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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 septembre 2025 20 min

Abandon de la suppression de deux jours fériés : "Cette mesure n'était pas compréhensible pour nos concitoyens", estime Othman Nasrou, secrétaire général des LR

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour, Otman Nassrou. Bonjour. Alors, quelle concession pour la droite alors que Sébastien Lecornu doit essayer de trouver une voie de passage avec le Parti Socialiste dans l'objectif de faire voter un budget ? C'est une des questions qu'on va se poser ce matin avec vous. Mais d'abord, les dernières annonces du nouveau Premier ministre avec la fin de la mesure envisagée sur la suppression de jours fériés. Sébastien Lecornu l'annonce dans la presse quotidienne régionale. Est-ce que vous dites finalement que c'est une bonne idée, il était temps qu'il renonce ? Ou est-ce que vous sentez que l'ère des renoncements est arrivée ?

0:46
Othman Nasrou

Sur la question précise de la suppression des deux jours fériés, c'était une demande de la droite. Nous pensions nous-mêmes, et nous l'avions d'ailleurs dit à François Bayrou, que cette mesure n'était pas juste. Faire travailler les gens sans qu'ils puissent gagner davantage, ce n'est pas raisonnable. Et d'ailleurs, au moment où, au contraire, nous avons aussi beaucoup de nos concitoyens qu'il faut au contraire remettre au travail. Donc, demander toujours des efforts au même, ce n'était pas acceptable. Nous avions proposé, c'est une mesure qui doit apporter à peu près 4 milliards d'euros, 4 milliards de plus d'économies.

Nous avions proposé d'autres mesures à la place, et nous attendions d'ailleurs de François Bayrou qu'il l'accepte. Il y a des pistes d'économie qui sont identifiées sur la lutte contre la bureaucratie, sur la lutte contre l'assistanat, avec le plafonnement des allocations. Ça, ça rapporte 4 milliards, ça. On peut retrouver effectivement 4 milliards, c'est 4 milliards 200 millions d'euros qu'il manquait pour pouvoir remplacer cette mesure. Toujours est-il que Sébastien Lecornu a raison de supprimer évidemment cette mesure qui n'était pas compréhensible pour nos concitoyens. C'était une demande de la droite, et donc sur ce point-là en tout cas, je pense que c'est une bonne chose.

1:47
Locuteur non identifié

Othmane Nassrou, François Bayrou avait l'objectif de réaliser 44 milliards d'économies. Le Parti Socialiste aujourd'hui dit finalement qu'on pourrait en faire la moitié moins. Compte tenu de la situation de nos finances publiques, de la dégradation de la note vendredi par Fitch, est-ce que vous vous dites quand même qu'il faut conserver cet objectif de 44 milliards d'économies ?

2:12
Othman Nasrou

Ce que chacun doit comprendre, c'est que ce qu'il s'agit de conserver, ce n'est pas le totem d'un chiffre, c'est une trajectoire financière crédible, qui nous permette de revenir sur de bons rails financiers. Et il faut que le Parti Socialiste comprenne que ce n'est pas là aussi une obsession comptable, c'est que sans cela nous allons continuer à avoir des déficits abyssaux qui entament notre crédibilité. La note française par une agence de notation vient d'être dégradée. Si nous ne faisons pas suffisamment d'efforts budgétaires, nous allons continuer à avoir cet étranglement financier qui nous guette.

2:44
Présentateur

Mais tout de même, ce matin sur France Info, vous nous dites 44 milliards, ce n'est pas un totem pour la droite.

2:49
Othman Nasrou

Ce qui est important, c'est de faire un effort suffisant.

2:51
Locuteur non identifié

C'est combien suffisant ?

2:53
Othman Nasrou

Attendez, le Premier ministre nous dira les choses, nous nous allons faire des propositions très précises sur une feuille de route qui consiste simplement à ce qu'on tienne notre crédibilité. Je vous rappelle simplement. Mais ce n'est pas forcément 44 milliards, ça peut être 30 ou 35. Non, non, mais il faut que ce soit le plus possible. Je ne veux pas être plus clair que cela parce que nous avions l'objectif avec Michel Barnier, vous vous en souvenez, de revenir sur les 3% de déficit en 2029. C'était prévu pour 2027. Nous l'avons décalé déjà à 2029.

Maintenant, le Parti Socialiste nous dit qu'il faudra attendre 2032 pour revenir dans les clous de ce que devrait être une bonne gestion financière. Nous serons le dernier pays d'Europe à revenir sur cette trajectoire financière. Donc moi, je dis simplement qu'il faut que le Parti Socialiste comprenne que cet effort de 44 milliards qui est demandé, qu'il faut obtenir par la baisse de la dépense publique avant tout, ce n'est pas une obsession comptable, c'est une nécessité pour réussir, encore une fois, à protéger les intérêts de notre pays.

3:44
Locuteur non identifié

Vous êtes numéro 2 du Parti Les Républicains. Quand vous entendez le Premier ministre qui dit vouloir une discussion parlementaire moderne et franche, je le cite, avec le Parti Socialiste, les écologistes et le Parti Communiste pour déterminer des majorités d'IT. Vous vous dites, est-ce que vraiment c'est possible de discuter en même temps avec le PS, les Verts, le PC, sans vous perdre, vous, la droite, les LR ?

4:10
Othman Nasrou

C'est pour cela que nous demandons à ce qu'il y ait une feuille de route précise, avec des idées qui nous tiennent à cœur, avec des propositions que nous souhaitons voir inscrites noir sur blanc. Moi, je comprends que le Premier ministre cherche une voie de passage. Il est essentiel que nous ayons un budget. Et donc, je comprends tout à fait qu'il puisse y avoir des compromis. Mais je veux simplement rappeler que nous avons fait le socle commun pour éviter l'arrivée au pouvoir du nouveau Front populaire, et pas pour mettre en œuvre ces idées. Mais vous n'avez pas de majorité pour autant. Il n'y a pas de majorité. Nous n'avons pas gagné non plus les élections législatives.

Nous sommes arithmétiquement un peu plus nombreux avec le socle commun. Et encore une fois, ce n'est pas pour mettre en œuvre les idées de la gauche. Je vais le dire plus clairement. Nous avons un drame dans notre pays. C'est que nous avons une gauche particulièrement rétrograde quand on la compare à toutes les autres gauches européennes, qui fait des demandes qui ne tiennent pas la route sur le plan économique, qui demande 27 milliards d'impôts et de taxes supplémentaires, alors que nous avons déjà le record des pays de l'OCDE en matière de pression fiscale. Ce n'est pas raisonnable et c'est pour cela qu'il n'est pas question de céder tout au Parti Socialiste.

Je les invite à être raisonnables dans les propositions qu'ils formulent.

5:13
Locuteur non identifié

Alors justement, vous parliez des propositions du Parti Socialiste. On parle énormément de cette taxe Zuckman qui est en train d'embraser le débat public. La gauche en fait un symbole, voire une condition, pour ne pas censurer le futur gouvernement de Sébastien Lecornu. Alors le Premier ministre, lui, il est prudent, il ne reprend pas totalement cette mesure à son compte, mais il parle quand même de justice fiscale et de répartition de l'effort. Ça veut dire globalement qu'il y aura forcément une hausse de la fiscalité pour les plus riches.

5:44
Othman Nasrou

Moi, je ne le souhaite pas parce qu'à chaque fois qu'on a dit qu'on allait taxer les plus riches, ça finit par être les classes moyennes qui ont fini par être taxées, puisqu'évidemment, on fait partir des gens qui ont réduit l'assiette fiscale. Je vous rappelle que l'ISF a été, sur plusieurs études, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la Cour des comptes, c'est la Commission des finances du Sénat, à un impôt qui avait un rendement négatif, puisque quand on voit ce qu'ils rapportaient et puis les gens qui partaient, 10 000 foyers sont partis, 10 000 foyers aisés ont quitté notre pays en une quinzaine d'années à cause de l'ISF. Et donc moi, je dis attention aux fausses bonnes idées.

Et la taxe Zuckman n'existe dans aucun pays au monde. Ce serait une folie. Ça conduirait notre pays à continuer à s'appauvrir.

6:20
Présentateur

C'est évidemment une très mauvaise idée. Mais Oetman Nassrou, on a quand même un petit peu de mal à suivre, parce que si chacun arrive avec ses idées, ses lignes rouges, en disant on ne peut pas bouger, on ne voit pas bien comment on fait. Est-ce que sur la question de la fiscalité, vous reconnaissez que vous allez peut-être devoir mettre un peu d'eau dans votre vin, sans aller peut-être jusqu'aux 2% souhaités par la taxe Zuckman, souhaités par les socialistes ? D'abord, moi, je souhaite au Premier ministre de réussir.

6:44
Othman Nasrou

Et vous avez raison, il faut qu'on trouve un chemin. Et bien sûr qu'il va falloir qu'on l'aide. Et je crois qu'on peut y arriver. Mais ça ne peut pas être, là aussi, en faisant le contraire de l'intérêt du pays. Et donc, il faut qu'on trouve ce chemin-là. Je vais essayer d'être plus clair. Sur la taxe Zuckman, le problème, ce n'est pas le taux, simplement. C'est que l'assiette, c'est le patrimoine, y compris un patrimoine professionnel qui ne rapporte rien, qui est fictif, qui est virtuel. Et vous allez demander aux gens de décaisser 2% de ce qu'ils possèdent, alors que ce n'est pas liquide. Donc, c'est une ligne rouge pour la droite, une forme de taxe Zuckman ?

La taxe Zuckman telle qu'elle est souhaitée aujourd'hui est une folie et je ne vois pas comment la droite pourrait le cautionner.

7:20
Locuteur non identifié

Mais alors concrètement, qu'est-ce que vous êtes prêt à lâcher pour les socialistes ? Si on prend le sujet de la fiscalité, vous étiez sur une ligne jusqu'ici 0% de hausse d'impôt. Est-ce que vous le réitérez ce matin ou est-ce que vous dites on regardera, on peut voir sur certains sujets si on peut tomber d'accord ?

7:40
Othman Nasrou

D'abord, vous me demandez les efforts que nous sommes prêts à faire. J'aimerais qu'on demande aussi au Parti Socialiste de faire des efforts, et encore une fois, d'arrêter d'être l'otage de l'extrême-gauche, y compris dans ces lubies économiques.

7:51
Présentateur

Ce qu'on comprend, c'est que le Parti Socialiste arrive avec des demandes qui ne seront peut-être pas satisfaites, mais en tout cas, qu'il y a une demande de fiscalité qui est là. Le niveau reste sans doute à évaluer. Mais vous, vous dites rien sur la fiscalité.

8:05
Othman Nasrou

C'est très simple. Il n'y a qu'en France qu'on pense qu'on peut régler tous les problèmes par une hausse de la fiscalité. Je viens de vous le dire, nous avons le record du monde. Comment peut-on sérieusement penser qu'on va s'en sortir dans notre pays en rajoutant encore plus d'impôts ? Alors que le vrai sujet, c'est la baisse de la dépense publique. Et dans les propositions, les demandes que nous nous faisons, parce que nous en avons aussi, et le socle commun doit aujourd'hui porter des idées claires, précises. Vous le savez, nous ne croyons pas ou en même temps.

Et donc, je vous le dis très clairement, c'est la baisse de la dépense publique qui n'a pas arrêté d'exploser ces dernières années et sur laquelle il y a des marges de manœuvre considérables et c'est seulement comme cela qu'on s'en sortira. Je ne vais pas, pour faire plaisir au Parti Socialiste, vous dire le contraire de ce que je pense être l'intérêt du pays.

8:43
Locuteur non identifié

Donc, vous êtes toujours sur la ligne 0% de hausse d'impôt. Vous le répétez ce matin.

8:47
Othman Nasrou

Moi, j'entends ceux qui nous parlent de lutter contre l'optimisation fiscale, c'est-à-dire de s'assurer que ceux qui sont redevables d'un impôt le payent bien. Ça, c'est différent d'une hausse d'impôt. Mais oui, je vous le dis très clairement, augmenter les impôts de manière significative, pour moi, ce serait une folie et je ne crois pas du tout que la place de la droite soit de ce côté-là de l'histoire.

9:06
Locuteur non identifié

Alors, justement, on parlait de la fiscalité. Patrick Martin du Medef d'Urcilton ce matin dans Le Parisien, il ne dit pas question d'augmenter d'un euro la fiscalité des entreprises. Il menace même, si les impôts augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale. Est-ce que vous le soutenez ?

9:24
Othman Nasrou

Je pense que Patrick Martin a raison de dire que nos entreprises ne doivent pas faire les frais de cette situation budgétaire. Nous avons déjà les entreprises qui sont bien plus taxées que la plupart de nos voisins européens, avec des marges plus réduites, avec des impôts de production qui restent plus élevés. Si on veut continuer à organiser notre paupérisation collective, on va chercher effectivement à taxer davantage les entreprises. Ce serait une erreur et nous y sommes également totalement défavorables.

Encore une fois, ce n'est pas pour faire plaisir au Medef, c'est simplement que si on veut se préserver l'emploi, si on veut que notre pays continue de prospérer, si on veut faire du vrai pouvoir d'achat, il ne faut pas affaiblir nos entreprises.

10:01
Présentateur

Est-ce que quand même, Otman Nassrou, on entendait ce matin le président de la CFE-CGC sur France Info, François Omril, qui nous dit qu'il faut peut-être quand même revenir sur la question de la conditionnalité des aides aux entreprises. On sait que c'est un sujet qui est abordé par la CFE-CGC, par la CFDT aussi. Est-ce que là-dessus, peut-être qu'il pourrait y avoir, là encore, une voie de passage avec les socialistes ? On n'est pas complètement dans la fiscalité, là, en l'occurrence.

10:25
Othman Nasrou

D'abord, on nous parle d'aides aux entreprises. J'entends parler de 211 milliards d'aides aux entreprises. C'est une fausse information. C'est un chiffre qui est contesté, effectivement. C'est une fake news, puisque dedans, il y a des exonérations de charges qui ne sont pas des aides, qui ne sont pas versées aux entreprises. Simplement, comme elles sont plus taxées que la plupart de leurs concurrents européens, on leur redonne une partie. Mais en réalité, ce n'est pas une aide aux entreprises. Elles restent, malgré cela, quand on déduit ces fameuses aides, elles restent significativement plus taxées que les entreprises allemandes, par exemple.

Et donc, je vous le dis très clairement, non, moi, je ne suis pas favorable à une conditionnalité, parce que ce ne sont pas des aides. C'est simplement de les mettre dans le même niveau de concurrence que les autres pays européens. Il faut qu'on arrête de mettre des boulets au pied de nos entreprises, de nos entrepreneurs, de nos producteurs, et ensuite qu'on s'étonne qu'il n'y ait plus de richesse à répartir. Et à un moment, on parle beaucoup de redistribution de la richesse. Moi, j'aimerais aussi qu'on parle de la création de la richesse, parce que c'est comme cela qu'on s'en sortira.

11:16
Locuteur non identifié

Vous parliez de baisse de dépense. Dans le budget présenté par François Bayrou, il y avait le doublement de la franchise médicale. Est-ce qu'il faut tenir bon sur cette mesure ? C'est censé être rapporté 2 milliards d'euros d'économie.

11:29
Othman Nasrou

Quand on voit, là aussi, quand on se compare aux autres pays européens, et c'est bien de faire cet exercice, on peut considérer effectivement que les franchises médicales, chez nous, sont extrêmement faibles. C'est le moins qu'on puisse dire. Mais là aussi, il faut le faire dans un esprit de justice. Et avant de demander des efforts aux gens, il faut que l'État lui-même fasse des efforts. Et moi, encore une fois, je ne serais à l'aise sur toutes ces dispositions-là que quand on aura sérieusement attaqué le sujet de la débureaucratisation de l'État.

Je vous le rappelle, nous avons plus de 1 200 agences et opérateurs de l'État qui totalisent 80 milliards d'euros de budget, qui n'ont fait que croire ces dernières années. L'État qui doit d'abord se serrer la ceinture.

12:05
Présentateur

Délivre aussi de l'argent. Dans ces 80 milliards d'euros, il y a aussi des organismes qui délivrent de l'argent à des particuliers ou à des professionnels sous forme d'aide.

12:13
Othman Nasrou

Oui, mais pas seulement. Ce sont aussi beaucoup de doublons, beaucoup de normes.

12:16
Présentateur

Un mot encore sur cette interview de Sébastien Lecornu dans la presse régionale. Il semble partir du principe que dans le socle commun, il y a LR. Donc, LR participe d'emblée au gouvernement et non pas à une majorité, mais en tout cas à ce socle. Est-ce que c'est le cas ou est-ce qu'il va peut-être un peu vite en besogne, le Premier ministre ?

12:37
Othman Nasrou

Chez Les Républicains, nous avons fait le choix d'être du côté de la responsabilité, de la stabilité. Donc, il n'y a pas de doute ? Non, mais bien sûr que si. Rien n'est automatique. Nous avons, nous aussi, nos lignes rouges, nos idées et nous pensons que l'intérêt du pays, c'est d'aller dans une certaine direction. Nous n'irons pas dans la direction contraire. Au moment où je vous parle, nous sommes en discussion avec le Premier ministre sur le fond des sujets et c'est sur ce fond-là, évidemment, que nous nous prononcerons le moment venu.

12:59
Présentateur

Haute-Mann Nassrou, vous restez avec nous. On va se retrouver et continuer cette interview juste après le Fil Info. Il est 8h47 et c'est Jeanne Mézia.

13:08
Invité

Après la Pologne et un autre pays de l'OTAN, la Roumanie affirme qu'un drone a violé son espace aérien au moment d'une attaque russe en Ukraine hier. Varsovie était en alerte maximale alors que des engins russes qui survolaient l'Ukraine se sont rapprochés de sa frontière. C'est la moindre des choses. Le député socialiste Jérôme Gage réagit à l'annonce du nouveau Premier ministre de renoncer à la suppression de deux jours fériés pour faire des économies. Sébastien Lecornu l'affirme dans une interview à la presse quotidienne régionale où il se dit prêt à discuter avec les socialistes, écologistes et communistes pour sortir de l'impasse budgétaire.

C'est dans ce contexte que de nouveaux rassemblements ont eu lieu hier dans plusieurs villes du pays suite du mouvement Bloquantou avec 1500 personnes à Grenoble contre la nomination de Sébastien Lecornu. Plus de 3000 manifestants aussi à Nantes. Coup d'envoi à 14h pour l'équipe de France Féminine de rugby qui affronte l'Irlande à la clé. Une place en demi-finale de la Coupe du Monde rencontre à suivre sur France Info. France Info

14:07
Présentateur

Le 8.30 France Info

14:10
Invité

Adrien Bec Mathilde Siro

14:13
Locuteur non identifié

Haute Manasson vous êtes toujours avec nous numéro 2 du parti Les Républicains et vice-président de la région Île-de-France. Alors on en parlait à l'instant de la composition du futur gouvernement de Sébastien Lecornu. Vous nous disiez le soutien de la droite des Républicains n'est pas automatique. Très concrètement vous êtes en discussion avec le Premier ministre. Est-ce que par exemple Bruno Retailleau doit continuer, conserver ses fonctions au ministère de l'Intérieur ?

14:39
Othman Nasrou

Je pense que Bruno Retailleau est très utile au ministère de l'Intérieur. Je pense qu'il arrive malgré cette difficulté et cette situation impossible à l'Assemblée nationale sans majorité. Il arrive à obtenir des résultats et il montre ce que c'est que le volontarisme politique et ce que c'est qu'un cap politique à droite. Je souhaite évidemment qu'il puisse continuer à exercer sa mission. Ça suppose là aussi qu'il y a un accord sur une feuille de route. Je vous l'ai dit nous ne sommes pas là

15:00
Présentateur

Il le souhaite aussi Bruno Retailleau ?

15:01
Othman Nasrou

Ce sera à lui de le dire et il le dira Si vous le dites c'est qu'il le souhaite. Non vous savez c'est quelqu'un qui n'est pas préoccupé par son sort personnel ou simplement par le poste qu'il occupera. Il restera tant qu'il pensera qu'il peut avancer et qu'il est utile et c'est comme ça que nous avons choisi encore une fois d'entrer au gouvernement et il faut garder cet état d'esprit en tête mais je veux le dire là aussi très clairement nous ne sommes pas là pour compliquer la vie du Premier ministre.

Je vous l'ai dit je souhaite qu'il réussisse je pense qu'il a les qualités pour cela je pense que sa démarche ce que j'en vois là va plutôt dans le bon sens maintenant il faut un accord sur la feuille de route sur ce que nous mettrons en oeuvre dans ce nouveau gouvernement si nous étions amenés à y rester.

15:38
Locuteur non identifié

On a senti un léger flottement au sein des Républicains depuis le vote de confiance de François Bayrou on a vu des votes pour des votes contre des abstentions des prises de parole contradictoires entre un Bruno Rotaillot un Laurent Wauquiez est-ce qu'aujourd'hui la droite a un chef ou deux chefs ?

15:56
Othman Nasrou

La droite a un chef vous l'avez vu au printemps dernier il y a nous avons un président ministre de l'Intérieur qui est Bruno Rotaillot et je crois sincèrement qu'il y a en tout cas la quasi-totalité de nos cadres de nos élus de nos militants je vous rappelle que nous sommes le premier parti de France aujourd'hui il y a une volonté de parler d'une seule voix et d'être clair sur nos convictions et d'avoir une droite qui assume ce qu'elle pense et c'est ce que j'essaie de faire chez vous ce matin qu'il puisse y avoir des nuances ou des sensibilités personnelles c'est respectable mais oui nous devons apprendre à nouveau à travailler de manière collective et nous sommes en train de nous organiser pour cela

16:30
Locuteur non identifié

Est-ce que Laurent Wauquiez devrait faire partie de ce futur gouvernement ? Est-ce qu'il pourrait devenir ministre ?

16:36
Othman Nasrou

Ce sera à lui de le dire mais Laurent Wauquiez est évidemment quelqu'un qui compte chez nous qui a une voix qui porte il est le président de notre groupe à l'Assemblée Nationale nous avons besoin de lui à la place qu'il souhaitera ce n'est pas le sujet le vrai sujet aujourd'hui très franchement Un peu quand même aussi Non je vous l'ai dit la feuille de route d'abord la feuille de route avant tout ce sera pour faire quoi ? Parce que ça c'est important qu'on puisse expliquer pourquoi la droite est utile ça c'est une préoccupation pour nous

16:59
Présentateur

Un dernier sujet d'actualité qui n'a rien à voir avec la politique française quoique c'est ce rassemblement ces manifestations anti-migrants hier à Londres 110 000 personnes au moins dans les rues de la capitale britannique qui ont répondu à l'appel d'un activiste Tommy Robinson avant de nous livrer votre réaction à ce rassemblement on écoute ces manifestants ils sont au micro de notre correspondante Gaëlle Joly

17:22
Invité

Oui c'est la première fois que je manifeste mes petites filles n'arrivent pas à trouver de maison elles n'ont rien parce que tout est pris par les immigrés Je suis agréablement surpris c'est génial de voir tout ce soutien manifestement c'est un jour très important en Angleterre et à travers l'Europe en France et en Allemagne nous avons les mêmes problèmes

17:44
Présentateur

Huttmann Nassau est-ce que vous soutenez ces manifestants britanniques ?

17:48
Othman Nasrou

Moi je n'ai pas à soutenir ou ne pas à soutenir une manifestation qui a lieu dans un pays certes voisin mais dont je ne connais pas les protagonistes ce que je peux vous dire par contre c'est que si on ne se rend pas compte qu'il y a une exaspération dans la plupart des pays européens sur cette question de la maîtrise des flux migratoires si on ne se rend pas compte Vous comprenez cette manifestation ?

Je vous dis qu'il y a une aspiration légitime à maîtriser les flux et que c'est une question essentielle sur laquelle il faut qu'on arrête d'avoir des faux semblants ou des faux fuyants nous avons besoin de reprendre la main sur ces flux migratoires et si nous ne le faisons pas nous ouvrons la voie à tous les populismes et à toutes les démagogies il est légitime de vouloir choisir dans un pays combien d'étrangers on veut accueillir qui on veut accueillir et d'être en capacité de reconduire ceux qui n'ont rien à faire sur le territoire national c'est ce que nous défendons avec Bruno Retailleau sans complexe nous continuerons de le faire et oui c'est une aspiration légitime et voyez voilà un sujet sur lequel nous pouvons unir notre pays puisque vous avez plus de 80% de nos compatriotes qui attendent cette politique-là de fermeté en matière de sécurité et en matière de maîtrise des flux migratoires c'est ce que nous proposons aussi dans la feuille de route que nous demandons au Premier ministre

18:51
Locuteur non identifié

Très rapidement est-ce que vous pensez que nous pourrions voir ce genre de manifestations et de rassemblements anti-immigration à Paris par exemple en France ?

19:00
Othman Nasrou

Je pense que si nous ne traitons pas ce sujet-là je crains que nous puissions voir même pire parce que je pense qu'il y a des tensions extrêmement fortes dans notre pays sur ce sujet-là Mais vous ne souhaitez pas ce type de manifestations

19:11
Présentateur

en France ?

19:12
Othman Nasrou

Moi je pense que c'est aux dirigeants de prendre la responsabilité de mettre en oeuvre les politiques qui sont attendues et il peut y avoir aussi des instrumentalisations sur ce type de sujet naturellement donc les partis de gouvernement comme nous doivent traiter les problèmes et oui nous avons besoin de maîtriser les flux migratoires

19:25
Présentateur

Merci beaucoup Ottman Nassro numéro 2 des Républicains d'avoir été avec nous ce matin sur France Info vous êtes également vice-président de la région Île-de-France Merci Mathilde Ciro restez avec nous sur France Info Merci Mathilde Ciro

19:38
Locuteur

Merci Mathilde Ciro