Nagui s'exprime sur l'affaire Bertrand Cantat
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« En décembre dernier, lorsque son album solo est sorti, vous aviez pris une décision radicale de ne pas passer ses titres à l'antenne de France Inter. »
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« Vous comprenez aujourd'hui ceux qui ne veulent pas qu'il se produise sur scène, qu'il manifeste devant ses concerts ? »
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« Je pense que surtout la phrase de dire « il y a l'artiste et il y a l'homme », moi je ne peux pas l'entendre. »
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« Je ne peux pas l'entendre. Que l'artiste se serve de fêlures, de problèmes personnels pour écrire des chansons, et sûrement d'ailleurs. »
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« Il y a une très belle chanson de Léonard Cohen. Pardon, je n'ai plus le titre en tête, mais grosso modo, il dit « à travers les fissures que l'on a dans la vie, jaillit la lumière de l'artiste ». »
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« Cette phrase est formidable. Ça veut donc dire qu'un artiste ne peut pas être quelqu'un sans aspérité et qu'il a forcément un vécu. »
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« Je lui tends la main. Je lui dis « ravi de vous rencontrer et je suis bienveillant ». Là, je n'ai pas envie de tendre la main à ce monsieur ni d'être bienveillant. »
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« Après, qu'il continue de faire son métier, c'est une chose. La manière un peu ostentatoire, la tournée, on n'est pas loin de la provocation. »
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« Et je ne suis pas juge. Évidemment que tout le monde a droit à une deuxième chance. Qu'il fasse son métier, qu'il chante. »
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« Il peut faire des albums et les publier et les gens peuvent les écouter. Tout de suite, comme ça, se mettre en avant, ce n'est pas du meilleur goût. »
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« J'ai même du mal à trouver les mots. Mais j'avais répondu à cette question d'une manière « allô, bonjour, est-ce que vous allez le faire ? Non. Vous l'avez invité à ta ratata ? Non. » »
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« Donc je me suis retrouvé un peu même seul à Inter à dire « je ne veux pas passer le disque ». Mais les violences faites aux femmes, c'est quelque chose qui me rend dingue. »
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« La violence me rend dingue. Le fait de dire « il y a prescription de viol ou d'atteinte sur mineur », ça me rend totalement dingue. »
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« Pour moi, c'est imprescriptible de dire « non, mais c'est bon, c'était il y a X années, n'en parlons plus ». Mais on ne peut pas vivre en société avec ce genre de règles. »
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« Parce qu'il y en a qui font ce calcul de se dire « c'est bon, encore deux ans et puis personne ne peut m'attaquer ». Ce n'est pas possible. »
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« Après, je continue d'en oublier pas les paroles, de passer Noir Désir. »
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« Parce que Noir Désir, les chansons, d'abord c'est un groupe et ça fait partie du patrimoine français. »
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« Et puis il y a même quelques chansons, je ne sais pas si vous avez écouté l'album, qui n'est pas d'ailleurs un très bon album. »
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« Mais en plus, il y a quelques chansons et il y a quelques paroles qui sont, je trouve, encore plus scandaleuses. »
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En décembre dernier, lorsque son album solo est sorti, vous aviez pris une décision radicale de ne pas passer ses titres à l'antenne de France Inter. Vous comprenez aujourd'hui ceux qui ne veulent pas qu'il se produise sur scène, qu'il manifeste devant ses concerts ?
Je pense que surtout la phrase de dire « il y a l'artiste et il y a l'homme », moi je ne peux pas l'entendre.
Ça ne veut rien dire.
Je ne peux pas l'entendre. Que l'artiste se serve de fêlures, de problèmes personnels pour écrire des chansons, et sûrement d'ailleurs. Il y a une très belle chanson de Léonard Cohen. Pardon, je n'ai plus le titre en tête, mais grosso modo, il dit « à travers les fissures que l'on a dans la vie, jaillit la lumière de l'artiste ». Cette phrase est formidable. Ça veut donc dire qu'un artiste ne peut pas être quelqu'un sans aspérité et qu'il a forcément un vécu. Avec du relief. Mais là, pour moi, il est hors de question. Déjà, quand j'accueille quelqu'un dans une émission, il faut que j'en ai envie. Je lui tends la main. Je lui dis « ravi de vous rencontrer et je suis bienveillant ».
Là, je n'ai pas envie de tendre la main à ce monsieur ni d'être bienveillant. Après, qu'il continue de faire son métier, c'est une chose. La manière un peu ostentatoire, la tournée, on n'est pas loin de la provocation. Et je ne suis pas juge. Évidemment que tout le monde a droit à une deuxième chance. Qu'il fasse son métier, qu'il chante. Il peut faire des albums et les publier et les gens peuvent les écouter. Tout de suite, comme ça, se mettre en avant, ce n'est pas du meilleur goût. J'ai même du mal à trouver les mots. Mais j'avais répondu à cette question d'une manière « allô, bonjour, est-ce que vous allez le faire ? Non. Vous l'avez invité à ta ratata ? Non.
» Et puis d'un coup, c'était devenu une espèce de phénomène. Parce qu'à l'époque, dans le papier, beaucoup de gens disaient « oui ». J'étais un peu le seul à dire non il y a quelque temps. Et y compris d'ailleurs France Inter disait « nous, on va passer le disque ». Donc je me suis retrouvé un peu même seul à Inter à dire « je ne veux pas passer le disque ». Mais les violences faites aux femmes, c'est quelque chose qui me rend dingue. La violence me rend dingue. Le fait de dire « il y a prescription de viol ou d'atteinte sur mineur », ça me rend totalement dingue. Pour moi, c'est imprescriptible de dire « non, mais c'est bon, c'était il y a X années, n'en parlons plus ».
Mais on ne peut pas vivre en société avec ce genre de règles. Parce qu'il y en a qui font ce calcul de se dire « c'est bon, encore deux ans et puis personne ne peut m'attaquer ». Ce n'est pas possible. Après, je continue d'en oublier pas les paroles, de passer Noir Désir. Oui, c'est Noir Désir, oui. Parce que Noir Désir, les chansons, d'abord c'est un groupe et ça fait partie du patrimoine français. Mais là, les nouvelles chansons... Et puis il y a même quelques chansons, je ne sais pas si vous avez écouté l'album, qui n'est pas d'ailleurs un très bon album. Mais en plus, il y a quelques chansons et il y a quelques paroles qui sont, je trouve, encore plus scandaleuses.