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interviewLe Média (sur YouTube)· 11 février 2026 20 min

COMMENT MACRON VERROUILLE LES INSTITUTIONS : L'ÉTRANGE NOMINATION DE MONTCHALIN

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ouh, on en a chié avec le budget cette année hein. Oh mais parle pas. Ah la vache !

Petit causer avec le PS, c'est long hein. Enfin bon, on a réussi enfin coup de bol et puis alors Amélie qui part à la cour des comptes. Ah ça c'est la bonne nouvelle.

Ça c'est pratique hein. Tu sais quoi à Amélie ? Cheers !

Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le mercredi 11 février et le destin d'Amélie de Montchalin vient de basculer. L'actuel ministre du budget quitte Bery pour la cour des comptes et pas à n'importe quel poste puisqu'à seulement 40 ans, elle en prend la tête, succédant ainsi à Pierre Moscovici et en prime, elle pourrait y rester jusqu'à ses 68 ans.

Bah ouais, le poste est inamovible. Et tout ça, c'est grâce à Emmanuel Macron en personne. Le président a en effet usé de son pouvoir de nomination comme il en a parfaitement le droit.

Jusqu'ici tout va bien. Là où ça coince, c'est sur le casting. Bonjour monsieur.

Ah, bonjour madame. Depuis la gauche jusqu'au rassemblement national, évidemment sans compter sur le fameux bloc central, tout le monde s'étrangle. Comment Amélie de Montchalin qui a préparé et défendu le budget pendant des mois, va-t-elle pouvoir devenir la contrôleuse en chef des comptes publics ?

Comment va-t-elle objectivement pouvoir évaluer sa propre copie d'ici quelques semaines ? On se le demande et on n'est pas les seuls. Je suis scandalisée par cette nomination.

Elle devra évaluer le budget qu'elle a fait elle-même voter. On a là un scandale vraiment démocratique. Cette République des copains est insupportable.

Il y a quand même quelque chose dans le macronisme de particulier. C'est des gens qui quand ils perdent les élections s'accrochent au pouvoir et c'est des gens qui organisent le fait de rester au pouvoir même quand ils n'y seront plus. Elles pourrai rester aujourd'hui 28 ans en fonction.

Comment ne pas s'interroger sur un cas de nassage des institutions indépendantes avant 202 ? Alors, on l'a dit, les oppositions sont dans tous leurs états et pour cause passer de Bercy à la cour des comptes, c'est tout simplement inédit. Ça n'est tout bonnement jamais arrivé.

Ce serait un peu comme si un joueur devenait soudainement arbitre en plein match. La situation serait un peu ubesque, vous en conviendrez. Alors, en général, la pratique veut qu'on nomme un membre de l'opposition à ce poste stratégique.

C'est déjà un peu plus fairplay. Pour mémoire, la Cour des comptes, c'est l'institution chargée de contrôler l'usage de l'argent public, celui qui vient donc de la poche des Français et que l'État, les ministères et autres collectivités dépensent parfois avec une créativité confondante. Elle épluche les comptes, traque les irrégularités et publie donc des rapports parfois sévères qui mettent en lumière les potentiels abus.

Alors, la Cour des comptes, elle ne gouverne pas, elle ne vote pas de loi, elle ne renverse personne en tant que telle, mais néanmoins, ces observations peuvent quand même égratigner euh sérieusement l'image du pouvoir en place, voir euh le prendre la main dans le sac. Et c'est précisément là où on peut s'interroger sur la pertinence de la nomination d'Amélie de Montchalin, macroniste purju et ancienne ministre. Donc à la tête de cette institution pensée comme un contrepouvoir.

En tout cas pour le gouvernement, pas de panique, tout va bien. L'indépendance de l'institution est garantie, promis juré. On écoute Maud Brégeon, la porte-parole du gouvernement, défendre sa collègue ministre hier à l'Assemblée.

Amélie de Monchalin sera première présidente de la Cour des comptes, mais elle travaillera au quotidien avec h présidents. C'est ce qui font de la collégialité des choix qui sont faits, la collégialité des débats qui auront lieu. Et par ailleurs, vous le savez, vous l'avez vu au cours des débats ici au Parlement sur le budget, Amilie de Monchalin a largement démontré qu'elle le vrai pour l'État, uniquement pour l'État et pas pour les intérêts partisans.

Elle n'a jamais hésité, y compris quand c'était douloureux, à dire la vérité sur les chiffres, à dire la vérité sur les comptes et elle continuera de le faire demain en tant que première vice-présidente de la Cour des comptes. Je vous remercie. Bon, vous noterez quand même au passage que dans la France de Macron, selon donc Maud Brégeon, on devrait se réjouir d'avoir une ministre du budget qui dit la vérité sur les chiffres et les comptes.

Ah bah moi, je trouve que ça en dit long sur la relation des macronistes à la vérité et à la démocratie au passage. Bref, alors pour faire diversion, les alliés d'Emmanuel Macron ont trouvé un bel écran de fumée. Plutôt que de répondre sur le fond des attaques et des accusations, les macronistes ont leur petites parades.

Je vous propose d'écouter Yel Bron PV. Vous allez vite comprendre de quoi je parle. Pour une fois, le président de la République m'aura écouté parce que je voulais absolument qu'il nomme une femme.

Figurez-vous que la Cour des contes, alors c'est pas mon choix particulier, mais moi je voulais qu'il nomme une femme. C'est la Cour des comptes est une institution qui n'a jamais été présidée par une femme depuis qu'elle existe. Ça fait plus de 200 ans.

Et donc en fait moi je suis l'asse de cette République où les femmes n'ont pas toutes leur place. avouer que c'est quand même habile. On sent les années d'expérience en politique.

Quand on lui pose la question de l'indépendance d'Amélie de Montchalin, la présidente macroniste de l'Assemblée nationale noie le poisson en célébrant le fait qu'elle soit une femme oh là là quel progressiste cet Emmanuel Macron. Il a nommé une femme jeune qui plususait à la tête d'une institution de vieux bons hommes. Heureusement qu'il est là pour enfin faire changer les choses.

Et c'est vrai d'un sens que c'est une bonne chose de voir une femme accéder à telle fonction, on est bien d'accord. Mais ça n'est pas censé éclipser le reste. D'ailleurs, c'est une drôle de conception du féminisme si vous voulez mon avis.

En revanche, c'est définitivement une bonne maîtrise de la langue de bois, ça c'est certain. Alors si les macronistes montent au créneau, c'est pas pour rien. Il protège évidemment le grand patron qui est quand même un peu en rou libre en ce moment.

Au crépuscule de son règne, sans majorité ni réelle perspective, Emmanuel Macron débusque le pouvoir là où il se trouve encore. La Constitution lui donne effectivement le droit de nommer des gens à sa guise. Alors, il ne gêne pas.

Il recase tous les copains à tour de bras. Alors, on se souvient euh ça avait déjà fait jaser l'an passé, le président qui avait placé un fidèle parmi les fidèles, Richard Ferrand, à la présidence du Conseil constitutionnel. Cette désignation avait quelque peu inquiété, notamment en raison du CV de journalistes et de communiquants de Ferrand.

Habituellement, la place revient plutôt à des juristes. Finalement, le parlement s'était exprimé, c'est déjà une bonne chose et il a validé cette nomination. Mais de justesse toutefois à 58 voix pour et 39 contre.

Mais attention euh c'est un seuil des 3/5e des suffrages exprimés qui est nécessaire pour bloquer une nomination. Et donc là, elle est manquée à un seul vote contre. À l'époque la gauche et les Républicains avaient dénoncé une nomination obtenue grâce à l'abstention bienveillante et complice de l'UDR de Coti et du Rassemblement national.

Mais Emmanuel Macron semble avoir décidé d'accélérer le calendrier des ressources humaines. Cette semaine, en plus de Montchalin. On a appris que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroi de Galot, quitterait son poste avant même l'échéance normale de la fin de son mandat.

Ce sera en juin prochain. Difficile d'y voir un simple hasard de calendrier. La démission à tout d'une stratégie politique soigneusement cousumain.

L'idée serait en réalité de verrouiller la nomination de son successeur juste avant l'élection présidentielle en 2027. Donc histoire d'éviter qu'un éventuel pouvoir Ren ne mette la main sur l'institution monétaire au cas où Marine Le Pen ou Jordan Bardella franchirait les portes de l'Élysée. Le principal intéressé quant à lui assure évidemment avoir agi en toute indépendance.

Reste quand même que le timing lui ressemble à si méprendre à une petite fleur faite à Emmanuel Macron. D'ailleurs, au hasard, c'est le nom d'Emmanuel Moulin, l'actuel secrétaire général de l'Élysée qui circule pour succéder à Villeroi de Gallot à la Banque de France. avouer que ça tombe quand même à pic, c'est encore un copain.

Et on peut aussi mentionner une autre nomination à venir à un poste d'ailleurs tout aussi stratégique, celle de Didier Roland Tabuto au poste de vice-président du Conseil d'État alors même qu'il n'était pas candidat hein, vous savez ce que c'est. Quand le roi veut, le roi peut. Pour Éric Cocrel, le président LFI de la commission des finances, c'est tout vu.

Macron cherche à verrouiller les institutions indépendantes juste avant de partir dans le camp présidentiel. On lui rétorque que ces mouvements correspondent à des mandats arrivés à échéance et que même en cas de départ anticipé du gouverneur, les décisions se prennent de manière collégiale, tant au sein de la Banque centrale européenne que de la Cour des comptes, au Conseil constit ou au Conseil d'État. Marc Fenot, l'ancien ministre de l'agriculture de Macron, depuis redevenu député modè, s'est chargé de la défense du monarque assiégé sans panoche mais avec une bonne dose de mauvaise foi.

Oui, enfin ça c'est valable pour le budget en cours. D'abord, j'ai déjà vu des ministres, y compris des finances du budget qui avaient fini à la cour des comptes si je dis pas de bêtises. J'ai même des noms si je dis pas de bêtises. et ils ont été de bons présidents de la Cour des comptes et je crois vraiment qu'à la Cour des comptes la fonction on avait fait toute une histoire.

Oui. OK. C'est une vaste enfin grand.

Oui. Petite hypocrisie quand même sur la question du délai. De même qu'on nous avait fait beaucoup de grief.

Moi, j'ai été ceux qui défendaient la candidature de Richard Ferrant au Conseil constitutionnel. J'ai l'impression que ceux qui ont voté contre sa désignation sont le premier parfois à se réjouir des décisions indépendantes du Conseil constitutionnel. Donc faut faire confiance aux hommes et aux femmes.

Et je pense que Améchain au-delà de la compétence, ça je crois que personne lui retire la compétence quand même euh que elle fasse œuvre d'indépendance dans cette fonction, c'est une désignation Oui. qui émane du pouvoir exécutif. On est désolé hein, mais j'imagine que si monsieur Mélenchon était président de la République, peut-être n nommé-il plutôt monsieur Coquel que madame Monchalin, non ?

Voilà. Sous les ordres de la République, le risque d'une victoire du Rassemblement national en 2027 est désormais qualifié d'extrêmement important, notamment par Géral Darmanin. De quoi provoquer quelques sueurs froides notamment chez les macronistes dont l'implosion menace à mesure que l'échéance approche.

Officiellement, il s'agit évidemment de défendre la France et ses institutions, peut-être sa place au passage. Officieusement, certains redécouvrent soudainement les vertus de contrepouvoir qu'il jugeait hier encore un peu trop encombrant. La démocratie devient évidemment précieuse quand elle risque de changer de main.

Voilà donc que l'on envisagerait de renforcer l'indépendance du parquet, les droits de l'opposition, la protection de l'audiovisuel public, des autorités indépendantes et même pourquoi pas d'encadrer davantage le pouvoir de nomination du président, hein, c'est une information du journal L'Opinion. Une conversion donc tardive hein qui a des allures de volteface presque. Après avoir concentré le pouvoir, on songerait à le disperser par crainte de le voir exercer par d'autres.

Ironie mordante de la séquence. Mais tout cela se murmure à voix basse parce qu'ouvrir publiquement le débat reviendrait évidemment à reconnaître la possibilité d'une défaite et à s'exposer au procès en confiscation démocratique. Rien d'envisageable pour les macronistes.

En attendant d'assumer ce chantier à haut risque, on s'en tient à des méthodes éprouvées, plus discrètes et immédiatement efficaces. sécuriser les postes stratégiques tant que la main tient encore le stylo des nominations. On fait une petite pause avant de continuer avec le reste de l'actualité.

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Le texte réclamant l'abrogation de la loi du plomb est arrivé aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Rappelez-vous, la loi du plomb, c'est ce texte visant à lever les contraintes de l'exercice du métier d'agriculteur. Il prévoyait notamment de réintroduire des pesticides interdits et de faciliter le fait d'agrandir les élevages et de construire des ouvrages pour stocker l'eau.

La loi avait été adoptée définitivement le 8 juillet 2025 et 2 jours plus tard, une étudiante avait déposé sur le site de l'Assemblée nationale une pétition qui avait atteint des records obligeant l'hémicycle à tenir un débat sur le sujet. C'est donc ce qui s'est passé cet après-midi. Un débat inédit et très attendu évidemment mais sans vote.

Et en plus de ça, Laurent Duplombent tout juste de déposer une nouvelle proposition de loi au Sénat pour réautoriser trois pesticides pour trois nouvelles années. Près de 80 associations avaient donc appelé à manifester devant l'Assemblée nationale. Nos reporters Lisa Lap et Andre Manivit ont interrogé sur place le porte-parole national de la confédération paysane.

On l'écoute. On est là pour dire nous paysan et paysan qu'on veut pas de ces loislà, que ce sont des lois qui ne répondent pas aux problématiques agricoles, aux problématiques structurelles et que les enjeux, ils sont autres en fait. Ils sont pas d'accélérer vers une compétitivité mortifère qui fait disparaître les paysans, les paysannes parce qu'il faut bien avoir en tête que c'est ça l'ambition de des ces lois.

En fait, elles sont au service d'un projet productiviste qui fait disparaître les paysans, les paysans dans les campagnes, mais que les vraies solutions, c'est de la la protection, c'est ce qu'on réclame à Coréacri, de la régulation euh des prix garantis, de la répartition de la valeur aussi entre la mont et l'Aval. En ce moment, il y a les négociations commerciales qui sont en cours et on a absolument pas de transparence en fait sur ce qui se passe entre euh les industriels et euh les distributeurs. Donc c'est c'est ça les enjeux euh qu'il faut prendre à bras le corps hein pour répondre au aux problématiques agricoles et c'est pas d'accélérer vers une marchandisation, une une spéculation et une compétitivité à tout à tout craint entre les agriculteurs et les agricultrices.

Ça marche pas. Et une nouvelle pétition a également été déposée sur le site de l'Assemblée nationale intitulé "Nom, c'est nom, monsieur Duplom". Elle a déjà récolté près de 150000 signatures.

Le quai d'Orsé est à son tour secoué par l'affaire Epstein, un diplomate français de haut niveau et mise en cause pour ses liens avec le criminel sexuel. Son nom apparaît dans les documents rendus publics par le ministère de la justice américaine Fabrice Éd. Il est secrétaire des affaires étrangères principales.

Il est actuellement en détachement et occupe des fonctions au sein du groupe NJ. D'après les informations de Radio France et de Méia Part, il apparaîtrait très exactement 211 fois dans les échange avec Jeffrey Epstein depuis 2010. Fabrice Édan, lui a notamment parlé d'affaires et d'argent.

Plus grave, il lui a envoyé par mail des compte-rendus des Nations- Unies. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noel Barreot, a réagi sur RTL. On l'écoute.

Oui, quand j'ai pris connaissance de ces informations, j'ai été effaré et j'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place. Saisi le procureur de la République, lancer une enquête administrative pour concourir au travail de la justice ainsi qu'une procédure disciplinaire le concernant. Alors, le ministère des affaires étrangères a annoncé hier soir saisi la justice pour signaler l'effet présumé.

De son côté, le groupe NJ a annoncé suspend Fabrice Aidant de ses fonctions. Il sera convoqué par le qu d'ors ce dimanche pour s'expliquer sur ses liens avec Jeffrey Epstein. Donald Trump reçoit Benjamin Netaniau à la Maison Blanche.

C'est la 7e fois que les deux dirigeants s'entretiennent depuis le retour au pouvoir du président américain il y a tout juste 1 an. Au programme de cette rencontre, Gaza mais aussi et surtout la situation en Iran. Depuis plusieurs jours, Donald Trump multiplie les menaces d'intervention militaire envers Teran en réponse à la réflexion sanglante contre le mouvement de contestation le mois dernier, mais aussi à cause de son programme nucléaire.

Le président américain veut contraindre l'Iran à renoncer à l'enrichissement de l'uranium. De son côté, Benjamin Netaniaahu considère que l'Iran est une menace pour sa sécurité. Pour lui, intervenir militairement est le seul moyen de résoudre une fois pour toute la question nucléaire iranienne.

Le but de cette rencontre est donc double pour le Premier ministre israélien. D'abord, il veut convaincre Washington de durcir sa ligne face à Teran, ensuite menacé d'élections anticipées. Il espère glanner un peu de capital politique en s'affichant avec Donald Trump très populaire en Israël.

Le plan pour Gaza figure aussi à l'ordre du jour. Donald Trump souhaite accélérer la mise en œuvre de l'accord de cesser le feu et de reconstruction qu'il a contribué à négocier et qui est pour le moment au point mort. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du recap.

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