Démission de Sébastien Lecornu : la déflagration - C à Vous l’intégrale - 06/10/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé avec la démission de Sébastien Lecornu?
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le président s'accroche-t-il à la solution Lecornu?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les réactions des partis politiques?
- 7:00OuverteRéponse directe
Quelle chance accorder à ces ultimes négociations?
- 10:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il va faire, E.Macron?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00A.-E.LemoineFait
« Jamais, avant S.Lecornu, un ministre de la Ve République sera resté aussi peu longtemps en fonction. »
- 3:00P.CohenFait
« Le gouvernement le plus éphémère et la crise la plus longue, près d'un an et demi depuis que la dissolution a éclaté l'Assemblée en 3 blocs non conciliables. »
- 5:00S.LecornuFait
« Les conditions n'étaient plus remplies pour que je puisse exercer ces fonctions de Premier ministre. »
- 8:00B.RetailleauFait
« On me cache des choses. Je ne peux pas m'engager dans un gouvernement où on ne me dit pas tout. »
- 11:00P.DuhamelChiffre
« Au ministère de l'Intérieur, ils disent qu'il y aurait 250 députés RN. »
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... - A.-E.Lemoine: Bonsoir. "C à vous" en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce lundi 6 octobre.
Bonsoir à tous les 5. A la une, le Premier ministre de tous les records. - S.Lecornu: J'ai remis la démission du gouvernement. - A.-E.Lemoine: Jamais, avant S.Lecornu, un ministre de la Ve République sera resté aussi peu longtemps en fonction. 27 jours, dont 26 sans gouvernement.
Démission avant de faire son discours de politique générale. Du jamais-vu à la tête du gouvernement le plus éphémère depuis 1958. 14 heures et 30 minutes seulement, des records qui en disent long sur la crise politique majeure que traverse la France. - P.Cohen: Le président s'accroche à la solution Lecornu en donnant à son Premier ministre démissionnaire encore 2 jours pour trouver une solution pour essayer de conjuguer des forces contraires et opposées. - A.-E.Lemoine: Avant, en cas d'échec, d'en tirer toutes les conclusions et responsabilités.
On en parle avec B.Morel, politologue. P.Duhamel est là également.
L.Hausalter, en charge du suivi de l'Elysée pour "Le Figaro" et auteur de "La Foudre et les Cendres: Macron, les secrets d'une succession interdite". C'est disponible mercredi.
Bonsoir à tous les trois. Merci de votre présence pour commenter ces dernières 24 heures qui font dire que les responsables politiques français offrent un spectacle affligeant. - E.Tran Nguyen: C'est le mot du jour.
Il y a eu aussi "consternant", "inquiétant". - A.-E.Lemoine: Le courage de G.Pelicot. - L.Sénéchal: Elle fait de nouveau face, au tribunal, à un de ses violeurs.
Son ex-mari, D.Pelicot, sera appelé à la barre demain. - A.-E.Lemoine: Nous recevrons M.Bernier, V.Grimaldi, J.Gressier, le seul Français à avoir décroché une médaille d'or au 10 000 m, et Lorie, qui revient sur scène 25 ans après ses débuts. - P.Lescure: La reine K.Bush est dans mon OEil. - A.-E.Lemoine: En cuisine, Mehdi Favri, aux côtés de B.Chameroy. - B.Chameroy: Bonsoir, chef.
Tout pouvant arriver entre le début et la fin de ma phrase, je préfère qu'on marque des pauses. Toujours pas de nouveau drame? Pas de nouveau Premier ministre?
Au menu du soir? - M.Favri: Un poulet rôti. - B.Chameroy: Bonne émission, Babeth. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les deux.
On revient sur le film de ces dernières 24 heures, totalement folles. - L.Amar: Folles et historiques.
Tout a commencé hier soir avant 20h. Le secrétaire général de l'Elysée s'avance pour annoncer la composition du nouveau gouvernement, sans se douter qu'il s'agissait de la 1re secousse d'un séisme politique. - Le président de la République a nommé monsieur G.Darmanin, madame E.Borne, monsieur B.Retailleau... - L.Amar: Sur les 18 noms annoncés par E.Moulin, 12 font partie du dernier gouvernement.
C'est le nom d'un entrant que tout le monde a sur les lèvres. - B.Le Maire, ministre des Armées... - C'est un sketch. - Le fait le plus choquant, c'est le retour de B.Le Maire. - L.Amar: Celui qu'on présente comme la surprise devient le problème.
Personne n'était prévenu de son retour, chez les LR. Le patron du parti poste 2 tweets. La soirée bascule à 21h22. - La tournure de cette soirée prend un angle totalement différent. - C'est du jamais-vu.
De l'histoire des derniers gouvernements de la Ve République, on n'a jamais eu un ministre qui a dit ça, à peine arrivé. - On est hallucinés, par rapport à cette réaction. - L.Amar: C'est l'ensemble du bloc central qui se fissure.
Le parti Horizons N'est pas content. E.Philippe a refusé le poste de ministre des Armées.
Un autre ancien de Matignon fait savoir sa colère: G.Attal. Il écrit aux députés de son groupe et dénonce le spectacle affligeant donné par la classe politique.
Le socle commun n'a plus grand-chose de commun. - O.Faure: Je ne vois pas ce qui nous conduirait à ne pas voter la censure. - L.Amar: Ce matin, le gouvernement Lecornu ne tient plus qu'à un fil. 2 ministres essaient de donner le change sur les plateaux. - A.Bergé: Notre objectif, c'est que ça fonctionne.
J'espère qu'ils vont rester. Je n'imagine pas qu'ils puissent partir. - J.-N.Barrot: Je ne peux pas croire que le parti du général de Gaulle puisse se désolidariser. - L.Amar: S.Lecornu démissionne le lendemain.
Il est le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République. - S.Lecornu: Les conditions n'étaient plus remplies pour que je puisse exercer ces fonctions de Premier ministre.
Il y a beaucoup de lignes rouges dans la bouche de beaucoup. Il y a rarement des lignes vertes. Il faut toujours préférer son pays à son parti. - L.Amar: La formule sonne comme un tacle à B.Retailleau, accusé de penser davantage à la présidentielle de 2027 qu'aux 18 mois qui la précèdent. - B.Retailleau: Hier, j'ai été reçu pendant une heure et demie par le Premier ministre.
Il m'a caché qu'il y aurait la nomination de B.Le Maire. On me cache des choses.
Je ne peux pas m'engager dans un gouvernement où on ne me dit pas tout. - L.Amar: B.Retailleau avait convoqué le conseil stratégique des LR.
Tous les partis s'organisent et concentrent leurs critiques sur E.Macron. - J.-L.Mélenchon: Il faut mettre en cause la légitimité du président de la République. - M.Le Pen: Je l'appelle à dissoudre l'Assemblée nationale. - M.Maréchal: Il faudrait qu'E.Macron prenne ses responsabilités. - P.Jouvet: Nous demandons la nomination d'un Premier ministre issu de la gauche ou des Ecologistes. - L.Amar: Comme L.Castets, celle qui briguait le poste il y a un an.
Pendant ce temps, la seule image qu'on ait d'E.Macron, c'est seul à pied et dans Paris. Il m'a fallu un peu plus de 3 minutes pour vous raconter ces dernières 24 heures.
Regardez le compte Instagram du gouvernement. 3 posts depuis hier soir. L'annonce, la démission et cet appel à parler de santé mentale. - A.-E.Lemoine: Les réactions et les commentaires de nos invités dans un instant.
Tout de suite, l'Edito de P.Cohen. Quelques leçons de cette crise... - P.Cohen: La plus grave et insoluble depuis le début de la Ve République.
Quitte à figurer dans le "Guinness Book", autant aller au bout de nos recherches. J'ai trouvé encore plus bref, un gouvernement le plus court depuis le gouvernement Rochechouart, Casimir de Rochechouart, nommé par Charles X le 29 juillet 1830. C'était durant les Trois Glorieuses.
Il a été nommé le matin et dénommé le soir. Ca précédait un changement de régime. Je ne dis pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets...
Il faut noter cette particularité. Le gouvernement le plus éphémère et la crise la plus longue, près d'un an et demi depuis que la dissolution a éclaté l'Assemblée en 3 blocs non conciliables. Plus une crise est dure, plus elle est difficile à dénommer.
Il est probable que la méthode Lecornu mise en oeuvre il y a 6 mois aurait pu fonctionner. L'épisode Bayrou a mis tout le monde à cran. Les partenaires du socle commun ne se supportent plus et les échéances se rapprochent.
Les calculs et les intérêts personnels sont de plus en plus aiguisés à l'approche de la présidentielle. Autre leçon: un des pires spectacles politiques de ces décennies. Voici ce que tweete A.Pannier-Runacher.
Lecornu n'a pas tort de fustiger ceux qui ont voulu préférer leur parti que le pays, qui voulaient voir leurs programmes inscrits dans le budget de la France. Le psychodrame qui a tout fait dérailler parait autrement dérisoire avec B.Retailleau, qui dénonce la composition d'un gouvernement dans lequel il vient d'être nommé pour ne pas avoir été informé du retour de B.Le Maire comme ministre des Armées.
Poste qui lui a été proposé, à Retailleau, et qu'il a décliné. Il parle d'une question de confiance. Il laisse entendre que si on l'avait prévenu, il n'aurait pas forcément mis son veto et aurait pu accepter de siéger avec le renégat, B.Le Maire.
Pardon, je parle comme ce qu'on dit chez LR, où l'image du ministre de l'Economie est désastreuse. On est au milieu d'une sorte de cour de récréation. - A.-E.Lemoine: B.Le Maire se retire. - P.Cohen: "Je constate que ma décision de rejoindre le gouvernement provoque des réactions incompréhensibles, fausses et disproportionnées.
J'ai proposé au président de la République de me retirer du gouvernement sans délai et de transférer mes responsabilités de ministre des Armées au Premier ministre. Le président accepte ma proposition." C'est ce qu'il a tweeté.
B.Le Maire démissionne d'un gouvernement démissionnaire...
On imagine mal B.Retailleau dire: "Puisque c'est comme ça, annule et remplace." On verra.
Je poursuis dans l'exposé des responsabilités. Les socialistes n'ont cessé de changer leurs exigences. La taxe Zucman, les retraites, le renoncement au 49-3, Lecornu leur ayant annoncé qu'il s'engageait à ne pas utiliser ce 49-3 et à laisser le Parlement débattre librement.
Le PS s'est rabattu. O.Faure, on l'a entendu sur sa demande de suspension de la réforme des retraites.
Le Premier ministre n'avait pas promis la rupture sur la formation de son équipe gouvernementale. Il s'était engagé auprès de ses interlocuteurs de gauche à ne pas pratiquer de débauchage par rapport au gouvernement Bayrou. Il était prévu de procéder à une sorte de remaniement technique.
Mais après une si longue attente, 26 ou 27 jours de consultations, l'effet produit était désastreux. La composition était ultra macroniste. Ca a fait bondir les LR et B.Retailleau. - A.-E.Lemoine: Et maintenant? - P.Cohen: E.Macron est seul face à la crise, contraint de s'accrocher à la solution Lecornu.
L'Elysée l'a fait savoir il y a une heure. E.Macron confie à son Premier ministre démissionnaire la responsabilité de mener, d'ici à demain soir, D'ultimes négociations pour définir une plateforme d'action et de stabilité pour le pays.
En cas d'échec, le président prendra ses responsabilités. Ca veut tout et rien dire. Il a les cartes en main et aura une décision lourde à prendre en cas de nouveau blocage. - A.-E.Lemoine: Quelle chance accorder à ces ultimes négociations? - B.Morel: Très réduite.
Vous voyez les socialistes qui, hier, ne voulaient pas d'un gouvernement Lecornu dire qu'ils vont le soutenir? Le RN a envie d'une dissolution. Le RN va se dire "banco".
La différence avec ses prédécesseurs, c'est qu'à l'époque, les socialistes avaient peur de la dissolution comme de leur ombre. Il y avait un risque de voir le groupe socialiste disparaître. Le RN n'y avait pas intérêt.
Aujourd'hui, ils n'en ont plus peur. S'accorder avec les oppositions apparaît compliqué et périlleux. - A.-E.Lemoine: Ce qui fait dire à Patrick que la méthode Lecornu aurait pu fonctionner, mais il y a un an et demi.
C'était le plan A d'E.Macron. - L.Hausalter: Cette peur de la dissolution s'est évaporée.
Le seul camp politique qui va perdre énormément à la dissolution, c'est celui d'E.Macron. Ca lui a coûté très cher à l'été 2024, où E.Macron dissout alors que personne ne lui demande, sauf le RN.
Aujourd'hui, la situation est inversée. Des voix demandent la démission d'E.Macron.
Il n'y a que dans le bloc de ce qu'il reste de son bloc central où on sait qu'ils seront perdants. Ils vont revenir moins nombreux, quitte à poser la question du maintien du macronisme comme force politique au Parlement. C'est existentiel pour cette partie de l'échiquier politique.
Il y a la droite qui n'est pas contente du gouvernement. On craint les effets d'une telle décision. - P.Duhamel: Je ne sais pas ce qui s'est passé dans la tête du président de la République quand il a été réélu, assez largement, mais moins que la 1re fois.
J'observe que depuis cette réélection, chaque fois qu'il y a une décision à prendre, elle est mauvaise. La pire de toute la Ve République, c'est la dissolution incompréhensible. La dissolution, le général de Gaulle l'a voulue comme ça, c'est pour régler une crise.
Il l'a provoquée. Il n'a pas envie de dissoudre. Il pense que s'il y a une dissolution sortiront des élections des résultats avec une Assemblée ingouvernable.
A ce moment-là, il sera au-delà des premières lignes. Il y aura une pression de tous les côtés, des Français, des partis politiques, y compris dans son propre camp, pour qu'il s'en aille. Il veut éviter la dissolution.
Même la décision d'aujourd'hui est incompréhensible. Je parle sous le contrôle du constitutionnaliste, B.Morel.
Il se prive...
C'est pour ça qu'on est peut-être passés sous une crise de régime, même si elle n'a pas de définition dans le "Larousse". Là, il passe à un usage où il charge un Premier ministre démissionnaire d'aller trouver une autre solution. Je ne sais pas ce que pensent les Français... - P.Cohen: Ca aurait été encore plus désastreux de nommer un nouveau Premier ministre, un encore plus proche. - L.Hausalter: Ca a été envisagé.
E.Macron ne veut pas dissoudre. Il le fait contre le pays, dans le sens où personne n'a compris ce qu'il a voulu faire.
Là, il y a une pression. Il ne veut pas dissoudre. Ca lui retomberait dessus à la fin.
Il pourrait se retrouver en cohabitation avec le RN, ou on pourrait revenir à la même situation, mais en pire. Le ver est dans le fruit, pas depuis 2024, mais depuis 2022 et ce quinquennat mal né avec une guerre en Ukraine et une majorité relative aux législatives pendant lesquelles le président ne s'est pas impliqué. La dissolution a conduit à un blocage encore plus grave. - A.-E.Lemoine: Une nouvelle dissolution ne serait peut-être pas la solution... - B.Morel: Probablement pas.
Si vous prenez la carte électorale aujourd'hui, une dissolution finit de 2 façons. La solution la moins probable, c'est que vous ayez une majorité absolue. Le seul groupe qui peut l'espérer, c'est le RN.
Vous finissez votre quinquennat en cohabitation avec J.Bardella. Ce n'est pas tout à fait idéal.
De l'autre côté, l'option la plus probable, c'est que vous n'ayez plus de députés RN, un peu moins de députés LFI, beaucoup moins de députés centristes, et que vous vous retrouviez avec un Hémicycle encore plus ingouvernable. Là, qu'est-ce qu'il se passerait? Si le problème n'est pas à Matignon, parce qu'on a changé plein de fois de Premier ministre, si ça n'est pas à l'Assemblée nationale, il est à l'Elysée.
Ca ne réglera rien. Un nouveau président de la République ne permettra pas d'avoir un gouvernement ou un budget. On monte d'un cran dans la crise de régime, au risque... - P.Cohen: C'est même pire.
En imaginant un nouveau président avec une Assemblée ingouvernable parce qu'il y a eu une 2e dissolution...
Le nouveau président de la République ne pourrait pas dissoudre...
Il y a un débat? Il serait obligé de composer avec une Assemblée... - B.Morel: En théorie, vous avez raison.
L'article 12 de la Constitution interdit à un nouveau président de la République, puisque c'est la fonction mais pas l'homme, de dissoudre à nouveau l'Assemblée. Il n'y a aucun juge pour le dire. C'est quoi, une dissolution, juridiquement?
C'est un décret. Le Conseil d'Etat ne veut pas le contrôler. Si vous deviez faire une dissolution suivant une autre dissolution à moins d'un an d'intervalle, il y aurait des manifestations de constitutionnalistes.
Avec mes collègues, on ne serait pas contents. - P.Cohen: Je vous rejoindrai avec plaisir. - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce qu'il va faire, E.Macron?
Il n'y a que des mauvaises solutions? - P.Duhamel: Si S.Lecornu ne trouve pas la solution introuvable dans les 48 heures, c'est sans doute la dissolution.
Il ne pourra pas faire autrement. Aujourd'hui, au ministère de l'Intérieur, ils disent qu'il y aurait 250 députés RN. Il n'en manque qu'une quarantaine pour avoir la majorité absolue.
Ils pensent...
L.Aliot pense que ce sera bon avec LR. En 2024, Bardella avait dit: "Je ne viens à Matignon que si j'ai la majorité absolue." Il pense qu'ils auront des renforts qui exploseraient totalement. - P.Cohen: Il y a un vent qui souffle en faveur de l'union des droites.
Il y a des choses dans l'air qui... - P.Duhamel: Sinon, aujourd'hui, avant de confier la mission à Lecornu, il a fait téléphoner à des collaborateurs à des patrons de groupe de l'ex-socle commun pour demander ce qu'ils pensaient de la dissolution ou d'un Premier ministre de centre gauche...
On imagine un profil comme Cazeneuve ou Moscovici. "Qui est possible dans le socle commun?" Ils sont dans la patouille absolue.
Ca me fait penser à la phrase de De Gaulle quand il a démissionné. Il était président du gouvernement provisoire de la République française après la Libération. Il démissionne en janvier 46 car il considère que c'est le retour du régime des partis.
Il dit: "Je laisse les partis faire leur petite soupe sur leur petit réchaud dans leur petit coin." C'est exactement le sentiment qu'on a. - A.-E.Lemoine: Imaginons que S.Lecornu arrive par miracle à mener à bien ces ultimes négociations...
Il ne veut plus être le Premier ministre qui mettra le pays en ordre de bataille pour avoir un budget dans les mois qui viennent? - L.Hausalter: Oui.
Il renoncerait à cette mission. Il considère qu'il est impossible de la mener à bien et, en premier lieu, d'avoir un budget. Pourquoi ne pas partir sur cette hypothèse?
Il n'y a aucune raison de réussir en 48 heures ce qui n'a pas été réussi depuis quasiment un mois. - E.Tran Nguyen: Qu'est-ce qu'il peut faire de différent? - L.Hausalter: Ce que vous donnez à la gauche...
C'est toute la tragi-comédie de cette semaine...
Ce que vous donnez à la gauche va entraîner les protestations de la droite. Au milieu, il y a le camp Macron qui compte les coups entre les uns et les autres. - P.Cohen: Recoller les morceaux après l'épisode de B.Le Maire qui a cassé la vaisselle? - L.Hausalter: B.Le Maire sert de point de crispation et a beaucoup de choses dans cette histoire.
Pour avoir des discussions, on sentait qu'il y a quelque chose qui allait mal tourner dans cette histoire de nomination du gouvernement. Ce gouvernement penche à droite, mais il est très macroniste. Le fait de rappeler B.Le Maire est le symbole le plus probant.
C'est sur le fond que ça bloque. On ne peut pas voir qu'il y a des problèmes dans le pays et que chacun n'est pas d'accord sur la manière de les résoudre, à commencer par le gel qui est censé être arrivé. - A.-E.Lemoine: B.Le Maire se confie à vous.
Il vous dit: "La maison va s'effondrer sur ceux qui sont dedans." Y compris sur lui? - P.Cohen: C'est l'un des grands critiques du macronisme, B.Le Maire. - L.Hausalter: Il me l'a dit en face-à-face.
J'ai interrogé dans ce livre tous les prétendants à la succession d'E.Macron. B.Le Maire nourrit quelques ambitions présidentielles.
Il a déjà tenté sa chance en 2016-2017, sans grand succès. Dans une interview, encore plus récemment, il expliquait qu'il était hors de question pour lui de revenir au gouvernement. - P.Duhamel: "Catégoriquement". - L.Hausalter: Il se répand, sur E.Macron, avec ce point de crispation: à qui la faute de la dette supplémentaire?
Les crispations traduisent l'attitude de cette classe politique qui ressemble à un canard sans tête, qui n'a plus les leviers, qui ne sait pas comment on fait dans une Ve République avec une situation parlementaire pareille, et un pays qui est en train de décrocher. - A.-E.Lemoine: Pourquoi le Premier ministre a caché l'information du rappel, du retour de B.Le Maire dans ce gouvernement à ses ministres? - B.Morel: C'est une question qui entraîne la crise politique.
Est-ce qu'il espérait qu'au fond, B.Retailleau, pris dans le gouvernement, ne pourrait plus émettre de critiques? Est-ce qu'il a négligé le fait que le casting avait une importance?
Comment ça se passe dans tous les régimes parlementaires européens? La Ve République n'est pas si spéciale. Ce n'est jamais que la constitution d'un régime parlementaire.
Dans tous les régimes parlementaires européens, vous nommez un coordinateur. Vous lui dites: "Trouvez-moi une majorité, 289 députés." Il est peut-être un peu tard, aujourd'hui.
Une fois que vous avez trouvé une majorité, vous établissez un programme. Ensuite, un casting. Ensuite, "je vous nomme".
E.Macron dit exactement ça. Ca ne fonctionne pas en Allemagne, en Italie, en Belgique et aux Pays-Bas.
Ca ne fonctionne nulle part ailleurs. C'est aussi pour ça qu'on risque de se retrouver avec une crise. - A.-E.Lemoine: C'était une rupture qu'il fallait opérer? - P.Cohen: Ce qui est intrigant est que B.Retailleau n'ait pas posé la question.
Un entretien d'une heure et demie...
Le poste lui a été proposé, celui de ministre des Armées. Il n'aurait pas demandé à Lecornu qui irait aux Armées? - L.Hausalter: Tout n'est pas clair.
Depuis le début de l'histoire, le fait d'appeler B.Le Maire au gouvernement...
Ses relations avec E.Macron sont tendues...
Il y a quelque chose d'inexplicable dans ce choix. - A.-E.Lemoine: Dans la volonté de le rappeler. - L.Hausalter: Sur les moyens de s'en sortir, le constat de B.Morel est juste.
On n'est pas en Allemagne. Tout le problème est là. On entend, depuis les effets de la dissolution et cette ingouvernementabilité de la France, le fait qu'ailleurs, ça marche.
S.Lecornu l'a rappelé ce matin. Toutes les arrière-pensées du moment s'appellent "élection présidentielle".
Tout le monde se prépare et préfère laisser passer un an et demi de campagne plutôt que d'aller dans les négociations. - A.-E.Lemoine: C'est pas un caprice, qu'a fait B.Retailleau?
C'est un prétexte qu'il utilise? - P.Duhamel: Il a considéré qu'il ne pouvait plus avancer.
Il a considéré qu'il était bloqué. Il n'y a aucun doute. Ce qui me frappe, c'est les intérêts particuliers...
Je pensais à la panthéonisation de R.Badinter dans 3 jours. Il a convaincu, cet homme, F.Mitterrand d'aller très vite sur l'abolition de la peine de mort, une session extraordinaire tout de suite, en septembre 81.
Il savait, à ce moment, que Mitterrand et que deux tiers des Français y étaient hostiles. C'est une période où les grands dirigeants politiques...
Il venait d'être nommé garde des Sceaux. Il prenait un courage politique incroyable. Il allait contre le pouvoir politique.
Aujourd'hui, on a le sentiment qu'ils ne pensent qu'à l'élection présidentielle. Ils ne font que suivre les mouvements de l'opinion. Dans les débats politiques, l'argument, c'est "les Français sont pour ça, les Français sont contre ça".
C'est terrible. On a un peu de Shakespeare. La situation est tragique.
Il y a un peu de Feydeau. - A.-E.Lemoine: Un peu de cirque et un peu de tragédie. - P.Duhamel: Je suis effondré. - A.-E.Lemoine: E.Macron ne s'est pas adressé aux Français. - P.Duhamel: Depuis Bayrou, il ne s'est pas adressé...
Ca va faire un mois dans 3 jours. - L.Hausalter: S'il n'a rien à dire...
Il gagne du temps. Ca fait partie de l'équation. E.Macron est dans une phase de sa présidence où il est obsédé par la postérité.
Il doit poser les actes dont il pense qu'on va les retenir plus tard. La panthéonisation de R.Badinter en fait partie, comme la reconnaissance de l'Etat de Palestine.
Il y a, à côté de ça, la crise politique dont il est tenu pour 1er responsable par l'opinion. - B.Morel: Il n'a pas grand-chose à dire.
Sous la Ve République, le président est un président Janus. Il est le chef d'une majorité et en même temps, il est l'incarnation d'une unité de la nation. On a besoin d'un président qui soit l'incarnation de l'unité de la nation.
Aujourd'hui, vous avez une présidence fragilisée. Il y a un bilan, au sein même de ces troubles, une forme de rejet d'E.Macron.
Un E.Macron qui parlerait, ne donnerait pas forcément une vraie puissance à celui qu'il nommerait. Qui détient le pouvoir sous la Ve République?
Celui qui détient une majorité. Quand on pense à E.Macron, il est tout-puissant.
Vous n'avez pas de majorité tout court. Le problème n'est pas à qui est le pouvoir, mais que le pouvoir est devenu évanescent. - P.Duhamel: Il pense qu'il est inaudible.
Vous allez me dire que c'est de la lucidité...
La parole présidentielle, quand il y a des crises politiques, c'est la 1re fois qu'on ne l'entend pas. F.Mitterrand, quand il y a eu la cohabitation, il a parlé dès le lundi soir.
En 1968, de Gaulle a parlé 4 minutes. Il a dissout et c'était réglé. - A.-E.Lemoine: Dans votre livre, Louis, vous nous parlez de l'élection de 2032 à laquelle pourrait se présenter E.Macron, et il y songe. - L.Hausalter: Il y songe vraiment.
Ce n'est pas une blague. Je fais un chapitre là-dessus. Chez ses proches, antérieurement à la crise que nous vivons, ils nourrissent ce projet.
Ils l'entendent parler. La vie d'E.Macron après la politique sera la politique.
On pourrait imaginer qu'il pourrait tourner la page et être appelé à d'autres fonctions, mais premièrement, vous prenez les anciens présidents. Tous ceux qui étaient en état de santé de revenir ont essayé: N.Sarkozy...
F.Hollande...
V.Giscard d'Estaing...
C'est une constante chez les présidents. C'est une drogue. Une fois qu'on ne l'a plus, on veut y revenir.
Il pense qu'il peut y avoir un trou de souris. Ses proches pensent qu'il va redevenir populaire après la fin de son quinquennat. C'est mécanique.
On a vu tous les anciens présidents avoir un regain de nostalgie et de popularité, voire de sympathie. C'est même arrivé à F.Hollande.
C'est dire. Ca devrait arriver. Il pense ensuite qu'il peut matérialiser cela pour être le 1er président à réaliser l'exploit de revenir au pouvoir après l'avoir été une 1re fois.
C'est autorisé par la Constitution. S'il laisse passer un mandat entre ses mandats à lui, il peut tout à fait revenir. - P.Cohen: Sur les traces de Trump, en quelque sorte. - P.Lescure: Dans votre documentaire, vous avez longtemps interrogé F.Hollande sur son court passage à Matignon... - P.Duhamel: Moindre que celui de S.Lecornu... - P.Lescure: Ca dépend de quel barème on part.
Voilà ce qu'il disait de sa conscience de la situation. - F.Bayrou: J'ai une conscience aiguë de la crise des temps, et j'ai une conscience aiguë de la possibilité qu'on a de ne pas y arriver.
Ce que je sais, c'est que si on n'y arrive pas, alors on va entrer dans un temps de dérive...
Non, je devrais dire un temps de débâcle. Les temps qu'on vit en France, en Europe et planétairement sont des temps terriblement dangereux. Je n'aurais jamais pensé ce que je vais dire maintenant il y a 3 ou 4 ans...
Je pense qu'on peut se retrouver dans la guerre. - P.Lescure: L'analyse est très noire.
Sa responsabilité dans tout ça? Il en a conscience? - P.Duhamel: Je fais partie de ceux qui trouvent qu'il y a eu un bashing anti-Bayrou sans doute un peu excessif.
Je ne dis pas ça parce que je l'ai beaucoup vu pendant les 8 mois, avec M.Cotta. A l'Elysée, et je crois que S.Lecornu ironisait aussi beaucoup sur F.Bayrou en disant que sa méthode ne convenait pas...
Bref...
Je crois que c'était notoire. Le problème, c'est la décision de demander la confiance. Là encore, il est allé la soumettre au président de la République fin août à Brégançon.
Le président lui a donné son accord. Ils en parlaient depuis des jours. Sous la Ve République, même si c'est une Constitution parlementaire, plus l'élection du président au suffrage universel, c'est vers le président que tout converge. - L.Hausalter: J'appelle ça la fuite de la rue de Varennes, l'opération de F.Bayrou qui est parti de lui-même.
Au cours de l'été, je l'ai vu...
Il présentait son plan budgétaire, sauf que l'été a montré qu'il allait prendre des oppositions de tous les côtés. Dans une partie de sa tête, il y avait l'idée qu'il ne pouvait pas y arriver, que la situation politique était comme ça et que ce vote de confiance permettait de mettre en scène un départ plus glorieux que celui de M.Barnier. - P.Duhamel: Lui aussi a fait des erreurs.
On a dit qu'il n'y avait eu aucun contact entre personne en août...
J'ai croisé un de ses anciens ministres il y a quelques jours, qui m'a dit: "J'ai passé mon été, pendant 3 semaines, à parler aux socialistes. Quand je leur disais que le Premier ministre voulait faire 44 milliards d'efforts sur le déficit, eux me répondaient qu'ils pouvaient descendre jusqu'à 35 et qu'ils ne bougeraient pas de 20 milliards." - E.Tran Nguyen: Ils n'étaient pas en vacances, alors. - P.Duhamel: Les téléphones fonctionnent pendant les vacances. - A.-E.Lemoine: Le mot du jour: "affligeant". - E.Tran Nguyen: J'ai demandé aux réseaux sociaux s'ils trouvaient le spectacle affligeant ou s'ils avaient encore de l'espoir dans la politique.
Il n'y a aucun espoir, selon eux. Affligeant, honteux, pathétique, inquiétant...
Il y a aussi les politiques eux-mêmes. - P.Thevenot: Quand nous voyons le spectacle, c'est affligeant et ça fait peur. - X.Bertrand: Quel gâchis. - O.Faure: C'est une forme de spectacle qui relève plus du cirque que d'autre chose. - Y.Jadot: On a un spectacle affligeant. - E.Tran Nguyen: Il y a une autre inquiétude: quelle image on montre vis-à-vis des autres pays?
J'ai regardé ce qu'on disait dans la presse étrangère. Là aussi, un mot ressort: "chaos". Un quotidien russe voit là le pire moment institutionnel depuis de Gaulle.
Chaos aussi quand on lit la presse danoise, pour qui la faute revient à E.Macron et à la culture politique de la France. La seule solution pour que la France sorte de cette crise, c'est que ses politiciens s'engagent sérieusement à travailler ensemble.
C'est ce que déplorent aussi beaucoup de téléspectateurs. Pour eux, la politique n'est qu'une question d'ego, le pouvoir. Les ambitions personnelles vont contre l'intérêt général.
L'autre mot que je vois partout en commentaires ou dans la presse étrangère, c'est "dissolution" ou "démission". Que ce soit les téléspectateurs, les observateurs à l'étranger, personne ne voit d'issue pour E.Macron. ... - E.Tran Nguyen: E.Macron a une mauvaise image en France, mais il avait su jusque-là préserver son image à l'international.
Est-ce que cette séquence peut ternir son image et celle de la France au risque de ne plus être prise au sérieux sur la scène internationale? - L.Hausalter: C'est ce dont je parlais, la façon dont il travaille sa postérité.
Dans l'agenda d'E.Macron, l'international, c'est largement plus de 50 % du temps. La crise politique inquiète les concitoyens, mais lui, il est une semaine à New York pour reconnaître la Palestine devant une salle qui l'applaudit...
Le lendemain, un sommet européen à gérer la crise en Ukraine, à appeler D.Trump...
Il gère ça en parallèle. Peut-être a-t-il perdu de vue que la situation du pays était à ce point grave qu'elle pouvait rejaillir sur la scène internationale et l'image qu'il essayait de cultiver. - B.Morel: Ca l'affaiblit profondément.
Lorsque vous avez un président qui arrive à la table du Conseil européen, il n'engage plus le pays pour l'avenir, les réformes qui seraient faites. Il n'engage cette parole plus que pour un an et demi. Cette parole française est affaiblie. - A.-E.Lemoine: B.Morel, votre ouvrage est disponible depuis février 2025. "La Foudre et les Cendres: Macron, les secrets d'une succession interdite"sera disponible à partir de mercredi.
C'est signé L.Hausalter. "Matignon, mission impossible?" disponible sur le site de France Télévisions, réalisé par P.Duhamel et M.Cotta.
Tout de suite, le 5/5. Début des négociations indirectes entre Israël et le Hamas en Egypte. - L.Sénéchal: Et un coup de pression signé D.Trump, qui vise toujours un prix Nobel de la paix.
Il espère la mise en oeuvre rapide de son plan. Il a envoyé ses émissaires en Egypte. Le négociateur du Hamas est arrivé.
Il vit au Qatar. Israël l'a ciblé il y a un mois. Son fils a été tué, mais lui a réchappé à la tentative d'assassinat.
Israël s'est excusé pour cela auprès du Qatar. Gaza a été frappée la nuit dernière encore. En cas d'échec des négociations, B.Nétanyahou promet d'anéantir le Hamas.
En plus de la pression de D.Trump, il subit celle de la famille des otages. Les familles ont installé des tentes jusque sous les fenêtres de B.Nétanyahou à Jérusalem. ... - L.Sénéchal: Les populations européennes réclament aussi la fin de la guerre à Gaza.
A Rome, plus de 250 000 personnes ont manifesté samedi. Marée humaine aussi à Amsterdam, Madrid, Dublin, Londres pour réclamer la fin de la guerre. A Paris, rassemblement plus timide, quelques milliers de personnes.
Israël vient d'expulser 171 militants qui étaient à bord d'une flottille humanitaire. - A.-E.Lemoine: Aux Etats-Unis, des villes démocrates décrites par le pouvoir républicain comme des zones de guerre. - L.Sénéchal: C'est le terme utilisé notamment par la ministre de la Sécurité intérieure, qui a posté cette vidéo en forme de bande-annonce sur les interventions musclées de la police aux frontières.
On parle de Chicago. L'administration veut envoyer 300 militaires de la garde nationale. Le gouverneur démocrate est ulcéré. ... - L.Sénéchal: Le pouvoir trumpiste accuse les cartels et les organisations terroristes de payer la population pour se dresser contre les agents d'ICE.
La police aux frontières est parfois la cible de manifestants, comme ici, à Portland. La situation est tellement chaotique qu'à Chicago, des policiers se sont faits asperger de gaz lacrymogènes par leurs collègues de la police aux frontières. Le président Trump parle de ses opposants comme des moucherons qu'il faudrait écraser. ... - L.Sénéchal: Le transfert de la garde nationale de Californie vers Portland a été bloqué par une juge que Trump avait nommée et qui devient la cible de son entourage.
Un idéologue évoque une insurrection légale et rappelle que le chef des armées, c'est le président et pas une juge de l'Oregon. Voici les images de la maison d'une juge critique de l'administration Trump en Caroline du Sud. Elle a brûlé. - A.-E.Lemoine: En France, le procès en appel des viols de Mazan s'est ouvert à Nîmes. - L.Sénéchal: Un seul accusé sur les 51 violeurs condamnés en première instance pour les viols sur G.Pelicot, qui a été droguée par son mari pendant 10 ans, livrée à des inconnus recrutés sur Internet.
Elle est arrivée sous les applaudissements. - Ce procès a chamboulé beaucoup de vies. Il a permis à beaucoup de femmes d'identifier des violences qu'elles pouvaient vivre à l'intérieur de leur foyer. - On n'oublie pas.
Nous sommes là. - L.Sénéchal: G.Pelicot va assister aux 4 jours d'audience.
Son ex-mari sera auditionné demain. "Il m'a tendu un piège", déclare l'accusé, qui affirme n'avoir pas voulu violer G.Pelicot.
G.Pelicot dit que tous les accusés savaient qu'ils allaient violer une femme. - Il avait l'information.
L'information, c'est "cherche complice pervers pour abuser de ma femme endormie par mes soins". - L.Sénéchal: Ce procès en appel va durer 4 jours à Nîmes. - A.-E.Lemoine: Une 2e plainte vise le chef étoilé J.Imbert. - L.Sénéchal: Une jeune femme a porté plainte le 23 septembre pour violences physiques et psychologiques.
Elle avait 19 ans quand elle a rencontré J.Imbert, de 10 ans son aîné. Elle était serveuse dans son restaurant.
C'était avant qu'il participe à "Top Chef". Elle a raconté les disputes durant lesquelles J.Imbert la rabaissait avec des mots durs, jusqu'à la cigarette qu'il écrase 3 fois sur son épaule parce qu'il ne veut pas qu'elle fume. 5 personnes ont témoigné contre J.Imbert, dont l'ancienne Miss France A.Rosenfeld. - L.Salet: Il est sur le lit.
Il a mon téléphone entre les mains. Je venais de recevoir un texto qui disait: "Comment ça va, ma chérie?" C'est là-dessus que les faits ont démarré.
Il m'a interdit de sortir de cette chambre pendant plusieurs heures. Je suis allée dans la salle de bains tellement j'avais peur. J'avais les yeux rouge écarlate de sang parce qu'il m'avait mis du champagne dans les yeux. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, P.Delassus.
C'est à vous que s'est confiée Lucie, la jeune femme qui a préféré garder l'anonymat. Les faits remontent à 2010-2012. Ils sont prescrits.
Elle a récemment pris conscience que son histoire n'était pas isolée et qu'elle ressemblait beaucoup aux récits des 4 autres ex-compagnes du chef? - P.Delassus: C'est en découvrant les témoignages de 4 femmes dans "Elle" en avril dernier que lui a sauté aux yeux ce qu'elle avait vécu pendant les 2 ans de relation qu'elle avait eus avec J.Imbert.
Elle s'est décidée à porter plainte. - A.-E.Lemoine: Elle décrit des débuts heureux, une relation fusionnelle qui dérape très vite.
Les premières disputes, des mots durs, humiliants, avec un homme capable de la plaquer contre un mur et de la secouer sous les yeux des autres employés du restaurant. - P.Delassus: Cette scène m'a été racontée par des employés du restaurant L'Acajou.
Il y a plein d'autres scènes et des faits de violence très graves que dénonce Lucie, qui sont corroborés par des témoins à qui elle s'est confiée à l'époque: sa soeur, une amie...
Elle a aussi des cicatrices. Surtout, c'est un 5e témoignage qui recoupe et qui ressemble aux 4 premiers. - A.-E.Lemoine: Elle raconte avoir été mise à la rue en pyjama, avoir été griffée à la joue, avoir pris des photos à ce moment-là.
Elle raconte avoir été brûlée à l'épaule avec une cigarette. Elle en garde encore des cicatrices visibles. - P.Delassus: Il lui reste sur l'épaule la trace de la cicatrice à cause de ces brûlures de cigarettes.
C'est arrivé lors d'une dispute. Apparemment, J.Imbert lui interdisait de fumer.
Pour le provoquer, elle a allumé une cigarette. Il la lui a écrasée sur l'épaule à 3 reprises. Il reste quelques traces sur son épaule qu'on distingue.
Elle a aussi cette photo d'une blessure qu'elle a eue à la joue pendant une dispute. - A.-E.Lemoine: C'est cette jeune femme qui a inscrit J.Imbert au concours de "Top Chef", mais elle n'a pas été conviée à la finale en direct à la télévision.
Elle a été tenue à l'écart pendant toute la durée de la compétition, comme s'il voulait la cacher. Quand il célèbre sa victoire, il n'a pas un mot pour elle. Il remercie tout le monde sauf elle.
Quand elle lui en fait le reproche, il la frappe au visage. - P.Delassus: Il y a un dîner de célébration quelques jours après la victoire à "Top Chef".
Elle lui reproche d'avoir été tenue à l'écart et de ne pas avoir eu un mot pour la remercier. Elle se sent mal aimée et mise de côté. La dispute dégénère.
Il se serait levé...
Il était dans son bain. Il s'est levé et lui a asséné une claque sur l'oreille. - A.-E.Lemoine: Elle estime avoir été sous emprise, mais la plainte qu'elle a déposée correspond à des faits probablement prescrits.
A quoi peut servir cette plainte? - P.Delassus: Cette plainte appuie la première.
Ca consolide un dossier. Ca apporte du crédit aux 5 témoignages. Cette plainte va aussi sans doute servir aux enquêteurs, pour voir si d'autres femmes pourraient porter plainte et raconter des choses similaires. - A.-E.Lemoine: J.Imbert n'a pas encore réagi à cette nouvelle plainte.
Il s'était déjà exprimé par la voix de ses avocats à celle déposée fin août. "Des récits biaisés, tronqués, contredits par de nombreux éléments objectifs." Il conteste les accusations fermement.
Mais face à l'accumulation des témoignages, vous avez pu, dans son entourage proche, recueillir un début d'interrogation sur son comportement. - P.Delassus: J'ai appelé plusieurs de ses proches, des amis qui sont persuadés qu'il est incapable de commettre ces actes et d'autres qui commencent, sous le sceau de l'anonymat, qui se posent des questions...
Ils avouent avoir des doutes. Je parle de 2 personnes. C'est quand même notable.
Ils sont vraiment proches de lui. Ils s'interrogent. 5 témoignages qui se recoupent, des faits graves, 5 femmes sur une période de 2010 à 2024, ça commence à faire beaucoup pour eux. - A.-E.Lemoine: Merci.
On peut retrouver votre enquête dans les colonnes de "La Tribune Dimanche". Merci. On en vient à un Mbappé qui peut en cacher un autre. - L.Sénéchal: Vous pensez sans doute à celui qu'on va voir, star du Real Madrid et de l'équipe de France, K.Mbappé.
Il a un petit frère, Ethan. Ils se sont côtoyés au PSG. Hier soir, c'était le choc entre Lille et Paris, sous les yeux de Kylian, qui a l'air heureux parce que son frère a marqué le but de l'égalisation dans la dernière minute.
Kylian n'en veut pas à son frangin d'avoir empêché la victoire de son ancien club. Ethan a copié la célébration de son frère après avoir marqué le but. Il se fait un prénom. - Ethan Mbappé, tu es un fou! - Ethan Mbappé qui égalise, sous les yeux du grand frère. - Il nous vole la victoire, il égalise, on reste premiers, donc je m'en fous. - Mes respects.
Qu'est-ce que tu peux faire de mieux? - L.Sénéchal: Ethan Mbappé, remplaçant à Lille, n'a joué que 32 minutes depuis le début de la saison.
Il n'est entré que 2 fois en jeu, pour 2 buts. - A.-E.Lemoine: Vous êtes bon en statistiques.
On termine avec la belle image, le champion du monde du 10 000 mètres. J.Gressier a retrouvé son fief de Boulogne-sur-Mer. - L.Sénéchal: Les supporters l'ont célébré.
Sa vie a changé depuis sa victoire historique aux mondiaux d'athlétisme. Premier Français sacré champion du monde du 10 000 m. - Il l'a fait!
J.Gressier, champion du monde du 10 000 m. C'est dingue! - A.-E.Lemoine: Tout s'est joué dans la dernière ligne droite.
Ces images et ce final aux championnats du monde de Tokyo, on va les revivre avec J.Gressier, qui sera notre invité, aux côtés de M.Bernier, de V.Grimaldi, de Lorie, qui fait son retour sur scène.
Il y aura toutes nos chroniques. Merci d'avoir accepté notre invitation. A tout de suite.
Sébastien Lecornu