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Révolution vs Réformisme : Comment LUTTER ? Débat avec Anasse Kazib #Zawashow

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0:00
Anasse Kazib

Mais je le dis, les amis, moi je l'avais déjà dit une fois dans une interview, mais la première fois qu'on me dit Trotsky, j'ai dit, frérot, moi je veux pas de problème. Moi je veux pas de problème, vos histoires de goulag, de machin, moi ça m'intéresse pas. Mais parce que les amis, vous voyez Trotsky, à quoi il est cantonné dans notre histoire lycéenne, il est cantonné, au collège, pardon, même pas au lycée, mais au collège, au brevet blanc, t'as un paragraphe, on te met Lénine, Staline, Trotsky, goulag, seconde guerre mondiale, Hitler, dans ta tête tu ressors, c'est Fernand Nathan qui t'a expliqué l'histoire de la lutte de classe du point de vue de la bourgeoisie. Donc la première fois.

0:43
Présentateur

Faites des applaudissements pour bien accueillir Anas Kazib s'il vous plaît. Merci d'être venu, merci d'avoir accepté l'invitation, ça fait un moment qu'on avait envie de discuter avec toi, c'était l'occasion. Ce lendemain de 1er mai, on en a discuté un peu, toi t'es fan du 1er mai, de ce que j'ai compris quand on discutait en loge, là ça a l'air d'être ton moment préféré.

1:52
Anasse Kazib

Ah c'est tout de suite les doses. Non parce que, déjà merci pour l'invitation, moi je pense que c'était important de pouvoir discuter, débattre, etc. que souvent on a l'habitude à gauche en vrai de discuter entre convaincus et on a peur un peu des... Moi je regrette, au-delà de ce débat-là, de cette discussion de ce soir, des fois je me dis comment ça se fait qu'on ne met pas l'ensemble de la gauche, l'extrême gauche, autour d'une table pour pouvoir discuter et débattre et clarifier les positions des uns et des autres. Moi je vois quand on regarde un petit peu, ça n'existe pas.

Moi il y a une année, je ne sais pas si vous vous souvenez, si vous suivez un peu ce qu'on fait à RP, on avait fait il y a quelques années un débat avec QG, on avait fait un partenariat avec Aude Lancelin, on avait réussi à mettre Nathalie Arthaud, Eric Coquerel, il y avait des camarades du NPA, de Révolution Permanente, on avait fait un débat comme ça, et de mémoire je n'ai pas souvenir de discussions où je ne sais pas pourquoi on a un rub de ouf de désaccord.

2:55
Présentateur

Tu as une explication, à ton avis, pourquoi ces discussions-là ne sont pas possibles ?

2:59
Anasse Kazib

Tu as un avis là-dessus ? Personne n'apprend l'initiative ? Parce que je pense que c'est toujours plus facile d'aller débattre avec un macroniste, où tu ne peux être qu'à gauche, ou débattre avec un faf, où en fait c'est plus facile que de débattre avec quelqu'un qui va te manger sur ta gauche, sur des discussions politiques. Parce que face à un mec du RN, tu apparaîtras toujours plus humain, plus solidaire vis-à-vis des exploités, des opprimés. Mais si tu ramènes un mec plus sur la gauche révolutionnaire, et que tu commences à parler d'ouverture des frontières, de régularisation de tous les sans-papiers, d'autodétermination du peuple palestinien...

Et là tu parles de la gauche un peu molle, un peu social-démocrate ?

3:45
Présentateur

Tu parles de la France insoumise aussi ?

3:46
Anasse Kazib

Ah oui ? On va y revenir à ça. Non, il y a 50 nuances de gris dans la gauche de toute façon. Tout le monde n'est pas... Ce n'est pas un bloc monolithique, mais je veux dire qu'il y a bien une caractéristique de la gauche institutionnelle, c'est qu'elle, sur ces questions-là, notamment d'antiracisme, d'impérialisme, elle est plus qu'aux abonnés absents. Bon, on discutera plus de l'AFI après, mais par exemple, pour citer et mettre les pieds dans le plat direct, mais quand tu as un mec comme Mélenchon qui te revendique la présence de la France dans les cinq continents, tu vois ce que je veux dire ?

Quand il dit que c'est les lois de la République qui doivent s'imposer en Nouvelle-Canédonie, en Martinique, en Guadeloupe, d'un point de vue débat, d'un point de vue politique, programmatique, ça se discute entre les positions de Mélenchon et les positions de la gauche révolutionnaire autour de, est-ce qu'on doit être pour l'autodétermination du peuple canac, du peuple guadeloupéen, etc. Est-ce qu'on doit dénoncer le fait que la France, elle utilise ses positions maritimes, militaires ? Je veux dire, vous imaginez que la France, elle est deuxième puissance maritime, c'est pas avec la Rochelle et le port du Havre, tu vois ce que je veux dire ?

Elle est la Rochelle et le Havre qui prend une balle. Même pour vous dire, les amis, quelque chose d'extraordinaire, c'est-à-dire que la France, elle est celle qui a le plus grand nombre de positions militaires, de ports, de points d'attache au monde. C'est-à-dire que les Etats-Unis, ils n'ont même pas accès à l'ensemble des océans pour accéder à l'océan Indien, c'est-à-dire qu'ils utilisent la position de la France à Mayotte. C'est-à-dire que la position de la France à Mayotte, les Etats-Unis sont dans l'obligation de demander l'autorisation à l'État français de pouvoir pénétrer dans les eaux territoriales maoraises, c'est-à-dire à la France, pour pouvoir circuler là-bas.

5:29
Présentateur

Tu vois, tu dis, les Etats-Unis sont obligés de nous demander l'autorisation, moi ça me fait plaisir, je comprends que Mélenchon soit content en fait.

5:34
Anasse Kazib

Voilà.

5:36
Présentateur

Mais... Il ne l'a fait plus chez nous, en fait. C'est ça, c'est vrai, c'est vrai. Mais avant qu'on... Est-ce qu'on en reparlera après ?

Oui, parce que pour répondre sur ça, vite fait, quand même, vite fait, je pense qu'en plus, les jeunes militants et la jeunesse, notamment à la France insoumise, je pense que ce que tu dis, ils en sont convaincus, et moi je le vois, le truc d'où on est présent sur les cinq continents, c'est presque une blague chez les jeunes insoumis, je pense qu'ils voient bien le côté un peu problématique de cette position, et je pense que c'est un sujet qui a intégré largement chez les jeunes militants, et que Mélenchon, malgré lui, tu vois, tu dis l'antiracisme et l'antirapérialisme, c'est pas solide, je pense que sur l'antirapérialisme, t'as raison, mais l'antiracisme, c'est les mouvements sociaux et la jeunesse qui a fait bouger sur ces positions, je pense que ça pourrait être possible.

6:23
Invité

Mais là, on va, tu veux pas qu'on se garde ça, on va en parler un peu après. Mais déjà, je pense que pour te présenter, parce que même si je pense qu'il y a pas mal de gens... Voilà, on voulait commencer par ça, d'abord. ...qui te connaissent et...

6:32
Présentateur

Calme-nous, tu fais partie des personnages politiques où il y a beaucoup de gens qui t'aiment bien parce qu'il y a un côté où il devrait pas être là, il met un peu les pieds dans le plat, il y a un truc, tu vois, quelque chose d'un personnage atypique dans le visage de la gauche et même de l'extrême-gauche. Et même toi, souvent, t'en parles un peu en mode... Moi, je t'ai déjà vu dire des trucs des mecs comme moi, des fois, l'extrême-gauche, on n'est pas censé y venir, on n'est pas censé être là, ou alors, en tout cas, on n'a pas l'impression qu'elle est là pour nous aider, mais en fait, si, etc., le militantisme.

Et du coup, toi, te concernant toi, comment ça se fait que t'as passé ce pas-là et que tu t'es retrouvé à militer et que t'en es arrivé à Révolution Permanente et à devenir militant politique, quoi ?

7:18
Anasse Kazib

Oui, c'est clair et net que, déjà, sur le profil que les gens peuvent voir autour de moi, c'est que, en fait, c'est clair et net qu'il n'y a quasiment personne parmi les militants racisés qui...

pas que les militants racisés ne militent pas et n'essayent pas d'organiser des choses, mais on va dire d'un point de vue de la bataille des porte-parole-là, de la bataille de ceux qui essayent de porter une voix qui est plus audible, de contester aussi la question de la gauche institutionnelle, la critique de la bureaucratie syndicale, ça dénote, en fait, du côté assez routinier de familles historiques de la gauche française où, tu sais, on se connaît tous, on est tous ensemble, et c'est Kiz Robe qui vient avec son suite à capuche, etc., qui vient, qui nous parle de Marx, de Lénine, alors qu'il n'a jamais fait une fac de sociaux, il n'a pas été à Tolbiac, il vient de la Cité Rose à Sarcelles, tu vois, et d'où, comment ça se fait que lui est en plus de ça avec un aspect impertinent, tu vois, c'est-à-dire qu'il vient nous venir sur notre terrain à nous qui n'est pas son terrain.

Moi, je le dis très modestement, je veux dire, moi, je lisais Picsou Magazine, tu vois ce que je veux dire ? Je lisais l'école de Picsou, mais c'est une bande dessinée de lutte de classe, en réalité. Les petits boulots de Donald, moi, de ouf. Les petits boulots de Donald, voilà, pareil.

Je kiffais Donald de ouf, mais oui, moi, je ne savais pas qui était Karl Marx, je ne savais même pas, même l'extrême gauche, j'avais identifié qu'il y avait un facteur, un mec de La Poste, j'ai 38 ans, mais en gros, j'avais identifié qu'il y avait un postier, etc., je me souvenais de ça, mais la première fois, genre, tu me dis lutte ouvrière, NPA, machin, je ne voyais pas ce que c'était, ni qui c'était, même pour dire à quel point d'où je viens. Je veux dire, moi, je me rappelle une fois une discussion avec des camarades de RP, à l'époque, quand j'étais un peu en train d'être gagné par RP, ils disaient beaucoup prolétaires.

Et moi, je disais, vous dites prolétaires beaucoup de fois, mais ça veut dire quoi, prolétaires ? Je dis, moi, je ne connais pas, je n'ai jamais entendu ce terme-là, tu vois. Et ça dit quelque chose, c'est-à-dire que, d'une part, nous, on n'a pas la phraseologie classique. Même moi, parfois, je peux même être peut-être caricatural, tu vois ce que je veux dire ? Je vais utiliser des termes, hégémonie, des trucs comme ça. Oui, c'est ce que j'allais dire. C'est pas qu'on est teubé ou je ne sais quoi ou machin, mais c'est qu'on part à partir d'une position sociale des quartiers populaires.

Ouais, dans les quartiers populaires, il y a aussi une phraseologie, une manière de s'exprimer qui n'est pas la même, tu vois. Mais après, tu me dis, est-ce que tu as... Moi, mon daron, par exemple, m'a toujours dit ton père, c'est un ouvrier, tu vois. Ton père, c'est un ouvrier. Toi, essaye de devenir médecin. Enfin, généralement, je pense que ça se regroupe avec la plupart des camarades racisés. Nos darons, ils nous ont tous dit deviens médecin, ingénieur ou machin. Ils voulaient tous qu'on devienne... Moi, je me rappelle, mon daron, il me disait, deviens juge. Je dis, en vrai, tu deviens juge. Pour mon rep, le gaud, c'était le juge.

Je dis, mais moi, je m'en ai d'enfermer des gens et tout. Il me dit, ah, juge comme ça, tu ne seras pas comme ton père ouvrier, etc. Et c'est une fierté d'être un ouvrier. Mais bon, pour synthétiser comment je me retrouve à RP, en fait, en 2012, je vote François Hollande. Je vote parti socialiste. Comme quoi, ce n'est pas un crime ni quoi que ce soit. Tu vois, on peut venir de très loin. On peut être en battle avec beaucoup de confusion. Je veux dire, moi, je suis dans une période où il y a beaucoup de confusion à cette époque-là. Et ce que j'avais identifié, c'était que François Hollande, bon, il disait, mon ennemi, c'est la finance, machin.

Et j'ai fait comme beaucoup font, et ça va être même le cœur du débat, c'est la question des barrages, ah, au moins pire, le moindre ma, etc. Bah, tu me demandes, moi, le jeune que je suis, j'avais 18 piges au moment de 2005, au moment des révoltes des quartiers populaires. Moi, je me rappelle, je traversais le quartier, le carrefour, il était incendié, la médiathèque, etc. Enfin, je veux dire, c'était... Tu ne rentrais pas dans le quartier comme ça. Personne ne rentrait dans le Tchécart comme ça. C'est-à-dire que les seuls qui rentraient, tout le monde, on se connaissait, etc. Et c'était quelque chose de ouf.

C'est-à-dire que, moi, je me rappelle, les talkie-walkies, je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion d'écouter l'échange de talkie-walkies entre les condés quand Zied et Bounaz se retrouvent dans le transfo, etc. Et qu'ils disent laisser les cramer, etc. Je veux dire, c'était quelque chose de dingue. Ça, c'était mon premier moment politique. Et le deuxième, ça a été 2012, j'étais père de famille, ma femme venait d'accoucher, on venait d'avoir un enfant. Et je me suis dit, bon, Sarko, quand même, le quartier...

11:54
Présentateur

C'est que François Hollande s'est légitimé aussi sur l'anti-sarkoisisme. C'est qu'aujourd'hui, a posteriori, tu sais presque, quand t'es là, tu te dis, mais comment des gens ont pu voter François Hollande à l'époque ? Mais en fait, la période Sarkozy a été tellement violente et la haine de Sarkozy était tellement présente que François Hollande en a largement profité.

12:14
Anasse Kazib

Oui, et puis il y avait beaucoup de choses autour de ça, où on se disait, bon, voilà, Sarko, c'était le karcher, c'était casse-toi pauvre con, c'était le mec qui était en train de faire les réformes en 2010, en 2007. Moi, j'étais cheminot, donc le mec, je veux dire, la fameuse phrase de Sarko quand il y a une grève à la SNCF, on la voit plus, je veux dire, c'était quelque chose de... Tu peux pas, en fait, pas te déplacer. Donc quand t'as un niveau politique comme le mien qui se cantonne à regarder quelques petits trucs comme ça à la télé de passage vite fait, mais qui n'est pas le centre de ma vie, tu te dis, je vais voter François Hollande.

Et mon expérience, elle s'est faite de 2014 à 2016, notamment parce que je me suis syndiqué à la SNCF, parce qu'il y avait des petits combats locaux. Et 2016 a été une grande claque pour moi parce que je me suis dit, comment ça se fait que moi, je croyais que ces gens-là, c'était la gauche et que j'ai jamais autant vécu la misère en tant que travailleur que sous un gouvernement de gauche ? Parce qu'une des forces du syndicalisme, c'est que c'est pas juste les lois que vous voyez à BFM et les trucs qu'on entend, c'est que c'est la matérialisation directe.

Je veux dire, tu peux entendre à la fin des CHSCT, ou quand t'es dans une boîte, t'es, je sais pas moi, t'es technicien dans une PME ou un truc où il y a 10 salariés, le CHSCT, tu sais pas ce que c'est, tu vois.

Mais quand t'as la SNCF, le CHSCT, tu sais que t'as des collègues qui travaillent avec des wagons amiantés, tu sais que t'as des gens qui ont des troubles musculosquelettiques, donc quand tu sais la force que t'avais en CHSCT, où moi je me rappelle, je mettais à l'amende le patron de fou, tu vois, c'est-à-dire je lui disais, écoute-moi, sinon tu te manges une expertise, c'est-à-dire qu'en CHSCT, t'avais la possibilité de faire des expertises si le patron, il faisait une entrave, et c'était le patron qui payait l'expertise, et s'il a dénoncé, c'était lui qui payait ton avocat et qui devait payer son avocat.

Ça veut dire l'un dans l'autre, en fait, le mec, il se dit, ah putain, il va me ramener une facture à 100K, vas-y, tiens, les trucs que tu voulais, donc on arrivait à leur mettre des pressions de fou, et dès que les CHSCT se sont barrés, on a vu l'impact direct, c'est-à-dire l'impact sur le corps ouvrier de ces lois-là.

Et je me suis dit, c'est pas possible, en fait, que je me suis fait berner, je me suis juré de plus jamais me faire berner, je me suis dit, moi, si c'est que pour ma gueule, je veux dire, j'ai fait un milliard de choses, je me démerderai, même s'il faut que je dorme sous les ponts, s'il faut que je fasse la manche, s'il faut que je vole ou je ne sais quoi pour pouvoir m'en sortir personnellement, je ferai plein de choses.

Mais quand tu as une charge de famille, quand tu as des enfants, que tu es comme moi, petit-fils de tirailleurs marocains, où mon grand-père, il a pris un impact d'obus à l'arrière de sa hanche gauche, qu'il est mort quelques années après de ses blessures de guerre, que tu as un daron qui est venu à quitter sa famille, son foyer, son pays, pour essayer de nous offrir un avenir meilleur, tu te dis, merde, toi, tu as 30 piges, qu'est-ce que toi, tu fais pour ta génération ? Qu'est-ce que toi, tu vas laisser à tes enfants ? Parce que ton daron, il a quitté sa famille pour toi.

Ton grand-père, il s'est venu, bien sûr, ils ont été contraints, mais ils sont venus quand même se battre contre la barbarie qui était le nazisme. Qu'est-ce que toi, Anas Kazib, qui est un grand intellectuel, qui vous parlait français, comme nous, nos darons, il nous disait, nous, on ne connaît rien. Vous, vous parlez français, vous êtes allé à l'école française, vous avez fait des études, donc vous, vous devez être des champions, vous devez tous nous battre. Et je me suis dit, ce n'est pas possible, en fait, de rien faire. Pardon. Ce n'est pas possible de rien faire pour les générations futures. Et je me suis dit, je vais commencer à m'engager plus sérieusement.

Et ma première expérience a été Nuit Debout en 2016, où j'ai trouvé le truc... Ah, OK.

15:55
Présentateur

Nuit Debout, c'est... Parce que du coup, tu as beaucoup parlé de syndicalisme, j'ai l'impression que syndicalisme, ça a été aussi un angle de politisation. Là, tu parlais des CHSCT. Et du coup, Nuit Debout aussi... Ce qui est marrant, parce que tu parles beaucoup du syndicalisme, et Nuit Debout, c'est aussi un moment de remise en question du syndicalisme, un peu, tu vois.

16:14
Anasse Kazib

De fou, parce que moi, j'ai compris en 2016, face à la loi El Khomri, que le syndicalisme, alors c'est très bien, pour plein de choses, défendre tes collègues, enfin, je veux dire, j'ai encore un conseil de discipline le 14 mai prochain, dans une dizaine de jours, on accompagne des collègues, on rattrape des fiches de paye, on a des camarades, qui sont des mères isolées, qui n'arrivent pas à gérer le fait qu'elles aient des gamins en bas âge et de gérer les 3,8, et que tu as des DRH, femmes, quand tu comprends aussi c'est quoi le féminisme de classe, quand tu as une femme DRH qui voit une femme en larmes, qui lui dit, mais madame, moi, mon enfant, je le laisse seul avec ses frères de 11 ans, il a deux ans pour venir travailler la nuit, et que la DRH, elle te dit, bah écoutez, vous saviez où vous veniez quand vous avez postulé à la SNCF, ce genre de choses-là, on le fait, et le syndicalisme, heureusement qu'il est là pour lutter contre ça, mais je me suis dit, face à la barbarie en réalité du système capitaliste, face à la crise écologique, face aux guerres, face aux tensions, etc., tu vois bien en vrai qu'avec toute l'unité, je veux dire, même on fait l'unité la plus large de la CFDT, de ce que tu veux, tu vois bien que face à cet outil qui est le pouvoir, les syndicats ne rentrent pas à la tête.

17:27
Présentateur

La réforme des retraites,

17:28
Anasse Kazib

on a été le meilleur exemple. La réforme des... Et on a cantonné le syndicalisme à des questions de... Vous avez vu les débats hier sur la question du drapeau palestinien, que le 1er mai, c'est pas pour les drapeaux palestiniens, etc. C'est-à-dire, on a dit aux syndicalistes, fermez vos gueules sur tout ce qui est politique et tout ce qui touche. Alors, vous avez le droit de toucher aux retraites, salaires, repos, etc. Cantonnez-vous là. Tout ce qui se passe au-delà de ça, vous vous taisez. C'est ça, la réalité. C'est-à-dire qu'on impose tout de suite après, dès qu'il y a un syndicaliste qui dit de bricole, ah, vous faites de la politique, là. Là, vous êtes en train de faire un...

Mais qu'est-ce que c'est la réforme des retraites ? Partir à 60 ans, 55 ans, c'est éminemment politique. Dire, je veux le SMIC à 2 000 euros, c'est éminemment politique. Le partage du temps de travail, c'est éminemment politique. Mais on fait croire, en fait, que les syndicalistes, ils doivent s'occuper de ce qui se passe dans la boutique et pas en dehors. Et donc, Nuit Debout, ça a été le premier impact pour moi. Je me suis dit, là, on parle d'autre chose parce qu'il y avait la loi El Khomri et son monde. Et donc, je me suis dit, ce truc-là, moi, soucieux de l'avenir des générations futures, m'intéresse. Mais j'ai vu aussi les limites de Nuit Debout.

18:33
Invité

Oui, c'est ça. C'est quoi qui t'a plu ? C'est le côté où, justement, on essaye de réinventer la gauche qui... Je pense que t'es pas le seul. Beaucoup de gens ont fait avec Hollande, se sont dit, mais attends, c'était ça qui était censé être la gauche. On peut encore moins se mobiliser. Et Nuit Debout, ça a été beaucoup ça. Ça a été des gens qui cherchaient de nouvelles méthodes, de nouvelles façons de faire de la politique, de penser le truc, en disant, mais cette fois, on va essayer de refaire de la gauche, mais avec plus de radicalité. C'était ça un peu le... Il y avait une recherche, quoi.

19:03
Anasse Kazib

Il y avait un aspect très ultra progressiste, très à la base, etc. Moi, je me rappelle, la première fois que je vois Lordon, c'était à Nuit Debout, la fameuse phrase où il dit, on va pas maintenir les gens très longtemps avec BFM, du Lexomil et de la Flikaï. Moi, je dis, c'est incroyable, ce mec-là, c'est fou, ces gens-là. Je dis, mais qui sont ces personnes-là ? Moi, j'avais jamais entendu parler d'intellectuels à gauche, de gens qui discutent de ces choses-là. Néanmoins, j'ai vu les limites d'En Nuit Debout. Je me suis dit, c'est très bien, c'est une agora. On secoue les mains, etc. On applaudit, on fait opposition radicale, machin. Regardez-les, dans la salle.

Mais ce dont moi, j'avais besoin, ce n'était pas de discours grandiloquent, mais c'était de concrètement comment on impacte la production, comment on met à terre l'outil de travail pour en finir avec la loi de Comrie.

19:57
Présentateur

Le rapport avec le monde ouvrier était compliqué. Justement parce qu'en réalité, moi, je me rappelle que souvent, les militants ouvriers qui avaient accès à Nuit Debout, c'était souvent des syndicalistes et ça faisait débat. C'est qu'il y avait la question de est-ce qu'on laisse rentrer des gens avec des autocollants se jettent sur le truc. Mais après, ça a aussi du sens à ce moment-là, qu'il y ait une critique, je pense, du syndicalisme et la loi El Khomri. C'est comme la réforme des retraites, beaucoup de trahisons, de déceptions,

20:24
Anasse Kazib

de décisions

20:24
Présentateur

des différents syndicats.

20:25
Anasse Kazib

Et puis, il y avait Martinez. J'ai eu l'occasion d'être là le jour où Martinez vient à Nuit Debout, je crois que c'est encore sur YouTube, où il se fait huer parce qu'il dit qu'il n'y a pas le bouton pour la grève générale. Et moi, je suis d'accord qu'il n'y a pas de bouton pour la grève générale, mais entre le bouton de la grève générale et les journées sautent-moutons, il y a quand même un fossé. Et qu'à un moment donné, souvenez-vous, cette question des journées sautent-moutons, elle était assez incroyable. Les gens disaient mais attends, mais comment en fait on peut vraiment bloquer la prod avec des journées espacées de un mois ? En fait, ce n'est pas possible.

Les gens même qui ne connaissent rien au syndicalisme se disent mais attends, mais franchement, c'est la pire stratégie à faire que faire une grève tous les mois. Et il y a quelque chose où moi, je me suis dit ah, mais à l'époque, les anciens, ils ne faisaient pas ci, ils ne faisaient pas ça, etc. Et c'est là où je rencontre Révolution Permanente qui à l'époque était une tendance dans le NPA. Et en vrai, avant d'être fanat de RP, je suis devenu fanat de Trotsky. C'est-à-dire que...

21:24
Présentateur

Oh là là, ça y est, le nom est lancé.

21:27
Anasse Kazib

Il y en a des heureux, des moins heureux. Non,

21:29
Présentateur

mais je le dis,

21:32
Anasse Kazib

les amis, moi, je l'avais déjà dit une fois dans une interview, mais la première fois qu'on me dit les Trotsky, j'ai dit ah, frérot, moi, je ne veux pas de problème. Moi, je ne veux pas de problème. Vos histoires de goulag, de machin, moi, ça ne m'intéresse pas. Mais parce que les amis, vous voyez Trotsky, à quoi il est cantonné dans notre histoire lycéenne. Il est au collège, pardon, même pas au lycée, mais au collège, au brevet blanc, tu as un paragraphe, on te met Lénine, Staline, Trotsky, goulag, seconde guerre mondiale, Hitler, dans ta tête, tu ressors, c'est Fernand Nathan qui t'a expliqué l'histoire de la lutte de classe du point de vue de la bourgeoisie.

Donc, la première fois, on me dit Trotsky, je dis, voilà, c'est moi, machin. Mais je me disais, mais je ne trouve pas la réponse. J'étais vraiment ultra, ultra mal dans cette période-là. J'étais en train de me poser mille et une questions entre est-ce que il faut que je me barre de la France, est-ce que il faut que j'arrête le syndicalisme. Je me disais, mais mec, tu es en train de sacrifier tellement de choses. Moi, j'avais fait des journées, des journées de grève, c'est des sacrifices sur ta vie personnelle, sur les jouets pour tes enfants, les cadeaux, etc., tes vacances qui sont remises en question. Il y a énormément de choses.

Et tu te dis, tu fais ces sacrifices-là et que tu comprends, en fait, qu'il y a quelque chose qui ne cloche pas. Et moi, comme je vous disais, je pensais qu'en 36, 95, 68, c'était les syndicalistes de dingue, tu vois, qui étaient le couteau entre les dents, machin. Et les camarades m'avaient passé quelques textes de Trotsky qui étaient un recueil de textes. Je vous invite toutes et tous dans cette salle et dans le chat. C'est un livre qui s'appelle Où va la France ? En fait, Trotsky, il a été exilé en France pendant les grandes mobilisations de 34 à 38. Et à un moment donné, Trotsky, il dit que les masses sont prêtes à plus qu'à des journées sans lendemain.

Et il dit, le vin va finir par se transformer en vinaigre. Et il dit une autre phrase dont je me souviendrai toujours. Il dit, les directions syndicales n'ont rien trouvé d'autre que la lance à incendie pour appeler à la grève. Ils n'appellent pas les travailleurs à la mobilisation mais ils leur disent chut, chut. Et quand je lis ça, je dis, waouh, ça me met une tarte. Je dis, putain frérot, j'ai l'impression qu'il est derrière moi à nuit debout ou dans le piqué de grève. Je dis, mais qui c'est ce mec-là qui a écrit un texte en 1930 ? J'ai l'impression qu'il a vu Martinez avec moi qui est en train de dire le bouton pour la grève générale.

Et donc, les amis, moi, j'ai trouvé intéressant qu'on commence à discuter réellement de qu'est-ce que veut dire la bureaucratie syndicale. Et il y a une phrase que vous connaissez toutes et tous qui est celle de Maurice Thorez qui est date de 1936 qui dit, il faut savoir arrêter une grève quand on a obtenu satisfaction. C'est-à-dire qu'en vérité, en vérité, historiquement, la bureaucratie syndicale, elle a toujours joué un rôle traître vis-à-vis du mouvement ouvrier, vis-à-vis du mouvement de masse. Et c'est pour ça, malheureusement, qu'on perd énormément.

24:41
Présentateur

Mais, en fait, là, on rentre dans le dur, mais en même temps, quand, à Révolution Permanente, vous parlez quand même beaucoup du coup, de la grève générale. Mais du coup, est-ce que vous avez trouvé le bouton ? Il est où ce bouton ?

24:58
Invité

C'est ça le problème ? Est-ce que déjà, comment ça se fait, Révolution Permanente avant ? Peut-être non. Parce que pourquoi, en fait, vouloir se dire, non, on va se détacher de ça, c'est à cause de ça ?

25:10
Anasse Kazib

Je vais vous la faire très courte, parce que, bon, RP est une tendance dans le NPA. En 2021, pour le dire de la manière la plus cordiale, on est poussé vers la sortie du NPA. On a un désaccord profond, notamment sur la question de la présidentielle de 2022, où Philippe Poutou ne veut pas y aller, Olivier Besancenot ne veut pas y aller. Donc, on se dit, bon, si eux, ils ne veulent pas présenter de candidat, nous, on va se présenter, on va essayer de porter ma candidature au sein du NPA, ou essayer de trouver avec les tendances de gauche. Et là, il y a une levée de bouclier, on convainc Philippe Poutou de rempiler.

C'est pour ça que vous voyez, si vous vous rappelez un peu de 2022, souvent, Philippe Poutou, il est très mal à l'aise parce qu'ils disent, mais vous aviez dit que c'était que 2, etc. Pourquoi vous faites 3 ? Mais Anas Kazib, en plus, il est au grand gueule. Enfin, Anas Kazib, c'est pas vous, mais quand même, les gens, c'est pas un parfait inconnu. Enfin, je veux dire, vous pouvez quand même avoir les parrainages pour Anas Kazib. Et il est un peu gêné, il dit, non, mais on s'est dit que c'était plus facile.

La réalité, le fond de l'affaire, de l'histoire, c'est qu'en fait, Philippe Poutou ne voulait pas et qu'il fallait convaincre Philippe Poutou parce que bien sûr qu'au sein du NPA, pour le canal historique, c'est sûr que le canal historique, il ne va pas choisir pour Anas Kazib alors que Philippe Poutou dit, ok, je vais faire un troisième.

26:18
Présentateur

Surtout qu'il a fait, je sais, vous avez parlé d'être copain, mais il a fait ses preuves dans les moments de présidentielle. Ça veut dire que cette théorie que vous avez, en 2017 notamment, cette théorie de l'élection, l'élection témoignage un peu de l'extrême gauche, l'élection pour se faire connaître, etc.

26:34
Invité

Pour passer en sachant qu'on ne va probablement pas gagner, mais pour essayer de gratter de l'espace climatique, notamment grâce aux lois qui existent sur le fait qu'on doit départager la parole. Et tout le monde se souvient, je pense, de Poutou dans le débat de 2017. L'immunité ouvrière, ouais. D'ailleurs, on a ressorti les images récemment avec Marine Le Pen et sa condamnation parce que c'était un des premiers à la dresser comme ça sur les plateaux et à mettre très mal à l'aise que soit François Fillon, que soit Marine Le Pen. Mais est-ce que c'est pas d'ailleurs le dernier moment où on a vu ça ?

Parce que quand on voit qu'aujourd'hui, dans les débats qu'il y a eu en 2022, ils ont refusé, en fait, la plupart de participer au débat présidentiel. Un avant, un après.

27:14
Présentateur

Est-ce que depuis 2017, est-ce que ça a encore du sens, cette stratégie-là de présence aux élections pour l'extrême-gauche ? Est-ce qu'il y a encore quelque chose à gratter ? Alors que, de fait, j'ai l'impression que là, le précédent Poutou, ils veulent surtout pas d'un anascazip dans les pattes sur un plateau, tu vois, et même parler avec Mélenchon, déjà, qui est quand même... Oui, même Mélenchon subit ça, maintenant. ...qui est dans la politique institutionnelle, qui veut gouverner normalement, etc. Et c'est déjà inacceptable. Est-ce que...

27:47
Auditeur

Après, on parlera de la grève générale, mais c'est pas grave. Oui, oui, oui. Parce que c'était important ce que tu disais tout à l'heure.

27:51
Présentateur

Mais vas-y, pardon. Mais est-ce que... Parce que... Est-ce que c'est encore si pertinent que ça de continuer à vouloir être présent aux élections en tant que parti d'extrême-gauche révolutionnaire ? Et justement, est-ce que la grève générale, pour en reparler, est-ce que c'est... Est-ce que c'est comme ça qu'on va y arriver ? Parce qu'en fait, moi, on a l'impression que la stratégie de la stratégie de l'extrême-gauche...

28:12
Anasse Kazib

Razi l'a inventé une question. Présidentielle et la grève générale... En fait,

28:16
Présentateur

non, mais en fait, j'ai l'impression que le problème de l'extrême-gauche est du... Parce que toi, tu parles de Trotsky qui m'a libéré, ça m'a montré qu'il y avait quelque chose à faire, les syndicats marchent pas. Mais en même temps, on a l'impression que c'est verrouillé. Qu'il y a un truc où... Quel est le chemin ? Quelle est la porte à ouvrir face à ça, quoi ? Genre, c'est...

28:38
Invité

Peut-être qu'on peut d'abord sur les présidentielles et après sur les... Ouais, c'est ça. Mais les deux, en réalité. Après, c'est une... L'impuissance un peu politique du mouvement... En fait, c'est un peu lié de l'évaluation, oui.

28:45
Présentateur

L'impuissance politique du mouvement révolutionnaire, quoi, actuel.

28:48
Anasse Kazib

Après, pour moi, moi, ce que je vous propose, c'est qu'on essaie de le discuter en l'englobant plus sur un aspect idéologique, politique, de ce qu'on veut. En fait, c'est pas la... Les tactiques, c'est autre chose. C'est... Il faut discuter des stratégies par comment, etc. Mais c'est qu'il faut déjà voir quel est le constat qu'on veut faire parce que sinon, c'est inaudible. Oui, si tu veux. C'est inaudible dans le sens où, par exemple, si j'ai quelqu'un en face de moi qui me dit les luttes, ça ne fonctionne pas, la grève générale, ça ne marche pas, etc. Je peux me casser la tête jusqu'à demain matin pour le convaincre de la grève générale.

Son souci, ce n'est même pas le bouton pour la grève générale. C'est que la personne, elle est profondément défaitiste et c'est ça dont, pour moi, il faut parler.

29:31
Présentateur

Ça, on est d'accord, mais les gens qui disent la grève générale, ça ne marche pas. Je pense que ça... Au PS, ils vont peut-être dire ça, mais je pense que l'angoisse de gauche, c'est pas que la grève générale, ça ne marche pas. C'est qu'on n'arrive pas à arriver à la grève générale. Je pense que c'est ça la vraie dépression que tu dis et le défaitisme, il est là, tu vois. C'est pas que si on y arrivait, ça ne marcherait pas, c'est qu'on a l'impression qu'on ne va pas réussir à créer, on n'a pas les conditions politiques, tu vois.

29:58
Anasse Kazib

Tu veux, si tu veux... Pardon.

30:01
Présentateur

En fait, il y a le capteur là. Et si tu mets la main là, tu niques... Ah pardon.

30:04
Anasse Kazib

Là, c'est bon ? Là, c'est bon. Ça marche, désolé. Pour moi, l'un dans l'autre, ce que tu dis, ça revient au même. C'est-à-dire qu'on considère que la question des luttes, d'accord, elle ne fonctionne pas. C'est-à-dire qu'il y a un constat, enfin, la question, la plupart du temps, c'est que les gens, ils disent, on a fait les gilets jaunes, on a fait la réforme des retraites, il y a eu les grèves des cheminots, il y a eu machin, et qu'est-ce que ça a donné au final ? Les gens, ils se sont faits éborner, ils se sont faits défoncer. Regarde, avant, ma copine, elle venait avant au manif, maintenant, depuis qu'il y a de la répresse, elle, il ne va plus.

Moi, je connais énormément de gens qui, à cause de la répresse,

30:43
Invité

point de vue-là, où je n'avais pas conscience du monde syndical, etc., mais tu arrives dans les manifs, et puis le moment où tu te fais nasser par une cent cinquantaine de Batman surarmés et que tu te prends les gaz dans la gueule et tout, et quand tu vois après les images des gilets jaunes plus récemment, tu te dis à ce moment-là, en fait, la répression, elle est tellement forte que même manifester, je ne parle même pas de la grève générale, manifester en chantonnance qui peut être un truc un peu doux, déjà, même ça, ça ne semble plus possible. Donc, l'idée encore plus extrême de grève générale derrière,

31:10
Anasse Kazib

elle paraît d'autant plus difficile. Mais pour moi, c'est que c'est très intéressant ce que tu dis sur la question de la répresse et de qu'on ne peut même pas. Moi, j'essaye d'être un... Comment dire ? Un révolutionnaire, d'essayer d'être conséquent avec le fait de vouloir vraiment la révolution. Je ne dis pas que les gens, le jour où il y a la révolution ou qu'il y a la transformation sociale, ils ne seront pas les plus heureux du monde. La réalité, c'est qu'il faut qu'on parte d'un principe qui dit révolution, dit contre-révolution, dit la possibilité de pendre des anas-casimes en place publique, dit la possibilité de flinguer des gens.

La révolution, elle ne viendra jamais, il faut qu'on se mette d'accord là-dessus, elle ne viendra jamais dans un moment d'opulence où le SMIC est à 3 000 euros, qu'il n'y a aucune répresse, etc. Les mouvements des Gilets jaunes et la répression qu'on a connue, c'est parce que c'est la première fois où le pouvoir, il a commencé à flipper. Il s'est dit « Waouh ! Qu'est-ce qui est en train de se passer là ? » Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas si... Juste pour vous, une petite histoire que je raconte souvent, c'est celle des Gilets jaunes. Il y a au mois de décembre, les RG, ils tombent dans les groupes Facebook sur des plans d'évacuation des égouts de l'Elysée.

C'est une histoire véridique. Il y a eu un reportage sur BFM TV qui a été fait. Écoutez bien, les amis. Les RG, ils pensent que les Gilets jaunes vont passer par les égouts de l'Elysée. Et donc, il y a une alerte générale au sein de l'Elysée. Ils font nettoyer et installer d'urgence ce qu'on appelle le PC Jupiter qui est le boomer qu'a créé Valéry Chiscard d'Estaing qui était un truc avec des toiles d'araignée. Et ils se sont dit « Ah, c'est chaud ! Il faut mettre une bouteille d'eau et des pains au chocolat au cas où si il y a... » Tu vois ce que je veux dire ? Si les Gilets jaunes, ils viennent. Et ce n'est pas tout.

Parce qu'ils se sont dit si par malheur, ils passent par les égouts et ils fracassent la porte blindée du boomer, ils ont mis un hélicoptère dans la cour de l'Elysée prête à exfiltrer Emmanuel Macron et Brigitte Macron. Ça, c'était le 1er décembre et c'est une histoire vraie, les amis. Beaucoup de gens n'ont entendu parler. Ça a été raconté notamment par des journalistes du Figaro et du Monde. C'est une histoire vraie. Donc quand on dit qu'Emmanuel Macron a flippé et que le mouvement des Gilets jaunes a été... Et imaginez, c'est que 300 000 personnes. Alors, à ces 300 000 personnes, rajoutons un peu plus de monde de la classe moyenne et du prolétariat de ces villes périurbaines.

Ajoutons l'ensemble des raffineurs, l'ensemble des cheminots, l'ensemble des agents de la RATP, de l'énergie, les égoutiers, les éboueurs, les profs, la santé, etc. Attends, attends. Je veux dire... Et donc ces gens-là, tu les envoies dans les égouts ? Non. Pour aller choper les pains au chocolat du boomer. Exactement. Je pense, les amis, avec la petite liste que je vous ai faite, mais il y a tellement de gens dans la logistique, etc. C'est ça. Là, on commence à toucher un peu du doigt la question de la grève générale. Et pour reprendre sur Trotsky, Trotsky disait la grève générale, elle pose une question centrale. Elle pose celle de qui sera le maître de la maison demain.

Et c'est ça la réalité. C'est-à-dire que la classe bourgeoise, elle nous dépasse par sa conscience de classe. Jamais tu trouveras... Trouve-moi un patron millionnaire qui critique un patron milliardaire. Trouve-moi un patron milliardaire qui gagne 10 milliards et qui te dit l'autre salopard, il gagne 20 milliards alors qu'il fait ceci, il fait cela. Jamais, jamais du petit commerçant un peu qui gagne un peu bien sa vie au grand patron, les mecs, ils te disent vous nous emmerdez, vous bloquez l'économie, vous êtes des feignasses, etc.

Par contre, chez nous, les prolétaires, malheureusement, parce que l'autre, il est intérimaire, l'autre, il est en CDT, l'autre, il est au statut, on dit toi, tu fais tes privilèges, toi, tes machins, etc. Et vous le voyez dans... Il y a les camarades cheminots qui font grève la semaine prochaine, mais c'est le disque, tu sais, un jour s'en va, tu peux remettre même le replay, faut-il interdire la grève, se battent-ils pour leurs privilèges, etc. Après, c'est vrai que... Ma femme, elle devait venir de La Rochelle le 8 mai et puis, tu vois ce que je veux dire, c'est insupportable, tu vois, c'est vraiment... Pardon, je suis parti en cacahuète. On voit la colère du chineau.

Mais je n'ai rien contre ces gens-là, mais le problème, c'est que tu as envie de lui dire, mais frérot, on n'est pas contre toi, mais tu vois bien qu'il y a des alarmes sociales et que le patron, en fait, la seule chose qu'il comprend, c'est le rapport de force et la bourgeoisie, la seule chose qu'elle connaît, c'est quand tu brises l'outil de travail, quand tu bloques la production. Je ne suis pas... Mais... Moi, je sais que Ruffin, il ne vous kiffe pas, moi, je kiffe les ultras.

35:42
Invité

Donc c'est des ultras, en fait, notre chat. Mais moi, juste vite fait, tu as parlé... Après, là, ils font genre... Non, mais tu as parlé d'un truc intéressant. Hier, ils jouaient à un jeu vidéo, je te le dis. Oui, c'est ça, attention.

36:00
Présentateur

Expédition 33, on voit... Mais j'étais indien, un truc, par exemple, tu as parlé des intérimaires et de la division à l'intérieur de la classe ouvrière. Tu vois, par exemple, moi, j'ai passé une grande partie de ma vie de salarié en intérim et moi, j'avais le truc de... Ah, les cheminots, eux, ils peuvent faire grève. Moi, je faisais grève, la boîte d'intérim ne me rappelle plus jamais. Le droit de grève n'existe pas en intérim, tu vois, et c'est pas... Donc, quand tu es dedans, tu as un peu un ressentiment de la chance, ils peuvent faire la grève, mais en réalité, c'est aussi ce truc de...

Il y a eu une stratégie, tu parlais de la contre-région, il y a eu une stratégie patronale de l'intérim, de détruire les grands collectifs ouvriers, de faire de plus en plus de sous-traitance, etc. Tu vois, donc, tout ce que tu as dit, moi, on est d'accord, tu vois, le truc de cette puissance du moment où la grève générale arriverait et de ces masses dans les égouts qui vont chercher les pains au chocolat, et les aider, ça va rester ça. Mais comment tu fais pour ce collectif-là ? C'est pour ça,

36:50
Invité

c'est de faire émerger, quoi. Parce qu'il y a ce que tu décris sur les intérims, mais c'est ce qu'on discutait aussi avec Sandra-Luc Berre il y a juste littéralement 30 minutes, c'est aussi le rapport, justement, au capitalisme financier avec les plateformes comme Uber, l'auto-entrepreneuriat, où énormément de gens, maintenant, en fait, il n'y a plus de tissu syndical et ouvrier comme ça existait auparavant. D'ailleurs, c'est une des explications de pourquoi le vote de gauche commence un petit peu à s'amenuiser.

Et c'est aussi ce truc absurde où des fois, tu as envie, peut-être comme les gens qui sont dans cette salle, de participer à la lutte, mais comme en fait, tu es freelance, comme tu es intérimaire, en fait, ça te semble difficile d'imaginer ta grève générale, déjà que tu n'arrives pas de trouver de week-end parce que tu as perdu les 35 heures, le salariat, le CDI, tu es dans une sorte de truc de putain, comment je fais ?

37:38
Anasse Kazib

C'est hyper important parce que de là de ce que vous dites, c'est notamment ce qui manque dans la plupart des grandes mobilisations, c'est-à-dire la fragmentation illimitée quasiment de la classe ouvrière au sens large. Quand je dis classe ouvrière, les amis, ce n'est pas l'ouvrier en bleu de travail, c'est vraiment au sens large, même les gens qui sont au chômage, qui ont l'allocation du temps handicapé, on a une définition assez simple du prolétaire, c'est celui qui n'a que sa force de travail pour pouvoir vivre ou celui qui ne travaille pas malheureusement à cause des politiques validistes, etc. Ce qui fait beaucoup de gens. Pour préciser, ça fait beaucoup de gens.

Mais là-dedans, tu as des gens, comme vous le dites, intérimaires. Le problème, c'est que je te donne un exemple sur la... Ah oui, je vous ai... Parce que je sais qu'on m'a dit qu'il faut leur acheter un livre... pour faire des cadeaux comme Ruffin. Trop bien. On m'a dit, Ruffin, il leur a ramené la maladie infantile, il ne l'a pas lu. C'est sérieux. Et toi, ramène un livre que tu as lu.

38:36
Présentateur

Il est bon, il est bon, il est bon.

38:40
Anasse Kazib

Les amis, vraiment, Ruffin n'a pas lu la maladie infantile du communisme, sinon il ne serait pas là où il est. Je trouvais ça, d'ailleurs, c'était osé. Je crois qu'il n'a lu que titre gauchisme et il s'est dit ça doit être ça, ça doit être eux. Alors que ce n'est pas du tout ce que dit Lénine. Je vous ai ramené un livre qu'on a, un camarade qui s'appelle Juan Chingo. C'est La victoire était possible, réflexion stratégique sur la bataille des retraites de 2023. On est les seuls à avoir écrit un... Parce que pour nous, ce n'est pas juste les luttes, mais c'est de tirer les bilans.

Ce n'est pas les victoires ou les défaites qui jouent, même si, bien sûr, une victoire, c'est mieux qu'une défaite. Mais c'est aussi quel bilan, positif comme négatif, tu tires d'une séquence. Sinon, c'est quoi ? La grève, c'était quoi le problème, etc. Et donc, je vous ai ramené ça que je vous donne là comme ça, je ne me barre pas avec. Tu n'as pas un t-shirt aussi ? Parce qu'il avait un t-shirt. Non, mais je rigole. Et dans ce livre-là, en fait, ça correspond à ce que Raz et Dani ont dit sur la question en gros de cette fragmentation.

Qu'est-ce que nous, on dit en 2020, on dit que le simple mot d'ordre, vous savez, le petit dénominateur commun autour du retrait à 64 ans, il est inaudible vis-à-vis d'une grande masse du prolétariat. Tu as parlé des intérimaires, je vais te prendre des travailleurs racisés. Comment un homme qui fait agent de sécu du cabaret sauvage, qui par exemple est d'origine ivoirienne, il est arrivé ici à l'âge de 32 piges et il commence à travailler, il va s'installer, il vit en France. Comme moi je dis, je n'ai pas fait maths sup.

Mais quand tu as 43 années de cotisation, 43 années de cotisation, que tu as commencé à cotiser en France à l'âge de 32 ans, le mec de la sécu, il sait que lui, ce n'est ni 64, ni 62, ni 66, etc. c'est qu'il va devoir aller à 70 piges, 67 ans avec de la décote. Comment, ma préoccupation à moi, c'est comment lui je le ramène dans la bataille ? Comment je peux le ramener ? Attendez, excusez, non, attendez, attendez, attendez. Comment je le ramène dans la bataille ? Par la question des revendications. Comment je ramène l'intérimaire dans la bataille ? Par la question des revendications. Parce qu'il y a quoi à manger pour moi là-dedans ?

Ok, moi je risque de me faire licencier par PSA de ne plus avoir de mission le jour où je me mets en grève. A quoi ça sert en fait ?

Mais si il y a à manger sur la table et je sais que moi en bloquant l'usine avec mes potes, etc., en me mettant en grève, je sais que je vais, tu vas me dire, c'est départ à la retraite immédiate à 60 ans sans durée de cotisation pour toutes et tous, et bien je pense que si je suis ivoirien, que je suis venu à l'âge de 32 ans ici et qu'il y a des mecs qui m'expliquent qu'à 60 piges, moi, ivoirien, à 60 ans, même si je n'ai pas les 43 ni quoi que ce soit, je pars avec une retraite à taux plein, mais la vie de ma mère, je bloque le cabaret sauvage le lendemain matin. Tu vois ce que je veux dire ? La direction du cabaret sauvage ! Pardon,

41:35
Invité

pardon, je ne sais pas s'ils vont être heureux là. Ah non, ne bloquez pas,

41:39
Anasse Kazib

on n'a rien fait nous, ils savent avec ce qu'ils nous font. Alors, demain. Mais c'est pareil, c'est pareil pour le statut d'intérimaire. Qu'est-ce que tu fais pour l'intérimaire ? Parce qu'il est précaire. Non, et du coup, en fait, on a des directions syndicales qui tirent comme bilan qu'il a manqué de monde. C'est fou quand même, on a dit les manifs, souvenez-vous, on a dit record de 95. Ah voilà, c'est record de 2010. 3 millions et demi de personnes. Le lendemain, souvenez-vous, du 49-3, la veille, il y avait les affrontements à la Concorde. À Bordeaux, ils avaient brûlé la mairie de Bordeaux.

Les gens étaient en train de se dire, est-ce que, moi je me rappelle, BFM, ils avaient titré, est-ce que c'est le retour du spectre des gilets jaunes, la bureaucratie syndicale ? Et tu avais Berger et Martinez qui disaient, on alerte, on dit depuis le début que si on ne les écoute pas, ça va exploser. Mais moi, je pense que le rôle des organisations syndicales, c'est que ça explose. C'est de faire en sorte que les gens, ils en aient ras-le-bol et que ça explose. C'est pas d'être les bons conseillers de gauche du gouvernement, de leur dire, attends, moi je vais t'expliquer comment on fait pour les calmer, etc.

Lange-moi une petite miette, comme ça je dirais qu'on n'a pas tout obtenu, mais on a quand même obtenu quelque chose, etc. Et je pense que c'est tout ça ce qui est en train de se jouer. C'est-à-dire que les mots d'ordre, et on nous a dit, ouais mais toi tu es contre l'unité syndicale, Anas. À toi tu es pour diviser les syndicats. Mais non je ne suis pas pour diviser les syndicats, je suis pour l'unité syndicale, mais pas l'unité des logos au-dessus d'une feuille. Je suis pour l'unité des travailleurs par en bas. Je suis pour que les travailleurs ils réfléchissent et ils discutent du programme qui leur correspond en fait à la lutte.

Et j'ai connu personne dans un piquet de grève qui m'a dit qu'il était uniquement pour le retrait. Parce que les gens ils disaient même le retrait c'est pas suffisant. Partir à 62 ans c'est pas bon. On est crevé par le taf, on n'a pas envie de continuer à bosser dans ces entreprises-là. Exemple du travailleur imaginaire pardon, du travailleur de la sécurité. Mais moi les amis devant vous, mon âge c'est 66 ans et un trimestre. J'ai reçu ma feuille de la CNAV, c'est 66 ans et un trimestre. Parce que j'ai fait un BTS avant, j'ai fait un peu d'autres boulots et je suis rentré à la SNCF plutôt tardivement. Mais on est plein dans mon cas.

Et qui a mis la retraite à 40 ans, le nombre de cotisations à 43 ans ? C'est le parti socialiste. Tu vois ce que je veux dire ? C'est Marie-Sol... Oui. C'est Marie-Sol Touraine. Et vous prenez... Il y avait une grande dupris, je vais vous le dire, il y avait une grande dupris du PS et d'Olivier Faure. Olivier Faure, il a fait une interview dans Libération où il dit je suis pour la retraite à 60 ans. Quand tu ouvres le journal, il y a écrit sans toucher à la réforme de 2013. La réforme de 2013, c'est la réforme Marie-Sol Touraine qui a fait passer de 41,5 annuités de cotisations à 43 années de cotisations.

Donc comme je dis, je veux dire même si tu rentres dans le monde du travail à 21 ans avec zéro chômage, zéro précarité, rien du tout, ça te fait 64 ans. Donc, tu es contre quoi en fait ? Tu es pour 60 ans acquis pour le mec qui est au collège, pour le mec qui commence à travailler, il est en troisième. Tu vois ce que je veux dire ? Et ça, c'est profondément problématique. Et je pense que ça, ça ne résout pas tout. Parce qu'il faut après discuter du statut d'intérimaire, il faut discuter de tout cela. Mais tu vois bien que tu ne peux pas refaire après une grève de 60 ans et refaire une grève pour l'intérimaire. Mais le mec qui va te dire mais moi frérot, j'ai déjà perdu un mois de salaire là.

C'est quoi ? On ne va pas continuer à... Soit on fait une vraie grève et c'est là où vous voyez que ce n'est pas juste amoureux de Trotsky ou fanat de Trotsky, c'est que moi l'ouvrier, ce mec-là en fait, sans le connaître, sans savoir qui était cette personne-là, eh bien, il m'a parlé à moi en tant qu'ouvrier. Il a dit ce que moi j'avais dans la tête, c'est-à-dire qu'on ne veut pas en fait de grève épuisante, sans lendemain, sans stratégie, où tu sors et on te dit on était nombreux et puis ça finit et tu ne comprends pas. Et puis après, tu as des gens qui sont défaitistes parce qu'ils te disent on a lutté.

Et puis après, c'est les mêmes qui n'ont tiré aucun bilan qui te disent ah, ben là, il y a Bardella, là il y a Le Pen, fais gaffe parce que toi, l'arabe, là-bas, tu vas aller, tu vas manger sévère. Donc tu as intérêt à me réélire à mon petit siège que j'occupe depuis 20 piges où je t'ai bien niqué pendant 10 piges. Mais tu as intérêt à voter. Tu as intérêt à voter pour ça. Tu as intérêt à voter pour ça. Et oui, quand tu crois que tout est foutu parce que les amis, moi je vous le dis, j'ai voté PS en 2012. Il n'y a pas de honte et il n'y a aucune honte à avoir voté, peu importe et même si demain vous revotez et vous replongez là-dedans. On dirait que c'est une addiction le vote. Je suis mort.

Ah, attention. On va se refaire à voir par Mélenchon. Je crois que c'est ça qui sous-autant. Non, mais peut-être c'est pas pareil. Jamais je mettrai Mélenchon et le PS sur un même pied d'égalité. J'ai des désaccords mais pas au point de mettre la France insoumise et le Parti socialiste. Là, il a repéré

46:27
Présentateur

tous les insoumis de la salle. Le Sorada a dit cela.

46:31
Anasse Kazib

Mais je veux dire par là, c'est très concret. Pourquoi ? Parce que votre vote, les amis, est le fruit politique des défaites du passé. Parce que quand tu as perdu, quand c'est le fatalisme, quand on ne peut plus, on est machin et voilà et le gouvernement il est trop et il réprime et il dissout et là ce qu'on peut faire c'est se carapater d'essayer de se serrer un petit peu les coudes et attendre que ça passe mais vote pour moi quand même pour que moi je retourne à ma place. Et bien oui parce que quand tu as perdu, et bien oui, il faut accepter un peu de négociation de la régression sociale. Il faut accepter que les directions syndicales ils fassent le conclave avec le MEDEF.

Il faut accepter parce qu'il n'y a rien. Les gens ils ne veulent plus se battre. Mais quand tu as une boussole où tu es convaincu que la seule classe capable de retourner les choses et d'en finir avec le système capitaliste tirer les bilans des stratégies de ce qui nous a manqué de toutes ces stratégies de merde, de grève perlée, de revendications du plus petit dénominateur commun des mecs où en fait ce n'est pas toi qui décide c'est toi qui sacrifie du salaire et c'est Berger qui décide quand est-ce que pour lui c'est bon quand est-ce que pour lui c'est fini et toi qui sacrifie du salaire avec tes collègues tu n'as aucune décision.

Tant qu'on ne tire pas en fait les bilans de ça bah oui en fait c'est plus facile d'accepter le dialogue social la régression sociale et l'unité des gens que tu détestes parce que tu dis c'est plus possible mais si tu viens avec un discours où tu es convaincu en fait que la grève générale est possible pas qu'elle est à portée de main et il faut beaucoup de travail mais que oui on pourrait en fait se mettre en mouvement et en finir avec ça et qu'on pourrait penser à un autre monde parce que le problème c'est qu'on passe notre temps au moindre mal et moi je pense ici il y a des jeunes et les gars vous êtes de la même génération que moi moi je ne sais pas si vous avez des enfants moi j'en ai trois j'ai un gamin de 2 ans 9 ans et 12 ans c'est quoi l'avenir frère pour eux ?

qu'est-ce qu'on fait en fait pour ces gens là ok 5 ans après moi je vais avoir 42 piges et machin je peux faire ça comme ça jusqu'à ce que je crève est-ce que je veux que mes enfants aussi ils font encore ça 5 ans au final tu te dis putain on est en train de faire la même stratégie on a vu Syriza Podemos machin etc on sait tous le PS plus jamais ça et puis quand même votre PS et puis là maintenant ouh le PS etc et puis quand même quand on te dira attention il y a Rotaio il y a Bardella ah quand même Rotaio et force c'est quand même pas la même chose attends toi t'es accélérationniste toi t'es pour le fascisme moi je pense qu'on ne peut pas discuter uniquement de cette manière là et qu'on devrait discuter profondément nous notre génération aussi quel monde on veut quel monde en fait on a envie de construire pour les générations futures et je pense qu'on est une classe révolutionnaire capable de retourner le système capitaliste il faudrait simplement qu'on en ait conscience il faudrait simplement qu'on croit en nos propres forces et non pas en des gens qui font du porte à porte une fois tous les 5 piges pour te dire vote pour moi

49:07
Présentateur

calmez vous calmez vous calmez vous vous allez aller voter bien en rang bientôt vous inquiétez pas mais oui oui

49:25
Anasse Kazib

mais c'est pas anti-électoraliste en tout cas c'est pas si attends

49:29
Présentateur

arrête arrête si t'es anti quand même t'as une position bah là de ton discours t'es en train quand même d'expliquer que tout ce qui se place en dehors d'une stratégie révolutionnaire est de fait contre-révolutionnaire si on écoute ton discours parce que tu vois tout à l'heure t'as dit je suis contre le smic à 3000 euros quand même à un moment

49:47
Anasse Kazib

moi j'ai dit ça ouais t'as dit en gros mais comment tu fais t'as un petit peu déformé là en gros il a dit ça moi j'ai dit

49:54
Présentateur

t'as dit non mais non en gros tu disais même les solutions de gratter un petit peu en fait c'est un truc pour nous endormir à un moment t'as dit ça un peu tu vois ça suffit pas en fait genre c'est le truc de mais en vrai la situation

50:08
Anasse Kazib

ne te permet pas je veux dire

50:10
Présentateur

la situation ne permet pas de gratter une augmentation du smic mais moi j'ai l'impression qu'elle permet encore moins ce que tu décrivais ce qu'on souhaite tous enfin je pense c'est dans la salle t'as vu la réaction sur la question de la révolution de la grève générale de l'envie de ça mais en fait il y a les adversaires des directions syndicales je suis d'accord avec toi même le réformisme la gauche et même la France insoumise si tu veux mais il y a aussi à un moment donné la dépolitisation massive dans le pays qui a été organisée qui vient pas de nulle part et un désintérêt de la population qui fait que la projection ce truc là que tu invoques tu dis les gilets jaunes là on pourrait y aller tu trouves qu'il y a

50:51
Anasse Kazib

un désintérêt de la politique

50:53
Présentateur

alors il y a un désintérêt des politiques des politiques et de la question politique mais moi j'ai pas l'impression que et peut-être que c'est une vision mais j'ai pas l'impression que le discours que la manière dont l'extrême gauche et les mouvements révolutionnaires en France se sont organisés que le problème c'est pas des questions de fond c'est pas des questions d'idées c'est pas des questions de méthode mais j'ai l'impression qu'il y a un mur entre en réalité la classe ouvrière et le mouvement révolutionnaire et le mouvement révolutionnaire qu'il y a un truc qu'il y a quelque chose qui fait que le lien se fait pas tu vois genre il y a le mariage n'arrive pas à être consommé quoi

51:32
Anasse Kazib

ça c'est une des une des grandes limites de l'extrême gauche ça serait faux de considérer que l'extrême gauche en fait est ultra hégémonique que tout le monde est marxiste révolutionnaire c'est totalement faux en tout cas c'est pas une seule seconde ma pensée d'ailleurs Marx disait une phrase incroyable il disait la pensée dominante c'est la pensée de la classe qui domine donc vous voyez bien que quand en fait quand quotidiennement ce que t'entends c'est Rutel Krièf Olivier Truchot Gilles Boulot etc et c'est machin est-ce que tu considères comme le plus à gauche c'est quotidien etc c'est Yann Barthès et que c'est ça martelé quotidiennement 24-24 etc les amis il faut savoir que les médias mainstream ne font aucun argent ils sont tous déficitaires CNews n'a jamais été bénéficiaires mais il faut pour dominer les corps il faut dominer les esprits d'abord et c'est important en fait de matraquer politiquement une idéologie c'est pour ça que t'es un preneur d'otages quand tu fais grève t'es un yellow block parce que t'es un gilet jaune etc etc toutes les sauces je veux dire soit t'es un éco-terroriste quand tu défends Sainte-Soline etc ou autre enfin je veux dire il y a une donc donc c'est difficile vous voyez même la France insoumise qui se revendique être un parti républicain qui est de gouvernance institutionnelle je veux dire c'est pas juste la question des et qui sont tous sages nous on est pas on est pas la gauche de LFI on a une stratégie et un programme totalement différent de ce que porte LFI ça veut pas dire qu'on est pas on est contre les élections tu vois ce que je veux dire mais on considère que c'est pas avec les élections qu'on va en finir avec le système mais si demain par exemple un candidat comme moi ou un autre de la gauche révolutionnaire avec un programme éminemment politique offensif etc il faisait 15 ou 20% bah moi je pense que ça serait une claque politique à l'échelle internationale moi je me rappelle d'un camarade qui est algérien et qui m'avait envoyé un jour un message et qui me demandait tout le temps t'as combien de parrainage à combien de parrainage et il me disait t'imagines même pas une seule seconde si dans un pays aussi impérialiste que la France un pays aussi colonial que la France il y avait pour la première fois de l'histoire de ce pays là un ouvrier racisé qui est sur la ligne de départ et qui est candidat il me dit ça serait un tremblement de terre à l'échelle internationale de savoir qui est cet arabe qui est là tu vois ce que je veux dire et je pense faut pas faut pas sous-estimer faut pas sous-estimer ça c'est à dire que les gens ils ont besoin d'une incarnation mais aussi ils ont besoin moi je vois même prenons juste Poutou tu prends 20 personnes tu leur dis est-ce que tu trouves par exemple que Poutou est plus radical que Mélenchon ils vont dire ah bah Poutou oui moi j'aime bien ce qu'il fait Poutou mais moi je vais voter Mélenchon parce que Mélenchon c'est plus si les 20 personnes en fait qui se reportent sur Mélenchon ils votent Poutou mais au final que tu sois Poutou ou Artho si tu crois dans cette gauche révolutionnaire et ce qu'elle incarne tu peux essayer de la porter la réalité c'est qu'en fait on revient systématiquement à la même chose c'est est-ce que c'est possible finalement la révolution est-ce que le mieux c'est pas les institutions mais c'est pour ça que je te dis

54:30
Présentateur

donc c'est pas sa place parce que pareil Poutou il venait en plateau il disait votez pas pour moi c'était son discours tu peux pas reprocher aux gens de voter Mélenchon alors qu'il était en mode moi je veux pas être élu tranquille mais sinon

54:41
Anasse Kazib

déjà t'as détruit l'élection présidentielle parce que l'élection présidentielle il y a qu'un gagnant mais il y a toujours 15 participants de fait en fait il y en a 14 qui perdent mais tu peux pas leur dire en fait là parmi les 14 qui vont perdre pourquoi vous vous présentez bah il va te dire bah nous on fait de l'idéologie on essaye de marteler et puis le Pen et puis le Pen il dit il y a 3 millions de chômeurs 3 millions d'immigrés et il fait 2% et après il fait 7% et après il fait 10% etc etc bah moi je pense que si nous la gauche révolutionnaire on pouvait avancer matraquer avoir ces moments là dans lesquels pas pour faire du témoignage parce que pour moi le témoignage c'est mauvais je pense que les gens disent de j'ai beaucoup de désaccords avec le NPA et LO mais ce que je n'accepte pas c'est qu'en fait on caricature aussi pas vous je dis pas vous mais les gens ils peuvent caricaturer en mode témoignage c'est pas du témoignage parce que si c'était du témoignage pourquoi ils te laissent pas parler à 20h ?

pourquoi tu parles sur France 3 Régions à 4h du matin pour ton temps de parole et Macron et Macron va lui donner mais c'est pas pour rien mais tu vois mais parce qu'ils veulent pas en fait que les gens ils entendent aussi ça ils veulent pas que les gens et je pense que

55:42
Invité

le problème que j'ai moi en candidature témoignage c'est pas une extrême gauche qui ferait 2% ou 3% c'est plutôt les Verts qui font 2% le PCF qui fait 2% le PS qui en fait 4 et qui empêche aussi le PS avait même fait 1,5 je crois

55:56
Présentateur

mais moi je pense que mais après c'est pour ça aussi que le fait la difficulté d'avoir des parrainages je pense que vous devriez faire campagne pour les municipales pour la France insoumise comme ça après ils vous signent des parrainages ça devrait être un bon deal

56:07
Anasse Kazib

je pense qu'ils les signeront pas parce que

56:11
Présentateur

s'ils avaient des mairies moi je suis sûr on militera pour

56:15
Anasse Kazib

je pense qu'ils peuvent après pour moi c'est pas une question pourquoi je suis parfois gêné par la question des élections et autres c'est parce qu'elles sont des moments où on a l'impression que le temps s'arrête et que vous voyez bien que d'une élection à l'autre en fait le temps de la lutte de classe et le temps des offensives du système capitaliste en fait ne s'arrête pas vous voyez bien qu'en fait ton élection municipale législative etc qu'est-ce qu'elle est à côté du génocide et du massacre de civilisation en Palestine qu'est-ce qu'elle est à côté de la guerre en Ukraine etc

56:50
Invité

je suis d'accord avec toi mais c'est aussi un moment de politisation il y a énormément de gens qui vont à ce moment là se dire bon bah où est-ce que j'en suis dans ma vie par un peu comme ce qu'il y a écrit avec François Hollande en 2012 tu vois et comment ça te fait rentrer un premier pas où tu dis oula Trotsky ça fait peur et après en fait ça y est t'es rentré t'as pris la pilule rouge de la politique et t'es accro et nous on l'a vu c'est le nombre de gens pendant 2022 qui nous ont témoigné oh putain je suis rentré à ce moment là alors que jusque là la politique ça me passait par dessus ça me paraissait trop compliqué et typiquement ce que tu dis sur l'électoralisme et tout moi tu vois je viens de l'abstentionnisme c'est à dire qu'à la base j'étais en mode c'est foutu mes parents je les décris comme des crypto-gilets jaunes ils sont morts trop tôt pour l'être vraiment mais ils avaient vraiment cette façon d'être de ah la politique politicienne de toute façon on se fait toujours baiser et qui ont voté déjà c'est eux ils me disaient rien qu'avec Ségolène Royal tu vois ils voulaient pas voter pour Sarkozy bien sûr mais ils me disaient ouais Ségolène Royal c'est déjà un peu une douille donc moi mes parents très jeunes je comprenais pas grand chose mais ils m'expliquaient qu'au fond ça allait pas être ça qui allait marcher et ils auraient préféré justement voter pour des candidats comme Besancenot pour qui ils avaient moi c'est un ouvrier c'est vrai que ça c'est important cette dimension de à lui au moins il nous ressemble il ressemble à quelque chose c'est un fonctionnaire privilégié à l'envers

58:09
Présentateur

c'est pas ça qu'il faut dire

58:09
Invité

en tout cas il se reconnaissait plus en lui qu'il se reconnaissait dans les autres et il savait et pourtant ils allaient voter utile et machin et ils se sont fait avoir et je pense qu'il se serait radicalisé là aujourd'hui en disant bon bah peut-être ça marche encore moins et moi je suis arrivé là-dedans en me disant je vais pas voter François Hollande parce que je voyais la douche je voyais mes parents déjà en parler parce que t'avais quand même un timide espoir de ça sera peut-être un peu moins pire justement ce fameux moins pire mais aujourd'hui

58:39
Présentateur

mais de l'autre côté

58:42
Invité

je ne croyais pas non plus en l'extrême gauche parce que bah les scores font 2% on dirait des sectes bizarres où il y a 15 scissions ils s'engueulent entre eux et puis moi Trotsky oui j'ai vu comme tu disais à l'école bon il y a un coup de piole à un moment un truc qui fait peur et donc tu dis oui pour lui malheureusement

58:58
Présentateur

après on parle de Kronstadt

59:00
Invité

et puis beaucoup d'intellectuels et donc souvent aussi beaucoup de bourgeoisie intellectuelle culturelle qui parle de ça après ça c'est toute la gauche pour pas attendre c'est trop dur de faire le procès mais même à l'extrême gauche tu vois même à l'extrême gauche tu vois en apparence un ouvrier qui est placé devant et derrière 250 intellectuels quand il y en a un placé devant quand il y en a un je dis pas c'est pas une critique je dis ça pour mettre le constat dans lequel j'étais et qu'il y avait un dégoût de me dire mais en fait rien marche si je me fais gazer je me fais taper qu'ils en ont rien à foutre qu'en même temps si je vais voter ça sert pas et tout et c'est là où le projet de Mélenchon a résonné je pense que je suis pas le seul dans son idée de dire bah en fait on va proposer une gauche électorale certes où il y a des compromis à faire mais une gauche qui s'inspire de la révolution citoyenne et qui crée de nouveaux cadres des nouvelles façons de faire et bah là je pense qu'on peut penser par exemple à Rima Hassan sur la Palestine qui a été investi comme ça Louis Boyard sur les lycéens Alma Dufour avec les gilets jaunes et qu'au sein même du parti il y a un rapport de force je me rappelle que pour Rima Hassan par exemple qu'on s'inquiétait à la Zawa et avec PDH on soutenait bien sûr en public mais on s'inquiétait entre nous en se disant est-ce que ça va pas parce que solution à deux états est-ce qu'elle va pas un petit peu devenir plus molle quand elle va être et bah en fait on a vu que justement députée européenne maintenant elle appuie elle y va elle y va vraiment tu vois et je pense qu'elle joue aussi à ce que dans le parti maintenant ça bouge plus sur cette ligne là même s'il y en a peut-être dedans qui sont angoissés sur cette question là ça j'en suis quasiment sûr puis elle reste dans les cadres

1:00:24
Présentateur

très droit international et tout et ça moi

1:00:27
Invité

c'est ça qui m'a dit bah en fait dans le peu d'options qu'on a aujourd'hui où faire la grève générale alors qu'il y a plein d'intérimaires d'auto-entrepreneurs de gens qui qu'il y a tout le constat que t'as fait que nous on fait aussi etc bah là je me dis bon bah c'est peut-être la fenêtre le trou de souris c'est un truc qui m'a convaincu et puis la fille il pille l'extrême gauche vous êtes mort quoi

1:00:44
Présentateur

non mais comment ? la fille il pille l'extrême gauche il pille les idées c'est bon en fait ils ont pris ce qui marche bien à l'extrême gauche c'est à dire les idées et la pensée et l'efficacité d'essayer d'être dans un cadre électoral si je le dis de manière un peu caricaturale

1:01:00
Anasse Kazib

bah Mélenchon il avait dit dans une émission de l'insoumission il avait expliqué qu'en fait l'idée qu'il était venu du front de gauche elle était notamment après les résultats de 10% parce que quand même les trotskistes ont fait 10% en 2002 Arlette Laguillet et Olivier Besancenot et il a vu ça il s'est dit waouh 10% pour les révolutionnaires il y a quelque chose à créer c'est à dire d'un entre deux où en fait on va ramener ces 10% dans le giron de l'état de la respectabilité de l'institutionnalisme c'est à dire que les gens on va leur dire laisse la révolution prolétaire de tous les pays unissez vous viens dans un truc un peu plus radical que la gauche habituelle que tu connais mais on va faire ça la réalité le problème c'est que par rapport à ce que vous dites sur l'extrême gauche c'est ce que tu disais les 1% 2% c'est pas le terrain des révolutionnaires mais par essence parce que ce sont Lénine disait que la démocratie bourgeoise est un maquillage pour le système capitaliste et que tant qu'elle s'en accommode elle continue comme ça et si demain la démocratie bourgeoise ne lui va pas elle est capable de le transformer en un état fasciste en fait c'est ça la réalité c'est à dire que ce sont les règles en fait lorsque tu vois que tout ils peuvent l'état de droit la démocratie et machin etc tant que ça passe et que globalement il n'y a pas trop de soulèvement ça va dès que ça commence à être chaud tu vois bien comment ils piétinent les trucs là l'exemple la pointe avancée de la contre-révolution c'est quand même l'état d'Israël c'est à dire t'as des mecs je veux dire c'est pas les prolétaires qui ont créé l'ONU c'est pas les prolétaires qui ont créé la CPI la CGI etc machin le mec il est condamné il est condamné par des institutions qui sont profondément bourgeoises et créées par les puissances impérialistes occidentales tu vois ce que je veux dire c'est ça ces juridictions là et sur ça il s'assoit et sur l'ONU il s'assoit et même quand il n'a pas le droit de voyager au dessus de la France on dit ah ouais mais comment il devait passer etc donc en fait tu vois bien que quoi qu'il arrive les règles du jeu elles s'imposent aux exploités et opprimées elles ne s'imposent jamais aux puissants donc de fait oui ces outils là ces institutions là la police la justice etc ne sont pas les outils que la gauche révolutionnaire peut atteindre etc parce que même si demain je le dis les amis dans un rêve éveillé de je ne sais quoi même si par je ne sais pas quoi toute la planète Terre disait Anas on va voter pour toi tu vois machin et bien je vous jure je vous le dis les amis je vous le dis si demain je faisais premier tour et j'étais le premier je vous jure qui détruirait l'élection présidentielle tout de suite parce qu'il dirait si un révolutionnaire est capable de passer nos règles à nous c'est nous qui avons créé les cartes c'est nous qui avons créé le jeu et c'est eux qui arrivent à nous retourner avec nos propres règles et notre propre carte on n'a plus rien à foutre de ces trucs là ça sert à rien passons à autre chose c'est ça la réalité les amis il ne faut pas être illusoire c'est pour ça qu'on fait des 1% 2% etc moi je ne m'en accommode pas mais la question elle n'est pas celle de l'électoralisme parce que Dany je te pose une question quel est le bilan que tu tires France Insoumise 2017-2025 quel est le bilan de 8 ans de France Insoumise in fine est-ce qu'on a avancé d'un iota sur quoi que ce soit je ne te dis pas que c'est la France Insoumise qui m'attend en termes d'idée oui c'est pas le

1:04:11
Présentateur

ah si en termes d'idée je veux dire attends attends moi je me rappelle tu regardes avant tu avais la formation de l'extrême gauche la formation révolutionnaire qui était solide et qui formait des gens construits intellectuellement et tu avais le lavage de cerveau du parti socialiste et du réformisme etc et aujourd'hui de fait les militants attends attends les militants insoumis qui se forment à travers la politique qui se forment à travers la France Insoumise ils n'ont pas le logiciel

1:04:41
Anasse Kazib

qui sont les militants insoumis ?

1:04:43
Présentateur

il y en a plein arrête

1:04:44
Anasse Kazib

c'est quoi les militants insoumis ? les jeunes insoumis

1:04:46
Présentateur

il y en a plein là-dedans les gens sympathisants si tu veux les jeunes non non je capte ce que tu veux dire il n'y a pas de parti non mais les gens qui s'intéressent à la politique c'est quand même quelque chose d'important excuse-moi

1:04:57
Anasse Kazib

je veux dire nous révolution permanente on est un parti LO c'est un parti NPA c'est un parti je suis d'accord parce que c'est important quand même la démocratie interne et le fonctionnement non non il ne va pas nous faire le coup ah là là rase rase je dis mais je le dis pour les militants insoumis je veux dire tu vois c'est tout luqué

1:05:17
Présentateur

vos élections on le sait

1:05:18
Anasse Kazib

non pas du tout

1:05:19
Présentateur

moi je serais juste ARP je serais d'accord pour bourrer les unes pour toi parce que c'est cool donc t'inquiète

1:05:23
Anasse Kazib

il n'y a pas de jour d'un bourré mais non je ne suis pas c'est pas moi il y a une direction collégiale mais bon je veux dire par là ok un mouvement gazeux au départ etc la réalité c'est que quand même quand tu es quelqu'un qui te rapproche de la France insoumise ou qui te considère militant insoumis on ne demande pas ton avis sur le NFP sur la NUPES sur est-ce que ça va être bon par qui va être là ou est-ce que ça va être un tel est-ce que ça va être celui-là est-ce que là on va donner cette circo à un mec du PC etc moi je me rappelle même aux Amphi il y avait un gars de la France insoumise qui en vrai n'est pas organisé il n'y a pas de vote il n'y a pas d'assemblée générale décisionnaire où les gens ils disent notre candidat c'est un tel notre truc ça prouve bien que ça ne sert à rien mais par exemple aux Amphi je me rappelle il y avait le débat non bah non

1:06:09
Présentateur

tu vois la France insoumise en dehors des reproches tu es obligé de constater qu'il y a une vraie sympathie mais ça ne te pose pas problème

1:06:18
Anasse Kazib

qu'il n'y a pas de stratégie dans la classe ouvrière qu'il n'y a pas d'implantation ouvrière alors ça c'est pas alors

1:06:23
Présentateur

ça fait partie de la stratégie oui mais c'est pas tu vois c'est stratégie électorale parce que t'as attaqué sur la démocratie interne si t'enlèves les députés pour moi c'est pas la même chose et surtout aussi parce que juste pour finir avant c'est qu'aussi au niveau de la formation intellectuelle je suis désolé les jeunes qui se forment à travers la France insoumise et les gens ils n'ont pas dans la tête la même chose ça va plus loin

1:06:49
Anasse Kazib

avant même que tu poses la question j'ai dit que jamais je mettais le PS tu vas pas me convaincre que les gens de la France insoumise sont plus à gauche que l'AMJ et les DMJS

1:07:00
Présentateur

plus à gauche et forment les gens

1:07:02
Invité

mais il n'y a pas que ça parce que pour te répondre moi tu vois en tant qu'abstentionniste ton discours sur le système vous êtes à la France insoumise ou pas ? on est des sympathisants on est des électeurs à ce qui paraît

1:07:12
Présentateur

il se pourrait qu'on ait été dans le type de campagne non mais moi je veux pas mais justement

1:07:17
Invité

en tant qu'abstentionniste tu vois à la base le discours de ah de façon si le vote servait à quelque chose on l'enlèverait tu vois ça c'est un discours que j'ai tenu pendant longtemps sur lequel j'ai milité et tout etc c'était quoi les abstentionnistes engagés voilà c'est les premières vidéos que j'ai fait il y en a peut-être ici qui les ont vues où je parlais de ça et je mobilisais ça sauf que justement ça m'a amené dans un désespoir aussi dans un truc de bah au final ok j'ai compris que le vote ça marche pas mais dans quoi je peux m'incarner dans ma position d'étudiant précaire d'auto-entrepreneur qui ne se retrouve pas comme mon père tu vois être ouvrier qui se retrouve du coup possiblement mon père en plus mais pas les syndicats lui mais qui se retrouve avec aucune possibilité à ce niveau là et quand la France insoumise arrive il y a une forme d'espoir mais aussi de politisation et ça ça mobilise nous si on utilise aussi ces outils là c'est clairement les gens que tu vois là ce soir je pense qu'ils sont pleins à avoir été politisés à avoir repris de la hargne et à croire en autre chose que juste bon bah c'est foutu est-ce que tu parlais du bilan j'achète les nouveaux airpods et je me pose plus de questions et je crève dans ce monde de merde on est d'accord ou pas ?

c'est parce que tu parlais du bilan c'est pour ça qu'on dit ça pour moi le bilan il est au moins ça et je vois aussi un 17 qui devient 22 et qui potentiellement pourrait être 24, 26 et se retrouver face à Bardella ce qui est pas rien quand même oui bon

1:08:36
Anasse Kazib

c'est pour ça que c'est important la question mais parce que vous vivez dans un rêve éveillé les gars c'est à dire que vous avez le time

1:08:47
Invité

on se dit la même chose

1:08:48
Anasse Kazib

mais vous avez le time c'est à dire juste que si vous me permettez je ferme la parenthèse la question de la France insoumise sur une chose c'est à dire que si tu retires les députés de la France insoumise qu'est-ce qu'est-ce qu'est la France insoumise ? fin de citation si tu enlèves les députés qu'est-ce que non c'est pas vrai mais il n'y a pas je te fais trop faire la même réponse ben excuse-moi non mais il y a des gens non force politique non les amis est-ce qu'ils n'existent pas des gens c'est pas ça que je te dis

1:09:18
Présentateur

s'ils avaient une carte de parti tu trouverais qu'il y a du rêve

1:09:21
Anasse Kazib

moi je trouve que c'est pas non d'un point de vue stratégique et politique quelle est la continuité ah oui ils sont électoralistes ah oui ça d'accord il y a les députés mais derrière au-delà de on gagne ok moi je connais le discours de la France insoumise etc de quand on arrivera au pouvoir une signature

1:09:35
Présentateur

mais regarde sur les mouvements sociaux la France insoumise ils prennent leur part à chaque fois je dis pas que c'est le mouvement social je dis pas que c'est grâce à eux qu'il arrive mais c'est les premiers à appeler à se mobiliser et à accompagner le truc tu vois par exemple

1:09:48
Anasse Kazib

mais ils sont dans le soutien moi c'est là où j'ai une stratégie mais non c'est là où j'ai une stratégie différente on a discuté tout à l'heure sur les plans de bataille est-ce que tu as déjà entendu Jean-Luc Mélenchon dire les stratégies de grève perlée c'est de la merde et que la bureaucratie syndicale elle est en train d'empêcher il n'arrête pas

1:10:01
Présentateur

ah non non c'est pas vrai il a une image je vais réacte ce débat là les deux mais pour ça

1:10:09
Auditeur

de réacte

1:10:10
Présentateur

Très nous on va réacte non mais attend mais pour moi les deux à qui on fait des reproches des trentis syndicalistes c'est toi Mélenchon

1:10:16
Anasse Kazib

tu peux pas dire ça non non non c'est simple en 2023 en 2023 ils disent il faut suivre le cadre unitaire de l'intersyndical ah mais ça ils sont oui oui oui mais les amis je veux dire qu'on mette un peu de sérénité dans ces choses là il n'y a pas de problème à défendre mais il ne faut pas peindre de rouge quelque chose plus qu'il ne faut il faut être juste il faut dire qu'est-ce qu'ils font et sur quoi il y a quand même des limites parce que sinon c'est le parti révolutionnaire tu vois ce que je veux dire est-ce que c'est le parti révolutionnaire non parce que eux-mêmes ils vont dire on n'est même pas anticapitaliste vous voyez sur le programme je veux dire ils sont sur la question de la guerre aujourd'hui qui est quelque chose qui est une question éminemment politique sur la question de la guerre vous écoutez Bastien Lachaud qui est le référent sur la question militaire et de guerre sa préoccupation c'est que ça ne profite pas à l'armement américain etc mais globalement il y a un accord avec des nuances entre qui est full macroniste etc en mode ouais il faut se réarmer il faut faire la guerre il faut envoyer ceci cela et puis tu en as d'autres qui sont plus en mode souveraineté il ne faut pas que ça soit l'OTAN etc mais globalement ils ne sont pas anti-militaristes ils ne sont pas contre la militarisation et les efforts et les efforts de guerre ils ne le disent pas sinon il faut on soutient par exemple un mouvement qui s'appelle guerre à la guerre mais ils ne sont pas dans guerre à la guerre par exemple parce que c'est pas leur c'est pas leur ligne mais il n'y a pas de problème il faut juste discuter il y a un livret par exemple la France insoumise ils ont fait un livret sur la question militaire ils sont pour la conscription et la critique que faisait notamment la France insoumise sur le SNU c'est qu'ils disaient c'est une récréation mais parce qu'en fait la France insoumise elle considère qu'il faudrait remettre le service militaire alors bien sûr en disant un truc populaire citoyen etc machin tu vois ce que je veux dire mais il faut discuter tu vois la question de l'impérialisme la question des des anciennes colonies françaises parce que je veux dire la France ce qu'elle est aujourd'hui elle est aussi le fruit d'une colonisation d'implantation le fait d'oppression etc et qu'en fait c'est pas juste le patronat français qui est formidable et Macron et Mélenchon il est pour dialoguer il avait dit moi je suis pour une confiance que les patrons français ils seront écoutés et ben moi je pense pas que Bolloré et Bernard Arnault demain même passe pas par Mélenchon j'ai rien personnellement contre Mélenchon mais par l'expérience historique que ça soit plus ancienne comme celle de Salvatore Allende je conseille vraiment à toutes et à tous un film formidable de Patricio Guzman c'est trois documentaires qui s'appellent la bataille du Chili sur l'expérience de Salvatore Allende au Chili qui est importante pour comprendre en fait non pas que ton discours il est plus à gauche non pas qu'on va oui tu me dis est-ce que Anas sous Mélenchon t'aurait un procès pour apologie du terrorisme et ben je pense que non je pense que s'il y avait Mélenchon je n'aurais pas un procès pour apologie du terrorisme mais est-ce que ça arrête ça change les choses je pense que si tu me dis est-ce que Mélenchon il va imposer ceci cela non le patronat parce que les relais institutionnels ils sont tellement puissants tu vois qu'en fait ils t'empêchent in fine c'est ça les trahisons c'est pas que les gens en fait ils aimeraient pas faire mais c'est qu'à un moment donné ils sont rattrapés par le fait que comme disait Paul Lafargue qui était le beau-fils de Karl Marx Paul Lafargue il disait le système capitaliste n'accepte que des réformes indolores pour son système sinon il le détruit c'est ça la réalité c'est-à-dire qu'à un moment donné je termine pardon la question elle n'est pas est-ce que savoir et moi je pense Dany pour dialoguer avec toi parce que je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis parce que j'ai dit que j'avais voté Hollande mais après des années et des années de tu vois par exemple je vous ai parlé de Zied Ebuna mais 2007 Ségolène Sarkozy j'ai pas voté ni premier tour ni deuxième tour tu vois ni pour Artaud ni pour je ne sais qui j'avais pas voté la seule première fois c'était deuxième tour de 2012 mais je me reconnais dans ce que tu dis le problème c'est que moi j'ai envie de te dire est-ce que toi si tu t'es convaincu qu'il y a la possibilité d'un processus révolutionnaire que notre camp social la classe ouvrière pas par fanatisme les amis je suis ouvrier mais je suis pas en mode l'ouvrier oh là là il est là il travaille c'est pas ça c'est pas un fanatisme béat de l'ouvrier avec du cambouis ou je ne sais quoi c'est pas ça c'est parce que le prolétaire par la position stratégique stratégique qu'il occupe de l'outil de travail il peut mettre à terre l'économie un exemple excusez moi les camarades les raffineurs en 2022 les raffineurs en 2022 1000 raffineurs ils te mettent à sec l'ensemble des pompes à essence de France le kérosène à Orly et Roissy était sur la fin c'est à dire que une journée de plus parce que c'est pour ça qu'ils ont nous on est en interne on a des camarades à ARP qui sont raffineurs il faut savoir que s'ils ont accéléré les réunions elles se sont faites à 3h du matin c'est parce que si la vanne qui alimente le pipeline qui alimente notamment la raffinerie de Normandie depuis la raffinerie de Normandie jusqu'aux aéroports d'Orly et CDG si cette vanne là n'était pas ouverte par les travailleurs il n'y avait plus aucun avion qui décollait de l'aéroport de Roissy et Orly t'imagines ça 1000 gars qui ont une capacité à empêcher le pays limite de tourner et bien moi je pense que la différence entre la gauche institutionnelle de manière générale et la gauche révolutionnaire c'est que pour le révolutionnaire notamment que je suis 1000 raffineurs ça met un pays à terre et que pour la gauche institutionnelle 1000 raffineurs c'est un pouillème de hautes élections pour pouvoir avoir la mairie d'Evry de Corbeil et Sonne ou je ne sais quoi et je ne pense pas ça tu vois et c'est pour ça que si tu es profondément convaincu par ça bah en vrai l'élection ok tu peux aller voter tu votes à l'élection tu vas dire moi je vais voter machin mais si tu es profondément convaincu c'est là où je vais vous bouger aussi un petit peu parce que vous êtes confortablement assis c'est pas eux que eux mais vous voyez bien que vous touchez un public qui est en réflexion je pense et que vous les tiraillez aussi dans leur réflexion vous les faites bouger etc et qu'ils se disent ah moi je pensais plus ça ils me sont en train de me convaincre sur ceci mais la différence c'est que je pense que si vous êtes convaincu parce que tout à l'heure plusieurs fois vous avez dit ouais mais on partage le constat la différence c'est que c'est pas j'ai pas besoin que vous partagiez ce constat là moi ce que j'ai besoin c'est que vous vous rentiez dans l'arène de la bataille tu vois ce que je veux dire et que je pense c'est ça un parti révolutionnaire les amis c'est qu'il y ait des militants révolutionnaires qui s'agitent à travers le pays sur les piquets de grève dans les manifestations en fait pour avoir un discours en fait de fierté ouvrière de convaincre les gens qu'on est capable de s'auto-organiser de penser ensemble et lutte que c'est pas la bureaucratie syndicale de décider qu'il y a rien à négocier à Matignon etc et que je pense que si on était des millions en fait si déjà dans cette salle imaginez vous êtes plus de 1000 mais si les 1000 ici sont des militants révolutionnaires organisés c'est à dire que chaque jour leur avis et compte que chaque jour toutes les discussions qu'ils ont autour d'eux dans la fac dans l'entreprise etc convainc un à un les ouvriers et les travailleurs autour d'eux et les jeunes autour d'eux de mettre leur vie leur vie pour un projet qui nous dépasse qui est celui de la transformation de la société mais je pense les amis vous méritez mieux et on mérite tous mieux d'attendre tous les 5 ans quel bulletin dans l'urtre je vais mettre dans l'ancienne école maternelle de merde

1:17:20
Invité

dans laquelle j'étais tu vois attends moi je suis on dirait que tout ce qu'on fait c'est appelé au vote c'est pas non plus

1:17:28
Anasse Kazib

parce que là où moi je suis d'accord vous au sens large bien sûr t'inquiète parce que vous êtes pas organisés politiquement c'était plus dans on est pas un parti c'est vrai mais on a fait l'appel

1:17:38
Invité

on a fait l'appel

1:17:40
Présentateur

des facs du 4 septembre du 4 septembre qui a été un immense flop on a appelé au blocage des facs de notre chat on a dit allez tous dans vos facs bloquez les organisez vous et bah et on a dit

1:17:51
Invité

on vient vous voir on fait des trucs ils ont rien fait bon ah si Reine 2

1:17:54
Présentateur

ils ont dit mais eux ils sont tout le temps bloqués Reine 2 ah voilà Reine 2 ouais Reine 2 ils sont tout le temps bloqués la moitié de l'année vous trichez

1:18:01
Invité

c'est bon c'est partable ils sont bloqués même sans nous donc ça compte pas non non mais en plus sur le côté nous même en plus on est tout le temps dans une forme de soutien critique même vis-à-vis de la France Insoumise il y a plein de trucs sur lesquels on les trouve pas assez radicaux nous on se sentirait plus à gauche tout ce que t'as dit je les défendrais pas

1:18:18
Présentateur

sur le programme militaire

1:18:20
Invité

sur le NUPES on a toujours été contents on peut pas nous faire le procès le NFP mais il n'y a pas que ça par exemple

1:18:26
Anasse Kazib

vous avez fait la critique de la NUPES toujours on peut moi c'est pas ma cam on est d'accord là-dessus je pense que je l'ai montré depuis tout à l'heure c'est pas ma cam tout le monde avait compris mais si vous me demandez de faire un ordre l'avenir en commun en numéro 1 en numéro 2 le programme de la NUPES et en numéro 3 le programme du NFP on est d'accord quel est le bilan est-ce que il y a eu un inversion tu veux dire qu'il y a eu une perte

1:18:50
Présentateur

un peu c'est ça

1:18:51
Anasse Kazib

mais je veux dire moi pour moi déjà le NFP si vous vous souvenez la fois enfin je veux dire la fois où ils ont fait de l'ASMR avec Olivier Faure attendez attendez attendez parce que j'ai chaud rien que d'y repenser c'est grave mais quand j'ai vu moi je me suis dit dans ma tête c'est incroyable quand même parce qu'ils ont dit qu'ils étaient en train de lutter contre le fascisme là et l'autre il était en train de faire ça à 70 ans

1:19:20
Auditeur

à d'immunité

1:19:22
Invité

mais là ça c'est tout nos réacteurs

1:19:26
Anasse Kazib

donc on est totalement d'accord moi tu me balayes tu me fais pas rentrer dans l'isoloir pour voter pour ça je veux dire si tu me dis que c'est Olivier Faure le mec qui a dit pendant un an un an un an l'état d'Israël a le droit de se défendre les amis les amis juste on rigole depuis depuis c'est bien que tu parles de ça parce qu'on va bientôt finir il faut qu'on parle de ça en finissant c'est ça on parle depuis tout à l'heure avec vraiment j'apprécie de ouf le débat vraiment vous êtes formidables de ouf mais les amis tu as compris qu'il faut les complimenter je veux dire l'état d'Israël quant à des partis qui sont censés lutter contre le fascisme mais contre une boucherie parmi les boucheries qui considèrent que ça c'est normal et c'est un droit à la défense ça doit dire quelque chose normalement tu peux pas penser une seule seconde excusez-moi juste n'applaudissez pas s'il vous plaît parce que c'est j'étais dans un colloque où il y avait pendant deux jours où il y avait Ilan Papé Francesca Albanese il y avait des chirurgiens j'ai entendu vous savez quand tu vas dans ces trucs là tu te dis après un an et demi qu'est-ce que tu vas m'apprendre en vrai j'ai failli pas y aller j'ai failli annuler au final on est parti et c'était j'étais hyper heureux d'avoir accepté parce que dans la barbarie j'ai vu la barbarie des médecins des chirurgiens chirurgiens à Gaza qui expliquaient qu'il y avait des bébés prématurés à même sur les tables une infirmière une infirmière que vous connaissez qui s'appelle Iman Marifi qui a été à Gaza et qui racontait en fait l'histoire d'une femme qui est venue et qui lui dit à Iman elle la voit elle est totalement grise affaiblie etc elle lui dit je suis enceinte elle lui dit mais vous êtes enceinte de combien elle dit parce que moi je vois son ventre il est plat elle me dit je suis enceinte de 7 mois le bébé était mort depuis plusieurs mois dans son ventre et cette femme là elle était diabétique elle avait 24 ans ils ont trouvé un taux d'acidité tellement important moi j'ai un pourquoi les choses elles me touchent aussi et pourquoi je parle beaucoup de mes enfants tout ça parce que moi j'ai un de mes fils qui est diabétique il est diabétique type 1 à l'âge de 5 ans ça a été et tu te manges une teutard tu vois ce que je veux dire c'est à dire que tu te dis c'est plus juste vas-y fais des choses pour tes enfants t'es obligé parce que quand tu vois les choses comment demain ça peut reculer la sécurité sociale je veux dire dans des pays les amis les enfants ils meurent parce qu'ils n'ont pas accès à l'insuline parce que ça coûte cher etc ça c'est des choses concrètes et cette dame là son taux d'acidité il était tellement élevé qu'en fait elle n'avait pas reçu d'insuline depuis des mois et des mois ils ont enlevé le bébé mort le lendemain la femme elle était morte en fait parce qu'il n'avait même pas d'insuline et vous avez des gens qui vous parlent d'une boucherie sans nom des spécialistes de la Shoah un spécialiste de la Shoah et des génocides il a dit Gaza a reçu 9 fois 9 fois la bombe nucléaire c'est une boucherie sans nom ce qui est en train de se passer il y a une répression à l'échelle internationale pour nous faire taire moi je disais dans une conférence c'est parce qu'ils ne peuvent pas nous mettre des balles de sniper dans la tête qu'ils vont chercher les procs la police etc pour nous faire taire et ça les amis je veux le dire si on se bat ok élection pas élection machin programme tel pouyème tel truc etc mais il y a une réalité de la barbarie de ce système là et que ce système là en fait il ne peut se lutter qu'à travers l'échelle internationale qu'avec l'unité la plus large en fait avec les travailleuses et les travailleurs d'Afrique du Moyen-Orient de Martinique des Etats-Unis etc etc c'est comme ça en fait qu'on peut briser la chaîne non pas uniquement ici de Macron ou Bardella ou machin mais aussi régler le compte à Netanyahou à Trump à Milley etc et moi je pense profondément je pense profondément que ces gens là c'est criminel de les avoir déterrés d'accord parce que le parti socialiste s'il y avait bien un acquis de 2016 je pense qu'on peut être tous d'accord ici c'est bien que le PS c'était terminé ça on est d'accord avec toi moi après 2016 je me suis dit bon on a perdu il n'y a plus les CHSCT mais au moins terminé avec les Dominique comment il s'appelle Stroskan Dominique Stroskan Moscou Vici Hollande je me suis dit bon débarras c'est terminé et ils sont de retour ils sont venus à la NUPES mais c'est normal les gens ils sont personnel on grata bah ils longent un peu les murs tu lui fais un programme un peu plus il y a la loi El Khomri et puis il attend il attend le bon moment et ils sont bons je veux dire le bipartisme la gauche française elle est historique dans ce pays vous voyez bien là par rapport au 1er mai mais c'est fou ils sont invités partout pour cracher sur la gauche etc ils sont venus ils sont petits si tu me dis combien est-ce qu'il y a plus de députés d'LFI que du PS bah il y a plus de députés LFI le PS c'est petit ils sont une trentaine mais vous voyez comment une trentaine avec François Hollande comment ils ont redonné du power à Bayrou donc c'est pas juste oh dommage on les a on les a réhabilités on s'en est d'accord avec toi mais ça on a pu le dire ça les amis c'est demain le risque de dissoudre la jeune garde c'est le risque de dissoudre urgence palestine c'est la dissolution du collectif palestine-vacra c'est concret c'est à dire le fait d'avoir ne serait-ce que remis des gens qui pendant un an ont considéré qu'avoir des bébés prématurés sur des tables à côté de papiers de documents c'était un droit à la défense et que ces gens là ils se sont positionnés comme défenseurs du fascisme mais on est mort si c'est le fascisme en face de nous si c'est ces gens là qu'on met et je pense que si on croit qu'il y a le fascisme parce que les amis il faut dire quelque chose et moi s'il y a bien quelque chose dont j'ai horreur c'est qu'on joue à cache-cache avec le fascisme parce que le fascisme c'est la destruction des organisations politiques et syndicales c'est l'interdiction politique c'est il n'y a pas de manif il n'y a rien du tout on est en fuite on est exilé ou mort ou en prison etc c'est ça le fascisme c'est les camps d'internement de redressement à quel moment Mélenchon soit il va venir ou à quel moment Olivier Faure nous trahira moi je pense que en préparant la jeunesse tout de suite à affronter la guerre à affronter en fait les situations réactionnaires à avoir des collectifs de travailleurs radicaux des collectifs de jeunes radicaux qui s'organisent qui s'auto-organisent qui font des premières démonstrations dans les grands mouvements qui commencent à envoyer un signal d'alarme à la bourgeoisie de leur dire regardez ce qui va vous arriver demain on est juste en train de se préparer vous vous préparez à nous défoncer on est en train de se préparer à vous niquer la gueule demain si vous essayez de faire quelque chose c'est ça en fait pour moi c'est ça pour moi c'est ça pour moi l'essence même du combat et que c'est ça la réponse à réforme ou révolution c'est pas est-ce que t'es électoraliste ou pas mais c'est quel monde en fait tu veux et moi je crois profondément dans notre camp social que notre camp social il mérite bien mieux que d'aller une fois tous les 5 ans comme je dis mettre un bulletin dans l'urne et qu'il est vif et qu'il est capable et il l'a montré par l'histoire de la lutte de classe qu'on est capable d'énormément de choses ce dont ils ont peur les amis et on le sait profondément mais il faut qu'on ait cette conscience là et c'est pour ça que je construis Révolution Permanente avec d'autres camarades parce que je pense que modestement il faut des organisations révolutionnaires parce que les partis révolutionnaires c'est aussi la mémoire collective c'est ceux qui viennent t'expliquer aussi c'est quoi la bourgeoisie c'est quoi la bureaucratie syndicale qu'il faudrait s'organiser que moi par exemple comité de grève je ne connaissais pas les premières grèves je ne vous ai pas raconté mais pour moi c'était normal que le bureau de la CGT ils me lisent son papier c'est pas moi c'est la CGT moi je suis qu'un petit ouvrier je ne sais pas ah j'ai le droit de je ne savais pas moi ça moi c'est les camarades de RP qui m'ont expliqué ils m'ont dit mais tu perds de l'argent ou pas aujourd'hui je dis bah ouais je suis en grève lui il perd et je me rappelle un camarade un camarade qui s'appelle Philippe il m'a dit toi tu perds de l'argent je lui dis ouais il me dit lui il perd de l'argent ou pas qu'il y a lu bah je lui dis oui il me dit bah pourquoi toi tu parles pas je lui dis je sais pas il me dit mais vous perdez de l'argent tous les deux je lui dis ouais il me dit mais pourquoi toi tu décides pas aussi je lui dis bah c'est vrai ouais je sais pas j'ai pas pensé tu vois bah c'est pas parce que je suis teubé mais c'est parce que jamais les syndicalistes ils m'ont dit viens discuter avec nous même si t'as pas de carte t'as le droit de t'organiser t'as le droit de décider non ils disent non c'est moi le syndicaliste c'est moi qui suis élu c'est moi qui décide et c'est toutes ces questions là c'est pour ça que je pense qu'il faut qu'on ait une grande organisation révolutionnaire dans ce pays que si on était des milliers de jeunes de travailleurs je pense qu'ils commenceraient à flipper qu'aujourd'hui ce qu'on a pas dit dans toute la discussion c'est que même s'ils sont un peu forts aujourd'hui qui nous attaquent ils ont aussi beaucoup de faiblesses que la réalité c'est qu'ils ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent ils aimeraient imposer des choses et que vous voyez toutes et tous à quel point ils galèrent d'imposer juste quelques milliards par-ci par-là alors demain la guerre bon courage pour nous mettre sur le champ de bataille et ça dit quelque chose que quand en fait t'arrives même pas à en finir définitivement avec la réforme de 2023 alors que t'es en 2025 t'es obligé encore de faire des conclaves c'est dire à quel point ils savent que c'est de radicalité et moi je suis convaincu d'une chose les amis j'ai pas de boule de cristal mais je suis convaincu qu'il y aura des explosions sociales et que quand il y a des explosions sociales vaut mieux avoir des organisations révolutionnaires et des militants révolutionnaires qui disent aux gens crois en ta force organise-toi coordonne-toi plutôt que des gens qui disent ah c'était sympa t'inquiète dans deux ans première paragraphe de mon programme je le mets une signature Bernard Arnault entre Bernard on va le faire entre 1000 et 6h mais pourquoi pas les deux mon camarade pourquoi pas les deux bah oui faudra m'inviter la prochaine fois sinon 18 juin c'est pour ça 18 juin

1:28:36
Invité

c'est pour ça aussi qu'on me donne la parole aujourd'hui tu vois c'est que nous on est convaincu de pouvoir faire les deux et on le dit d'ailleurs certains nous tapent dessus pour ça on le dit aussi que là si demain faut aller voter Glucksmann bah je crois je deviens absensionniste moi tu vois et je vais du coup mais la différence la différence qu'on a aussi c'est qu'effectivement nous bon nous c'est notre outil de lutte à nous et c'est ce qu'on a fait c'est qu'on a fait un média et qu'à ce moment là on essayera et c'est ce qu'on nous on espère que ça c'est pour ça qu'on rigole sur l'appel du 4 septembre mais qu'on essaye aussi c'était quoi l'appel du 4 ?

on essaye de mobiliser les étudiants mais bon ça a foiré c'est une blague l'appel du 4 septembre je te précise mais nous je croyais qu'il y avait un appel à signer non bah ouais on a juste essayé bloquez vos facs mais là ils sont heureux de t'applaudir mais après quand il faut y aller bon non non

1:29:23
Anasse Kazib

non mais en vrai la subjectivité elle change elle évolue faut pas se sentir coupable bien sûr il faut faire ce qu'on a envie de faire et ceux en croient moi j'espère que modestement le discours que je vous ai tenu il vous bouge un peu si vous ressortez en vous disant je voyais pas ces choses là même si vous avez retenu 5% de toute la discussion et que vous ressortez avec une idée en vous disant c'est vrai que la question révolutionnaire je l'ai jamais pensé de cette manière là c'est déjà une grande victoire je pense et si vous me permettez je sais qu'on est sur la fin après je vais mixer avec plaisir ah ouais let's go je mixe je mixe mais vous c'est trop underground tout ça moi c'est plus deep soul tout ça enfin pourquoi pas en vrai j'aime bien les franqui risardo grigore salto c'est un peu dans ses ambiances

1:30:09
Présentateur

ça pourrait passer en vrai

1:30:11
Anasse Kazib

afrobit la prochaine fois la prochaine c'est le mec qui vient mixer non mais ce que je voulais dire c'est que les amis vous le savez toutes et tous on en a même pas parlé c'est tellement ça casse les bonbons en fait de même ça prend beaucoup d'énergie malheureusement quand on t'attaque il faut que tu te défends et que ça ça polarise beaucoup on aimerait beaucoup faire d'autres choses mais malheureusement on met aussi notre énergie là dedans le 18 juin on fait un appel parce que je passe en procès avec un camarade ouais c'est important je pense que peut-être vous le savez c'est pour un tweet Ursula von der Leyen elle disait le 7 octobre 2023 l'union européenne se tient du côté du boucher et j'ai retweeté ils se tiennent du côté pardon l'absus ils se tiennent du côté d'Israël et j'ai retweeté ils se tiennent du côté du boucher et ça ça m'a valu deux heures dans la cellule antiterroriste de Bobigny 50 questions c'est quoi tu penses quoi du FATA tu penses quoi du Hamas ça veut dire quoi l'apartheid est-ce que t'es pour une palestinade de solution je veux dire t'as un mec avec un flingue là des menottes là qui te demandent à toi porte parole d'une organisation politique ce que tu penses de l'apartheid ce que ça veut dire dans votre bouche autodétermination du peuple palestinien etc est-ce que vous êtes pour en finir avec le peuple d'Israël c'était un truc de ouf on a gardé le silence de bout en bout sur les conseils de mon avocate un an après on est deux camarades un autre camarade de RP qu'on protège pour une situation de précarité mais qui sommes convoqués du coup pour apologie du terrorisme vous imaginez dans le pays de Charlie de la liberté d'expression on emmène des militants politiques là-dedans faut savoir les amis qu'il n'y a aucune relax aucune relax sur la question de l'apologie d'accord c'est-à-dire que il y a une probabilité que je sois condamné avec beaucoup de choses qui peuvent aller ça peut être d'être fiché aux figettes ça voudrait dire que ça m'interdirait notamment de voyager de quitter le territoire il y a beaucoup beaucoup de choses du sursis des amendes etc etc et donc on va se battre pour ma relax avec vous tous je l'espère mais on va se battre surtout pour faire en sorte que ça soit pas le procès d'Anna Skazib mais que ça soit le procès de la criminalisation des soutiens au peuple palestinien on a envie d'en faire une école de guerre on a envie d'en faire une école de guerre pour qu'elle puisse nous permettre d'être relaxés mais qu'elle serve aussi parce qu'on est conscient comme tout à l'heure on disait l'intérimé etc on est profondément conscient qu'il y en a qui n'ont pas les organisations comme la FI comme Révolution Permanente qui n'ont pas en fait nos possibilités même là de m'exprimer et qui se font défoncer qui n'ont même pas de quoi payer un baveu qui n'ont même pas de quoi assurer leur défense et qui prennent des peines fermes etc pour des choses aussi élémentaires que dénoncer un génocide donc ça se passe ici en France aussi il ne faut pas l'oublier moi je pense à le prisonnier parmi les prisonniers politiques et Georges Ibrahim Abdallah il est dans les geôles il est dans les geôles françaises il n'est pas chez Orban il n'est pas chez Orban il n'est pas chez Millet il n'est pas chez Maudi en Inde le plus vieux prisonnier politique il est incarcéré ici pour ce qui est le goutte comme je dis de la répression c'est la question palestinienne il n'y a pas aucune mesure en termes je connais plein de répression j'ai vécu les mouvements des gilets jaunes les mouvements de grève il n'y a aucune répression aussi violente que contre celles et ceux qui s'expriment en soutien du peuple palestinien c'est une réalité les amis il faut faire en sorte que le 18 juin on soit très nombreux et très nombreux et le dernier truc c'est qu'avant ça il y a une échéance internationale où j'ai la chance d'avoir des camarades de plusieurs pays notamment une députée argentine qui s'appelle Myriam Bregman qui était candidate de la gauche en Argentine face à Milley c'est le 24 mai à l'espace Charenton voilà pour le moment promo soutien contre la répression 24 mai 18 juin et il y a une cagnotte aussi j'en ai pas parlé mais si vous arrivez à aider un peu pour les frais de justice voilà on n'a pas

1:34:07
Invité

le 18 juin bien sûr c'est aussi pour ça qu'on t'a invité c'est assez important pour ce soutien là merci beaucoup Anna vous êtes venu de nouveau merci merci

1:34:17
Présentateur

merci à tous 24 mai 18 juin

1:34:24
Auditeur

les gens est-ce que vous êtes chauds ? fuite fuite fuite fuite fuite autobus c'est rien c'est rien c'est rien c'est rien c'est rien c'est rien c'est rien merci les amis merci à tous Merci.