Mercosur : à quel prix la France est-elle prête à signer l’accord ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ces agriculteurs occitants en colère étaient bien décidés à dire deux mots aux chefs de l'État. Ils ont pris ce matin la direction de Toulouse où Emmanuel Macron faisait étape aujourd'hui. On veut pas le mercur tout simplement pour protéger notre agriculture paysane et protéger aussi la santé des concitoyens français.
Le monde agricole accuse Emmanuel Macron d'avoir opéré une volte face sur l'accord de libre échange entre l'Union européenne et les pays du Mercur qui ne sont pas soumis aux mêmes normes environnementales et sanitaires. En février dernier au salon de l'agriculture, le chef de l'État se disait contre. Nous nous sommes opposés au Mercosur tel qu'il a été signé avant de se montrer plus conciliant il y a quelques jours lors de la COP 30 au Brésil.
Je suis plutôt positif mais je reste vigilant. Emmanuel Macron qui a discuté avec une délégation d'agriculteur cet après-midi a tenté de rassurer selon la ministre de l'agriculture Bonjour. Le projet d'accord, tel qu'il existe aujourd'hui, recueillera un nom très ferme de la France parce que euh ce projet d'accord ne protège pas les intérêts de nos agriculteurs.
Déjà adopté par la Commission européenne, après 25 ans de négociation, le texte doit encore être approuvé par les 27. La majorité des Étatsmembres est pressée de signer car si les pays d'Amérique latine vont pouvoir écouler vers l'Europe sans frais de douane ou presque de la viande, du sucre ou du riz, en échange, les Européens pourront exporter des voitures, des produits pharmaceutiques ou du vin. L'accord avec le Mercosur représente un marché de 770 millions de consommateurs.
C'est un marché que nous devons conquérir alors sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis, les Européens peuvent-ils faire l'impasse sur le Merco ? Qui seraient les gagnants et les perdants de l'accord de libre échange ? Merci à tous les trois de nous avoir rejoint pour essayer de répondre avec nous à ces questions.
À mes côtés, Véronique Lefloc, bonsoir, bienvenue à vous. Vous êtes présidente de la coordination rurale. Selon vous, la signature du Mercosur, c'est comme si c'était déjà fait.
Mais la coordination rurale, dites-vous, va tout faire pour que l'agriculture en soit exclue parce qu'à vos yeux, les clauses de sauvegarde qu'a réclamé la France n'auraiit aucun effet. À vos côtés, Elvir Fabri, bonsoir, bienvenue à vous. Vous êtes chercheuse en géopolitique du commerce à l'Institut Jacques de l'Or et selon vous, la ratification du traité aura lieu, dites-vous.
Les Européens ont besoin de renforcer les liens avec les pays du Mercur parce que si l'Europe ne prend pas cette place, c'est la Chine qui la prendra. Et à vos côté Thierry Fabre, bonsoir. Vous êtes rédacteur en chef à Challenge et selon vous, il y a une véritable logique géopolitique pour l'Europe de se rapprocher du continent sud-américain en signant cet accord pour avoir un nouveau marché surtout dans le contexte actuel, c'est-à-dire depuis le début de la guerre commerciale lancée par l'augmentation des droits de douane décidé par Donald Trump.
Tout de suite pour ouvrir ce débat. Marion, vous avez une déclaration du jour, enfin presque du jour he ou presque du jour parce qu'elle date en fait de vendredi dernier. C'est avant la rencontre du président de la République avec les agriculteurs aujourd'hui.
C'est celle du président de la FNSEA, le le premier syndicat agricole sur le réseau X. Il répond donc au propos d'Emmanuel Macron qui s'était dit plutôt positif sur l'accord sur le le mercour. C'est un reniement total écrit entre autres Arnaud Rousseau sur X. réplique cet après-midi, on l'a entendu de de la ministre de l'agriculture Annie Jeunev qui cite Emmanuel Macron.
En substance, si le traité reste tel quel, ça sera non. Alors, Véronique Lefloc, vous êtes rassuré ? Non, pas du tout.
Je pense que ça fait trop longtemps que ça dure et euh même si on n'est pas d'accord pour cet accord, tout le monde semble aller dans ce sens, que ce soit nos politiques, que ce soi les consommateurs et pourtant on n'est pas sorti. Macron Emmanuel Macron n'a pas enlevé sa délégation qu'il a donné à l'Europe. Franchement, à un moment, les agriculteurs ne croivent plus personne.
On nous dit il y a un an et demi en pleine crise, il faut protéger les agriculteurs, il faut qu'ils produisent et là on va faire en sorte que de nouvelles productions viennent inonder nos territoires. Donc ça ce n'est pas entendable et peu importe les paroles aussi rassurantes soient tellelles, ça fait comme le baromètre. C'est positif négatif donc ça ne convient plus.
Elvire Fabri, est-ce que vous pouvez nous éclairer sur la position exacte d'ailleurs du chef de l'État avec des tonalités un peu différente selon les jours. Quelle est aujourd'hui la position de l'exécutif français et du gouvernement ? Pas de signature du mercur en état mais peut-être sous condition.
Oui, mais le la recherche de conditions supplémentaires, je dirais que c'est pas quelque chose de nouveau. Depuis déjà 2019, la France avait poussé pour obtenir plus de garanties justement pour pouvoir au-delà des au-delà des quotas qui ont été négociés qui il faut rappeler sont très petits parce que là on se concentre sur le volet de l'agriculture mais il y a beaucoup de choses dans cet accord donc je pense que c'est ça va être aussi important de de dézoomer. Euh mais il y a beaucoup de garanties qui ont été apportées déjà avec euh des euh justement ces clauses de sauvegarde euh un un budget supplémentaire si jamais encore il y a encore des difficultés ou une filière qui est particulièrement exposée.
Maintenant, ce qui est plus en débat, c'est les mesures compensatoires qui ont été qui ont été rajoutées à l'accord et qui permettent de de qu'il y ait une des deux parties, que ce soit le Mercosour, l'Union européenne, éventuellement de demander de rééquilibrer les termes de l'accord si on adopte des réglementations qui changent les termes de cette On va voir ça dans le détail. Justement, Anna, avec vous, quelles sont les mesures précises que réclame la France pour protéger son agriculture ? Alors, vous l'avez dit, il y en a déjà eu en 2019, mais ensuite dès 2024, le minier chargé de l'Europe, Benjamin Hadad, réclamait des closes miroirs pour s'assurer que les produits importés d'Amérique latine respectaient bien les mêmes normes que celles imposées en Europe.
Mais à ce jour, cette demande n'a toujours pas été traitée au Parlement européen. En revanche, face au refus de la France et de la Pologne entre autres de signer le traité en l'État, la Commission européenne a consenti à rédiger un accord annexe au traité avec ces fameuses mesures de sauvegarde pour les produits européens sensibles, le bœuf, le sucre et la volaille. Alors concrètement, si la quantité de bœuf argentin qui arrive chaque année sur le sol européen venait à augmenter de plus de 10 %, la Commission s'engage à ouvrir immédiatement une enquête.
Et même chose si par exemple le prix du poulet brésilien diminuait de plus de 10 % par rapport à celui euh du poulet français. Là, ce serait vraiment un signe de concurrence déloyale. Et dans ces deux cas, la Commission européenne pourrait aller jusqu'à suspendre les droits de douane préférentiel.
Mais pour le moment, il ne s'agit que d'une déclaration d'intention et il faut savoir que ces mesures, si elles sont appliquées, le seraient uniquement pour une période maximale de 4 ans. La France exige donc aujourd'hui que cette clause de sauvegarde soit adoptée et reconnue par les pays du Mercossur avant toute signature du traité Thierry Fabre. Est-ce que ces mesures de sauvegarde, elles ont de quoi rassurer les Français ?
Est-ce qu'elles les protègent suffisamment les agriculteurs français ? Alors, c'est la grande question et effectivement beaucoup doutent de la capacité de la Commission européenne à faire face à une éventuelle invasion de produits agricoles latino-américains. On est extrêmement sceptique, on n' pas les t tous les détails, mais c'est le c'est ça en fait c'est c'est la question clé.
La France est très isolée en Europe. Elle s'est opposée à cet accord parce que cet accord, il faut le rappeler, on parle que d'agriculture mais il est global et il a comme avantage notamment pour les industriels d'exporter, de pouvoir exporter beaucoup plus dans les pays latino-américains. Il va faire cet accord des gagnants et des perdants.
C'est clairement les industriels notamment en matière automobile qui vont gagner et notamment les Allemands. C'est clairement les agriculteurs qui devraient perdre. Il y aura forcément des perdants en tout cas.
Ah mais là on ne parle depuis le début que des perdants qui sont les agriculteurs potentiellement et une catégorie des agriculteurs. Mais on oublie que un accord commercial c'est un deal et qu'effectivement si beaucoup poussent en Europe à le faire c'est parce qu'il y a des projections de progression d'exportation des d'automobiles dans l'industrie chimique et donc ça ouvre des marchés un marché qui a 280 millions de consommateurs. Mais justement Véronique le Floc vous est-ce que ça vous rassure ces mesures de sauvegarde ou alors pas du tout ?
Alors pas du tout. Ça a été dit en introduction. Si je prends le filet de poulet, le filet de poulet a un prix moyen, un coût de production moyen en Europe de 6,40 €.
En France, il est plus de 20 % supérieur. Comment on applique les clauses de sauvegarde ? Il faut déjà que les prix français aient chutés de 20 % et ensuite de 10 %.
Mais en France, il ne restera plus de producteur de poulet. Déjà, même si on veut développer la production aujourd'hui, c'est impossible. On a des oppositions en permanence.
Donc les clauses de sauvegarde, même si elles s'appliquaient, ça veut dire qu'on aurait atteint déjà une situation problématique dans nos fermes. On agite la clause de sauvegarde et ensuite on sait qu'on aura le coup de bâton en revers. C'est le mécanisme de rééquilibrage de la part des pays du Mercossur avec des compensations financières qui leur seront d et qui seront peut-être payés sur le budget de la politique agricole commune.
Donc si on a ce fond de compensation qui aujourd'hui est prévu, c'est qu'on anticipe déjà les dégâts. Fabri, c'est terrible ce qu' a dit votre voisin à l'instant juste Terfab confortant d'ailleurs la démonstration de VNCFLuc. Thi Fab dit, il y aura des perdants, les agriculteurs seront les perdants.
Alors, dans un accord, on comprend qu'il soit en colère et qu'il soit méfiant vis-à-vis de ces fameuses cause de sauvegarde. Alors, déjà dans un accord commercial, en effet, il y a ce qu'on appelle des intérêts offensifs ou défensifs. Il y a ceux qui qui non seulement sont prêts à exporter mais qui ont besoin de ces exportations.
Et aujourd'hui, on a un marché américain qui est en train de se fermer. On a une on a un marché chinois qui est en train de importer moins parce que la consommation est en berne et donc on a des filières qui ont absolument besoin de diversifier leur leur leur destination d'exportation. Mais ça c'est pas simplement les industriels et c'est pas simplement les allemands.
C'està-dire que toutes les tous les évoquer après mais pour en rester au perdants comme l'évoque viens. Tu auras des perdants vous le confirmez les doent faire. Non parce que dans l'agriculture il y a des il y a des filières qui attendent absolument cet accord.
Euh je je pense au aux euh aux viticulteurs, à toute la ce moment souffrent beaucoup, ils attendent cet accord. Ils en ont absolument besoin pour compenser leur perte. Par ailleurs, la filière de laitière.
Je sais que vous êtes exploitante justement dans la filière laitière, mais j'ai les débats que j'ai eu avec des euh des exploitants de la filière laitière me disaient qu' ils voient leurs exportations vers la Chine énormément baissé. c'est 13 % de l'exportation de de la production qui est exportée et qui aujourd'hui a besoin de trouver des débouchés alternatifs. Donc on se concentre sur des filières qui en effet sont plus exposées.
Ça veut pas dire qu'elles vont beaucoup souffrir. On a des quotas qui sont très limités. Pour la viande de bœuf, c'est 1,5 % de la consommation européenne sur laquelle on abaisserait les droits de douane.
Ce qui veut dire que c'est pas les 99000 tonnes de de qui seraient importé à à droités. Euh c'est pas simplement sur la France, c'est sur l'ensemble de l'Union européenne. Thierry Fabre, concrètement si la France dit aujourd'hui comme elle semble le dire pour l'instant non, nous ne voulons pas de ce traiter, nous n'allons pas le signer, qu'est-ce que ça change ?
Au fond, rien, il va s'appliquer quand même. Alors non, il faudrait pour bloquer le traité, il faudrait que la France arrive à convaincre trois autres pays de l'Union européenne que la Pologne, voilà, et qu' ça devrait représenter, je crois, 30 % la population européenne. Donc 35 % donc on est on est loin du compte.
Donc la France se sent très isolée. Donc elle essaie en fait de négocier ces fameuses clauses de sauvegarde pour dire dans quelques semaines, allez on signe mais on a cette garantie. Mais elle a encore des marges de manœuvre pour négocier la France aujourd'hui.
Alors elle essaie elle essaie de peser non, elle est vraiment en position de faiblesse mais effectivement pour que obtenir l'adhésion de la France, il faut absolument que ces clauses de sauvegarde soient plus détaillé mais faut pas se voler la face. On va sans doute signer, on est en en position de faiblesse, donc le l'accord va s'appliquer. Après, la grande question, c'est vrai que je comprends votre crainte hein, puisque le l'agriculture brésilienne est extrêmement puissante.
Quand j'ai fait un reportage dans le bateau grosseau il y a quelques années, ça vous ça décoiffe, c'est donc c'est vraiment un rouleau compresseur. Quand on voit ça, on se dit on va se faire inonder. Donc effectivement, il y a un risque et il y a ces clauses.
Mais euh il faut plus pas euh créer à la catastrophe quand on voit ce qui s'est passé avec le Canada. un accord, on en parlera tout à l'heure, vous allez voir, vous anticipez sur la suite de l'émotion, mais d'abord vous évoquiez l'isolement de la France en Europe. Justement, Marion, il y a plusieurs pays européens qui eux ont hâte de mettre en œuvre cet accord du merc.
Oui, même la plupart de nos partenaires qui défendent cet accord et le le marché commun que ça crée 770 millions de consommateurs, 111 milliards d'euros dont ils espèrent évidemment profiter. C'est le cas du chancelier allemand et du premier ministre espagnol. persönliche Meinung, dass das Merkurabkommen so schnell wie möglich auch verabschiedet und in Kraft gesetzt werden sollte. gustaría, presidente Lula, es que bajo la presidencia brasileña podamos definitivamente culminar ese ansiado acuerdo entre la Unión Europea y el Mercosur que convertirá a ambos proyectos regionales en la mayor zona de libre comercio del conjunto del mundo.
Alors, c'est vrai qu'un marché de 111 milliards d'euros Véronique le Floc, on a quand même du mal à s'en passer à dire non. Alors 111 milliards d'euros de marché mais déjà un déficit de balance commerciale agricole et agroalimentaire entre 20 et 25 milliards déficit. Donc moi je veux bien mes ça veut dire qu'on vend moins que le mercour aujourd'hui on est légèrement parce que notre balance est positive euh pour l'ensemble des échanges commerciaux avec l'équilibre à l'équilibre ou un moins un milliard dans tous les cas on sait que vous l'avez dit c'est un rouleau compresseur et si on prend la filière laitière dont vous avez parlé tout à l'heure il faut regarder ce qui est collecté aujourd'hui dans chacune des fermes.
On est autour de 100 L dans nos fermes en France. On est à 1000 1500 2000 L. Ils ont un potentiel de productivité, de compétitivité et euh je ne vois pas comment euh même euh pour les secteurs du vin où ils ont aussi ce potentiel où ils sont en train de développer, même si les champagnes euh exportées vers le Brésil notamment ont augmenté, même en supprimant les droits de douane, ils auraient quand même acheté ces produits. pour nous agriculteurs de voir les représentants politiques du Brésil notamment qui ont justement dans leur feuilles de route à 10 ans de développement de la production agricole une augmentation de la production de viande bovine de 34 % 39 % d'exportation pareil pour la volaille ça viendra chez nous fabrique parmi les secteurs industriels qui attendent cet accord a priori on parle beaucoup de la voiture notamment des voitures allemandes d'ailleurs et on voit qu'en Allemagne l'Allemagne en quelque sorte enclencher la marche arrière sur l'interdiction des voitures thermiques en 2035 qui est tenté parce que c'est un déboucher pour sauver l'automobile allemande cette cette ce mercur alors les constructeurs, ils sont déjà présents dans les pays du Mercoso depuis longtemps.
Renault il est depuis 1998 toutes les grandes marques qui sont donc pour le support automobile français aussi c'est un accord ext intéressant sûr bien sûr et et le le toute toute l'industrie automobile française et connaît les mêmes difficultés que l'automobile allemande. Je dirais que l'enjeu, il est beaucoup plus important pour les sous-traitants, pour tous ceux qui fabriquent tous les composants parce que là, ils subissent une transformation de l'industrie automobile vers l'électrification qui est très problématique. On a en Amérique latine encore des marchés importants pour les les véhicules thermiques.
Donc, ils ont besoin encore on peut exporter les véhicules thermiques qu'on voudra plus utiliser en Europe en Amérique latine. Ce que Oui. Et ben oui, mais c'est une réalité.
C'est-à-dire que il y a une priorité qui est la décarbonation euh mais il y en a une autre qui est mais oui mais ce sont des centaines de milliers d'emplois. C'est une industrie qui est à travers toute l'Europe, qui est répartie dans toute l'Europe. Euh on a affaire à des compromis entre décarbonation, compétitivité et sécurité économique.
Donc euh la décarbonation, elle est prioritaire, on vient d'en parler avec le le Groenland. Euh mais la compétitivité, elle est essentielle aussi pour beaucoup de filières et la sécurité économique parce qu'on a des minerais critiques en Amérique latine auquels on a besoin d'accéder pour toute notre innovation technologique et de et les et notre capacité de défense et on peut pas isoler un facteur ou l'autre. Et le fait de se dire que aujourd'hui on a une France qui est isolée sur la scène européenne sur cette questionlà devrait nous interpeller parce que on a quand même une unanimité européenne importante.
Fa parler des voitures mais il y a d'autres secteurs qui peuvent gagner. Il y a l'industrie pharmaceutique puis il y a même nos vins. Nos vin français.
Oui, c'est ça. Donc l'industrie, c'est très intéressant parce que donc il y a les voitures, industries chimique, pharmaceutique. On pourrait par rapport au scrain des agriculteurs dire que avec cet accord, on favorise la réindustrialisation européenne.
C'est ce que disent d'ailleurs les industriels en disant laissez-nous vendre. C'est aussi un un argument pour pour dire ça ça va favoriser l'emploi industriel. Donc c'est c'est vraiment comment dire c'est c'est terrible parce que vous voyez que deux secteurs s'opposent. un secteur agricole fragile qui va souffrir pas tous hein puisque certains espèrent en les vins spiritueux exportés aussi et un secteur industriel qui va aussi très mal et qui voit une un nouveau débouché.
Donc c'est vraiment mais il faut vraiment avoir ça en tête lorsque ce deal sera signé, il faut faudra s'occuper des perdants parce qu'ils seront euh euh importants. Mais ne pas oublier que nous avons des gagnants, de ne pas noircir cet accord et vouloir le le jeter euh totalement. Et c'est un phénomène, une double face en quelque sorte qu'on voit à chaque accord de de libre échange négocié, signé, ratifier qui ensuite en application va justement remonter 8 ans en arrière en février 2017 lors de la ratification d'un autre traité de libre échange qui avait fait lui aussi polémique le traité signé entre l'Europe et le Canada, le fameux CTA.
Robert Glandière élève 500 brebis qui produisent du lait de Rockfort. Il est satisfait de cet accord Canada Europe. Celui-ci va mieux protéger le Rockfort des risques de contrefaçon au Canada chez Gabriel Coulet, l'un des sep fabricants historiques de Rockfort.
L'accord Canada Europe est également bien reçu. Euh à l'exportation, le gros pays d'exportation qui était les États-Unis, malheureusement c'est c'est petit à petit fermé. Donc même si le marché canadien est un petit marché, c'est pour nous une piste très intéressante.
Pour les frères Burriia, c'est une mauvaise nouvelle. L'accord prévoit l'importation de 50000 tonnes de bœuf canadiens, essentiellement des bons morceaux, soit 10 % des pièces nobles produites en Europe. S'il y a de l'importation, c'est sûr que il y aura une répercussion sur nos cours.
Alors, ça c'était en février 2017 et donc 8 ans plus tard, bilan des courses, les échanges se sont développés, l'excédent européen a grimpé en flèche y compris, et ça c'est intéressant Véronique Lefloc, l'excédent agroalimentaire qui a triplé. Vous n'avez pas tort en fait de vous inquiéter ? Ah alors déjà on est sur des petites valeurs pour l'agroalimentaire avec le CTA.
Ensuite les 50 les 65000 tonnes de quota de viande qui devaiit venir vers l'Europe viendront peut-être un jour. On sait que l'agence d'inspection canadienne a demandé à l'fsa, l'agence européenne sanitaire de faire une étude pour démontrer que l'acide acéta peroxy acétique qui c'est en fait c'est l'acide qui nettoie les carcasses pour les exporter n'était pas nocif. H non mais vous voulez manger de la viande qu'on utilise au Canada qu'on utilise au Canada.
Donc à partir du moment où l'Europe pourrait lâcher là-dessus peut-être que ces volumes viendront chez nous. Et vous savez très bien que JBS, Cargil qui eux représentent 85 % ou détiennent 85 % des abattoirs au Canada n'attendent que ce moment-là pour développer ces ces productions. Et de toute manière, on on le on le voit, ça finira par arriver si on cède encore.
Et sur les produits laitiers, et bien écoutez, c'était 15000 tonnes qui devaient partir de l'Europe vers le Canada. même euh les agences qui auraient pu accepter ces importations n'ont pas accepté tous les quotas. Hm.
Donc c'est une chose, ils ne veulent pas perturber leur agriculture non plus. Elvire Fabrice, tout à l'heure, on parlait des perdants. Est-ce que les consommateurs ne sont pas aussi perdants ?
Est-ce qu'il y a pas un risque justement pour la pour notre sécurité alimentaire en faisant venir des produits ou de la nourriture avec des normes moins disantes que chez nous ? Alors, les normes européennes, c'est les plus exigeantes en terme en matière sanitaire, phytosanitaire. Le le bœuf aux hormones, on n'en veut pas déjà depuis 1981.
Il entrera pas davantage demain avec un n un nouvel accord. Il y a la le l'enjeu des contrôles est essentiel. Euh mais ça c'est un problème, je dirais par ailleurs pour toutes les importations, tous les échanges que l'on les échanges commerciaux que l'on a sont des contrôles qui sont assurés par les États-membres et puis la Commission européenne a la capacité de faire des audits euh sur place dans les dans les exploitations et actuellement il y a des moyens supplémentaires qui sont qui sont mis dans dans ces notamment avec la création d'une agence pour mutualiser les données et avoir une vue d'ensemble sur le marché européen.
Mais je dirais que la question des contrôles c'est c'est une question en soi. que là en fait ce dont on parle en France c'est pas tellement la qualité du produit final sur lequel l'on surveille qui c'est plutôt les conditions de production auquel on s'intéresse et c'est là où on parle de des enjeux de concurrence et il est évident que on a déjà une agriculture que l'on soutient énormément parce qu'on veut la préserver, on veut garder une souveraineté alimentaire d'où les financements de la PAC il y a des garanties supplémentaires dans cet accord qui sont très précises et on vient de le voir avec l'accord du CTA que depuis 2017 il n'y a pas eu la valance 2% tout du quota de bœuf qui a été qui a été utilisé par les exploitants canadiens pour exporter. Toute dernière question Thierry Fabre en un mot le calendrier l'agenda puisque la discussion la négociation du mercure ça dure depuis déjà un certain temps.
Tout à fait 25 ans à peu près. C'est ça. C'est ça.
Ouais. Oui 25 ans. Donc voilà.
Est-ce que là on touche au but ? C'estàd est-ce que la ratification vous disiez forcément à un moment un autre on va le ratifier. Est-ce que globalement la ratification peut survenir avant la fin de l'année en 2026 ?
Ça a l'air d'être ça a l'air de toucher au but. J'ai pas d'information sur les la date précise, mais je pense queon voit bien le changement de ton de la France est révélateur en fait. Après avoir dit non pendant des mois, on voit bien qu'aujourd'hui c'est le 8 mai euh quand on décrype les propos du président Macron.
Donc c'est vrai qu'on on on s'achemine vers l'accord. Alors juste un point par rapport à ce qui a été dit. Pour finir l'expérience CTA quand même rend légèrement optimiste.
C'està-dire que on était extrêmement inquiet. En 7 ans, on a quand même un observatoire. En 7 ans, il y a pas eu de déferlante qui était annoncée.
Donc donc ce qui veut ce qui veut dire que il faut être très vigilant mais l'expérience avec les Canadien montre que on peut quand même être euh limiter la limiter la casse. Peut-être peut-être ou peut-être pas puisque vous n'avez pas convaincu euh Véronique le Fl. En tout cas, merci à tous les trois d'être venus débattre ce soir sur ce plateau.
Emmanuel Macron