait que s’empirer sous son mandat pour le plus grand bonheur des pays producteurs de gaz et de pétrole”. Pour Pascale Hebel, économiste et spécialiste de la consommation, les promesses de Marine Le Pen sont insuffisamment ciblées et donc peu efficaces. En effet, toutes ces mesures bénéficieraient aussi bien aux ménages les plus aisés qu’aux plus précaires.

Il conclut : “Ces mesures ont un coût énorme et ne diminuent pas les inégalités”. Le programme de Marine Le Pen sur le plan social c’est fondamentalement une imposture. Par exemple quand elle propose d’exempter la résidence principale de l’impôt sur la fortune immobilière, ça veut dire que les personnes qui ont un château à Saint Cloud comme la famille Le Pen depuis un certain temps qui peut valoir 5 millions, 10 millions d’euros, vont avoir une énorme baisse d’impôt sur la fortune immobilière alors que les Français vont connaître des hausses de taxes foncières.

Parce que vous savez le plus gros impôt sur le patrimoine ce sont tous les gens qui ont des petits patrimoines, qui sont souvent endettés, et eux leur taxe foncière augmente d’année en année et tout le monde s’en contrefout. Donc il y a une imposture sur le plan social de Marine Le Pen qui pour moi ne fait aucun doute. Venons en aux droits des étrangers.

Si vous êtes présidente Marine, je dois faire ma valise ou pas. Pour aller où ? Vous vous rendez compte que vous faites peur parfois ?

Ce que je comprends c’est que la caricature qui est faite du Front National, effectivement ça fiche la trouille. Marine Le Pen a parlé d’immigration avec beaucoup de sérieux. Elle a proposé notamment un référendum sur l’immigration qui pose la question, et finalement de la suppression du droit du sol.

Effectivement, nous sommes pour la priorité nationale. Nous sommes pour que les demandes d’asile soient effectuées dans les pays de départ et non plus sur notre sol, effectivement. Nous sommes pour expulser les délinquants et criminels étrangers, effectivement.

Mais dehors ! Dehors ! Ce que propose concrètement Marine Le Pen est de limiter à l’extrême l’immigration ce qui générera un climat de peur et d’insécurité déjà existant pour les étrangers vivants en France.

Son projet de “préférence nationale” n’est rien d’autre qu’une discrimination légale assumée entre nationaux et étrangers pour accéder à l’emploi, à la fonction publique, au logement social, à l’hôpital ou aux prestations sociales… Pour cela, la première mesure de la candidate sera de soumettre par référendum un projet de loi, déjà rédigé, sur l’immigration et l’identité, et qui guide sa politique. L'objectif : vider de son contenu une partie du préambule de la Constitution de 1946 et modifier au moins 6 articles de la Constitution de 1958… Comment ? Comme expliqué plus tôt, via référendum.

Et pour cela, la candidate se base sur le précédent de 1962, qui avait permis au général de Gaulle de modifier la Constitution pour faire élire le président de la République au suffrage universel direct. Sauf qu’à l’époque, le général avait utilisé l’article 11 de la Constitution pour le faire et contourner le Sénat ce qui est vu comme clairement inconstitutionnel et donc anti démocratique. “Ce que Marine Le Pen propose, c’est une sorte de coup d’Etat !”, s’est indigné le constitutionnaliste Dominique Rousseau.

Sans tenir compte des engagements internationaux de la France, Marine Le Pen veut restreindre de 75% les arrivées liées à la vie familiale et au droit d’asile. Parmi ses principales mesures, on peut citer la fin de l’automaticité du regroupement familial et de l’acquisition automatique de la nationalité française par mariage, la réduction du nombre de naturalisations, l’impossibilité de régulariser les personnes en situation irrégulière. Le droit d’asile serait vidé de sa substance puisque la candidate veut que les demandes soient traitées dans d’autres pays et le droit du sol serait aussi remis en question.

Dans les colonnes de Mediapart, Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale de La Cimade, déclare : “Cela mènerait à une fracturation accrue de la société, à des tensions sociales toujours plus exacerbées et à des régressions sociales et démocratiques majeures pour des millions de personnes”. Interdire ce voile dans l'espace public ? Le sanctionner d’une amende ?

Oui, c’est un petit peu comme quand on nous a forcé à mettre le masque, quand on le mettait pas on avait une amende oui. Marine Le Pen qui qualifie le voile d’uniforme islamiste, compte également l’interdire dans la rue. Là, encore la candidate fait un amalgame nauséabond entre musulmans et islamistes.

Donc très concrètement, si Marine Le Pen est élue, demain une femme portant le voile dans la rue, devra payer une contravention. On aura une contravention de la même manière qu’il est interdit de ne pas mettre sa ceinture de sécurité, et il me semble que la police arrive très bien à faire appliquer cette mesure. Madame Le Pen vous vous trompez, le voile d’aujourd’hui, je vous invite à sortir dans la rue, d’aller dans des villes où il y a un certain nombre de gens issus de l’immigration et qui sont musulmans.

Excusez moi mais moi je vois tous les jours des jeunes femmes porter le voile où c’est moulant, où c’est très coloré. Je n’ai pas du tout l’impression qu’elles sont forcées à le porter, et que ce ne soit pas leur propre décision. Marine Le Pen met souvent en avant le fait qu’elle est une femme et va même jusqu’à se dire “féministe”.

Pourtant la version courte de son programme ne mentionne pas le mot “femme” et parmi les 16 livrets thématiques qui le détaille, aucun ne se concentre sur les droits des femmes. La candidate du rassemblement National apparaît plus inspirée par les questions liées à la Famille et à la natalité. Elle y écrit : “J’assume très clairement faire le choix de la natalité, celui de la continuité de la nation et de la transmission de notre civilisation grâce à notre modèle familial.

Il s’agit d’inciter les familles françaises à concevoir plus d’enfants.” Que propose la candidate ? Rien de très concret.

Sur la lutte contre les violences conjugales, elle appelle à ce que les jugements soient rapides et les mesures de protection “efficaces”. Mais ne donne aucune mesure concrète en termes de prévention, de formation, de protection et de prise en charge des victimes. La candidate aborde aussi la question du harcèlement de rue.

Et propose un durcissement des sanctions avec l’inscription des personnes condamnées pour outrage sexiste “au fichier des criminels et délinquants sexuels”. Et ce flou n’est pas étonnant, Marine Le Pen ne s’est jamais préoccupée des droits des femmes et a d’ailleurs œuvré contre toutes les formes d’émancipation des femmes, à commencer par leur droit à disposer de leur corps. En 2012, lors de sa première campagne présidentielle, Marine Le Pen souhaitait dérembourser l’IVG, et évoquait des "avortements de confort".

L’avortement de confort qui est un terme qui a scandalisé tout le monde qui est pourtant un terme utilisé par les médecins, semble se multiplier. Et ce qu’on appelle les avortements répétitifs, c'est-à-dire deux fois, trois fois. Il y avait une femme sur 10 il y a 10 ans, il y en a deux sur 10 aujourd’hui qui se servent de l’avortement comme un véritable moyen contraceptif.

Aujourd’hui elle affirme ne plus être contre l’IVG, mais se dit défavorable à l'allongement de la durée de l'interruption volontaire de grossesse de 12 à 14 semaines qui a pourtant été adoptée en mars 2022. En tant que député européenne puis nationale, Marine Le Pen a systématiquement voté contre toutes les mesures visant à promouvoir l’égalité femme homme. Marine Le Pen se défend aujourd’hui de remettre en cause le PACS, qu’elle voulait supprimer en 2016, elle qui s’opposait aussi au mariage pour tous.

Vous assiteriez à un mariage homosexuel si des amis à vous étaient concernés ? Moi je suis contre le mariage homosexuel. Non, probablement, je n’irai pas.

Elle reste toujours, aujourd’hui, contre l’adoption pour les couples de même sexe. Et pour ce qui est de la procréation médicalement assistée, elle voulait la réserver aux seuls cas d’infertilité des couples hétérosexuels et exclure les couples de femmes. Mais maintenant que la loi est votée, elle a déclaré récemment : “La société la réclame, je n’ai pas vocation à m’y opposer, je ne pense pas qu’un enfant élevé par deux femmes soit moins bien élevé qu’un autre.” Par ailleurs, les associations LGBTQIA+ s’inquiètent des conséquences qu’auraient l’accession de l'extrême droite au pouvoir.

Rappelons qu’aux élections régionales de juin 2021, le RN avait publié un livret qui projetait de supprimer les subventions aux associations “très orientées sur le vivre-ensemble et les discriminations” en d’autres mots les associations qui sensibilisent à l’égalité de genre, luttent contre le racisme et l’homophobie ou assistent les immigrés. Enfin je pourrais aussi vous parler d’international, et de la complaisance de Marine le Pen avec les dictateurs dénoncés récemment par une militante qui a fait irruption dans un de ses meetings. On a voulu juste rappeler qu’en fait Marine Le Pen présidente ce serait pas du tout la même position par rapport à l’Ukraine, ce serait pas du tout la même position par rapport à la Russie.

Et là dans cet entre deux tours on n’a un peu l’impression que Macron ou Le Pen c’est la même chose, que c’est soit l’ultralibéralisme, soit le racisme. En fait non avec Le Pen on aura l’ultralibéralisme et le racisme. On a besoin là dans cet entre deux tous de rappeler le danger qu’est le Front National.

Poutine, assassin ! Le Pen, complice ! Rappelons que Marine le Pen pose avec Vladimir Poutine dans un de ses tracts de campagne, qui avait été imprimé avant l’invasion de l’Ukraine, pour montrer sa “stature internationale”.

Cette relation avec Poutine, Benjamin Jung l’a traité pour Blast. La candidate RN veut sortir du commandement intégré de l'OTAN et prône un rapprochement stratégique de l’OTAN avec la Russie. Elle a d’ailleurs déclaré qu’elle jugeait la diplomatie de l'administration Biden “trop agressive à l'égard de Pékin”.

Et “ne souscrit pas au catastrophisme climatique”. Voilà ce que déclarait la candidate en 2017 : Au niveau européen, n’oublions pas que Marine Le Pen cultive depuis longtemps ses relations avec ses alliés les partis populistes, souverainistes et d’extrême droite, avec qui elle travaille à constituer un grand groupe au Parlement européen. Par ailleurs, si Marine Le Pen a renoncé au Frexit qu’elle prônait en 2017.

Elle envisage bien, comme le propose son projet de référendum, d’”engager une renégociation de nombreux textes de droit dérivé, voire des traités eux-mêmes” autrement la majeure partie de son programme ne serait pas applicable. Elle veut également s’extraire de certains avis et articles de la Convention Européenne des droits de l’homme pour pouvoir par exemple renvoyer les étrangers dans des pays où ils risquent la mort. Si elle le faisait, la France rejoindrait le club des Etats qui ne respectent pas les arrêts de Strasbourg, comme l’Azerbaïdjan, la Turquie ou la Russie.

C’est la fin de ce décryptage. Je n’ai malheureusement pas pu être exhaustive mais je vous mets comme d'habitude plusieurs liens vers des articles et analyses pour aller plus loin juste en dessous. J’espère que cette vidéo vous a été utile pour comprendre ce que signifierait l'extrême droite au pouvoir.

Car oui, Marine Le Pen est d’extrême droite. Pour que cette vidéo soit la plus vue possible, n'oubliez pas comme d'habitude, de prendre un moment pour la liker, la partager, la commenter et vous abonner à notre chaîne youtube. Je vous le rappelle, l’existence de Blast dépend de vous alors si vous le pouvez, soutenez nous sur blast-info.fr.

À très vite sur Blast.