Le "en même temps", c'est surtout n'importe quoi ! - Claire Lejeune
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Claire LejeuneFait
« Avec cette nouvelle obsession pour la rationalisation des agences et opérateurs de l'État, la boucle néolibérale est en quelque sorte bouclée. »
- 0:45Claire LejeuneFait
« La présomption idéologique est qu'en externalisant, en retirant des mains de l'affreuse administration centralisée, cela va nécessairement moins coûter. »
- 1:45Claire LejeuneFait
« Les mêmes qui aujourd'hui tapent le plus durement sur les agences et opérateurs sont ceux qui les ont multiplié dès qu'ils étaient en position de gouverner. »
- 3:00Claire LejeuneChiffre
« Il y aurait de ce côté-là 2 à 3 milliards à aller récupérer. »
- 7:00Claire LejeunePromesse
« Nous sommes d'accord pour contrôler mieux les rémunérations maximales permises dans ces agences. Nous sommes d'accord pour plus de transparence. »
- 8:30Claire LejeuneFait
« Bourdieu définissait le néolibéralisme comme un programme de destruction méthodique des collectifs qui vise à affaiblir les institutions qui résiste à la logique du marché pur. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Avec cette nouvelle obsession pour la rationalisation des agences et opérateurs de l'État, la boucle néolibérale est en quelque sorte bouclée. La première étape, c'est la mise en œuvre de ce qu'on appelle la gentification dès les années 1960, accéléré dans les années 90. Il faut alors externaliser parce qu'il faut effectivement un état agile, souple, flexible.
Le but est déjà à cette époque-là de faire des économies. La présomption idéologique est qu'en externalisant, en retirant des mains de l'affreuse administration centralisée, cela va nécessairement moins coûter. Tout cela est fait au nom d'un grand flou qui s qui s'instaure alors entre privé et public ou plutôt au nom de l'effort pour faire disparaître une notion spécifique de l'intérêt public et cela au profit des dictates du nouveau management public importé tout droit du privé.
Mais qui donc est à la manœuvre dans cette grande opération de transformation de l'État. la droite, le centre, les libéraux au sens large et encore cela encore plus les macronistes à partir de 2017 qui on le rappelle ont largement cotisé à la gentification de l'État. Donc les mêmes qui aujourd'hui tapent le plus durement sur les agences et opérateurs sont ceux qui les ont multiplié dès qu'ils étaient en position de gouverner.
Preuve s'il en fallait que le en même temps c'est dire tout et son contraire et c'est surtout faire n'importe quoi. Sauf qu'une fois que ces agences et opérateurs sont créés reste un problème de taille et les missions de service public même lorsqu'elles sont déléguées, externalisées, impliquent des moyens, des moyens humains, des moyens financiers. Et dans un contexte de déficit élevé, puisque vous refusez d'aller chercher des recettes par l'impôt, c'est de ce côté-là que vous allez traquer la dépense.
Les agences et les opérateurs de l'État, pourtant issus de vos choix politiques, deviennent votre cible préférée. Et c'est alors la grande offensive et ça touche en premier lieu les agences et opérateurs publics que la droite veut veut sacrifier. et euh sur les politiques publiques de l'écologie.
En premier lieu, on retire des moyens à l'OFB dont les agences sont ciblées. L'agence bio est détricotée par sa ministre de tutelle elle-même. L'ADEM aussi est vivement critiqué.
Et tout cela dans un contexte où se rajoute le mensonge proféré par l'exministre des comptes publics, maintenant présidente de la Cour des comptes Amélie Monchalin. Il y aurait de ce côté-là 2 à 3 milliards à aller récupérer. Ce chiffre est pourtant démenti par le rapport issu de la commission d'enquête du Sénat qui pointe un besoin de clarification et d'organisation mais qui tort le coût à l'idée d'une fuite en avant budgétaire des corrélés de l'utilité publique.
Mais trop tard, les D est déjà installé. Il y aurait du côté des agences et opérateurs de l'État une gabégie incroyable d'argent public. Résultat, nous l'avons bien vu dans le PLF de cette année, ce sont bien des coupes sèches qui ont qui sont imposées aux agences et opérateurs, non sur des dépenses inutiles qui il n'y en a peu ou pas, mais des coupes qui ont pour incidence la mise en danger de politique publique parfois essentielle.
Donc oui, la boucle est bouclée. Vous avez créé des agences pour flexibiliser et espérer réduire le coût de l'action publique. Puis lorsque ce coût se révèle incompressible, vous jetez le proe sur ces mêmes agences et réclamez au choix leur suppression du côté de l'extrême droite, leur rationalisation, leur mutualisation. et le fil rouge dans tout cela, c'est bien la chasse à la dépense publique.
Ce texte de nos collègues du modè et de son rapporteur monsieur Mati, ne verse pas dans les positions caricaturales du RN ni de la droite extrême et nous ne lui faisons évidemment pas ce procès. Nous sommes d'accord pour contrôler mieux les rémunérations maximales permises dans ces agences. Nous sommes d'accord pour plus de transparence.
Nous défendons d'ailleurs une vision de l'État et de l'action publique à rebour de cette agencification. Nous sommes pour un état planificateur qui met en musique une démocratie et qui met en œuvre des moyens massifs pour transformer notre modèle économique ou encore faire la bifurcation écologique. Mais en réalité, ce texte par ses dispositions contribue à un climat délétaire qui tend à la disqualification et la suspicion généralisée autour de l'action publique.
Il vise à donner les moyens d'un contrôle renforcé qui pourra bien être instrumentalisé pour opérer des coupes budgétaires. La motivation de ce texte prend racine d'ailleurs dans ce que vous appelez le contexte de contrainte budgétaire et nous en voulons pour preuve l'existence au cœur de ce texte, l'établissement et la généralisation de contrats, d'objectifs et de moyens. Avec une description qui affiche la couleur, il s'agira de contrôler et de réduire la dépense publique.
Et donc, nous ne pouvons lire que lire à cette celle de votre recherche de rigueur budgétaire, la volonté de renforcer le contrôle et la présence de l'État dans ses organismes. Les agences et l'opérateur de et de l'État ne sont pas des variables d'ajustement de des contraintes budgétaires. Nous ne pouvons accepter cela.
Bourdieu définissait le néolibéralisme comme un programme de destruction méthodique des collectifs qui vise à affaiblir les institutions qui résiste à la logique du marché pur. Nous ne pouvons accepter un texte qui s'inscrit dans cette logique et nous y opposerons. Merci.
Merci à
Claire Lejeune